21/01/2010 à 16h30

Kiki et Loulou Picasso, « ping-pong graphique » autour des médias

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Alexandre Devaux | Artnet.fr

L’obscur « Office central des inégalités » a passé commande aux artistes Kiki et Loulou Picasso (collectif Bazooka) d’un travail d’investigation graphique. Une création sur les images et les messages diffusés actuellement par les médias occidentaux.

Les deux artistes qui s’étaient volontairement fait oublier pendant quelques années remettent leur génie à l’ouvrage. Une œuvre pour la jeunesse, si tant est qu’elle existe dans notre vieux monde. (Voir la vidéo).

« Engin explosif improvisé » est le titre du livre réalisé par Kiki et Loulou Picasso, édité « hors-collection » par L’Association. C’est aussi une exposition itinérante, produite et montée par Arts Factory. Le livre, déployé sur les cimaises de plusieurs grandes villes françaises, est maintenant montré en Belgique, chez Alice Gallery à Bruxelles.

Cette série d’œuvres s’inscrit comme un prolongement historique en même temps qu’un renouveau des expériences artistiques du duo reformé. L’interprétation graphique des images médiatiques du monde par les Picasso fait écho à la petite révolution qu’ils opérèrent dans la presse à la fin des années 1970.

Période où, après avoir rencontré et presque vécu avec quatre autres amis -Olivia « No Sport » Clavel, Lulu Larsen, Bernard Vidal et Philippe Ti5 Dur-, ils fondent dans l’enceinte des Beaux-Arts de Paris le groupe Bazooka. Ils seront rejoints par Jean Rouzaud et Dominique Fury.

Les publications de Bazooka, des œuvres d’art en soi

Bazooka sévit d’abord dans Actuel puis créé ses propres journaux, de manière confidentielle. En 1977, la rédaction de Libération les accueille un temps dans ses colonnes avant de leur offrir un supplément rien que pour eux : Un Regard sur le monde, transformé dès la deuxième parution en Un Regard moderne.

Cette publication et les autres qu’ils créent par la suite sont devenues des œuvres d’art en soi ; des recueils d’images mêlant différentes techniques, autant de recherches graphiques et d’interprétations décalées des actualités du monde. Le coût de fabrication du journal et son trop faible lectorat mettent fin à l’aventure après le sixième numéro.

Les Bazooka poursuivent leurs interventions dans différents endroits de la presse, puis dans l’édition de bande dessinée, l’édition musicale pour laquelle ils réalisèrent quantité de pochettes de disques et d’affiches, avant, pour certains, de s’infiltrer à la télévision, au cinéma ou en galerie.

Une intervention d’Olivia « No Sport » Clavel

Le livre « Engin explosif improvisé » contient en fin de volume un livret d’archives reprenant la série « Les Animaux malades ». Elle avait été publiée en 1977 dans BD hebdo, l’un des transfuges du journal Hara-Kiri mensuel. Le duo est renoué, avec une intervention d’Olivia « No Sport » Clavel, mais leurs nouvelles œuvres, à la différence des anciennes, sont en couleur, beaucoup plus léchées, toujours méthodiquement agressives.

« Engin explosif improvisé », de Kiki et Loulou Picasso - Du 21 janvier au 27 fevrier 2010, du mercredi au samedi de 12h à 18h - Alice Gallery, 182, rue Antoine Dansaertstraat, 1000 Bruxelles, Belgique - Tel : +32 (0) 25 13 33 07, www.alicebxl.com

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 19h38 le 21/01/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ha la maquette déstructurée de Libération à la fin des années 70 .

    Pas cap’ de leurs confier celle de Rue89, hein ?

    Et encore moins celle d’ Eco89 qui censure mes commentaires à tout va , bien sur : -)

    Pas de transversalité dans les rubriques, surtout ..

  • pikasso02
    pikasso02 répond à Atacama-
    • Posté à 12h44 le 22/01/2010
    • Internaute 10134

    kiki et loulou Picasso n’ont pas de liens avec la « Famille » Picasso. Dans les années où Kiki Picasso commença à s’exprimer, je croyais que les enfants et petits enfants de Picasso lui avaient interdit de porter le nom de Picasso. Ce qui peut se comprendre. Je ne parle pas de la voiture, là, c’est différent. Kiki Picasso jouait dans les années 80 avec l’ignorance du public. Picasso ne pouvait qu’attirer l’attention et changer le regard sur son oeuvre. Comment ce fait-il qu’aujourd’hui Picasso Kiki revient-il sur la place publique avec ce pseudo ?

  • AUGO
    AUGO répond à pikasso02
    Journaliste
    • Posté à 13h06 le 22/01/2010
    • Journaliste 102494
      Journaliste

    Il me semble qu’un procès avait été fait à Kiki dans le cas d’une utilisation commerciale de ce nom.
    Mais en tant qu’artiste, je ne vois pas pourquoi il n’utiliserait pas ce nom et surtout qui aurait l’idée de l’attaquer ? S’il pense, en tant que peintre, que Pablo Picasso est le père des peintres modernes, et se considérant comme son fils spirituel ou son petit-fils il porte son nom, nous ne pouvons que nous en émouvoir ! ! !
    Et si même, imaginons, que je sois peintre et que je veuille signer un tableau Pablo Picasso, Henri Matisse ou Kiki Picasso, à partir du moment où je n’essaie pas de refourguer un faux, rien ne m’en empêche !
    Enfin, si la famille Picasso faisait un procès à l’un de ses « parents » spirituels, je pense qu’il faudrait que les famille de Kiki de Montparnasse et celle du singe « Kiki » devrait également lui coller un procès ! ! !
    Longue vie à Kiki et Loulou Picasso ! Et souhaitons que des collectionneurs fassent levier pour leur entrée sur la scène artistique française ! Et derrière eux tous les figuratifs produisant dans l’ombre des Combas, di Rosa, Boisrond, etc. ! ! ! ! ! ! A leurs toiles et leurs images répondent les émotions, la réflexion, le rire, un accès à un positionnement critique ! Leur boulot suit et devance l’actualité, tant au niveau du sens que de la forme... avec quelques clins d’yeux à un récent passé... Qui dit mieux ?

  • pikasso02
    pikasso02 répond à AUGO
    • Posté à 15h18 le 22/01/2010
    • Internaute 10134

    Je ne saisis pas bien la différence que vous faites entre l’utilisation commerciale de ce nom et celle de l’artiste de ce nom. A ce que je sache, commercial ou artiste travaillent pour se faire du fric. Désolé, mais avec le pseudo Picasso, c’est se moquer du Public qui ignore le nom des enfants de Picasso. Pourquoi Kiki et Loulou ne seraient-ils pas des Picasso ? Porter un tel nom aujourd’hui, ça aide encore. Je ne critique pas leur travail. Je dis simplement que choisir ce nom comme nom d’artiste n’a rien à voir avec des enfants ou « parents » spirituels de Picasso comme vous l’écrivez. Je suis bien placé pour le savoir. Picasso, enfant spirituel de Cézanne, oui ! Cela se voit. Kiki enfant spirituel de Picasso, non ! De Dada, oui ! Mais de Picasso, rien à voir. Pourquoi ai-je choisi pikasso02 comme pseudo ? Sinon pour espérer capter plus facilement des internautes. Avec un « k » et 02 cela ne marche pas comme je le pensais.

  • Anonyme répond à Atacama-

    Bonsoir, Atacama,

    « Il n’empêche que si Kiki et Loulou Picasso ont un lien avec l’art... “
    dis-tu.

    Typographie, mise en page, c’est de l’art graphique, pour le moins, dans la lignée de grands anciens comme Lazar Markovich Lissitzky :

    Lien Lien

    Rotchenko :

    Lien
    Affiche publicitaire pour une série de journaux filmés de Dziga Vertov, 1924

    et puis, plus près de nous, on pense à des représentants de la ‘Figuration Narrative’ comme Monory, Fromanger ou Télémaque.
    Ou bien encore Alberola, pourquoi pas.
    Non, dans le genre, je les trouve plutôt bons et, à titre personnel, je les verrai bien ‘toiletter’ la Rue.