
Quand l'Amérique fait la révolution dans ses assiettes
Aliments bio, produits de qualité, retour à la terre : les Américains aisés se découvrent une passion pour la bonne bouffe.

(De Raleigh, Caroline du Nord). Les Américains se nourrissent mal ? Ce serait un défaut incurable dû à leur culture que cet amour des hot-dogs, des choses frites et industrielles, du pain mou sucré ? Attention : cliché en voie de ringardise ! Le bio, le bon, le frais, produits le plus près possibles des consommateurs et pour moins cher qu'on ne le croit, ont fait une entrée fracassante dans la vie des classes moyennes aux Etats-Unis.
Je vis cette révolution de l'intérieur. Arrivée dans ce pays il y a huit ans, je pleurais non seulement mes marchés parisiens, mais aussi les Monoprix et autres Carrefour français. Je ne réclamais rien de très compliqué : des bottes de radis avec les fanes, des salades dont on ne devait pas jeter la moitié, du poulet même pas bio, juste fermier, un poisson frais avec des yeux et une queue, du fromage blanc…
On me disait : « Ah, si tu vivais à New York, ou à Boston, il y a des marchés à l'européenne, là-bas. » Tout de même, je vivais à Houston, Texas, presque cinq millions d'habitants ! Seuls les supermarchés fréquentés par les Mexicains offraient une large variété de fruits et légumes, souvent sans goût car poussés en accéléré et cueillis depuis longtemps.
Quant à la viande, sa qualité ne répondait pas à mes critères. Il fallait, pour trouver mieux, et même très bien, pouvoir se payer les luxueuses épiceries Whole Foods ou Central Market.
Dans les restaurants du cru, les plats étaient médiocres
Autant dire que la découverte du marché municipal de Raleigh, ma nouvelle ville, fit monter d'un cran mon humeur. Toujours rien à voir avec le marché des Lices à Rennes, ou celui des Jacobins au Mans, mais mieux, tellement mieux ! Les villes environnantes avaient aussi leur marché en plein air, dont le plus chic, à Carrboro-Chapel Hill, semble connu au delà des frontières de l'état de Caroline du nord. Enfin, les supermarchés réservaient ici des rayons aux produits locaux. (Cerise sur le gâteau : depuis quelques semaines, on peut souscrire un abonnement à des paniers bios hebdomadaires, livrés gratuitement. Vu de France, cela paraît banal, mais ici…)
Tout cela n'était pas mal, à condition de cuisiner chez moi. Car pour ce qui était des restaurants, au secours ! Comment se faisait-il qu'en dépit d'autant de bons ingrédients, les restaurants du cru (sauf exceptions coûteuses) persistassent à offrir des plats si médiocres ? Poissons bouillis et légumes micro-ondés quand on refusait les versions frites, viandes enveloppées dans du pain ou noyées sous la sauce, desserts écoeurants de sucre…
Je ne sais pas ce qui s'est passé, vraiment ! Tout a basculé brutalement en moins d'un an. Les mauvais restos n'ont pas disparu, mais beaucoup d'autres offrent désormais de bons plats, bien cuisinés, et leurs cartes spécifient souvent : « Ingrédients provenant de fermes locales », voire « poussés ou élevés sans pesticides, hormones ou antibiotiques ».
Des magazines branchés aux revues culinaires, des quotidiens nationaux, intellos ou populaires au mensuel Garden & Gun (soit « Jardin et armes », ça ne s'invente pas), sans oublier la presse audiovisuelle, les sujets sur la bonne bouffe se multiplient.
Sans parler d'internet, bien sûr. Fi de l'angle « santé », de mise ces dernières années à cause de l'épidémie d'obésité dans le pays ! Deux concepts-clé désormais prévalent : « goût », et « préservation de l'environnement ».
Les consommateurs célèbrent le plaisir gustatif, les cuisiniers encensent la qualité des produits bruts, les éleveurs et les cultivateurs font valoir leur proximité et leur engagement citoyen, tous clament leur amour pour « la vraie nourriture ».
« Pour le vin, c'était pareil, au début les Américains n'y connaissaient rien »
On se croirait en France, non ? A une différence près : il ne s'agit pas ici de préserver une tradition de qualité et de goût, mais bien d'en faire naître une, d'initier des novices, de partager un enthousiasme et des convictions, bref, d'éduquer.
« On a déjà connu ça avec le vin », dit Ted Nidias, apiculteur rencontré au Farmer's Market :
« Les Américains n'y connaissaient rien, et maintenant, notre production est d'un très bon niveau, les rayons vin des magasins sont bien achalandés, et la plupart des urbains savent faire la différence entre un Pinot noir et un Chardonnay. Pour la nourriture, ça va venir aussi. »
Je n'ai pas été autrement surprise de voir cette semaine notre hebdo régional, Independant, consacrer un dossier aux acteurs locaux de cette mutation gustativo-agro-culturelle :
« Quand il s'agit de manger local, nous n'avons de souci ni pour l'offre, ni pour la demande. Le problème, c'est qu'il est parfois difficile de connecter les deux. »
La Caroline du Nord n'a jamais renoncé à sa vocation agricole, c'est toujours elle qui fournit les Etats-Unis en porcs et en volailles. Mais il y a des lustres que les petites fermes ont disparu, au profit des usines à viande shootée aux antibios et aux hormones. Ces dernières années, des jeunes se sont installés, mus par la passion de la terre et l'envie de produire de la qualité, même si pas forcément bio.
Problème : pour vendre les poulets, les porcs, les autruches ou les agneaux, ceux-ci doivent avoir été tués et conditionnés dans des abattoirs agréés par l'administration. Ceux qui existent dans l'Etat n'acceptent que des « lots » de milliers d'animaux à la fois, ou bien sont intégrés à des fermes-usines qui ne s'ouvrent pas à la concurrence.
Les petits producteurs doivent donc charger leurs bestiaux sur des pick-up et les conduire dans un autre Etat plus compréhensif, puis revenir chez eux pour les vendre.
Accroissement des coûts, et aberration environnementale ! Le salut est venu d'un entrepreneur pakistanais de la région, qui a eu l'idée de diversifier les services de son abattoir halal et kasher, en l'ouvrant aux petits producteurs de viande rouge, et en créant une chaîne d'abattage de poulets.
Les universités se penchent sur la production de produits biologiques
Autre problème : pour produire de la viande bio, il faut nourrir les bêtes avec des céréales bio. La Caroline du Nord n'en produit pas, elle en a importé pour 8 millions de dollars l'an passé. Aberration identique (qu'on retrouve en France).
Cette fois, la grande université de l'Etat, NCSU, s'en est mêlée, par le biais de son département d'agriculture : aidée financièrement par une ONG vouée à la reconversion des terres à tabac, et par une grosse coopérative laitière nationale bio, NCSU a décidé de former des cultivateurs locaux à la production des céréales biologiques.
Passeurs de savoir, militants associatifs, professionnels quittant leurs grandes fermes pour tenter une autre aventure… on entend parler d'eux par la presse, on les rencontre sur les marchés, mais aussi dans les amphis et les labos des universités. Pas seulement en Caroline du Nord.
Les établissements d'enseignement supérieurs aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreux à offrir des cours sur l'agriculture durable, comme l'université de Californie à Santa Cruz, NCSU bien sûr, ou encore des petits « colleges » agricoles du Midwest.
Le « retour à la terre » des jeunes générations peut se révéler très rentable
C'est d'ailleurs une autre tendance lourde, signalée par le New York Times en mars : le nombre important de jeunes gens diplômés, urbains pour la plupart, qui partent travailler la terre une fois leur master, ou même leur doctorat, en poche.
Un « revival » du retour à la terre des années 70 ? Si on veut, en nettement plus professionnel, à en croire le Crossroads Resource Center : « L'augmentation des débouchés commerciaux pour la nourriture bio produite localement donne une bonne chance de viabilité aux petite fermes d'aujourd'hui. »
Un film documentaire tout récent a été consacré à ces nouveaux fermiers : « Greenhorns », de Severine von Tscharner, décortique ce phénomène social émergeant.
Observant -vivant, même avec excitation cette mutation ultra rapide, je ne pouvais m'empêcher de constater qu'elle intervient à un moment charnière aux Etats-Unis. Car c'est bien en 2007, en 2008, que l'Amérique a enfin prêté une oreille attentive aux avertissements sur la réalité de l'effet de serre, aux discours anti-gaspi, pro-recyclage, pro-économies d'eau, d'électricité, d'essence, etc.
Tout se passe comme si la brusque envolée des prix du pétrole, la crise du crédit qui jette hors de leurs maisons des millions de familles de la classe moyenne, le spectre de la récession, tétanisait ceux qui ne sont pas encore en situation précaire, mais qui redoutent vaguement d'être un jour confrontés aussi au malheur.
Les consommateurs réduisent sur la quantité plutôt que sur la qualité
Aiguillonnés par une peur diffuse, une peur de l'avenir, les Américains -ceux qui en ont encore les moyens, surtout intellectuels- se réfugient dans le bon, le bien : la « Green Attitude ». L'aspect le plus sympa de ce que d'aucuns raillent comme un effet de mode, c'est le changement radical d'approche de la chose alimentaire. Cette mutation culturelle sera irréversible.
PS : En bouclant cet article, je tombe sur un article du dernier numéro de Newsweek : le chiffre d'affaire des luxueux magasins bio, comme Whole Foods, est en perte de vitesse, à cause de la hausse spectaculaire des prix de l'alimentation (comme partout dans le monde). Ce constat ne contredit pas ce que j'ai écrit ci-dessus.
D'une part, l'augmentation des prix concerne aussi les aliments industriels classiques, et de nombreux consommateurs, disons… éclairés, décident de réduire plutôt la quantité que sur la qualité. (Quand on voit le gaspillage inouï de nourriture aux Etats-Unis, on sait qu'il y a beaucoup à glaner de ce côté-là.)
C'est aussi une question de priorité : entre 4 dollars pour un gallon d'essence (3,6 litres) et 7 dollars pour un gallon de lait bio, vous choisiriez quoi, vous ? D'autre part, les produits locaux vendus sur les marchés ou par le biais des coops n'augmentent pas dans les mêmes proportions que dans les réseaux commerciaux.
Enfin, pour prévenir les objections qui ne manqueront pas de pleuvoir, je précise que oui, je suis consciente que le dilemme entre bouffe bio et bouffe « industrielle » est un dilemme de nantis. Aux Etats-Unis comme en France. Certains n'ont pas le choix.
J'ai tout de même décidé de poster ce papier, car il me semble intéressant de raconter que les Américains aussi commencent à apprécier les bonnes choses. Et que certains d'entre eux se défoncent pour convaincre leurs compatriotes que le jeu en vaut la chandelle.
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à Phil2922
De manju35
13H25 | 12/05/2008 |
C'est quoi ton humour d'almanac'h……..
Reprend encore des nouilles et va faire la sieste…
De Bigseb
Blazé | 13H39 | 12/05/2008 |
Hum, je reste sceptique : est-ce que cette tendance est confirmée dans tout le pays, ou juste dans votre état ?
On pourrait avoir des chiffres, parceque la je trouve tout ca un peu abstrait :
on sent la tendance, mais il faudrait la traduire en chiffres, sinon je me rend pas compte^^
à Bigseb
De manju35
13H45 | 12/05/2008 |
Tu sens d'la tendance BIGSEB…………
C'est déjà mieux que de sentir des pieds………
Donnez lui des chiffres..en quelle unité de mesure ? ? ? ?
à Bigseb
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 13H57 | 12/05/2008 |
Pour des chiffres précis, il me faudrait plus de temps. En attendant, voyez ça :
L'Etat de New York (donc : pas la Caroline du Nord) comptait 735 fermes bios en 2007, soit deux fois plus qu'en 2004.
Sur le plan national (c'est à dire à l'échelle des Etats-Unis), on comptait 8493 fermes bios agréées en 2005, occupant un peu plus de 4 millions d'acres (1,613 millions ha), soit le double de la surface de 2000.
Les ventes de nourriture bio ont augmenté aux US de 150% depuis 2001. Quatre Américains sur 10 ont acheté du bio au moins une fois au cours des six derniers mois.
à Hélène Crié-Wiesner
De manju35
14H00 | 12/05/2008 |
J'exige de connaître sur le « champ »,le nombre de courges bio,vendues en Caroline de Nord en Avril 2008.
BIGSEB,s'impatiente déjà….
à Hélène Crié-Wiesner
De bilou.
Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ | 21H46 | 12/05/2008 |
Merci pour ton article si précieux, voilà qui réconciliera définitivement les français et les américains : la nourriture bio. Mais se fient-ils au propriétés gustatives des aliments plutôt qu'à la couleur et la taille des fruits et légumes. Il doit y avoir des quantités de variétés de fruits et légumes sur le continent américain qui nous sont inconnues, existe-ti-il une classification quelconque de ces précieuses espèces ?
Parallèlement, les amateurs des cultures bio sont-ils sensibles au discours anti-ogm de chez nous ?
Puisque les OGM sont destinés à relever le défi des conditions naturelles sévères qui nuisent au développement des cultures, pourquoi ne pas offrir une porte de sortie aux OGM et les destiner à la recherche sur les agrocarburants issus de cultures dans des environnements pauvres et désertiques, plutôt que de les développer dans le lit de forêt tropical ; parce que ça, c'est trop facile, on fait pousser ce qu'on veut dans la forêt amazonienne, c'est le paradis pour n'importe quel légume !
à Hélène Crié-Wiesner
De Bigseb
Blazé | 20H33 | 16/05/2008 |
Merci beaucoup pour ces précisions ; -)
De Caius
Expert en management | 13H48 | 12/05/2008 |
C'est plutôt une bonne nouvelle qu'aux Etats-Unis, temple du gaspillage et de la malbouffe, il commence à exister des gens suffisamment intelligents pour rejeter ce modèle imposé par l'industrie agro-alimentaire. Le début d'une résistance à la bêtise qui, peut-être, conduira les mêmes citoyens à voter Obama.
à Caius
De manju35
13H51 | 12/05/2008 |
On appelle cela un raccourci……………
Fallait oser l'expert……….
à manju35
De Caius
Expert en management | 14H53 | 12/05/2008 |
Eh oui ! Bush, lobby agro alimentaire, même combat.
à Caius
De Comptesuple18octàlademandeduriverain
bavureux mais pas ripoux ! | 22H00 | 12/05/2008 |
A Caius : des responsables politiques U$ en poste sont souvent , aussi , des pontes de Monsanto.
à Comptesuple18octàlademandeduriverain
De Caius
Expert en management | 16H46 | 13/05/2008 |
Comme c'est curieux !
à Caius
De bilou.
Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ | 21H59 | 12/05/2008 |
Il faut taxer les grandes surfaces en fonction de la quantité de non vendus purement et simplement détruits, ni recyclés, ni retraités, ça coule de source, j'en ai marre de ce gouvernement qui se tape sur le ventre avec toutes ses réformes qui n'ont ni queue ni tête, et ce qui me parait encore plus grave, c'est que les partis susceptibles d'avoir de bonnes idées sont condamnés à laisser faire n'ayant pas le pouvoir de faire les réformes utiles pour notre société moderne. On est condamnés à subir tout et n'importe quoi dans l'anarchie la plus totale. Ces autres partis « attendent » que le fruit de l'opinion soit bien mûr pour ne serait-ce que reprendre le pouvoir pour enfin engager de véritables réformes, des réformes qui durent et qui s'intègrent dans un nouvel environnement, putain 4 ans !
à bilou.
De Comptesuple18octàlademandeduriverain
bavureux mais pas ripoux ! | 22H05 | 12/05/2008 |
Hélas , putain 8 ans … ou une autre pute. Seul l » altermondialisme peut changer la donne. Et c » est tout de suite qu'il faut commencer à le promouvoir , TRES FORT.
à Comptesuple18octàlademandeduriverain
De bilou.
Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ | 22H20 | 12/05/2008 |
Si je ne m'abuses, Bové a milité pour ségolène entre les deux tours, il ne devait pas avoir le même jugement que toi à son égard, ni la même lecture de son programme pourtant très ambitieux pour le co-développement.
à bilou.
De Comptesuple18octàlademandeduriverain
bavureux mais pas ripoux ! | 22H49 | 12/05/2008 |
On n » est pas enrégimentés, avec cet homme libre. Les RG n » ont pas suivi son choix. Furieux aussi , car le PS a tout fait pour empêcher Bové de se présenter . Qu'est-ce qu'on s « est battus pour ce droit élémentaire ! honte au PS !
à Comptesuple18octàlademandeduriverain
De bilou.
Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ | 23H06 | 12/05/2008 |
Tu veux dire que les RG n'ont pas voté pour elle ? Si c'est ça je les étripe les RG moi. Ségolène a surtout tout fait pour intégrer José dans son gouvernement.
à bilou.
De Comptesuple18octàlademandeduriverain
bavureux mais pas ripoux ! | 23H15 | 12/05/2008 |
Moi j » ai failli me faire étriper , déjà, par une PS lors de la distribution de tracts pour le premier tour. Et qui a fait pression sur les maires pour qu'ils ne parrainent pas José ? la Ségolène de ce PS gauche caviar . Et qui a fait homologuer les OGM ? les socialos lorsqu'ils étaient au pouvoir. ça , un parti de gauche ? la base , oui , mais ses dirigeants sont des carrièristes , la preuve leur ralliement à Sarkö.
Si Ségolène avait été non candidate, aujourd « hui elle serait peut-être dans l » équipe de Sarkö , comme les autres.
à bilou.
De Comptesuple18octàlademandeduriverain
bavureux mais pas ripoux ! | 23H22 | 12/05/2008 |
Je rajoute qu'il faudra que tu en étripes, du monde , car nous sommes nombreux à avoir été écoeurés, sur le terrain , par l'attitude de militants PS haineux .Ségo serait passée si elle et ses troupes ne nous avaient pas dissuadés de voter pour elle. Je retire donc ce que j » ai dit d » aimable sur la base.
à Comptesuple18octàlademandeduriverain
De Adarshini
Idéaliste | 12H57 | 13/05/2008 |
Suite à votre écoeurement, c'est Sarko qui est passé… c'est mieux : -( …
Pour moi, Bové s'est présenté 5 ans trop tard…
De Asse42
Royalais | 14H07 | 12/05/2008 |
Votre texte a au moins le mérite de porter le débat sur la place publique. C'est-à dire que l'être humain veut de la qualité. Il veut vivre mieux. Il aspire à l'harmonie avec la nature, à la paix, au bien-être. Cela me parait naturel.
Par contre ce qui me parait moins c'est que nos gouvernants ne vont pas dans cette direction ou du moins ne favorise pas l'accès au mieux-être à tous. Ce devrait être ça la quête d'une construction sociale humaine non ? Plutôt que de favoriser une composante spécifique de la population et rejeter la majorité de celle-ci dans les méandres de la débrouille, de la stigmatisation, des ghettos.
Moi qui suis pauvre j'aimerais manger bio tous les jours , aller au théâtre, voir mes amis et faire une activité que j'aime en harmonie avec la collectivité… Malheureusement on en est loin et, pire, on s'en éloigne de plus en plus. Au contraire on cherche à nous précariser encore plus pour augmenter les bénéfices des puissants qui nous gouvernent.
Finalement votre article par l'image de mieux-être, de recherche de la vérité harmonieuse qu'il renvoie, en arrive à être écoeurant tellement on se rend compte que nous sommes de plus en plus nombreux à être éloignés de ces choses simples finalement, car elles sont en adéquation à l'évolution humaine qui ne pourra se faire qu'en harmonie avec son environnement. Et non plus contre lui.
à Asse42
De manju35
14H16 | 12/05/2008 |
L'harmonie dans l'écriture……
Essaie….tu seras plus lisible pour ton environnement…
à Asse42
De kestiontoi
travailleur forcé | 16H24 | 12/05/2008 |
« l'être humain veut de la qualité. Il veut vivre mieux. Il aspire à l'harmonie avec la nature, à la paix, au bien-être. Cela me parait naturel. » (Asse42)
Pour lui ou pour tous ?
Pour l'instant les choix politiques récents, ne nous montrent-ils pas la tendance ?
Où cela va-t-il nous mener ?
Quels niveaux de vie la planète Terre peut-elle offrir aux humains qui la peuplent ?
Comment la société capitaliste peut-elle offrir l'accès à un niveau de vie presque identique à tous les humains ?
Combien de temps va-t-il falloir à l'humanité pour organiser une société égalitaire ?
N'aura-t-elle pas disparu avant d'atteindre une telle maturité ?
à Asse42
De quetzal2012
enseignant précaire | 21H39 | 12/05/2008 |
vous avez tout à fait raison !
cette hypocrisie ambiante de nos gouvernements qui tend à culpabiliser là où il devrait responsabiliser, on présente à juste titre l'alimentation bio comme une alternative à l'expérimentation alimentaire mais on ne sortira de ce cercle vicieux que lorsque les politiques auront pris les dispostions nécessaires pour en finir avec la course au profit et seront chérents avec leurs discours…
avec un Smic aujourd'hui, manger bio est un doux rêve que l'on ne peut que caresser !
Comment mettre en relation cet article avec les révoltés qui veulent sortir de ce système qui les fait crever la faim sans un goût amer dans la bouche !
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
à Asse42
De Comptesuple18octàlademandeduriverain
bavureux mais pas ripoux ! | 22H16 | 12/05/2008 |
Asse42 , le hic c'est que l'être humain veut de la qualité pour sa pomme , les autres il s « en fiche : du Sarkoq - en - pate qui se fait livrer le pain bio par avion dans ses voyages , au bourge qui se sert dans les biocoops et qui se croit dédouané de toute action concrète ( il a même honte de se montrer dans les manifs ) dès lors qu'il a signé les sacro-saintes pétitions affichées dans sa mangeoire bio chicos.
Sarko sait même pas ce que bouffe un pauvre : il faudrait le choper et lui faire avaler de force la merde de chez L..l . Et faire boire de la piquette à Borloo , ce salopard.
De in girum
14H24 | 12/05/2008 |
ce gouvernement qui prévoit à juste titre que les salariés seront de plus en pus pauvres, nourris à la seule mal-bouffe empaquetée (une humiliation de plus, pour le corps et la tête, une aubaine ! ) organise l'expansion tous azimuts de hard-dicounters. qui pourra resister ? le cercle est vicieux, ce gouvernement aussi.
à in girum
De manju35
14H29 | 12/05/2008 |
Bon………moi j'vais dans mon jardin…il est très très bio…et demande beaucoup de soin(-soin).
De Paradhela
expatriee en Floride | 14H39 | 12/05/2008 |
En lisant votre papier, je retrouve ce que j'ai observe en moins de 2 ans. En arrivant aux USA je m'attendais a une deferlante de mal bouffe, je me suis retrouve a vivre avec des vegetariens plus ou moins strict et a manger plus equilibre que pdt mes annees de fac. Allez comprendre. Le fait que je vis ds un milieu intello et ensolleile (Floride) a j'en suis certaine qquechose a voir avec le fait qu'autour de moi tt le monde mange vert et bien. Voir trop pr dire tte la verite. La culture de l'apparence est ici pousse a un niveau defiant tte concurrence. Je me retrouve moi mm qque fois a selectionner mes aliments en fction de leur teneur en Trans Fat, Carbs … etc. Une habitude a laquelle je tente de resister bec et ongles. Le fait est que ds la nouvelle vague BoBo americaine (ou de ce que j'en vois) manger mieux ne veut pas forcement dire manger plus equilibre. Passer du tt frit aux legumes, et du tt congeles aux produits frais est une avancee inestimable , mais comme le disait l'un des commentaires plus haut, le savoir faire n'est pas reellement la. Il reste des habitudes qui ne ft pas tjrs pas du repas un moment convivial, equilibre et plaisant : le fait de ne pas manger autour d'une table, la rapidite du repas, les portions tjrs enormes … etc. Enfin, l'ironie de cette nouvelle vague du « manger bien » est qu'elle semble concerner la population aise des US, celle qui possede un acces facil aux soins (traitement du cholesterol, obesite … etc) mais n'effleure mm pas la population pauvre qui continue a se nourrir de fritures et de McDo, et a considerer les medecins comme un luxe hors de prix. Apres tt il semble que les pbs alimentaires americain soient plus complexes qu'une simple question de mauvaises ou bonnes habitudes
à Paradhela
De Caius
Expert en management | 15H39 | 12/05/2008 |
Vous avez bien raison, se nourrir sainement coûte cher, et cela devient aussi vrai en France qu'aux Etats-Unis, hausse des prix et baisse du pouvoir d'achat aidant.
Donc il y a la bonne nourrriture du riche et la médiocre bouffe du pauvre. Et ça, c'est un problème politique.
à Caius
De manju35
17H33 | 12/05/2008 |
Pas seulement,politique…
C'est aussi une question culturelle.
A salaire égal,on mange mieux(sainement)dans le Gers que dans le Nord.