Echange bonne école lointaine contre trottoirs de proximité

(Raleigh, Caroline du Nord) Faut-il se réjouir des améliorations apportées à l'environnement urbain quand elles résultent d'une régression sociale, d'un recul dans l'égal accès des riches et des pauvres à l'éducation ? Echange écologie contre instruction : aux Etats-Unis, c'est possible.
En Caroline du Nord, le district scolaire du Wake County va complètement modifier sa carte scolaire. Ce comté englobe la capitale Raleigh (j'y habite) et ses banlieues. Les jeunes auront bientôt moins de distance à parcourir pour aller en classe.
Du coup, la ville va devoir -enfin ! - construire des trottoirs et des pistes cyclables pour permettre les déplacements qui se font aujourd'hui presque systématiquement en voiture ou en bus. Le changement promet d'être d'autant plus énorme que le développement tentaculaire de Raleigh s'est fait en oubliant totalement que les gens avaient des jambes (voir mon article sur Rue89 « Repenser la ville américaine »).
Quelques chiffres, pour évaluer l'enjeu de la controverse : Raleigh a 400 000 habitants. Le Wake County, qui inclut treize municipalités, compte 867 000 habitants. Dont 72% de Blancs et 20% de Noirs (déclaration volontaire lors du recensement). La population latino croît rapidement chaque année.
Transporter les enfants par bus pour assurer une diversité sociale
Depuis fort longtemps, le comté pratique le « busing », le transport en bus des élèves socialement défavorisés vers des écoles situés dans des quartiers riches, et des élèves plus riches vers des écoles situées dans des quartiers pauvres. Objectif : maintenir une diversité sociale propre à assurer au mieux l'égalité des chances.
Afin d'éviter la constitution progressive de zones immobilières plus recherchées pour raison scolaire, les autorités modifient leur carte tous les deux ou trois ans. Du coup, il est très difficile de choisir son lieu d'habitation en fonction de la qualité des établissements, puisque le « zoning » change tout le temps.
Cette politique a tellement bien porté ses fruits au fil des ans que les écoles publiques du Wake County et le niveau académique de ses élèves figurent parmi les meilleurs des Etats-Unis. Quoique la Caroline du Nord, Etat du sud, ait historiquement été gouvernée par les républicains (de droite), Raleigh est une ville gérée par les démocrates (vaguement de gauche).
Le maire de Raleigh est donc l'un d'eux, ainsi que la plupart des différentes administrations du comté (police, justice, transports, urbanisme, Trésor, éducation…). Leurs gestionnaires sont élus individuellement, lors d'élections locales spécifiques qui mobilisent peu les citoyens. Or, le 6 octobre dernier, le conseil d'administration de l'instance scolaire a basculé à droite.
Rendre les écoles de quartier à leurs habitants naturels
Les candidats avaient axé leur campagne sur une promesse : supprimer le « busing », rendre les écoles de quartier à leurs habitants « naturels », éviter aux enfants de une à deux heures et demi de transport par jour. Ils avaient le soutien de nombreuses familles aisées, ulcérées de voir certains de leurs gosses affectés dans des écoles lointaines et parfois trop… colorées.
Mais ils avaient aussi le soutien de nombreux parents d'origine sociale très modeste, qui ne comprennent pas pourquoi leurs enfants doivent se lever à 6 heures pour aller étudier à 20 kilomètres.
Sans compter qu'en cas de bobo ou de mal de tête, l'école appelle les parents pour venir récupérer le rejeton cabossé : comment faire quand on n'a pas de voiture, qu'il n'y a pas de transport public, ou que le patron refuse d'accorder la demi-journée nécessaire à pareil déplacement ?
Bref, c'est plié : à la rentrée 2010, une carte scolaire classique présidera aux destins des élèves du comté. Les professionnels de l'immobilier se déclarent pour la plupart soulagés de cette stabilité nouvelle. Ils avaient bien du mal à expliquer les règles du « zoning » flottant à des acheteurs potentiels.
Choisir une maison pour ses qualités plutôt que pour sa carte scolaire
Souvent, les familles arrivant pour travailler dans les environs préfèrent acheter dans un comté voisin qui ne pratique pas le « busing », quitte à conduire beaucoup pour aller bosser plutôt que d'infliger le transport aux enfants.
Jill Flink est agent immobilier à Raleigh, elle témoigne dans le journal local :
« Ça a vraiment été un problème pour nous. J'étais obligée de dire aux clients : “Choisissez une maison que vous adorez réellement, car vous risquez de souffrir avec la question scolaire.” »
A contrario, des gens vivant dans un quartier sans attrait, mais qui sont satisfaits de l'école où ont été affectés leurs enfants, commencent à paniquer. Un autre agent immobilier soupire :
« On me demande déjà s'il ne faudrait pas songer à vendre, et tenter d'acheter dans un meilleur quartier. C'est désespérant, tout de même, d'avoir à prendre une décision aussi rapide et brutale juste parce qu'un conseil d'administration vient de basculer politiquement. »
Repenser la composition sociale des quartiers plutôt que celle des écoles
Comment faire, se demandent les élus du conseil municipal (de gauche) de Raleigh, pour continuer dans l'avenir à assurer une certaine mixité sociale dans les écoles ? Comment conserver un bon équilibre entre les milieux sociaux et les races (on emploie volontiers ce terme ici) malgré la fin du « busing » ? Réponse de James West, conseiller municipal :
« Tant que les modèles urbanistiques qui régissent l'habitat sont ségrégatifs, on n'y arrivera pas. Les municipalités peuvent jouer un rôle important si elles le décident. Par exemple en encourageant les promoteurs qui défrichent une zone pour créer un nouveau quartier à construire dessus différents types de logements. »
Pas question, évidemment, d'édicter une loi imposant un pourcentage de logement social. On est aux Etats-Unis, la libre entreprise est sacrée. En revanche, des incitations financières pourraient tenter les « développeurs » de nouveaux quartiers, ou ceux attirés par la rénovation de zones anciennes.
Après tout, les incitations financières marchent bien quand il s'agit de construire plus vert, plus économe en énergie. Pourquoi pas pour encourager la mixité sociale ?
Les jeunes auront peut-être envie de se rendre à pied à l'école
Transition idéale pour revenir à l'introduction de ce papier… Tant les constructeurs que les élus entrevoient une conséquence imprévue de cette redéfinition de la carte scolaire : si des dizaines de milliers d'enfants ne prennent plus les bus scolaires pour aller à l'école, ils peuvent vouloir marcher ou pédaler.
Il va falloir assurer leur sécurité. A Raleigh, ce n'est pas évident. Je le sais par expérience, pour avoir failli plus d'une fois me faire écrabouiller en vélo par des voitures roulant à 20 km/heure, mais dont le conducteur téléphone, se maquille, mange, ou lit ses e-mails.
Une étude du 9 novembre confirme mes observations : Raleigh est classée sixième au rang des villes américaines les plus dangereuses pour les piétons (et forcément les cyclistes). Ceci n'a pas échappé aux responsables scolaires du comté, qui réclament d'ors et déjà des aménagements du domaine public.
Moins de déplacements en voiture, c'est toujours bon à prendre pour l'environnement, non ? Reste à savoir si les trottoirs, les passages piétons et les pistes cyclables qui seront installés dans les quartiers riches seront empruntés par ceux auxquels ils seront destinés.
A cause des enlèvements, bien plus fréquents qu'en France, les Américains ont une trouille bleue de laisser leurs enfants sortir seuls dans la rue. Quant aux plus grands, ils détestent tout bêtement marcher, et prennent leur voiture pour aller à l'école. (Voir mon papier sur Rue89)
Quant aux quartiers pauvres, où les gens marchent vraiment, dépenser de l'argent pour des trottoirs apparaîtra comme dérisoire, car les écoles auront alors besoin de beaucoup plus d'argent qu'avant pour espérer maintenir leur niveau.
Franchement, quand on en arrive à mettre ainsi en balance éducation et écologie, c'est que quelque chose ne tourne pas rond.
Photo : une rue de Raleigh, Caroline du Nord, en 2007 (Luke Wisley/Flickr).
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 13H43 | 28/11/2009 |
Franchement, quand on en arrive à mettre ainsi en balance éducation et écologie, c'est que quelque chose ne tourne pas rond.
Je ne vous le fait pas dire, vous l'avez dit . Votre très intéressant article donne le tournis..Cette société rend vraiment les gens fous dans leurs têtes, on dirait ..
à Numerosix
De pablico
14H20 | 28/11/2009 |
le bon sens est-il une denrée si rare?
Il faudrait le coter en bourse..pour le booster un peu.
(ironie)
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 14H17 | 28/11/2009 |
Indépendamment des problèmes de pollution, il me paraît juste aberrant que des enfants doivent faire des heures de bus pour aller à l'école dans une ville. Ce système ridicule est la seule parade trouvée permettant de rétablir une saine mixité sociale à l'école.
Tout ça à cause de: a) la "ghettoïsation" extrême de l'habitat, résultat de la liberté totale des milieux immobiliers b) le fait que l'enseignement est financé par les collectivités locales, aux moyens très disparates, sans intervention de l'Etat central.
Le libéralisme sauvage est à la base des problèmes humains.
Cet article est une véritable fable.
De padiran
Chroniqueur mondain | 17H43 | 28/11/2009 |
Il faut avouer que changer le zonage scolaire tous les 2 ou 3 ans est complètement ubuesque. Au delà de cette réflexion, le manque total de logique sur l'urbanisation des villes, c'est à dire l'équipement en logements abordables, écoles et autres équipements structurants (piscine, bibliothèques cinémas théâtre , relève de l'anarchie et remet à sa place les valeurs du libéralisme.
Permettre à une ville de 400.000 habitants de s'étendre, c'est prendre les citoyens en otage, de l'automobile et autres types de transport.
Si les Américains ne remettent pas en cause leur système de vie, ce qui malheureusement est fortement probable, ils continueront à générer tout et son contraire, au détriment d'eux mêmes, cela les regarde, mais aussi des autres et là c'est beaucoup moins bien pour nous. Il faut espérer que la "petite sirène" de Copenhague saura leur jouer l'air de la raison.
à padiran
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 18H03 | 28/11/2009 |
alors là, meme après le peak oil les américains continueront à construire des banlieues étalées
espèrer autre chose relève du reve,
va faire un tour sur goggle earth et tu verras
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 18H11 | 28/11/2009 |
Un tres bon article (comme d'habitude)
et le dilemme de la fin nous laisse à nos reflexions
est ce que le meme genre de "problèmes " n'existent pas chez nous
pour le busing, je croyais que c'était arrété depuis longtemps
au début il y a eu des incendies de bus
peut etre que si on obligeait mon mome à faire plus d'une heure de transport par jour (oups! par trajet!!) j'aurais aussi envie de foutre le feu au bus
c'est bizarre comme aux states ils acceptent certains choses qu'en France nous n'accepterions jamais
enfin c'est une question de culture
pour la petite histoire, il n'y a pas qu'en Amérique que le mitage continu
le maire de ma ville (qui a une tres grande surface geographique par le biais d'un regroupement datant de 40ans) ne délivre plus de permis de construire pour des maisons individuelles, il veut "densifier" l'urbain
bravo!!!
mais le maraicher chez qui je m'approvisionne le samedi au marché va disparaitre (enfin son exploitation) on va y construire "un eco quartier"
j'en suis encore en rage!!!!!!!!
a bruler les buldozers
à jyeden
De trappeur
jeune voyageur | 19H28 | 28/11/2009 |
Cette histoire d'arrêter les constructions neuves est peut être extrême mais le problème d'étalement urbain est présent partout en France (à la belle époque des années 70 où tout le monde pouvait travailler facilement et donc bâtir aussi facilement).
Dans certains départements où les terrains sont encore abordables c'est un vrai fléau. Faut-il donc laisser vieillir et même mourir l'existant, souvent synonyme d'ancien, au profit d'habitat au style standardisé et à l'esthétisme peu homogène?
Quant à l'histoire malheureuse du maraîcher je ne pense pas qu'il puisse vendre son exploitation aussi facilement, il faut peut-être se poser la question de la rentabilité de son affaire. Et la ce n'est pas la municipalité qu'il faut battre mais la grande distribution...
Bon sinon l'histoire de Raleigh ce que je préfère c'est la réaction des agents immobiliers: sont-ils contents? JAMAIS. J'aime beaucoup les Etats-Unis pour les grands espaces, les villes splendides mais pas du tout leurs mentalités!!
à trappeur
De pasapose
fauxtographe | 19H49 | 28/11/2009 |
Par curiosité qu'aimez vous dans les villes américaines ?
à pasapose
De trappeur
jeune voyageur | 19H56 | 28/11/2009 |
La skyline surtout et les nombreux bâtiments des premières années des grattes ciels, notamment les ponts.
Ce que j'apprécie aussi, bien que ce soit totalement paradoxale en rapport à mon commentaire, c'est justement cette nature omniprésente. Ce serait un aspect à conserver absolument pour l'urbanisme futur.
Honnêtement je n'ai jamais vu les villes américaines qu'en image alors je n'ai peut-être pas le meilleur avis sur le sujet :)
Vous avez un avis sur les villes américaines?
à trappeur
De pasapose
fauxtographe | 20H16 | 28/11/2009 |
Je n'ai jamais vécu aux USA mais je m'y suis rendu plusieurs fois, surtout à l'Ouest Eugene, Denver, Colorada spring.
Et je dois avouer ne pas du tout aimer les villes américaines, villes sans centre de vie. Le centre est souvent le centre d'affaire, qui est mort à la fermeture des bureaux. J'avoue avoir une détestation prononcé pour les gratte-ciels. Et surtout la difficulté de se déplacer sans véhicule, le peu de commerce de proximité et cette passion pour le Mall, ces affreux centres commerciaux.
De manière moins caricatural, Montréal ressemble à ça aussi, j'ai toujours préféré Québec.
à pasapose
De trappeur
jeune voyageur | 20H42 | 28/11/2009 |
Je veux justement aller un jour a Montréal pour y travailler quelques temps. D'accord pour dire que les centres sont un peu "morts" et pour Montréal, elle possédait le plus grand réseau de tramway d'Amérique du Nord et il a été supprimé en 1959. Aujourd'hui les périphériques et les rues du centre sont complètement saturés et on relance un nouveau projet de tramway
à trappeur
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 11H04 | 29/11/2009 |
ce n'est pas le maraicher qui a vendu
son affaire n'est pas "rentable", elle lui permettait de vivre ou alors c'etait un complement
d'autres ont décidés a sa place
à jyeden
De trappeur
jeune voyageur | 14H00 | 29/11/2009 |
J'hallucine juste parce que c'est pas possible. Et quand je dis rentable c'est pas un critère libéral c'est justement pour qu'il puisse en vivre. Ma sœur a une entreprise je sais comment cela fonctionne.
De numeroSeptduvillage
media-citoyenne et ecologeek | 21H42 | 28/11/2009 |
Merci, votre témoignage et article est limpide, instructif et pleins de bon sens. J'ai fait le même constat pour avoir vécu de nombreuses années en amérique du nord, sur le libéralisme sauvage, le "on ne touche pas aux droits des entreprises, elles sont au dessus de la loi" et la machine routière qui broie l'individu, l'atomise, le rend dépend à vie du pétrole/transport longue distance (tout le mode de vie est organisé autour de ces axes routiers dont les gouvernements savaient que ça n'apporterait pas de richesse aux gens mais des prétextes pour des guerres du pétrole.)
Par contre (cela n'a rien à voir avec cet article mais le contexte), Rue 89 pourrait-il apporter d'autres témoignages de bonnes pratiques/idées autre que USA? Car nous subissons depuis des années des "faites comme les USA, pour se planter dans le mur" puis "faites comme les USA pour sortir du mur". Donc: il y a d'autres pays dans le monde à part les USA (plus de 180 aux dernières nouvelles) et d'autres idées surtout qui aurait le mérite de rappeler que les villes à l'américaine sont morts-nées et que, s'ils doivent repenser leur ville c'est certain, comment faire pour éviter que notre Narkoleon premier ne nous pousse pas dans ces voies là (parce que notre société ne le veut pas mais il nous y pousse tout droit). merci
De nain-bleu
Etudiant esc apprenti | 23H05 | 28/11/2009 |
Il me semble que la région parisienne est la zone européenne la plus densément peuplée. Cela me frappe à chaque fois, car en prenant le train dans chaque direction depuis paris, on ne voit qu'une suite interminable d'alternance petits pavillions - barres HLM.
L'étalement n'est pas uniquement américain. Les nouveaux quartiers de NOS villes sont exactement pareils, petite rue qui tourne, chacun sa petite maison et son petit trottoir. Nous connaissons tous des habitants de ces quartiers, et chacun nous dit à quel point il apprécie ce lieu.
Leur parler du peak oil et de la fin de la voiture ? "On a toujours inventé des nouveaux moyens, je me fais pas de soucis, quand il n'y aura plus de pétrole les voitures électriques marcheront aussi bien qu'une essence maintenant".
Ce qui me fait penser que si effectivement un jour une voiture propre et à bas coût venait à exister, les voitures en double file devant le boulanger à 300m vont revenir :)
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 02H31 | 29/11/2009 |
Le bussing a été une invention formidable, comme l'affirmative action (très vilainement traduite en français par "discrimination positive"). On aurait bien fait de faire la même chose chez nous, ça nous aurait sans doute évité bien des ghettos - ce que sont nos ZEP.
Mais tout système a ses avantages et ses inconvénients - quand on a mis des berceaux aux trottoirs aux carrefours pour faciliter la vie des gens en fauteuil roulant, on a compliqué celle des aveugles, qui n'avaient plus de bordure de trottoir pour se guider... Le problème de la ségrégation scolaire, grâce entre autres au bussing, est un phénomène largement dépassé aux Etats-Unis (mais pas en France). Dès lors, l'inconvénient certain que représentent de trop longs trajets pour se rendre à l'école devient insupportable.
Il n'est pas non plus illogique, au contraire, de prendre en compte les nouvelles préoccupations environnementales et de chercher à limiter les déplacements motorisés. Les villes changent selon les époques, elles l'ont toujours fait : on va donc construire des trottoirs à Raleigh. Big deal.
Appeler ça "mettre en balance éducation et écologie" me semble tout à fait caricatural. En conclure que c'est le signe que "quelque chose ne tourne pas rond" frôle la malveillance.
NB : Le bussing avait été instauré sous Nixon, qui n'était pas précisément démocrate.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
personne écrivante | 16H36 | 29/11/2009 |
Il n'y avait aucune malveillance, c'est vous qui voyez ça comme ça.
A vrai dire, comme la vocation de ce blog "American ecolo" est de raconter des choses ayant un rapport avec l'environnement, j'ai un peu tiré l'info artificiellement de ce côté-là, pour avoir un prétexte à parler d'école, d'éducation, de mixité sociale. Prétexte un peu tiré par les cheveux, j'admets...
Cela dit, je pense vraiment que si la construction de trottoirs résulte UNIQUEMENT de cette modification de la carte scolaire, c'est un peu con.
à Hélène Crié-Wiesner
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 17H08 | 29/11/2009 |
Si, c'est très malveillant - comme tous vos billets d'ailleurs, qui sont toujours empreints de xénophobie. Vous présentez toujours les Américains comme des extra-terrestres, du style "ils sont fous ces Ricains !"
Vous avez l'air d'être bien malheureuse là-bas. Vous ne semblez pas consciente de la chance qu'ont vos enfants d'échapper au système scolaire français... Quel effet ça leur fait que leur mère dénigre constamment leur pays ? Vos amis américains (si vous en avez) doivent vous trouver bien arrogante - ça doit les confimer dans leurs clichés anti-français, car aussi étonnant que ça nous paraisse, les étrangers nous trouvent arrogants, on s'demande où ils vont chercher ça...
Les modifications urbaines ne peuvent pas avoir une cause unique, elles suivent et ont toujours suivi l'évolution des modes de vie. Si pour des raisons environnementales tout à fait légitimes il faut limiter les déplacements motorisés (entre autres en renonçant au bussing qui a atteint les objectifs qui lui avaient été fixés il y a 40 ans), il semble parfaitement logique de construire des trottoirs dans une ville qui en est curieusement dépourvue.
Vous présentez comme ridicules des efforts que je trouve personnellement assez remarquables pour encourager la mixité raciale et sociale - efforts qui ont été d'une efficacité certaine - alors qu'on souffre en France de fléaux appelés ghettoïsation, discriminations et violences urbaines, auquels nous n'avons pour l'instant pas trouvé l'ombre d'une tentative de solution... pour autant qu'on commence très timidement à admettre leur réalité.
C'est pourquoi je trouve votre ton déplaisant.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Bobus Trucus Bidulus Maximus
Gros con de droite | 17H17 | 29/11/2009 |
C'est vrai qu'il est connu qu'aux USA, les phénomènes de ghettos et de violences urbaines n'ont pas cours, contrairement à chez nous.
D'ailleurs, grâce au busing et à la mixité sociale qu'il a permis, la criminalité a quasi-disparu des villes américaines et les prisons sont vides.
Nos gouvernants feraient bien de s'en inspirer.
à Bobus Trucus Bidulus Maximus
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 21H02 | 29/11/2009 |
Ouille ! nos gouvernant s'en inspirent déjà !
à Bobus Trucus Bidulus Maximus
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 22H47 | 29/11/2009 |
"C'est vrai qu'il est connu qu'aux USA, les phénomènes de ghettos et de violences urbaines n'ont pas cours, contrairement à chez nous."
Grâce au bussing et à l'affirmative action, entre autres, le pays n'a plus rien à voir avec ce qu'il était il y a 50 ans. La situation est effectivement bien pire en France - d'autant plus qu'on en est toujours à nier les problèmes.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Bobus Trucus Bidulus Maximus
Gros con de droite | 23H08 | 29/11/2009 |
C'est vrai que chez nous il y a 0,1% de la population en prison, ce qui montre bien que question criminalité urbaine on est bien pires que les USA, qui eux ont 0,7% de leur population en prison (soit 2,3 millions de prisonniers aux USA contre 65 000 en France).
La sagesse que vous déversez ici illumine la rue89 jusque dans ses recoins les plus obscurs, mille grâces vous en soient rendues Sainte Béatrice.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De pasapose
fauxtographe | 00H11 | 30/11/2009 |
Grâce au bussing et à l'affirmative action, entre autres, le pays n'a plus rien à voir avec ce qu'il était il y a 50 ans.
C'est vrai que la France de 1959 et celle de 2009 c'est quasiment la même chose.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
personne écrivante | 17H42 | 29/11/2009 |
Eh ben, je suis sciée! En général, sur ce site, j'ai l'impression qu'on me reproche plutôt un pro-américanisme primaire. Mais puisque vous le dites...
Quant au busing, c'est drôle, j'avais l'impression d'avoir écrit que le système avait donné d'excellents résultats en terme de qualité de l'instruction dans cette région. C'est pas ce que j'ai écrit? Ah, je croyais...
à Hélène Crié-Wiesner
De Pas–glop
pas glop du tout | 17H46 | 29/11/2009 |
Vous n'avez pas compris: la prochaine fois que vous ecrivez un billet sur l'amerique, demandez a Bea ce qu'elle en pense avant publication, car entre elle et les US c'est une histoire d'amour qui n'en finit pas...
à Hélène Crié-Wiesner
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H18 | 29/11/2009 |
BéaOne vous demande , en tant (qu'excellente) journaliste , de ne parler que de ce qui va bien aux Etats-Unis , et par exemple de nous mentionner toute la liste des trains qui arrivent à ,l' heure ..
à Hélène Crié-Wiesner
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 23H00 | 29/11/2009 |
Désolée, mais je pense que vous ne vous permettriez pas de parler des Japonais ou des Allemands sur ce ton : "quelque chose ne tourne pas rond", par exemple. On a l'impression que vous pourriez titrer "comment peut-on être persan" ? Le bussing a effectivement donné d'excellents résultats partout, et il a pour une large part rempli ses objectifs. Ce qui fait qu'il n'est pas scandaleux de passer à autre chose, maintenant que l'urgence a changé pour devenir environnementale.
Franchement, je trouve votre histoire de trottoirs vs "bonnes écoles" très tirée par les cheveux. La France serait à feu et à sang si un gouvernement français courageux (oxymore) tentait d'imposer le dizième de ce que différents gouvernements US ont imposé.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Pas–glop
pas glop du tout | 03H01 | 30/11/2009 |
"La France serait à feu et à sang si un gouvernement français courageux (oxymore) tentait d'imposer le dizième de ce que différents gouvernements US ont imposé."
Sur la forme: oxymore est un mot tres frequement employe par les liberaux de gauche; sans doute emprunte aux anglo-saxons, oxymoron (qui tue les cons), Emile Littre ignorait ce terme. Bref, un truc de bobos baba-cool recycles...
Sur le fond: votre critique prouve que vous n'avez pas lu ou compris le texte d'Helene...
Quand a cette difference que vous signalez entre l'Amerique et la France, elle est heureuse, quoique plus vraiment valide depuis que les forces de gauche se sont unies a l'UMP pour imposer les lois iniques que nous connaissons et la main de fer de la police remontee dont ses sbires clones sur le modele Americain n'ont plus rien des pandores que nous respections tous lorsque la france puait encore le fromage et la bouse.
à Pas–glop
De Bobus Trucus Bidulus Maximus
Gros con de droite | 03H08 | 30/11/2009 |
Ca, c'est pas faux. J'ai beau être un respectable bourgeois apprécié de mon percepteur et de mon boucher, je ne me sens pas en sécurité quand je croise des flics. C'est pas normal ça.
à Bobus Trucus Bidulus Maximus
De Pas–glop
pas glop du tout | 08H40 | 30/11/2009 |
Au marché de Brive-la-Gaillarde, à propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture, les gendarmes, mal inspirés,
Vinrent pour tenter l'aventure d'interrompre l'échauffourée.
Or, sous tous les cieux, sans vergogne, c'est un usage bien établi,
Dès qu'il s'agit de rosser les cognes tout le monde se réconcilie.
Ces furies perdant toute mesure, se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent, je vous l'assure, un spectacle assez croquignol.