
Vivre en plus petit : la nouvelle frugalité américaine
Maisons, voitures, alimentation : en crise économique et écologique, l'Amérique redécouvre avec entrain les vertus de la sobriété.

(De Raleigh, Caroline du Nord) Frugalité, simplicité, vivre mieux avec moins… On se croirait revenus à l'époque des gentils hippies, quand « small » était « beautiful », et surtout fun. Sauf qu'aujourd'hui, la crise force la société américaine à reconsidérer ses valeurs.
A en croire la presse ces derniers mois, les habitants de ce pays sont devenus des modèles de sobriété : petites voitures, petites maisons, cartes de crédit à la poubelle, repas à domicile, sans oublier la vogue des potagers et poulaillers personnels. Autour de moi, je le constate : tout rétrécit au pays de l'oncle Sam.
Ces nouveaux comportements sont parfois contraints, parfois volontaires, histoire de prendre les devants sur les changements inéluctables qui s'annoncent, dus -sans ordre précis- aux crises économique et écologique.
L'Amérique profonde réagit à sa façon. Américaine, et différente de ce qui se passe en France, si je puis dire. Une manière qui tient forcément compte du contexte culturel étazunien. (J'anticipe les commentaires sarcastiques anti-américains primaires, sans trop d'espoir.) Parfois, on a tout de même envie de sourire.
Les lycéennes affichent une aversion soudaine pour les fringues neuves
Les intellos-écolos, depuis longtemps sensibilisés, ont été précurseurs de cette tendance du pays à réduire son train de vie. Sur ce blog, en janvier dernier, j'avais signalé le phénomène. Je faisais alors référence à « quelque chose qui s'apparente aux expériences alternatives de certaines communautés des années 70, sauf qu'aujourd'hui, leurs acteurs n'ont pas la prétention de vivre en marge du système. Ils vivent dedans, autrement, avec moins, volontairement beaucoup moins ».
Il suffit de voir ces lycéennes, camarades de mes fils, ici et dans des villes différentes : je les ai connues folles de mode et de shopping frénétique ; elles affichent une aversion soudaine pour les fringues neuves.
Leur nouveau sport, c'est la chasse aux fripes et aux jolis vêtements d'occasion dans les innombrables dépôts-ventes qui fleurissent dans les villes. (A quand une série télé sur ce genre de filles ? Ça donnerait une autre image des Etats-Unis que « Gossip Girls » ou « Sex And The City ».)
Leurs mères, quant à elles, se détournent progressivement de l'idole cathodique Martha Stewart, « la reine du bien-vivre chez soi » comme dit Wikipédia. Elles se reportent sur Wanda Urbanska, égérie sur la chaîne PBS du mouvement »Simple Living ».
Son show est diffusé depuis 2004, et le nombre de spectateurs croît chaque année. Son crédo :
« Il y a toujours eu des gens pour avoir envie de redéfinir leurs priorités de vie, pour revenir à l'essentiel, pour vouloir bâtir des relations solides et prendre soin de leur communauté. Nous voulons tous apprendre à gérer notre temps et notre argent, autant le faire avec l'impact écologique le plus petit possible. »
Couper la télé ou rapetisser la voiture
Le réseau « Simple Living Network » regroupe des centaines de milliers de membres, et, selon sa fondatrice Carol Holst, ne cesse de grossir. Ceux-ci sont mus par le concept de « simplicité volontaire » ( »volontary simplicity ») -lequel se décline lui aussi sur une multitude sites web. Carol Holst explique :
« La simplicité varie d'un individu à l'autre. Pour certains, ça peut être de ne plus regarder la télé. Pour d'autres, de joindre un club de jardinage. Ou de déchirer sa carte de crédit. Ou d'acheter une Smart à la place de son cabriolet Mercedes. »
On peut même prendre des cours de simplicité volontaire, des tas de groupes locaux en dispensent pour pas cher ou pour rien. On peut aussi acheter plein de livres sur le sujet (je fournis une liste sur demande). On peut aussi rendre visite aux lieux de vie (pour ne pas dire communautés, terme inadéquat et daté) qui se créent en toute discrétion un peu partout.
Parce qu'il a été décrit dans un reportage du magazine Oprah, le Simple Living Institute, Inc, fondé en 2002 en Floride, est une sorte de référence pour les gens intéressés par le sujet. Mais à peu près n'importe où on rencontre des jeunes bien décidés à vivre « off the grid » (hors du réseau électrique). L'hebdo Business Week parlait à l'automne d'un « new-age de la frugalité ».
S'entraîner à vivre pauvre
Jusque là, j'ai présenté les volontaires. Mais d'autres individus, très ordinaires (vendeurs, avocats, profs, garagistes, agent des impôts, infirmiers, gardiens de prison…), décident aussi de réduire leur train de vie. Bien obligés : la peur du chômage hante tout le monde.
Quant à ceux qui y sont déjà, qui ont perdu du jour au lendemain l'assurance médicale de la famille, qui n'attendent plus que la saisie de leur maison qui ne sera payée que dans vingt-sept ans, dont la vieille mère a été jetée de sa maison de retraite, dont les gosses ne pourront terminer leurs études faute de pouvoir payer l'université (même publique), eh bien, ils doivent s'adapter.
« Etre économe, c'est comme être au régime : c'est plus facile si vous avez un objectif tangible. »
Voici le type de conseil que les « coachs de vie quotidienne », nouvelle profession qui fait florès, donnent à des gens qui voudraient vivre autrement, mais ne savent pas comment faire. Intégrer les notions d'indispensable et de superflu, quand on a toujours vécu à l'aide d'une carte de crédit dans une société qui encourageait ce comportement, ce n'est pas évident pour tout le monde.
Ainsi, Kristine Miele, « financial planner » (elle aide les gens à établir un budget), propose des « cours de vie » (« lessons for life »), basées sur la hiérarchie des besoins établie par le psychologue Abraham Maslow : nourriture, vêtements, logement et transport.
Elle enseigne à ses clients à se recentrer sur leurs besoins élémentaires, en les entraînant à abandonner, une à une, les dépenses inutiles qui les attirent vers la spirale du crédit.
La fin du « toujours plus »
Personnellement, j'ai l'impression que le changement le plus marquant, celui qui aura à terme l'impact le plus important sur la société américaine, touche à l'évolution de l'idée nationale de la maison.
Comme le soulignait le New-York Times en raillant les Américains (mais les Européens qui les moquent sont pareils) d'avoir toujours voulu augmenter la taille de leurs possessions : « No, you cannot get up-grade » (approximativement : « Vous ne pouvez pas avoir plus grand. »). Dans nul autre secteur que celui des maisons cette folie du « toujours plus » n'a été aussi visible.
Après la Seconde Guerre mondiale, les soldats démobilisés et leurs familles emménageaient dans des logements de 90 m2. Dans les années 70, la taille moyenne des maisons américaines était de 150 m2. Aujourd'hui, elle est de 233 m2.
Or, les maisons ne se vendent plus. Leur prix a dégringolé. Plus elles sont grosses, moins elles partent. Les gens commencent à se douter que la tendance va perdurer, et à se poser des questions sur l'utilité de la vastitude à laquelle ils aspiraient, comme tout le monde.
Reconsidérer le statut social
Voyez ce qu'en dit Geneviève Ferraro, animatrice du website « The Jewel Box Home », la maison boîte à bijoux. (Ce site vaut le coup d'œil, histoire de comprendre ce que le citoyen américain ordinaire entend par « petite » maison. Pour la classe moyenne qui ne vit pas dans une grande ville ultra-chère, une maison de 4 à 5 pièces/180 m2 est vue comme relativement petite.)
« Se loger a toujours été un sport très compétitif aux Etats-Unis, et se loger petit trimballait une connotation négative. Votre statut social s'acquiert en vendant votre maison et en déménageant dans quelque chose de plus grand.
A mon avis, c'est en train de changer : la meilleure manière de s'afficher comme un citoyen responsable vis à vis de l'environnement est de choisir une petite maison, qui consommera automatiquement moins de tout. »
En toute logique, les magazines spécialisé en déco, en architecture, en urbanisme, en pincent désormais pour les « petites » constructions. La presse écolo, elle, boit du… petit lait. Un article de E.Magazine consacré à cette nouvelle vogue des « little boxes » (petites boîtes) se termine par ces mots :
« Si les “ McMansions ” [grandes maisons bâties toutes sur le même modèle, comme des McDo, ndlr] ont été l'emblème des années fric, des décennies 80 et 90, les maisons plus modestes pourraient bien devenir celui d'une génération qui a décidé de ralentir, de considérer l'état des ressources de la planète, et de faire ce qu'il fallait pour les préserver. »
La mode, un éternel recommencement
Et bien sûr, puisque c'est toujours mieux d'appartenir à une communauté que d'agir seul dans son coin, est née la « Small House Society ». Jay Shafer en est l'un des fondateurs :
« Je me demande si cette mode des petites maisons peut être comparée à ce qui se passe avec la mode vestimentaire, qui ne fait rien d'autre que remettre au goût du jour les styles du passé.
Les maisons relativement petites étaient la norme il y a quelques décennies. Et puis le grand est devenu la règle.
Ré-écoutez la chanson “ Big time ” de Peter Gabriel : on aime les grosses voitures, grosses maisons, grosses télés, grosses églises, et même les “ super-sized ” (super-portions) de nourriture… lesquelles nous ont précipité dans l'obésité. »
Tout le monde n'est pas ravi de cette tendance générale à la réduction. Sur le site MoneyWatch, lié à la chaîne télé CBS, j'ai lu ce commentaire révélateur :
« D'accord, en tant que nation, nous sommes allés trop loin avec nos cartes de crédit. Mais le crédit facile permet de s'éclater quand on fait du shopping, et ça a été un des facteurs de vitalité des Etats-Unis au cours des soixante dernières années.
J'espère que les consommateurs américains vont laisser cette foutue frugalité derrière eux quand la reprise montrera son nez. »
C'était à prévoir : tout le monde n'est pas sur la même longueur d'onde.
Photos : des modèles de petites maisons vendus aux Etats-Unis, décrites en détail sur le Tiny House Blog (DR).
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De dzan
22H50 | 03/06/2009 |
Y'a qu'a demander à Fillon qui veut son circuit de Formule 1.
Et nous il faut rogner sur tout.
Vous croyez que nos dirigeants ont changé leurs habitudes ?
Mam 5 voitures dont 1 blindées
Au pays de Rachida 20 bagnoles pour elle et ses collaborateurs.
Où qu'il est Msieur Hulot ? ? ?
De N.Ivanov
voix de la Transpoutpanie | 23H11 | 03/06/2009 |
Et bien je dis bravo ! ! !
… la crise…
De mongarsrikou
23H40 | 03/06/2009 |
les américains sont capables de tout ! du pire on savait, mais pourquoi pas du mieux ? si avec le sens du rebond qu'on leur connait, ils nous pondaient un new-new-deal version décroissance soft (et ils ne font jamais les choses à moitié, j'ai vu en Californie des champs d'éoliennes et de panneaux solaires qui sont à l'échelle du pays), on y croirait (hé, GM en faillite, on vous l'aurait dit il y a, bof, 5 ans, tout le monde aurait rigolé) ; plus qu'à pendre quelques traders (nan je déconne, heu, un peu)…
nous aussi, on devrait s'y mettre (moins de porte-clefs à Rolex à l'élysée par exemple) !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 00H01 | 04/06/2009 |
Ça va être moins spectaculaire, le remake avec Tom Cruise conduisant une Smart ..
à Numerosix
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 00H03 | 04/06/2009 |
La dianétique pourchassant le crime, c'est écolo ça ?
à Numerosix
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 08H48 | 04/06/2009 |
Ca existe déjà Numérosix :
Official Teaser - Soyez Sympas Rembobinez (Be Kind Rewind)
envoyé par REMBOBINEZ. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
à Pseudo
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 09H02 | 04/06/2009 |
Excellent . « faudrait que je le vois celui la …
à Numerosix
De déluge
menuisier | 10H11 | 04/06/2009 |
Un peu décevant, vu le principe de départ et l'amour des bouts de ficelle et carton de PQ de Gondry…
à Numerosix
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 10H35 | 04/06/2009 |
C'est bien mal connaitre les américains….voir vidéo !
De Un compte supprime
nc | 01H57 | 04/06/2009 |
ce qu'il y a de bien avec les americains c'est qu'ils sont tele-commandables.
De nono le simplet
dilétante adèle | 05H35 | 04/06/2009 |
bientot des photos des enfants qui ramassent les ordures dans les immenses décharges comme au Caire ou à Calcuta .
à nono le simplet
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 09H05 | 04/06/2009 |
Le prix du gag le plus cynique du jour est attribué à nono le simplet : -)
De pautreb
07H00 | 04/06/2009 |
Admettons que dans « main street », cela évolue ainsi et ce serait une excellente chose pour l'écologie .
Mais pour Wall street,l'administration, le pentagone , l'armée , rien n'a manifestement changé. Bien au contraire, leurs budgets, leurs déficits ,deviennent des hyper-sumo et la facture , chers amis , va nous etre adressée par la dévaluation inévitable du dollar,monnaie de réserve, un avantage exorbitant comme a dit De Gaulle ; car la planche à billets verts s'est emballée ! ! ! pour financer les 2000 milliards de déficits de 2009 et à suivre
Avez vous entendu dire que l'état fédéral allait faire des économies ? Non ! l'armée vivre « petit » ; Non !
Savez vous combien les USA économiseraient chaque année en ramenant son budget militaire au niveau des pays européens ? Au moins 400 milliards de dollars sans compter les dégats collatéraux ,. Autant de bombes et missiles en moins balancés sur la tête des mariés
. La guerre d'Irak a pompée 3000 milliards à elle toute seule d'apres le Nobel Stirglitz
Et le dernier joujou du Pentagone , le JSF-35, le super avion type guerre des étoiles ? Qui a entendu dire que son budget (de départ) de 450 milliards, vous lisez bien : 450 millions pour un seul programme , sera amaigri ?
Elle est gentille cette dame même si elle suggère que nous sommes mesquins,, mais elle tourne pudiquement son regard de ce qui est gènant
De skalpa
actif et militant ? | 07H03 | 04/06/2009 |
Vivre en plus petit….

Cela me fait penser à quelqu'un, mais je n'y vois rien de bien….
http://kprodukt.blogspot.com
De Bergerpi
Etudiant | 08H10 | 04/06/2009 |
Le début de la décroissance ?
De Emma T
TBBT addict. | 08H22 | 04/06/2009 |
A la bonne heure, voila qui va reposer nos amis américains … cette pression sociale leur était très pénible à eux aussi.
Au fait, le mix entre Arte Povera et Fashion Victim, c'est Fashion Povera ?
[Très chouettes les petites baraques de Tiny House Blog. Merci à vous pour le lien Hélène, votre article c'est pour ce soir, là je pars chercher un chouette terrain comme sur les photos ; -))) ]
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 08H27 | 04/06/2009 |
Un habitat tel que celui ci permet de se passer de talonnettes…
* tout en continuant à voir les choses de haut !
Un grand escalier et un perron aurorisent même le « tapis rouge ».
De Manu de la bas
Altermondialiste light | 08H40 | 04/06/2009 |
C'est quand même dingue qu'on doive attendre une soi disante crise pour réfléchir à nos besoins essentiels…
C'est d'autant plus inquiétant que notre réflexion est visiblement guidée par toute l'information qu'on nous impose.
Pourquoi sommes nous sujet à des « obligations pas du tout vitales » ?
Je reste toujours persuadé que la propagande distribué par les multiples médias a sur nous une sorte d'influence tellement grande que ça en devient de l'esclavagisme.
Impossible de vivre libre dans la société de consommation …
« On peut même prendre des cours de simplicité volontaire » … si c'est pas de l'incitation à la consommation … comment devenir simple .. comme si c'était compliqué … putain j'y crois même pas telleme,nt c'est gros … y'a des coatchs je suppose …
« D'accord, en tant que nation, nous sommes allés trop loin avec nos cartes de crédit. Mais le crédit facile permet de s'éclater quand on fait du shopping, et ça a été un des facteurs de vitalité des Etats-Unis au cours des soixante dernières années.
J'espère que les consommateurs américains vont laisser cette foutue frugalité derrière eux quand la reprise montrera son nez. »
J'ose même pas aborder le sujet des sub-primes … surement lié très fortement à la distribution des crédits aux gens qui n'avaient que peu de garanti de remboursement … et qui maintenant n'en ont même plus …
Dans un monde ou l'image est la seule chose qui compte, et ou l'economie est basée sur cette imae …ne nous étonnons pas de consommer de l'inutile en dose forte, mais surtout attendons nous à un effondrement du système … l'image c'est un concept, une idée … c'est du vent !
Alors oui, revenons à l'essentiel !
et militez avec moi au CRAP, le Comité pour le Retour à l'Age de Pierre !
De steed1
prosateur à mi-temps | 09H10 | 04/06/2009 |
Wisteria Lane dans des roulottes, ça pourrait être drôle (dans le temps on avait la petite maison dans la prairie avec un charles ingalls qui devait se démerder avec 50cents par mois). Ou alors Extreme Makeover qui arrèterait de construire des palaces pour familles pauvres.
Sauf que tout ça participe à nourrir le « rêve américain » alors quand on y rajoute la faillite du secteur automobile, le rêve en prend une sacré claque et je n'arrive même pas à m'en réjouir. L'amérique reprend pied sur terre c'est peut être pas plus mal après tout.
http://sentiers-battus.over-blog.com/
De Totor0
Esprit de la Fôret | 09H48 | 04/06/2009 |
Hey !
ya un excellent dossier dans le très bon magasine « La maison écologique » N°45 de juin/juillet 2008 : « Eco-habiter petit et pas cher ».
http://lamaisonecologique.com/
…
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 10H48 | 04/06/2009 |
Tout ça n'est pas nouveau…loin de la. Durant les années soixantes c'était un mode de vie, surtout dans des états comme la Californie. Voir à ce sujet le Humboldt County….au nord de la Californie. Dans ce coin, ils vivent comme ça depuis presque 40 ans.
Les fringues de seconde main….. ? Plus de la moitié du linge que je portais a toujours été acheté dans ce genre de boutique. J'ai au moins une dizaine de blouson de cuir que j'ai acheté dans des boutiques de seconde main entre 1968 et 1998….date ou je me suis cassé d'Amérique. A ma grande surprise, ce genre de boutique n'existe pas en Espagne. Du moins, je n'ai pas trouvé…
Dans les gens que je connaissais en Amérique, je n'en connais pas un seul qui s'est acheté une voiture neuve dans sa vie….tous achètent des voitures de seconde main, qu'ils réparent eux même.
Je me souviens même d'un bouquin très populaire vers 1972, qui s'intitulait Small is Beautiful….sans oublier Zen and The Art of Motorcycle Maintenance…..on ne faisait pas que lire les bouquins….du reste ces bouquins furent inspirés par les gens qui vivaient de la sorte, et pas le contraire.
Comme consommateurs ont la foutait plutot mal….quand on avait besoin de quelque chose, on le fabriquait. La seule chose que tous mes copains possedaient ( et moi aussi ) et qui avait été acheté neuf, c'était les milliers d'outils que nous avions tous. On sait réparer n'importe quoi…voiture, frigidaire, système de son, plomberie….on dépensait jamais un sous pour payer un réparateur de quoique ce soit.
à Lemmy_Nothor
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 12H56 | 04/06/2009 |
Vous avez raison, tout ça n'est pas nouveau. C'est même le premier paragraphe du papier. Ce qui est nouveau, c'est que cette mentalité gagne largement le grand-public. Ce n'est plus réservé à des « marginaux ». c'est à la mode, quoi ! Une mode peut-être contrainte et forcée, OK, mais en tout cas qui sort du cercle des contestataires du système.
à Hélène Crié-Wiesner
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H25 | 04/06/2009 |
Je me mefie de la mode…
Mais je ne crois pas non plus que je parlais de marginaux quand je parlais de gens qui n'achètent presque rien , sauf les outils.
Un exemple qui me viens à l'esprit, Clint Eastwood dans son dernier film, est le type même de ce que je raconte. Il achète rien, possède une voiture qui a trente ans, son garage est bourré d'outils. Des gens comme ça j'en ai connu à la pelle. Pour moi ils ont toujours été des gens plus que lucide, qui ne se faisaient pas prendre dans les modes du moment. Et ce n'est pas non plus parce qu'ils sont pingres.
Ma première télé couleur, je l'ai eu en 2005…..et elle ne sert qu'a passer des films. Bon, j'avoue, mon ordi à un écran en couleur.
Par contre, c'est vrai que les habitants des grandes banlieues américaines, ceux qui vivent la moitié de leurs vie chez WalMart, c'est dingue de les voir se precipiter sur les dernières nouveautés sur le marché, qu'il s'agisse de vetements, produits electroniques, produits de beauté, ou même du dernier appareil de gymnastique qui leur permettra de consommer un peu plus de calories…..si c'est de ceux la que vous parlez, alors j'avoue que je suis très surpris….ou alors, ils sont dans la merde jusqu'au cou, on leur a fait sauter leur carte Visa et Mastercard, et les banques sont à deux doigts de leur reprendre leur bagnole, ET leur maison.
à Lemmy_Nothor
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 18H20 | 04/06/2009 |
Oui, je parle bien de ceux-là, ceux qui jusque là faisaient allègrement « chauffer le plastique » pour se procurer les dernières nouveautés, chez WalMart, Target, Gap ou Dillards, n'importe où. Et oui, la plupart du temps, c'est parce qu'ils ont réalisé à quel point ils étaient dans la panade - ou allaient l'être très bientôt. Quand on a perdu son boulot et qu'on ne peut plus rembourser même le minimum exigé mensuellement par l'organisme qui détient la (ou les) cartes de crédit, ça fout les jetons.
Et puis, il y a les autres, ceux qui avaient déjà réfléchi à la question, et qui ont décidé de se jeter à l'eau, de vivre plus simplement. Et puis, il y a les autres encore, ceux qui comme vous, comme Eastwood dans « Grand Torino », ont peu de besoins, ou des besoins différents. Mais pour ces derniers, ce n'est pas une question d'époque, ni de mode : ce sont juste des gens sobres naturellement.
De Jjonas
étudiant | 10H47 | 04/06/2009 |
Que de belles réactions « anti américaines primaires », le terme est moche et n'exprime pas grand chose surtout pour des français qui sont à un chouïa près du train de vie de nos homologues étazuniens… 4x4, frigos, climatisation et ordinateurs.
J'ai l'impression que le phénomène peut se retrouver aussi en France mais n'ai pas d'exemple pour étayer mon propos.
Néanmoins, la question serait de savoir si cette mouvance s'ancre dans une mode passagère ou si elle concerne un possible réel changement de société. En effet, de l'autre côté de l'Atlantique (en France), les fripes ont toujours été à la mode et l'esprit faussement hippie a toujours eu des adeptes…
De corbeau deciitre
Educateur spécialisé | 12H18 | 04/06/2009 |
Bientôt le marché noir ?
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 12H55 | 04/06/2009 |
Mais ils sont completement irresponsables ces gens !
Comment voulez vous que la corissance mondiale reparte, et que la crise se resolve, si les americains cessent de consommer comme avant ?
De Six renards
Étudiant | 13H12 | 04/06/2009 |
Et comme souvent, en Europe, en matière d'idéologie, on a un peu de retard. Mais juste un peu ! On a découvert la société de consommation dans les années 50 quand les américains l'avaient depuis 30 ans, on découvre encore l'ère libérale et le dogme de Friedman avec la commission européenne et Sarkozy, alors que les américains en ont faitl a première expérience il y a plus de 30 ans ; peut-être que dans trente ans on fera l'immense découverte qu'on a peut-être pas besoin de trois télés et de deux bagnoles par famille, et que le but suprême de la vie n'est pas de se gaver de rilette à 4€50 le pot.
Ce qui est dommage, c'est que la gauche, et notamment l'extrême gauche française, a encore une guerre de retard, à réclamer 300€ de plus par mois comme le NPA pour que tout le monde puisse se payer des vacances à la baule en été et dans les alpes en hiver.
Pour ma part, pauvre étudiant, je vis avec un peu plus de ces fameux 300€ par mois (mais pas énormément plus), et je ne m'estime pas spécialement malheureux. Evidemment, je n'ai pas de télé, je préfère écouter la radio ou glander sur lemonde.fr ou rue89, je n'ai pas besoin de voiture puisque je vis dans une ville possédant d'excellents transports en commun, je ne fais pas de shopping tous les mois, j'achète mes fringues deux fois par an, au moment des soldes, je sors au ciné de temps à autres, j'ai de quoi m'acheter les livres qui me plaisent, et quelques bières avec des amis font souvent des après-midi merveilleuses. Ce n'est même pas idéologique, la décroissance, je m'en tamponne, je ne conçois simplement pas comment on peut désirer plus.
Mais si les français acceptaient de vivre dans des maisons un peu moins grandes, comme les américains, ou un peu moins tous seuls, à défaut, et ne faisaient pas que fantasmer devant du pâté à 5€ les 100g ou devant leurs 200g de viande de boeuf pour midi, il y aurait sans doute un peu moins de problèmes de sentiment de paupérisation. On y est sans doute poussé par la pub, les supermarchés, et la pression sociale, mais en théorie, on peut ne pas être malheureux sans forcément avoir 300€ de plus par mois par tête.
C'est décidé, je ne voterai pas NPA, en dépit de mon attachement au bien et au service public ! Ils ont une société de retard…
à Six renards
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 14H09 | 04/06/2009 |
Les choses se compliquent un peu quand on se retoruve avec 2 marmots, un boulot a 60km pour Monsieur et a 60km de l'autre cote pour Madame, et qu'on vit dans une ville ou les transports n'assurent pas, ou a la campagne. Quand on n'a pas la lattitude de prendre des conges longs en une fois, mais seulement des conges fragmentes de quelques jours…
C'est vrai que c'est absurde, car une partie des besoins (carburant, bagnole, chauffage etc…) sont en fait imposes par le fonctionnement meme du systeme. Mais pour le changer, le defi est vraiment enorme.
à Azza
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 15H02 | 04/06/2009 |
Azza, t'es fou ou aliéné !
Moi je vote direct pour le parti qui propose de baisser les salaires de tout le monde à 300 euros par mois (brut, bien sûr), avec prix de la vie identique !
C'est le parti kim-il sungiste ! Vive Kim ! ! !