
Repenser la ville américaine, un sacré job pour les urbanistes
(De Raleigh, Caroline du Nord) Panique chez les urbanistes : comment transformer une agglomération de plus d'un million d'habitants, dont le centre se réduit à trois rues animées en journée, en une vraie métropole du XXIe siècle ? Raleigh est désormais la ville américaine dont la population augmente le plus vite.
Il est vrai que la concentration de population ne saute pas aux yeux ! Le cœur historique de Raleigh est très mignon, bien restauré, groupé autour de son capitole et de son monument honorant « nos morts confédérés » (c'est le Sud), mais il est mortel d'ennui après 17 heures.
Vue d'avion, en revanche, l'évolution urbaine de la région est frappante : comme souvent en Amérique du nord, les villes construites à l'horizontale déploient toujours plus loin leurs tentacules. Les forêts ne sont pas entièrement rasées, elles sont trouées. Le bétonnage n'est jamais total, les surfaces urbanisées étant toujours jardinées.
Les routes, systématiquement tracées avec quatre ou six voies, sont rarement encombrées, et toujours végétalisées. Aucun trottoir ni piste cyclable, jamais. Elles relient entre eux des centres commerciaux perdus au milieu de nulle part, plantés très loin des habitations. Si une ligne de bus passe dans le coin, c'est pur hasard.
Plus de dix mille nouveaux arrivants par an
Les gens affluent dans cette région verdoyante, dotée de bons emplois qualifiés, d'écoles publiques décentes, idéalement située entre Washington et la Floride. L'agglomération gagne en moyenne 12 000 habitants par an. La crise a un peu ralenti l'afflux ces derniers temps, mais à peine.
Pour absorber les nouveaux arrivants qui ont les moyens, des dizaines de « subdivisions » (lotissements) de maisons neuves, surdimensionnées, ripolinées dans le type McMansion, ont été construites au creux de l'inépuisable forêt. Pour loger les classes plus moyennes, les promoteurs ont édifié de coquets « condos », des copropriétés d'appartements, dans de très petits immeubles de un à deux étages. Ou d'autres lotissements.
A priori, on ne construit pas spécifiquement pour les gens très modestes, parce qu'ils étaient, jusqu'à une date récente, supposés s'endetter à taux variable pour acheter un des logements ci-dessus.
Des centaines de milliers l'ont fait, en effet, on leur a piqué leur maison, et ils courent aujourd'hui les bureaux de charité pour trouver à se reloger. De plus, l'Etat regorge de « trailer parks », des hameaux de maisons mi-caravanes, mi-Algeco.
Bref, on édifie toujours loin du centre, même quand il y a de la place à l'intérieur du périphérique. Et à Raleigh, il y en a, de la place ! Mais ça ne peut plus durer.
La première alerte est intervenue l'été dernier, quand l'essence a bondi de 2 à 4 dollars le gallon (un gallon fait 3,6 litres, ce qui fait une hausse de 0,4 à 0,8 euros le litre). Les bus et les très rares trains ont été pris d'assaut. Des gens ont dû démissionner de leurs entreprises car ils ne pouvaient plus remplir le réservoir de leurs voitures pour aller bosser.
Par dessus le marché, compte tenu de l'accroissement ultra rapide de la population, les terres disponibles à la construction finiront par se tarir. Aussi les autorités du comté, de la ville de Raleigh et de Cary, sa banlieue chic, ont-elles décidé d'an-ti-ci-per ! Elles veulent une ville tournée vers l'avenir.
Permettre aux gens de marcher
Compte tenu des habitudes urbanistico-culturelles locales, il y a du boulot. Au point de requérir les compétences de la fine fleur des urbanistes états-uniens, réunis début mars par la N-C State University. Christopher Leinberger, un expert en centres urbains de la Brookings Institution à Washington, attaquait ainsi :
« Plus les quartiers sont conçus pour la voiture, plus la qualité de vie finit par s'y détériorer. Le temps où on ne construisait que ce type de logements est révolu. On doit désormais concevoir des lieux où on peut marcher, comme avant l'avènement de la voiture reine. »
D'Europe, la prise de tête paraît un peu surréaliste : cette manière américaine de construire mille logements au milieu du néant est très difficile à imaginer. Mais ils ont été édifiés, alors qu'en faire ? Comment les transformer, les faire évoluer, les rattacher à un centre, bref, comment les inclure dans la cité ?
En construisant une ligne de tramway, déjà, pour les relier au centre-ville. Ce corridor, espère-t-on, attirera progressivement les amateurs de vie sociale. En redéveloppant les centres commerciaux, lieux de vie majeurs accessibles presque uniquement par autoroute ou par highways, autour des centres d'habitation et dans les parages des arrêts de tram ou de train (à construire).
Le directeur du rédéveloppement de Raleigh, Mitch Silver, semble un peu découragé par le nombre ahurissant de centres commerciaux dans sa ville. Pour lui, la seule solution consiste à en laisser péricliter un grand nombre, voire à en raser préventivement.
« Et puis, grâce à une nouvelle réglementation sur l'occupation des sols, doublée d'une vigoureuse politique de transport en commun, on pourra espérer une réorientation graduelle des emplacements trop dédiés.
Mais ce sera dur de créer des espaces publics dans ces banlieues écrasées par des routes géantes sans le moindre espace piétonnier. »
La protection absolue de la vie privée
Simon Atkinson, professeur à l'école d'architecture de Texas University, acquiesce :
« Ces banlieues exclusivement résidentielles, fermées même aux commerces, ont été conçues pour NE PAS offrir d'espaces publics. L'essence de ce type de quartier, c'est précisément la protection absolue de la vie privée. »
Raleigh va donc s'employer à humaniser, piétonniser, socialiser ses innombrables zones résidentielles et commerciales (puisqu'il est entendu que c'est soit l'un, soit l'autre, mais jamais les deux ensemble).
Dans un premier temps, il s'agira d'introduire un brin de trottoirs pour habituer les humains-automobilistes à croiser des humains-piétons ou des humains-cyclistes.
Plus tard viendra le temps des zones de vie mixtes, où des boutiques s'implanteront près des maisons, où des maisons se construiront près des bureaux et des magasins. C'est ce que montre le projet de Raleigh en 2030.
Seules six ou sept zones de l'agglomération sont concernées
Il semble que les planificateurs aient déjà renoncé à trop en faire : seules six ou sept zones de l'agglomération bénéficieront de ces efforts d'aménagement. Pour des raisons financières : c'est cher de chambouler une ville.
Mais aussi pour une autre raison, évoquée par Lieneberger, que j'ai du mal à comprendre :
« L'étude des agglomération de Washington et d'Atlanta montre qu'une ville ne devrait pas comporter plus d'une demi-douzaine de zones “agréables aux piétons” par million d'habitants. Certaines doivent se situer en centre-ville, d'autres en périphérie, d'autres en proche banlieue.
Ce que toutes doivent avoir en commun, c'est d'être connectées par des tramways ou des trains, pas par des autoroutes. »
Et ces urbanistes s'accordent tous à dire qu'ils n'ont jamais vu un seul promoteur immobilier être séduit par la présence des seuls arrêts de bus.
N'étant pas moi-même urbaniste, j'observe d'un œil sans doute naïf ces mutations américaines dues tant à une prise de conscience écologique qu'à la crise économique. Que les spécialistes excusent mes étonnements !
Vidéo : le générique de la série « Weeds », dont l'action se passe dans la ville imaginaire d'Agrestic (qui a l'air de beaucoup ressembler à Raleigh).
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De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 10H28 | 01/04/2009 |
le style de vie américain n'est pas négociable
parait il…..
il faut absolument survoler les banlieux americaines via goggle earth pour se rendre compte de ce que c'est
tapez aussi mcmansion sur google et vous aurez un tres bon article (en anglais accessible) pour comprendre pourquoi les usa consomment tant d'energie
les etats unis ont eu la chance d'avoir un pays vierge à leur disposition, on dirait que le terrain ne leur coute rien*
les anciens centres des petites villes (avec des habitations d'un ou deux etages) ne peuvent etre rénovés
ça coute trop cher cpte tenu des mises aux normes (accessibilité, incendie)
donc on n'est pas près de retrouver l'amérique des années 50 (ou on vivait mal dans des villes bruyantes)
cependant la désaffection des americains pour l'automobile est révélatrice
et j'ai bien l'impression que la crise est du AUSSI au fait que les gens ont pris la mesure du caractère « finie » de la planète, et qu'une reprise signifirait un baril à 100 ou 150 dollards
si des architectes parviennent à resoudre le problème, chapeau !
De flixp
11H05 | 01/04/2009 |
La disparition des espaces publics que vous relatez ici est visible à travers le monde et est fortement lié à nos politiques de plus en plus libérales.
Un espace public est à la charge de la communauté qui doit l » entretenir, le réparer et l'aménager. Aussi c'est un espace qui ne provoque aucun profit voire, pire, fait perdre de l'argent. En effet il diminue la superficie de vente d'une propriété.
Une place, une pelouse, une piste cyclable, un cheminement piéton sont autant d'éléments qui permettent de fédérer la ville en liant public et privé. Ce lien public/privé et son traitement va participer à former ce qu'on appelle une ville.
Mais la pratique de l'urbanisme est avant tout basée sur des réglementations liées au droit de construire plutôt que de penser la ville sur des critères environnementaux et qualitatifs (ex : vivre ensemble).
Les solutions qui se présentent pour redonner un sens urbain à ses grandes zones pavillonnaires doivent exister mais vont certainement nécessiter de tailler dans le tas.
à flixp
De Alt-Z
Jeune délibéral. | 17H18 | 01/04/2009 |
A ceci près que pour le coup, il n'y a pas disparition des espaces publics : il n'y en a jamais eu. Et on songe à les faire apparaître.
En creux, j'y vois une véritable révolution du mode de vie et de la mentalité étazuniennes, je me demande si cela se ressent autant sur place que ce que les comptes-rendus qui nous parviennent pourraient laisser croire ?
Que l'on découvre, pour faire très court, la notion de « développement durable ». Et où l'on prend conscience que gaspiller sans limite et dévorer son environnement n'est ni sain, ni viable. Une dimension qui m'avait fasciné lorsque j'y étais, notamment lorsque je résidais à Dallas - une agglo visiblement très semblable à Raleigh, et qui s'est développée à une vitesse tout aussi affolante. Ils partent de beaucoup plus loin que nous.
à Alt-Z
De flixp
17H19 | 01/04/2009 |
« A ceci près que pour le coup, il n'y a pas disparition des espaces publics : il n'y en a jamais eu. Et on songe à les faire apparaître. »
Pour les états-unis oui c'est à quelques exceptions exact. Mais les espaces publics sont beaucoup plus ancré dans l'histoire de l'urbanisme des villes de la vieille Europe. Et aujourd'hui quand on construit un ensemble immobilier, une zac ou autre, l'espace public n'est plus que la ligne le long de laquelle est disposé le bâti.
De Nogreps
11H02 | 01/04/2009 |
Ce modèle de ville américaine pourrait bientôt évoluer.
En effet, il serait possible que les expropriations causées par la crise du crédit entraînassent une modifications de la composante sociale de ces quartiers : les maisons expropriées seraient vendues à bas prix, ce qui inciterait des couches sociales plus modestes à les acheter tandis que les couches sociales plus aisées se concentreraient dans le centre ville.
De plus, la hausse du prix de l'essence pourrait compromettre cet étalement urbain.
De pablico
11H33 | 01/04/2009 |
Pourquoi s'échiner à relier ses « tentacules » au centre ville ?
il faut tout bonnement créer des quartiers, de gros villages, ou petites villes…et essayer de relier le tout par tram.
à pablico
De DBL8
Retraité | 13H13 | 01/04/2009 |
Et oui… pourquoi ne pas faire de petites agglomérations (Genre des villages comme chez nous) relié les unes aux autres par des transports ? Pour la simple raison qu'ils sont (les Etats-Uniens) individualistes !
Chacun pour soit, et dieu pour tous.
C'est toute leur culture qu'il faudrait remettre en cause, là c'est pas gagné !
à DBL8
De Gudule
14H48 | 01/04/2009 |
Tandis que chez nous, hein, c'est la grande camaraderie.
Dans nos petits villages, si conviviaux, qui ont su garder leur âme leur culture.
Allez, un bel exemple : la Provence.
Euh, non je me goure, la Bretagne, euh, non, la Normandie ? le Dauphiné ? ? ?
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 11H39 | 01/04/2009 |
J'aime bien les chocs entre les articles de la Rue. C'est salutaire, ça permet de mettre en perspective.
Par exemple les Slumdogs de Bombay n'ont pas tout à fait le même problème urbanistique que les Raleighsiens :
»…Toute la famille -cinq enfants et deux parents- dort dans cette pièce, de neuf mètres carrés, à même le sol. «
http://www.rue89.com/2009/03/30/un-million-de-slumdogs-bientot-expulses-…
De Olif _archipolak
varsolidaire a la bonne cause | 13H52 | 01/04/2009 |
Le probleme n'est pas vraiment un casse-tete d'architecte… Si la ville souhaite mener a bien une operation urbaine d'ampleur, je fais confiance aux collegues d'outre atlantique pour faire du bon boulot (je suis archi aussi).
Un « centre ville » n'existe que s'il est pratiqué par les habitants.
Certes il faut des espaces publiques definis, attrayants, desservis correctement, en cela consiste le boulot dudit architecte-urbaniste. Mais son intervention s'arrete la.
Les pratiques urbaines de nos amis americains (a part peut etre a new york, ou a san fransisco) ne sont pas du tout dans un etat d'esprit « ville/centre ville ».
Certes comme vous le soulignez il y a les trois rues historiques, sorte de vitrine pour les touristes ou amis de passage, mais a cote de cela c'est 2x2, 2x3, 2x4 voies, voiture pour aller au mall, voiture pour aller a l'universite, voiture pour aller bouffer, voiture pour aller au cafe, voiture pour aller chercher ses clopes, voiture pour aller tirer des thunes (sans sortir du vehicule svp) sachant que la moitie des trajets motorisés sont a moins de 1 mile (1,6 km) et que la moitie de cette moitie est a moins de 1/2 mile (800m).
J'ai essayé le downtown de Houston apres 18h… vide
Ces belles places en face des grattes ciels (celles avec des sculptures geantes de Calder, de Dubuffet)…vides
Ces jolis parcs a fontaines multicolores illuminees… vides
On est entoures par des banques, des societes de services fermees.
Ce qui fait la ville, c'est les gens. Pour les faire venir il faut proposer des trucs a faire (pour aller « chill out ») et la se trouve l'enjeu : dans la mixité, dans la diversité de ce que ce « centre » aura a offrir, a donner a decouvrir.
Ce qui represente un obstacle potentiel a ce programme, a mon avis, tiens plus des mentalites que des reformulations urbaines.
De Hélène Crié-Wiesner (auteur)
personne écrivante | 14H09 | 01/04/2009 |
Evidemment, c'est ca le probleme ! J'ai vecu six ans a Houston, je connais comme vous ce downtown tres beau, embelli par les efforts considerables d'une municipalite qui y a ammene un super tramway, qui a tente des animations de soiree par des musiciens… largement en vain, helas !
Raleigh, c'est un peu mieux (quoique considerablement plus petit que Houston), mais l'obstacle est le meme : le manque d'envie de marcher (sauf pour « faire de l'exercice »). Incroyable le nombre de gens qui s'etonnent que j'aille bosser a pied ! Quand je reponds que mon bureau est a 12 mn de chez moi, on me repond : « Ah ? Ben quand meme, a pied… »
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 14H33 | 01/04/2009 |
est ce que les américains vont toujours en voiture dans les salles de gym pour faire de la marche sur tapis roulant ou est ce que c'est un mythe ?
à jyeden
De Gudule
14H52 | 01/04/2009 |
Ils font à mon avis comme beaucoup de gens que l'ont connait :
10 pas jusqu'à leur voiture (en gros la largeur de leur « jardin » à la « campagne »)
entre 20 et 50 pas jusqu'à l'ascenceur qui les soulèvera jusqu'à leur bureau
une promenade le samedi aprème dans les allées de l'hyper.
C'est pour ça d'ailleurs qu'ils sont si grand (les magasins). Pour nous maintenir en forme. Après ça donne faim et on passe au Mc drive.
De Hélène Crié-Wiesner (auteur)
personne écrivante | 15H00 | 01/04/2009 |
Ce n'est pas un mythe, mais… ils ont des excuses. Exemple : moi. A Paris, je cavalais au minimum 4 km/jour entre mon domicile, les stations de métro, le bureau, et les courses ; je montais et descendais les escaliers du métro quatre ou six fois par jour, etc…
Dans une ville conçue pour la voiture, où la moindre destination se trouve à deux ou quatre km, y compris le supermarché et… les salles de gym, vous êtes obligé d'être motorisé. Si donc vous ne voulez pas finir gros, ou du moins tout mou, vous devez faire de la gym quelque part. Ce n'est pas toujours évident de courir dans son quartier. Pourquoi pas dans une salle ?
Personnellement, quand il pleut ou qu'il fait très froid, je prends aussi la voiture pour aller faire du sport. Sinon, je marche ou je prends le vélo. Mais il est vrai que j'habite en ville, en vraie ville, je veux dire, près de ce mini centre que je décris dans le papier ci-dessus, et qui offre tout de même quelque apparence de civilisation.
A part ça, je voudrais dire qu'en France, avec le développement des zones « rurbaines », le mouvement d'américanisation du mode de vie est en marche. Faudrait voir à être un peu objectif, quand même !
à Hélène Crié-Wiesner
De dijou
803
Esclave d'une SSII | 09H02 | 02/04/2009 |
« A part ça, je voudrais dire qu'en France, avec le développement des zones “ rurbaines ”, le mouvement d'américanisation du mode de vie est en marche. »
Je pensais un peu à la même chose en citant une phrase de l'article
« D'Europe, la prise de tête paraît un peu surréaliste : cette manière américaine de construire mille logements au milieu du néant est très difficile à imaginer. »
L'envie de maison individuelle ne semble pas prêt de lacher du terrain en France où nous sommes parait-il les champions en nombre de propriétaires. Et quand on voit les programmes d'urbanisation autour des grandes villes. A Toulouse par exemple combien d'employés qui dépassent les 30kms de trajets journaliers pour aller travailler ? 60kms aller retour..
Petit clin d'oeil à la série américaine « Weeds » avec la photo illustrant l'article. : )
à jyeden
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 21H05 | 01/04/2009 |
à Hélène Crié-Wiesner
De flixp
14H56 | 01/04/2009 |
Cela me rappelle un ami qui habitait dans la banlieue de Chicago qui allait toujours faire ses courses à pied. Il se faisait régulièrement contrôler par les flics qui devait trouver cela vraiment louche.
à flixp
De castelg
11H57 | 02/04/2009 |
Au terme d'une joyeuse soirée dans une petite ville de l'Illinois, une des filles que j'avais rencontré le jour même me propose de m'appeler un taxi pour que je puisse rentrer chez moi, à moins d'un mile de là. Je l'ai remercié pour son offre et décliné, préfèrant marcher dans la neige (Paris en offre trop rarement à mon goût). Elle me répond, interloquée :
- Are you a f…
- A freak ?
- Well… yeah !
- I like to walk, I like the snow, and it's less than a mile away. I don't own a car back in France, I walk all the time.
Elle a continué à me regarder avec de gros yeux, et je crois qu'elle n'était pas fâchée de dire au revoir à cet étrange énergumène qui mange des cuisses de grenouille et préfère marcher un peu que de poser ses fesses dans un taxi climatisé.
à Hélène Crié-Wiesner
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 15H29 | 01/04/2009 |
Le peak oil va decidement faire tres tres tres tres mal !
Extrait Wikipedia :
Une capacité de production qui a du mal à suivre l'augmentation de la consommation [modifier]
La capacité de production est le volume de pétrole que l'ensemble des producteurs peuvent produire en utilisant tous les puits opérationnels. Jusqu'à récemment les producteur pris dans leur ensemble (mais en particulier l'Arabie Saoudite) disposaient d'une capacité de production supérieure à ce qui était mis sur le marché ce qui permettait de faire face aux à-coups de la demande mondiale de pétrole. Cette marge est devenue pratiquement nulle en 2007/2008. Malgré l'existence de réserves représentant plusieurs décennies de consommation la mise en production des nouveaux gisements n'arrive pas à compenser l'augmentation de la demande et la diminution de la production des gisements matures :
* La faiblesse du prix du pétrole jusqu'il y a quelques années a entraîné une baisse des investissements de l'industrie pétrolière qui est difficile à rattraper
* La mise en production de nouveaux gisements demande aujourd'hui des moyens financiers, techniques et humains très importants car le pétrole qui subsiste est généralement difficile d'accès et les gisements plus petits nécessitent de renouveler beaucoup plus souvent les investissements. Malgré la pression de la demande la mise en production des nouveaux champs est étalée pour pouvoir faire face aux difficultés des projets et mobiliser les investissements nécessaires.
* Une fois le gisement en exploitation, la capacité de production de certains gisement est limitée par des contraintes particulièrement fortes (pression environnementale, disponibilité d'entrants) : les sables bitumineux canadiens représentent aujourd'hui dans les statistiques environ 20% des réserves. Il est prévu que la production actuelle soit de 3 millions de barils/jour en 2020 (4% de la production actuelle) et 4 millions en 2030.[17]
* Dans de nombreux pays producteurs, le rapport entre les compagnies pétrolières internationales et les pays producteurs - Venezuela, Russie, Nigeria, Kazakhstan… - s'est fortement détérioré (nationalisations plus ou moins larvées, révisions des clauses financières) ce qui a ralenti ou bloqué les investissements et les chantiers de mise en production.
* La relance très forte de l'exploration pétrolière, consécutive à la montée du prix du pétrole entraîne une pénurie de moyens techniques et humains. La flotte de navires de forage est réservée sur plusieurs années et les chantiers navals qui fabriquent ce type de bâtiment ont des carnets de commande pleins.[18
à Hélène Crié-Wiesner
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 15H34 | 01/04/2009 |
Comme mentionne plus haut dans l'article, la baisse actuelle du prix du carburant est un effet de la crise.
En clair : reprise = explosion du cours du petrole = recrise.
C'est en cela que la crise actuelle est tres originale : la tension sur le marche des matieres premiere empeche le redemarrage habituel de la croissance.
L'economie mondiale est vraiment bien en panne (d'essence)
De Okotoks
Amateur de paléonthologie et d'hist... | 17H08 | 01/04/2009 |
Il y a eu un documentaire, Radiant City, sortie en 2006 sur Calgary, un cas similaire à Raleigh. C'est assez impressionnant de voir la ville s'arrêter brusquement pour laisser la place aux grandes plaines de l'ouest. J'ai essayé d'y vivre sans voiture pendant quelques temps. Ce fut assez éprouvant, surtout en hiver où l'on attend un hypothétique bus par -15°C. Pour mon plus grand bonheur, la municipalité prévoit d'étendre le réseau de train léger (une sorte de mini RER). Ça aidera à circuler dans la ville mais pas à en sortir malheureusement. La gare de voyageurs a fermé voilà plusieurs années (la plus proche est à 300 km).
De Nochmimi
AA en 3ème degré ! ;) | 18H17 | 01/04/2009 |
en effet, c'est tout un défi ! après tout, si les américains commencent à penser leur ville autrement, ce n'est peut etre pas si mal ! c le signe que les mentalités changent et que l'ecologie au quotidien se developpe petit à petit. il faut les encourager dans cette voie et les aider pour que tout se passe bien.
Le début d'un bouleversement mondial ?
De beng
plein sud | 19H30 | 01/04/2009 |
Il est normal que Raleigh se développe - technopole de premier plan +université de rang mondial (RTP, DUKE) - ;
Le développement horizontal des villes de part le gigantisme qu'il engendre est générateur de problèmes nouveaux et ce dans des proportions tout aussi gigantesque. Vivre quelque temps au EU, visiter des amis l'espace d'un week-end dans une banlieue de Ks-CT, Atlanta ou Chicago (véritablement immense) aide a comprendre une partie de ces problématiques, rien en Europe ne ressemble a ça.
De même qu'en France force est de constater que le résidentiel vertical est un échec patent , cause de beaucoup de mal être , at que les villages éparpillés de droite et de gauche sont désertés de tout commerces.
Les défis a relever des deux cotés de l'atlantique sont différents, qui solutionnera le premier son problèmes ?
NB : Les américains ont déjà une « conscience écologique » , n'oubliez pas que le « Catalytic exhaust system » est obligatoire en Californie sur tous les véhicules depuis les 60'S soit environ 20 années avant la France.
De kingsora
apprenti urbaniste | 19H39 | 01/04/2009 |
Petite précision avant tout : ce n'est pas un boulot d'architecte que de refaire la ville. A la rigueur à un architecte-urbaniste (métier qui ne ressemble d'ailleurs à rien, puisqu'il n'y a pas de formation « d'urbaniste » a proprement parler), ou à un architecte paysagiste. Mais ce ne sera pas à eux d'imaginer la nouvelle forme de la ville. Parce que construire la ville ce n'est pas à l'architecte seul de faire cela. Il doit accompagner et répondre aux commandes du pouvoir politique. Je sais bien qu'on a tendance a voir en l'architecte un espèce de démiurge qui construit la ville et de plus ou moins beaux batiments, sous l'influence de Perret, Nouvel, Mies Van Der Rohe ou Le Corbusier. Mais ce ne doit plus être cela, parce que l'architecte seul à tendance à se laisser emporter par son esprit artistique, son projet, perdant de vue ceux pour qui il construit : les habitants.
Intérêt catégoriels mis de côté, cet article est effectivement très intéressant. Il marque bien le retour du piéton dans l'aménagement de l'espace aux Etats Unis et surtout de la question de l'espace public dans les quartiers résidentiels. Ce n'est toutefois pas la première fois, et il y a deja eu des tentatives, qui ont plutot bien fonctionné de faire reculer la voiture toute puissante, notamment à Chicago et Los Angeles (ville reine de la voiture pourtant). Par ailleurs, l'idée des pistes cyclables et des voies réservées aux piétons est née aux USA, avec l'école de Chicago et la cité Ratburn (internet vous procurera plus d'infos sur ces sujets que je ne peux le faire) dès les années 20.
En tout cas, cela confirme que l'on est à l'orée d'un changement fondamental dans la construction des modèles urbains, avec la mort de la ville dédiée à la voiture, qui devrait laisser la place, non à une ville piétonne et du transport en commun, mais à une ville ou chacun des modes de transport cohabite avec les autres, sans les écraser ; la voiture n'étant pas uniquement un diable pollueur, néfaste et meurtrier, mais également un mode de transport offrant une incroyable liberté…
De jcderre
citoyen libre | 20H17 | 01/04/2009 |
« Des gens ont dû démissionner de leurs entreprises car ils ne pouvaient plus remplir le réservoir de leurs voitures pour aller bosser. »
Faut pas nous prendre pour des lanternes…
Même avec une voiture qui consomme 10 l /100 et en supposant un trajet de 10 km pour aller à son travail, une hausse de de 0,5 euro entraîne une dépense de 1 euro par jour ! On ne me fera pas croire qu'on abandonne son travail pour cela.
ps : 10 l / 100 pour une berline c'est déjà beaucoup. Et s'il a un SUV, il n'est pas si pauvre.
à jcderre
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
personne écrivante | 23H08 | 01/04/2009 |
Si, c'est vrai, j'en ai rencontre. Ils n'habitaient pas a 10 km de leur travail, mais a 30 km. Et la dame avait une voiture pourrie de pourrie de pourrie, qu'elle n'avait pas les moyens de changer pour une neuve qui consomme peu. Elle travaillait comme aide-soignante a mi-temps dans une maison de retraite. Elle ne pouvait plus payer son essence ET le day-care {creche) de son mome. Elle a du abandonner son travail.
Elle n'etait pas seule dans son cas : les journaux d'ici racontent ce genre d'histoire tous les jours. C'est encore pire aujourd'hui, avec la crise, meme si l'essence est retombee a 2 dollars. Je ne vous prends pas pour une lanterne…
à jcderre
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
personne écrivante | 23H10 | 01/04/2009 |
Ah, et en plus, la plupart des vieilles bagnoles americaines ne consomment pas 10l/100km, plutot 13 ou 14 litres…
De intransigeante
agent administratif | 20H36 | 01/04/2009 |
juste une petite reflexion je prefere la chanson little boxes par pete seegers ,la voie de la chanteuse est très nasillarde
De intransigeante
agent administratif | 20H39 | 01/04/2009 |
my god ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! la voie je l'ai ecrit oie je suis désolée
De Maximillien Robespierre
Chomeur Fatigué | 22H20 | 01/04/2009 |
Rares sont les personnes qui savent qu'avant les 2 guerres mondiales, les grandes villes américaines disposaient d'un réseau de tramway très dense (souvenez vous des vieux films de Buster Keaton et Charlot, Laurel et Hardy). Cela génait les constructeurs automobiles car les citadins achetaient peu de voitures. La fameuse Ford T se vendait surtout en zone rurale.
Bref, General Motors pris le taureau par les cornes : GM investit massivement dans les compagnies de tramway….pour les couler à petit feu. En plus, GM créa de toutes pièces des agences d'urbanismes pour « conseiller » des maires fraichement élus afin de refaire des quartiers entiers qui bizarrement se retrouvaient avec des grands boulevards sans tramway. Le mythe de la maison individuelle fut aussi grandement sponsorisé par la pub avec l'aide des fabricants d'électro ménager. Hollywood s'y mit aussi avec des héros qui avait toujours de voitures alors que jusqu'alors, ils prenaient des taxis. Après la guerre, on fabriqua même des « rebelles » vantant par dessus tout la voiture (remember James Dean), le pétrole (James Dean encore)…
Tout un système…..qui se casse la gueule.