
Faute de cash, les traders américains se mettent au troc

(De Raleigh, Caroline-du-Nord) Ça a la saveur d'une rébellion communautaire contre le système bancaire, une allure de déjà-vu utopiste admirable, le goût d'une initiative altermondialiste. En fait, non : si le troc refait brusquement surface aux Etats-Unis depuis quelque mois, c'est surtout pour permettre à la société marchande de tenir bon en attendant le retour de jours meilleurs.
Le pragmatisme aigu des Américains m'étonnera toujours. Les banques ne prêtent plus aux entreprises ? Le robinet du crédit à la consommation s'est tari ? Il n'y a plus assez de cash en circulation ? Qu'à cela ne tienne : vive le troc !
Attention : un troc à l'échelle supersonique, celui qui va permettre aux entreprises de rester à flot et de ne pas perdre leurs marchés, aux restaurants de continuer à remplir leurs salles, aux cabinets médicaux de rentabiliser leurs scanners et leurs labos d'analyse, aux instituts de beauté de continuer à botoxer et purifier, aux garages d'écouler jusqu'à leurs 4x4. Et ce, sans que ces transactions n'impliquent la circulation du moindre dollar.
Echange trois consultants contre nouvel équipement informatique
Rien à voir, donc, avec « une coupe de cheveux contre une tonte de pelouse ». Ce genre d'échange amical, même quand il est codifié comme en France par l'usage des SEL (système d'échange local, une monnaie alternative utilisée dans les pays francophones, et dans le monde sous d'autres dénominations), existe bien sûr aux Etats-Unis.
Il est pratiqué un peu partout sur le territoire américain, avec le recours à des « monnaies » locales, tel le LET's (Local exchange trading system), inventé au début des années 80 par des Canadiens.
Avec le troc appliqué à la grosse économie, on passe dans une autre dimension. Genre :
« Je mets trois consultants de mon cabinet à votre disposition pour vous assister dans votre étude de marché. De votre côté, vous renouvelez l'équipement informatique de ma société, et vous me fournissez une nouvelle photocopieuse couleur. »
Des plates-formes d'échanges qui ressemblent à des chambres de compensation
En fait, à ce niveau de valeur des prestations, les échanges ne se font pas directement entre troqueurs. Des sociétés spécialisées se sont créées, qui ressemblent à des banques à bien des égards. Voici l'argumentaire commercial de l'une d'elles, Tradebank Cashless Commerce, qui résume très clairement leur activité à toutes :
« Ne serait-ce pas formidable d'avoir la liberté d'acheter exactement ce dont vous avez envie, rien qu'en échangeant des biens et des services ?
Chez Tradebank, nos clients ont toute la souplesse nécessaire pour utiliser leurs “crédits d'échanges” comme ils veulent, où ils veulent, dans notre réseau international de fournisseurs. »
Le « trade credit », ou trade dollar, équivaut au dollar monétaire du pays où il est possédé.
Cela semble facile, non ? Eh bien, ça l'est ! Tradebank fournit une plate-forme d'échanges à ses clients, un peu comme des chambres de compensation avec des titres boursiers, ou une banque commerciale avec des chèques. Comme n'importe quelle société de courtage, Tradebank perçoit une commission sur chaque transaction :
« Notre service inclut votre mise en contact permanente avec de nouvelles opportunités d'échange, facilitant ainsi vos options d'achat, et l'enregistrement automatique de vos transactions. En outre, ces dernières sont immédiatement créditées, évitant ainsi toute dette intempestive. »
Evidemment, pareille philosophie n'a guère à voir avec les fameuses banques du peuple sans circulation d'argent, imaginées en 1848 par Joseph Proudhon. Mais nous sommes aux Etats-Unis, au XXIe siècle, hein !
Travaux d'impression contre dîners au restaurant
Quelques exemples concrets, près de chez moi, relevés dans la presse de Caroline du Nord, où le troc est solidement installé.
Tim G. est garagiste à Raleigh. Juste avant la crise, il avait investi toutes ses économies dans l'achat d'un vieux bâtiment industriel qu'il devait retaper et transformer en grand atelier. Pour cela, il comptait sur un prêt bancaire. Patatras, plus de crédit possible !
Pour 500 dollars, Tim s'inscrit à Barter Business Exchange, l'une des sociétés de troc les plus anciennes des Etats-Unis (1994), justement basée à Raleigh.
En échange de prestations à valoir dans son premier garage en activité, il voit arriver plombiers, peintres, électriciens, dératiseurs, et tous les professionnels (clients du même courtier en troc) dont il a besoin pour terminer ses travaux. Son nouveau garage a pu ouvrir en janvier.
Paula C. possède une petite imprimerie à Charlotte. Ses clients habituels sont presque tous en faillite, ou archi fauchés. Va-t-elle aussi mettre la clé sous la porte ? Que nenni ! Grâce notamment à Barter Brokers International, elle troque des travaux d'impression contre des dîners au restaurant, elle s'offre des nouvelles lunettes, bref, elle continue à vivre normalement « en dépit d'une absence presque totale de rentrées d'argent ».
Paula et son mari sont des vieux routiers de ce type de transaction. Quand ils ont quitté New York en 2007 pour s'installer en Caroline du Nord, ils étaient déjà clients de Tradebank et de Synergy Street Trade. Grâce à ces deux réseaux, ils ont pu échanger en 2008 des services et des biens pour un montant estimé à 22 000 dollars.
En découvrant l'ampleur de ce qui se fait aux Etats-Unis en matière de troc, je me suis souvenu de la polémique enflammée qui avait saisi la France dans les années 90 : l'usage des SEL avait commencé à faire de l'ombre aux artisans, et surtout le fisc français s'en était mêlé, estimant que toutes ces activités économiques parallèles échappaient aux taxations légales.
On dirait que tout le monde s'est calmé, si j'en crois cet article sur l'économie solidaire dans Wikipédia-France :
« Les SEL sont généralement tolérés par les administrations fiscales, à condition de rester de modestes structures d'entraide citoyenne. »
A chacun sa « monnaie »
Il semble qu'aux Etats-Unis les autorités fiscales de l'Internal Revenue Service se sont adaptées très vite à l'essor du troc. La valeur des biens et services reçus est tout simplement traitée comme un revenu pour les entreprises qui en profitent.
Mais cet « achat » peut naturellement être déduit du chiffre d'affaires, pour sa valeur en « vrais » dollars. D'ailleurs, la plupart des « banquiers du troc » fournissent les imprimés du fisc ad hoc à leurs membres.
Ceci pose la question de la « monnaie » utilisée lors des transactions. Apparemment, chaque société de troc à but lucratif a la sienne propre, qu'elle ait ou non une dénomination. Quand il s'agit d'échanges entre entreprises, comme décrits plus hauts, et que les transactions se font par le biais des banquiers troqueurs, les choses restent simples.
Mais les particuliers ont eux aussi de plus en plus recours au troc. Et la plupart du temps, ils passent par des associations à but non lucratif, militantes, communautaires, altermondialistes ou religieuses (on trouve tout en Amérique). Dans ce cas, les « monnaies » utilisées sont innombrables et varient selon les régions.
Une précision, enfin : pourquoi traiter du troc dans le blog American Ecolo ? Parce que la plupart des groupes oeuvrant pour un meilleur environnement, pour la préservation de la planète, pour une répartition équitable des richesses et des ressources, appellent de leurs vœux un changement des rapports économiques et sociaux. La généralisation du troc est en général une chose qu'ils favorisent.
Or, la pratique du troc aux Etats-Unis, sa récupération par l'establishment, est l'exemple de l'évolution d'une utopie vers une réalité… disons, inattendue.
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Tous les articles d'American Ecolo
Ailleurs sur le Web
► Du troc vraiment alternatif, Asheville Lets et Ithaca Hours, en anglais
► Sur l'historique et le fonctionnement des monnaies alternatives sur Wikipédia, en anglais
Photo : Un trader au New York Stock Exchange (Brendan McDermid/Reuters).
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De lauent
homme libre | 15H59 | 25/02/2009 |
Aussi allergique soit-on parfois aux Américains, leur pragmatisme en effet a de quoi nous surprendre - et nous inspirer, au-delà de l'élection d'Obama.
A propos de troc, je témoigne que je le vois revenir en douce un peu partout, jusque sur nos marchés.
Et pour conclure sur une note plus optimiste encore, pourquoi ne pas réinventer aussi nos revendications, nos protestations, nos imaginations pour un monde plus juste, ou carrément meilleur ?
Voici en tout cas des propositions à retravailler/améliorer :
» Rêve éveillé… «
19 mars, début d'un rêve général : Poésies et paroles libres partout, nouveaux slogans émancipateurs, nouvelles approches les uns des autres…
Il s'agit de TOUS se donner la main !
Voici, vite jetées sur le papier, quelques simples bases à améliorer
pour des slogans vraiment nouveaux, permettant une nouvelle approche de
toutes les questions, une nouvelle chance pour une nouvelle fraternisation :
- “ Faisons reculer les comportements de profitation : au pouvoir comme entre nous ”
- “ Ni droite, ni gauche, ni centre, ni extrêmes : grève des étiquettes, grève des politiques ”
- “ Cessons de faire de nos différences des différends : grève générale illimitée de tous les jugements ”
- “ Revenu minimum universel de survie ‘ (1)
- Boycott illimité généralisé de la pseudo démocratie, assemblées souveraines partout ’
- ‘ Plus de lois figées pour nous rétrécir, partout des règles souples à adapter à l'humain, de simples cadres ouverts ’
- ‘ L'imagination au sommet de nos vies ’
- ‘ Soyons réalistes, visons le paradis ’
…
(1) petite explication rapide : il s'agit de créer une mise à l'abri minimale de tous les êtres humains, par un revenu minimum universel de survie décent, adapté et équitable ; revenu distribué en contrepartie d'un service civique rotatif volontaire, auquel chacun consacrerait - à la carte - tant d'années d'existence au cours d'une vie, dans les domaines de son choix.
Ceci nous libérerait de l'obligation salariale.
Toutes nos autres activités, occupant pleinement l'essentiel de nos vies, ne seraient alors plus commandées par la malédiction du ‘ pain gagné à la sueur de nos fronts ’, mais obéiraient à notre créativité sans contrainte.”
l'article intégral sur :
http://anarchieevangelique.wordpress.com/
à lauent
De padiran
Chroniqueur mondain | 21H30 | 25/02/2009 |
C'est pas contagieux j'espère ?
à padiran
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 00H00 | 26/02/2009 |
Ni dieu, ni maître, qu'ils disaient : -)
Imagine la tronche de Ravachol découvrant l'existence de l'anarchisme évangélique…
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De lauent
homme libre | 09H17 | 26/02/2009 |
Ravachol, paix à son âme, n'a pas le monopole de l'anarchie, qui commence il y a 2000 ans avec un certain Jésus, l'homme qui délia les hommes de tous les dogmes, de toutes les autorités et qui pour cela fut lui aussi assassiné.
Ni religion, ni chefs.
Fraternellement.
Sur l'histoire de l'anarchie en relation à l'évangile, ce magnifique appel libertaire encore en attente d'accomplissement :
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2008/12/23/anarchieevangile-que…
à lauent
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 11H42 | 26/02/2009 |
Certes. Y a l'affreux Proudhon (quel faux-cul sexiste, celui-là), Louise Michel, les Reclus (je suis fan), etc.
Mais arrête tes conneries : ton petit prophète galiléen s'est déjà fait coller tant d'étiquettes et récupérer par tant d'affairistes véreux (dont l'immonde Saül de Tarse, ce Bernard Tapie des culs-bénis) qu'il ne lui reste pas un centimètre carré de peau à l'air libre.
Je vais pas rouvrir le débat, mais Jésus, c'est comme une poupée vaudoue : on la pique en projetant dessus sa frustration ou ses désirs. L'évangile chrétien, que je connais sur le bout des doigts, n'a vraiment rien d'un credo libertaire, et encore bien moins anarchiste.
Tu fais comment avec les épitres de Paul ? Plus réac que lui, je connais que les Talibans.
Et même si tu rejettes Paul, tu vas avoir l'air fin d'argumenter avec un fin connaisseur de l'histoire chrétienne (et de l'anarchie, qui est mon idéal) dans mon genre… Mais si ça te dit, pourquoi pas… J'ai pas trop de boulot en vue à l'atelier aujourd'hui et j'adore papoter.
« L'évolution s'est faite, la révolution ne saurait tarder. »
Élisée Reclus
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De ydcl
15H08 | 26/02/2009 |
Jesus a été le premier homme-sandwich ! Il a fait de la pub, pour des clous !
à ydcl
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 16H10 | 26/02/2009 |
: -)))
Clap-clap ! ! !
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De zénon denon 84
Bonne | 10H52 | 27/02/2009 |
Bon ,c'est vrai aussi ,que le bonhomme
(d'aprés ce qui a été dit )bien longtemps
aprés sa mort …n'a rien écrit du tout _point barre_
Il s'est contenté de vivre-comme il l'entendait-
aprés ,me semble-t-il, avoir été « initié » à une forme
de sagesse de vie -venant - de l'Egypte-
Diable,,,,,,,,,,oui ,c'est tout bête,mais n'allez pas
avec difficultés chercher ce qui est assez simple .
Son propos à lui -Sa vie terrestre le démontre -
était toute claire .
Ouvrir les yeux .voir ce qui est présent ,et allerter ses semblables
-prisonniers- de l'occupant Romain -et en plus
sous la coupe de mecs du temple …
Donc une révolution , qui ne plaisait ,ni à ses copains juifs
ni aux envahisseurs du pays .Vaste sujet .Oui.
qui selon lui dévait être résolu par la sagesse ,ou du
moins par la non violence …et les pouvoirs immenses de l'homme
Le reste_tout le reste _
toutes les interpretations qui suivirent depuis + de 2000 ans
ne sont que des adjonctions de ce qu'un seul homme
a Vécu .
Et que l'exemple à fait comprendre ,à tous .(parabole).
Que touit devient possible(même le tragique)
quand on y croit -fortement- et intimement -
C'est ça une révolution . Sa révolution . Croyez pas ?
à lauent
De Mougik
Loser imperturbable | 13H34 | 27/02/2009 |
« Ravachol, paix à son âme » … du pour foutage de gueule ça, paix à l'âme d'un anticlérical… pure provoc » .
Ni DIEU ni maitre , l'un ne va pas sans l'autre, point .
« Ni religion, ni chefs » dis tu ? Espèce de Tartuffe !
Ton évangélisation de rue89, c'est pas gagné !
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De Mougik
Loser imperturbable | 13H21 | 27/02/2009 |
Je suis anar, et trouve ce qu'il dit juste affligeant.
Mais oui tu es anar, petit croyant… Pas de maitre vraiment, pas même ton dieu ? (d'ailleurs si tu te réfère a l'évangile tu l'appelle comment, « seigneur » ? .. )
Des pseudos anars qui ont plus l'air de Trolls qu'autre chose ça commence a pulluler, manque plus qu'un anarcho-capîtaliste , et ils pourront former un trio avec l'autre anarcho-patriote…
« Ni droite, ni gauche, ni centre, ni extrêmes : grève des étiquettes, grève des politique »… ouaaaai arrêtons d'avoir des opinions et prions tous ensemble ! ! : x
« Cessons de faire de nos différences des différends : grève générale illimitée de tous les jugements »… je comprend que ça t'arrange une grève du jugement…
« Il s'agit de TOUS se donner la main ! “…je préfère refuser de donner la mienne a un paquet de gens, et j'en suis même fier…
Je m'arrête la, suis écœuré (je devrai avoir l'habitude pourtant)
Et je continu de penser que ce type est un pur troll.
à Mougik
De Mougik
Loser imperturbable | 13H23 | 27/02/2009 |
Oups petite erreur, ce post est bien sur en réponse au post de Lauent, et non de Cyp, navré.
à padiran
De lauent
homme libre | 03H41 | 26/02/2009 |
« Contagieux » ?
Quoi donc ami ?
Le troc ? La fraternité ?
(ceci dit j'ai conscience d'avoir légèrement débordé du sujet, attiré par cette notion de troc si inattendue ici, et que de fait je vois revenir discrètement comme « réponse » solidaire à nos difficultés de survie - je suis rmiste, après 2 ans sdf.)
Déborder ?
De jean breton
républicain laïque | 17H12 | 25/02/2009 |
Pendant ce temps-là, au Crédit Agricole, à la BP, à la Société Générale, on relance des campagnes de recrutement de…mathématiciens.
Comme au bon vieux temps.
Un nouveau truc, par exemple, parier sur les dérivées secondes (les accélérations) à la baisse des courbes d'évolution des actions.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H57 | 25/02/2009 |
Il y a un truc que j'ai du mal à comprendre… Ils ont brulé les billets de banque pour en arriver là ?
Appartement il y a du travail, donc si Al échange un service avec Bod, cela revient exactement au même que si Al payait Bob pour un service et que Bob utilisait cet argent pour payer Al pour un service.
La seule différence c'est qu'ils utilisent une valeur unitaire comme reconnaissance de dette, et qu'on peut intégrer autant d'autres intervenants qu'on veut, sans devoir chercher quelqu'un de spécifique pour l'échange.
à Keldan
De kasar
22H25 | 25/02/2009 |
Mais non, l'économie tourne grâce au crédit, et du crédit aux States, y en a plus, vu que leur système bancaire est … mort ?
De bonbon rose
à croquer | 18H40 | 25/02/2009 |
Je troquerais bien le Pokémon qui nous gouverne contre quelque chose d'autre, mais quoi ?
à bonbon rose
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 00H03 | 26/02/2009 |
Super Mario ?
à bonbon rose
De lauent
homme libre | 03H42 | 26/02/2009 |
Quoi ? Toi-même !
+ nous tous.
De richy
18H40 | 25/02/2009 |
probléme ,le fonctionnaire est payé comment ?
car plus de rentrées d'argent pour l'état ! ! pas de tva par exemple !
à richy
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 19H17 | 25/02/2009 |
Ben oui, c'est la question que je me posais. Parce que ça peut aider les entreprises en difficulté effectivement, mais ça peut aussi être un moyen pour les entreprises de faire des affaires sans taxes.
Et par exemple, en ce qui concerne le garagiste, s'il n'y a plus d'argent pour entretenir les routes, à quoi sert de monter un garage ?
à Pseudo
De Hélène Crié-Wiesner
(auteur)
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 19H35 | 25/02/2009 |
Non, les entreprises qui passent par les courtiers en troc sont obligées de déclarer la valeur de leurs échanges. Elles paient donc des taxes en « vrai argent », comme je l'indique dans l'article.
Quant à l'argent pour entretenir les routes, eh bien… à quoi ça servirait que Obama se décarcasse avec son stimulus plan ? A améliorer les infrastructures, il a dit.
à Hélène Crié-Wiesner
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 19H44 | 25/02/2009 |
Désolée, j'ai dû lire trop vite… Merci.
à richy
De kasar
22H29 | 25/02/2009 |
Dans ce monde-là, il n'y a plus de fonctionnaires.
Et un toubib américain doit payer son train de vie, donc ils font peut-être du troc aussi.
Le problème à mon avis, c'est que le Troc, voire le Don, forme supérieure du commerce, ça marche pour une société à croissance zéro.
Là les américains se démerdent, car ce sont de formidables bosseurs et des vrais démerdards. Mais c'est un artefact.
Le capitalisme ultra-libéral est presque mort, et à moins de se protéger derrière des murs (ce qu'ils feront à n'en pas douter), ils ne s'en sortiront pas. Ca j'en suis bien certain.
A moins qu'ils nous fassent une bonne guerre, logique du cycle capitaliste. Qu'ils crèvent tous.
De flixp
18H59 | 25/02/2009 |
Erreur, oups mauvais endroit
De brazz
19H58 | 25/02/2009 |
Ils ont retrouvé les SEL ?
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 20H42 | 25/02/2009 |
Les traders font du troc, et ceux qui ont besoin de fric, vu que les banques ne prêtent plus beaucoup, mettent leur Rembrandt au « clou » ( de luxe)
http://www.nytimes.com/2009/02/24/arts/design/24artloans.html ? _r=1&hp
à Lemmy_Nothor
De kasar
22H32 | 25/02/2009 |
En ce moment il y a de formidables affaires à faire pour les grattes de collec aussi. Les « ruinés » bradent des instruments qu'ils ont sans doute peu fait sonner. Ils vendent aussi des vinyls qui ressortent depuis un moment.
L'ultra-consommateur qu'était le « ruiné » a fait monter les prix à mort. Maintenant ça baisse, que ceux qui peuvent en profitent : o)
De Fa414
DNP | 21H27 | 25/02/2009 |
Comme quoi, favoriser la « généralisation du troc » de saurait suffire à « un changement des rapports économiques et sociaux ».
A quoi bon troquer, si c'est pour reproduire les mêmes schémas d'exploitation ?
A quoi bon troquer, si c'est toujours pour perdre sa vie à la gagner, quand bien même on ne paierait plus son beefsteak à coup de biftons, mais de biblots ?
A quoi bon troquer, si c'est pour que les plus puissants finissent par en amasser, en capitaliser donc, l'objet (les objets…) ?
A quoi bon troquer, si nous sommes toujours asservi-e-s à la machine économique et politique, quelle que soit sa forme, toute « alter » qu'elle puisse sembler ?
Ce texte devrait servir d'avertissement aux alter-boboïsants : il ne suffira pas de paraitre pour changer ce monde, il faudra d'abord lutter !
Salutations libertaires !
à Fa414
De kasar
22H32 | 25/02/2009 |
Yes ! LA devise : « ne perdez pas votre vie à la gagner ! ! ! »
Turn on, tune in, drop out ! ! !
à Fa414
De fde
technicien | 11H08 | 26/02/2009 |
Il y a quand même une différence entre capitaliser des objets et capitaliser de l'argent.
L'argent est une mesure virtuelle de votre crédibilité ; cela veut dire non seulement une mesure de la confiance qu'on vous accorde, mais aussi, et implicitement, du nombre d'individus que vous dominez parce qu'ils vous sont débiteurs (n'oubliez pas que l'argent correspond aussi à de l'endettement ; c.f. les discussions qui ont été faites ici relativement à la création monétaire).
En ce sens, l'argent symbolise votre hiérarchie dans une sorte de système de gouvernance économique. Et c'est un système qui n'est pas particulièrement démocratique (je trouve même qu'il a une saveur féodale) mais qui est par contre très efficace et puissant.
Et comme l'argent est virtuel, il n'y a pas de limite à la manipulation de l'argent. Et il n'y a potentiellement pas de limite à votre pouvoir par l'argent.
Et c'est peut-être parce que l'argent c'est du pouvoir qu'il n'y a pas de satiété pour l'argent.
Un objet est concret. Et là, vous vous retrouvez avec des limites physiques. C'est plus difficile de manipuler des objets concrets. Et c'est bien pour ça que l'argent est très utile pour virtualiser les biens ! De même, le sentiment de satiété arrive vite (à mon avis, vous allez commencer à vous ennuyer au bout de votre 100eme porsche). Et puis, il y aura forcément une limite à votre pouvoir, si vous vous contentez de manipuler des objets concrets.
En ce qui me concerne, je sais très bien ce que je ferais avec 1M€, alors que cela m'emmerderais d'avoir un million de brosses à dents…