
Ecologie : pour sauver la planète, les petits gestes ne suffisent pas
Deux ouvrages, aux Etats-Unis et en France, montrent les limites des efforts individuels, et prônent une rupture avec le capitalisme.

Sortir du capitalisme pour sauver la planète, c'est dans l'air des deux côtés de l'Atlantique. Mais là où les Américains prennent des précautions de sioux pour ne pas être accusés de communisme, les Français n'ont pas ces pudeurs : ils osent volontiers les mots « utopie », « coopérative » et autres « rapports de classe ».
Deux auteurs, l'un français, l'autre états-unien, représentent ce courant qui a pris une ampleur inattendue avec l'emballement de la crise actuelle. Tous deux théorisent les fondations du nouveau monde nécessaire, qui ferait presque totalement table rase de l'actuel. Encore que l'Américain soit un peu moins radical, question de contexte historique sans doute.
James Gustav Speth, doyen à l'université Yale de la School of Forestry and Environmental Studies, a publié en 2008 « The Bridge at The Edge of The World : capitalism, the environment, and crossing from crisis to sustainability ». Traduction approximative : « Le Pont du bout du monde : le capitalisme, l'environnement, et le passage de la crise vers la durabilité. »
Gus Speth y pose notamment la question suivante :
« Comment expliquer ce paradoxe ? La communauté de ceux qui se soucient de l'environnement -à laquelle j'ai appartenu toute ma vie- ne cesse de grandir, de se sophistiquer et d'accroître son influence, elle lève des fonds considérables, et pourtant, les choses vont de pire en pire. »
« Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme »
Hervé Kempf, dont j'ai déjà évoqué l'ouvrage « Comment les riches détruisent la planète » (2007), publie cette semaine une suite à ce premier opus déjà traduit en quatre langues « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ».
Kempf y reprend des éléments de sa démonstration initiale, et expose sa méthode, analogue à celle de son confrère américain, mais en tournant moins autour du pot :
« Pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme, en reconstruisant une société où l'économie n'est pas reine mais outil, où la coopération l'emporte sur la compétition, où le bien commun prévaut sur le profit. »
Dit comme ça, c'est presque bateau, mais le livre de Kempf, court et facile à lire, est un concentré d'efficacité démonstrative. Il n'assomme pas le lecteur avec le détail de la catastrophe écologique mondiale en cours, celle-ci étant censée lui être déjà plus ou moins connue. Kempf rappelle les origines de la dérive qui nous a entraînés dans ce pétrin :
« Dans “Comment les riches détruisent la planète”, j'ai décrit la crise écologique et montré son articulation avec la situation sociale actuelle, marquée par une extrême inégalité. (…) J'ai résumé l'analyse du grand économiste Thorstein Veblen. Pour celui-ci, l'économie des sociétés humaines est dominée par un ressort, “la tendance à rivaliser -à se comparer à autrui pour le rabaisser'.
Le but essentiel de la richesse n'est pas de répondre à un besoin matériel, mais d'assurer une ‘distinction provocante’, autrement dit d'exhiber les signes d'un statut supérieur à celui de ses congénères. (…) Cela nourrit une consommation ostentatoire et un gaspillage généralisé.”
A l'origine de la catastrophe écologique, des dérives individualistes
Dans ce nouveau livre, Kempf laisse un peu tomber les super riches -il leur a déjà réglé leur compte- pour nous enfoncer, nous, gens ordinaires souvent plein de bonne volonté, le nez dans notre caca. En gros, au cours de trente dernières années, le capitalisme a exacerbé l'idéologie individualiste au plus haut point, “en valorisant à l'extrême l'enrichissement et la réussite individuelle au détriment du bien commun”.
Kempf déniche les dérives individualistes du capitalisme là où on n'aurait pas forcément pensé à les y voir, ni surtout à les lier aux dégâts écologiques : dans le délitement des liens familiaux, la pornographie, le trafic d'êtres humains, le remplacement du politique et de l'action collective par la psychologie à toutes les sauces…
“Car pour la personne à qui l'on répète sans arrêt que sa vie ne dépend que d'elle et que les liens sociaux sont d'importance secondaire, la satisfaction se trouve d'abord dans la satisfaction matérielle : elle est source de plaisir -un plaisir qu'on ne trouve plus dans l'interaction et le partage avec les autres.”
Gus Speth est sur la même longueur d'onde qu'Hervé Kempf, mais il le dit à sa manière, politiquement correcte, soucieuse de ne pas froisser la sensibilité des gens qui s'impliquent avec cœur, dans son pays, pour faire évoluer les politiques publiques et leur propre vie.
Gus Speth balaie les conclusions naïves d'Al Gore
Il leur démontre gentiment que la technologie, la science, le progrès technique, dont les Etats-Unis sont si fiers d'être souvent leaders, ne suffiront pas à restaurer l'état de la planète, ni à assurer à l'humanité le train de vie dont les pays riches se prévalent.
En gros, il balaie l'assurance donnée par Al Gore à ses concitoyens dans son film “Une vérité qui dérange”. L'ex-vice-président explique, dans qu'avec un peu de bonne volonté individuelle et beaucoup de technologies nouvelles, on peut inverser le cours de choses. Speth estime que cette approche est dépassée :
“La situation requiert des changements plus profonds et plus systémiques que l'approche environnementale en vigueur aujourd'hui. On doit complètement changer le système.”
Hervé Kempf ménage encore moins ses lecteurs. Pour lui, les fameuses technologies vertes dont on nous rebat les oreilles, nous promettant grâce à elles le retour de la croissance (verte, la croissance ! ), sont plus dangereuses qu'utiles à la bonne santé de la planète.
Non pas intrinsèquement (c'est toujours mieux de produire de l'électricité avec du vent qu'avec du charbon), mais parce que pour Areva, Suez, EDF, Endesa, E.ON, Enel, etc., il n'y a aucun changement de modèle énergétique en jeu, seulement une opportunité à saisir dans la compétition en cours entre grands producteurs. Le mot d'ordre reste : produire ».
Les conseils écolos se situent toujours du point de vue de l'individu
Kempf massacre la « bien-pensance écologique, nichée dans les détails », qui a contaminé les plus fervents écolos :
« Tous les guides expliquant comment vivre en “vert” se situent du point de vue de l'individu, jamais du collectif. (…) “Je me préserve des grosses chaleurs”, “je réutilise mes objets”, “je refuse les traitements chimiques”, “je démarre en douceur”, etc…
Etre consom'acteur, chez Nature et Découvertes, invite à “consommer engagé”, puisque “consommer = voter”, et range les actions entre “ma cuisine”, “ma trousse de toilette”, “mon garage”, “mon atelier'… EDF, dans son guide ‘E = moins de CO2’, range l'univers entre ‘ma planète’ et ‘ma maison'. (…)
Dans le paradis capitaliste, il suffit que nous fassions les bons gestes pour la planète’, et ‘les politiques et les industriels suivront'.’
Gloups. A quoi ça sert de faire des efforts si on est tellement ridicule ? Kempf et Speth sont en accord sur ce point : seule l'action collective, massive, stratégiquement concertée, a des chances d'inverser la tendance.
‘Je ne suis pas en train de vous dire : Arrêter de recycler'’, écrit Gus Speth, ‘mais je dis : Bâtissez un mouvement collectif’, et ‘confrontez la consommation avec une nouvelle éthique d'autosuffisance'.’
Un mouvement de fond en cours aux Etats-Unis
Kempf est encore plus offensif :
‘Chacun, chaque groupe, pourrait dans son coin réaliser son bout d'utopie. Il se ferait sans doute plaisir, mais cela ne changerait pas grand-chose au système, puisque sa force découle du fait que les agents adoptent un comportement individualiste. (…)
L'enjeu n'est pas de lancer des alternatives. Il est de marginaliser le principe de maximisation du profit en plaçant la logique coopérative au cœur du système économique.’
J'ai choisi d'insister davantage sur le livre d'Hervé Kempf pour trois raisons : il sort le 8 janvier en librairie ; il contient de nombreux exemples français et européens plus parlants pour le lecteur que ceux pris dans le contexte culturel américain ; enfin, il aborde de front la question des inégalités sociales, dans un langage plus brusque qui me convient mieux. C'est purement personnel.
En revanche, l'approche de Gus Speth est d'autant plus remarquable qu'elle accompagne un mouvement de fond en cours aux Etats-Unis. Quelque chose qui s'apparente aux expériences alternatives écolos de certaines communautés des années 70, sauf qu'aujourd'hui, leurs acteurs n'ont pas la prétention de vivre en marge du système. Ils vivent dedans, autrement, avec moins, volontairement beaucoup moins.
Je reviendrai bientôt sur ce sujet des ‘volontaires de la simplicité’, qui commence à passionner la presse nationale. En attendant, on peut lire ce reportage paru dans le numéro de janvier de O, le magazine d'Oprah Winfray.
► Pour sauver la planète, sortez du capitalisme d'Hervé Kempf - éd. du Seuil - 14€.
► The Bridge at The Edge of the World de James Gustave Speth - Yale University Press - 320p., env. 28$.
Illustration : Che Guevara écolo (Audrey Cerdan et Yann Guégan).
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De papabill
retraité | 17H56 | 08/01/2009 |
Alors vive la crise, la croissance -5 et l'explosion du chomage !
De compte sup le 26.08.09
18H01 | 08/01/2009 |
Comme on dit petit à petit l'oiseau fait son nid
Après tout y a quand même pas mal de choses positives qui se sont passées depuis des siècles. Les progrès se font souvent sur plusieurs générations, et nous même n'assisterons peut être pas à ceux au niveau de l'environnement, mais je pense que de plus en plus de personnes se sentent concernées et actives. Y a qu'à voir 15 ans en arrière, on a fait des progrès non ? & il me semble qu'il y a même des cours sur l'environnement déjà à l'école sauf erreur ?
Je suis tout à fait d'accord avec cet article mais je tiens à rajouter une note d'optimisme et de joie guillerette histoire qu'on aille pas tous se jeter d'un pont en imaginant la planète en feu. & d'ailleurs je ne me fais pas de bile pour la planète, depuis sa naissance elle a connue 5 grandes crises, dont une avec près de 80% des espèces éteintes, et la Terre et la diversité en sont toujours ressortis renforcés. A notre échelle on ne peut qu'agir petit à petit, au jour le jour pour éviter de trop abîmer l'environnement actuel
Bonne soirée
à compte sup le 26.08.09
De InitiativeDharman
Merde in France. | 09H29 | 09/01/2009 |
Là c'est notre espèce qui risque de s'éteindre si on n'anticipe pas les choses. C'est là que se trouve la pathétique condition humaine, incapables que nous sommes de voir plus loin que les misérables 70 ou 80 années qui nous sont accordées par la Nature.
Bonne journée.
à InitiativeDharman
De compte sup le 26.08.09
19H24 | 09/01/2009 |
je suis absolument d'accord sur le fond avec cela. perso je tente de faire 1 maximum pour savourer au mieux les 70.80 ans que j'aurai à vivre & dans un respect de l'environnement (achat de produit local, refus de produits testés sur animaux ou utilisant trop de certaines plantes fragiles…). mais le monde et la nature humaine sont bien trop complexes pour que chaque être humain s'accorde avec son voisin dans une parfaite harmonie.
Bon WE !
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 18H02 | 08/01/2009 |
bonsoir
Pour les curieux un lien, juste histoire de rappeler l'enjeux .
http://www.dailymotion.com/relevance/search/r%25C3%25A9fugi%25C3%25A9s%2…
Pour dire pourquoi ce n'est pas plus capitaliste que ça !
De Gigiss
Etudiant | 18H05 | 08/01/2009 |
Ah le pessimisme… Ce que je trouve admirable lorsque ce genre d'article parait, c'est la ferveur avec laquelle les internautes se déchainent pour dénoncer la nature de l'homme et la société dans laquelle on vit. Où est l'optimisme ? Vivre dans un monde non pollué n'est pas une utopie. La nature de l'homme n'est pas mauvaise. Enfin je le crois.
Je ne peut pas croire non plus, pour l'instant en une autre forme que le capitalisme. Ce n'est pas possible, il ne peut avoir un accord entre tous les pays du monde qui dit qu'il faut arrêter de produire en masse et inutilement pour ne prendre qu'une conséquence du capitalisme.
Pour l'instant je pense que le capitalisme doit évoluer en fonction de l'écologie mais que l'écologie ne doit pas prendre le dessus et faire disparaître le capitalisme.
Avoir des idées de suppression du capitalisme ne fait pas avancer les choses. Au contraire associer l'écologie à l'idée de suppression du capitalisme peut faire peur et faire reculer la cause écologique.
à Gigiss
De Monsieur patate
Juriste en formation | 18H14 | 08/01/2009 |
Votre intervention est assez contradictoire.
D'un côté je suis d'accord avec votre lucidité quand vous dites que les pays ne se mettront pas d'accord pour mettre fin au capitalisme.
Mais pourquoi les pays se mettraient d'accord pour freiner leur économie et restreindre le niveau de vie de leurs habitants au nom de l'écologie ?
à Monsieur patate
De Gigiss
Etudiant | 18H22 | 08/01/2009 |
Là est tout le problème. Mais quel est la solution la plus réaliste ? à votre avis
à Gigiss
De Monsieur patate
Juriste en formation | 18H58 | 08/01/2009 |
Donc vivre sur une planète propre en l'état actuel des choses est une utopie, et ne fera pas avant qu'un gros cataclysme arrive, comme je l'ai déjà dit dans un autre message.
à Gigiss
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 23H03 | 08/01/2009 |
bonsoir,
Alors d'aprés toi le capitalisme et l'écolo c'est le même combat, et bien on est pas sortie de l'auberge !
Déjà les capitalo sont avident de pouvoir, et ce croient superieur aux autres, parce qu'ils ont soit disant réussi, et qui ont l'argent donc le pouvoir ! et qu'ils en veulent toujours plus ils n'ont aucune modesti aucune humilité aucun respect pour autrui même pour leur propre famille ! alors quand on va retrouver ça dans l'écologie ça va étre super !
à ganima
De Gigiss
Etudiant | 15H47 | 09/01/2009 |
Tu ne m'as pas compris…
à Gigiss
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 23H09 | 08/01/2009 |
re au gisgiss,
j'ai oublié, en plus ils réussissent tous en ayant exploité la misère des autres !
c'est surtout ça un capitalo, alors si tu dis que ça va etre les futurs écolo de demain , ça va surment pas demain que les choses vont changer dans le monde !
à Gigiss
De InitiativeDharman
Merde in France. | 09H37 | 09/01/2009 |
Je vois dans votre photo une image du film « Into the wild » Monsieur l'étudiant, j'ose penser que vous n'êtes pas dans une filière « commerce ». Je vous conseille la relecture de l'oeuvre de Thoreau, référence du film.
à InitiativeDharman
De Gigiss
Etudiant | 15H49 | 09/01/2009 |
Monsieur l'étudiant est en terminal économique : )
à Gigiss
De InitiativeDharman
Merde in France. | 21H28 | 09/01/2009 |
Peut-être que le monde a plus besoin de philosophes…que d'économistes…
En terminale économique, vous n'étudiez pas Georgescu-Roegen ni Serge Latouche ? Si la réponse est non, je trouve cela très dommageable.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H10 | 08/01/2009 |
D'accord avec le constat des deux auteurs, mais la question de base reste posée : comment passe-t-on d'un modèle à l'autre ?
Kempf répond qu'il faut dépasser le capitalisme (facile à dire…), Speth sans doute qu'il faut le ronger de l'intérieur petit à petit ?
Le long compte rendu publié sur Oprah.com passe à côté de la réponse, comme d'habitude chez les nouveaux écolos américains, qui préfèrent les solutions à la Thoreau (dans Walden Pond) avec un « retour à la nature », facile à réaliser en Floride où il fait rarement froid ou dans l'état de Washington où il pleut beaucoup, avec une végétation forestière luxuriante. On en reste au niveau du changement de style de vie individuel : on cultive son jardin, on réduit sa consommation d'électricité. C'est sympathique mais irréaliste. Dans les états du nord comme le Minnesota ou l'Illinois, l'hiver dure six mois, et manger les légumes du jardin en toute saison n'a pas de sens.
On aimerait que les adeptes de la « vie simple » (à laquelle ils n'avaient jusque là jamais pensé, tiens, tiens ! , contrairement à la majorité des riverains de la Rue) se préoccupent davantage de ce que va représenter le changement de modèle pour les trois-cinquièmes des habitants de la planète, dont ils ne font pas partie. Pour ma part, je n'irai jamais préconiser la décroissance ou la renonciation à un minimum de confort pour ceux qui crient aujourd'hui famine.
à Jaycib
De Gigiss
Etudiant | 18H11 | 08/01/2009 |
« n aimerait que les adeptes de la “ vie simple ” (à laquelle ils n'avaient jusque là jamais pensé, tiens, tiens ! , Sans doute contrairement à la majorité des riverains de la Rue) se préoccupent davantage de ce que va représenter le changement de modèle pour les trois-cinquièmes des habitants de la planète »
Complètement d'accord ; )
à Jaycib
De Monsieur patate
Juriste en formation | 18H21 | 08/01/2009 |
C'est tout le problème de savoir comment passer d'un système à l'autre. Il y a bien des réponses, mais elles sont pas belles à entendre car réclamant un effort important de la part de tous et ça le fait pas pour les écolos qui se veulent cool ( « être green » et penser à la planète c'est être hype).
Après peut être que même notre « minimum de confort à l'occidentale » serait trop lourd à supporter pour la planète si on était 6 milliards à l'adopter avec nos avancées scientifiques actuelles.
Mais si déjà des efforts significatifs par les pays industrialisés étaient faits, l'écologie se porterait mieux.
à Jaycib
De Miju
Photovoltaïcien | 10H03 | 09/01/2009 |
Les idées reçus ont la vie dure…
La vie « simple » et la décroissance de l'économie (puisque c'est surtout de ce point que l'on parle) ne concernent bien sur que les pays qui surconsomment ! On ne va bien sur pas critiquer la croissance économique des pauvres bien que l'on puisse parfois critiquer comment certains pays font croitre leur économie (est-ce nécessaire d'équiper toute l'Inde d'une voiture Tata ? N'y a-t-il pas d'autres priorités ? )
http://www.decroissance.org/ ? chemin=faq
Certains pays du sud commence à s'adapter à ce concept à l'exemple d'Evo Moralès, président de la Bolivie (et objecteur de croissance à sa façon).
Un de ces discours marquant peut être trouvé ici :
http://www.respire-asbl.be/Message-de-Evo-Morales-aux
De jpouille
expatrie en Angleterre | 18H20 | 08/01/2009 |
Magnifique
De campusliber
dilettante | 18H49 | 08/01/2009 |
L'écologie « de tous les jours » est devenu un enjeu marchand, une source de profit… Qui se soucie bien peu d'écologie !
Prenons l'exemple du tri sélectif :
- on a transféré au particulier le tri des déchets ménagers… Tout en continuant à lui faire payer la même taxe sur les ordures ménagères !
- les sociétés titulaires du contrat de ramassage et chargées de la gestion des déchets pénalisent financièrement les communes si le tri n'est pas correctement fait.
- de toute façon, ces sociétés refont un tri
- elles valorisent les déchets en faisant payer la décharge, le tri, et… la valorisation elle-même !
- elles réalisent un profit en revendant les déchets valorisés.
Dans beaucoup d'autres domaines touchant le particulier, « l'écologie » est une redondance, une gêne, un coût.
Mais, le gêné, c'est le cochon de payant !
Alors que les entreprises, les administrations, pas touche ! Elle polluent ? C'est pour le bien public, et puis, on ne peut pas les contraindre, les charger de taxes, les obliger à…
Je refuse de trier mes déchets (qu'on me paye pour cela, et qu'on oblige les industriels à diminuer le volume des emballages ! ), j'ai une automobile ancienne et gourmande qui consomme 25 litres aux cent et génère des tonnes de CO2 (qu'on m'offre une prime substantielle pour acheter une voiture non polluante construite grâce à une obligation pour les constructeurs de se tourner vers une production non polluante de véhicules vraiment non polluants), je n'installerai pas d'ampoules « économiques » bientôt obligatoires ( ? ! ) parce qu'elles n'éclairent pas correctement, et qu'elles sont chères et fragiles, je refuse les « améliorations » qui se font sur mon dos et génèrent des profits pour l'industrie, je refuse de payer les sacs en plastique qu'ils soient recyclables ou pas !
J'en ai ma claque d'être, au nom de « l'écologie citoyenne », le dindon de la farce.
Le gouvernement est à notre service, et nous lui avons donné mandat de nous représenter. Pas de nous exploiter, fût-ce au nom de l'écologie…
à campusliber
De soixantehuit
19H24 | 08/01/2009 |
Et il est suspect dans ce pays de ne pas avoir de téléphone portable demandez le aux gens de Tarnac. Il est aussi suspect de vouloir vivre de manière différente -toujours les mêmes- Ne croyez surtout pas que les capitalistes et tous ceux qui disent que « l'anti-capitalisme est une impasse » vont vouloir changer la donne facilement. Alors avec eux effectivement l'écologie s'il y a, sera subie et forcée elle deviendra un prétexte à plus de contrôle, à plus de normes coercitives. Ils ont le pouvoir et ils n'ont pas l'intention de le lacher.
à campusliber
De Anthoni
étudiant | 22H23 | 08/01/2009 |
« Je refuse de trier mes déchets », « j'ai une automobile ancienne et gourmande qui consomme 25 litres aux cent et génère des tonnes de CO2 », « qu'on me paye pour cela », « qu'on m'offre une prime substantielle », etc, etc…
Et tout cela en commentaires d'un article évoquant la révolution écologique par le rejet de l'individualisme…
Campusliber, ce qui vous intéresse en fait, c'est l'argent que vous pourriez tirer de votre « engagement » écologique. Le gouvernement (« à [votre] service ») doit prendre garde : l'électeur(-consommateur) avisé que vous êtes refusera toute amélioration au service de l'environnement si vous n'en obtenez pas un retour sur bénéfice immédiat.
En bon bougre que vous êtes, vous laissez tout de même le choix à ce gouvernement « à [votre] service » : soit il vous paie, soit il taxe L'Industrie. Mais attention, pas de ces petites taxes qui ne se ressentent qu'à peine le jour des bilans. Pour L'Industrie - La responsable – la sentence doit être exemplaire. Mais au fait, quel type d'industrie ? , quels types de taxes ? … Peu importe, la sentence doit être exemplaire.
Le principe du pollueur-payeur doit s'appliquer à tous les citoyens, lesquels doivent payer pour le gestion des 350 kg de déchets qu'ils produisent annuellement, entre autre. Mais avec ces discours du type « c'est pas moi c'est les autres », il y a de quoi sérieusement s'inquiéter…
Et enfin pour votre information : chaque entreprise est responsable de l'élimination des déchets qu'elle produit et/ou détient. Elle doit s'assurer que leur élimination est conforme à la réglementation.
Article L 541-2 du Code de l'environnement.
à Anthoni
De campusliber
dilettante | 11H45 | 09/01/2009 |
La pollution… C'est le citoyen !
L'insécurité… C'est le citoyen !
Le chômage… C'est le citoyen !
Les délocalisations… C'est le citoyen !
La faillite du système scolaire… C'est le citoyen !
Les problèmes de santé publique… C'est le citoyen !
Les solutions ? Culpabilisation, fliquage, taxation… Pour le citoyen !
Toutes les « solutions » mises en place concernant l'écologie - et je précise : mises en place ET appliquées - se font au détriment du citoyen.
Lui, il paye, eux, ils profitent.
Un autre exemple : passons du tri sélectif à l'éco-taxe de recyclage.
Plutôt que de pénaliser les entreprises qui continuent à fabriquer de l'électro-ménager à brève durée de vie, avec des matériaux polluants, on colle une taxe minime PAYÉE PAR LE CONSOMMATEUR, et la vente continue !
Revenons aux déchets : y-a-t'il une taxation quelconque des industriels pour les inciter à diminuer le volume des emballages (et, corollaire de ceux-ci, les encres et les colles utilisées ? ) ?
Bien sûr que non ! Le consommateur paye l'emballage, paye l'élimination de l'emballage et… Tourne son bérêt entre ses doigts gourds en murmurant, honteux et confus : Z'êtes bien aimable, Monsieur l'industriel, z'êtes bien urbain, Monsieur le flique, oui, j'ai honte, je l'f'rai plus, je suis écologiquement irresponsable, mon Dieu mais quelle terre allons-nous laisser à nos enfants, je me couvre la tête de cendres et vais immédiatement trier mes déchets… Combien j'vous dois ?
Non, je ne me sens pas responsable ! Non, je ne suis pas coupable !
Au cul le système libéral, et vive Fourier !
à campusliber
De kazhkoad
- | 13H02 | 09/01/2009 |
S'il est vrai que des contraintes plus importantes devraient être appliquées aux entreprises, il faut bien que tout le monde fasse un effort !
Tu es contre la société libérale mais il faut qu'on te paye pour arrêter de polluer avec ta voiture et que tu prennes une demi seconde pour trier tes déchets…
C'est toi qui les a acheté ! ! ! c'est toi qui a incité l'entreprise à produire ces déchets …
si tu ne veux pas trier, et je peux le comprendre, tu n'as qu'à pas acheter des produits où il y a du déchet ! C'est quasi impossible, eh oui, donc il faut que tu tries…
ton raisonnement c'est : je continue à encourager les entreprises à polluer mais c'est aux autres de subir la pollution due à mes actes. Tu dois te consiférer bien supérieur à nous pour que celà soit les autres qui trient tes déchets…
Anti libéral et égoïste individualiste : ça ne te pose pas de problèmes ?
à kazhkoad
De sup à la demande du riverain 28.09.09
15H14 | 10/01/2009 |
campusliber n'a pas tort sur beaucoup de points et le citoyen ne doit pas etre le mouton qu'on tond a longueur de temps.
depuis la privatisation d'edf et de gdf je recois avec toutes mes factures un depliant m'incitant a faire faire un diagnostic sur l'installation de mon modeste et ancien pavillon encore correct.
autre chose
J'ai entendu avec stupeur des reportages radio et tv sur l'education des enfants de moins de dix concernant la bouffe et la pollution comme s'ils avaient la maturité suffisante pour comprendre ce qu'on les incite a faire alors ils sont encore a l'age des jeux ! ! ! et
des questions reponses sur le conflit israelien palestine
avec l'enfant posant des questions et des reponses faites par le journaliste avec un debit de reacteur qui m'ont laissé pantois sur mes capacités intellectuelles a le comprendre alors un enfant….
à campusliber
De Laclairette
informaticienne | 09H47 | 09/01/2009 |
Bel exemple de citoyen-consommateur.
à campusliber
De sefero49
Soldat mugissant | 09H47 | 09/01/2009 |
…« Alors que les entreprises, les administrations, pas touche ! Elle polluent ? C'est pour le bien public, et puis, on ne peut pas les contraindre, les charger de taxes, les obliger à… »
Si je peux apporter mon petit témoignage personnel :
Devant chez moi, à Nice, il y à un marché en plein air de fruits et légumes.Tout les jours, en début d'après midi, les employés de la voirie passent ramasser les cagettes vides et autres déchets….et le tout, plastique, bois, cartons, déchet vegétaux sont compactés ensemble dans le « camion poubelle » pour finir, je pense, à l'usine d'incinération.
Et moi, comme un idiot, je continu à regarder sur toutes les coutures le moindre emballage avant de le jeter pour être sur de ne pas me tromper de poubelle..
Sans commentaire !
à campusliber
De bozox
10H50 | 09/01/2009 |
Laisse moi deviner campusliber… tu n'as pas d'enfant ?
à campusliber
De kazhkoad
- | 13H15 | 09/01/2009 |
tu n'es pas prêt à perdre un seul centime ni à faire un seul effort : belle mentalité !
et ce n'est pas seulement sous prétexte que d'autres ne font rien non plus : tu trouves des excuses bidons (exemple des ampoules ! )
quant aux sacs : tu refuses de les payer : pourquoi ? ? ?
Tu n'achètes pas ta nourriture , ton essence … ?
Les sacs ont un coût ! il faut le payer, celà paraît logique : si tu n'en veux pas : tu mets tes courses dans tes poches…
Avec des gars comme toi c'est pas une capacité de 5 ou 8 milliards d'individus qu'a la planète ! Avec 1 million comme toi, c'est fini dans 10 ans !
« Mais, le gêné, c'est le cochon de payant ! » tu as pris un drôle d » exemple en t'identifiant à un cochon mais la comparaison est peu flatteuse pour le suidé car tu pollues beaucoup plus que lui