Connaissez-vous bien votre député ? Vos sénateurs ? Découvrez dans cette appli leurs ambitions, ceux qu’ils haïssent, leur plus grosse erreur, leur personnalité ou leur modèle politique.
La France compte 925 parlementaires. Vous en connaissez combien ? Une douzaine de députés ? Quatre ou cinq sénateurs ? Peut-être avez-vous repéré quelques jeunes pousses au hasard d’une séance de questions au gouvernement. Mais souvent, dans la vie politique, les ministres et les maires de grandes villes prennent plus facilement la lumière.
A Rue89, on a eu envie de vous faire connaître un peu mieux la faune parlementaire. On a envoyé aux députés et aux sénateurs un même questionnaire. Avec leurs réponses, on a bricolé une appli. Elle vous permet de faire défiler toutes les réponses d’un parlementaire, ou comparer celles de différents élus à une même question.
Vous pouvez vous balader avec méthode (flèches et menus déroulants) ou en faisant confiance au hasard (en cliquant sur les dés à jouer).
Dans cette première livraison, vous allez en découvrir une cinquantaine – les plus prompts à envoyer leurs réponses. Observez la manière dont ils se sont emparés des questions : ici, de l’humour ou de la langue de bois ; là, des énoncés dogmatiques ou des confidences courageuses. Côté photo, il y a ceux qui ont osé nous envoyer leur photo (parfois au bord du trash avec Hélène Lipietz) et les conventionnels du trombi.
Georges Frêche pour modèle...
Tous racontent la naissance de leur vocation. Pour Benoist Apparu, c’est « en regardant L’Heure de vérité », à « 12 ou 13 ans ». Pour Jean-Pierre Maggi, « par accident, poussé que j’étais par mes camarades ouvriers de la raffinerie Shell Berre ». Kalliopi Ango Ela dit :
« L’engagement est une sorte d’engrenage. »
Leurs modèles politiques sont souvent de grandes figures consensuelles, mais il y a aussi quelques surprises : un père, une mère, Vandana Shiva ou... Georges Frêche !
Au moment d’expliquer les raisons de leur élection, certains se livrent à des analyses sociologiques compliquées. Mais à entendre Julien Aubert ou Gaëtan Gorce, être « celui qui a le plus envie d’être élu » est déterminant.
« Je déteste Rama Yade »
Au fil de notre questionnaire, les parlementaires élisent le meilleur premier ministre de la Ve République (Lionel Jospin pour la gauche, Georges Pompidou pour la droite) et leur adversaire politique préféré. Alexis Bachelay en a profité pour se lâcher :
« L’adversaire que je déteste le plus, c’est Rama Yade, car je la connais bien et qu’elle est totalement artificielle. »
Ils confient aussi leurs ambitions. On compte dans cet échantillon :
- des aspirants ministres (portefeuilles convoités : Ruralité, Intérieur, Economie, Travail, Culture, Outre-mer...) ;
- de potentiels maires (de Toulouse, Bayonne, Tourcoing, Castres, Ajaccio) ;
- un candidat à la présidence de la région Ile-de-France ;
- une aspirante commissaire européenne ;
- une candidate à la présidence de la République ;
- un député s’imagine secrétaire général de l’Onu ;
- un autre voudrait devenir Défenseur des Droits ;
- une de leurs collègues se rêve danseuse de tango.
« Je suis devenue parano »
Certains reconnaissent que l’exercice du pouvoir les a changés : « Je suis devenue parano », confesse Chantal Jouanno. Quant à Sandrine Mazetier, elle doit parfois se retenir pour ne pas frapper certains de ses camarades...
Ils disent le fond de leur pensée sur le cumul des mandats et s’ils accepteraient un contrôle de l’usage qu’ils font de leur indemnité.
Assez francs sur ce qui les désespère dans leur propre famille politique (pour l’écologiste Véronique Massonneau, c’est Daniel Cohn-Bendit), les parlementaires sont un peu plus convenus sur les désagréments de leur fonction. On relèvera toutefois le message personnel du lover Laurent Marcangeli, qui souffre d’être « loin de [sa] femme pendant deux jours ».
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Je comprends que pour des politiques, entendre le « tous pourris » soit désagréable et démobilisateur.
Mais le citoyen constate qu’il y a un tel grand nombre de politiques condamnés, utilisant la langue de bois, protégeant leurs avantages lorsqu’ils dénient ceux du peuple (rémunérations opaques, retraites, cumul, absentéisme,limite d’âge non respectée), ne tenant pas leurs promesses et surtout bénéficiant d’une justice bien clémente, ce qui fait qu’au final, c’est l’impression générale qui ressort et les personnes engagés font pâle figure.
Le deuxième problème est la représentativité des politiques (élection, catégorie socio-professionnelle, recrutement), leur nombre trop élevé, leur carrière interminable (parfois sans lien avec le monde du travail), qui les font apparaitre comme une caste et non plus comme des personnes engagés au service de la nation et du peuple.
Bref, qu’ils se sentent « paranos » n’est pas anodin, ils peuvent en effet l’être, ceux qui votent encore, ne votent que par opposition et non plus par adhésion. Ce n’est pas Hollande qui a été élu, c’est Sarkozy qui a été dégagé.




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