C’est Kro bien 15/02/2013 à 12h48

Je suis biérologue, vous m’avez posé vos questions !

Emmanuel Gillard | Biérologue


Emmanuel Gillard est biérologue (Emmanuel Gillard)

Je suis biérologue de passion. Intéressé par la collection et les bonnes choses, j’ai décidé d’allier les deux en collectionnant les expériences de dégustation.

J’ai déjà plus de 5 000 bières goûtées à mon actif, mais au delà du produit, c’est tout le monde de la brasserie artisanale que je défends.

En trente ans, le nombre de brasseries françaises a explosé : d’une vingtaine dans les années 80, nous en sommes à 508 aujourd’hui. Si la France est en retard sur le marché de la bière, elle ne peut que le rattraper grâce à la qualité de sa production.

Si vous souhaitez en savoir plus, posez-moi des questions dans les commentaires, je vous répondrai.

Sélection de réponses

Passage_Piéton. « Pour la bière, est-ce que la qualité du malt et du houblon ont une importance aussi grande que le raison et le terroir pour le vin ? »

Les ingrédients, le processus de brassage, le conditionnement et la garde ont une influence sur le produit dégusté.

En ce qui concerne les ingrédients, commençons par l’eau. Certains types de bière nécessitent des « normes » d’eau bien spécifiques. Dans le passé, beaucoup de bières ne pouvaient être brassées que dans un nombre restreint de régions vu la salinité de l’eau de brassage disponible.

L’orge, qui sera transformée en malt, joue également un rôle primordial. Il en existe différents types. Toutes ne sont pas propices à la production de bière. Une première distinction se fait entre l’orge d’hiver et l’orge d’été. Plus ou moins 250 grammes d’orge sont nécessaires pour brasser un litre de bière à 5° d’alcool (par exemple, la Pils).

Enfin, n’oublions pas le houblon qui est « l’épice officielle » de la bière, et qui peut être classé en deux grandes variétés : houblons amérisants et aromatiques.
(L’échange complet)

r0ckw1ld3r. « Quelles sont les meilleures bières que vous ayez goutées ? »

En voici quelques-unes :

  • Gouden Carolus, Carolus d’or. Cuvee Van De Keizer 2000 (Het Anker, BE).
  • Hop Dink ! (De Dolle Brouwers, BE).
  • Westvleteren 12 Abt de 11 ans d’âge (Westvleteren, BE).
  • Hemel & Aarde (De Molen, NL).
  • Matt’s Sleepy Time Belgian Imperial Stout Wild Oats Series n°01 (Beau’s All Natural Brewing Company, CA).
  • Til Fra Via Mikkeller ’De Proef Brouwerij, BE), 4th D Olde Ale 2011 (Kuhnhenn Brewing Company, US)
  • Orval de 7 ans d’âge (Orval, BE)
  • Black Mes Black Damnation III (De Struise Brouwers, BE)
  • Bul Light Ale (Brasserie Artisanale du Léman, FR)
  • Rasputin Russian Imperial Stout (De Molen, NL)
  • Mikkeller Beer Geek Breakfast (Nøgne Ø, NO) (L’échange complet)

Stié. « Comment se forge-t-on un goût ? »

Je vous propose quelques conseils pour se « forger le goût » :

  • Il ne faut pas se limiter à un produit mais essayer de s’intéresser à tous, pour se constituer un bon référentiel.
  • Il faut partager ses expériences gustatives avec d’autres. La dégustation partagée permet de confronter ses impressions et de se donner confiance.
  • Il faut multiplier les expériences gustatives. Plus vous dégustez de bières (et pas toujours la même, hein !), plus vous mettez en place vos connaissances nécessaires à l’analyse de vos futures dégustations. Je compare souvent cela à une grande bibliothèque dont chaque bière constitue un livre... (L’échange complet)

Firefly. « Quelles sont les différences de fabrication entre une bière trappiste et une bière d’abbaye ? »

Les bières d’abbaye sont des bières faisant référence à une abbaye particulière, en activité ou non. Autrefois brassées sur place par les moines, il s’agit actuellement d’une licence délivrée à un brasseur par une communauté monastique, ou simplement de la référence à une abbaye disparue.

En 1997, la Confédération des brasseurs de Belgique a créé le label « bière d’abbaye reconnue ». Les brasseurs ne peuvent utiliser cette marque collective que quand les conditions suivantes sont remplies :

  • Il y a un lien avec une abbaye existante ou non.
  • L’abbaye ou l’institution existante exerce un droit de contrôle en matière de publicité.
  • Soit la bière est brassée dans une abbaye existante non-trappiste, soit une abbaye existante fait brasser sous sa responsabilité et en licence la bière dans une brasserie laïque, et aide à commercialiser la bière.

Les bières respectant ce cahier des charges peuvent alors utiliser le logo « bière belge d’abbaye reconnue » (« Erkend Belgisch Abdijbier »).

Une bière trappiste est un produit fabriqué dans les monastères cisterciens et sous la responsabilité des moines ou des moniales.

Le logo Authentic Trappist Product est accordé par l’Association internationale trappiste. Il garantit au consommateur la provenance trappiste des produits selon des critères bien déterminés :

  • Ils sont fabriqués sur le site ou dans la proximité du monastère.
  • La communauté monastique est engagée dans la gestion et l’ensemble des moyens nécessaires pour l’exploitation.
  • Les revenus subviennent pour la majeure partie aux nécessités de la communauté et à des œuvres sociales. (L’échange complet)

Plieuse.« Est-ce que la bière fait vraiment prendre du ventre ? »

Cette question est d’actualité. En effet, une série d’articles vient de paraître sur le sujet et confirme d’autres études antérieures. Je cite quelques extraits :

« Menée par la nutritionniste Kathryn O’Sullivan, l’étude intitulée “Beer & calories, a scientific review”, démontre que la bière est loin d’être aussi calorique qu’on a tendance à l’imaginer.

Pour parvenir à cette conclusion, la nutritionniste et son équipe ont passé au crible les données des nombreuses études scientifiques qui ont déjà été effectuées sur le sujet. Remplacer deux verres de vins quotidiens par deux bouteilles de bière permettrait même de sauver 58 240 calories par an. » (L’échange complet)

Fantomiald. « Est-ce vrai que la quantité de protéines contenues dans une pinte de Guinness est équivalente à celle d’un steak de bœuf ? »

Il y a très peu de protéines et d’amino-acides dans la bière. On se situe volontairement à moins de 0,5 % dans le produit fini, afin d’assurer une bonne tenue de mousse. On sélectionne d’ailleurs des variétés d’orge spécifiques pour le brassage, et un des critères est une teneur modérée en protéines.

Donc, si vous voulez des protéines, mangez du bœuf (et/ou du cheval) ! (L’échange complet)

Agaga. « Comment bien servir une bière ? A quelle température, dans quel verre ? »

Des pintes, flûtes, verres hauts, calices élancés ou larges, verres de cognac, calices de Bourgogne, verres à trappiste, chardons écossais… voire des « pots de confiture ».

Plus sérieusement, il est malgré tout possible de distinguer certains éléments qui influeront sur la dégustation :

  • Un verre aux parois épaisses permettra, s’il a été convenablement refroidi, de conserver plus longtemps la fraîcheur du liquide.
  • Un bon verre à bière voit son diamètre diminuer vers le bas afin de maintenir la hauteur du chapeau de mousse.
  • Un verre dont la forme se resserre vers le haut présente l’avantage de concentrer les odeurs.

Pour ma part, afin d’assurer la reproductibilité des conditions de dégustation, j’emploie toujours le même verre. Il s’agit d’un verre sur pied, assez haut et étroit, qui se resserre vers le haut.

Pour le service de la bière, voici quelques conseils pour une bière de fermentation haute :

  • La température de service variera de 6°C à 15°C selon la puissance gustative (ampleur aromatique) de la bière. Plus la température est élevée, plus une bière aura l’occasion de s’exprimer.
  • Maintenir le verre légèrement penché et commencez à verser le liquide doucement, afin de ne pas remuer la levure éventuellement présente dans le fond de la bouteille. Evitez de faire « glouglouter » la bière. (L’échange complet)

The Corpse Grinders. « Avez-vous goûté la Lubie ? »

Avec plus de 2100 bières françaises différentes dégustées, j’ai goûté les produits de beaucoup des 509 brasseries françaises en activité (voir listing sur Lien).

Mais malheureusement pas encore celles de la brasserie Blondel de Montluçon. Vous trouverez toutes mes fiches de dégustation sur mon site Projet amertume (Lien).

Si vous trouvez une bière qui ne figure pas dans mon listing de dégustation, n’hésitez pas à me contacter. Si je la trouve intéressante, il vous reste à me la faire parvenir par colis postal. Je m’engage bien entendu à vous rembourser l’intégralité des frais.

3èmeàgauche. « Est-ce que les canettes en aluminium donnent un goût à la bière ? »

Non, les procédés actuels d’enrobage intérieur ont bien évolués et le contact avec le métal n’est plus possible.

Seules des bières pasteurisées peuvent cependant être conditionnées en canettes métalliques, ce qui exclut la quasi-totalité des bières artisanales.

Mais la canette métallique a aussi ses avantages. Elle protège la bière de l’oxydation et de la lumière, qui sont deux éléments pouvant avoir une influence négative sur les caractéristiques organoleptiques du produit. (L’échange complet)

Resume. « Est-il vrai que la bière procure les même effets (dans une moindre mesure) que le cannabis ? »

Le houblon est une plante grimpante dioïque appartenant en effet à la famille du chanvre, ce qui signifie qu’elle possède une inflorescence mâle et femelle.

Ce sont néanmoins les cônes femelles de houblon qui sont employés dans la fabrication de la bière. Il est plutôt rare d’observer des cônes mâles dans des bières, sauf dans quelques bières anglaises.

Pour la petite histoire, plusieurs brasseurs français ont dans leur gamme des bières au chanvre. Le chanvre donne à la bière des arômes spécifiques, légèrement acidulés et une bonne longueur en bouche. Le chanvre utilisé est cependant très contrôlé quant à son taux de THC qui doit être inférieur à 0,2%.

Donc, la bière ne procure pas vraiment les mêmes effets. (L’échange complet)

Hurz. « La Kanterbrau est-elle meilleure que la Kronenbourg ? »

Mes compétences se limitent à la bière, produit agricole (eau, céréales, houblon, levure) noble et complexe, qui ne subit pas de pasteurisation et le plus souvent pas de filtration. Je ne peux donc pas vous répondre concernant ces deux produits.
(L’échange complet)

Dave_Grabo. « Où et à quel prix peut-on acheter du matériel pour brasser la bière ? »

Vous pouvez commencer par Brouwland, un des plus gros fournisseurs européens de matériel de brassage amateur. Le prix des kits varie de 35€ à 570€.

Le kit SUPERIOR BASE contient tout ce qu’il faut pour brasser à partir de malt : moulin à malt, cuve, densimètre, sacs de houblon entre autres.

En France, il y a aussi Bières du Monde et Le Bon Plan.
(L’échange complet)

Racaille la Rouge. « Les bières pression sont excellentes en Belgique et en Hollande mais très médiocres en France. Cela viendrait d’une négligence dans le nettoyage quotidien des fûts. Qu’en pensez-vous ? »

C’est malheureusement la vérité. L’entretien des tirages pression est souvent déplorable : absence de rincage des tuyaux lors du changement de fût, nettoyage peu fréquent de l’intérieur des tuyaux (sanitation).

Mais c’est aussi une histoire de service correct de la bière à la pression. C’est aux brasseurs, aux distributeurs et aux pouvoirs publics de se mobiliser pour atteindre un tel objectif.

En Belgique, il existe une formation de « Maître Serveur de Bière ». Et cela est bien utile pour tout le monde, car les études montrent qu’un cafetier ayant suivi ce cours pouvait voir sa rentabilité grimper de 10 à 20 % (source : Sven Gatz, Directeur de la fédération des Brasseurs belges)
(L’échange complet)

  • 18714 visites
  • 151 réactions
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  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 13h01 le 15/02/2013
    • 49273
      Petit agité

    Comment expliquez-vous que les peuples qui boivent de la bière sont des barbares incultes alors que ceux qui boivent du vin sont subtils et raffinés ?

    Merci.

    • The Corpse Grinders
      The Corpse Grinders répond à Deamon7
      Cannibale Furax
      • Posté à 13h11 le 15/02/2013
      • 183627
        Cannibale Furax

      C’est vrai que les Belges sont connus pour avoir envahi et massacré de nombreux voisins.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à The Corpse Grinders
        Petit agité
        • Posté à 13h14 le 15/02/2013
        • 49273
          Petit agité

        Et les Romains des barbares qui ont colonisés des esthètes.

         4 autres commentaires
      • Tassin
        Tassin répond à The Corpse Grinders
        Inquiet
        • Posté à 14h04 le 15/02/2013
        • Internaute 70606
          Inquiet

        Jamais entendu parlé du Congo Belge et de Leopold II notamment ?

         
        • The Corpse Grinders
          The Corpse Grinders répond à Tassin
          Cannibale Furax
          • Posté à 14h05 le 15/02/2013
          • 183627
            Cannibale Furax

          Pas faux, mais je parlais des voisins là ; -)

        • Deamon7
          Deamon7 répond à Tassin
          Petit agité
          • Posté à 09h47 le 18/02/2013
          • 49273
            Petit agité

          Vous allez rire ils viennent de m’envoyer un email pour m’expliquer que la réponse que je vous faisais était très vilaine et que j’allais devoir cesser les commentaires hors-charte.

        2 autres commentaires
      • Tmal
        Tmal répond à The Corpse Grinders
        Parti rider...
        • Posté à 15h19 le 15/02/2013
        • Internaute 112672
          Parti rider...

        Création du royaume de Belgique : 1830. Laissez leur un peu le temps ! ! !

    • Cataphractaire
      Cataphractaire répond à Deamon7
      Keodedour ar bed
      • Posté à 13h32 le 15/02/2013
      • Internaute 58787
        Keodedour ar bed

      Ce sont les gagnants qui font l’histoire. C’est eux qui peuvent dire que leurs ennemis vaincus ne sont ni esthètes ni raffinés.

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à Deamon7
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 14h46 le 15/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Si des gens subtils et raffinés n’avaient pas détruit tant d’abbayes en Belgique (et ailleurs) à l’époque de la Révolution française, il y aurait encore plus de bière d’abbaye produites actuellement

    • Thomas L
      Thomas L répond à Deamon7
      Ours misanthrope
      • Posté à 15h08 le 15/02/2013
      • Internaute 139889
        Ours misanthrope

      C’est pas faux.
      Il est toujours de bon ton en société d’aimer le vin, de l’apprécier et de faire des longues discussions sur le tanin et les arômes de fruits rouges.

      Tandis que l’amateur de bière sera toujours un rustre, un campagnard voire un pochtron incapable d’apprécier les bonnes choses.

      Pourquoi au resto, on nous propose la carte des vins ? On peux faire tout un repas avec différentes bières, et quand je parle d’un repas à la bière, on me regarde limite avec dégoût...

    • Tmal
      Tmal répond à Deamon7
      Parti rider...
      • Posté à 15h26 le 15/02/2013
      • Internaute 112672
        Parti rider...

      Parce qu’en France on s’imagine que la bière c’est de la kro ou à la rigueur de la leffe ?

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à Deamon7
      sociopathe
      • Posté à 17h40 le 15/02/2013
      • Internaute 81504
        sociopathe

      Horum omnium fortissimi sunt Belgae

      • Deamon7
        Deamon7 répond à psych0Dad
        Petit agité
        • Posté à 03h27 le 17/02/2013
        • 49273
          Petit agité

        Je me doutais bien que vous alliez rappliquer vous.

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 13h01 le 15/02/2013
    • 49273
      Petit agité

    Comment on fait les bulles ?

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à Deamon7
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 13h18 le 15/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Les bulles dont vous parlez sont liées à l’effervescence.
      En dégustation, nous utilisons nos cinq sens. L’effervescence met en œuvre le toucher, car elle influe sur le contact de la bière dans la bouche qui est d’ordre physique, c’est-à-dire tactile.
      L’effervescence se traduit par une sensation de picotement perçue en bouche, liée à la désaturation du liquide en gaz carbonique (CO2). Ce gaz carbonique est apparu lors de la fermentation et de la garde. Le CO2 se libère en partie lorsqu’on verse le liquide dans le verre, entraînant la formation de mousse. Le CO2 dissout résiduel constitue alors la base de l’effervescence ou pétillance de la bière.
      L’effervescence d’une bière est fortement liée au style de bière. Ainsi, il est normal pour un lambic (bière de fermentation spontanée, vieille en fûts durant plusieurs années et typique de la vallée de la Senne, en Belgique) ou la plupart des ales britanniques d’avoir une effervescence quasi-nulle. Par contre, une bonne effervescence est une caractéristique d’une pils.
      Une effervescence trop importante est souvent liée à un ajout excessif de sucre lors de l’embouteillage. Ce sucre résiduel aura en effet pour fonction de permettre aux levures de continuer à se nourrir, et donc de produire de l’alcool et du gaz carbonique.
      On observe parfois la formation de grosses bulles qui se fixent aux parois du verre. Le plus souvent, ce phénomène est lié à un mauvais nettoyage du verre à bière. Parfois, cela peut également être le résultat d’une sursaturation en gaz carbonique.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à Emmanuel Gillard
        Petit agité
        • Posté à 13h28 le 15/02/2013
        • 49273
          Petit agité

        Merci pour tous ces détails.

        J’ai une autre question si vous voulez bien. Y a-t-il une seule bière correcte disponible facilement dans le commerce ou bien on est obligé d’aller chez des spécialistes ? Non sans rire, quand on prend une bière dans un resto allemand, on a l’impression que toutes celles qu’on avait bues avant n’en étaient pas, pourtant il doit bien y avoir un créneau à exploiter pour les grands groupes ? Ou est-ce parce que ça demande une méthode de fabrication qui ne peut pas s’accommoder d’une production industrielle ?

         
        • Gibert Because-Youno
          Gibert Because-Youno répond à Deamon7
          Kaléïdoscopique
          • Posté à 14h04 le 15/02/2013
          • Internaute 68955
            Kaléïdoscopique

          Il y a de plus en plus de bonnes bières artisanales, disponibles dans le commerce. Après, ça dépend grandement de votre localisation géographique. Plus vous vous rapprochez du nord ou de l’est, et plus le choix est grand. Lorsque vous vous rapprochez de Marseille ou de Perpignan, là, bon, ben...

          Après, c’est sûr, qu’on est encore loin des belges ou des allemands - à la fois niveau qualité, et prix bordel de merde. En disant cela, je suis pris d’une terrible nostalgie de Bruxelles et Berlin d’un seul coup.

          • Deamon7
            Deamon7 répond à Gibert Because-Youno
            Petit agité
            • Posté à 14h10 le 15/02/2013
            • 49273
              Petit agité

            Dans ce cas j’ai peur que ce soit un peu tendu pour moi niveau localisation géographique.

            • Gibert Because-Youno
              Gibert Because-Youno répond à Deamon7
              Kaléïdoscopique
              • Posté à 14h15 le 15/02/2013
              • Internaute 68955
                Kaléïdoscopique

              En même temps, attendez la réponse de l’expert, sait-on jamais. Il connaît peut-être quelques pépites occitanes... Quand je descends vers le sud, j’ai tendance à basculer au pastis et au vin, je deviens moins attentif à la bière.

              • Emmanuel Gillard
                Emmanuel Gillard répond à Gibert Because-Youno
                Auteur(e) de l'article Biérologue
                • Posté à 16h01 le 16/02/2013
                • Internaute 198489
                  Biérologue

                Voici une carte de France des brasseries françaises : Lien
                Vous constaterez que le sud n’est pas en reste, même si c’est l’est qui rafle dorénavant la mise, en particulier Rhône-Alpes avec 85 microbrasseries.
                Dans le sud, je conseille tout particulièrement la brasserie des Garrigues (Sommières, Gard).
                Et puis, si vous n’avez pas (encore) la chance d’avoir une microbrasserie à proximité de chez vous, vous pouvez commander des bières françaises sur internet sur les sites suivants : Saveur Bière (Lien), Au Nom de la Bière (Lien), Brouette de Bières (Lien), L’Empire du Malt (Lien), Arti-Bières (Lien),...

        4 autres commentaires
  • Edeon
    Edeon
    I'm the King, the King of (...)
    • Posté à 13h03 le 15/02/2013
    • Internaute 89424
      I'm the King, the King of (...)

    Souvent après une soirée passé à boire de la bière, je perds la raison (ou la raison me trouve c’est selon), je ne me souviens plus de tout et me dit « plus jamais ». Cependant malgré ces bons sentiments le problème revient souvent.

    Ma question est donc la suivante : en soirée la bière me fait perdre la mémoire soit, mais la bière à-t-elle également un effet retardateur me faisant oublier mes hypothétiques résolutions du lendemain ?

  • Agaga
    Agaga
    hu
    • Posté à 13h06 le 15/02/2013
    • Internaute 187012
      hu

    Amateur de bière également j’aurai beaucoup de questions à vous poser là dessus :
    - Que pensez-vous de la « taxe bière » prévue par l’actuelle gouvernement et qui prévoit de taxer la production plutôt que la vente ? Cela ne risque pas de nuire aux petits brasseurs ?
    - On voit fleurir bon nombre de micro-brasseries qui ont de bonnes idées pour de nouvelles bières mais qui ont bien souvent du mal a assurer une qualité stable pour leur différent brassins, d’après votre connaissance comment allier micro-brasserie avec suivi qualité ?
    - Chaque pays (région) à ses habitudes et préférences, pouvez-vous dresser un portrait des goût en matière de bière en France et dans les pays voisins ?
    - Bière pression ou bière bouteille, y-a-t’il un moyen de connaître quel format est le plus avantageux pour la bière (en terme de goût) ?
    - Comment bien servir une bière ? A quelle température, dans quel verre ?

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à Agaga
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 14h34 le 15/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Comment bien servir une bière ? A quelle température, dans quel verre ?

      Des pintes, flûtes, verres hauts, calices élancés ou larges, verres de cognac, calices de Bourgogne, verres à trappiste, chardons écossais,… voire même des « pots de confiture ». L’assortiment de verres de bière est très étendu.
      Plus sérieusement, il est malgré tout possible de distinguer certains éléments qui influeront sur la dégustation :
      - un verre aux parois épaisses permettra, s’il a été convenablement refroidi, de conserver plus longtemps la fraîcheur du liquide (ex : blanches belges type « Hoegaarden »). Si le verre ne peut pas être refroidi, il convient d’en choisir un qui dispose de fines parois,
      - un verre à pied, s’il est tenu correctement, évitera le réchauffement de la bière par la chaleur de la main,
      - les verres ne disposant pas de pied sont souvent striés à la base. On réduit ainsi la surface de contact entre la main et le verre, ce qui permet à la bière de maintenir plus longtemps sa température,
      - la surface de contact de l’air avec la bière déterminera la vitesse d’oxydation de cette dernière. De ce fait, un verre de type « flute » protégera mieux qu’un verre de type « calice ». Néanmoins, certaines bières puissantes, protégées durablement de l’oxydation par leur mousse, peuvent se permettre l’usage d’un verre calice,
      - un bon verre à bière voit son diamètre diminuer vers le bas afin de maintenir la hauteur du chapeau de mousse,
      - un verre dont la forme se resserre vers le haut présente l’avantage de concentrer les odeurs,
      - enfin, un verre de plus petit contenance présente deux avantages : celui de renouveler plus fréquemment le contenu et donc de limiter son oxydation et celui d’éviter l’ajout de la levure résiduelle qui peut se trouver dans le fond de la bouteille, ce qui n’est pas toujours opportun pour certaines bières
      Pour ma part, afin d’assurer la reproductibilité des conditions de dégustation, j’emploie toujours le même verre. Il s’agit d’un verre sur pied, assez haut et étroit, qui se resserre vers le haut.

      Plus que le choix du verre, l’entretien de ce dernier est réellement important. Ennemi public numéro 1 : la graisse. Il est donc indispensable de conserver les verres en dehors de la cuisine, même s’ils sont enfermés dans une armoire. La graisse finira tôt ou tard par les enduire et les rendra inutilisables.
      De la même manière, les verres de bière ne peuvent être placés dans le lave-vaisselle avec le reste, car des traces de graisses émanant de tasses et d’assiettes pourraient s’y fixer.
      Les verres seront stockés en les posant à l’envers, pour les protéger de la poussière.

      Pour le service de la bière, voici quelques conseils pour une bière de fermentation haute :
      - Le verre employé sera sec, à température ambiante.
      - La température de service variera de 6°C à 15°C selon la puissance gustative (ampleur aromatique) de la bière. Si on ne la connaît pas, il suffit de se référer au pourcentage d’alcool en volume (mention obligatoire en Europe). Plus la température est élevée, plus une bière aura l’occasion de s’exprimer… et de montrer ses éventuels défauts.
      - Maintenir le verre légèrement penché et commencez à verser le liquide doucement, afin de ne pas remuer la levure éventuellement présente dans le fond de la bouteille. Evitez de faire « glouglouter » la bière.
      - Lorsqu’on arrive à la moitié du contenu du verre, redressez celui-ci verticalement et écartez (10cm maximum) la bouteille du verre afin de favoriser la formation de la mousse. Moins la bière produit de mousse, plus il sera nécessaire d’écarter le verre.
      - La mousse et le liquide ne doivent en aucun cas déborder.
      - Laissez dans la bouteille un à deux centimètres de liquide. On évite ainsi de mélanger la levure résiduelle avec la bière déjà servie. A la fin de la dégustation, vous pourrez secouer légèrement le fond de la bouteille avant de le déguster. Vous remarquerez alors à quel point la levure influe sur le goût. D’une manière générale, la présence de levure rend plus difficile l’identification des goûts constitutifs de la bière.
      - Présentez la bière au dégustateur en la posant sur un sous-bock, le verre étant orienté de manière à distinguer la marque de la bière. La bouteille accompagnée du fond de levure sera posée à côté du verre.

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à Agaga
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 10h58 le 16/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Que pensez-vous de la « taxe bière » prévue par l’actuel gouvernement et qui prévoit de taxer la production plutôt que la vente ? Cela ne risque pas de nuire aux petits brasseurs ?

      La hausse des droits d’accises sur la bière de 160% est en application depuis le 1er janvier 2013.
      Cette taxe est injuste pour plusieurs raisons :
      - Les accises vont ainsi représenter environ 480 millions d’euros pour un secteur qui réalise un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros !
      - Le montant de la taxe s’élève à 3,60 euros par degré et par hectolitre. A titre de comparaison, la taxe pour les vins tranquilles (non mousseux) s’élève à 3,60 euros par hectolitre, indépendamment du degré d’alcool. Une bière à 7% alc. Vol. est donc sept fois plus taxée qu’un vin à 12% alc. Vol. Pourtant, en 2008 (source : Brasseurs de France), sur 10,5 litres d’alcool pur consommé par an et par habitant, 59% proviennent du vin, 25% des spiritueux et seulement 16% de la bière.
      - La hausse de la taxe est de 160% pour les petites brasseries (moins de 10.000hl) et les grandes brasseries (plus de 200.000hl) alors même qu’elle est de 120% pour les brasseries produisant entre 10.000 et 50.000hl et de 75% pour celles entre 50.000 et 200.000hl. Ce qui revient à taxer de manière plus importante les quelques 450 microbrasseries disséminées sur l’ensemble du territoire, le plus souvent des entreprises individuelles et artisanales qui brassent des produits de qualité sans avoir les mêmes moyens que les gros industriels.
      En synthèse, tout ceci traduit la mauvaise image que la bière véhicule encore en France, même si les sondages annuels montrent que celle-ci s’améliore lentement. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir mais ceci ne fera que retarder l’essor inévitable de la bière artisanale en France dont je suis persuadé que le nombre d’unités de production flirtera avec les 1000 brasseries d’ici quelques années

  • Percy Schramm
    Percy Schramm
    Reaktionär
    • Posté à 13h07 le 15/02/2013
    • Internaute 190966
      Reaktionär

    A quoi reconnait-on une bière de qualité (mousse, couleur, goût...) et quelles sont les meilleurs conditions pour la déguster (température du breuvage, forme du verre) ?
    Vivant en Allemagne, auriez-vous des coups de coeur pour des bières de ce côté du Rhin où vous me diriez qu’il n’y a pas vraiment de bières supérieures aux autres, que tout est une histoire de goût ?

    Merci.

    • Pivar
      Pivar répond à Percy Schramm
      Pyropygiste
      • Posté à 15h02 le 15/02/2013
      • Internaute 160918
        Pyropygiste

      Personnellement, même si j’apprécie les bières allemandes, je pense que rien ne vaut les bières belges. Obsédés par la « pureté » de la bière (par exemple un édit de Bavière limitait les ingrédients au houblon, malt d’orge et eau), nos voisins teutons manquent d’imagination. En Belgique, c’est un festival, avec la Chimay, la Tripel Karmeliet ou encore la Kwak...

      En tout cas, il y a bien des bières supérieures à d’autre, on ne me fera pas boire de la 33 Export.

      • Percy Schramm
        Percy Schramm répond à Pivar
        Reaktionär
        • Posté à 15h10 le 15/02/2013
        • Internaute 190966
          Reaktionär

        Il est vrai que des amis amateurs de bière aiment les belges... mais je reste attaché à la bière allemande, surtout que j’ai la possibilité d’en boire dans des tavernes qui font leur propre bière (c’est sans doute subjectif, mais de le savoir ca la rend divinement bonne...).

         
        • beaulande
          beaulande répond à Percy Schramm
          Des nuées de sens
          • Posté à 19h08 le 15/02/2013
          • Internaute 115981
            Des nuées de sens

          Perso en tant qu’ancien brasseur, rien ne vaut les bières anglaises, les belges sont trop alcoolisées à mon goût.
          En passant par la CAMRA on peut gouter des merveilles.

        1 autres commentaires
      • simla
        simla répond à Pivar
        desperate housewife
        • Posté à 04h18 le 16/02/2013
        • Internaute 164811
          desperate housewife

        C’est vrai. Il y a des différences importantes entre les bières.

        En Australie, ils en ont de l’excellente et les pubs qui vont avec.

        En Nouvelle Calédonie, on a la « Number one » très bonne.

  • The Corpse Grinders
    The Corpse Grinders
    Cannibale Furax
    • Posté à 13h10 le 15/02/2013
    • 183627
      Cannibale Furax

    Avez-vous goûté celle-là. ?

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à The Corpse Grinders
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 13h51 le 15/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Avec plus de 2100 bières françaises différentes dégustées, j’ai goûté les produits de beaucoup des 509 brasseries françaises en activité (voir listing sur Lien).
      Mais malheureusement pas encore celles de la brasserie Blondel de Montluçon.
      Vous trouverez toutes mes fiches de dégustation sur mon site Projet amertume (Lien).
      Si vous trouvez une bière qui ne figure pas dans mon listing de dégustation, n’hésitez pas à me contacter. Si je la trouve intéressante, il vous reste à me la faire parvenir par colis postal. Je m’engage bien entendu à vous rembourser l’intégralité des frais.

  • 3èmeàgauche
    3èmeàgauche
    Expatrié
    • Posté à 13h13 le 15/02/2013
    • Internaute 86345
      Expatrié

    Est-ce que les canettes en aluminium donnent un goût à la bière ?

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à 3èmeàgauche
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 13h26 le 15/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Non, les procédés actuels d’enrobage intérieur ont bien évolués et le contact avec le métal n’est plus possible.
      Seules des bières pasteurisées peuvent cependant être conditionnées en canettes métalliques, ce qui exclut la quasi-totalité des bières artisanales. En effet, pour une bière vivante, on ajoute du sucre lors du conditionnement du produit. Ce sucre est destiné à permettre une prise de mousse naturelle par l’action des levures résiduelles qui transforment le sucre en alcool et en gaz carbonique. Ceci ferait donc augmenter la pression à l’intérieur de la canette métallique qui se déformerait.
      Mais la canette métallique a aussi ses avantages. Elle protège la bière de l’oxydation et de la lumière, qui sont deux éléments pouvant avoir une influence négative sur les caractéristiques organoleptiques du produit.

  • Hurz
    Hurz
    -
    • Posté à 13h18 le 15/02/2013
    • Internaute 110884
      -

    La Kanterbrau est-elle meilleure que la Kronenbourg ?

    • a déménagé 23-04-2013
      a déménagé 23-04-2013 répond à Hurz
      non connue
      • Posté à 13h27 le 15/02/2013
      • 169677
        non connue

      Oui si c’est la Kanterbrau aux 2 céréales. ;)

    • Emmanuel Gillard
      Emmanuel Gillard répond à Hurz
      Auteur(e) de l'article Biérologue
      • Posté à 21h48 le 18/02/2013
      • Internaute 198489
        Biérologue

      Je suis désolé, mes compétences se limitent à la bière, produit agricole (eau, céréales, houblon, levure) noble et complexe, qui ne subit pas de pasteurisation et le plus souvent pas de filtration. C’est ce qui autorise une prise de mousse naturelle et une évolutivité du goût, en particulier grâce aux levures résiduelles présentes dans le fond de la bouteille.
      Je ne peux donc pas vous répondre concernant ces deux produits.

  • firefly
    firefly
    Corvéable à merci...
    • Posté à 13h18 le 15/02/2013
    • Internaute 22885
      Corvéable à merci...

    Comment fait on des bières qui atteignent 15% d’alcool voir plus ?

    Comment fait on une bière light ? (pas sans alcool, light)

    • a déménagé 23-04-2013
      a déménagé 23-04-2013 répond à firefly
      non connue
      • Posté à 13h31 le 15/02/2013
      • 169677
        non connue

      Pour les bières dépassant les 12-13°, c’est en général par concentration. La célèbre brasserie écossaise brew dog utilise par exemple la différence de température de congélation entre l’eau et l’éthanol. L’eau gèle, mais pas l’alcool. En retirant de la glace, on retire de l’eau, et on concentre donc en alcool.

    • beaulande
      beaulande répond à firefly
      Des nuées de sens
      • Posté à 19h12 le 15/02/2013
      • Internaute 115981
        Des nuées de sens

      Pour les bières fortes, se sont des levures spécifiques ayant un bon pouvoir alccogène et une bonne résistance à l’alcool. Ça coûte moins cher que la concentration, mais il faut beaucoup plus de malt blond.

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