Mariage gay : les treize députés qui ont explosé
Le projet de loi a été adopté ce mardi par l’Assemblée par une large majorité. Portrait des treize élus qui sont devenus des stars lors des deux semaines de débat.
Le projet de loi a été adopté à 17 heures par 329 voix contre 229 et 10 abstentions. On compte quelques votes à contre-courant. Quatre socialistes ont voté contre (Bernadette Laclais, Jérôme Lambert, Patrick Lebreton, Gabrielle Louis Carabin), tout comme l’UDI Jean-Louis Borloo – mais il jure s’être trompé de bouton. A l’UMP, on compte trois votes pour : Benoist Apparu et Franck Riester, qui avaient prévenu, et Dominique Tian, qui a beaucoup bataillé contre le texte. Une erreur, là encore. On note aussi, à l’UMP, cinq abstentions : Nicole Ameline, NKM, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire et Edouard Philippe.
Les deux semaines de discussions qui ont précédé ce vote sont impossibles à résumer.
Chaque camp s’est figé sur ses positions puis tout n’a été qu’obstruction et lutte contre le temps, donnant à voir un spectacle anachronique. Claude Bartolone lui-même a convenu qu’il était urgent de se pencher sur les règles de fonctionnement de cette Assemblée qu’il préside. Vœu pieux ? Les combattants du Pacs se souviennent d’une résolution similaire prise par le président de l’époque, Laurent Fabius...
Personnages familiers
Christiane Taubira est devenue l’idole des partisans du « mariage pour tous ». Dominique Bertinotti a survécu à son baptême du feu. Hervé Mariton est devenu une star. Henri Guaino s’est cramé. Bizuté par la droite, le rapporteur du texte, Erwann Binet, a fini par s’imposer. Quant à Jean-Jacques Urvoas, le président de la Commission des Lois, il a confirmé qu’il était un guérillero de la procédure. Voilà pour les têtes d’affiche attendues.
Et puis il y a les révélations : des inconnus que l’on découvre, et des connus que l’on redécouvre. Pour ceux qui ont suivi les débats le jour et/ou la nuit, ils sont devenus des personnages familiers. Pour les autres, voici leurs portraits « en séance » – ce à quoi ne se réduit sans doute pas leur personnalité.
- Marc Le Fur (UMP), l’ami de la belle-mère
- Sergio Coronado (EELV), tellement gay
- Julien Aubert (UMP), le « nain réac »
- Annie Genevard (UMP), The Voice
- Nicolas Dhuicq (UMP), Psy-Show
- Bays et Galut (PS), tout feu tout flamme
- Catherine Vautrin (UMP), « la mère Noël »
- Olivier Dussopt (PS), piano-piano
- Laurent Wauquiez (UMP), néo-voyou
- Poisson et Gosselin (UMP), épiscopaux
- Marie-George Buffet (PCF), sans couteau
Quand il parle, c’est la couleur qui étonne. Sa diction évoque volontiers les films en noir et blanc. Teint rose-poupon, tonsure de moine publicitaire, il effectue des moulinets du poignet que n’aurait pas renié Michel Serrault dans « La Cage aux folles ». Capable de lire Paris Match au micro, de demander à intervenir pour annoncer que « L’Allemagne bat la France 2-1 » au foot, il est très cabot et serait formidable en one-man show sur les grands boulevards.
Mais c’est aussi, à droite, celui qui semble le plus intimement habité par le combat contre l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.
Quand, les derniers jours de débat, l’Assemblée entière semblait consciente de s’enfoncer dans des abîmes d’absurdité, Marc Le Fur continuait à batailler comme au premier jour, accusant la gauche de « nationaliser les enfants » parce qu’elle n’est « plus en mesure de nationaliser des biens », invitant ses collègues à « écouter la France profonde », s’interrogeant sur le nom à rallonge que créerait la mariage d’un Français d’origine portugaise avec un rejeton de vieille noblesse (« Pour un peu, c’est plus un nom, c’est une valise ! ») ou disant sa fierté « d’appartenir au même groupe que David Douillet qui a porté les couleurs de la France au moment où d’autres militaient pour l’indépendance de la Guyane ».
« La belle-mère disparaît ! »
A plusieurs reprises, d’ailleurs, il a rappelé à Christiane Taubira que la droite avait une dette envers elle – allusion lourdaude à l’élimination de Lionel Jospin en 2002.
Le 5 février, il a sonné l’alarme :
« Je souhaite convoquer les mânes de Courteline, Feydeau, Labiche et Guitry. En transformant l’article 206, mes chers collègues, vous supprimez la belle-mère ! Vous supprimez un personnage essentiel de leur théâtre ! Vous portez un coup terrible au théâtre de boulevard ! La belle-mère disparaît ! »
Très content de sa vanne, il l’a abondamment resservie et a assuré qu’il croulait depuis sous les « messages de soutien des intermittents du spectacle ».
-
Sur Rue89Mariage homo : tous accros au direct de l’Assemblée -
Sur Rue89Moi, mon fils homo, ma PMA : confessions intimes à l’Assemblée -
Sur Rue89« Faire famille », disent-ils... -
Sur Rue89« La droite la plus ringarde du monde » ? -
Sur Rue89Mariage gay : « Mes électeurs me disent : on te voit jamais à la télé » -
Sur Rue89Hervé Mariton : un troll à l’Assemblée -
Sur Rue89Le mariage gay, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres -
Sur Rue89Robe de chambre et sudoku : la vie au palais Bourbon pendant le débat -
Sur Rue89Ne dites plus « homophobe », dites « homosceptique » -
Sur Rue89Guaino, la nouvelle Boutin du mariage homo - Sur rue89.comTous nos articles sur le mariage homosexuel
- 121111 visites
- 136 réactions












19

Wouaooouh!
Wouaooouh!
« Christiane Taubira, l’idole des partisans du mariage pour tous » d’après l’auteur de l’article : Non !
Christiane Taubira n’est pas une idole et ne peut être réduite à la Loi sur le mariage pour tous
. C’est une formidable ministre bien à sa place actuellement, et sa place c’est la JUSTICE ! !
Il y a encore fort à faire, notamment concernant la pénitentiaire, réformes à venir.
Souhaitons-lui force et courage.
Quant aux autres : des pantins.




Partager