Ma jeune cliente, victime de viol, a voulu protéger ses parents
Au tout début de ma carrière, il y a près de trente ans, j’interviens dans une affaire de viol en réunion devant la cour d’assises de Paris. Je représente la victime, mineure au moment des faits, qui s’est constituée partie civile. Elle a été violée par un groupe de cinq ou six jeunes et a subi des actes de torture. Une affaire sordide.
Alain Mikowski, avocat au barreau de Paris, a présidé la commission Libertés et droits de l’Homme du Conseil national des barreaux.
Son témoignage inaugure une série publiée par Rue89, en partenariat avec l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ). Chaque avocat interrogé raconte un souvenir qui a marqué sa carrière.
La jeune fille s’est fait accoster dans le métro Stalingrad à Paris (XIXe arrondissement), vers le canal de l’Ourcq. A l’époque, c’était bien glauque. Des types l’ont emmenée dans une baraque et ont abusé d’elle pendant tout la nuit. On a retrouvé un flingue sous un lit.
Il faut bien comprendre que les dossiers de viol, à l’époque, ne bénéficiaient pas du même traitement qu’aujourd’hui. Pendant tout le procès, l’atmosphère est très pesante. La salle est remplie de copains des accusés. Le président n’est pas particulièrement délicat.
« Elle voulait gérer l’affaire absolument seule »
Nous avions caché la réalité de l’affaire à ses parents, qui l’auraient très mal vécue. Mineure au moment des faits, elle avait pourtant besoin d’eux pour se constituer partie civile. Avec la complicité du juge d’instruction, nous avons fait croire à ses parents qu’il s’agissait d’une simple affaire d’agression physique.
Ils ne savaient pas que leur fille, devenue majeure au moment du procès, avait été victime d’un viol. Elle voulait gérer l’affaire absolument seule, pour protéger ses parents. Pensant à quelque chose de moins grave, ils ne sont pas venus. D’ailleurs, ils ne devaient même pas savoir que le procès avait lieu aux assises.
C’est la personnalité de ma cliente, très jeune à l’époque, qui m’a marqué. Contrairement à la majorité des victimes de viol, elle avait refusé que l’audience se passe à huis clos. Elle voulait donner une exemplarité à l’affaire. J’ai été très impressionné par son caractère et son courage. D’ailleurs, je la vois toujours, trente ans après l’affaire. Elle m’envoie un petit mot, me téléphone de temps en temps.
Dans cette affaire, j’ai succédé à un confrère qui s’en était occupé pendant l’instruction. Je suis arrivé tout à la fin de la procédure, juste pour plaider aux assises, sans grande expérience. La presse, très présente, avait été frappée par le refus du huis clos ; encore aujourd’hui, c’est très rare. Finalement, les agresseurs ont été condamnés.
Propos recueillis par Michaël Bloch
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Ami de Crackity Jones
Ami de Crackity Jones
Je top votre tribune parce que je la trouve gonflée, faut oser...
« Nous avions caché la réalité de l’affaire à ses parents, qui l’auraient très mal vécue »
Et vous n’avez pas honte ? Vous pensez donc que cette jeune fille, mineure en plus donc légalement non responsable de ses actes (vous comprenez ce que ça veut dire au moins ?), prenait la bonne décision de ne pas en parler à ses parents ? Et vous mentez dans ce sens contre elle (pour ma part) et contre ses parents finalement, car on sait tous pertinnement que la véritéfinira toujours pas se savoir un jour ou l’autre...
Franchement je trouve votre comportement particulièrement critiquable, vous n’êtes pas Dieu, vous ne savez pas ce qui est bon pour des gens qui ont vécu une histoire totalement différente de la votre et ont donc une analyse et pensée tout autre.
Cette jeune femme était victime d’un viol, vous avez couvert le crime, je ne vous félicite vraiment pas et qu’on ne me censure pas je vous prei, quand on écrit des tribunes on fait attention à ce qu’on met dessus...




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