« Christian Jacob, vous auriez pu me traiter de pédé ! »
Retour de dîner à l’Assemblée. Les députés regagnent tranquillement leur place. Les socialistes, arrivés les premiers, chantonnent « Mais ils sont où ? Mais ils sont où les UMP ? » Patrick Ollier (UMP) s’approche, badin, de Christiane Taubira. Bernard Roman (PS) vanne Hervé Mariton (UMP) sur son total look parme (il est daltonien) :
« Si tu te changes pas demain, ça va se voir. »
Un peu plus haut, une députée socialiste entame un nouveau sudoku. Une autre planque son Elle sous Le Monde. A la tribune du public, la femme d’Alain Vidalies couve des yeux son ministre de mari.
L’atmosphère est légère.
Le président Bartolone déclare la séance ouverte et l’air se recharge aussitôt d’électricité.
A 22 heures, Sergio Coronado (EELV) prend la parole. Il souhaite revenir sur un incident intervenu avant l’interruption de séance. Christian Jacob, le patron du groupe UMP, avait qualifié une de ses prestations d’hystérique. Le mot lui est resté en travers de la gorge.
Il explique qu’il a cherché, tout au long de la pause, à comprendre pourquoi Christian Jacob avait choisi ce terme.
Il s’est souvenu, dit-il, que le mot avait été employé pour dénigrer les suffragettes, Simone de Beauvoir puis les 343 salopes.
Or, pose-t-il, « je ne suis ni une suffragette, ni Beauvoir, ni une femme réclamant la légalisation de l’avortement ».
Alors il a continué à chercher. Et s’est souvenu qu’au XIXe siècle, dans la foulée des travaux de Charcot, « il servait à qualifier toutes les femmes, et une catégorie très particulière d’hommes, les invertis ». Il marque une pause et lance à son adversaire :
« Cher Christian Jacob, vous auriez pu être plus franc et, comme dans les cours d’école, me traiter de pédé. Je tiens à vous rassurer : j’assume et je suis fier. Je n’ai pas envie de raser les murs malgré vos injures ! »
- 56069 visites
- 100 réactions











6

Etudiant. Si si, pour de vrai.
Etudiant. Si si, pour de vrai.
La première partie de cet article illustre une réalité que beaucoup oublient, probablement à cause de la passion engendrée par le débat sur le mariage homo.
Et cette réalité est que pour la plupart des députés (et sénateurs), cette question n’est ni plus ni moins importante que les autres.
Oui, elle est cruciale pour les états-major des grands partis qui comptent capitaliser sur l’issue du processus. D’où les grandes envolées lyriques.
Mais pour le député lambda, c’est juste une journée au bureau. Le ballet (théâtre serait plus proche...) parlementaire se déroule, chacun joue son rôle, et puis voila. Business as usual dans le cocon doré de l’Assemblée
Ah, et hystérique, allusion homophobe ? faut pas pousser mémé dans les orties...




Partager