Solidaires d’une journaliste, des Allemandes « tweetent » contre le sexisme
La journaliste allemande Laura Himmelreich, correspondante politique à Berlin de l’hebdomadaire hambourgeois Stern, n’aurait pas parlé tout de suite.
C’est un an après avoir repoussé les avances de Rainer Brüderle qu’elle aurait finalement décidé de tout dire du comportement sexiste du chef du Parti libéral-démocrate (FDP) au Bundestag, et candidat aux prochaines législatives allemandes.
Laura Himmelreich raconte que son regard s’est posé sur ses seins, avant de dire :
« Vous pouvez remplir une “Dirndl” [robe traditionnelle au décolleté large et plongeant, ndlr]. »
Rainer Brüderle aurait ensuite attrapé sa main pour l’embrasser, et lui aurait demandé de figurer sur son carnet de bal.
Le physique de la ministre de l’Education
La publication du portrait, le 23 janvier, a provoqué une vague de réactions en Allemagne, à la fois dans les médias, la sphère politique (le candidat nie) et sur les réseaux sociaux.
Depuis, sur Twitter, des milliers d’Allemandes s’expriment sur le sexisme sous le hashtag (mot-clé) « #aufschrei » (cri). Des anglophones (« #outcry » en anglais) et des franchophones s’y mettent aussi.
Awesome. #aufschrei made it to coverpage on one major Austrian print newspaper. twitter.com/andreasklinger…
— Andreas Klinger (@andreasklinger) 27 janvier 2013
Dans le Herald Tribune de ce mardi, on peut lire des exemples de témoignages. Dont celui de Su-Shee : elle a mené l’entretien d’embauche d’un jeune homme, qui a fini par demander à voir le vrai boss, « le patron ». Grundun Lux raconte, elle, avoir été rejetée d’un boulot parce qu’elle était en âge d’avoir des enfants.
Le quotidien américain rappelle qu’un célèbre chroniqueur allemand s’est récemment permis de commenter le physique de la ministre de l’Education, Annette Schavan, tout en rappelant son célibat.
L’après-DSK en France
Cette histoire rappelle la dénonciation du sexisme, qui a suivi l’affaire DSK. Après les déclarations sexistes de politiques ou de journalistes comme Jean-François Kahn ( « troussage de domestique »), les organisations féministes et des personnalités s’étaient mobilisées.
Un appel dans le journal Le Monde avait été signé par 1 000 personnes, dont la journaliste Audrey Pulvar, la politique Clémentine Autain ou l’humoriste Florence Foresti.
« Ces propos illustrent l’impunité qui règne dans notre pays quant à l’expression publique d’un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination. »
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Titre et article sexistes. J’ai prévenu la HALDE.




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