Macho men 26/01/2013 à 11h43

Quelques heures avec des hommes violents d’Amérique latine

Gregory Jaquet | henryjaquet.com


Salle principale de l’ONG WEM (Gregory Jaquet)

(De San José, Costa Rica) David a 32 ans, c’est un policier costaricain. Il est sorti de prison il y a trois jours : « J’ai connu la vraie solitude. La prison est devenu mon monde. Je suis resté en cellule vingt-trois heures par jour pendant neuf mois. A la fin, j’avais peur de sortir. »

Dans la salle de séance de l’institut WEM à San Pedro, dans le centre de la ville, ils sont près de 70 à l’écouter. Certains sont là contraints par la justice, dans le cadre de mesures de protection prises après des violences conjugales. D’autres parce que leur épouse ne leur a pas laissé le choix, les menaçant de rupture. D’autres enfin sont de simples volontaires. L’assemblée semble représentative de la société costaricienne.

« Et puis j’ai désobéi »

Making of

Gregory Jaquet, riverain suisse, s’est expatrié en famille au Costa Rica. Il a été inspecteur de police judiciaire durant quatorze ans et a interrompu sa carrière pour partir comme volontaire avec sa compagne et leurs deux petites filles, via une organisation Suisse, Eirene, qui œuvre à la coopération par échanges de personnes entre les pays du Sud et les pays du Nord.

Il est actuellement volontaire à l’institut WEM, une ONG qui prévient la violence contre les femmes en travaillant avec les hommes. Il traite de la masculinité, la sexualité, la vie de famille et les relations de couple. Ce témoignage a été publié sur son blog henryjaquet.com. B.G.

David porte un jean et une veste de training hors d’âge. Il a les cheveux très courts et ne sait pas quoi faire de ses bras devant tout ce monde. Il paraît mal à l’aise. Sa lèvre tremble un peu, ses yeux sont humides.

« Il y a un an, j’ai été violent avec ma femme. J’ai été condamné à neuf mois avec sursis.

Après le jugement, je suis venu à WEM pour participer aux ateliers pour hommes, pour apprendre à gérer ma colère. J’ai fait 45 séances et j’ai compris beaucoup de choses. Et puis j’ai désobéi. J’ai désobéi aux mesures de protection.

Ce que j’ai fait et que je regrette, c’est d’écrire un message à la sœur de ma femme. Un message. Et ils ont ordonné mon arrestation. »

« Devenir meilleurs et renoncer à la violence »


« Nous avons appris à être des hommes », couverture d’un guide à destination des animateurs d’ateliers pour hommes violents

David se tient maintenant comme un policier devant l’assemblée : jambes écartées, mains sur les hanches. Il semble chercher sa ceinture de charge, son pistolet, son étui de menottes, pour prendre la pose. Mais il n’est plus policier.

Il est un homme nu, seul, et il raconte son histoire au groupe d’hommes qui ont choisit de « devenir meilleurs » et de « renoncer à la violence » en participant aux ateliers :

« Dans ma cellule, il y avait un homme qui a pris trente-cinq ans pour avoir tué sa femme. Un assassin. J’ai vécu avec lui vingt-trois heures par jour pendant neuf mois. Avec un assassin. »

David se pince le nez, baisse le regard et marque une pause. Il est ému. L’assemblée est muette. Alvaro Campos, le directeur de WEM qui anime le début de cette séance, s’approche de David et lui met la main sur l’épaule. Il l’encourage à continuer : « Prends ton temps »

David reprend, mais sa voix chevrote : « C’est dur la prison quand on est policier et que les prisonniers le savent. » Nouvelle pause, David sanglote seul. Dans cette salle aux murs verts et aux néons tremblants, il a l’air d’un enfant triste.

Violence de genre et féminicide

Il y a cinq ou six retraités, une vingtaine de personnes entre 40 et 60 ans, vingt entre 30 et 40, et quelques plus jeunes. Des hommes en costume, en tenue de sport, en bleu de travail ou en tenue de ville. Des moustachus, des à lunettes, des ventripotents et des athlètes. Des bien sapés, des dépenaillés. Urbains tout de même, pour la plupart.

Ils se sont adressés à l’institut WEM, qui se propose de redéfinir la masculinité, d’éduquer des hommes nouveaux et de prévenir les violences domestiques.

Les violences intrafamiliales sont problématiques dans toute l’Amérique latine. L’histoire violente (régimes militaires, révolutions et autoritarisme, à tour de rôle) et la tradition patriarcale engendrent des dynasties d’hommes violents. Avec leurs épouses et avec leurs enfants.

La banalisation de la violence, due aux actes connexes, à la circulation de la drogue et aux actions des gangs, est également une cause du recours presque automatique à l’intimidation et à l’exercice de la force. Un excellent article de Manuela Masa pour Itebco.be dresse l’inventaire de la violence endémique et de l’état des meurtres de femmes en Amérique latine. Au Costa Rica, plus de 200 femmes chaque jour s’adressent aux autorités pour dénoncer un mari violent.

Contraints à être puissants, virils, dominants

WEM compte quinze employés, psychologues et travailleurs sociaux et un réseau d’hommes « Red de Hombres » – une cinquantaine de bénévoles – qui s’engage auprès de l’institut pour organiser les activités. Les professionnels ont créé une méthode pour faire travailler les hommes sur leurs valeurs et leurs histoires, et leur proposer de s’engager à être non-violents.

Il s’agit d’aborder le machisme de front. D’expliquer aux hommes par quelle construction sociale ils sont contraints à être puissants, virils, dominants, et à se comporter de manière à le faire savoir.


Logo de WEM

Pour cela, de nombreux ateliers sont organisés. Des séances de groupe comme ce soir, des cours de gestion de la colère, de gestion de la séparation matrimoniale, des cours pour apprendre à être un bon père, des séances pour discuter de la masculinité et du rôle de l’homme...


Affiche de WEM

En outre, l’institut propose des ateliers destinés aux adolescents et aux jeunes hommes, qui sont invités à se pencher durant des séances d’une journée sur leurs rôles, sur la question de l’égalité et de la prévention de la violence contre les femmes.

L’assistance est impressionnante : lors de ma dernière visite à une séance de groupe, 120 hommes étaient présents.

Les femmes ont changé, pas les hommes

Alvaro Campos dit que les femmes ont changé :

« En Amérique latine comme ailleurs, l’émancipation leur permet d’accéder aux études, de revendiquer le droit de travailler, de vivre en société, de partager les tâches domestiques...

Cette émancipation a été expliquée aux femmes latino-américaines dans les écoles, par les mères, tantes ou sœurs. En revanche, les hommes n’ont reçu aucune mise à jour. »

Personne n’est là pour leur indiquer que quelque chose a changé dans la distribution des rôles et des tâches. La source de leurs connaissances en matière de vie de couple, c’est le père. Les jeunes hommes costariciens, nicaraguayens, guatémaltèques ou mexicains reproduisent les actes qu’ils ont vus – ou subis – durant leur enfance :

« Ils échouent dans leurs relations de couple. Beaucoup d’hommes qui s’approchent de WEM le font parce qu’ils ne parviennent pas à faire durer une histoire d’amour, à vivre en couple, à garder leur famille. Ils perdent leurs femmes, leurs enfants et doivent verser des pensions alors qu’ils ne gagnent presque rien. »

La justice costaricienne est moderne. Les violences intra-familiales sont sévèrement punies et les expulsions de domicile, interdictions de visite aux enfants et versements de pension alimentaire sont ordonnés chaque jour par les tribunaux suite aux plaintes des épouses et mères.

Les machos de boulevards n’ont pas changé

Les attitudes des hommes latino-américains n’ont pas bougé depuis l’époque des conquistadors. Quelques semaines au Costa-Rica suffisent pour en juger. Exaltation de la virilité, exagération des signes extérieurs prétendus d’autorité, les hommes de la rue se comportent comme des cowboys.

Les hommes sifflent encore les femmes sur les trottoirs, klaxonnent, font des clins d’œil et ricanent en groupe. Si toutes les femmes de ces contrées ne sont pas encore passées au combat féministe, la distance qui sépare les attitudes médiévales des machos de boulevards et la modernité des femmes du XXIe siècle est énorme.

Rutman est psychologue et anime les ateliers de gestion de la colère à l’institut WEM :

« Désespérés, de nombreux hommes comprennent qu’ils doivent apprendre quelque chose de nouveau. Ou alors on le leur suggère. Une femme, une sœur, une fille ou des amis qui ont entendus parler de WEM à la télévision ou dans les journaux. Un juge, un tuteur, un assistant social aussi, parfois. »

« Macho et autoritaire », envoyé par sa femme

Durant cette soirée de groupe du mois de décembre, les hommes sont encouragés à parler par les animateurs. Ils les poussent à raconter leurs histoires et leurs mésaventures, et lorsqu’un participant ose, cela devient une séance de thérapie. Les règles sont répétées en début de séance : « Parler de ce que nous ressentons, écouter les autres. »

Alberto a 28 ans. Un animateur lui donne la parole parce qu’il ne le connaît pas ; c’est pourtant sa onzième session. Alberto dit qu’il a été envoyé ici par sa compagne parce qu’il est macho et qu’il est autoritaire. Alberto a été violent avec ses enfants et son épouse se plaint d’être terrorisée. Alex l’interroge

« Comment as-tu appris à être ainsi ?
– A la maison. Mon grand-père m’a élevé. Il me frappait avec sa ceinture et lâchait les chiens sur moi quand je ne fais pas les choses comme il le voulait. »

Cette confession en amène d’autres. En une séance de trois heures, les histoires de ces hommes aux dehors solides, virils, se succèdent. Aldo a 50 ans environ. Il en dit peu au début puis se laisse aller et révèle qu’il a été torturé par ses parents, qui lui baignaient les mains dans l’eau bouillante lorsqu’il avait 6 ans.

« J’ai hérité du trône de mon père »

Aldo pleure longtemps, dans un silence gênant cette fois. Il dit comprendre qu’il est devenu l’homme violent qu’il a connu : son père. « J’ai hérité du trône de mon père », résume-t-il.

« J’avance, grâce aux séances de WEM. Mais ma femme et mes enfants, qui ont grandi, me disent encore qu’il sont terrorisés lorsqu’ils me désobéissent. Combien de temps il me faudra pour regagner leur confiance ? Combien de temps ? »

Au centre de cette Amérique latine, dans cette salle laide et sans chaleur, les hommes parlent de l’amour des pères, des caresses des mères, des jeux d’enfants et de la tendresse qui manque. L’image de l’homme latino macho et sûr de lui se fend. Ils ne sont qu’une grosse poignée, mais WEM fait son chemin. L’idée d’une remise en cause de la masculinité virile et autoritaire avance.

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  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 12h03 le 26/01/2013
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    Un sans charia terrifiant. Que fait l’église ?

  • non renseigné
    non renseigné
    ici et maintenant
    • Posté à 13h02 le 26/01/2013
    • Internaute 188652
      ici et maintenant

    Quand on vous dit que l’égalité entre hommes et femmes profite à tout le monde. La société machiste opprime tout le monde, et ce n’est pas parce que vous êtes capo avec une grosse cravache que vous êtes plus libre que les autres.
    Lisez et apprenez, vous autres.

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 16h13 le 26/01/2013
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    On attend avec impatience les vidéos de Cantique/Breivik13 pour nous montrer combien les arabes sont encore plus méchants que les machos sudaméricains....

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h29 le 26/01/2013
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « J’ai hérité du trône de mon père »

    Mes respects, votre ventripotence !
    ( Un peu comme le sergent Garcia )

  • Jean1
    Jean1
    chômeur
    • Posté à 19h01 le 26/01/2013
    • Internaute 195558
      chômeur

    Allez, et un article féministe, un ! Des articles sur les homos pendant des semaines, un peu moins sur le canabis et les immigrés ces derniers-temps c’est vrai, mais je pense que vous allez vous ratrapper très bientôt !
    Rue89 est vraiment caricatural, une caricature de la gauche bourgeoise pleine de bons sentiments, insensible à la souffrance des 9 000 000 de personnes en sous-emploi ou au chômage que compte ce pays.

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Jean1
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 09h28 le 27/01/2013
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Vous trouvez que c’est du féminisme d’arrêter de taper sur les femmes ?

    • tech_n9ne
      tech_n9ne répond à Jean1
      Entrepreneur
      • Posté à 00h53 le 28/01/2013
      • Internaute 157981
        Entrepreneur

      Je vous applaudis chaudement ! ! !

    • Mat 77
      Mat 77 répond à Jean1
      Bord des Leaks
      • Posté à 11h23 le 28/01/2013
      • Internaute 50039
        Bord des Leaks

      Mais quel intérêt trouvez-vous à aller sur ce site si les articles ne vous intéressent pas ?

    • non renseigné
      non renseigné répond à Jean1
      ici et maintenant
      • Posté à 22h24 le 28/01/2013
      • Internaute 188652
        ici et maintenant

      Pour le chômage adressez-vous à la droite, c’est leur spécialité.

  • kuelap
    kuelap
    formateur
    • Posté à 19h48 le 26/01/2013
    • Internaute 56147
      formateur

    « Quelques heures avec des hommes violents d’Amérique latine » l’Amérique du sud ne se réduit pas au Costa rica .Assez réducteur comme titre Non ......

    • JulieCr
      JulieCr répond à kuelap
      ingenieur
      • Posté à 20h00 le 26/01/2013
      • Internaute 190202
        ingenieur

      L’Amérique latine = Amérique du Sud + Amérique Centrale.

      Le Costa rica ne se trouve pas en Amérique du Sud ; -)

      • Rhesus K
        Rhesus K répond à JulieCr
        outrée l'outre!
        • Posté à 21h00 le 26/01/2013
        • Internaute 194199
          outrée l'outre!

        soit, il reproche un vocabulaire approximatif avec une autre approximation..

      • kuelap
        kuelap répond à JulieCr
        formateur
        • Posté à 21h46 le 26/01/2013
        • Internaute 56147
          formateur

        merci de la précision approximation quand tu nous tiens ....... ;)

  • JulieCr
    JulieCr
    ingenieur
    • Posté à 19h56 le 26/01/2013
    • Internaute 190202
      ingenieur

    « L’histoire violente (régimes militaires, révolutions et autoritarisme, à tour de rôle) “

    Pour le Costa Rica, qui n’a plus d’armée depuis 1949, c’est quand même une drôle d’explication...
    Et comme plusieurs pays latinos, le Costa Rica est dirigé par une présidente.

    Je suis moi-même en couple avec un costaricien, au Costa Rica, et il est loin d’être macho (mais sans doute est-ce l’exception qui confirme la règle ?). Je me fais effectivement siffler et klaxonner en rue, mais jamais insulter comme c’est le cas à Bruxelles - et en France d’après de nombreux témoignages.

    Je vous souhaite quand même de ne pas voir que le côté sombre à cause de votre boulot, et de profiter d’être dans ce pays magnifique, où les gens rayonnent de bonheur.

    Pura vida

    • Gregory Jaquet
      Gregory Jaquet répond à JulieCr
      Auteur(e) de l'article henryjaquet.com
      • Posté à 20h26 le 26/01/2013
      • Internaute 194300
        henryjaquet.com

      Merci pour votre commentaire.
      Vous avez raison, la mise en avant de l’histoire de cette partie du continent dans un article sur ces hommes costariciens que j’ai rencontrés à WEM n’est pas suffisamment étayée. Les gens de cet institut considèrent que ce contexte joue un rôle - mais seulement un rôle parmi d’autres - dans le fait que les chiffres de la violence faite aux femmes au Costa Rica sont élevés. Est-ce par capillarité, par construction socio-culturelle importée, il faut plus docte que moi pour y répondre.

      Je vous remercie pour votre conseil et veillerai à rester branché aussi sur le côté illuminé de ce pays que je connais à peine et que j’aime déjà. Ceci dit, si « ce pays magnifique où les gens rayonnent de bonheur » est votre règle, alors je dois vous retourner votre propre argument de l’exception qui la confirme.

      Bien à vous.

      • JulieCr
        JulieCr répond à Gregory Jaquet
        ingenieur
        • Posté à 20h59 le 26/01/2013
        • Internaute 190202
          ingenieur

        Merci. En effet, la proximité du Nicaragua et l’immigration provenant de ce pays où la vie est beaucoup moins douce, peut sans doute expliquer une partie du phénomène. Ce qui est aussi juste dans vos propos, c’est que la violence est présente également en dehors des foyers, dans certains quartiers défavorisés ou dans les milieux de traficants, ce qui doit jouer sur ces familles-là en particulier, mais n’est finalement pas fort différent de ce qu’on pourrait rencontrer chez nous.

        Il aurait été intéressant d’avoir des chiffres en % de la population, et de les comparer à d’autres pays.
        Il a été montré que le nombre de plaintes augmente quand on sait que celles-ci sont prises au sérieux et qu’il y a des suites. Est-ce que ça n’explique pas aussi ce chiffre important par rapport à d’autres pays où les femmes n’osent pas porter plainte et où le nombre de cas non-déclarés est certainement plus élevé ?

        Je pense que ce qui n’est pas bien passé (quand je lis les premiers commentaires), c’est que la société costaricienne dans son ensemble est loin d’être machiste. Des tas de femmes ont des postes à responsabilité, sont chef d’entreprise,... Mais ce sont, d’après votre témoignage, une partie des foyers où le problème de violence existe. Le fait que ce problème soit dénoncé et traité montre pourtant bien que la société ne cautionne pas la violence conjugale comme c’est le cas ailleurs !

         
        • Gregory Jaquet
          Gregory Jaquet répond à JulieCr
          Auteur(e) de l'article henryjaquet.com
          • Posté à 21h14 le 26/01/2013
          • Internaute 194300
            henryjaquet.com

          C’est absolument vrai. D’ailleurs, les fondateurs de l’institut ne considèrent pas que la violence domestique, conjugale ou intra-familiale est un problème spécifiquement costaricien.

          Ils disent que cette violence est éventuellement plus élevée dans cette région du monde pour les raisons évoquées, c’est tout. Le directeur de WEM dit également que si cette méthode rencontre un certain succès dans ce pays, c’est justement parce que la « société » permet cette remise en question. Mais la thèse première est que la méthode appliquée pourrait, ou devrait, être utilisée partout.

          La prise au sérieux des plaintes des femmes du Costa Rica est à coup sûr une raison essentielle du grand nombre de cas annoncé. Cela ne fait aucun doute et a déjà été mesuré ailleurs. Sans plonger dans les chiffre, mon expérience suisse est que l’introduction de mesures d’éloignement pour les maris violents dans le dispositif légal a engendré une augmentation quasiment immédiate du nombre de plaintes.

          La thèse de WEM n’est pas que le machisme est un os costaricien. Mais c’est le problème social que les fondateurs ont choisi de combattre.

          Et l’exportation du modèle est un des enjeux de cette organisation. WEM organise des formations et des ateliers à travers les autres pays mésoaméricains et participe à des travaux des réseaux de lutte contre la violence faite aux femmes à travers le monde.

          Dans un même ordre d’idée, les organisations qui luttent contre les conditions de détentions inhumaines en France ont raison de le faire, malgré le fait que bien d’autres endroits du monde ont des conditions de détention plus dure. Il me semble que la tâche que s’est assignée l’institut WEM est noble, que le machisme soit important, très important ou plus important qu’ailleurs n’y change rien.
          Finalement, je n’ai pas d’avis sur l’importance relative du sexisme par rapport au reste du monde. Mais la thèse de la société plus égalitaire à cause du grand nombre de postes à responsabilité occupés par des femmes n’éclaire que partiellement le problème. Si j’ose une seconde analogie, vous disiez vous-même que les femmes étaient insultées dans la rue en Belgique ou en France. Or, là-bas aussi les postes à responsabilités occupés par les femmes sont nombreux. On parle de deux niveaux différents, que vous associez en parlant de « société ».
          Peut-on postuler que le racisme n’est pas un problème aux Etats-Unis parce que des personnes de couleur sont au gouvernement ? J’en doute.

          • JulieCr
            JulieCr répond à Gregory Jaquet
            ingenieur
            • Posté à 21h26 le 26/01/2013
            • Internaute 190202
              ingenieur

            « Finalement, je n’ai pas d’avis sur l’importance relative du sexisme par rapport au reste du monde. “

            Non, mais c’est précisément sur ce point que les gens bondissent (cf. premiers commentaires)... Or comme je le disais ici la violence conjugale est clairement un délit, donc on se passerait bien des comparaisons avec d’autres cultures qui n’interdisent pas ces violences.

            Pour le reste, tout à fait d’accord. Votre travail est intéressant mais je doute que cela intéresse la plupart des nombrilistes qui passent par ici.

        2 autres commentaires
    • tech_n9ne
      tech_n9ne répond à JulieCr
      Entrepreneur
      • Posté à 00h54 le 28/01/2013
      • Internaute 157981
        Entrepreneur

      Comment est la vie au Costa Rica (notamment en termes d’opportunités d’emploi) ? Ma femme et moi envisageons de nous y installer d’ici quelques années.

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 20h59 le 26/01/2013
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Le probleme de l’Amerique Latine c’est justement qu’elle est latine.
    C’est pareil partout dans le monde, Les pays de culture catholique latine sont des poubelles. Les pays de culture protestante et nordique sont des modeles.

    Ce n’est pas un hasard.

    • Deamon7
      Deamon7 répond à psych0Dad
      Petit agité
      • Posté à 21h20 le 26/01/2013
      • 49273
        Petit agité

      Les pays nordiques sont des repères d’hygiénistes totalitaires, je préfère cent fois le bordel de l’Italie à la propreté de la Finlande.

      • psych0Dad
        psych0Dad répond à Deamon7
        sociopathe
        • Posté à 21h44 le 26/01/2013
        • Internaute 81504
          sociopathe

        Les pays nordiques ont en effet de gros problemes avec la notion de liberte individuelle. Mais de la a leur preferer l’Italie.... Deja Marseille j’ai du mal mais l’Italie je ne peux pas.

         
        • Deamon7
          Deamon7 répond à psych0Dad
          Petit agité
          • Posté à 21h52 le 26/01/2013
          • 49273
            Petit agité

          Ça doit vraiment être une question de sensibilité alors, je me demande bien comment on peut ne pas adorer l’Italie. En dépit de tous ces défauts.

          • DiaboloSatanas
            DiaboloSatanas répond à Deamon7
            Fou du volant
            • Posté à 22h01 le 26/01/2013
            • Internaute 79165
              Fou du volant

            Tu n’est donc pas sensible aux paradis luthériens

            • Deamon7
              Deamon7 répond à DiaboloSatanas
              Petit agité
              • Posté à 22h18 le 26/01/2013
              • 49273
                Petit agité

              Pas le temps, quand j’y suis, je bosse.

              • DiaboloSatanas
                DiaboloSatanas répond à Deamon7
                Fou du volant
                • Posté à 22h32 le 26/01/2013
                • Internaute 79165
                  Fou du volant

                Ce débat absurde attire les neo nazis on dirait . T’as vu en dessous ?

        • a déménagé le 28-02-2013
          a déménagé le 28-02-2013 répond à psych0Dad
          non connue
          • Posté à 22h58 le 28/01/2013
          • Internaute 195469
            non connue

          c’est marrant de comparer Marseille à l’Italie, parce que Marseille c’est pas super latin comme ville, plus que Strasbourg, oui, forcément ;)

        6 autres commentaires
      • Fondriest
        Fondriest répond à Deamon7
        • Posté à 22h26 le 26/01/2013
        • Internaute 49865

        Moui, en attendant quand on fait partie d’une minorité (quelle qu’en soit la nature), mieux vaut vivre dans un pays Nordique. Le problème du discours sur la responsabilité, la liberté individuelle, le mérite etc. c’est son absence totale de compassion pour les individus qui pâtissent des rapports de domination. Mieux vaut être une femme en Scandinavie qu’en Italie ou en Espagne, par exemple.

         
        • Deamon7
          Deamon7 répond à Fondriest
          Petit agité
          • Posté à 22h38 le 26/01/2013
          • 49273
            Petit agité

          C’est marrant parce que j’ai pas mal de copines danoises qui sont ravies de tomber sur des mecs indiens (qui sont les plus machos du monde) ou français, parce qu’ils leur font la cour plutôt que juste demander « tu baises » en soirée.

          • Endeur
            Endeur répond à Deamon7
            insulaire continental
            • Posté à 06h20 le 27/01/2013
            • Internaute 197078
              insulaire continental

            Ya bien des meufs qui se battent pour pouvoir porter le voile intégral ... Ya des connes partout.

        • Éric  Perrin
          Éric Perrin répond à Fondriest
          Ginkonaute
          • Posté à 23h22 le 26/01/2013
          • Internaute 51185
            Ginkonaute

          Les femmes, une minorité ? ? ?

          • Fondriest
            Fondriest répond à Éric Perrin
            • Posté à 01h08 le 27/01/2013
            • Internaute 49865

            Dans les cercles de pouvoir, assurément.

            • Éric  Perrin
              Éric Perrin répond à Fondriest
              Ginkonaute
              • Posté à 06h53 le 27/01/2013
              • Internaute 51185
                Ginkonaute

              Un cercle de pouvoir c’est une minorité qui exerce le pouvoir sur les autres, homme ou femme.

              • Fondriest
                Fondriest répond à Éric Perrin
                • Posté à 07h49 le 27/01/2013
                • Internaute 49865

                Et à l’intérieur de cette minorité les hommes d’une certaine catégorie socio-culturelle sont sur-représentés. Déséquilibre moindre dans les pays Nordiques.

                • Éric  Perrin
                  Éric Perrin répond à Fondriest
                  Ginkonaute
                  • Posté à 08h48 le 27/01/2013
                  • Internaute 51185
                    Ginkonaute

                  Ben voilà, un cercle de pouvoir c’est une minorité qui impose à une majorité, tu peux dire que parmi la majorité des femmes, peu sont représentées ici ou là.
                  Prétendre que les femmes sont une minorité comme une autre comme tu l’as dit plus haut c’est un non sens c’est tout.
                  La moitié de la population mondiale ne peut pas être une minorité, you see ?

                • DiaboloSatanas
                  DiaboloSatanas répond à Fondriest
                  Fou du volant
                  • Posté à 09h02 le 27/01/2013
                  • Internaute 79165
                    Fou du volant

                  Les white Anglo-Saxon Protestant , oui..

        • ajuga
          ajuga répond à Fondriest
          informaticien champêtre
          • Posté à 11h14 le 27/01/2013
          • Internaute 52255
            informaticien champêtre

          c’est bien vrai, SAUF que les femmes ne sont pas une minorité ! mais je vois bien ce que tu veux dire.

        9 autres commentaires
  • Rhesus K
    Rhesus K
    outrée l'outre!
    • Posté à 21h24 le 26/01/2013
    • Internaute 194199
      outrée l'outre!

    CEt article suggère l’idée que les conquêtes du féminisme engendreraient un malaise spécifique aux régions concernées, selon leur culture ancestrale, et comment l’idée du nouveau rôle des femmes se greffe dans une culture donnée. Ainsi, on aurait dans les pays latins en voie de développement comme une réticence masculine, un décalage machiste persistant et inconscient des avancées de la condition féminine. (Voir article pour le détail.) En revanche dans les pays industrialisés, où l’homme de bonne grâce (plus ou moins mais quand même, comparé) accepte le nouveau statut de la femme, c’est celle-ci qui pète un câble à longueur de crises existentielles pathétiques, et sabote allegra ses liens conjugaux au profit de dérisoires courses vers la liberté, qui se finissent invariablement dans la prison d’un aigri-né ou d’un névropathe possessif.

    Dans tous les cas le problème est le même : celui d’une redéfinition des rôles, et des générations entières sont sacrifiées à expérimenter les nouvelles limites : les couples sont en crise. L’amour est en crise. Le grand oublié de tous les débats de société. Du coup, dans nos cultures sous-développées de l’amour, celui-ci est compris comme un intérêt égoïste à satisfaire, rien d’autre. Et les genres sont en rivalité compétitive, non pas en fusion complémentaire.

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Rhesus K
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 09h34 le 27/01/2013
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Oui, et finalement c’este peut-être pas pire comme ça.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h46 le 26/01/2013
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Quelques heures avec des hommes violents d’Amérique latine
    Et en France, y a t’il un programme « d’aide » aux « bourreaux » ? une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son (ex-) conjoint. et il n’y a pas d’âge pour être con. Pays basque : un octogénaire tue sa femme avant de se suicider

    • nemotyrannus
      nemotyrannus répond à padiran
      en personne
      • Posté à 10h17 le 27/01/2013
      • Internaute 157157
        en personne

      En france on ne pratique pas le féminicide , on ne le rend pas banal en tout cas et si il y a quelque familles qui pratiquent ce sont des familles d’origine étrangère .
      La violence sexiste ou de genre , comme on dit , n’existe pas.
      Elle est partagée.
      C’est un ratio de 1 homme pour 3 femmes , donc pas majoritaires mais pas inexistants non plus comme on veut le faire croire , ne l’oublions pas !

      • padiran
        padiran répond à nemotyrannus
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 10h58 le 27/01/2013
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        « En france on ne pratique pas le féminicide »
        Vous voulez dire que ce n’est pas industriel ? que cela reste artisanal ? vous avez sans doute raison, quant à vos allégations sur le féminicide « d’origine étrangère » je pense que nous n’avons pas les mêmes lectures, je ne vous salue pas.

  • tech_n9ne
    tech_n9ne
    Entrepreneur
    • Posté à 00h50 le 28/01/2013
    • Internaute 157981
      Entrepreneur

    Ça fait plaisir de voir que le féminisme n’a pas encore pourri le monde en entier... Par contre, ne frappez pas votre femme, c’est féministe ça ! On sait que nous sommes plus forts, il ne faut donc pas frapper les femmes.

  • axelrenoux
    • Posté à 12h55 le 28/01/2013
    • Internaute 86883

    C’est le grand oubli du féminisme : la condition masculine. Des décennies d’un travail remarquables pour faire prendre conscience aux femmes qu’elles sont victimes du patriarcat, et pour les éduquer à des schémas de comportement antisexistes. Mais quasiment rien de similaire fait pour éduquer, conscientiser, désaliener l’autre sexe sexe. Exemple typique, le journal de l’asso Osez le féminisme : 23 numéros parus, 8 pages par numéros, et toujours pas le moindre article sur la désaliénation des mecs, sur comment apprendre à ne pas reproduire les schémas machistes. Comment voulez-vous dans ce contexte qu’on réussisse à convaincre les mecs que le sexisme n’est pas dans leur intérêt à eux non plus ? Le débat sur le sujet est au point mort, même dans les milieux les plus conscientisés c’est circulez y a rien à voir ! Bref, il y a du boulot, et pas qu’outre atlantique.

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