Paroles de crise 24/01/2013 à 17h49

A Florange : « Ça me fait pas peur de changer de métier, mais j’ai 52 ans »

Kocila Makdeche | EDJ Sciences-Po
Emilie Tôn | EDJ Sciences Po

Ils s’enchaînent aux grilles de Matignon, envoient une délégation à l’Elysée : les syndicalistes d’ArcelorMittal n’ont pas lâché prise. Mais qu’en est-il des inquiétudes quotidiennes des ouvriers, premiers concernés par les turbulences que connaît actuellement le site de Florange ?

Alvaro Collebrusco, métallo chez ArcelorMittal depuis trente ans, est père de trois enfants. Il nous raconte son histoire, ses inquiétudes et ses perspectives pour l’avenir. Alvaro a grandi dans la vallée de la Fensch, ce bassin minier mosellan dont l’industrie du fer décore le paysage depuis la fin du XIXe siècle.

Il a signé en 1982 chez Sollac, l’ancien propriétaire du site de Florange, juste après son service militaire. Deux ans après son embauche, il participe déjà à ses premières grèves. Au fil des années, il voit se succéder les repreneurs. Des crises, il en a connu, mais jamais l’industrie sidérurgique lorraine n’a été aussi proche du déclin.

Soudeur de formation, Alvaro a multiplié les postes au cours de sa carrière : « J’étais en bout de chaîne, et maintenant je suis en début de chaîne ». Il a d’abord été employé dans la « filière froide », où l’acier brut est transformé, pour ensuite être muté dans la « filière chaude », celle des hauts-fourneaux. Jugée non rentable par le propriétaire indien Lakshmi Mittal, c’est cette dernière qui est menacée de fermeture.

Alvaro Collebrusco, métallo depuis 30 ans (1/3)

Ils sont actuellement 2 600 salariés, comme lui, à travailler à ArcelorMittal Florange. Les derniers hauts-fourneaux du groupe encore en activité en France sont à Dunkerque (Nord-Pas-de-Calais) et à Fos-sur-Mer (PACA), plus profitables du fait de leur proximité avec la mer ; ceux du site mosellan ont été arrêtés en décembre dernier.

« On ne sait pas où on va »

La menace d’un arrêt définitif de ces hauts-fourneaux hante les employés de Florange : « On ne sait pas où on va. Si la filière liquide ferme, il y aura à peu près 650 licenciements », dit Alvaro. Il espère que les emplois supprimés seront absorbés par les départs en retraite, comme l’a promis le gouvernement, mais rien n’est moins sûr.

Alvaro Collebrusco, métallo depuis 30 ans (2/3)

Après trente ans de boîte, ce n’est pas l’expérience qui manque à ce père de famille. Adepte du « do it yourself », Alvaro est bricoleur et autodidacte. Il n’a pas peur d’une éventuelle reconversion, loin de la chaleur ardente de l’acier en fusion :

« Si je dois finir ma carrière quelque part, même au Luxembourg ou à refaire les trois postes, je passerai par là. On a une famille à nourrir… »

L’expérience peut cependant être un handicap sur le marché de l’emploi. A 52 ans, il a tout de même conscience qu’il ne sera pas facile de signer un contrat dans une autre entreprise. Il espère pouvoir conserver son emploi jusqu’à la retraite : « Si ça tient encore quatre, cinq années, je serai peut-être un peu plus à l’abri ».

Alvaro Collebrusco, métallo depuis 30 ans (3/3)
MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • Druuna
    Druuna
    Prout
    • Posté à 18h08 le 24/01/2013
    • Internaute 195244
      Prout

    Comment lever les obstacles pour construire l’unité sur un mot d’ordre clair ?

    Il faudra bien à un moment ou à un autre nationaliser la sidérurgie, reconquérir tous les acquis : les services publics, la Sécurité sociale… et en finir avec la guerre et l’exploitation.

    Pour cela, ne faut-il pas un parti qui refuse d’accompagner les directives de l’Union Européenne ?

    Pas un parti en plus, contre les autres, mais un parti qui rassemble, qui se batte pour l’unité et qui se situe dans la lutte de classes.

    Discutons-en :
    réunion-débat le vendredi 25 janvier
    à 20h au FJT à Metz
    avec Daniel Gluckstein et Jean Markun, secrétaires nationaux du POI
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    • Nobobo
      Nobobo répond à Druuna
      Libre malgré la censure 89
      • Posté à 18h41 le 24/01/2013
      • Internaute 197594
        Libre malgré la censure 89

      lol

    • Zééva
      Zééva répond à Druuna
      Dieu est mort !
      • Posté à 01h45 le 25/01/2013
      • Internaute 191780
        Dieu est mort !

      Tu trouves pas drôle que ce soit deux étudiants en sciences po qui nous rédigent cet article ? Je le trouve bien fataliste moi, Alvaro...

      • Druuna
        Druuna répond à Zééva
        Prout
        • Posté à 09h27 le 25/01/2013
        • Internaute 195244
          Prout

        Cet article est gerbant.

        Je me demande ce qu’il a de science politique, à moins qu’il l’aient travaillé au corps dans la salle d’interrogaview avant de nous présenter, à nous et à ses camarades, ce bonhomme résigné...

        Pas un mot sur la politique de l’UE ni sur celle de la RF, pas un mot sur l’économie sans préservatif qui décime la planète...

  • Le funambule
    Le funambule
    A l'ouest
    • Posté à 19h38 le 24/01/2013
    • Internaute 196669
      A l'ouest

    Bon courage...

    Le seul truc qu’on peut leur dire c’est qu’ils sont pas tous seuls. Mais est-ce une bonne nouvelle ?

  • avaroa avaroa
    • Posté à 21h04 le 24/01/2013
    • Internaute 51355
      AS

    c’est cela l’avenir des salariés d’une société dite moderne, .n’être qu’un employé jetable !
    Bientôt’ il y aura tellement de pauvres et de précaires en France qu’il faudra trouver un système pour anticiper sur la vieillesse de ces mêmes gens qui n’auront ni leurs trimestres de cotisations retraite ni le pognon pour une prise en charge en maison de retraite !
    et comme nos politiques ne voient rien venir il y aura aussi une espérance de vie raccourcie pour toutes les raisons que chacun fait semblant d’ignorer...

    Quant aux nantis du système ils pourront toujours sortir de chez eux en cotte de maille ...en attendant d’être broyés par des règles du marché qu’ils ont eux mêmes façonnés pour leurs semblables !

  • Lairderien
    • Posté à 01h16 le 25/01/2013
    • Internaute 22751

    « ce bassin minier mosellan dont l’industrie du fer décore le paysage depuis la fin du XIXe siècle. »

    Le premier Wendel, (Jean-Martin) s’installe à Hayange en 1704 et lui et ses descendants développent l’industrie sidérurgique avec divers aléas, donc depuis déjà près de 200 ans à la fin du 19ème siècle !

    La Sollac est construite en 1954 entre Ebange, Florange et Sérémange par un association des De Wendel, de Sidélor et des Forges de Dillingen (Sarre), mais en oubliant de moderniser en parallèle leurs anciennes usines de la vallée de la Fensch et de l’Orne, malgré un dernier sursaut avec la construction en 1967 de l’Usine de Gandrange à l’époque filialisée sous le nom de..Sacilor.
    Compte tenu de leurs erreurs de management avant tout, ils ont été sauvés de la faillite grâce à Giscard qui à nationalisé la sidérurgie (les pertes !), mais sans y inclure les filiales juteuses qui sont restées dans le giron du groupe Wendel et ont permis ensuite à Ernest-Antoine Seillières de ce faire des c...les en or y compris au détriment des autres héritiers de la famille.

    Dans ce coin de Moselle, les habitants d’origine ou venus de toute la région puis du sud, dépendent donc depuis plus de trois cent ans de cet acier lorrain.

    et maintenant on veut leur enlever ce qui est encore et toujours le fleuron de cette industrie, ou des générations d’ouvriers se sont tués à la tâche

    Immonde saloperie ! ! !

  • Zééva
    Zééva
    Dieu est mort !
    • Posté à 01h40 le 25/01/2013
    • Internaute 191780
      Dieu est mort !

    Gosses ou pas, quelque soit ton âge, si tu la fermes Alvaro, si tu acceptes que l’on ferme ton usine pour t’envoyer galérer à Pôle emploi ou ailleurs, t’es mort. Dis toi bien que tu ne rends service à personne en courbant l’échine, et surtout pas à tes mômes, ni tes futures petits enfants ni ceux des autres. Bats toi, ouvre ta gueule et refuse de capituler sour le joug des patrons et du pognon qu’ils ramassent sur ton dos. Foutez le bordel !

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à Zééva
      Working class bléro
      • Posté à 06h17 le 25/01/2013
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      C’est peut être le ton de l’article qui est dans l’acceptation fataliste, pas le sujet.
      Il me parait bien zen, ce futur chômeur, cet article n’est qu’empathique pas informatif.
      Devraient se méfier à sciences po, à trop se pencher sur le prolétariat, ils risquent de tomber dedans.

  • Señor Oulqo
    Señor Oulqo
    Gros con de droite
    • Posté à 02h14 le 25/01/2013
    • Internaute 195938
      Gros con de droite

    Des étudiants de Sciences-Po qui s’encanaillent avec la vie des pouilleux qu’ils ne vivront jamais, c’est bô, c’est émouvant.

  • Druuna
    Druuna
    Prout
    • Posté à 09h55 le 25/01/2013
    • Internaute 195244
      Prout

    C’est marrant, sur youtube on peut trouver Germinal en entier, mais Pathé a fait supprimer toutes les videos de l’extrait ou Souvarine (Terzieff) parle des travailleurs français en lutte...

    Mais à part ça, il n’y a plus de censure de nos jours...

  • PTrelawney
    PTrelawney
    Dans le brouillard
    • Posté à 12h29 le 25/01/2013
    • 178593
      Dans le brouillard

    Alvaro Collebrusco, que les auteurs de l’article qualifie de « métallo » est de pars son expérience ce que l’on appelle un « technicien d’atelier » autrement dit un ouvrier hautement qualifié.
    C’est une catégorie de travailleur en voie de disparition. Car plus aucune entreprise n’a les moyens ou surtout ne veut se donner les moyens de payer leur salaire (problème de cotisations sociales, mais surtout refus des banques de financer des entreprises où la masse salariale est trop importante). De ce fait les entreprises ne sont plus en mesure de fournir un travail de qualité. Elles n’accèdent plus au marché hautement technique et très rémunérateur (acier spéciaux pour la sidérurgie). Elles se cantonnent par obligation plus que par facilité sur des marchés basiques et à forte concurrence (fer à béton pour la sidérurgie).
    Cela se passe aussi pour l’industrie automobile, le bâtiment, le prêt à porter, etc.
    Parce que dans ses marchés à forte concurrence et sans technicité apparente, il est facile de trouver encore moins cher que moins cher, ces entreprises sont condamnées à moyen terme. Il s’en suit une désindustrialisation du pays, un accroissement de la pauvreté et une baisse générale du niveau de vie (riche comme pauvre).
    L’avenir des travailleurs étant d’émigrés vers des contrés plus riches, le pays vieilli et les dépenses de santé et de vieillesse augmentent pour vite devenir inabordable. Là c’est le pays tout entier (comme pour la Grèce et l’Espagne) qui s’enfonce dans le tiers monde.
    Alvaro Collebrusco, parce qu’il est pragmatique et qu’il n’est pas nécessaire de s’entêter trouvera certainement (je lui souhaite) un travail au Luxembourg, Benelux, Allemagne pays qui ont encore un avenir industriel. Son avenir et celui de ses enfants sera certainement plus prospère qu’en France

    • SeinSama
      SeinSama répond à PTrelawney
      étudiant
      • Posté à 20h30 le 25/01/2013
      • Internaute 197759
        étudiant

      Moi qui m’était toujours refusé à me créer un compte, certains commentaires m’ont finalement décidé !
      Ce qui est fataliste et pathétique, ce qui est beau et émouvant, c’est de constater l’obstination de certains (prétendus) porte-étendards de la cause ouvrière et autre « working-class bléro » (on n’a pas de doute là-dessus) se complaire dans leurs vieilles idées reçues. D’ailleurs, vous avez oublié de mentionné au combien il est écoeurant de voir deux bobos parisiens aller mettre les mains dans la boue provinciale.
      Que les élites corrompues restent dans leurs champs dorés, quelle belle solution ! Ce « pouilleux » n’est certainement pas assez intelligent pour savoir à qui il ouvre sa porte...
      Entre deux stupidités, profitez-en pour vous renseigner sur le fonctionnement d’une rédaction
      En espérant que la prochaine fois, ils écriront un article sur l’avenir de l’affermage, pour que vous puissiez vous en donner à coeur joie !

  • didounette03m
    didounette03m
    en attente
    • Posté à 09h07 le 26/01/2013
    • Internaute 197012
      en attente

    J’ai 51 ans, je touche l’ASS, je n’ai que très peu de chance de retrouver un emploi, je cherche une tribune pour expliquer pourquoi.
    rue 89, pouvez-vous m’orienter ?

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