Arrêt sur images 09/01/2013 à 09h56

Confrères, reprenez le FMI !

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

Chacun ses impasses. L’autre jour, après ma chronique sur la découverte par le FMI que l’austérité était finalement plus nocive que prévu, je reçois un mail de Pascal Riché, de Rue89 : « Eh Daniel, ce papier a dû t’échapper. Sinon, très bonne année à toi ».

En effet, il apparaît que dès le 11 octobre 2012, Rue89 avait mis le doigt sur le revirement des économistes du FMI. Oui, ça m’avait échappé. Dont acte. Pan sur le bec. Tout ce qu’on voudra. Gloire à cet article de Rue89 du 11 octobre 2012.

La réaction (légitime) de Riché est représentative de la réponse que font fréquemment nos confrères, quand il nous arrive, ici, de souligner la sous-médiatisation de tel ou tel événement qui nous semble important.

« Quoi ? Vous nous accusez d’omerta ? Mais pas du tout ! Regardez notre article, visionnez notre journal, du 11 octobre 2012, à 20 heures 23 : on a bien traité le sujet sur lequel vous nous accusez de conspiration du silence. Alors, hein, vous êtes bien eus, les bœufs-carottes ! »

Un article enseveli sous l’actualité

Que répondre ? Que sous-médiatisation ne veut évidemment jamais dire non-médiatisation. Oui, la presse a toujours traité tous les sujets, un jour ou l’autre, à un moment ou à un autre. Mais souvent, sans en explorer toutes les conséquences, sans les relier à d’autres éléments d’actualité.

Prenez ce revirement du FMI : franchement, ne mérite-t-il pas davantage qu’un article dans un coin, aussitôt enseveli sous l’avalanche de l’actualité quotidienne ? A la vérité, c’est chaque fois qu’il est question de l’austérité, et de ses multiples conséquences dans tous les domaines, que ce rappel, en quelques lignes de contextualisation, serait salutaire et pertinent.

Cette remarque s’adresse évidemment d’abord aux politiques. Je pense, en France, aux mélenchonniens, et surtout au premier des mélenchonniens, Mélenchon lui-même. Ah, Mélenchon, l’autre soir, quand Cahuzac vous a collé sur France 2 avec le taux de CSG, que ne l’avez-vous collé vous-même, en retour, avec le coefficient multiplicateur du FMI ?

J’attendais. Je trépignais. Pas possible, il va bien finir par lui sortir le FMI. Il se réserve pour le bon moment, pour la fin de l’émission, le coup qui tue. Rien. Rien qu’une pauvre allusion, dans une phrase interminable, passée inaperçue de tout le monde (l’équivalent, en somme, du désormais célèbre article du 11 octobre 2012).

Compléter l’information

Et la presse ? Pourquoi ne commencerait-elle pas à faire le boulot ? Les occasions sont pluriquotidiennes. Prenez par exemple un article sur les réticences de nombreuses municipalités à appliquer la semaine scolaire de quatre jours. On écrit en général : « Le maire de Trucmuche-les-Oies est réservé. Il souligne que la réforme le conduirait à créer une centaine de postes ».

Ne pourrait-on pas écrire, par exemple : « Le maire de Trucmuche-les-Oies est réservé. Il souligne que la réforme le conduirait à créer une centaine de postes. Une chance inespérée pourtant pour la commune, selon les économistes du FMI, qui considèrent que les politiques d’austérité sont un facteur de récession ». L’information ne serait-elle pas ainsi plus complète ?

L’autre soir, sur le plateau de Canal+, Aurélie Filippetti défendait vigoureusement les coupes qu’elle va effectuer dans le budget de la Culture. « C’est la crise, et il est normal que mon budget prenne sa part des efforts nécessaires, etc. »

A cet instant, Aphatie n’eût-il pas dû se dresser et, avec la faconde qu’on lui connaît, interrompre la ministre de la Culture : « Mais enfin, Mme Filippetti, avez-vous lu les économistes du FMI ? Pourquoi conspirez-vous ainsi contre la reprise dans notre pays ? Savez-vous que les politiques d’austérité, etc., etc. » ? Mais non. Rien. Pas mieux que Mélenchon. A désespérer des meilleurs.

Publié initialement sur
Arretsurimages.net
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  • zénon denon 84
    • Posté à 10h29 le 09/01/2013
    • Internaute 30028
      Bonne

    Et Jarnac ?

  • inspecteur crouton
    • Posté à 10h30 le 09/01/2013
    • Internaute 118828
      modéré

    Ca fait longtemps que plus personne ne croit les économistes du FMI quoiqu’ils défendent.
    Ni les hommes politiques.
    Ni les journalistes.
    Ni les analystes des media.

    On est seuls, tout seuls. Et on sait qu’on va crever.

    • Majesté
      Majesté répond à inspecteur crouton
      ex-spermatozoïde
      • Posté à 11h19 le 09/01/2013
      • Internaute 77564
        ex-spermatozoïde

      Plus personne ne les croit, mais tout le monde applique aveuglément leurs préceptes.

      Il est là, le problème.

      • inspecteur crouton
        inspecteur crouton répond à Majesté
        modéré
        • Posté à 12h08 le 09/01/2013
        • Internaute 118828
          modéré

        Bof, ça ou autre chose... c’est foutu de toute façon. Foutu.

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 10h32 le 09/01/2013
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive qu’il a déjà en fait obtenue par sa manière d’apparaître sans réplique, par son monopole de l’apparence et pis cé tout..

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 10h43 le 09/01/2013
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Les médias, surtout télévisuels, nous informent à la vitesse des TGV.en balançant leurs lots d’informations, et nous, troupeaux avachis regardons les express du 13h et du 20h d’un oeil distrait les facéties d’un DSK ou d’un Depardieu. Reprendre les informations erronées d’un FMI sérieusement pas vous n’y pensez pas, les feuilletons DSK et Depardieu sont en cours, Quant aux journalistes politiques et économiques, ils préfèrent feuilletonner sur les déboires d’un Cahuzac.

    • Isaton
      Isaton répond à padiran
      Sans
      • Posté à 11h03 le 09/01/2013
      • Internaute 78614
        Sans

      Sauf que cela a été fait hier soir dans le 20 H de France 2.

      • la champenoise
        la champenoise répond à Isaton
        • Posté à 11h24 le 09/01/2013
        • Internaute 27942

        Et ?

      • Petr Yacub Czwynglsstaijn
        Petr Yacub Czwynglsstaijn répond à Isaton
        Comité de défense du homard
        • Posté à 11h43 le 09/01/2013
        • Internaute 195787
          Comité de défense du homard

        Sauf que cela a été fait d’une manière totalement fumeuse :
        Lien

        À mon avis, ils sont comme tout le monde : ils n’ont rien compris.
        Surtout ce truc là :
        Forecast Error of ΔYi,t : t+1 = α + β Forecast of ΔFi,t : t+1|t + ε i,t : t+1,

        where ΔYi,t : t+1 denotes cumulative (year-over-year) growth of real GDP (Y) in economy i—that is, (Yi,t+1/Yi,t–1 – 1)—and the ssociated forecast error is ΔY i,t : t+1 – f{ΔY i,t : t+1 | Ωt }, where f denotes the forecast conditional on Ωt, the information set available early in year t. ΔF i,t : t+1 denotes the change in the general government structural fiscal balance in percent of potential GDP, a widely used measure of the discretionary change in fiscal policy for which we have forecasts. Positive values of ΔF i,t : t+1 indicate fiscal consolidation, while egative values indicate discretionary fiscal stimulus. The associated forecast is « Forecast of ΔFi,t : t+1|t » defined as f { Ft+1,,i – Ft–1,i | Ωt }. Under the null hypothesis that fiscal multipliers used for forecasting were accurate, the coefficient, β, should be zero.

        Alors, ils ont inventé un « coefficient psychologique ». Ce qui permet de dire que personne n’a fait d’erreur car la psychologie, n’est-ce-pas...
        C’est beau l’information sur France2.

      • padiran
        padiran répond à Isaton
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 15h19 le 09/01/2013
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        « Sauf que cela a été fait hier soir dans le 20 H de France 2. »
        Ah bon ? entre la remise du trophée du meilleur joueur du monde à Messi, le commentaire de Depardieu sur le fait que ce n’est pas pour le fric qu’il à un passeport Russe, les embouteillages des retours de la neige, le nième crime abominable de l’année. Je devais sans doute être parti aux toilettes pour évacuer le stress de ces informations primordiales.

  • CramSi
    CramSi
    Navigue sur la toile
    • Posté à 10h46 le 09/01/2013
    • Internaute 193187
      Navigue sur la toile

    C’est drôle que vous reprochiez cette absence à Mélenchon, car il me semble que lui comme d’autres (comme les économistes atterrés ou ceux de l’OFCE) n’ont pas donnés leur part au chien pour expliquer que les plans d’austérités appliqués étaient une folie en raison de leurs effets récessifs....

    Il est heureux qu’ils n’aient pas attendu le réveille de ces brillants experts du FMI dont le nez semble collé à leurs équations pour en parler.

    Par contre, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi tous les chroniqueurs éco en tout genre pro-plans d’austérité ne sont pas plus remis à leur place que ça ?

    • Pi.K
      Pi.K répond à CramSi
      Vilain Parisien
      • Posté à 11h48 le 09/01/2013
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Pour une raison très bête : la visibilité au sein d’un média donné dépend de la capacité d’un journaliste ou d’un « chroniqueur » (pas forcément journaliste, exemple : Baverez) (1) à y « pénétrer » (d’un point de vue idéologique, je précise ensuite) et (2) à y établir une autorité sur les sujets qu’il traite. On pourrait ajouter, en (3), un problème de distinction entre « pluralisme entre les médias » et « pluralisme à l’intérieur d’un média ».

      (1) Mettons que je veuille entrer chez BFM TV. La chaîne bien business, bien libérale en matière économique, tout ça. Affaire de compétence en économie, mon diplôme parle pour moi, mais ce n’est pas tout (j’y reviendrai). Il faut aussi « plaire » à l’employeur, donc avoir une spécialisation adéquate, avec pas mal d’économie publique, de macroéconomie, d’économie financière et de journalisme économique, plutôt « pro » que « recherche » (perdu pour moi, je suis dans la recherche en économie comportementale et économie normative), mais aussi, et c’est un point capital, coller aux grandes lignes « idéologiques » (sans sous-entendu négatif, ça vaut aussi pour Alternatives Économiques ou Le Monde diplomatique), définies de façon plus ou moins étroite, du média en question.

      Et là, je cale. Je n’ai rien contre BFM TV, mis à part de sérieux désaccords en matière d’idées, et clairement, ce n’est pas la peine que j’imagine postuler chez eux pour cette seule raison. Ils sont peut-être très sympas à titre personnel, je n’en sais rien (je ne crois pas connaître personnellement de journaliste de BFM TV), mais ils me diraient « ah bah non, on n’est pas franchement sur la même ligne, désolés ».

      (2) Pour établir son autorité, il faut essentiellement (a) avoir un bon réseau et être très présent à l’antenne, et (b) ne jamais faire face à un contradicteur sérieux, patient et calme. Par exemple, Baverez, qui a beau dire n’importe quoi (des énormités qu’il aurait rougi d’écrire dans une copie de première année de fac d’éco), a ses entrées « partout » (télés, Le Monde, Le Point, etc.) : réseau et présence. Et il n’est pour ainsi dire jamais mis en face de, mettons, quelqu’un de la trempe de Robert Salais (économiste à l’ENS Cachan, grand connaisseur en économie normative, épistémologie et politiques sociales, et avec qui il a pourtant écrit un bouquin il y a quelques décennies, à l’époque où il réfléchissait avant d’écrire).

      (3) Le problème des « deux pluralismes » est à la fois « normal » et plutôt grave. Il m’arrive (on a tous nos moments de faiblesse) de lire Le Point (chaque page est affligeante, mais je suis fort et vaillant). 160 pages qui oscillent entre la droite dure et la dure droite, avec ponctuellement des saillies pour le moins « limite » et aucun « contrepoint ». Quelqu’un qui ne lirait que Le Point (et peut-être Le Figaro au quotidien) serait exposé uniquement à des idées et à des raisonnements pour le moins droitiers. En soi, que ces idées existent ne me gêne pas outre mesure, même si je m’attache, autant que possible, à réfuter les plus discutables (sans non plus être « pas d’accord par principe »), mais une vision « unilatérale » est très dommageable à une bonne intelligence du monde. À cet égard, Le Monde est un peu plus pluraliste, puisque sa ligne vaguement « centre gauche » ne l’empêche ni d’accueillir des gens « plus à gauche » (par exemple Sylvain Cypel, en croisade depuis New York, contre les forfaitures bancaires et les idéologies « néolibérales » au sens large) et des gens de droite (pas forcément les meilleurs : Guy Sorman a eu droit à une tribune pour le moins affligeante de nullité). Inversement, ne jamais prêter attention sérieusement à ce que disent les gens de droite est une erreur sérieuse, la même en symétrique.

      Cela dit, je n’ai pas de « solution » et il n’y a pas de « miracle » : un média totalement pluraliste, où l’on trouve des gens de tous bords, prêts à discuter sérieusement et posément, c’est assez utopique. Même Public Sénat n’y parvient pas complètement (et puis personne ne regarde, alors bon). Et quand même ça existerait, beaucoup de gens resteraient attachés à « leur » média, qui Le Point, qui Le Monde diplomatique.

      (Et j’ai beaucoup trop écrit. Personne ne va me lire, c’est trop long. Pas grave.)

      • CramSi
        CramSi répond à Pi.K
        Navigue sur la toile
        • Posté à 13h36 le 09/01/2013
        • Internaute 193187
          Navigue sur la toile

        Si si moi je vous ai lu et vous remercie d’avoir tenté d’éclairer ma lanterne. ; -)

      • Zééva
        Zééva répond à Pi.K
        Dieu est mort !
        • Posté à 13h43 le 09/01/2013
        • Internaute 191780
          Dieu est mort !

        Si, j’ai lu. Ce n’est certainement pas ce genre de long commentaire qui nous les brise.

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 10h57 le 09/01/2013
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Faut dire aussi que comme « revirement » on a vu mieux, c’est pas comme passé à la cuisine du beurre à l’huile d’olive. Non non, rien d’aussi radical.
    Déjà c’est pas le FMI qui le dit (This Working Paper should not be reported as representing the views of the IMF.) et qu’en plus les deux bonhommes préconisent juste de lever un peu le pied(In particular, the results do not imply that fiscal consolidation is undesirable) des fois qu’on se fâcherait pour de vrai. (Lien)
    Tiens, à propos de colère, pourquoi on nous parle plus du laboratoire qu’est devenue la Grèce ? Ou si peu. Ou si bien caché, noyé.
    -Grèce : manifestation étudiante à Athènes le 7/12
    -Les Grecs manifestent contre la vente de la banque nationale le 18/12
    -Manifestations et grèves dans le secteur public grec le 19/12
    -Grèce : manifestation des retraités contre la réforme sur les pensions le 20/12
    -Athènes : non à l’ouverture des magasins le dimanche le 30/12
    ... (Lien)

    • Majesté
      Majesté répond à Pas tripette.
      ex-spermatozoïde
      • Posté à 11h32 le 09/01/2013
      • Internaute 77564
        ex-spermatozoïde

      C’est parce que toujours des manifestations, ça finit par lasser le chaland. Toujours la même chose. Alors que DSK ou Depardieu, il y a des rebondissements, ça tient en haleine, il y a du suspense, et puis surtout ça parle de gros sous et aussi de cul. Donc ça, ça fait rêver le chaland susdit. Entre deux pubs pour Coca, cela va sans dire.

    • Racaille la Rouge
      Racaille la Rouge répond à Pas tripette.
      zig-zag
      • Posté à 14h21 le 09/01/2013
      • 174747
        zig-zag

      Rappelons nous qu’il avait fallu 15 jours aux médias(laquais ?)Métropolitain pour nous parler des gréves dans les DOM (merci France O)Sinon exellent reportage hier sur Arte sur l’augmentation programmé des cours du riz et des commissions qui augmente de méme.....avec l’aval du FMI. A quant une chaine de TV Européenne ?

  • Torquemadam
    Torquemadam
    Statistique anonyme
    • Posté à 10h53 le 09/01/2013
    • Internaute 63510
      Statistique anonyme

    Je vais citer un de mes posts in extenso mais qui fonctionnent aussi ici :

    « Mouais, le FMI a reconnu un problème (et encore le terme est très fort) dans l’estimation d’un multiplicateur dans une équation économétrique... Ce n’est pas un changement de politique ni une reconnaissance tacite de quoique ce soit (pas même le fait que l’austérité est une erreur).
    Il y a surtout une méconnaissance du FMI dans ces commentaires.

    Je vous conseille ce billet de blog : Lien

    et cet article de Krugman : Lien

    avant de vous lancer. »

    • shaher
      shaher répond à Torquemadam
      pas du matin...
      • Posté à 11h31 le 09/01/2013
      • 173753
        pas du matin...

      Euh... Tes liens me semblent encore plus terribles que les commentaires d’@si.
      Le premier ne se prononce pas sur la pertinence de l’austérité, mais explique qu’il n’y a pas eu d’erreur de calcul : juste le choix d’un coefficient, arbitraire faute de données et de consensus, parmi une fourchette large de valeurs possibles. Il semble toutefois admettre que ce choix est mauvais.
      Le second est terrible : lui se prononce sur le choix de l’austérité qu’il juge catastrophique. Il ne dédouane même pas formellement le FMI (disant que les 2 économistes ne représentent qu’eux-même, que croire que le FMI est incompétent est « passer à côté de l’essentiel » etc.). Il dit simplement que les autres organismes sont pires, et que çà continue.

      D’où l’intérêt de matraquer l’idée que l’austérité est foireuse, si l’on en croit Krugman, pour que l’autisme des organismes soit vaincu, ou du moins visible de tous...

      • Torquemadam
        Torquemadam répond à shaher
        Statistique anonyme
        • Posté à 12h20 le 09/01/2013
        • Internaute 63510
          Statistique anonyme

        Il y a surtout eu une simplification trop rapide entre la publication de l’article de Leigh et Blanchard et le fait que le FMI admette qu’il s’est trompé, que l’austérité ne marche pas.

        Les recherches en économie (et en économétrie) sont loin d’être évidentes, les choix faits dans la valeur du paramètre correspondaient à la vision de l’institut (ceci dit, ce n’est pas la valeur la plus basse quand on consulte les travaux sur le sujet). La fourchette est large.

        C’est plus un problème de recherche fondamentale (qui prend une saveur particulière à l’aune de que nous vivons) que réellement un révolution et une erreur. Je cite d’ailleurs une partie d’un article de libération sur le sujet :

        « Le “multiplicateur” en question est le coefficient reliant l’évolution des dépenses publiques (ou des impôts) au taux de croissance de l’économie. Lorsque ce coefficient est de 0,5, par exemple, cela signifie qu’un point de dépense publique en moins, ou d’impôt en plus, entraîne une baisse de 0,5 point de l’activité. “Il y a deux façons de le calculer, explique Xavier Timbeau, économiste à l’OFCE. Soit en faisant de l’analyse historique, en regardant les liens passés entre les politiques budgétaires et l’activité ; soit en construisant un modèle économique et en étudiant les relations entre ses différents composants. Dans les deux cas, ce ne sont pas des modèles neutres : leur construction comporte toujours une part d’a priori, qui correspondent à des idéologies.”

        Or, selon Blanchard et Leigh, le multiplicateur “de crise” pourrait être jusqu’à trois fois supérieur à celui des périodes “normales”, utilisé jusqu’à présent. Les deux économistes l’avaient déjà écrit dans le très officiel rapport annuel du FMI, publié en octobre 2012 (page 41) : “De nombreux documents, dont certains issus du FMI, suggèrent que les multiplicateurs fiscaux utilisés dans les prévisions se situent autour de 0,5. Nos résultats indiquent que ces multiplicateurs se sont en fait situés entre 0,9 et 1,7” depuis le début de la crise. En clair, l’impact de l’austérité serait, selon les cas, de deux à trois fois plus important que prévu.

        “Jusqu’à présent, on a appliqué au temps de crise le multiplicateur des périodes normales, explique Xavier Timbeau. Or, dans une crise, tout le monde panique. Les gens ne se conduisent pas de la même façon et personne ne peut anticiper le futur. Par ailleurs, si l’austérité est beaucoup plus récessive qu’on ne le pensait, cela veut aussi dire qu’une politique de relance serait beaucoup plus efficace qu’on ne l’imagine !” »

        Bref, si on avait dit que la vitesse de lumière était en fait de : 299 792 500 m·s-1 au lieu de 299 792 458 m·s-1 (valeur admise actuelle), on n’aurait pas été si ironique, c’est la période qui veut ça plus que toute autre chose.

        Une dernière chose, je ne juge pas des politiques d’austérité, je ne cherche pas à les défendre ou à les enfoncer.

         
        • kevangel
          kevangel répond à Torquemadam
          Chercheur
          • Posté à 13h27 le 09/01/2013
          • Expert 24356
            Chercheur

          Déjà l’idée d’un simple coefficient multiplicateur pour mesurer l’effet de la fiscalité est stupide. Je ne suis pas économiste, mais ne pas tenir compte de la répartition de l’imposition et compter la fiscalité comme un tout unique est un grave erreur méthodologique.

          • Torquemadam
            Torquemadam répond à kevangel
            Statistique anonyme
            • Posté à 14h56 le 10/01/2013
            • Internaute 63510
              Statistique anonyme

            Ce n’est pas aussi simple que ça. L’incidence sur la fiscalité n’est le sujet. On raisonnait sur le PIB pas sur l’imposition.
            Pour faire simple, sur les 30 dernières années, dans les pays développés, l’effet des politiques budgétaires donnait une valeur de multiplicateur aux alentours de 0.5 - c’est à dire, une réduction du déficit public de 100 réduit au final le PIB du pays de 50.
            C’est la seule chose qu’on peut en conclure.

        • shaher
          shaher répond à Torquemadam
          pas du matin...
          • Posté à 14h53 le 09/01/2013
          • 173753
            pas du matin...

          Ok, vu. Je suppose que ces modèles doivent avoir des imprécisions monstres, entre le choix des variables et la modélisation des structures de dépendance. Bref, je sais pas si on pourra prouver formellement l’inefficacité de l’austérité, mais la leçon de l’affaire est qu’ils n’ont pas prouvé formellement son efficacité. L’observation empirique est féroce à ce titre.

          La différence du ressenti de ces tâtonnements tient moins de la période que des conséquences concrètes que ces choix ont sur nos vies...
          On atteint les limites de l’expertise : peu de décideurs tolèrent de devoir trancher des incertitudes, l’expert doit arriver avec la caution scientifique clé en main. Et même s’il assume le pari, la communication doit présenter les choses comme précises et infaillibles. Que l’affirmation vraie « la nécessité de l’austérité n’est pas avérée » se transforme en l’affirmation non vérifiée « l’austérité est néfaste » relève d’une communication aussi exagérée que la précédente, pour habiller un autre pari (corroboré par les nouveaux constats). C’est de bonne guerre, et ceux qui, comme Krugman, ont fait leur choix, ne doivent pas la voir d’un mauvais œil.

          • Torquemadam
            Torquemadam répond à shaher
            Statistique anonyme
            • Posté à 15h01 le 10/01/2013
            • Internaute 63510
              Statistique anonyme

            Ces modèles sont compliqués à étudier et à mettre en place.
            Dans l’idéal, il faudrait pour étudier l’austérité : il faudrait choisir deux pays identiques, de n’y changer que la politique budgétaire, et d’observer le résultat. Ce genre d’expérience n’étant guère praticable, les économistes sont condamnés à faire avec ce que le monde réel leur donne. Mais la réalité est compliquée et désordonnée. Supposez un pays qui mène l’austérité budgétaire, tandis que sa monnaie se dévalue, que sa banque centrale baisse les taux d’intérêt, et que l’on y découvre un gisement de gaz naturel. Comment, dans tout cela, identifier l’effet spécifique de l’austérité budgétaire ?

            Donc en général, on utilise des modèles théoriques. ais des modèles prédisant l’effet de l’austérité, il y en a beaucoup. Pour certains, l’austérité budgétaire, en redonnant confiance aux investisseurs, a un effet bénéfique sur l’activité économique. Pour d’autres, au contraire, l’austérité budgétaire a un impact catastrophique sur l’activité. La seule façon de savoir est de tester le modèle en comparant ces résultats avec ceux du monde réel (dont les données sont connues avec un grand décalage dans le temps...) ce qui ramène au problème précédent.

            In fine, la seule réponse possible aux effets de l’austérité est : « je ne sais pas ».

        4 autres commentaires
  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 11h03 le 09/01/2013
    • Internaute 97292
      1ère version

    Oui, c’est vrai que la presse n’informe plus correctement. Mais M. Schneidermann, vous non plus n’informez pas correctement vos lecteurs. Par exemple, en septembre dernier, quand Hollande annonçait sa politique d’austérité, vous n’avez pas relayé qu’une semaine avant, il signait un chèque de 53 milliards d’euros (oui, vous avez bien lu) pour renouveler son abonnement au FMI. Mme Largarde aurait très bien pu refuser cet argent qui manque dans les caisses de l’état. Ben, oui, Hollande n’a pas 53 milliards, il a du les emprunter (avec intérêts) à la Goldman Sachs, via la BCE.

    Je ne pense pas que Médiapart soit très différent de Rue89 dans sa manière de traiter l’actu. Et ce n’est pas en critiquant le travail (ou plutôt le non travail) des concurrents que vous augmenterez le nombre de vos lecteurs. Finalement vous faites comme les autres. Vous vous contenter de reprendre les dépêches de l’AFP sans jamais aller plus loin. Si vous vouliez sortir du lot, vous sortiriez des scoops ! Or combien de scoop Médiapart a sorti ces 12 derniers mois ?

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à nanabel
      Bonne
      • Posté à 12h44 le 09/01/2013
      • Internaute 30028
        Bonne

      c’est vrai aussi
      que tout un chacun de Journaliste
      ne peut pas être un Denis Robert ! ! !
      hein ,mon coco...

      • nanabel
        nanabel répond à zénon denon 84
        1ère version
        • Posté à 13h54 le 09/01/2013
        • Internaute 97292
          1ère version

        Toute la presse l’avait roulé dans la boue et il lui a fallu des années pour laver son honneur. Il me semble que seuls 3 ou 4 journaux l’avaient soutenu, dont Médiapart et le Canard Enchaîné.

    • Racaille la Rouge
      Racaille la Rouge répond à nanabel
      zig-zag
      • Posté à 14h25 le 09/01/2013
      • 174747
        zig-zag

      Ni sur la dette de l’Algerie de 60 M d’euros à la Caisse d’assurance Maladie.. méme pas abordé lors du voyage présidentiel.

  • Bob Moog
    Bob Moog
    Voltage Controlled
    • Posté à 11h15 le 09/01/2013
    • Internaute 136928
      Voltage Controlled

    L’édito politique de ce matin sur France Culture traitait de ce sujet, et selon l’éditorialiste cette histoire commence à se médiatiser (il parait qu’ils en parlaient au JT de F2 hier soir).

    En passant, les Portugais sont sur le point de se débarrasser de leurs Tv et radio publiques pour satisfaire aux exigences d’austérité du FMI. C’est fou le nombre de trucs importants que l’on apprend quand France Inter est en grève.

    • Majesté
      Majesté répond à Bob Moog
      ex-spermatozoïde
      • Posté à 12h57 le 09/01/2013
      • Internaute 77564
        ex-spermatozoïde

      Les Portugais, c’est tout le pays qu’ils sont en train de privatiser. Pas seulement la TV. Tiens, même les aéroports vont y passer. Et tout le reste.

      Les chevaux sentent l’écurie, ils piaffent. Cette crise est une aubaine pour certains, ils voient tomber les dernières réticences, ils accélèrent le tempo et se préparent à donner l’estocade.

      Et ce ne sont certainement pas quelques manifs bon enfant, par ci par là, qui y changeront quoi que ce soit.

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 12h04 le 09/01/2013
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Les économistes, qu’ils soient du FMI ou d’ailleurs, n’arrêtent pas de jouer les extralucides, nous bassinent avec leurs prévisions et se plantent avec une régularité de métronome, comme les prévisions des politiques, notamment en période de préparation budgétaire !
    C’est ainsi qu’ils ont inventé le développement durable, qui ne durera pas, les promesses n’impliquant que ceux qui y croient et toute la population , surtout en période électorale.
    La question est donc : pourquoi ces gens se plantent ils tous ? et de fait comment avoir confiance en des institutions , des politiques à tous les niveaux , qui mettent le petit peuple comme le grand, dans des situations financières et sociales totalement intenables ?
    C’est un appel à réponses : la meilleure sera dotée d’un ticket de bus pour pôle emploi !

    • nanabel
      nanabel répond à vieilanarfatigué
      1ère version
      • Posté à 13h43 le 09/01/2013
      • Internaute 97292
        1ère version

      Les experts, élites et autres personnages politiques qui courent les médias, ne se plantent pas. Ils sont payés pour dire des mensonges. Ils s’adressent à un auditoire d’ignorants qui ne cherchera pas à savoir la vérité. Les journaleux font également très bien leur boulot de désinformation.

      On en arrive à un tel niveau d’abrutissement, que les gens élisent leur président, non pas pour ses compétences, mais juste pour virer l’abruti précédent. Puisque le slogan des médias était « tout sauf Sarko ! » ; Il est probable que s’ils avaient fait la propagande d’une chèvre, elle aurait été élue.

      D’ailleurs on pourrait se demander à quoi peut bien servir un gouvernement aujourd’hui ? La Belgique est restée un an et demi sans gouvernement et ne s’est pas effondrée pour autant.

      Les questions essentielles, auxquelles on devrait répondre, sont de savoir qui détient le pouvoir en Europe ? Qui paye les partis politiques ? A qui appartiennent les médias ? Pourquoi un gouvernement accepte t-il de loger gratuitement 3000 lobbyistes à l’A.N. ? Pourquoi Hollande a t-il besoin de s’entourer de 41 conseillers (tous lobbyistes), alors qu’aucun autre chef d’état dans le monde n’en a besoin d’autant ? (Ouais, Hollande détient le record mondial de conseillers). Pourquoi la France a t-elle besoin de 577 législateurs à l’A.N., alors que les Etats-Unis en ont besoin que de 435 ? ....

      • vieilanarfatigué
        vieilanarfatigué répond à nanabel
        Changer le monde, c'est se (...)
        • Posté à 14h40 le 09/01/2013
        • Internaute 125168
          Changer le monde, c'est se (...)

        Bon, si je synthétise, vous soutenez la thèse de ceux qui savent et qui ont le pouvoir politique et médiatique et de l’autre côté un agglomérat d’abrutis manipulés, auxquels les premiers mentent effrontément pour conserver le pouvoir et les institutions au sens large du terme, dans un but que vous ne définissez pas mais que je comprends : pouvoir, pognon, sexe et popularité.
        Si je suis d’accord sur la deuxième partie et notamment l’élection de la chèvre élue -ce qui est d’ailleurs le cas- la thèse du pouvoir qui sait me laisse perplexe.
        Ces gens sont eux mêmes manipulés par l’incapacité technique, technologique, temporelle et spatiale d’intégrer, d’ingérer , de digérer et de diriger donc, toutes les informations, les décisions et orientations offertes notamment par les espaces de liberté à l’économie de marché, au libéralisme et à la dérèglementation. Hollande peut s’entourer de 10000 conseillers il n’y verra jamais clair, et son attentisme à gouverner vient probablement de là.
        En un mot, le système s’est tellement bordélisé, que plus personne n’est capable de le cornaquer et que ledit système fonctionne tout seul et va où son vent le mène. Si ça marche tant mieux et si ça déconne on fait semblant de le réparer en attendant des jours meilleurs. Le pouvoir est donc dans ce monstre international, global et planétaire que nous autres humains interconnectés avons mis en place.
        Je suis encore d’accord sur le déficit démocratique et sa représentation nationale : nous n’avons plus besoin de représentants, de figurants grassement payés pour voter les lois du gouvernement et du candidat élu : un simple secrétariat serait moins couteux et tout aussi efficace.
        Alors prenons la vie du bon côté et écoutons ces doctes spécialistes bardés de diplômes ronflants se planter vigoureusement, et laissons les déconner jusqu’au jour où on leur tranchera le cou....ils sont parfois saoulants !

         
        • nanabel
          nanabel répond à vieilanarfatigué
          1ère version
          • Posté à 16h24 le 09/01/2013
          • Internaute 97292
            1ère version

          Je suis assez d’accord avec vous, d’ailleurs leurs conneries me font bien marrer et je les trouve parfois assez imaginatifs dans leurs explications. J’aime beaucoup la main invisible des marchés. Elle me fait bien rire celle-là.

          Ceci dit, dire que les dirigeants politiques sont manipulés par des affairistes eux-mêmes manipulés par un système nébuleux, immatériel et qui fonctionne tout seul, est la preuve que le coup de la main invisible des marchés était une trouvaille géniale pour rendre les gens encore plus ignorants.

          Alors il faut dire que la main invisible des marchés n’existe pas, c’est une image. Vous croyez vraiment que Bercy ne sait pas à qui il emprunte du pognon ? Que Hollande ne connait pas le nom de ses créanciers ? Que c’est une main invisible qui oblige Renault à délocaliser ses usines au Maroc et que Montebourg n’est pas en capacité de lui interdire ?

          Alors pour l’Eurozone, la main invisible des marché s’appelle Goldman-Sachs. C’est elle qui a été mandatée par la Fed pour s’occuper de la zone euro. Donc quand on cherche un peu, la main invisible a bien une identité.

          Après il ne faut pas croire que les dirigeants politiques sont idiots, ou incompétents. Ils savent parfaitement ce qu’ils font. Ils sont payés pour faire un job et ils le font bien. Le problème c’est qu’ils ne sont pas payé par le peuple, mais par des multinationales. Et quand on peut se payer un président on a tiré le jackpot. D’ailleurs il semblerait que les employeurs de Hollande ne lui fassent pas entièrement confiance puisqu’ils ont placé au coeur même de l’état, des gens à eux. Par exemple le directeur de l’Elysée (le chef des conseillers) est un mec de chez Golmand-Sach, ainsi que le directeur de la Banque de France. Ils ont également gardé en place des affairistes qui avaient conseillers Sarko, comme Minc et Attali (ils n’étaient pas le choix de Hollande).

          Moi, je suis sûr que dans le fond Hollande est un mec bien, il ne veut pas l’austérité, mais il est bien obligé de suivre les ordres. C’est juste un corrompu qui a fait le choix de sa carrière avant son pays. Et puis faut dire que les socialistes ont toujours détesté la Vè république, eux, leur truc c’est la IIIè république.

          • vieilanarfatigué
            vieilanarfatigué répond à nanabel
            Changer le monde, c'est se (...)
            • Posté à 16h37 le 09/01/2013
            • Internaute 125168
              Changer le monde, c'est se (...)

            Ok. En fait, il y a un réseau qui fonctionne en transversal alors que le peuple est encore dans le pyramidal, avec un Président qui préside à la destinée de la Nation et de son peuple alors, que ledit président n’est qu’un maillon d’une chaine d’un système de pouvoir dans lequel tout le monde essaie de tirer la couverture à soi pour tondre l’autre et ce sans s’en cacher. Il s’agit donc pour les uns de s’en mettre plein les fouilles, assez pour corrompre les autres chargés d’assurer la pérennité du système à tondre le prolo, le tout en assurant aussi la paix sociale sans laquelle les profits ne seraient pas ce qu’ils sont !
            Me gourrre - Je ?

            • nanabel
              nanabel répond à vieilanarfatigué
              1ère version
              • Posté à 17h11 le 09/01/2013
              • Internaute 97292
                1ère version

              Ouais, mais il ne faut surtout pas croire que tous ces gens là sont copains. Ce sont des rivaux qui se tapent dessus allègrement via les places boursières. Le but du jeu est de couler son adversaire pour s’emparer de ses biens. C’est juste histoire de devenir plus riche que son concurrent. C’est à celui qui aura la plus grosse... fortune. Ils ont forcément un problème d’infériorité quelque part.

              Je ne crois pas que le but est de tondre le prolo. En fait ils n’en ont rien à faire du prolo, mais en cas de pertes financières il est toujours utile de faire appel à lui. Et puis il est tellement docile que cela serait bête de s’en priver.

        3 autres commentaires
  • Zééva
    Zééva
    Dieu est mort !
    • Posté à 12h20 le 09/01/2013
    • Internaute 191780
      Dieu est mort !

    Pour votre information, mon Cher Daniel, le journal L’En Dehors avait repris votre chronique dans la soirée. Oui, je sais, la presse Anarchiste n’a pas pignon sur rue mais néanmoins...
    Après, c’est un choix. Pour être informés, les uns choisiront une seule voix pendant que d’autres iront flâner sous tous les cieux à la recherche d’informations, zappées, erronées ou bâclées par certains médias.
    Personnellement, je me promène partout et cela va des journaux d’extrême droite à ceux qualifiés d’extrême gauche.
    Je ne pense pas que nous soyons surinformés(es). Par contre, mal informés(es), c’est une certitude. Et le drame, c’est que nous sommes presque plus au courant de ce qu’il se passe en dehors de nos frontières, que chez nous.
    Un exemple : Silence on meurt !

  • Lokiel
    Lokiel
    ex-étudiant
    • Posté à 12h23 le 09/01/2013
    • Internaute 129379
      ex-étudiant

    Ca me donne surtout l’impression d’un article écrit par un mec qui refuse d’admettre qu’il s’est fait chopper...

    Et les « économistes du FMI » sont beaucoup plus nuancés que vous ne le laissez entendre : ils indiquent « oui, y a eu une erreur, on a sous estimé l’effet récessif » mais disent aussi « néanmoins, l’effet récessif n’est pas suffisant pour contrebalancer les effets positifs ». Donc leur revirement, il est vachement limité hein, c’est un peu comme si Taser vous disait « nos pistolets font un peu plus mal qu’on ne l’avait prévu mais ils ne tuent toujours personne ».

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 14h28 le 09/01/2013
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    « Prenez ce revirement du FMI : franchement, ne mérite-t-il pas davantage qu’un article dans un coin, aussitôt enseveli sous l’avalanche de l’actualité quotidienne ? A la vérité, c’est chaque fois qu’il est question de l’austérité, et de ses multiples conséquences dans tous les domaines, que ce rappel, en quelques lignes de contextualisation, serait salutaire et pertinent.

    Cette remarque s’adresse évidemment d’abord aux politiques. Je pense, en France, aux mélenchonniens, et surtout au premier des mélenchonniens, Mélenchon lui-même. Ah, Mélenchon, l’autre soir, quand Cahuzac vous a collé sur France 2 avec le taux de CSG, que ne l’avez-vous collé vous-même, en retour, avec le coefficient multiplicateur du FMI ? »

    Melenchon bashing quand tu nous tiens, le gars à le dos large quand même il porte la responsabilité de la misère du monde sur le dos si on vous suit.

    qui est au pouvoir déjà ?

    qui passe ses journées à rabâcher son impuissance pour surtout ne rien faire ?

    qui occupe les masses avec des sujets polémiques de surface (mariage depardieu) ?

    qui collectionne des montres de luxe et n’a jamais cru à la lutte des classes tout en côtoyant exclusivement les milieux de la haute bourgeoisie ?

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 12h57 le 09/01/2013
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    L’erreur initiale pourrait être de confondre ces « premiers de la classe des écoles de commerce » qui sévissent en qualité « d’experts » à tous les niveaux de nos administrations (et accessoirement des médias) avec des « économistes ».
    La plupart, tout brillants qu’ils soient sans doute en mathématiques, feraient bien de s’inspirer -au minimum- d’essais tels que « Le macroscope » (Joël de Rosnay) avant de programmer leur calculette et nous tirer des plans sur la comète.
    Les plus intelligents parviendraient peut-être à comprendre que les politiques financières ne se traduisent pas qu’en répercussions monétaires (boursières !) mais qu’elles ont une incidence quasi immédiate sur un ensemble beaucoup plus vaste pouvant induire des conséquences dramatiques pour les populations et l’environnement.
    Il est vrai que la grande majorité d’entre eux se trouve souvent juge et partie
    (on ne parle pas de « conflit d’intérêt » à ce niveau là, et pourtant ! ? !) puisque leurs « petites » économies personnelles sont investies sur des valeurs spéculatives intimement liées à leurs « prospectives » (ou « directives », selon leur niveau d’influence) ce qui fait qu’ils peuvent en tirer de confortables dividendes à court terme pendant qu’une forme de tradition bien établie en modèle « libéral » laisse la charge des dégâts (socio-économiques et écologiques) à long terme à l’ensemble de la collectivité, voire aux générations futures.
    Et plus il leur est versé le salaire faramineux qu’ils prétendent « mériter », et plus ils sont enclins à inspirer des dynamiques qui vont augmenter la valeur de leur épargne spéculative, étant bien entendu qu’ils ont concomitamment inspiré une politique de défiscalisation les exonérant d’en payer les effets pervers.
    Pour mémoire, j’ai déjà souvent rappelé que Christine Lagarde -chef de file du FMI- déclarait en Octobre 2008 (alors qu’elle dirigeait l’économie française) que le cours de l’or n’était pas appelé à évoluer de façon sensible ; ça nous donne une idée de son niveau de compétence...

  • Albedo
    • Posté à 12h59 le 09/01/2013
    • Internaute 7121
  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 14h06 le 09/01/2013
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    - ».... la sous-médiatisation de tel ou tel événement qui nous semble important. »

    Je n’ai pas suivi cette affaire de FMI, mais, pour ce qui est de la sous-médiatisation, je confirme et j’exulte !

    Trop souvent, « nos » journalistes nous commencent (quand ils nous commencent) et ne nous finissent pas, trop souvent nous parviennent des infos mal relayées, aux sources douteuses, aux indications ambiguës, aux détails superfétatoires, les conséquences ne sont pas explorées (même à titre expérimental) ou alors développées avec certitude, sans recul, les lieux sont approximatifs (confusion entre départements, entre villes...) .

    Et combien de titres accrocheurs (oui, ici sur R89, mais ce n’est pas le seul !) , contredis par le texte ou les images, démentis par les sous-titres.

    Y a du boulot, hein ?

  • castortls
    castortls
    Pfff...
    • Posté à 16h37 le 09/01/2013
    • Internaute 66033
      Pfff...

    L’info sur rue89 (ou ailleurs) est éphémère, elle est noyée sous une tonne d’autres infos sérieuses ou divertissantes, à l’image de la timeline d’un compte Twitter ou de ses agrégateurs RSS.

    En fait, j’ai l’impression que plus Rue89 (ou d’autres) font du tapage informationnel, plus ils captent du clic (ou de l’écho), mieux c’est pour eux. Tant pis pour l’information en elle-même.

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 15h43 le 09/01/2013
    • 49273
      Petit agité

    Je pense, en France, aux mélenchonniens, et surtout au premier des mélenchonniens, Mélenchon lui-même.

    Il n’y a qu’un seul Mélenchon et Mélenchon est son prophète.

  • Iletvilain
    Iletvilain
    Bretagne
    • Posté à 15h57 le 09/01/2013
    • Internaute 188970
      Bretagne

    En attendant, très concrètement, les gens de la « vraie vie » sont en train de se coltiner des infos pas très folichonnes pour essayer de sortir de leurs emm...
    Un constat fait ce matin, qui vaut bien des chroniques économiques :
    Inquiétant signe des temps de crise

  • Elocirkus
    Elocirkus
    Ailleurs
    • Posté à 16h24 le 09/01/2013
    • Internaute 189611
      Ailleurs

    ...et après un interminable combat...

    Keynes 1 - Libéraux 0

    Oui ça devrait faire la une tous les jours \°/

  • Communisty Manager
    Communisty Manager
    Franc-Tireur
    • Posté à 16h27 le 09/01/2013
    • Internaute 196465
      Franc-Tireur

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