Ma vie d’Eurocrate à Luxembourg : je ne suis pas à plaindre
Je suis fonctionnaire européen depuis plus de vingt ans et en poste à Luxembourg. J’y occupe un poste de secrétaire que j’ai obtenu par concours et surtout sans magouilles.
Pour évoquer de suite le sujet qui fâche, je dois reconnaître que je gagne extrêmement bien ma vie. Mon salaire de base est conséquent et s’y ajoutent diverses indemnités (foyer, allocations familiales, indemnité de dépaysement....). La totalité de mon salaire net et indemnités est de quasiment 7 000 euros.
En outre, si le salaire est conséquent, il est inexact de dire que nous ne payons pas d’impôt. Nous payons un impôt communautaire auquel s’ajoute l’impôt de crise, objet de votre article. S’il est supprimé cette année 2013, il sera très sérieusement rétabli avec l’application de notre nouveau statut.
D’autre part, être fonctionnaire européen signifie l’obligation d’habiter soit Luxembourg, soit Bruxelles et très accessoirement Strasbourg (peu de fonctionnaires sont en poste à Strasbourg).
Coût de la vie élevé
Comme vous pouvez l’imaginer, Luxembourg et Bruxelles sont des villes où le coût de la vie est extrêmement élevé. Il faut compter 700 euros pour un studio, 1 800 euros pour un logement correct pour une famille de quatre personnes. Les crèches sont bien souvent privées et hors de prix.
Si vous avez la chance de conserver votre habitation proche de la frontière, il vous faudra passer 1h30 le matin et 1h30 le soir dans votre voiture à 40 km/h en moyenne ! Ce qui n’est pas de tout repos non plus. Sans parler des loyers aux frontières qui sont sans cesse en hausse !
Nos salaires sont indexés sur une moyenne des salaires de fonctionnaires des autres pays. Or, il y a deux ans, ils devaient augmenter de 3,5% mais, par solidarité, ils n’ont été augmentés « que » de 1,75%. Cette année : aucune augmentation.
37,5 heures par semaine
Quant à notre temps de travail évoqué dans la réponse de l’un de vos lecteurs, il est inexact. Nous travaillons actuellement 37,5 heures par semaine et nous allons, avec l’application de notre nouveau statut, en travailler 40 d’ici peu (soit cinq heures de plus qu’un salarié en France) et nos congés sont identiques (à l’exception des fonctionnaires qui ont un lieu d’origine éloigné – mesure qui va arriver également à expiration).
D’autre part, les « vieux » fonctionnaires sont effectivement bien rémunérés et j’ose espérer qu’aucun d’entre nous ne le conteste.
Cependant, les fonctionnaires recrutés depuis 2004 ont fait l’objet d’un nouveau statut. De ce fait, ils ont été engagés avec un salaire diminué quasiment de moitié par rapport aux recrutements antérieurs.
Aussi, le salaire de base d’une secrétaire débutante est d’environ 2 500 euros. Ce statut a concerné principalement les fonctionnaires recrutés des pays liés à l’élargissement (Pologne, Hongrie, Lettonie...).
De ce fait, toutes ces personnes sont arrivées à Luxembourg et Bruxelles avec des salaires inappropriés pour ces deux capitales. De plus, leurs conjoints n’ont pas été autorisés à travailler à Luxembourg avant deux ans. Vous comprendrez aisément que vivre avec 2 500 euros, payer un loyer de 1 200 euros en moyenne n’a pas été chose facile non plus.
Et tout cela sans parler des agents contractuels pour lesquels le salaire de base est de 1 800 euros sans perspective de carrière réjouissante (mais bon votre article concerne les fonctionnaires).
Nouveau statut moins favorable
Notre statut actuel va être remplacé par un nouveau beaucoup moins favorable (40 heures par semaine, suppression de certaines indemnités et de congés, baisse des pensions...). Cela devrait en contenter quelques-uns alors même que cela ne leur ajoutera rien ! Comme toute personne dont le niveau de vie va diminuer, nous ne sommes pas vraiment satisfaits même si je ne trouve pas anormal d’appliquer une certaine solidarité.
Je ne me plains donc évidemment pas et non plus de la baisse de nos acquis. Je dois reconnaître que j’ai une vie très agréable mais ce n’est pas pour autant que j’ai perdu toute notion de réalité. Je suis entourée d’amis et de familles qui n’ont pas ma chance, certains au smic ou à bas salaire, d’autres au RSA. J’essaie au maximum de partager ma chance avec eux. Nous ne sommes pas tous complètement obtus non plus !
Ceci dit, je ne me risque plus à dire que je vote à l’extrême gauche au risque de me faire rabrouer...
D’autre part, les concours des institutions européennes sont ouverts à tous, sans limite d’âge mais comme tout fonctionnaire (y compris en France) liés à des obligations (diplômes par exemple). Libre à chacun de s’y inscrire et de les réussir...
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La rhinite du président tchèque ressemblait à une belle cuite
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Étudiant traducteur
Étudiant traducteur
À tout ceux qui vont immédiatement en vouloir au rédacteur de l’article d’avoir un bon salaire et de bonnes conditions (tout en, sans doute, espérant avoir les mêmes un jour ou en regrettant ne les avoir jamais eu) :
1. Réduire ce salaire ou détériorer ces conditions n’augmentera/améliorera pas le/les vôtre(s).
2a. Il est faux de dire que l’Union européenne coûte cher. La Commission, qui administre (sous mandat des États membres, rappelons le, votre vote national influence l’orientation européenne) 500 millions de citoyens sur un continent entier compte autant de fonctionnaires qu’une ville moyenne de Grande Bretagne (l’exemple était Leicester, il me semble). C’est-à-dire que toutes les politiques menées au niveau européen, qui l’étaient au niveau national auparavant, utilise un nombre ridiculement bas de fonctionnaires.
2b. (il est toujours faux de dire que l’UE coûte cher). Juste pour illustration, la direction générale de la traduction de la Commission (sa plus grosse DG en termes de personnel) coûte 2 euros par citoyen et par an (salaires de 7000 euros des fonctionnaires compris). Pour un sacré service rendu.




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