Rencontre 01/01/2013 à 11h00

Ludivine Barbier, un mari otage et l’impression d’être « mise à l’écart »

Camille Polloni | Journaliste Rue89

L’épouse de Rodolfo Cazares, chef d’orchestre enlevé par un cartel mexicain, témoigne. Avec les commentaires d’un spécialiste de l’enlèvement contre rançon.


Ludivine Barbier, le 12 décembre 2012 à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

Aux yeux du Quai d’Orsay, le chef d’orchestre Rodolfo Cazares n’est pas un otage. Pour sa femme, Ludivine Barbier, cela ne fait pourtant aucun doute.

Making of

Pour cet article, nous avons souhaité confronter le témoignage personnel de Ludivine Barbier au regard professionnel d’Adam (le prénom a été modifié). Son activité : le conseil en gestion de crise. Sa spécialité : l’enlèvement contre rançon.

S’il n’intervient pas dans ce dossier en particulier, Adam a une expérience qui lui offre du recul sur le cas de la famille Cazares. Il a accepté de livrer quelques commentaires au fil de l’article.

En juillet 2011, le couple passe quelques jours chez les parents de Rodolfo, à Matamoros, ville mexicaine frontalière avec les Etats-Unis. Les vacances se transforment brusquement en cauchemar.

Une nuit, des hommes armés et cagoulés, « en tenue de soldat », raconte Ludivine Barbier, font irruption dans la maison. Ils appartiennent sans doute au cartel du Golfe du Mexique.

Ils disent chercher « Rudy Cazares », membre du cartel des Zetas, fils illégitime du grand-père de Rodolfo. Pensent que les habitants de la maison le connaissent, qu’ils savent où il se trouve. Et enlèvent plusieurs membres de la famille, dont Ludivine Barbier et son mari, transportés les yeux bandés vers leur « planque ».

Le commentaire d’Adam
« Plus de 20 000 personnes ont “ disparu ” au Mexique ces dernières années. Les cartels ont récemment élargi leurs activités à l’immigration illégale et aux enlèvements contre rançon. La plupart ne durent que quelques semaines et il est exceptionnel qu’il n’y ait pas de contacts durant de si longues périodes. »

Une rançon et pas de nouvelles

Au bout de quelques jours, les femmes et les enfants sont relâchés. Rodolfo Cazares, lui, reste séquestré depuis un an et demi. Et ce malgré le versement d’une rançon de 100 000 dollars.

Sans aucune nouvelle ni preuve de vie de son mari, Ludivine Barbier se démène au Mexique et en Europe, pour faire évoluer sa situation. Elle espère qu’il reviendra.

« Peut-être qu’il est toujours dans l’Etat de Tamaulipas. Peut-être qu’il a été emmené ailleurs ou revendu.

Quand c’est pour l’argent, normalement les ravisseurs ne rompent pas le contact. Je sais que la probabilité que mon mari soit encore en vie est faible. »

De passage à Paris, la jeune femme expose calmement, pour la énième fois, les démarches entreprises : une plainte au Mexique pour enlèvement et séquestration, une autre en France, ses contacts avec le Quai d’Orsay.

« Au début, il était difficile pour le ministère des Affaires étrangères d’intervenir, parce que Rodolfo était un Mexicain enlevé sur le sol mexicain. En plus nous vivions en Allemagne. Puis il a obtenu la nationalité française, demandée avant l’enlèvement, et cela a simplifié les choses. »

D’après le ministère des Affaires étrangères, le chef d’orchestre « a acquis la nationalité française en février 2012, avec effet rétroactif au 6 juin 2011. Il bénéficie pleinement à ce titre de la protection consulaire ».

La diplomatie française dit suivre de près les procédures en cours :

« Le ministère des Affaires étrangères et notre ambassade à Mexico sont mobilisés pour lui apporter tout le soutien nécessaire et restent en contact avec son épouse, qui a notamment été reçue au Quai d’Orsay. »

Le commentaire d’Adam

« Le pouvoir de faire avancer les dossiers d’enlèvements en Amérique latine n’est malheureusement pas entre les mains des Affaires étrangères. En ce qui concerne le Mexique, pays souverain, ce pouvoir appartient aux autorités locales, quelle que soit leur compétence sur le terrain.

Cela n’empêche pas de discuter, de rencontrer des acteurs de ce dossier, officiels et privés, Français et Mexicains, d’assigner un membre du Quai d’Orsay qui puisse maintenir le lien avec les familles de victimes au moins une fois par semaine. De participer au travail de terrain visant à renouer un dialogue. De fournir conseils et guidage.

Plus de 80% des victimes d’enlèvements au Mexique ne vont pas porter plainte par peur de représailles. »

L’illusion que « la France nous sauverait »

Même séquestré, Rodolfo Cazares n’est pas officiellement considéré comme un otage. Les ravisseurs n’ont pas exprimé de revendication politique, et la demande de rançon a été transmise directement à la famille, pas à l’Etat français.

« C’est l’oncle de Rodolfo qui a reçu le coup de fil », explique Ludivine Barbier. Pour elle, « tant que mon mari se trouve entre les mains de ces hommes-là, il est otage » :

« Pendant notre séquestration, je disais à mon mari : “La France va venir nous sauver. Toute la presse doit être au courant.” J’avais cette illusion. »

En décembre 2011, la jeune femme rencontre Otages du monde, avec qui elle organise de nombreuses mobilisations pour son mari. Grâce à l’association, Ludivine Barbier rencontre les familles d’autres otages, séquestrés pour des raisons crapuleuses ou politiques.

Le commentaire d’Adam

« Rodolfo Cazares a été victime d’un enlèvement. Il est donc un otage. Il y a eu une demande de rançon et comme dans la plupart des cas, cette demande a été transmise à la famille.

Les ravisseurs, en l’occurrence un cartel, ne veulent surtout pas discuter avec des autorités. Ils sont en guerre contre d’autres cartels et également contre les autorités. »

Elle commente l’initiative de Clément Legrand, frère d’un otage au Niger, qui a adressé un message vidéo aux ravisseurs :

« Je peux comprendre son désespoir. Une vidéo, j’y ai pensé. Mais [Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi)] c’est très différent. Ce sont des groupes très au courant de l’actualité, ils regardent ce que font les familles.

Celles-ci savent choisir par quel canal s’adresser aux ravisseurs. Nous, on ne sait même pas si ça leur arrivera aux oreilles. »

Pour l’association, qui veut aider les uns et les autres à « s’enrichir d’échanges, de soutien, d’idées ou d’adresses », la distinction entre les otages « officiels » et les autres importe peu.

C’est ce qu’avance Patricia Philibert, secrétaire générale d’Otages du monde, pour qui dans cette affaire, « tout le monde fait son travail » :

« Même si c’est peu, Ludivine a été reçue par le ministère des Affaires étrangères et a des retours sur la procédure au Mexique.

Quelle que soit la terminologie employée, Rodolfo Cazares a été enlevé et séquestré arbitrairement. Il est passé de sujet à objet d’échange. Pour le baron Empain comme pour la maternelle de Neuilly, on parle d’otages. »

Le commentaire d’Adam

« Toutes les personnes enlevées sont victimes de crimes crapuleux. Les revendications diffèrent mais il y a toujours un rapport d’argent. Même lorsque la demande est politique, il y a un versement ou une compensation financière.

Il faut distinguer la victime d’un enlèvement sequestrée dans un endroit inconnu (cas du baron Empain) et la prise d’otages qui se passe dans un lieu connu (Neuilly). Le traitement de ces deux types de crimes est tout à fait différent. »

« Tout l’entourage est très affecté »

Dans la tête de Ludivine Cazares, les scénarios « alternent en permanence et se mélangent, y compris dans la même journée » : elle imagine son mari vivant ou mort, sur le point de revenir ou disparu à jamais, et doit vivre avec son absence.


Ludivine Barbier, le 12 décembre 2012 à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

« J“ai du mal à suivre une idée. J’ai arrêté mon activité de traductrice. C’est difficile, y compris financièrement.

Tout l’entourage est très affecté par une disparition : on a l’impression que personne ne fait rien, même si ce n’est pas vrai. Je me sens mise à l’écart, j’ai du mal à déléguer aux personnes qui veulent nous aider.

Cela prend énormément de place dans les conversations de tous les jours, au point parfois, je pense, que certains en ont marre. Il est certain que ma vie a basculé.”

Le commentaire d’Adam

“Les familles d’otages sont généralement dépourvues de toute aide. Elles doivent par ailleurs faire face à de multiples interlocuteurs : Affaires étrangeres, police, journalistes, avocats, banquiers, consultants, intermédiaires, collègues, membres de la famille, associations, etc.

Ces interlocuteurs sont français et, dans cette affaire, également mexicains. Face à eux, il est important d’élaborer une stratégie et des tactiques concentrées sur l’unique objectif de la famille : permettre la libération de la victime, ou, le cas echéant, récupérer sa depouille.

Pour cela, il est nécessaire qu’un professionnel travaille au service exclusif de la famille, pour le libération de son membre. Cela n’est malheureusement pas la vocation de notre service public, tout particulièrement lorsque le drame se déroule à l’étranger et dans un pays souverain.”

Sans accès au dossier, sans contact avec les autorités mexicaines, Ludivine Barbier entend en permanence que “l’affaire suit son cours”.

Elle se souvient de ses hésitations avant de partir au Mexique, l’été de l’enlèvement :

“Le climat d’insécurité s’était encore aggravé. Là-bas, le violence est devenue telle que tout le monde a peur.”

Le commentaire d’Adam

“Les gouvernements français successifs n’ont jamais eu d’attitude claire ni honnête vis-à-vis des victimes d’enlèvements contre rançon. Les libérations ont toujours été accompagnées de paiements financiers, quelles que soient les revendications des ravisseurs.

La plupart des Francais victimes d’enlèvements contre rançon ‘n’existent pas’, ou leur affaire est traitée secrètement. Quel est le critère pour faire partie du top 8 des victimes d’enlèvements aux journaux télévisés de la chaîne publique ? En quoi consiste le travail du Quai d’Orsay ? Est-il chargé d’activer une cellule de négociation, de prendre en charge les familles de victimes, de développer et mettre en œuvre une stratégie, des tactiques afin de parvenir à faire libérer la victime ? Il semble que le Quai d’Orsay ne veuille se doter de ces compétences.

Alors représente-t-il un lien officieux avec les différentes cellules qui s’occupent de la libération d’otages (DGSE, entreprises privées) ? Difficile de croire que le Quai d’Orsay serait devenu le porte-parole de la Grande muette. Il n’y a pas de parole qui soit portée. Un énorme silence, un grand vide. L’actualité de ces dernières semaines au Mali est une démonstration affligeante de ce manque de clarté et de contrôle.”

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  • Resistant90
    Resistant90
    Abonné au gaz
    • Posté à 11h25 le 01/01/2013
    • Internaute 196725
      Abonné au gaz

    Vous direz à Ludivine Barbier qu’elle n’est pas toute seule et qu’en se manifestant à l’opinion publique française comme elle le fait désormais, elle va obliger les détenteurs du pouvoir à se signaler à son bon souvenir, et, pourquoi pas, agir pour libérer son mari.

    Le plus difficile sera d’aller au-delà du « coup de com », spécialité socialiste revendiquée par l’actuel Président : « montrez vous » dit il à ses ministres qui du coup organisent des virées médiatiques complètement creuses destinées à remonter leur image dans l’opinion.
    Et puis forcer à agir un homme dont l’essence même est dans l’inaction depuis 30 ans de vie politique (selon Ségolène Royal qui connait bien le personnage !) n’est pas une mince affaire...
    Il faudra donc ne pas se contenter des habituelles déclarations présidentielles qui n’ont pour but que de gagner du temps et de cacher la paralysie permanente qui le caractérise.

    • lonesome
      lonesome répond à Resistant90
      un parmi tant d'autres
      • Posté à 11h58 le 01/01/2013
      • Internaute 165032
        un parmi tant d'autres

      tient caniveau est de retour.

    • emiboot
      emiboot répond à Resistant90
      Mammifère
      • Posté à 13h33 le 01/01/2013
      • Internaute 81944
        Mammifère

      Je préfèrerais aucune déclarations présidentielle : la dernière fois, pour une autre affaire (Cassez), sous l’ex GVT, je me rappelle d’une déclaration qui a fait sans doute un mal fou à l’affaire en se mettant les autorités et la justice mexicaine sur le dos.
      Chuuuut. Discrétion.

      • Resistant90
        Resistant90 répond à emiboot
        Abonné au gaz
        • Posté à 19h55 le 01/01/2013
        • Internaute 196725
          Abonné au gaz

        Dans l’affaire Cassez, c’est Monsieur Hollande qui a fait une grosse gaffe quand il a cru bon d’envoyer un émissaire au Mexique au moment de son élection, en avril 2012, et cela a fortement déplu aux autorités mexicaines...
        Il s’agissait de Michel Vauzelle : Lien

        En ce qui concerne l’ancien gouvernement et son Président, il faut se souvenir de quelques beaux succès avec les infirmières bulgares, quelques otages de ci de là - par exemple les débiles journalistes de FR3 qui se sont permis de voyager en zone talibane contre toute recommandation de l’armée, ....

        Avec notre Moi-Président-Normal nous attendons les résultats, mais force est de reconnaitre qu’après 7 mois il n’a rien obtenu dans ce domaine - comme dans les autres domaines d’ailleurs !

    • LeTicien
      LeTicien répond à Resistant90
      Informaticien
      • Posté à 15h20 le 01/01/2013
      • Internaute 91779
        Informaticien

      Meme si j’ai vote pour lui pour ne plus avoir l’autre je suis entierement d’accord, Hollande ne fera rien, il fera ce qu’il a toujours fait, maintenir des equilibres. C’est exactement ce qu’il a fait quand il dirigeait le PS qui a sombre sous son magistere. Ne facher personne pour survivre a coup de blagounettes .

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 11h32 le 01/01/2013
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Oui, digne Ludivine. Nous sommes bien peu de choses entre les cynismes des raisons d’Etat et ceux des preneurs d’otages, de toutes obédiences, pour qui la vie d’un homme ne compte pas et reste malgré tout monnayable, contre de l’argent ou la médiatisation d’une cause quelle qu’elle soit.
    L’absence d’un proche sans information rationelle donc sans futur envisageable est une sorte de mort désincarnée indicible
    La médiatisation de cette pratique dans tous les coins du monde la banalise, comme toutes les autres horreurs, et imperceptiblement on s’habitue à sa fréquence. Oubliant la victime, et les siens, pendant que d’autres en font leur métier ou leur fond de commerce. L’homme, cet animal doué de raison...

  • Tiloup33
    Tiloup33
    Cadre
    • Posté à 15h11 le 01/01/2013
    • Internaute 76717
      Cadre

    L’affaire est diplomatiquement plus compliquée qu’il n’y paraît. Il semblerait que M. Rodolfo Cazarès n’ait acquis la nationalité française qu’après son enlèvement (Décision en février 2012 rétroactive à juin 2011). Dans ces conditions jusqu’à ce jour l’affaire ne concernait qu’un citoyen Mexicain et le gouvernement d’origine hélas sans rapport avec notre pays et ses représentants au Mexique. Pourriez vous nous éclairer sur ce point, Par ailleurs M. Cazarès travaillait (résidait ?) en Allemagne, ce pays l’a-t-il considéré autrement que comme un citoyen Mexicain ?

    • Drickk
      Drickk répond à Tiloup33
      Sale jeune
      • Posté à 15h31 le 01/01/2013
      • Internaute 142068
        Sale jeune

      Il lui a été accordé la nationalité française avec effet rétroactif à Juin 2011. Or il a été enlevé en Juillet 2011. Donc de fait, il est considéré comme citoyen français au moment de son enlèvement par les autorités françaises d’où l’’implication’ de ces dernières.

  • jeanletanneur15
    jeanletanneur15
    Graveur
    • Posté à 12h47 le 01/01/2013
    • Internaute 187223
      Graveur

    C’est normal Ludivine,votre Mari ,comme d’autres otages sont devenue des objets de transactions ,les rebelles,ou des islamistes,veulent ce faire de l’argent sur le dos des otages,pour achetés des armes et faire leurs loi,« Musulman ou Muslim veut dire : soumission à Dieu “. Mais ,ils sont bien loin de ce soumettrent à Dieu,ils ont comme dans d’autres guerres ou ont utilisés Dieu dans les conflits.Dieu n’est pas responsable de leurs actes.Si l’ensemble des Chrétiens,des Musulmans et des Juifs avaient une bonne connaissance pour les Chrétiens (La Bible) les Musulmans (du Coran) et des Juifs (La Thora) il n’y aurait plus de guerre,et il y aurait le respect de l’autre ,parce-que nous avons tous étaient créés à l’image de Dieu,ont ne va pas indéfiniment imiter Caïn .Maintenant Votre Mari,comme les autres otages,font partie d’une tractation entre la france et c’est rebelles tourmentés pour éssayés d’avoir une somme d’argent conséquente .Et le gouvernement ne peut pas tout dire du déroulement des tractations ou d’une possible intervention,et moins de personnes savent de choses plus il y a des chances de succés.

    • Camille Polloni
      Camille Polloni répond à jeanletanneur15
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 14h23 le 01/01/2013
        rédacteur
      • Journaliste 62825
        Journaliste

      Rodolfo Cazares n’a pas été enlevé par des fondamentalistes mais par des narcos mexicains.

      • Resistant90
        Resistant90 répond à Camille Polloni
        Abonné au gaz
        • Posté à 19h57 le 01/01/2013
        • Internaute 196725
          Abonné au gaz

        C’est mieux ?

        Est ce que cela justifie le déni présidentiel ?

         
        • Camille Polloni
          Camille Polloni répond à Resistant90
          Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
          • Posté à 20h07 le 01/01/2013
            rédacteur
          • Journaliste 62825
            Journaliste

          Je ne dis pas que c’est mieux, j’apporte une précision parce que jeanletanneur15 parle des religions tout au long de son commentaire.

        • Kolyse
          Kolyse répond à Resistant90
          psychédélique
          • Posté à 20h55 le 01/01/2013
          • Internaute 124863
            psychédélique

          Quel déni ?

          Ce mexicain a été enlevé par des mafieux mexicains, c’est une affaire interne mexicaine. Le fait qu’il ait pour des raisons administratives obtenu le passeport français n’y change rien ! Au mieux le quai d’orsay peut adresser une lettre à leurs homologues mexicains en leur demandant de porter une attention particulière pour élucider cette affaire (cela a dû être fait).

          Le cas Cassez est d’une autre nature. Car il y a des accords juridiques entre les pays et ce qui est en jeu c’est a minima qu’elle vienne purger sa peine en France.

          Dans les deux cas, indépendamment de l’état français, il y a le rôle de la presse comme outil d’influence, c’est ce que l’épouse du franco-mexicain et de ses soutiens essayent de faire (d’où cet article)... Pourtant si l’inconscient collectif ne suit pas, la presse ne suivra pas non plus, sauf sporadiquement.

        2 autres commentaires
      • Kolyse
        Kolyse répond à Camille Polloni
        psychédélique
        • Posté à 20h06 le 01/01/2013
        • Internaute 124863
          psychédélique

        Plus je me documente sur le sujet, plus je me dis que c’est une affaire mexico-mexicaine. Il y a plus 60 000 meurtres liés au narco trafic depuis 2066. Le nord du Mexique (à la frontière des USA) est très très violent entre clans : il y a des représailles, des contre-représailles, des familles entières sont décimées parce que l’un de leurs membres à fait une crasse à un clan ou à un autre. C’est une sombre affaire qui ne concerne pas la France et face à laquelle il semble que le gouvernement mexicain à toutes les peines du monde à trouver une solution. Je compatis avec la jeune épouse française qui probablement n’a jamais soupçonné la famille de son futur mari mexicain avait de près ou de très loin des accointances avec le milieu du cartel.

  • Autist Preaching
    Autist Preaching
    Bourioul
    • Posté à 14h18 le 01/01/2013
    • Internaute 75415
      Bourioul

    Quand j’ai lu le titre, j’ai cru que Christophe Barbier avait été pris en otage par un groupe de réveillonneurs fondamentalistes...

    Ç’aurait été un chouette début d’année 2013 (que je souhaite d’ailleurs très bonne aux islamo-gauchistes de la Rue et très pourrie à ceux qui ont l’habitude d’utiliser cette expression au premier degré).

    • LeTicien
      LeTicien répond à Autist Preaching
      Informaticien
      • Posté à 15h26 le 01/01/2013
      • Internaute 91779
        Informaticien

      Les mots en isme sont souvent utilises par les meme qui roulent en grosse voiture, ceux qui ont une petite quequette et un neurone atrophie.

  • labrisure
    labrisure
    Personnage exceptionnel
    • Posté à 16h22 le 01/01/2013
    • Internaute 48949
      Personnage exceptionnel

    Bien heureusement, l’armée mexicaine, malgré un taux de corruption très élevée dans ses rangs, ne fait pas dans la dentelle contre les cartels. Et agit avec violence et dans le sang contre eux. Car il faut toujours agir avec violence contre les preneurs d’otage.

    Bon courge, j’espère que cela fera bouger les choses pour vous.

  • Kolyse
    Kolyse
    psychédélique
    • Posté à 19h16 le 01/01/2013
    • Internaute 124863
      psychédélique

    J’ai lu avec beaucoup d’attention cet article, et j’ai de la compassion pour l’épouse et comprends toutes ses démarches pour médiatiser cette affaire. Cela ne me semble pas simple.

    Si je comprends bien il s’agit d’une « vulgaire » affaire de kidnapping mexicain. D’ailleurs quand l’homme a été enlevé il n’était pas français. Ce n’est que quelques mois après son enlèvement au Mexique qu’il a bénéficié de l’obtention de la nationalité française ! Ce qui est me semble-t-il déjà une mesure d’exception (pourquoi cette mesure ? à quel titre ? sur intervention de qui ?).

    Maintenant d’après ce que j’ai compris, entre les lignes de l’article, il semble que la famille mexicaine du mexicain enlevé avait maille à partir avec les brigands, mais c’est flou sur ce que reprochaient les brigands au père du kidnappé, cela semble une affaire privée. En tous les cas les brigands n’ont pas enlevé un ressortissant français puisqu’il ne l’était pas (et ne sait probablement pas, s’il vit toujours, qu’il l’est devenu plusieurs mois après son enlèvement). Je me dis aussi (gratuitement) que vu la violence des cartels, il se peut que ce kidnappé ait frais les frais de représailles sanguinaires d’actions commises par des membres de sa famille mexicaine et qu’à cette heure il est mort depuis longtemps.

    • Resistant90
      Resistant90 répond à Kolyse
      Abonné au gaz
      • Posté à 20h00 le 01/01/2013
      • Internaute 196725
        Abonné au gaz

      Oui, cette affaire cache des histoires de famille pas très très... claires.

      Mais un français otage est un otage de trop que le Président doit faire libérer, que cela lui plaise ou non.
      Au boulot le père Dodu !

      • Kolyse
        Kolyse répond à Resistant90
        psychédélique
        • Posté à 20h15 le 01/01/2013
        • Internaute 124863
          psychédélique

        Jamais la jeune épouse n’a probablement imaginé au départ que la famille de son futur époux avait de près ou de loin des accointances avec le milieu du cartel. La province où se trouve la ville de Matamoros, ville mexicaine frontalière avec les Etats-Unis est une des plus sanguinaires et meurtrières. Il suffit qu’un de vos lointains cousins que vous ne connaissez pas fasse une crasse à un des clans du narco-trafic pour que la famille entière se fasse décimée ! Parmi tous les kidnappés de la famille, est-il le seul à l’être encore ? L’article ne le précise pas (il y a des zones d’ombres). Compte tenu du taux de mortalité suite aux représailles et contre-présailles je crains pour lui le pire (peut-être même est-il mort avant d’avant reçu la nationalité française). Je comprends la lutte de son épouse pour le faire reconnaître comme « otage français », mais c’est une histoire de droit mexicain, de droit privé, de crime crapuleux, en rien son cas n’est celui d’un otage français au même titre que d’autres ressortissants enlevés parce qu’ils sont des ressortissants français par des groupes qui veulent lutter contre la politique française !

         
        • Taladris
          Taladris répond à Kolyse
          Ancien observateur
          • Posté à 20h25 le 01/01/2013
          • Internaute 141499
            Ancien observateur

          A priori, l’une des taches de la diplomatie française est de protéger tous ses ressortissants, en particulier lorsqu’ils sont otages, et ce quel qu’en soit la raison.

          Et être soutenu par le Ministère des Affaires Etrangères français est clairement un atout supplémentaire pour faire pression pour qu’agissent les autorités mexicaines.

          • Kolyse
            Kolyse répond à Taladris
            psychédélique
            • Posté à 20h37 le 01/01/2013
            • Internaute 124863
              psychédélique

            sauf si pour des raisons privées le crime est mafieux, ce n’est alors plus une question d’état français. Encore une fois, le kidnappé a été kidnappé comme mexicain membre d’une famille mexicaine à laquelle un clan du cartel reprochait quelque chose, c’est une affaire interne au mexique.

            sur un tout autre plan, quand le soldat franco-israélien a été enlevé par le hamas, l’état français a peu fait et n’a pas pu beaucoup fait, c’est l’état d’israël qui a oeuvré à sa libération. Le soldat ait été kidnappé (pendant de longues années) comme monnaie d’échange avec des prisonniers palestiniens au nombre de 1000 !

            Dans le cas du mexicain enlevé, il apparaît par ailleurs que les probabilités qu’il soit toujours en vie sont très minces au vu de la criminalité liée au narco trafic dans la région où il était.

        2 autres commentaires
  • Taladris
    Taladris
    Ancien observateur
    • Posté à 20h16 le 01/01/2013
    • Internaute 141499
      Ancien observateur

    Peut-on avoir des précisions sur le métier d’Adam « le conseil en gestion de crise. » Est-il un employé de la DGSE ou du Ministères des Affaires Etrangères ? Un conseiller privé ? Un barbouze qui veut jouer les héros ? Un énième intermédiaire qui profite du malheur des autres ?

    Dans ce genre d’affaires d’enlèvements, outre les représentants de l’Etat et les ravisseurs, combien d’acteurs gravitent autour de la famille des victimes ? Quels sont leurs rôles et objectifs ?

    • Kolyse
      Kolyse répond à Taladris
      psychédélique
      • Posté à 20h30 le 01/01/2013
      • Internaute 124863
        psychédélique

      Avez-vous vu ce film : Lien

      Les auteurs de kidnappings peuvent avoir plusieurs raisons : représailles suivies d’assassinat, rançons, pressions politiques contre politique de nations (arrêt d’un projet par exemple), monnaie d’échange (libération du kidnappé contre des prisonniers politiques par exemple)...

      Parfois on peut avoir des raisons combinées : représailles suivies d’assassinat + rançon, pressions politiques + rançon, monnaie d’échange + rançon...

      Dans ce cas, il me semble que cela correspond au premier cas.

  • Foggia
    Foggia
    Salaryman
    • Posté à 15h20 le 02/01/2013
    • Internaute 82281
      Salaryman

    Pour revenir sur le dernier commentaire du consultant, « la Grande muette », c’était le surnom de l’armée française. Aucun rapport avec son propos, donc.

    • Kolyse
      Kolyse répond à Foggia
      psychédélique
      • Posté à 06h47 le 03/01/2013
      • Internaute 124863
        psychédélique

      Bien vu.

      Je vous recommande de voir les bonus du film l’échange (lien dans mon post plus haut). Dans les bonus il y a des consultants négociateurs qui s’expriment (sur le cas d’américains travaillant dans des compagnies privées américaines qui ont été kidnappés pour rançon dans des pays d’amérique du sud), le consultant adam de l’article a des arguments très légers voire enfantins par rapport à la réalité exprimé par des vrais pro.

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