Déferlement de tweets homophobes et racistes : la défaite de Twitter ?
Après le « hashtag » (mot clé dont s’emparent les utilisateurs) #SiMonFilsEstGay, qui a fait plonger Twitter samedi dans le pire du réseau social, on s’enfonce un peu plus avec le nouveau #SiMaFilleRamèneUnNoir. Ces deux apparitions ont de plus permis de ressortir #UnBonjuif, retiré par Twitter en octobre après de nombreuses plaintes d’associations.
Déferlement d’homophobie primate, de racisme et de misogynie, création de comptes avec deux ou trois « followers » (abonnés), écriture adolescente, réactions scandalisées de « twittos » (utilisateurs de Twitter) influents qui ont propagé ce détournement de l’outil, lui permettant d’accéder au rang envié de « Trending topics » (sujets les plus discutés sur le réseau)...
« Une loi contre l’homophobie, ce serait bien »
En parler, ou pas ? RT (« retweeter », reproduire) les parodies les plus drôles ou pas, jouer à « monsieur et madame MonFilsEstGay ont un fils, comment s’appelle-t-il ? » (Gaël), en appeler aux lois réprimant l’homophobie comme le fait l’éditorialiste Joseph Macé-Scaron ?
« C’est maintenant qu’on se dit qu’une loi contre l’homophobie ce serait bien... Oh wait... elle existe ! »
C’est maintenant qu’on se dit qu’une loi contre l’homophobie ce serait bien...Oh wait...elle existe !
— Mace-Scaron Joseph (@MaceScaron) Décembre 22, 2012
Ou bien laisser s’autodétruire cette explosion de conneries ?
Le PS demande à Twitter d’intervenir
Dans un communiqué publié ce dimanche, le PS dénonce un « déferlement de propos homophobes » qui « ne sont pas seulement choquants et odieux », mais aussi et surtout « interdits par la loi ».
Les deux auteurs du texte, les secrétaires nationaux du PS aux médias et aux questions de société, Philippe Buisson et Marc Coatanéa n’avaient pas encore découvert le #SiMafilleRamèneUnNoir :
« Nous demandons à Twitter de faire respecter la loi française sur son site. Les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie et les appels à la haine sont illégaux et punis par la loi : leur expression sur Internet ne fait pas exception à cette règle. »
Twitter acceptera-t-il d’intervenir comme il l’avait fait suite aux tweets antisémites ?
Ce dimanche après-midi, l’intervention sur Twitter de Najat Vallaud Belkacem, porte-parole du gouvernement est venue donner une nouvelle dimension à la polémique :
« Propos homophobes sur Twitter : en contradiction absolue avec les valeurs de notre République. Inacceptables et punis par la loi française. »
Propos homophobes sur Twitter : en contradiction absolue avec les valeurs de notre République. Inacceptables et punis par la loi française.
— Najat Belkacem (@najatvb) Décembre 22, 2012
Donc en parler... et noter que ces deux hasthags vont droit à ce qui travaille la société française. Pourquoi n’a-t-on pas (encore ?) eu droit à « Si ma fille est lesbienne » ni à « Si mon fils ramène une Noire » ?
Un sentiment d’impunité, jusqu’à quand ?
Sur Twitter, il existe certes un sentiment d’impunité grâce à l’anonymat. Mais en juillet 2011, l’éditeur de sites Zlio a été condamné à 10 000 euros d’amende pour un tweet de son PDG, Jérémie Berrebi. Il l’a supprimé depuis. Il dénigrait un site de référencement. Sur son blog, le PDG a annoncé sa décision de faire appel. A la différence des tweets homophobes et racistes de ce week-end, il « tweetait » en son nom.
Mise en demeure de supprimer des tweets – comme dans l’affaire Anne Hidalgo –, citation à comparaître, les utilisateurs français de Twitter ont souvent été menacés d’être traînés devant la justice pour leur virulence en 140 signes. Mais que l’on sache, aucun des utilisateurs ayant rédigé des messages antisémites #UnBonJuif n’a été poursuivi.
Blandine Poidevin, avocate spécialisée dans le droit d’Internet assure qu’une condamnation Twitter serait « tout à fait possible ».
Au Royaume-Uni, la jurisprudence a tranché. Un homme politique britannique, Colin Elsbury, a été condamné à payer 3 000 livres (environ 3 600 euros) pour diffamation, après avoir tweeté, a tort, l’évacuation d’un bureau de vote de son opposant par la police.
Les lois sur la presse et la liberté d’expression inadaptées
Poursuivre en justice 10 000 personnes ? C’est ce que menace de faire Alistair McAlpine, un lord anglais. Un reportage de la BBC diffusé le 2 novembre accusait, sans le nommer, ce politicien britannique de premier plan de l’ère Thatcher d’avoir abusé d’enfants d’un orphelinat, sur la base d’un témoignage.
Les avocats de McAlpine ont identifié « une vingtaine » de comptes Twitter disposant d’un nombre particulièrement important d’abonnés. Il va les attaquer en diffamation.
Notre journaliste Martin Urtensinger expliquait que cette affaire mettait en lumière, une fois de plus, à quel point les lois sur la presse et la liberté d’expression sont inadaptées à Internet :
Est-on responsable du contenu que l’on partage à l’identique sur les réseaux ? Peut-on mettre sur le même plan un article de presse et un « tweet » ? Les réseaux sociaux sont-ils strictement publics ou privés ?
Lors de l’affaire #unbonjuif, c’est ce que rappelait un article des Inrocks, qui déplorait « la judiciarisation du champ de la conversation » :
« Internet n’est qu’une grande conversation, qui a la particularité de se dérouler le plus souvent en public et sans aucune barrière à l’entrée (tout le monde peut y participer, même les plus jeunes).
Conséquence : des propos de cour de récré sont maintenant soumis au droit de la presse qui punit la diffamation, l’injure, la provocation à un délit, le racisme, l’antisémitisme ou l’homophobie. »
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Perplexe
Perplexe
Quelques twittos ont souligné - à juste titre, qu’il s’agissait plutôt d’une défaite de l’éducation... Et c’est vrai qu’au fond, tu demandes rarement au facteur de faire mieux son boulot quand tu reçois une mauvaise nouvelle par la poste.
Au surplus, pour avoir suivi le truc d’un œil distrait, hier et ce matin, je crois qu’il faut y voir avant tout un délire d’ados à peine pubères et pas une espèce d’ignoble vague d’homophobie...
Ces petits « cons » ont d’ailleurs du se marrer comme des bossus, bien planqués derrière leur écran, à voir tous ces « grands journalistes » - vazy, tavu, y passe à la télé, lui, leur répondre très sérieusement et leur expliquer doctement comment « c’est pas bien du tout d’appeler au meurtre. »
« Vazy, remets-en une, allez vazy, tavu comme ils marchent trop ces baltringues. »
Bref.
L’éducation... On vous dit.




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