Blogules 21/12/2012 à 13h03

Corée du sud : de quoi la présidente-élue Park est-elle le nom ?

Stephane MOT | Author & Chief AtoZ Officer

Après la victoire mercredi de Park Geun-hye, la fille d’un ancien dictateur, à l’élection présidentielle sud-coréenne, première femme à la tête de ce pays, notre riverain Stéphane Mot s’interroge sur le sens de ce résultat, une sorte de changement sans changement.

(De Séoul) En dépit de l’impopularité de son prédécesseur et des interrogations fondamentales pesant sur elle, Park Geun-hye (fille del’ex-dictateur militaire Park Chung-hee, ndlr) aura donc traversé jusqu’à sa victoire électorale sans surprise une campagne sans véritable adversaire, ni véritable débat.

Pour autant, sa victoire n’est pas négligeable, et s’avère même un triomphe démocratique très net. Ce qui me chiffonne, qu’il est difficile de dire qui a gagné ces élections.

  • Pour ces élections présidentielles en Corée du Sud, le candidat de gauche Moon Jae-in n’a jamais vraiment eu l’occasion de briller.
  • L’indépendant Ahn Cheol-soo a longtemps donné l’illusion de pouvoir le faire, mais il s’est retiré de la course sans pour autant que MOON en profite pleinement.
  • Et puis une petite candidate d’extrême gauche plutôt agitée a torpillé les deux premiers débats télévisés, ne s’éclipsant qu’à quelques jours du scrutin, trop tard pour permettre un vrai face à face.

La démocratie Sud-Coréenne s’est choisi un vainqueur incontestable... Pour plusieurs raisons :

  • une participation record  : 75,80%, c’est la meilleure depuis 1997 et la bagarre entre Kim Dae-jung et Lee Hoi-chang
  • une vraie majorité : 51.6% pour PARK contre 48.0% pour MOON (NB : cette année, les petits candidats étaient de véritables nains de jardin) ;
  • une victoire au-delà des clivages régionaux habituels : Bien sûr, les habituels bastions ont tenu : Moon a fait 86-89% sur les provinces de Jeolla et même 91.97% à Gwangju, Park a cartonné dans l’Est avec un pic à 80.4% à Daegu. Mais au-delà des scores, très différents, la carte présente une coloration très différente des élections de 1997 et 2002, où l’on pouvait tracer une verticale avec les progressistes à l’ouest et les conservateurs à l’est, et plus proche du raz de marée de 2007, où Lee Myung-bak n’avait laissé que le sud-ouest. MOON a bien regagné Séoul, mais de trop peu. En fait, la victoire de sa rivale s’est dessiné très tôt dans la soirée avec les premiers dépouillements dans la région capitale (en tête sur Gyeonggi-do et Incheon, juste derrière sur Séoul). Notons que les Coréens de l’étranger votaient pour la première fois, et que le vote conservateur s’est révélé nettement minoritaire (56-42 pour MOON, 70% de participation).
  • le choc des générations s’est confirmé, mais pas tant que cela : comme prévu, le vote Park progresse avec chaque tranche d’âge, et elle a verrouillé les plus de 50 ans. Mais elle n’a pas été trop larguée chez les plus jeunes (un tiers des votes). Et qui a gagné la bataille des réseaux sociaux ? Les seniors, qui se sont Kakao Talké jusqu’à mobiliser 90% de leur tranche d’âge.

Mais au fond, qui a gagné ces élections ?

Pour les média étrangers, la nouvelle combine deux événements pour la Corée : une femme devient pour la première fois présidente de la république, et la démocratie choisit l’enfant d’un dictateur pour diriger le pays.

Je ne pense pas que la dimension « glass ceiling » ait été centrale (oui il s’agit d’une femme, non mariée, et sans enfants, mais c’est totalement secondaire), ni qu’il s’agissait d’un référendum pour ou contre Park Chung-hee (a fortiori, je ne me suis fait aucune illusion sur le poids des valeurs constitutionnelles au centre de ce non-débat).

Pour moi, les électeurs se sont au final positionnés par rapport à un niveau d’incertitude et de changement. De la gestion de risques, en somme.

Et le conservatisme l’a emporté.

Chacun sentait que la situation était mauvaise, que quelque chose devait être fait, et les deux candidats ont fait des promesses comparables sur certains points (moins de pouvoir pour les chaebols [conglomérats, ndlr] une meilleure couverture sociale pour les plus démunis).

Mais chaque candidat soulevait lui-même beaucoup de doutes - de nature il est vrai très différents -, y compris au sein de leurs propres camps : même en cas de victoire de leur champions respectifs, certains voyaient trop d’incertitudes pour l’avenir du pays comme pour leur propre sort personnel.

Les peurs ont clairement dominé sur l’espoir, et Moon comme Park ont passé l’essentiel de leur temps à essayer de rassurer les électeurs. Et à ce petit jeu, en général, c’est le conservateur qui l’emporte. Pas nécessairement le candidat conservateur et sa présumée supériorité sur l’économie, mais la part de conservateur dans chaque électeur.

Park a parfaitement respecté le script en se positionnant comme la maman de tout un peuple, et en arrondissant sensiblement ses réformes (dans le style : les chaebols on trop de pouvoir mais en période de crise, on ne peut pas affaiblir les moteurs de notre économie, et puis méritent-ils que l’on soit si méchants avec eux ?).

A son habitude, elle n’a jamais vraiment donné l’impression de dire ce qu’elle pensait au fond. Et toujours cette voix douce de l’ajumma rassurante et averse au risque, calculant et pesant chacun de ses mots...

Comme les Français avec François Hollande, les Coréens ont donc choisi de changer sans changer.

Faire du neuf avec du vieux

Là aussi, la seule promesse certaine d’être tenue par le nouveau président c’était de faire partir l’ancien, très contesté, mais en Corée la constitution interdit de toute façon à un président de se représenter.

En 2007, Lee Myung-bak avait reçu un mandat clair pour réformer, et tout le monde reconnaissait sa capacité à mener et à agir, quitte à être franchement buldozer/kärcher par moments... Mais comme avec Nicolas Sarkozy, le pays a vite déchanté.

En 2012, beaucoup d’électeurs coréens ont regretté, comme beaucoup d’électeurs français, d’avoir à choisir entre le risque républicain (craintes sur l’équilibre des pouvoirs, les fondements de la démocratie) et le risque idéologique (un parti obsolète, inconsistant, et pas prêt à gouverner).

Mais la Corée n’est pas la France, et le fait qu’il ait changé de candidat a aussi aidé le parti au pouvoir à rester en place. Park Geun-hye n’avait pas plus que Hollande l’image d’une réformatrice. Au moins a-t-elle donné l’impression de vouloir réformer son parti, mais en se contentant de le renommer, de remplacer quelques figurants, et d’espérer très fort que cela suffise pour éradiquer la corruption endémique dans le paysage politique national.

Et puis elle a fait passer par le gouvernement des paquets de lois populaires dans les semaines précédant les élections pour donner le change. Dans le camp en face, l’interminable primaire a enlevé tout espoir de conquête des indécis.

Park Geun-hye fait partie du paysage depuis des décennies, et tout le monde connait son histoire. Elle n’a pas choisi d’être une fille de dictateur, et on ne peut pas attendre d’une adolescente dont les deux parents ont été assassinés qu’elle devienne une adulte normale.

Et puis elle a fini par se distancer du régime de son père, elle est à l’abri des scandales habituels pour les enfants de présidents parce qu’elle n’en a pas, et à l’inverse de son prédécesseur, elle ne roule - officiellement au moins - pour aucune église. Pourquoi ne pas lui donner sa chance ?

Même si elle n’a critiqué son papa que sur le tard, sous la pression des électeurs, et de façon à la fois très indirecte et très limitée. Même si, à ce jour, nous ne savons toujours pas ce qu’elle pense au fond d’elle même. Même si on ne peut même pas être totalement certain que ce soit vraiment elle qui mène sa propre barque.

Et quand son heure de gloire est arrivée, Park Geun-hye a quelque part réussi à éviter une fois de plus le passage au révélateur.

Loin de délivrer un discours de victoire inspirant pour tout un pays, elle s’est contenté de quelques mots au QG de campagne pour fixer rendez-vous à tout le monde à Gwanghwamun Square, où elle a simplement fait une courte apparition sur le podium pour recevoir un bouquet et répondre à une brève interview, comme la patineuse Kim Yu-na à la fin d’une compétition.

La scène aurait dû se passer quelques hectomètres plus au sud, sur Seoul Plaza, avec la patinoire en plein air de la ville en arrière plan plutôt que la statue du Grand Roi Sejong.

Soirée télé

Qui a donc fait office de star à la télé coréenne hier ? Gwanghwamun, Chung Mong-joon, et Anipang.

  • Gwanghwamun ? Sur sa route du retour au siège de la présidence (Cheong Wa Dae, au nord), Park a quitté sa maison dans les quartiers riches (Gangnam, au sud - oui, le Gangnam raillé par PSY, pourtant un gars du coin), pour faire une étape chez son parti (serrer les mains de pontes dont certains ont aussi l’étiquette chaebol), avant de célébrer sa victoire devant Gwanghwamun, à l’entrée du principal palais historique du pays. Un raccourci de tous les symboles du pouvoir de la ville et du pays à travers les temps et une confirmation, pour ceux qui en doutaient encore : le centre historique et Gwanghwamun est redevenu le symbole ultime du pouvoir à Séoul et en Corée. Mention spéciale au Roi Sejong : sa statue un peu kitsch a écrasé de sa masse la nouvelle reine du pays pendant sa courte apparition, et son nom est même devenu un nouvel objet politique à conquérir (à peine sortie de terre, l’ex-future capitale Sejong City bénéficie d’un statut spécial qui l’élève au niveau des 16 autres régions du pays).
  • Cung Mong-joon ? Comme le Roi Sejong mais sans le sourire, l’homme de pouvoir est resté assis et silencieux toute la soirée, mais sa face de géant pensif a occupé tout l’écran. Y compris pendant le bref passage de son ex rivale au siège de campagne.
  • Anipang ? Je n’ai pas regardé une soirée électorale à la télé mais une espèce de jeu vidéo stupide avec chaque moitié d’écran remplie par des rangées de VIP d’un des grands partis (Saenuri, DUP), et des avatars 3D plus ou moins mignons de Park et de Moon réagissant de façon plus ou moins déjantée à chacun des résultats. C’est le seul moyen que les chaînes ont trouvé pour animer une soirée où elles se sont contentées de communiquer, au fil du dépouillement, l’évolution des scores bruts pour chaque région et au niveau national. Les seuls humains sont les présentateurs, des animateurs non experts qui se gardent bien de faire des commentaires. Ne cherchez pas les experts et les invités politiques, ne cherchez pas les analyses de sondages sortie des urnes. Vous avez simplement droit à ce jeu TV stupide : un simple compte à rebours où le seul objectif est de deviner l’heure à laquelle le vainqueur sera mathématiquent certain d’être élu. J’ai zappé sur je ne sais combien de chaines et c’était partout pareil, la concurrence se faisant sur les animations 3D. Ils ont tous essayé des trucs mignons, comme cet espèce d’ourson blanc géant traversant tel Tottoro un paysage coréen idéalisé. SBS a risqué un fond d’écran nettement plus flippant : un vieux village livré à lui même et vidé de ses habitants, comme un « shoot’em up » après le départ des snipers et l’évacuation des cadavres. Mais la plupart du temps c’était Moon et Park au pays des toons, comme ici sur newsY :
Vidéo de la soirée électorale

Et maintenant ?

Au final, nous n’avons à ce stade pas appris grand chose. Ni pendant la campagne, ni à la lecture des résultats.

Et la Corée a décidé d’accorder à Park Geun-hye le bénéfice du doute.

C’est donc à elle (et/ou à quiconque tient le volant) de décider où mener la nation, et quel héritage la famille laissera au final.

Voyons comment cette page blanche s’écrit.

Et avec elle l’Histoire. Avec une attention particulière sur la façon avec laquelle elle est réécrite dans les manuels d’école.

P.S. de la rédaction : ce tweet itonique qui résume la péninsule coréenne : « les deux Corée sont désormais dirigées par des enfants de dictateurs », avec un bémol : Kim Jong-un, au nord, est l’héritier d’une dynastie communiste, tandis que Park Geun-hye a été élue démocratiquement.


L’un est dirigeant héréditaire, l’autre élue démocratiquement

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  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 14h46 le 21/12/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    Le parapet anti-suicides du pont de Mapo, doté de capteurs et recouvert de photos qui évoquent « les petits bonheurs de la vie quotidienne ». En arrière-plan, le quartier financier de Yeouido. RFI / Frédéric Ojardias

    Heureusement que peu de temps avant ce « changement dans la continuité » oligarchique Sud-Coréenne, les « autorités » ont inauguré le premier « Pont Anti-suicide » du monde !

    « La Corée du Sud est le pays où le taux de suicide est le plus important au monde. Désemparées face à cette tendance récente qui frappe surtout les personnes âgées qui se considèrent comme un fardeau pour leur famille, les autorités tentent de mettre en place plusieurs dispositifs de dernier recours. Un “ pont anti-suicides ” a ainsi été inauguré dans la capitale Séoul. »
    LIEN

    Dans ce bled devenu Ultra-Libéral avec une opposition politique et un syndicalisme réduits à l’état de « poussières », ce sont en fait les « chaebols » dirigeants de Samsung et de Hyundai qui gouvernent...

    A voir ou à revoir en ligne, l’excellent reportage diffusé ce matin sur ARTE :
    « Corée : la démocratie en question »
    LIEN

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à Le Renifleur
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 02h42 le 22/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      Les suicides frappent toutes les tranches d’age, particulierement les jeunes, mais aussi et c’est plus recent, les vieux.
      La jeunesse est tres desabusee et decue par une opposition incapable de gagner aux legislatives ou de d’organiser pour les presidentielles.
      Si Park a gagne, c’est aussi parce que la mobilisation n’a pas ete aussi forte chez les plus jeunes.

      • Le Renifleur
        Le Renifleur répond à Stephane MOT
        loin d'ici
        • Posté à 10h26 le 22/12/2012
        • Internaute 136986
          loin d'ici

        Il est vrai. Notez également une déstructuration du « tissus » familial et social engendré par un individualisme forcené où tous sont en compétition contre tous.

        Et pendant ce temps là on focalise sur le GnanGnanStyle...

         
        • Stephane MOT
          Stephane MOT répond à Le Renifleur
          Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
          • Posté à 03h19 le 23/12/2012
          • Internaute 17943
            Author & Chief AtoZ Officer

          L’esprit de competition a porte la Coree au sommet, mais le systeme est alle trop loin.

          Le systeme educatif est devenu fou : autrefois base au merite et clef du succes du pays, maintenant totalement inique et destructeur de creativite.C’est la fin d’un modele, qui a pu marcher pour un « best follower » dans un monde competitif, mais n’est plus adapte pour un leader dans un monde coopetitif.

        • freakfeatherfall
          freakfeatherfall répond à Le Renifleur
          son of an autist hulkist readin (...)
          • Posté à 04h02 le 23/12/2012
          • Internaute 21024
            son of an autist hulkist readin (...)

          « Notez également une déstructuration du “ tissus ” familial et social engendré par un individualisme forcené »

          c’est le contraire
          ya pas d’individualisme en corée, et la famille (tes ainés) est toute-puissante

          • Le Renifleur
            Le Renifleur répond à freakfeatherfall
            loin d'ici
            • Posté à 08h44 le 23/12/2012
            • Internaute 136986
              loin d'ici

            C’est pour cela que les vieux et les jeunes qui se sentent « inutiles » se suicident : pasqu’ils déshonorent leurs familles ?
            Sinon, la cellule familiale semble en prendre un coup ces temps-ci : LIEN
            Cependant, il est vrai que le suicide reste un sujet tabou dans les familles : LIEN

            • CX2
              CX2 répond à Le Renifleur
              Au fond du volcan, près du (...)
              • Posté à 18h27 le 23/12/2012
              • Internaute 60901
                Au fond du volcan, près du (...)

              La destruction du modèle social traditionnel n’est pas forcément un mal s’il abouti par exemple à l’émancipation de la femme (et des jeunes en général). Seulement il est nécessaire de le contrebalancer par un système social performant pour protéger les plus faibles (système de retraite, sécurité sociale, crèches accessibles, logement sociaux, etc...). Ors la Corée du Sud en est cruellement dépourvue.

              • Le Renifleur
                Le Renifleur répond à CX2
                loin d'ici
                • Posté à 19h24 le 23/12/2012
                • Internaute 136986
                  loin d'ici

                La Corée du Sud, c’est en fait le stricte contraire de son homologue nordiste : ça ne vaut « guerre » mieux dans la durée.

                Elles ont un point commun cependant : la présence d’une oligarchie ploutocrate aux commandes (plus resserrée pour le Nord il est vrai).

                • CX2
                  CX2 répond à Le Renifleur
                  Au fond du volcan, près du (...)
                  • Posté à 19h54 le 23/12/2012
                  • Internaute 60901
                    Au fond du volcan, près du (...)

                  Il y a tout de même plus de libertés individuelles en Corée du Sud qu’au nord, ce que je considère quand même comme « mieux ».
                  Mais il est certain qu’ils devront se réformer en profondeur s’ils veulent éviter la chute brutale.

        6 autres commentaires
  • PANG
    PANG
    commerçante
    • Posté à 15h32 le 21/12/2012
    • Internaute 196485
      commerçante

    Merci pour ce très bon article.
    Pas mal de coréens sont ulcérés et écoeurés... La mémoire humaine a une durée très courte.
    La nouvelle présidente n’a certes pas choisi d’être la fille d’un dictateur ; ce n’est pas sa faute.
    Mais elle nous évoque quand même un temps très sombre de l’histoire contemporaine coréenne : elle et son entourage...
    La démocracie nous joue un tour méchant.

    • Le Renifleur
      Le Renifleur répond à PANG
      loin d'ici
      • Posté à 21h11 le 21/12/2012
      • Internaute 136986
        loin d'ici

      Le système politique que vous appelez « démocratie » est en fait son stricte contraire !
      Explications...

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à PANG
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 03h29 le 22/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      Beaucoup de personnes ont vote PARK a reculons. C’est dire l’indigence de l’opposition, qui peut nourrir des regrets. Une semaine de campagne de plus pouvait peut-etre changer la donne.
      Cette election etait un moment clef pour cette jeune et encore fragile democratie. Et au moment ou la crise demographique s’accelere, une minorite d’ultra conservateurs aimerait sans doute bien que le systeme politique du pays soit verrouille comme c’est le cas au Japon. On sait qu’ils soutiennent Park, mais auront-il plus d’influence avec elle que sous Lee ?

  • CX2
    CX2
    Au fond du volcan, près du (...)
    • Posté à 01h53 le 22/12/2012
    • Internaute 60901
      Au fond du volcan, près du (...)

    Avec leur démographie déclinante (a cause de l’absence de système de protection et d’aide pour les familles et le coût de l’éducation), pas étonnant que le conservatisme l’emporte.
    Nombre des vieux se sentent abandonnés et pensent que c’est de la faute de l’individualisme des jeunes (alors que c’est en réalité de la faute de l’ultra libéralisme prôné par les conservateurs depuis 40 ans).
    En France il est déjà difficile de faire comprendre ce genre de chose, alors dans un pays où le débat politique est réduit à la portion congrue, il ne faut pas s’étonner de ce genre de résultat.

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à CX2
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 03h34 le 22/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      le tissu social s’est fortement dechire ces dernieres annees avec l’effondrement des classes moyennes. les inegalites sont encore plus mal vecues et de plus en plus de Coreens se sentent moins attaches a leur pays.

      Il est interessant de voir le vote des Coreens de l’etranger, un vote plutot ’liberal’ mais au sens US (progressiste). d’ailleurs il s’agit pour beaucoup d’expats aux states.

      la fille de Park au pouvoir, sur le papier ca sonne vraiment comme le scenario catastrophe et l’echec de la democratie, mais elle a paradoxalement la legitimite pour reunir la nation comme son pere. A condition de le faire differemment bien sur. le fait d’avoir rencontre Kim Jong-il, le fils de Kim Il-sung, est un exemple.

      bon. je la vois mal eparpiller Samsung facon puzzle. la ou elle m’epaterait, c’est si elle relancait la Truth and Reconciliation Commission .

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 10h33 le 22/12/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    Notez le faible nombre de réactions ici concernant pourtant le devenir d’une « région clé » du monde.
    Paradoxalement, si les lecteurs de la Rue s’en foutent, ils possèdent tous au moins un produit fabriqué en Corée, ne serait-ce qu’un bouzin Samsung...

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à Le Renifleur
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 03h12 le 23/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      Bonne illustration, et bonne question. Quelques elements de reponse :
      - ca parle pas de K-Pop, et si Park Geun-hye a eu recours a la chirurgie esthetique, c’est aussi parce qu’un desequilibre lui a taillade le visage au couteau il y a quelques annees
      - les Francais eux meme ont evite tout debat de fond pendant la campagne
      - bonus : ca n’est pas un hasard si ce papier parait pendant « le jour le plus chiant » !

  • Porey
    • Posté à 14h23 le 22/12/2012
    • Internaute 68625

    « De quoi xxx est-il le nom ? “
    Qu’est-ce que c’est original comme titre ! Mais où l’auteur va-t-il chercher tout ça ? Je ne crois pas avoir vu cette formule plus d’une vingtaine de fois cette semaine.

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à Porey
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 03h01 le 23/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      Je plaide coupable, et meme avec premeditation (parallele entre les elections en France et en Coree, et questions portant sur l’heritage du pere Park Chung-hee).

  • The Albatross
    The Albatross
    Etudiant
    • Posté à 21h17 le 22/12/2012
    • 185697
      Etudiant

    C’est une très bonne initiative de parler de la Corée du Sud qui est un pays dont on entend très peu parlé en France alors qu’il a une certaine importance mondiale d’un point de vue économique et géopolitique.

    Oui, la démocratie est une fiction, elle l’est encore plus en Asie où la quasi-totalité des pays sont des dictatures pures et simples. Les seules fictions démocratiques sont l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Or, le Japon est une quasi-dictature car le Parti Libéral Démocrate, agent des kigyo shudan, a été au pouvoir 50 ans sur 55 depuis la seconde guerre mondiale ; la Corée du Sud est dirigé par ses chaebols, l’Inde est fortement corrompue et le système de castes est très présent dans les moeurs de facto malgré son interdiction de jure.

    Du coup, ils me font rire les intellectuels, gouvernants et médias français quand ils parlent de nécessité démocratique au Moyen-Orient ou en Afrique.

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à The Albatross
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 03h10 le 23/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      La Coree du Sud n’est une democratie que depuis peu, et ces elections sont irreprochables, d’autant que beaucoup moins d’argent a circule que d’habitude.

      L’equilibre des pouvoirs en Coree du Sud est vraiment tres particulier :
      - un president devenu « lame duck » des son election (1 mandat)
      - un pouvoir legislatif totalement decredibilise (corruption, combats de boxe a l’assemblee)
      - un pouvoir judiciaire non independant
      - des media non independants
      - des chaebols trop dominants sur les spheres economiques, politiques, judiciaires, mediatiques...
      - un veritable pouvoir « netizens », capable de rivaliser avec les autres, mais aussi tres inconstant et capable de suivre la moindre rumeur, et tres menace par des lois pour le moins controversees
      - ...

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    son of an autist hulkist readin (...)
    • Posté à 03h59 le 23/12/2012
    • Internaute 21024
      son of an autist hulkist readin (...)

    « Elle n’a pas choisi d’être une fille de dictateur, et on ne peut pas attendre d’une adolescente dont les deux parents ont été assassinés qu’elle devienne une adulte normale. »

    faux
    elle était adulte à la mort de ses parents
    elle a assumé le rôle de 1ere dame après la mort de sa mère, de 22 à 27 ans (assassinat du père), rien à voir avec son adolescence...

    • Stephane MOT
      Stephane MOT répond à freakfeatherfall
      Auteur(e) de l'article Author & Chief AtoZ Officer
      • Posté à 02h14 le 24/12/2012
      • Internaute 17943
        Author & Chief AtoZ Officer

      Juste. Merci de corriger le point, je me suis laisse un peu emporter par le lyrisme (aucune excuse : je connais l’histoire de Park, qui etudiait d’ailleurs en France au moment de l’assassinat).

      J’avais utilise le terme de kid en Anglais, moins specifique, parce que l’image de l’enfant est essentielle. Pas seulement au sens « fille de » : dans le cadre du mini culte de la personnalite des ultra-conservateurs autour de la memoire de son pere, je dirais que PGH incarne quelque part l’innocence, presqu’une espece de Jeanne d’Arc ou de vierge marie fille-mere de la nation. Le fait qu’elle ne se soit jamais mariee conforte le point. Traditionnellement, un garcon ne devient un homme que lorsqu’il se marie, et j’ai toujours a l’image cette photo de la fin de la dynastie Joseon, montrant un vieux paysan a cote d’un gamin : le second etant marie, c’est le seul ’man’ dans la photo.

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