Tribune 20/12/2012 à 17h20

Hakim, jeune schizophrène en prison et en perdition

Anne Chereul | Observatoire international des prisons (OIP)

Mis à jour le jeudi 20 décembre 2012 à 17h46
Correction de l'âge du jeune homme (26 ans et non 19).
Tribune

Comme beaucoup de personnes souffrant de troubles psychiatriques, Hakim (son prénom a été modifié) s’est retrouvé en prison après avoir été jugé en comparution immédiate, sans qu’aucune expertise psychiatrique n’ait été réalisée.


Grilles de prison (X1klima/Flickr/CC)

L’histoire de Hakim, jeune schizophrène détenu à la maison d’arrêt de Valenciennes, illustre un phénomène grandissant, régulièrement dénoncé par des intervenants pénitentiaires en plein désarroi face à la maladie mentale.

Les évolutions conjointes de la psychiatrie et de la justice pénale de ces dernières années ont abouti à un véritable transfert de prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques sévères de l’hôpital vers la prison : 20% des détenus (soit plus de 13 000 d’entre eux) seraient ainsi atteints de troubles psychotiques.

Condamné à de la prison ferme pour des faits de violences légères, les troubles de Hakim n’ont été diagnostiqués que cinq mois plus tard lorsqu’une expertise a été diligentée dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. Hakim est aujourd’hui détenu depuis 19 mois.

Dégradation de l’état de santé

L’absence de prise en charge adaptée de sa pathologie et ses conditions de détention inhumaines dans une prison surpeuplée ont conduit à une lente et profonde dégradation de son état de santé, et à des allers-retours entre la prison et l’hôpital psychiatrique.

Afin de lui permettre une meilleure prise en charge médicale, sa famille et ses avocats ont multiplié les demandes pour le faire sortir en aménagement de peine. Toutes ont jusqu’ici été refusées. Le 21 décembre 2012, le juge de l’application de peines de Valenciennes se prononcera sur son ultime demande de libération conditionnelle.

A la veille de cette décision, nous avons rencontré Maître Hassna Moubsit, l’avocate de Hakim. Elle dresse le portrait d’une prison structurellement incapable de prendre en charge des personnes atteintes de maladies mentales, et retrace le parcours d’un jeune homme « sans problème », emporté par notre système judiciaire.

Se dessine en filigrane un réquisitoire cinglant contre les comparutions immédiates, véritable « justice d’exception ».

Allers-retours entre l’hôpital et la prison

Hakim est actuellement en hospitalisation d’office (HO), la troisième depuis le mois d’août. Cette dernière HO a été décidée suite à une crise qui s’est manifestée par des actes d’automutilation et un refus de s’alimenter. Il a été nécessaire de le transférer aux urgences pour le placer sous perfusion alimentaire avant qu’il ne retourne à l’hôpital psychiatrique.

Tandis que l’état de Hakim s’améliore, son avocate redoute un retour en détention :

« Notre plus grande crainte est de le voir retourner en maison d’arrêt, comme cela s’est produit suite aux deux premières hospitalisations, une fois son état stabilisé, et qu’une énième crise se traduise malheureusement par un suicide. »

La prison n’est, de fait, pas destinée à accueillir des détenus atteints de maladies psychiatriques graves. En outre, la maison d’arrêt de Valenciennes ne dispose pas d’un service médico-psychologique régional (SMPR). Le psychiatre n’y assure que des vacations, de sorte qu’une prise en charge complète, continue et efficace des maladies chroniques est tout simplement impossible.

Hakim a obtenu sa première consultation avec le psychiatre neuf mois après son incarcération. Ensuite, il s’est passé un mois, voire un mois et demi entre chaque consultation.

Des conditions de détention pathogènes

Au-delà, les conditions de détention qui attendent Hakim sont déplorables et ont contribué à une dégradation de son état de santé mentale. La maison d’arrêt de Valenciennes est l’un des établissements pénitentiaires les plus surpeuplés de France, avec un taux d’occupation de plus de 170%.

Me Moubsit, son avocate, raconte :

« Hakim a été confiné dans des cellules de 9m², 21 heures par jour. Alors que la loi prévoit l’encellulement individuel en maison d’arrêt, il a partagé ses cellules avec un, voire deux détenus qui ne connaissent pas sa maladie et ont naturellement eu des réactions de rejet, de crainte ou de moquerie à son égard. Il a souvent dormi sur un matelas posé à même le sol. »

Les conditions matérielles et d’hygiène dans lesquelles il est détenu sont une source de stress et d’angoisse permanente, qui viennent ajouter à la souffrance liée à la maladie. De telles conditions de détention, inadmissibles pour un détenu en bonne santé, le sont encore plus pour des détenus atteints de troubles mentaux particulièrement vulnérables.

« Sans compter que la maladie fait souvent perdre des réflexes vitaux et toute capacité à se plaindre, indispensable en prison », souligne l’avocate.

Un statut de « patient-détenu » qui fait obstacle à une prise en charge optimale

A l’hôpital, en dépit de la forte implication de l’équipe médicale, l’administration hospitalière est obligée de prendre en considération le fait que Hakim subit une peine privative de liberté, ce qui implique une organisation contraignante et des moyens humains importants.

Il est hospitalisé dans une aile réservée et ne peut participer à certaines activités et aux ateliers thérapeutiques, qui font pourtant partie de la prise en charge. Les autres patients doivent rester dans leur chambre lorsque Hakim reçoit des visites.

« Lors des premières hospitalisations, il n’avait pas droit aux visites, ni à la télévision, ni aux promenades... à tel point qu’il demandait lui-même à retourner en prison ! ». D’où l’importance que Hakim n’ait plus le statut de détenu pour être soigné au mieux...

Refus systématiques d’aménager la peine

Pour autant, l’ensemble des démarches de ses avocats ont jusqu’ici été vaines : « Avec mon confrère Me Hammouch, nous avons exploité toutes les possibilités offertes par la loi. Nous nous sommes heurtés, à chaque fois, à des refus catégoriques », relate Me Moubsit.

« Hakim ne s’est pas vu accorder un seul jour de réduction supplémentaire de peine sur les deux mois auxquels il pouvait prétendre. La demande de placement sous surveillance électronique (qui était, à l’époque de la demande, le seul aménagement de peine possible) a été rejetée par le juge de l’application des peines et cette décision a été confirmée par la Cour d’appel de Douai. Son état s’étant fortement dégradé, une requête en grâce présidentielle a été adressée au président de la République au mois de juin dernier. »

Elle est demeurée sans réponse à ce jour. Enfin, au mois d’août, le juge a été saisi d’une requête en libération conditionnelle. L’audience s’est tenue le 13 décembre et la décision doit intervenir le 21.

Il s’agit de la dernière possibilité pour Hakim de bénéficier d’un aménagement de peine. En cas de rejet, il pourra bien sûr faire appel, mais les délais dans lesquels la Cour d’appel se prononcera sont tels qu’à la date à laquelle sa décision sera rendue, il aura certainement fini d’exécuter sa peine.

Le schizophrène est perçu comme dangereux

Lorsque la requête pour un placement sous surveillance électronique a été déposée, l’administration pénitentiaire a rendu un avis défavorable, estimant le projet de sortie présenté par Hakim insuffisant. Sa famille avait pourtant loué spécialement pour lui un appartement, à proximité immédiate du centre médico-psychologique où il aurait dû être pris en charge.

A également été souligné le risque de récidive, déduit de la seule maladie. Le juge de l’application des peines a fondé son rejet sur les mêmes motifs, ajoutant que l’état de santé de Hakim n’était pas incompatible avec la détention, condition qui n’est pourtant pas exigée par la loi pour l’obtention d’un aménagement de peine.

Dans le cadre de la requête en libération conditionnelle, c’est un « avis réservé » qui a été prononcé par l’administration pénitentiaire, notant l’absence de projet de prise en charge médicale précis. Il est vrai que le projet thérapeutique commence seulement à être défini à l’hôpital. « Mais s’il ne l’a pas été avant, c’est justement parce que Hakim était en prison ! » souligne Hassna Moubsit.

« Les refus systématiques s’avèrent finalement motivés par sa seule maladie, la personne souffrant de schizophrénie étant perçue comme dangereuse. Pourtant, son incarcération n’a aucune utilité ou efficacité, puisqu’il est incapable de dire pourquoi il est en prison. Pire, elle aggrave sa maladie. »

La dérive des procédures de jugement rapide

Ainsi, au stade de l’aménagement de peine, la maladie mentale joue en défaveur du détenu car personne ne veut être désigné comme responsable en cas de problème. Alors même qu’au stade du jugement, le mécanisme de l’irresponsabilité pénale aurait dû empêcher que Hakim ne soit envoyé en prison.

Me Moubsit dénonce la dérive des procédures de jugement rapide : « Hakim a été jugé en quinze minutes. Il n’a pas prononcé un mot, ne s’est pas défendu. En quelques minutes, il était condamné à douze mois d’emprisonnement ferme, sans qu’aucune expertise n’ait été réalisée. »

Pour d’autres faits commis trois semaines plus tôt, le juge avait pris le temps de renvoyer l’audience en attendant l’expertise, qui a eu lieu en août 2011 et qui a diagnostiqué la maladie pour la première fois. La décision de justice a alors été toute autre : il a été déclaré pénalement irresponsable.

Lors de crises violentes, qui doit intervenir ?

Jusqu’à l’apparition de ses crises, Hakim était un jeune homme « sans problème ». Il travaillait comme mécanicien et aimait son métier. Démuni face à ses crises, le premier réflexe de son entourage a été de faire appel au Samu, qui a une vraie réticence à intervenir lors de crises violentes.

Généralement, la police arrive donc la première sur les lieux, même si la prise en charge relève du domaine médical. Or, l’arrivée des forces de l’ordre peut entraîner des complications lorsque la personne est en crise de décompensation : Hakim a insulté la police et bousculé un agent en garde à vue.

« Le processus pénal s’est alors enclenché. Or, le vrai problème qui est soulevé dans le cas de Hakim et celui d’autres schizophrènes incarcérés, c’est la question de la prise en charge médicale », déplore Me Moubsit.

De nouveaux recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme

Si toutes les demandes d’aménagement de peine se soldent par un échec, il restera à Me Moubsit la voie indemnitaire. Une façon d’interpeller les pouvoirs publics. L’avocate a d’ores et déjà déposé un recours devant le tribunal administratif de Lille afin d’obtenir l’indemnisation du préjudice moral subi par Hakim, du fait de ses conditions de détention et des entraves qu’elles ont constituées à la stabilisation de son état de santé.

Les juridictions nationales ont, à de nombreuses reprises, condamné l’Etat français pour des conditions matérielles et d’hygiène similaires à celles de Hakim à Valenciennes. La Cour européenne des droits de l’Homme a, quant à elle, plusieurs fois condamné la France, pour le traitement inhumain et dégradant infligé à des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques graves.

Sa dernière décision, en février 2012, a justement considéré que les incessants allers-retours d’un détenu schizophrène entre l’hôpital et la prison sont constitutifs d’un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention. « Bien évidemment, si cela s’avère nécessaire, nous porterons l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme », conclut l’avocate.

MERCI RIVERAINS ! Ethelbert
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  • 66 réactions
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  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 17h36 le 20/12/2012
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Hakim est dangereux pour les autres et pour lui-même. Il doit être soigné !
    La prison soigne-t-elle ?
    Combien de milliers de Hakim en prison ?

    (Ceci étant, beaucoup de personnes gravement perturbées, à soigner d’urgence, sont en liberté et même à la tête de partis politiques...)

    • A déménagé le 2 1 2013
      • Posté à 21h09 le 20/12/2012
      • Internaute 108490

      L’HP soigne-t-il ?

      La prison , non, c’est certain !

      Mais fermer son jugement à deux choix est plus que dangereux.

  • non renseigné
    non renseigné
    ici et maintenant
    • Posté à 17h45 le 20/12/2012
    • Internaute 188652
      ici et maintenant

    5% des crimes commis par les schizophrènes (une surreprésentation due au lien entre troubles mentaux et toxicomanie), ça fait 95% des crimes commis par des gens sains d’esprit.

    • Chou marin
      Chou marin répond à non renseigné
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 22h43 le 20/12/2012
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      Il y a 0.3–0.7% de schizophrènes dans la population, mais il y en a entre 5 et 20% en prison (selon que l’on utilise certains critères ou pas)

      Cette différence devrait alarmer les autorités au sujet de la qualité des diagnostics et des suivis majoritairement proposés en France.

      • non renseigné
        non renseigné répond à Chou marin
        ici et maintenant
        • Posté à 22h53 le 20/12/2012
        • Internaute 188652
          ici et maintenant

        Je ne pense pas que ce soit un problème de diagnostic : en envoie volontairement des personnes qui devraient être soignées en prison parce que notre système judiciaire (et nombre d’autres) est plus répressif que curatif. On ne cherche déjà pas à rééduquer et réinsérer les criminels normaux, alors des personnes qui sont considérées comme socialement dangereuses et inquiétantes (le fou, cela pourrait être nous demain)...

         
        • Chou marin
          Chou marin répond à non renseigné
          sal'bête plein'd'poils
          • Posté à 23h06 le 20/12/2012
          • Internaute 12261
            sal'bête plein'd'poils

          Bien sur votre observation est correcte, c’est juste que meme si on voulait, on ne pourrait pas, il n’y a pas assez de personnel competent ! Il va falloir encore environ 20 ans que les dinos se cassent tous !

          Je parle en excellente connaissance de cause, hélas. Croyez-moi, j’ai une experience de pres de 30 ans en la matiere et en ce qui concerne l’offre de soins pour : autisme, depression, anxiété, bipolarité, hyperactivité, addictions. De pres ou de loin directement en contact avec proffessionels et patients et depuis internet avec les assoc’ je ne peux vous dire qu’une chose : on est generalement au moyen-age de la psychiatrie en France - pas partout, heureusement, mais si peu de bons pros : -(

          • non renseigné
            non renseigné répond à Chou marin
            ici et maintenant
            • Posté à 23h12 le 20/12/2012
            • Internaute 188652
              ici et maintenant

            « mais si peu de bons pros »
            Et peut-être trop de psychanalystes, non ?

            • Chou marin
              Chou marin répond à non renseigné
              sal'bête plein'd'poils
              • Posté à 23h21 le 20/12/2012
              • Internaute 12261
                sal'bête plein'd'poils

              Je n’ai rien contre les psychanalystes, c’est meme plutot chic et ça revient vaguement à la mode dans certains aspects des techniques d’interview diagnostique en medecine et en psychologie, à New York surtout (Narrative Medecine and Psychology, c’est fun et ça n’a pas grand chose avec la déprimante psychanalyse Française)

              En revanche je suis scandalisé que l’etat puisse tolerer ces psychiatres-psychalystes ou ces paramedicaux s’inspirant de la psychanalyse pour faire autre chose que leur travail.

              tolererait-on des medecins-astrologues ou des chirurgiens-numerologues ?

              • non renseigné
                non renseigné répond à Chou marin
                ici et maintenant
                • Posté à 23h26 le 20/12/2012
                • Internaute 188652
                  ici et maintenant

                Le problème n’est pas tant la psychanalyse que l’immobilisme dogmatique dans lequel elle est pieusement conservée et sa prédominance excessive empêchant souvent d’essayer d’autres approches. Il est vrai aussi que garder le même divan durant 30 ans est moins couteux que faire de la recherche médicale, former du personnel et tester de nouveaux protocoles.

                Quand aux médecins astrologues... On tolère bien l’homéopathie. On la rembourse, même.

                • Chou marin
                  Chou marin répond à non renseigné
                  sal'bête plein'd'poils
                  • Posté à 23h33 le 20/12/2012
                  • Internaute 12261
                    sal'bête plein'd'poils

                  Vous exprimez bien le problème, hélas je pense que le dommage est assez durablement infligé en ce qui concerne la culture scientifique des Français : la méfiance envers la science et la pensée magique prédominent, l’autorité prévaut sur la validité et la majorité de Français pourtant éduqués croient à l’homéopathie, l’ostéopathie, l’acuponcture, l’astrologie et la psychanalyse.

          • Racaille la Rouge
            Racaille la Rouge répond à Chou marin
            zig-zag
            • Posté à 12h16 le 21/12/2012
            • 174747
              zig-zag

            Oui la réforme hospitaliére(1986) a signée la mort programmée des services hospitaliers psy. et de la médicalisation du personnel(suppression de la formation d’infirmier psy)donc moins de formation=plus de peur=plus de médocs et de répression.Et la machine à formater de l’école des cadres hospitalier à fait le reste.L’administration étant d’ailleurs ravie d’étre débarrassé des soignants psy grande gueule(et souvent marginaux) des année 70/80 alors qu’elle rétablissait le pointage(abandonné dans les année 74)et autres, le tout « pour améliorer nos conditions de travail » sans rire.....

            • Chou marin
              Chou marin répond à Racaille la Rouge
              sal'bête plein'd'poils
              • Posté à 15h12 le 21/12/2012
              • Internaute 12261
                sal'bête plein'd'poils

              Oui et que pensez-vous des CMP, niveau formation et pratiques ? Parcequ’au moins à l’hopital, ils sont à niveau, et selon moi, ils ne seraient pas aussi debordés si les patients n’avaient que l’hopital comme refuge.

        7 autres commentaires
  • mimi68
    mimi68
    Dresseur d'octets
    • Posté à 18h09 le 20/12/2012
    • Internaute 109662
      Dresseur d'octets

    On a bien condamné un psychiatre, quand va-t-on enfin mettre les juges devant leurs responsabilité ?

    Garder quelqu’un en prison au prétexte qu’il est malade et devrait être soigné et ne peut l’être, vu qu’il est en prison, frise l’imbécilité.

    Il est vraiment temps que nous nous posions la question de quel justice nous voulons ? De quel doit être l’objectif de l’emprisonnement. De quel doit être le rôle du jugement. De ce que nous voulons comme société.

    • Locked
      Locked répond à mimi68
      mis au ban
      • Posté à 19h00 le 20/12/2012
      • Internaute 196228
        mis au ban

      les asiles de fous c’est pas vraiment différent de la prison.

      • non renseigné
        non renseigné répond à Locked
        ici et maintenant
        • Posté à 19h11 le 20/12/2012
        • Internaute 188652
          ici et maintenant

        A l’origine, les asiles psychiatriques étaient des refuges pour protéger les malades mentaux de la violence sociale, d’où leur nom.

      • mimi68
        mimi68 répond à Locked
        Dresseur d'octets
        • Posté à 21h24 le 20/12/2012
        • Internaute 109662
          Dresseur d'octets

        Au vu de votre réaction je suppose que vous n’avez fréquenté, professionnellement ou comme « locataire », ni l’un ni l’autre.

        Les deux sont traumatisants, la prison reste le pire des deux.

         
        • obvious
          obvious répond à mimi68
          bouzeu rêveur
          • Posté à 08h42 le 21/12/2012
          • Internaute 129617
            bouzeu rêveur

          Au vu de votre réaction je suppose que vous n’avez fréquenté, professionnellement ou comme « locataire », ni l’un ni l’autre.

          Les deux sont traumatisants, la prison reste le moins pire des deux.

        1 autres commentaires
  • Beaufort
    Beaufort
    ville
    • Posté à 18h17 le 20/12/2012
    • Internaute 190490
      ville

    « De la prison ferme pour des violences légères » ..c’ est le résultat de la nouvelle politique de Mme Taubira ?
    Ca fait peur, on comprend mieux le départ de certains français vers nos voisins européens ! ...

    • Locked
      Locked répond à Beaufort
      mis au ban
      • Posté à 18h59 le 20/12/2012
      • Internaute 196228
        mis au ban

      c’est bidon, pour allre en taule en France il faut des violences graves et répétées.

      • non renseigné
        non renseigné répond à Locked
        ici et maintenant
        • Posté à 19h10 le 20/12/2012
        • Internaute 188652
          ici et maintenant

        Donc une fraude aggravée c’est des violences graves et répétées ?

         
        • Locked
          Locked répond à non renseigné
          mis au ban
          • Posté à 19h17 le 20/12/2012
          • Internaute 196228
            mis au ban

          détaillez

          • non renseigné
            non renseigné répond à Locked
            ici et maintenant
            • Posté à 19h24 le 20/12/2012
            • Internaute 188652
              ici et maintenant

            Par exemple, vous pouvez prendre 5 ans de taule pour une prise illégale d’intérêt. Sauf si vous êtes atteint d’anosognosie, bien entendu.

            • Locked
              Locked répond à non renseigné
              mis au ban
              • Posté à 19h32 le 20/12/2012
              • Internaute 196228
                mis au ban

              5ans pour prise illégale c’est normal, mais c n’est que de la théorie... en pratique l’élu qui fait ça risque à peine 6 mois de sursis .

              • non renseigné
                non renseigné répond à Locked
                ici et maintenant
                • Posté à 19h39 le 20/12/2012
                • Internaute 188652
                  ici et maintenant

                Exact. Si on appliquait avec la même sévérité les lois à tous les crimes et délits, la population carcérale changerait du tout au tout et le système judiciaire ne survivrait pas. A l’inverse, si le laxisme envers les crimes et délits économiques était généralisé, les prisons se videraient en quelques semaines.

                • Locked
                  Locked répond à non renseigné
                  mis au ban
                  • Posté à 22h47 le 20/12/2012
                  • Internaute 196228
                    mis au ban

                  wikipédia dit aussi qu’il y a une fort composante génétique.

                  • Chou marin
                    Chou marin répond à Locked
                    sal'bête plein'd'poils
                    • Posté à 22h52 le 20/12/2012
                    • Internaute 12261
                      sal'bête plein'd'poils

                    Chut ! N’allez dire pas dire ça dans un CMP, on vous traitera de sale scientiste ultraliberal a la solde de Big Pharma qui veut créer le meilleur des mondes style 1984.

                  • non renseigné
                    non renseigné répond à Locked
                    ici et maintenant
                    • Posté à 23h07 le 20/12/2012
                    • Internaute 188652
                      ici et maintenant

                    Une forte composante génétique signifie qu’un mauvais tirage au grand loto génétique augmente fortement les risques de devenir schizophrène, mais les facteurs environnementaux (famille, environnement social, traumatismes, toxicomanie...) viendront augmenter ou diminuer ce risque. Et comme beaucoup de maladies (pas seulement mentales), la schizophrénie peut être atténuée et son évolution contrôlée si elle est diagnostiquée rapidement et si le système de santé est capable de la traiter efficacement.
                    Par exemple, une personne avec de forte prédisposition mais dans un environnement social stable aura moins de risque de développer la maladie que la même personne née dans un taudis et subissant une violence sociale importante (misère, violence ambiante, instabilité affective propre aux personnes qui ne savent pas si elles mangeront demain...). Et si la maladie se déclare, un système de santé compétent réagira plus vite et mieux que pas de système de santé du tout ou financièrement inabordable.
                    D’ailleurs, vous remarquerez que la schizophrénie est bien plus répandues dans les pays en voie de développement et dans ceux à forte densité de population, la pression sociale étant un déclencheur de nombreux troubles mentaux (dépression et comportements schizoïdes notamment).

        7 autres commentaires
    • demilune
      demilune répond à Beaufort
      • Posté à 19h27 le 20/12/2012
      • Internaute 22444

      J’ai lu un article il y a quelques mois dans lequel un avocat expliquait qu’en comparution immédiate les peines prononcés sont bien souvent plus lourdes que si le procès avait lieu plus tard.

      La comparution immédiate a l’air de ressembler à une justice expéditive avec l’avocat de la défense qui découvre le dossier 10 minutes à peine avant le début de l’audience.

      J’ignore ce que madame Taubira pense des comparutions immédiates mais elle ne peut en aucuns cas être responsables de tout les dysfonctionnements de la justice.

      • Bernard Girard
        Bernard Girard répond à demilune
        Enseignant en collège
        • Posté à 19h59 le 20/12/2012
        • Expert 31637
          Enseignant en collège

        C’est vrai que depuis 8 mois qu’il est au pouvoir, le PS n’a pas eu le temps de se rendre compte de grand chose... et Taubira de se rendre compte que le véritable ministre de la Justice s’appelle Valls.

      • ruerâle
        ruerâle répond à demilune
        héliotrope
        • Posté à 23h11 le 20/12/2012
        • Internaute 110429
          héliotrope

        C’est la justice des pauvres qu’il faut punir.

    • balala
      balala répond à Beaufort
      • Posté à 09h53 le 21/12/2012
      • Internaute 3552

      Il a fallu 9 mois pour qu’il voit le premier psychiatre puis entre 4 et six semaines entre chaque visite... j’ai l’impression que Taubira n’y est pour rien !

    • balala
      balala répond à Beaufort
      • Posté à 09h56 le 21/12/2012
      • Internaute 3552

      9 mois avant la première visite du psychiatre puis 4 à six semaines entre deux visites, il me semble que Taubira n’y est pas pour grand chose, à moins d’être dans des univers temporels à vitesse variable.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h24 le 20/12/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais
    • Locked
      Locked répond à padiran
      mis au ban
      • Posté à 19h10 le 20/12/2012
      • Internaute 196228
        mis au ban

      ça ne m’aide pas désolé

      • padiran
        padiran répond à Locked
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 23h42 le 20/12/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Vous n’aimez pas les bêtes ?

  • miakhi
    miakhi
    ni frigide ni barjot
    • Posté à 18h41 le 20/12/2012
    • Internaute 168781
      ni frigide ni barjot

    Il n’y a plus de place en psychiatrie, alors que les murs des prisons semblent indéfiniment extensibles. A tort, bien évidemment.

    C’est la justice qu’il faut revoir, mais aussi la santé : les « fous dangereux », pour rares qu’ils soient, posent clairement l’articulation entre les deux.
    Ils posent aussi la question des soins : camisole chimique ou vrai travail qui demande du personnel et donc des moyens ? Des moyens retirés à d’autres personnes, d’autres priorités.
    Si la solution était simple, on l’aurait déjà trouvée... ce qui n’excuse en rien la situation intolérable où se trouvent des psychotiques ayant eu des crises de violence.

    • Chou marin
      Chou marin répond à miakhi
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 23h07 le 20/12/2012
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      La France a trop de place en hp si on compare avec ce qui se fait ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’ailleurs ls patients sont correctement ( et plut rapidement) diagnostiqués, ils sont aussi bien mieux pris en charge - ce qui coute moins en frais médicaux, sans compter que cela prévient beaucoup les couts que les passages a l’acte, légers ou violents, peuvent représenter.

      Une minorité pourtant puissante de psychiatres-psychanalystes, reclament souvent plus d’argent encore, mais refusent que l’on evalue leurs connaissances, pratiques et erigent un aberrant combat ideologique contre l’idee meme de controler l’efficacité de leur travail. Et l’interet des patients ? Et celui des Français qui aimeraient savoir si le trou de la secu sert au moins a quelque chose ?

  • psycho75
    psycho75
    nananana
    • Posté à 19h36 le 20/12/2012
    • Internaute 157887
      nananana

    Cette histoire me parle tellement .. pour avoir travaillé 2 ans en tant que psychomotricienne en service intra hospitalier de patients souffrants de troubles psychiques... Durant ces 2 années, il s’est produit fugues, suicide, tentative de suicide de patients très instables recevant des soins chimiothérapique et des activités thérapeutiques menées par un personnel (plus ou moins) qualifié ( aides soignantes, infirmières psy et DE , aide médico psy, ergothérapeute, psychologue et bien sur les médecins)... J’ai vu beaucoup de patients s’enfoncer, d’autres progresser lentement , mais toujours sur le fil ...
    C’est pourquoi je suis profondément et humainement indignée à la lecture de témoignage comme celui là... Un patient relevant de la psychiatrie en prison....alors oui, plus de places en prison, encore moins en psychiatrie intra hospitalière ( pour preuve, nous accueillions bien plus de patients que nous avions de lits.. Des lits de camps étaient installés dans le bureau des cadres infirmiers le WE , lorsque le service « débordait » ) mais il faut quand même se poser des questions sur le fonctionnement et l’accueil de patients dits psychotiques chroniques en France...

    • Chou marin
      Chou marin répond à psycho75
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 22h15 le 20/12/2012
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      Ces patients ne sont pas ’dits psychotiques’, ils sont atteints d’une pathologie neuropsychiatrique, la schizophrénie, dont on doute de moins en moins l’étiologie génétique, et dont on connait bien le développement et les facteurs déclenchant ses plus mauvais aspects.

      • psycho75
        psycho75 répond à Chou marin
        nananana
        • Posté à 22h21 le 20/12/2012
        • Internaute 157887
          nananana

        et pourtant la schizophrénie est une psychose....

         
        • Chou marin
          Chou marin répond à psycho75
          sal'bête plein'd'poils
          • Posté à 22h33 le 20/12/2012
          • Internaute 12261
            sal'bête plein'd'poils

          Psychose/Nevrose, c’est tout ce que vous connaissez comme terminologie ? J’imagine que le DSM vous fait horreur et que les anti-psychotiques sont selon vous moins utiles qu’un long travail sur le contenu meme des délires de ces psychotiques ?
          C’est pourtant grace a ce genre d’idees que l’on aboutit a un défaut de soin et qu’ Hakim a fini en prison pour se retrouver avec vos collègues. La boucle est bouclée.

          • psycho75
            psycho75 répond à Chou marin
            nananana
            • Posté à 22h50 le 20/12/2012
            • Internaute 157887
              nananana

            et bien continuez à imaginer...
            dans tous les cas, vous n’avez même pas pris le temps de lire mon commentaire en entier car mes collègues ne travaillent pas en prison... oups ! mais à l’hôpital.
            Et merci bien, mais le DSM est indispensable ;
            neuroleptique/ anxiolytique... = traitement chimiothérapique COMME je le précise dans le texte est nécessaire à la prise en charge de ses patients, tout comme les activités thérapeutiques...
            Alors plutôt que de dire n’importe quoi , prenez le temps de lire les commentaires ;)

            • Chou marin
              Chou marin répond à psycho75
              sal'bête plein'd'poils
              • Posté à 22h56 le 20/12/2012
              • Internaute 12261
                sal'bête plein'd'poils

              désolé j’ai du tiquer sur ce qui me semblait etre des éléments de langage de la doxa psychanalytique qui n’est pas etrangere au retard qu’accuse la France dans la prise en charge des pathologies (neuro-)psychiatriques les plus handicapantes.
              Excusez-moi svp ! : -(

        3 autres commentaires
    • Chou marin
      Chou marin répond à psycho75
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 23h12 le 20/12/2012
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      Merci beaucoup pour votre commentaire que j’aurais du mieux lire au lieu de tiquer sur une formulation (désolé, tdah en rebond)

      Que pensez-vous des soins extra-hospitaliers en matière de diagnostic, suivi, prevention ? Pourquoi etes-vous si débordés ?

  • Grasduc
    Grasduc
    Fainéant
    • Posté à 19h36 le 20/12/2012
    • Internaute 133162
      Fainéant

    Hahaha !
    De toute façon vu l’état des prisons française, c’est de ne pas en sortir fou qui est un exploit.
    Ceci dit, l’engrenage que vous décrivez est assez terrifiant. Vous dites que l’incarcération d’Hakim a commencé parce qu’il a insulté la police et bousculé un agent en garde à vue, alors qu’il était en état de crise due à sa maladie. En hôpital psychiatrique, un tel comportement aurait simplement aboutit à l’isolement temporaire du patient, sans conséquence pour son avenir. Là, le patient a fini en prison. Donc la seul raison de la peine de prison de Hakcim, c’est d’être fou ? Inquiétant.

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant en collège
    • Posté à 19h52 le 20/12/2012
    • Expert 31637
      Enseignant en collège

    C’est à ce genre de situation qu’on voit les dégâts provoqués dans la société par dix ans de sarkozysme sécuritaire. Heureusement, quand la gauche sera au pouvoir, ça ne se passera plus comme ça...

    • uberto
      uberto répond à Bernard Girard
      mouuuais on verra plus tard
      • Posté à 21h26 le 20/12/2012
      • Internaute 187304
        mouuuais on verra plus tard

      Je voudrais pas paraître méchant, mais vous collez parfaitement à l’image qu’on les élèves des professeurs, des personnes qui n’ont pas de vie sociale et qui vivent exclusivement dans leur classe.

      La gauche est déjà au pouvoir depuis 6 mois.

       :)

      • the ghost
        the ghost répond à uberto
        expatrie
        • Posté à 09h04 le 21/12/2012
        • 173412
          expatrie

        Vous etes sur ?
        PArce que certaines lois de l’ancien regime ont ete abolies en juin, mais elles viennent d’etre retablies en novembre, si il y a eu un pouvoir de gauche, il n’a pas dure longtemps !

         
        • uberto
          uberto répond à the ghost
          mouuuais on verra plus tard
          • Posté à 17h34 le 21/12/2012
          • Internaute 187304
            mouuuais on verra plus tard

          Qu’est ce qu’on va en faire de ceux là ?

        1 autres commentaires
  • uberto
    uberto
    mouuuais on verra plus tard
    • Posté à 21h22 le 20/12/2012
    • Internaute 187304
      mouuuais on verra plus tard

    Il est déjà difficile actuellement de pouvoir aider les personnes en difficulté ne posant pas de problème à la société. Les malades et criminels passent malheureusement après et récupèrent les miettes. Ca va vraiment devenir problématique. Je trouve ça triste pour ce jeune homme.

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