« M. Dhuicq, j’ai une violence larvée en moi à cause de ma perversion »
Je réside en Allemagne depuis quelques mois déjà et le débat concernant
la prochaine accession des homosexuels au mariage et à l’adoption m’éclabousse jusqu’ici de ses petites gouttelettes acides et piquantes. J’ai vu l’intervention de M. Dhuicq, député de l’Aube, à l’Assemblée ce mardi 27 novembre, dans laquelle il n’a pas hésité à lier homoparentalité et terrorisme.
Je lui ai écrit. Je vous livre notre court échange.
« Bonjour M. Dhuicq,
Je suis homosexuel et je voulais vous remercier de l’intervention que vous avez faite à l’Assemblée Nationale. En effet, je souffre moi-même en silence depuis des années maintenant. J’ai une telle violence larvée en moi à cause de ma perversion dont je ne sais comment me débarrasser, malgré mes nombreuses thérapies et mes nombreux traitements (visionnages de films de Steven Seagal, écoute assidue de discours de jean-François Copé, atelier mécanique au garage de la rocade sud, etc...).
Je vous suis éternellement reconnaissant d’avoir su pointer du doigt ce qui, effectivement, risque de devenir un véritable problème de sécurité d’Etat si moi et mes congénères obtenons le droit de nous marier et, par extension, d’élever des enfants.
Qui sait le danger qu’encourront nos citoyens dès lors que dans la nature seront lâchés d’innombrables enfants qui, débarrassés de l’autorité paternelle et des repères familiaux garant de leur équilibre mental et psychique, iront se faire exploser dans la cour des écoles maternelles ?
Grâce à vous, nous avons enfin l’explication qui manquait quant à l’injuste incompréhension que laissait en suspens les actes de Mohammed Merah. Ou de Carlos. Ah oui, et puis de la Bande à Baader. Merci encore, M. Dhuicq. Grâce à vous, je sais que la France et les Français peuvent compter sur l’intelligence et la lucidité de leurs élus pour avancer dans un avenir toujours plus obscur et incertain.
Bien à vous,
Guilvic Le Cam. »
Nicolas Dhuicq m’a répondu. Voici ce qu’il a écrit :
« Je crois que vous n’avez pas lu mes propos mais juste la déformation odieuse d’un journaliste. Lisez mon intervention et vous verrez qu’elle concerne le manque de cadre et la fonction paternelle. Ne cédez pas aux raccourcis de certains, lisez et vous verrez.
Cordialement,
Nicolas Dhuicq Député. “
Je lui ai également répondu mais je m’arrêterai là, parce que dans l’hypothèse d’une nouvelle réponse, je n’ai pas vraiment le temps ni l’énergie de renchérir.
Cher Monsieur Dhuicq,
J’habite à l’étranger, et j’ai la chance d’avoir un accès à Internet qui a pu me permettre de voir la rediffusion de l’intégralité de votre intervention à l’Assemblée nationale, qui, si je ne m’abuse, a duré un peu plus de cinq minutes. Je n’ai donc pas ‘lu’ mais écouté vos propos, avec une attention toute particulière. Notamment, par exemple, l’évocation du développement d’un islamisme radical au sein des prisons françaises, sujet qui m’intéresse assez puisqu’en plus d’être homosexuel, je m’attache à comprendre le fonctionnement de mon pays et ce qui l’empêche de bien tourner.
J’aime parfois emprunter des raccourcis parce que des fois, ça va plus vite
pour rentrer de chez Leclerc quand j’aide ma mère à aller faire les courses
lorsque je rentre à la maison pour les vacances. Mais en l’occurrence, je n’ai
pas vu ici d’odieuse déformation d’un journaliste puisque votre intervention
était filmée par les caméras de la télévision publique dans un endroit
où il semble peu probable qu’on puisse procéder à une quelconque
déformation de vos propos.En fait, il me semble un peu facile de lancer des débats où l’on mélange
tout, le terrorisme, le cadre paternel, les discours officiels de repentance
historique permanente pour après crier à la manipulation quand on essaye de
vous y confronter.Mais, M. Dhuicq, c’est de bonne guerre. L’andouillette de Troyes n’attirant
peut-être pas suffisamment l’attention sur votre jolie région, il faut bien
faire un peu d’activisme détourné de temps en temps.Enfin, vous me représentez pas, parce que je ne viens pas de l’Aube, et puis bon, la Droite Populaire c’est un peu comme les sketches d’Anne Roumanoff, ça fait rigoler au début puis après ça rend un peu triste, mais enfin on s’est compris, quoi.
En tous cas je vous souhaite bon courage, et une bonne continuation.
Bien cordialement,
Guilvic.”
- 23786 visites
- 91 réactions









32

Co-NOBEL de la Paix
Co-NOBEL de la Paix
On ne répond pas au ´ tea party’ on en rigole. Ou L’on crée le ´ café party ´. ; -D




Partager