Arrêt sur images 29/11/2012 à 10h19

Le Monde et le libéralisme, pour le meilleur et pour le pire

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Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

Ils sont parfois révélateurs, les mots qui viennent sous la plume d’un journaliste, pressé par le bouclage, et peut-être par l’émotion. Il ne fait guère de doutes que la « nécro » d’Erik Izraelewicz n’attendait pas dans les tiroirs virtuels du Monde.

Compte tenu de la soudaineté de la mort du directeur, le long article publié dans l’édition de mercredi sous la plume de Sophie Gherardi, Marie-Béatrice Baudet, Françoise Fressoz et Serge Marti, a forcément été rédigé dans la nuit, et dans la matinée de mercredi. Il n’est donc pas passé, ou bien à toute allure, par les filtres et les relectures habituels.

Ainsi l’immense majorité de cet article est-elle consacrée à « l’homme » Izraelewicz, au chef, au confrère, tel que ses confrères l’ont connu, et dont tous les témoignages s’accordent à décrire les mêmes traits de caractère : bienveillance, humour, discrétion, timidité. Les scories, comme celles qui ont valu à la nécro de Télérama, rédigée à chaud, un sérieux recadrage, sont soigneusement évitées. A propos de la carrière du disparu, l’accent est mis (à raison) sur son combat contre la vente des Echos à Bernard Arnault (même si c’était pour se jeter dans les bras d’un autre capitaliste, Marc Ladreit de Lacharrière, mais ne chipotons pas, on n’y était pas).

Du bon et du mauvais. Triez, lecteurs

Mais tout de même, c’est un peu court. S’agissant du directeur du Monde, il faut bien dire quelque chose de ses inclinations politiques et intellectuelles, et, au sens large, de sa vision du monde (sans majuscule). Les auteurs s’en acquittent en une phrase, une seule. C’est celle-ci : « Les amis d’Erik Izraelewicz, Denis Kessler, autre Alsacien monté à Paris, et leur aîné Dominique Strauss-Kahn – qui fut le professeur d’Erik à HEC –, étaient de cette génération socialiste gourmande de réformes qui allaient façonner le monde tel qu’il est aujourd’hui pour le meilleur et pour le pire ».

Ces deux noms d’amis, à eux seuls, ne définissent pas les opinions d’Izraelewicz, mais ils brossent un paysage, un itinéraire familier, parcouru par bien des intellectuels et politiques de la scène actuelle. Les réformes dont cette génération était « gourmande », on les connaît : privatisations, compression du coût du travail, conversion au libéralisme (Kessler, moins connu que DSK, est passé de la CFDT à la vice-présidence du Medef). Et les opinions d’Izraelewicz, il les exprimait dans ses éditos, qu’il enjoigne Hollande à être plus gourmand de réformes, ou qu’il sermonne sèchement les dépensiers grecs.

Mais il faut bien relire les mots. Ainsi les « réformes » libérales sont-elles dépeintes comme une grosse pomme, dans laquelle la génération d’amis, joyeusement, a croqué à belles dents. Résultat ? C’est ici que le texte livre tout son nectar : « Le monde tel qu’il est aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire. »

En substance : il y a du bon et du mauvais, en vrac, triez lecteurs, nous n’avons pas à en décider, et de toutes manières il n’y a pas d’alternative. On est passés devant le maire, on a la bague au doigt, on est mariés au libéralisme, dans un univers mental où, semble-t-il, le divorce n’existe pas.

Publié initialement sur
Arretsurimages.net
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  • My2Cents
    My2Cents
    Sans
    • Posté à 10h28 le 29/11/2012
    • Internaute 142034
      Sans

    Lorsque vous faites un lien vers un contenu à accès restreint car payant, fut-il le votre, précisez-le [accès payant].
    C’est un des codes de base de la netiquette (et si cela ne l’est pas, ce devrait l’être.)

    • illiera Trevisa
      illiera Trevisa répond à My2Cents
      dépressive
      • Posté à 12h54 le 29/11/2012
      • Internaute 74681
        dépressive

      Comme je suis abonnée en « amie fauchée » d’ @si ( et oui au rsa , plus les moyens de payer mais ils m’acceptent gratuitement ) , voici un extrait :

      « Dans ce concert de louanges, Télérama, hebdomadaire du groupe Le Monde, détonnait quelque peu, en tout cas dans une première version de la nécrologie publiée hier soir sur le site.

      La version initiale précisait : “Effacé, Érik Izraelewicz a cependant eu du mal, pendant ces presque deux ans, à s’imposer face à une rédaction qui lui reconnaissait ses qualités de journaliste, mais lui reprochait son manque d’autorité. Récemment encore, les problèmes de management avaient été l’objet d’un communiqué interne”. Cette partie avait disparu mercredi matin. »

      ps : et j’ai voté pour que le contenu soit visible par tout non- abonné

      ps bis : @si, c’est 30 euros par an .. vu l’accès à toutes leurs archives et émissions dès le départ , c’est un bon investissement ( que malheureusement je ne peux plus faire actuellement pour les aider)

      ps ter : et oui , comme l’a déjà fait remarqué un des commentateurs de Rue89,lors de discussions autour de DS et Bourdieu et mon « manque » d’objectivité :) , j’ai un faible pour DS ( ce n’est pas de ma faute , il ressemble comme deux gouttes d’eau à mon parrain spirituel lui-même filleul (réel) de Robert Filliou et ancien élève de Bourdieu à l’université de Vincennes)

      ps ter : et non je n’ai pas le numéro de portable de DS et je ne connais pas ses plats préférés

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 10h36 le 29/11/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    Après Eric Izraelewicz, Denis Kessler et Dominique Strauss-Kahn, voici une nouvelle trinité tout aussi redoutable.

    Valls, Bauer, Fouks : le pacte de Tolbiac

    • illiera Trevisa
      illiera Trevisa répond à spleenlancien
      dépressive
      • Posté à 12h55 le 29/11/2012
      • Internaute 74681
        dépressive

      j’avais lu hier la saga.. fascinant . ; merci d’avoir mis le lien pour tous

    • Argumentateur
      Argumentateur répond à spleenlancien
      Résistance !
      • Posté à 16h17 le 29/11/2012
      • 185036
        Résistance !

      Le lien ne fonctionne pas : (

      • illiera Trevisa
        illiera Trevisa répond à Argumentateur
        dépressive
        • Posté à 12h22 le 30/11/2012
        • Internaute 74681
          dépressive

        ah oui, je n’avais pas vérifié non plus...

        c’est cet article ( très long et détaillé du Monde pour une fois) :

        Lien

        Sinon tapez en recherche sur le Monde.fr : Valls Bauer , vous le trouverez

  • Autist Hulk Reading
    Autist Hulk Reading
    Autist Reading Fan
    • Posté à 11h13 le 29/11/2012
    • Internaute 195540
      Autist Reading Fan

    Merci pour cette clairvoyance en effet il y a du bon pour eux, pour l’oligarchie dont les journalistes font partie tel que vous venez de nous le prouver et du mauvais pour nous, pour le peuple pour ceux qui subissent cette désastreuse manipulation particulièrement humiliante que nous subissons tous les jours, nous en chions des pierres afin d’engraisser les parasites, ceux qui nous demandent de mettre les tripes sur la table...

    Du coup nous avons les « intellectuels » que nous méritons, sans intelligence, sans vision à long terme, sans repère littéraire ou philosophie, enfin peut-être « zadig et voltaire » pour certains, la preuve c’est qu’ils peuvent parfaitement prendre le rôle de directeur de quelque chose sans que ça les empêche de nous imposer leur prose pitoyable tellement ces gens là se pensent intelligents alors qu’ils ne sont en réalité que les perroquets de l’oligarchie.

    « Vouloir le vrai, c’est s’avouer impuissant à le créer. » F. Nietzsche
    Seuls les imposteurs affirment savoir dans quel endroit ils veulent nous diriger car la réalité est en mouvement et la vérité se déplace en permanence, tout ces gens de dogme bien conservateurs ne font que salir le monde un peu plus chaque jour de leur ignorance...

    • Funkabeat
      Funkabeat répond à Autist Hulk Reading
      Grooviste incurable
      • Posté à 12h27 le 29/11/2012
      • Internaute 133395
        Grooviste incurable

      D’accord sur l’ensemble, avec une nuence : les politiciens sont ignorants (trop occupés á « gérer » leur « carrière »), et ce sont les journalistes qui défendent l’idéologie libérale en délimitant les positions des politiciens, ou en expliquant qui est « kenesien », ou libéral... etc.
      Un exemple : les positions des individualités de l’ump ne sont pas établies par le parti, mais situées dans les rédactions, où l’on dira que Copé est plus á droite que Fillon et autres « finesses ».

      Le néolibéralisme de la presse en France est á mon avis le fait le plus grave, car celui qui nous fera plonger. Les politiciens ne savent même pas de quoi ils parlent (voir ce qu’en dit Pierre Larrouturou tout à la fin de cette vidéo : Lien) « Pour éviter le krach ultime » Pierre Larrouturou ).

      Je vous recommande les vidéos des « Rencontres Déconnomiques » d’Aix en Provence, où la propagande néolibérale dans la presse française est souvent évoquée, ainsi que le travail de censure acharnée du « cercle des économistes ».

      • Autist Hulk Reading
        Autist Hulk Reading répond à Funkabeat
        Autist Reading Fan
        • Posté à 12h38 le 29/11/2012
        • Internaute 195540
          Autist Reading Fan

        les frontières sont difficilement décelables tant la vénalité a remplacé la curiosité chez les journalistes... Est-ce la poule ou l’œuf ? Difficile à dire par contre une chose est certaine c’est que nous sommes totalement désinformés sur la réalité...

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Nalyseur de proximité.
    • Posté à 10h51 le 29/11/2012
    • Internaute 148099
      Nalyseur de proximité.

    Kessler, moins connu que DSK, est passé de la CFDT à la vice-présidence du Medef

    C’est pourtant dommage, il gagne, si on peut dire, à être un peu mieux connu.

    Il a même fait mieux que cela puisque passé du maoïsme* à la vice-présidence du Medef, c’est le plus enragé néolibéral, dont une des obsessions est de, on le cite : « Défaire méthodiquement le programme du CNR ».
    « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

    Entre autres joyeusetés de même farine dont :
    « La lutte des classes, j’y crois toujours, mais maintenant je suis de l’autre côté de la barrière ! »
    Effectivement il y a un côté de la barrière plus confortable que l’autre.

    Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es (vieux dicton populaire).

    * On notera que cette référence à ce joyeux,quoique inconvenant passé de trublion gauchiste, n’apparaît jamais, ou alors n’est évoqué qu’en courant dans les papiers que lui consacre la presse « officielle » et « convenable ».
    En gros celle qui appartient à ses amis.

    • Seingalt
      Seingalt répond à Nain Glumeux
      amateur professionnel
      • Posté à 11h07 le 29/11/2012
      • Internaute 166244
        amateur professionnel

      « La lutte des classes, j’y crois toujours »

      C’est beau de voir des gens conserver leurs idéaux de jeunesse...

      • Nain Glumeux
        Nain Glumeux répond à Seingalt
        Nalyseur de proximité.
        • Posté à 11h21 le 29/11/2012
        • Internaute 148099
          Nalyseur de proximité.

        C’est beau de voir des gens conserver leurs idéaux de jeunesse...

        Hé bien, aussi paradoxal que cela puisse paraître je crois qu’il y a une part de vérité dans cela , ces gens ne font que troquer un totalitarisme pour un autre sans que change fondamentalement leur vision du monde.
        Qui n’a pas connu de mao spontex passé des CAL au Rotary ?

    • Funkabeat
      Funkabeat répond à Nain Glumeux
      Grooviste incurable
      • Posté à 12h25 le 29/11/2012
      • Internaute 133395
        Grooviste incurable

      Barroso était le chef de file des maoistes au Portugal... devenu libéral-opportuniste dans les années 80.

  • Buzzcocks
    Buzzcocks
    Anarchiste
    • Posté à 11h48 le 29/11/2012
    • Internaute 137500
      Anarchiste

    Sur le Huff, c’est François Lenglet qui pleure la mort du plus grand journaliste de l’univers. J’ai presque versé une larme...

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 11h52 le 29/11/2012
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    Oulala mais vous êtes nostalgique d’un journalisme à la papa, qui prend position, critique, met en perspective...

    La vérité, depuis, est advenue, la discussion est close, et la marchandisation présure achevée, ce qui nous laisse du temps pour pérorer à foison.

  • calam
    calam
    poussière parmi tant d'autres
    • Posté à 11h55 le 29/11/2012
    • Internaute 34507
      poussière parmi tant d'autres

    Belle analyse.

    Enfin ! une nécro à contre courant. Serait-ce le début de la fin de la brosse à reluire ? Du « Ah ! Il était bien brave ». expression consacrée à accompagner les dépouilles vers le paradis du mensonge.

    N’est-il pas salutaire, -pour leur rendre service- et surtout par respect aux vivants, sans risque aucun de les blesser, à ne pas laver les morts par une purification tronquée des réalités pour ne pas dire des vérités, auquel cas on encourt une putrification généralisée Oh sorry ! putréfaction ! .

  • Zééva
    Zééva
    Autistement vôtre...
    • Posté à 12h32 le 29/11/2012
    • Internaute 191780
      Autistement vôtre...

    Wouah, le C.V. de Kessler est impressionnant !

    Élu « Industry Personality of the Year 2008 » par le jury des « Worldwide Reinsurance Awards » à un dirigeant pour sa contribution au secteur de l’assurance et de la réassurance (3 septembre 2008),
    Président du Cercle de l’Orchestre de Paris, à compter de juin 2008,
    Président du club Le Siècle de janvier 2008 à décembre 2010,
    Éditorialiste au magazine économique « Challenges » à compter d’octobre 2007,
    Président directeur général du groupe SCOR (réassurance) depuis le 4 novembre 2002,
    Membre du Conseil économique et social de 1993 à 2010,
    Membre de la Commission Economique de la nation depuis 1984,
    Administrateur de BNP Paribas, Bolloré, Dassault Aviation, le Fonds Stratégique d’Investissement et INVESCO Ltd,
    Membre de l’Association de Genève (Association Internationale pour l’Étude de l’Économie de l’Assurance) – depuis 1995, membre de son Conseil d’administration depuis 2005,
    Global Counsellor du Conference Board - depuis novembre 2006,
    Membre du Conseil Stratégique du CEA (Comité européen des assurances) - depuis mai 2009,
    Membre de l’Association des RVS et représentant du marché français – depuis septembre 2010...

    Officier de la légion d’honneur depuis 2009 et copain de Sarkozy, Guillaume de son prénom, Délégué général du groupe Malakoff Médéric.
    Ca bouffe dans toutes les gamelles ces types là.

  • J-B
    J-B
    Etudiant. Si si, pour de vrai.
    • Posté à 12h43 le 29/11/2012
    • Internaute 58527
      Etudiant. Si si, pour de vrai.

    Et que dire d’un monde où les journalistes (de tous bords) ne se cachent même plus d’orienter l’info pour la faire coïncider avec leurs « inclinations politiques et intellectuelles » ?

    Bien sûr, il est impossible de l’éviter complètement, l’objectivité étant souvent illusoire. Je ne suis pas naïf.
    Mais bon, de là à en être fier et jauger le travail de condisciples selon la « qualité » de leurs convictions...

    Un autre effet de la trop grande proximité des journalistes et des politiques ?

  • La phrase
    La phrase
    deshabillee
    • Posté à 15h37 le 29/11/2012
    • Internaute 195191
      deshabillee

    Je crains que ce ne soit encore plus simple. La finance a pris un tel poids, qu’il lui devient tout simplement impossible de baisser ses revenus et que les réformes n’ont alors qu’un but : lui donner accès à une part plus importante de l’argent publique : celui de la protection sociale. Les agences de notation jouent la courroie de transmission.
    La phrase déshabillée - La fin est proche

  • Climbpissis
    Climbpissis
    Cadre
    • Posté à 21h41 le 29/11/2012
    • Internaute 136628
      Cadre

    Toujours la grande classe ce Schneidermann.
    Misérable papier, issu d’une autre forme de libéralisme qui fait son beurre en tirant sur les morts pour croûter, et qui n’a même pas le courage d’aller jusqu’au bout de ses opinions en ajoutant un minable « il y a du bon et du mauvais », sous entendu : chacun fait son choix, mais bon... vous avez compris ce que je voulais dire, qui rappelle les pires heures de notre histoire.
    La famille du défunt au corps encore chaud a certainement du apprécier cette belle leçon de journalisme engagé pur jus.
    Minable petit journaleux.

  • Pi.K
    Pi.K
    Vilain Parisien
    • Posté à 11h36 le 30/11/2012
    • Internaute 105016
      Vilain Parisien

    « [O]n est mariés au libéralisme, dans un univers mental où, semble-t-il, le divorce n’existe pas. »

    D’un autre côté, les « divorcés » tombent facilement sous le coup de l’accusation de retournement de veste. Prenez François Bourguignon (directeur de la Paris School of Economics) : il y a de cela quelques années, avant la Krize, c’était un économiste pépère, marchés efficients, blabla. François Bourguignon aujourd’hui : il faut lutter contre les inégalités, la mondialisation n’a pas tenu ses promesses, blabla.

    Résultat : les altermondialistes de longue date le regardent avec force soupçons, et les orthodoxes inébranlables le considèrent comme un affreux dissident.

  • Hank ulé
    • Posté à 12h27 le 03/12/2012
    • Internaute 195810

    Un bref article qui vient fustiger la soumission du Monde au dogme libéral, cela aurait mérité un travail plus élaboré.
    D’une part, l’article que vous choisissez de mettre en cause est une « nécro », comme vous le soulignez vous-même, probablement écrite avec une certaine émotion. Or, il me semble que la phrase que vous incriminez peut être sujette à de nombreuses interprétations (« pour le meilleur et pour le pire »), et qu’elle ne démontre absolument pas ce que vous indiquez dans votre conclusion (c’est un peu léger tout de même comme démonstration).
    En outre, il apparaît que vous avez vous-même « consommé votre union avec le libéralisme », ce que vous dénoncez ici.
    Je m’explique, votre émission de « critique » ASI était - selon vos propres dires - entièrement fondée sur le principe de contradiction, « l’indispensable contradiction » comme vous le mentionniez dans un mail à Pierre Carles (daté du 17/01/1997). Vous, qui ne vouliez pas renoncez aux « exigences de la contradiction » pour Pierre Bourdieu (« je ne vois pas ce qui vaudrait à Bourdieu un traitement particulier », phrase issue d’un mail de Daniel Schneidermann à Pierre Carles, daté du 23/01/1997), vous le faites lorsque vous invitiez Jean-Marie Messier dans une de vos émissions, sous prétexte que « nous en sommes arrivés a la conclusion que les meilleurs contradicteurs imaginables de Jean-Marie Messier étaient les faits, résultant de notre enquête » (réponse de D. Schneidermann à P. Carles, disponible sur le forum D’ASI).

    Mais où est cette « indispensable (esprit de) contradiction » qui semblait vous animer ? Y avez-vous définitivement renoncé lorsque vous invitiez JMM ? Pourquoi ce dernier a-t-il eu droit à un traitement particulier, alors même que vous le refusiez à d’autres ?

    En conclusion, qui a baissé son pantalon devant le dogme libéral ? A vous de juger lecteurs...

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