Décryptage 14/11/2012 à 10h05

Chine : les trois défis de Xi Jinping

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Xi Jinping, le nouveau numéro un chinois, vote au cours du XVIIIe Congrès du PCC (Wang Zhao/AFP)

La Chine que vont diriger Xi Jinping, le nouveau numéro un chinois, et son futur Premier ministre, Li Keqiang, désignés sans surprise mercredi à la clôture du XVIIIe Congrès du Parti communiste chinois, est très différente de celle dont avait hérité Hu Jintao une décennie plus tôt.

En 2002, la Chine, tout juste admise au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), se transformait à peine en « usine du monde », connaissait à peine Internet – utilisé désormais par 500 millions de Chinois –, et n’avait pas encore déployé ses ailes sur l’ensemble de la planète, Afrique, Asie, Amérique latine...

Xi Jinping, 59 ans, va devoir faire face à trois défis majeurs.

1

Les réformes politiques

C’est la « fuite » du moment : les dirigeants chinois auraient comme livre de chevet « L’Ancien régime et la Révolution » d’Alexis de Tocqueville, une analyse des causes de la Révolution de 1789. Les caciques du PCC redoutent-ils à ce point d’être balayés par une vague populaire révolutionnaire comme Louis XVI et la monarchie française ?

La comparaison est excessive, et jusqu’ici, au sein du Parti communiste chinois, on étudiait plutôt la Perestroïka et la Glasnost de Mikhaïl Gorbatchev et l’implosion du système soviétique, comme antimodèle à éviter...


Le « doigt d’honneur » à Mao : « Etude de perspective : Tiananmen, 1995-2003 » (AI Weiwei)

Le fait est que la Chine d’aujourd’hui est bien plus difficile à gouverner, avec une société bien plus frondeuse que celle dont avait hérité Hu Jintao, pour toute une série de facteurs :

  • le fossé social n’a cessé de se creuser entre une petite élite devenue milliardaire en dollars en quelques années, une classe moyenne qui a peur de perdre ce qu’elle vient de gagner et veut se protéger des risques environnementaux et sociaux, et les exclus du miracle chinois– quelques centaines de millions de personnes, exclues ou exploitées conscientes du décalage. L’indice Gini, qui calcule les écarts de richesse dans une société, a dépassé depuis longtemps la cote d’alerte en Chine ;
  • la corruption a elle aussi dépassé la cote d’alerte. En 2002, dans son discours d’adieu en tant que leader du parti, Jiang Zemin avait déclaré que si le PCC ne parvenait pas à endiguer la corruption, il risquait d’être balayé. Hu Jintao a fait le même constat dans son propre discours la semaine dernière. Le phénomène ne cesse de s’amplifier, grâce notamment aux centaines de millions de dollars injectés dans l’économie dans les plans de relance de 2009 et 2012. Symbole de ce fléau, l’enquête du New York Times sur la fortune de l’entourage du premier ministre sortant, Wen Jiabao, que ce dernier conteste ;

  • Han Han, le blogueur le plus lu au monde, joue avec la censure (Mike Clarke/AFP)

    Internet a changé la face de la Chine. Avec plus d’un demi-milliard d’utilisateurs, plus de 200 millions d’inscrits sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, l’information circule comme jamais auparavant dans l’histoire chinoise. Avec ses bons et ses mauvais côtés, la transparence accrue sur les affaires publiques, mais aussi, en l’absence de médias crédibles, la propagation de sentiments nationalistes, de la rumeur et du dénigrement.

Le mot de réforme politique a longtemps été un gros mot en Chine. Zhao Ziyang, secrétaire général du PCC limogé au moment du massacre de Tiananmen en 1989, a été le dernier leader réformiste.


« La Philosophie du porc », de Liu Xiaobo (Pierre Haski/Rue89)

Mais les voix sont nombreuses, aujourd’hui, pour dire que le système chinois doit évoluer, et que le décalage entre des réformes économiques qui ont transformé le pays, et l’absence d’évolution politique est intenable.

A commencer par un Etat de droit qui fait encore défaut, une tolérance pour la contradiction (Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, est en prison pour douze ans pour, de fait, un délit d’opinion), des candidatures multiples pour les fonctions électives, et pas seulement au sein du PCC.

Xi Jinping sera-t-il l’homme de la réforme politique vers plus de liberté, ou de la poursuite du « capitalisme autoritaire » à la chinoise devenu un modèle de référence ? C’est la question à 100 milliards de yuans ! Les experts sont partagés, et les Chinois dubitatifs. La crainte de perdre le pouvoir « à la Gorbatchev » reste le principal frein aux réformes politiques.

Seule certitude, la société chinoise est réveillée, et mènera la vie dure à un pouvoir dont la légitimité est de plus en plus contestée.

2

Un nouveau modèle économique

Pendant la décennie écoulée, la Chine est devenue, selon un cliché déjà en passe d’être dépassé, l’« usine du monde ».

Son entrée dans l’OMC en 2002 a consacré ce statut et a fait de l’empire du Milieu la destination numéro un des investissements étrangers directs dans le monde, objet de désir de toutes les délocalisations en quête de main d’œuvre bon marché.


Un policier passe à vélo devant un panneau marquant l’adhésion de la Chine à l’OMC, à Pékin (Wilson Chu/Reuters)

Résultat : la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, limitrophe de Hong Kong par laquelle est arrivée la modernité, a vu émerger des villes-champignons de plusieurs millions d’ouvriers, alignements d’usines toutes entières tournées vers l’exportation.

Cette Chine exportatrice produit 90% des jouets du monde, la majorité des ordinateurs, les iPhone et iPad d’Apple, 80% des chaussettes du globe, et tant d’autres choses encore, grâce à une armée de millions de « mingongs », ces « paysans ouvriers » venus de la campagne, corvéables à merci.


Les échanges entre la Chine et le reste du monde décollent après 2001 (New York Times)

Ce cycle est déjà essoufflé. Des revendications sociales et une montée des coûts ont affaibli l’attractivité de la Chine comme base de production, et certaines entreprises chinoises elles-mêmes se sont mises à délocaliser vers plus pauvre encore, Vietnam, Bangladesh...

Et la baisse drastique de la demande aux Etats-Unis et surtout en Europe frappée par la crise financière ont mis à mal la vitalité d’une économie qui reposait trop sur les exportations. De nombreuses usines ont fermé et ne rouvriront sans doute pas.

La Chine, dopée à la croissance à deux chiffres, ne connaît plus une progression cette année « que » de 7 à 8%, et certains experts pensent que ça peut descendre encore l’année prochaine si les tentatives de relance échouent. L’Europe s’en contenterait, mais pas la Chine avec ses besoins en développement colossaux, et sa population d’1,3 milliard d’habitants.

Développer le marché intérieur, réorienter l’économie d’un modèle exportateur vers une demande poussée par la consommation, c’est le nouveau défi d’un mastodonte parti trop vite dans une direction aujourd’hui bouchée. Le tout en limitant la casse environnementale et sociale, en formant mieux sa population, en garantissant à la classe moyenne qu’elle peut dépenser son épargne colossale dans un cadre sécurisé.

Ce défi-là n’est pas gagné, et la nouvelle équipe avancera sans véritables références, sans précédents.

3

Quel rôle dans le monde ?

Au début des années 2000, la Chine restait un acteur modeste sur la scène internationale, autocentrée sur son développement économique.

Dix ans après, elle en était devenue un acteur incontournable, avec une présence économique conséquente sur tous les continents, un « soft power » en devenir, et une posture diplomatique ambigüe sur les grands conflits du moment.

Je me souviens, au milieu des années 2000, avoir assisté au premier Forum sino-africain à Pékin, avec des délégations venues de tout le continent, sans réaliser qu’il s’agissait des premiers pas de ce qu’on appelle aujourd’hui la « Chinafrique ».


Entrepreneur chinois au Nigéria, symbole de la « Chinafrique » (Paolo Woods)

La Chine est devenue le partenaire-clé d’un continent noir qui regorge des matières premières dont l’économie chinoise a grandement besoin. Elle accorde des crédits généreux sans trop regarder aux dessous de table ni au respect des droits de l’homme, pas mieux ni pire que les Occidentaux avant elle...

Des casques bleus chinois ont commencé à faire leur apparition dans le monde, au Congo, en Haïti, au Liban... Les « Instituts Confucius », écoles de langues et centres culturels, fleurissent un peu partout, et la Chine investit des milliards dans des médias destinés à concurrencer, avec un prisme pékinois, les CNN et France 24 de ce monde.


Nicolas Sarkozy serre la main de Hu Jintao le 28 avril 2010 à Pékin (Michel Euler/Reuters)

A partir de 2007-2008, on a vu une Chine plus sûre d’elle, plus « arrogante » diront ses détracteurs, émerger sur la scène internationale. La France de Nicolas Sarkozy en a fait les frais, « punie » par Pékin pour avoir flirté avec le dalaï-lama tibétain, bête noire de la Chine. La leçon a porté sur le plan international.

La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, se trouve désormais en première ligne sur les grands conflits. Pékin a laissé faire l’Otan en Libye pour le regretter ensuite, et choisir, de concert avec la Russie de Poutine, de bloquer toute tentation interventionniste en Syrie, au risque d’apparaître complice d’un massacre à grande échelle.

A ce rôle critiquable, la Chine ajoute son propre activisme en Asie, qui met ses voisins mal à l’aise. Poussée nationaliste et tension avec le Japon autour de la possession d’îlots, même chose avec le Vietnam ou les Philippines sur le sort d’autres îles de mer de Chine, ou « protection » de la Corée du Nord nucléaire de peur de voir s’effondrer un voisin qui sert à tenir les Américains à distance.

La Chine n’a pas encore trouvé sa place et sa voix dans le monde. Xi Jinping et sa génération politique héritent d’un pays devenu la deuxième puissance mondiale, qui a commencé à se déployer à l’échelle planétaire (et même au-delà avec l’épopée spatiale) sans avoir encore réellement fixé sa doctrine, au-delà du slogan rassurant de l’« émergence pacifique ».

Elle a cru, sans doute trop vite, que les Etats-Unis, affaiblis par les guerres de Bush et la crise des subprimes, étaient hors course, et s’est crue trop rapidement maître du monde.

En septembre, le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, un ami de Pékin, mettait en garde les dirigeants chinois, dans un discours à l’école du Parti communiste, contre l’idée selon laquelle les Etats-Unis ne comptaient plus. Une piqûre de rappel utile.

Les nouveaux dirigeants devront faire face au contre-coup de l’émergence brutale de leur pays : le « China bashing », qui en fait le bouc émissaire des problèmes du monde, est en vogue aux Etats-Unis (Romney...) ou en France (Montebourg...).

Le XXIe siècle ne sera peut-être pas uniquement chinois, mais il le sera assurément en partie.

Face à ces trois défis, internes et externes, Xi Jinping doit encore révéler sa personnalité, ses ambitions. C’est peu dire que les grandes capitales de ce monde sont à l’affût de ses premiers pas.

Le monde observe plus le changement à Zhongnanhai (le siège du pouvoir à Pékin) que les simples citoyens chinois, mis devant le fait accompli, et que le changement d’« empereur » concerne peu. Mais peut-être Xi Jinping les surprendra-t-il ?

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  • Conventionnel
    Conventionnel
    On ne peut régner innocemment
    • Posté à 10h23 le 14/11/2012
    • Internaute 169038
      On ne peut régner innocemment

    Amusant ! M. Haski déclame qu’il a tout compris. Est-ce parce que celui qui a été choisi est bien celui que le monde entier connaissait, depuis plusieurs années, comme étant bien celui qui devait être nommé. Et le numéro 2 aussi ! Décryptage du couplé dans l’ordre ! C’est un peu drôle de constater combien l’opacité de la désignation des dirigeants chinois est limpide ..

    • Laowai bai er fu
      Laowai bai er fu répond à Conventionnel
      Expatrie en chine
      • Posté à 10h41 le 14/11/2012
      • Internaute 168550
        Expatrie en chine

      elle est limpide d’opacite.

      le resultat, c’est juste qu’il y a designation, et que ca fuite.
      Le processus de designation est toujours aussi debilement opaque.

      • Conventionnel
        Conventionnel répond à Laowai bai er fu
        On ne peut régner innocemment
        • Posté à 10h55 le 14/11/2012
        • Internaute 169038
          On ne peut régner innocemment

        Et vous avez la clairvoyance d’un myope ...
        Je vous avais pourtant déjà dit il y a plusieurs semaine qu’après vos merveilleuses interventions sur le niveau culturel de l’immense majorité des chinois - qui en sont toujours à ne pas utiliser de couches pour leurs mouflets ! - vous auriez intérêt à changer (encore une fois) de pseudonyme sur ce site ...

  • ruerâle
    ruerâle
    héliotrope
    • Posté à 10h20 le 14/11/2012
    • Internaute 110429
      héliotrope

    Article intéressant et de fond, ça change des cafetières et des promos. A coupler avec celui sur la robotisation des industries chinoises pour apercevoir les transformations que va connaître le marché de l’emploi là bas.

    PS : on dit drastique me semble-t-il

    • mesescuses
      mesescuses répond à ruerâle
      navré ( navrant aussi si vous (...)
      • Posté à 20h52 le 15/11/2012
      • Internaute 195162
        navré ( navrant aussi si vous (...)

      ( HS )

      Voilà, à l’image de Manuel Valls, je viens m’excuser, pour mes diverses « provocations ».

      Non, NKM n’est pas une grosse conne ..

      ( par exemple, il y en a eu de nombreux autres ( instants où, pour me promouvoir, j’ai usé et abusé des mots ))

      Lien

      Faites tourner, et vous comprendrez ce qu’est le « tournant type Copernicien » que certains ont évoqué dernièrement.

      Si vous comprenez pas que j’ai raison, il y a une chance ou deux pour que la royauté, l’élite, vous explique, mais vous lui serez éternellement redevable .. ( comprenez le, si vous êtes « autiste » ( stupide, faible d’esprit, etc ), inutile de trop vous accorder )

  • Laowai bai er fu
    Laowai bai er fu
    Expatrie en chine
    • Posté à 10h22 le 14/11/2012
    • Internaute 168550
      Expatrie en chine

    C’est l’histoire de la grenouille qui voulait etre plus grosse que le boeuf...

    le marche interieur ne prendra pas sans une repartition des richesses.
    C’est une grande verite sachant que les riches chinois consomment peu de produits chinois... Il ya de multiples raisons a cela.
    Pire les riches chinois se barrent.

    La verite, c’est qu’il faut une veritable ouverture sur l’exterieur, culturellement notamment pour apprehender la notion de norme, de qualite, etc.
    Sinon, donnez leurs du frics et ils acheteront Coreen, Japonais, Americain, italien et Francais. Une verite aujourd’hui que je ne vois pas fausse demain.

    En gros, des defis qu’ils sont aptes a relever, mais qu’ils ne releveront pas par ideologie.

    Le souffle redescendera.

    Et puis il y aura un autre pays qui prendra la releve, et fera exactement la meme chose.

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Laowai bai er fu
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 10h30 le 14/11/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      Et comme d’habitude, l’expatrié a tout compris sur ce que ces bêtas de Chinois incultes devraient faire. Non pas pour réussir, mais pour se débrouiller de la même manière que l’Occident. Un peu comme en France où on entend aujourd’hui les ringards punis du 6 mai nous expliquer qu’il aurait fallu que M. Sarkozy soit réélu : pour continuer la politique que la droite menait depuis 10 ans.
      Certes, M. moi président n’est pas une panacée, mais c’est quand même mieux qu’une purge comme Woert ou Médrano !
      < ; O)))))))))))))))))

      • Laowai bai er fu
        Laowai bai er fu répond à Conventionnel
        Expatrie en chine
        • Posté à 11h00 le 14/11/2012
        • Internaute 168550
          Expatrie en chine

        le rapport avec Sarko ?

        Moi je parle d’inadequation entre sinocentrisme et marche international.
        Leur jeu tel qu’il est aujourd’hui ne durera pas mais se deplacera vers l’Asie du Sud Est.
        Et il faudra repondre avec brio, pas de la recette sino-chinoise.
        De la meme maniere que nos reponses politiques doivent prendre en compte les marches exterieurs, les echanges, les flux migratoires, et de ressources.
        La Chine a une metamorphose a effectuer, et seulement une poignee l’a faite ( je pense a ces ABC, american born chinese ) qui reussissent a mixer les deux cultures. Ces personnes la sont nettement plus interessantes en terme de solution pour le business par exemple. En revanche ils sont loins des spheres du pouvoir et de leurs clans.

        Dites moi le contraire.

         
        • Conventionnel
          Conventionnel répond à Laowai bai er fu
          On ne peut régner innocemment
          • Posté à 12h04 le 14/11/2012
          • Internaute 169038
            On ne peut régner innocemment

          Mais pourquoi donc dire le contraire quand j’essaie de vous faire entrer dans la courbure qu’un monde ne doit jamais s’analyser avec des outils qui lui sont étrangers. Parce que toute l’erreur réside justement dans le fait que vos outils ne sont pas universels ...

          Par exemple, je ne dis pas que la Chine n’effectuera pas une métamorphose. Mais je vous dis qu’il est certain que le nouveau « numéro 1 » chinois ne fera pas plus et pas moins que ce qui aura été décidé par les membres du Bureau politique du Comité central du PCC. Sous peine d’être limogé comme certains de ses prédécesseurs.

          Pour être plus précis encore, il est CERTAIN que le ministre des Affaires étrangères de la RPC ne sera jamais dans l’avion privé d’un proche du régime d’une République bananière - en train de faire des affaires immobilières privées avec son pôpa - pendant que des manifs ont lieu dans la capitale. Parce qu’il est certain que l’ambassadeur saura au moins lui déconseiller.

          Il est CERTAIN que le même ministre, ne téléphonera pas au chef d’Etat major de cette même République bananière pour lui annoncer à 16h30, avec effet immédiat, que son pays ne soutient plus et ne couvre plus les facéties du président de cet Etat.

          Il est CERTAIN que le président de la RPC n’enverra pas son seul porte avion (avec pour mission de faire bombarder les populations civiles pendant 6 mois) au large des côtes d’un pays souverain dont il a invité, deux mois avant, le chef d’Etat à planter sa tente au milieu du jardin de sa résidence privée. C’est peut être parce que le président chinois n’avait pas besoin de demander de l’argent en vue de se faire réélire, mais ça, c’est un autre problème.

          Rassurez-vous, la recette sino-chinoise pour faire prendre la mayonnaise est beaucoup efficace que les couches qu’on met aux nouveaux nés avant de faire exploser le tonnage et le volume de nos ordures ménagères.

          • Laowai bai er fu
            Laowai bai er fu répond à Conventionnel
            Expatrie en chine
            • Posté à 06h53 le 16/11/2012
            • Internaute 168550
              Expatrie en chine

            Une fois de plus le rapport ?

            Je ne dis pas qu’on est meilleur plus beau, encore moins que j’aime Sarkozy !

            C’est etrange vos fixettes...

            • Conventionnel
              Conventionnel répond à Laowai bai er fu
              On ne peut régner innocemment
              • Posté à 08h29 le 16/11/2012
              • Internaute 169038
                On ne peut régner innocemment

              Une fois de plus, le rapport entre ce que vous voyez, puisque vous affirmez que vous vivez en Chine, et la réalité des faits qui se succèdent et que vous ne savez pas analyser. Alors que vous claironnez ici et là, comme des Evangiles, vos jugements très mal éclairés et lamentablement subjectifs.

              Entendons-nous bien, je n’ai rien contre vos petits vélos : un des fondateurs et rédacteur en chef de ce site a presque les mêmes que les vôtres. Mais au moins, il les cultive dans une admiration tout à fait respectable d’un pays, de son peuple et de sa culture que je partage effectivement avec lui : si vous saviez, mon pauvre, comme on peut se taper de ce que vous pensez être meilleur, plus beau ou plus aimable que Sarkozy ...
              *< ; o)))))))))))))))))))

        3 autres commentaires
  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 13h58 le 14/11/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    Étrange, cette coutume des colonialistes de toujours vérifier la taille de la bite de leur interlocuteur.

    Comme si on ne savait pas déjà qu’ils ont toujours la même idée... en tête.

  • Patours
    Patours
    Nada
    • Posté à 11h08 le 14/11/2012
    • Internaute 192334
      Nada

    Mouais...
    Le plus gros défi est de moderniser un pays ayant une culture millénaire, la certitude d’être le centre du monde, l’Empire du milieu.
    Cela se vérifie de nouveau après le choc de la modernité, en trente ans à peine, le dragon somnolant est redevenu le maitre de ce monde qu’il ne comprend pas entièrement...
    Mais il a compris que c’était l’argent qui contrôlait tout et dispose des dettes de tout les pays dit « développés », moralité la Chine mène le jeu dont les civilisations occidentales ont crée les règles, libre au dragon de créer de nouvelles règles et un nouveau jeu.

    La fin d’une ère mondiale et le lancement d’une nouvelle, voilà le vrai défi de Xi Jinping.

    • Laowai bai er fu
      Laowai bai er fu répond à Patours
      Expatrie en chine
      • Posté à 06h57 le 16/11/2012
      • Internaute 168550
        Expatrie en chine

      En 7 ans.

      En 2001 la Chine c’etait un geant qui produisait bien peu, et consommait encore moins.
      Le virage s’est vraiment fait en 2007

      Et la verite c’est que nos gouvernements successifs n’ont rien vu venir a l’arnaque.
      La Chine triche, et ne respecte aucune regle a l’OMC qui lui a permi d’acquerir son statut actuel.

      On a baisse le pantalon apres n’avoir plus aucune marge de manoeuvre.

      Il n’y a pas de nouvelle ere, contrairement a ce que vous dites.
      Un echange commercial est un principe qui ne changera pas dans n’importe quelle ere, et la Chine se prepare juste la revanche d’autre nations.

      Ca viendra si on s’autorise a reagir.

  • naran
    naran
    Etudiant
    • Posté à 12h26 le 14/11/2012
    • Internaute 151623
      Etudiant

    L’usine du monde, peut-être, mais il s’agit souvent d’assemblage. Pour un iPhone, le desgin est californien et les composants proviennent en grande partie du Japon, d’Allemagne, de Taiwan et des US.

    • Laowai bai er fu
      Laowai bai er fu répond à naran
      Expatrie en chine
      • Posté à 07h02 le 16/11/2012
      • Internaute 168550
        Expatrie en chine

      Je travaille actuellement avec une marque de Luxe Chinoise.

      Ils sont incapables d’innover, de dessiner d’eux meme, d’inventer.
      Ils copient et modifie un petit peu des modeles Europeens et Americains.
      Et ensuite ils font flamber les prix.

      Pour tout c’est ainsi.

      Leur facebook et twitter ( les reels etant prohibes ) sont Weibo et QQ, ils ont pompes les idees, mixe avec du MSN, arrange le code et boum... ils ont leur truc.
      Ca marche bien... mais c’est du vol.

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 13h29 le 14/11/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    Bon : elle arrive cette guerre oui ou non ?

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 14h15 le 14/11/2012
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    Très intéressante analyse. Pour la Chine, l’enjeu crucial (économique, politique et écologique) va être la façon dont elle parviendra à basculer d’une seule demande extérieure (en déclin) vers l’ouverture d’un véritable marché intérieur.

    Mais on notera que la Chine (comme d’ailleurs tous les autres pays dits « émergents ») dispose d’un atout majeur par rapport à l’empire occidental défaillant, emmené par les Etats-Unis et l’UE : les besoins de la population, vitaux et ne serait-ce que de simple confort, sont loin d’y être encore satisfaits, quand ils sont saturés à l’excès dans les nations occidentales (même si bien évidemment on ne peut y négliger les inégalités de traitement).

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Le Yéti
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 23h42 le 14/11/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      C’est tout à fait exact. Avec un simple petit bémol : les besoins vitaux sont satisfaits en Chine de même que ceux de simple confort. Pour le reste, c’est certain, les possibilités de développement du marché sont quasi illimitées et les produits comme l’électroménager existent depuis très longtemps, dans une qualité qui est souvent bien meilleure que chez nous : par exemple pour la TV et le gros électro-ménager de la marque « Haier » (nationalisation par le Kuomingdang d’une firme allemande à la fin de la guerre dans la province du Shandong).

  • le_comte
    • Posté à 14h19 le 14/11/2012
    • Internaute 194885

    Préparons nous tranquillement à voir le yuan devenir la monnaie d’échange internationale. Mais que vaut un yuan en livre tournois ?

  • inspecteur crouton
    • Posté à 16h02 le 14/11/2012
    • Internaute 118828
      modéré

    DÉFI N° 4 : essayer de calmer la rapacité de Madame Xi Jinping parce que là ça commence à vraiment se voir.

  • Charles_Marx
    Charles_Marx
    huh ?
    • Posté à 17h56 le 14/11/2012
    • Internaute 160590
      huh ?

    Le graphique de la balance commerciale illustre très bien un aspect très souvent oublié ou ignoré de la plupart des commentateurs : l’entrée de la Chine dans l’OMC ne s’est pas uniquement traduite par une augmentation des exportations chinoises vers le reste du monde, mais aussi par une augmentation dans les mêmes proportions des importations de la Chine en provenance du reste du monde.

    Si elle dégage tous les ans un excédent commercial, celui-ci reste relativement modeste par rapport au volume total des échanges et peut tout à fait se transformer en déficit au moindre ralentissement de la conjoncture mondiale (comme ce fut le cas je crois pendant un ou deux trimestres au début de la crise des subprimes)

    Contrairement à ce que certains pensent, l’entrée de la Chine dans l’OMC a été une véritable réussite économique dans le sens ou elle a d’une part créé une nouvelle locomotive pour l’économie mondiale (à coté des consommateurs US qui, quasiment à eux seuls faisaient jusque là « tourner la machine économique » depuis la fin de la seconde guerre mondiale), et d’autre part créés de nouveaux axes d’échange sud-sud avec l’Afrique et l’Amérique du Sud.

    Dans un grande mesure, c’est le miracle économique Chinois qui a permis le décollage économique de nombreux pays en voie de dévelopement comme l’Afrique du Sud et le Brésil.

    Parmi les Occidentaux, les Allemands et les Australiens eux aussi ont profité à plein de l’ouverture du marché Chinois.

    Et la France dans tout celà ? Pas grand choses malheureusement, à part les produits de luxe et quelques airbus de temps en temps pour cacher la misère ... Ceci étant dit, tant que les cons pourront continuer à crier « Dictature » dès qu’ils entendent parler de la Chine celà suffira sans doute leur bonheur.

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 17h59 le 14/11/2012
    • Internaute 2277

    « le fossé social n’a cessé de se creuser et la corruption a dépassé la cote d’alerte » dites-vous. D’accord mais ça ne se limite pas à la Chine. Je crains même que sur ces deux points et surtout en ce qui concerne la corruption, nous les battions largement.

    Cela dit, l’article est intéressant et on peut le supposer fiable puisque rédigé par quelqu’un qui a vécu longuement en Chine.

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Jean-Jacques Louis
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 23h48 le 14/11/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      On devrait pouvoir le supposer, mais ... Hélas, non.
      Edit : voir le commentaire deM. Fang, ci-dessous.

  • Michel Fang Zang
    Michel Fang Zang
    retraité
    • Posté à 19h09 le 14/11/2012
    • Internaute 54074
      retraité

    Le XVIIIe congrès du PCC n’a pas décidé de changer de ligne.Il reste concentré sur le développement des forces productives,de l’élévation du niveau de vie de la population et de l’amélioration de la vie culturelle.Il est polarisé sur ce qu’il appelle « la construction du socialisme à la chinoise“et ne semble pas se préoccuper,ce qui est intonnant pour un PC,de ses obligations internationales.L’Histoire du PCC ne nous a pas habitué à des passages de pouvoir d’une telle douceur que ceux qu’on constate depuis 1989.La vie interne du PCC semble apaisée.On comprend l’impatience d’Haski,notre éminent sinologue recadré ‘nouvel obs’,qui n’a rien trouvé de mieux comme grille de lecture que Tocqueville et son dualisme entre compétence et vision réactionnaire.
    Ce que ne peuvent admettre les sinologues comme Haski,c’est qu’avec toutes les misères et injustices que ça provoque,en 25-30 ans,la Chine Populaire sous la conduite du PCC a réalisé la Révolution industrielle la moins féroce de l’Histoire comparée à celles des pays occidentaux et de l’URSS stalinienne.Alors franchement,je ne vois pas ce que Tocqueville pourrait faire pour améliorer la situation des chinois.S’il faut chercher un français du XIXe siècle,il leur serait plus utile de lire les tableaux dressés par le Dr Villermé pour remédier aux inconvénients de l’industrialisation sauvage.Toujours pour rester dans les comparaisons,chères à Haski,ne pourrait-il dresser une comparaison entre les enrichissements et la corruption sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire(symbolisés par Morny)et sous la Chine de Hu Jintao.

    • Humaniste75
      Humaniste75 répond à Michel Fang Zang
      Travailleur humanitaire
      • Posté à 07h41 le 16/11/2012
      • Internaute 150581
        Travailleur humanitaire

      Excellent commentaire de Michel. C’est rare.

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