Paroles de Maliens 11/11/2012 à 16h47

Du Mali à Montreuil, échos d’une guerre annoncée

Aline Jobert | Journaliste

Durant l’été 2010, Aline Jobert a voyagé au Mali, à la veille des événements qui ont fait basculer le nord du pays sous la coupe des islamistes radicaux. Fin octobre 2012, elle est allée à Montreuil, à l’écoute d’une communauté malienne inquiète de la guerre qui s’annonce.

La ville de Mopti est la « Venise malienne ». La perle du tourisme. Dans les journaux et sur les radios, ce surnom la poursuit, même si en mars la région est devenue zone frontière entre le Sud et le Nord occupé par des groupes armés.

Le soir, le soleil se couche sur les deux fleuves de la cité portuaire, autrefois parcourus par les bateaux de pêche et les pirogues pour touristes.


Mopti, la tranquillité de l’été 2010 (Aline Jobert)

Making of

Durant l’été 2010, Aline Jobert a voyagé au Mali. Fin octobre 2012, elle est allée à Montreuil, « la seconde ville malienne au monde après Bamako », à l’écoute d’une communauté inquiète.

Son texte a été publié sur le blog de nos amis Dormira jamais, où vous pouvez le retrouver en intégralité. Rue89

A l’été 2010, la plupart des embarcations demeurent à quai et seuls quelques chanceux trouvent des passagers pour traverser le fleuve. La ville est déjà désertée par les voyageurs étrangers, un quart de l’économie régionale.

L’ambassade de France à Bamako a prévenu fin juillet les touristes des dangers encourus au-delà de Ségou, à 240 km au nord de la capitale.

A Mopti, la population attend les conséquences économiques de cette désertion avec inquiétude et résignation : beaucoup de guides se sont faits à l’idée de ne plus attendre de clients à Mopti et prennent l’initiative coûteuse de retourner régulièrement à Bamako pour convaincre les voyageurs dès leur arrivée au Mali.

Chronologie

22 mars 2012 : le capitaine Amadou Haya Sanogo renverse le président malien Amadou Toumani Touré.

Début avril : la rébellion touareg, constituée du Mouvement national pour la libération de l’Azawad et du mouvement salafiste Ansar dine, prend le contrôle des trois régions du Nord-Mali.

6 avril : le MNLA proclame l’indépendance de l’Azawad, le nord du Mali.

8 avril : Amadou Toumani Touré démissionne.

26 mai : le MNLA annonce sa fusion avec le groupe islamiste Ansar Dine, avant de reprendre son autonomie.

12 octobre : le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une résolution en vue d’une intervention militaire pour la reconquête du Nord-Mali.

9 novembre : la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) annonce la mise en place d’une force militaire malienne au sol avec soutien international d’environ 5 500 hommes.

15 novembre : à Paris, une mission européenne d’entraînement des forces africaines au Mali, comptant 200 militaires, sera discutée par les ministres de cinq pays européens.

Le discours alarmiste des médias étrangers est tourné en dérision. On accuse l’ancienne puissance coloniale de vouloir sanctionner l’état malien.

Certes les habitants de la région de Mopti déconseillent aux étrangers de se promener seuls dans le désert mais la ville de Tombouctou est encore considérée comme sûre.

Ces derniers mois pourtant, sont parvenus les premiers et terribles échos de l’occupation que subissent les populations dans le nord du pays. L’impératif de nouveauté des médias a fait disparaître un tableau aussitôt oublié : l’image de Mopti vénitienne qui pourrait devenir celle de Mopti assiégée.

Si les autorités assurent ces derniers jours que la ville est calme, la limite géographique que représente Mopti est le symbole des enjeux nationaux et régionaux. Le 12 octobre, une résolution a été votée par l’ONU autorisant le déploiement d’une force internationale de 3 000 hommes dans le nord du pays.

Début octobre, le journal malien La Mutation estime de quatre à six mois le temps nécessaire à la mise en place d’une intervention militaire.

Les sources les plus pessimistes mettent en doute ce calcul : le processus diplomatique prendra encore plusieurs mois et avec l’arrivée des grosses chaleurs en mars aucun déploiement ne sera possible au Nord.

Entre ces deux prévisions et les promesses des autorités qui évoquent « la situation d’urgence » et qui souhaitent intervenir « le plus vite possible », personne ne sait ce qui attend le Mali.

Chez les Maliens de Montreuil, divergences et inquiétude…


Montreuil (Seine-Saint-Denis), en France (Eric Gaba/Wikimédia Commons/CC)

Dans le café rue Bara à Montreuil (Seine-Saint-Denis), à côté du foyer de travailleurs maliens, les avis sont partagés. A première vue, cette division est la même qu’à Bamako depuis le coup d’Etat du capitaine Sanogo en mars, entre pro et antiputschistes.

C’est un modèle connu (qu’on songe à Madagascar ou à la Côte d’Ivoire) à la suite d’un coup d’Etat ou de fraudes électorales – quand un pouvoir illégitime s’appuie sur les forces armées. Il n’en faut pas moins analyser le coup d’Etat comme un résultat et non une cause et remonter en amont.

Abus de pouvoir, partialité, fraude, influences extérieures : c’est ainsi qu’on peut comprendre les difficultés de la communauté internationale et de sa myriade d’experts pour rassembler les données d’une situation a priori inextricable.

Au Mali, les antiputschistes critiquent le coup d’Etat survenu peu avant l’élection présidentielle, et s’indignent du statut « d’ancien Président » avec lequel Sanogo se sort des négociations.

Au café, les opposants au putsch sont très minoritaires. Ils font l’objet de sermons et de moqueries, car ne pas soutenir le putsch c’est être partisan de l’ancien président Amadou Toumani Touré (dit ATT), prôner le laisser-faire et la négociation, justifier la dilapidation de l’argent de l’Etat, être insensible aux massacres et aux défaites essuyées par l’armée malienne au Nord.

Autour du putsch se sont fixés tous les points de tension qui nourrissent les débats au Mali depuis le début des années 2000 (ATT a été élu en 2002 et en 2007).

De fait, si le putsch est à l’origine de toutes les discussions, c’est qu’en renversant ATT, les « Bérets verts » ont canalisé des revendications, qui sont autant de jalons sur les ratés d’une politique.

Bérets rouges et jeunesse dorée

La télé malienne branchée dans un coin du café crachote quelques informations rapidement mêlées et confondues aux rumeurs.

La dizaine d’hommes présents, en colère, nous exposent leur vision de la situation. Qu’ils soutiennent Sanogo ou non, tous s’entendent sur la défense de l’intégrité territoriale du Mali.

La question de l’intervention ne se pose pas, ni celle de la nationalité des troupes et leur présence ou non dans la capitale malienne (question pour l’instant irrésolue, le gouvernement de transition ne souhaitant pas que des troupes étrangères s’installent à Bamako).

Ces points qui restent encore aujourd’hui à l’examen dans les plus hautes instances ne sont pas sujets à discussion pour ces Maliens de France. Car derrière l’attente unanime de l’intervention il y a une forte critique de l’armée malienne et de son organisation.

« Une armée est composée de trois corps : terre, mer, air. Au Mali nous n’avons pas de marine donc ce qui la remplace ce sont les Bérets rouges. »

Commando d’élite, garde présidentielle, les Bérets rouges font partie de l’histoire du pays.

Seydou – les prénoms ont été modifiés – se souvient que lorsqu’il était enfant ces troupes étaient craintes et respectées :

« Si on les voyait passer notre sang se glaçait. »

Il explique que les Bérets rouges sont aujourd’hui une élite grassement payée et uniquement dévouée à protéger le Président. Appartenir à ce corps, c’est s’assurer une vie de privilèges – « Ils sont mieux payés que leur père et ils circulent en 4×4 » – alors que les conditions de vie de la plupart des Maliens sont loin de connaître les mêmes améliorations.

La transformation manifeste de ces troupes d’élite est un des symboles de la corruption qui empoisonne tous les lieux de décision, des auto-écoles aux ministères.

Dans le café, une autre ambiance s’installe et les plaisanteries à propos de la garde présidentielle s’enchaînent :

« Ils ne savent pas tirer, c’est la faute d’ATT ! »

« Ils mangent tellement qu’ils seraient incapables de courir au front ! »

« C’est une bande de fils à papa. »

Pour Moussa, les Bérets rouges des dernières années sont une « génération née sous le climatiseur ».

Après le coup d’Etat lancé par Sanogo, capitaine chez les Bérets verts – l’armée régulière –, les membres de la garde présidentielle ont tenté un contre-putsch qui a échoué. Par la suite, les Bérets rouges ont été victimes d’une répression terrible et les enlèvements des uns par les autres sont monnaie courante depuis la tentative de contre-coup d’Etat.

Les Verts, les Rouges, et les autres

Mohamed fait la comparaison entre ATT et Moussa Traoré, lui aussi Président (de 1968 à 1991), lui aussi militaire, lui aussi renversé par un coup d’Etat, lui aussi remplacé par une instance transitionnelle dirigée à l’époque par… ATT.

Mohamed ne veut pas forcer la comparaison :

« Ce que je veux dire, c’est que Traoré était un vrai militaire, ce n’était pas une dynastie. »

On peut en discuter, mais la critique révèle le ressentiment face à l’impunité et la corruption de l’Etat. Ces maux courants en politique pèsent plus lourd lorsqu’ils touchent l’armée.

La puissance militaire, c’est la sécurité de la population et l’image que le pays donne au reste du monde. Les promotions sans réel motif qui sont au principe de toute oligarchie, la collusion entre affaires privées, famille et pouvoir, la circulation éhontée de l’argent (l’assise d’un pouvoir corrompu et ploutocrate) et plus précisément le manque de formation des militaires de base, leur manque d’équipement, avec pour conséquence de cuisantes défaites au Nord, voilà autant de constats douloureux et de sources d’inquiétudes.

A partir de l’affrontement entre les Rouges et les Verts une certaine histoire du Mali peut être racontée. Mais si la critique de l’Etat met presque tout le monde d’accord rue Bara, les conclusions à tirer sur la situation actuelle du pays ne sont pas les mêmes.

Ceux qui parleront le plus fort ce jour-là, bien qu’ils aient fait face à des critiques virulentes, sont ceux qui ne veulent pas réduire le désastre du Nord-Mali à un problème malien.

Face à eux se dresse notamment Ousmane qui explique la situation entièrement par des facteurs locaux, et notamment : le laisser-aller de ATT face au Nord, le choix d’une « négociation molle », le fait d’avoir poussé l’« inconscience » jusqu’à démilitariser certaines zones.

L’ancien Président, qui est originaire de Mopti, aurait été d’une indulgence désastreuse envers un Nord rebelle et fainéant en lui donnant des subventions démesurées qui aurait été réutilisées exclusivement dans l’achat d’armement.

Un autre élément fait encore polémique : l’intégration régulière ces dernières années de populations du Nord non formées et non diplômées dans l’appareil étatique et administratif au nom d’une mixité sociale et ethnique et en faveur de la réconciliation.

Ousmane refuse de prendre en compte le contexte régional comme un facteur déterminant : le problème, c’est la gestion du Mali. Son discours est aussi accusateur qu’empreint de culpabilité.

Mohamed et Marcus évoquent au contraire des responsabilités partagées :

« Le conflit au Nord, si ce n’est pas déjà le cas, ça va être le problème du Niger, du Sénégal, de la Mauritanie, de l’Algérie et du Burkina ! »

« La France et les Etats-Unis sont concernés parce que la guerre au Nord a commencé à cause d’eux, à cause de la guerre en Libye ! » renchérit Marcus.

Pour eux la crise du Nord-Mali est avant tout le résultat d’une conjoncture régionale et internationale. Ils le démontrent d’abord en énumérant les nationalités des combattants au Nord :

« Algériens, Libyens, Soudanais, Sénégalais, Mauritaniens mais aussi Pakistanais, Afghans et Somaliens ! »

Il faut donc faire la différence, capitale pour certains, entre ces hommes venus d’ailleurs et les groupes qui agitaient le Mali avant la chute de Kadhafi.

Les revendications séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ou celles des membres d’Ansar Dine ont été détournées, redirigées et utilisées.

Ces deux groupes cherchent aujourd’hui à négocier avec le Mali par l’intermédiaire du médiateur burkinabè afin d’aider à la libération du Nord et ainsi se détacher d’Al Qaeda au Magreh islamique (Aqmi) avant l’intervention militaire.

L’arsenal de Kadhafi pour héritage

Les Maliens présents rue Bara ce jour-là ne s’entendent pas tous sur la bonne foi de ces groupes armés (beaucoup refusent l’idée de négociations et critiquent le double jeu des Burkinabés).

Mais tous souhaitent souligner l’aspect international de l’occupation qu’est en train de subir le Nord. La guerre en Libye a provoqué le déplacement d’anciens loyalistes et mercenaires qui sont venus grossir les rangs d’Aqmi avec en prime quantité d’armes, de qualité inespérée (plusieurs sources, dont un article récent, évoquent un « arsenal high-tech » notamment des missiles « manquants au stock libyen »).

L’ironie du sort, c’est que certains de ces combattants sont d’anciens membres du MNLA, partis en Libye dans les années 90 pour rejoindre l’armée de Kadafhi.

L’ironie, faut-il dire, c’est tout ce qu’il reste aux Maliens : « De toute manière Kadhafi était ici chez lui. » Le Guide a construit des hôtels et plusieurs résidences au Mali, où il venait régulièrement passer ses vacances…

Il a également fait bâtir des mosquées. L’une d’entre elles est demeurée célèbre pour son emplacement : à quelques centaines de mètres de l’ambassade américaine à Bamako. On raconte que l’endroit avait été soigneusement choisi pour que, depuis leurs bureaux, les employés américains bénéficient de l’appel à la prière.

Les quelques hommes encore accoudés au bar semblent à présent égrener le nom de chaque pays voisin comme autant de feuilles jaunies susceptibles de s’envoler au premier souffle de vent.

Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) est implanté au Burkina Faso et certains craignent le soutien mutuel des unités maliennes et burkinabées.

La peur du développement d’un front organisé par le MUJAO au Burkina est partagée notamment par Dramane Diakité, troisième vice-président de la chambre de commerce de Mopti comme le rapporte le journal Le Pays.

La peur, la circulation des rumeurs favorisée par l’absence de moyens de communication ainsi que certains évènements rapportés dans des journaux locaux (le journal La Nouvelle Patrie relate le 11 septembre les mésaventures d’un Burkinabé pris pour un mercenaire et arrêté à Kouri, à la frontière entre Burkina Faso et Mali) forment un contexte de tension où réel et possible se confondent.

Ces derniers jours, après l’agression du président mauritanien par sa propre armée et du fait de son absence pour convalescence, d’autres inquiétudes se font entendre, cette fois-ci quant à l’ouest du pays : ce bouleversement à la tête de la Mauritanie remet en cause son engagement auprès du Mali et fait croire aux plus pessimistes une extension du front du Nord-Mali à la Mauritanie.

L’Algérie jugée

Personne n’a encore évoqué l’Algérie. Ousmane, Seydou, Marcus et Mohamed ne veulent pas en parler, « ça n’en vaut pas la peine ».

Puis Mohamed s’emporte, et les trois autres approuvent son avis et sa colère. Dans une longue tirade, il accuse les Algériens d’avoir « refilé leur problème » au Nord-Mali avant de refermer les frontières.

Puis il met en garde les autorités algériennes : le jour de l’intervention, les ressortissants algériens retourneront dans leur pays d’origine avec leurs compagnons d’armes.

La discussion dévie et les reproches se font plus généraux :

« Pourquoi tant de Maliens continuent à apprendre l’arabe ? Ça sert à quoi ? Le Mali était là avant l’Algérie, l’islam vient d’ici, c’est nous qui l’avons apporté et on devrait continuer à apprendre comme ça ! »

C’est Mohamed qui crie ça en faisant mine de se balancer d’avant en arrière, les mains ouvertes en forme de livre. Les autres le regardent sans broncher : il semble entendu qu’il ne faut pas le contredire sur le sujet. Passons.

Pour Ousmane :

« Il vaudrait mieux agir vite. Les populations occupées et les occupants se connaissent maintenant, ils vivent ensemble. Les jeunes se voient proposer de l’argent. On ne sait pas ce qu’il va se passer si l’intervention est repoussée »

Pour Marcus, la situation va évoluer car c’est dans l’intérêt de la France :

« Le Mali, le Niger, c’est à côté. Si personne ne les arrête, la “ sécurité” au Niger ne sera pour le coup plus du tout assurée… Et dans ce cas ? Eh bien la France peut se faire du souci pour son uranium. »

Comme s’il faisait un vœu, Marcus ajoute :

« Les Américains aussi s’intéressent au Mali. Ils ne veulent pas que ce soit l’Afghanistan… Même Mitt Romney en a parlé ! »

L’évocation de celui qui deux semaines plus tard va perdre les élections détend l’atmosphère du café et quelques rires éclatent.

Une chose ne sera pas dite ce jour-là, bien qu’elle soit présente à tous les esprits. Il y a deux raisons d’avoir peur dans cette situation :

  • la première a été reprise par tous les acteurs de la communauté internationale : ne pas intervenir, c’est aggraver la situation et laisser le Mali aux mains de ses occupants. Personne n’ignore à présent la férocité de la loi qu’ils imposent. Après deux heures de discussion, nous avons fait le tour du monde accoudés au comptoir du café de la rue Bara. Nous sommes allés plus loin que l’Afrique de l’Ouest. Jusqu’en Libye par exemple. Et de temps en temps apparaissaient des paysages afghans et irakiens qu’aucun de nous n’a jamais vus ;
  • mais il y a une deuxième raison d’avoir peur que personne n’a dite ce jour-là : des guerres comme celles-là ne finissent jamais.
MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 18h08 le 11/11/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    on commence à reparler du Mali... les bruits de bottes, se précisent...

    Colère d’Alger contre le discours du roi du Maroc sur le Sahara
    Lien
    Un jihadiste français arrêté par Aqmi à Tombouctou (Mali)
    Lien

    c’est parti...

  • aa77
    aa77
    Bâti
    • Posté à 18h16 le 11/11/2012
    • Internaute 49074
      Bâti

    tant qu’il y a des ramassis au pouvoir, il n y a rien à espérer dans ces pays !

  • Islanick
    • Posté à 18h23 le 11/11/2012
    • Internaute 194404

    L’ Afrique est probablement le continent le plus corrompu de la planète suivi de très près par la Chine.
    Ceci dit, entretenir la corruption et les dictatures ne sont pas fait pour déplaire aux intérêts occidentaux ! ...

    Au Mali, la corruption est généralisée et est répandue à tous les niveaux de l’administration publique.
    Elle est présente dans les domaines de la gestion financière, dans la passation des marchés publics, les douanes, la fonction publique, le système judiciaire, d’âpres la BM.

    Eu regard au taux plus ou moins grand de prévalence de la corruption du Mali, les professions suivantes, citée par l’étude sur la gouvernance, démocratie et lutte contre la pauvreté de la CEA, il y a les policiers et les gendarmes 55,8 pour cent, les juges et procureurs 50,7 et 37, 1 ; les agents des impôts 34 et les députés 23 pour cent.

    La corruption au Mali

    Donc renverser une dictature pour en mettre une autre à la place fait partie des règles du jeu politique occidental, c’est comme cela que ça marche depuis la décolonisation.

    Ha oui, maintenant, il y a les intégristes islamiques qui foutent la merde un peu partout.

    Le Mali n’est pas l’Afghanistan, les « rebelles » devraient être un plus faciles à détruire, juste quelques milliards de dollars à remettre sur le tapis et basta.

    Elle est pas belle la vie ? ? ?

    • Allahuakbar
      Allahuakbar répond à Islanick
      Yoroku
      • Posté à 16h29 le 12/11/2012
      • Internaute 193993
        Yoroku

      « Le Mali n’est pas l’Afghanistan, les “ rebelles ” devraient être un plus faciles à détruire, juste quelques milliards de dollars à remettre sur le tapis et basta. »

      Quelques milliards mais pour quoi ?
      Je vais peut-être vous paraître cynique mais il y avait un intérêt à aller en Afghanistan.
      Là, à ma connaissance, il n’y a aucun intérêt à y aller...

      • Islanick
        Islanick répond à Allahuakbar
        • Posté à 18h20 le 12/11/2012
        • Internaute 194404

        Pourquoi il y a lieu d’intervenir et pourquoi la facture risque d’être lourde ?

        D’abord l’Afghanistan, principal foyer du terroriste international mais pas que ...
        Le lithium complique l’échiquier afghan

        Ensuite le Mali et la position de l’Algérie
        Pourquoi l’Algérie ne veut pas intervenir au Sahel

        Alors, faut-il intervenir et pourquoi ?
        Il faut une action africaine et internationale au Mali

        Évidemment, tout cela reste ...

        vu « de ma fenêtre » ...

        avec les informations dont je dispose sur le Net comme beaucoup d’entre nous à ce jour ! ...

         
        • Allahuakbar
          Allahuakbar répond à Islanick
          Yoroku
          • Posté à 19h21 le 12/11/2012
          • Internaute 193993
            Yoroku

          Le premier article que vous proposez en lien a dans son premier paragraphe la raison pour laquelle je pense de manière cynique qu’il y avait un intérêt à aller en Afghanistan et pas au Mali :
          « Environ 3 000 milliards de dollars (plus de 2 400 milliards d’euros) : c’est la valeur des réserves de minerais de l’Afghanistan, selon les estimations du gouvernement de Kaboul. Celles du Pentagone font état de plus de 1 000 milliards, ce qui est aussi considérable. »

          Et personnellement, mon argumentation s’arrête à cela car je pense que sans motifs économiques, les puissances étrangères ne souhaitent pas s’investir (c’est le cas de le dire) dans un conflit qui ne « sert » pas.

          Quand je vois le temps que la France a mis pour intervenir sur un génocide ( !) au Rwanda, je me dis que les premières préoccupations en matière de guerre sont essentiellement, si ce n’est exclusivement, économiques. Mais ça reste mon avis (cynique), qui comme le vôtre, est basé sur ce que j’ai pu voir ça et là sur le net :)

        1 autres commentaires
  • 3èmeàgauche
    3èmeàgauche
    Expatrié
    • Posté à 20h23 le 11/11/2012
    • Internaute 86345
      Expatrié

    L’avis des Soninkés de Montreuil ne représente pas celui des Maliens dans leur globalité. D’ailleurs aucun avis ne le représente étant donné la difficulté actuelle à trouver quelque terrain de consensus. Aujourd’hui, un des grand enjeux du problème Malien repose sur les ruptures internes dans la société Malienne. Si beaucoup de « Sudistes » s’entendent mollement sur la nécessité d’intervenir dans le Nord, très peu se sentent vraiment concerné et réalisent l’ampleur de la tâche. A côté de cela la question de l’identité africaine moderne, qu’elle passe par la nation post-coloniale ou à travers le clan reste largement irrésolue et promet des lendemains difficiles aussi longtemps qu’elle restera taboue ou associée à un anti-démocratisme rétrograde.
    Donc oui, cette guerre pourrait déboucher sur des prolongations, mais vraisemblablement plus en raison de causes internes, qu’à cause de djihadistes étrangers errant dans le sahara.

  • Le Savoyard
    Le Savoyard
    Près des cimes, loin des cons... (...)
    • Posté à 19h30 le 12/11/2012
    • Internaute 134255
      Près des cimes, loin des cons... (...)

    La série de facteurs conduisant à la déstabilisation du Mali semble suffisamment complexe pour laisser craindre d’un enlisement de la situation dans le futur, je pense :

    1) Difficile d’assurer une certaine cohérence nationale entre deux grandes régions, le Nord et le Sud, où les modes de vie, les langues, les ethnies ne sont pas les mêmes et où historiquement les habitants de chacune de ces régions regardent vers d’autres horizons économiques très différents selon les États limitrophes. C’est ainsi que les habitants du Nord, historiquement, ont surtout leurs regards portés vers le Sahara. Les grandes caravanes sahariennes avec l’or, les esclaves, l’ivoire et autres marchandises faisaient vivre la région à l’époque médiévale et précoloniale. Or, le coeur économique du Mali s’est déplacé vers le Sud depuis la colonisation. Et les habitants du Nord se sont sentis délaissés par un pouvoir central faible, corrompu et éloigné depuis l’indépendance. Ce qui a profité aux islamistes pour pouvoir installer leur pouvoir de bâtard. Le Sud, quant à lui, vit surtout en contact avec ses voisins burkinabé, sénégalais, guinéen, ivoirien. Bref, indirectement, son regard est plus porté sur la mer et les échanges avec l’Occident et le reste du monde, nourrissant dans le Nord (plus « terrien » et « continental » car sahélien et saharien) un état d’esprit de méfiance vis-à-vis de compatriotes certes musulmans mais occultant les difficultés que rencontrent les citoyens éloignés de Bamako.

    2) L’Occident et la France, durant la guerre froide, se foutaient bien si oui ou non les États alliés de la Françafrique étaient démocratiques ou non. Du moment qu’ils n’étaient pas alignés dans le camp communiste, c’était déjà suffisant. Aussi peu d’attention quant à l’épanouissement de la démocratie en Afrique a forcément eu de grosses répercussions dans l’histoire politique de ces États : corruption, coups d’États, nos erreurs ont aussi fait le travail. Même si nous ne sommes pas seuls et uniques responsables de ce qui s’est passé là-bas, on ne peut pas franchement être complètement dupes de la responsabilité de l’État français durant ces cinquantes dernières années en Afrique.

    3) Le réseau islamiste mondial est dur à combattre, à neutraliser, à détruire car même en mettant tous les moyens en oeuvre militaires pour faire un carnage, justement, c’est à cause des carnages que la haine des musulmans envers l’Occident croît. Du coup, quand on tue un père taliban en Afghanistan, ce seront bien plusieurs de ses fils qui s’engageront aux côtés des rebelles pour « libérer » leur pays. Car dire que l’on « libère » un pays pour y instaurer la charia est un euphémisme en soit...

    Bref, je me dirais encore que la situation au Mali ressemblerait à celle de la Tunisie, c’est-à-dire à celle d’un pays en crise mais porté par une révolution voulue par un peuple entier, je serai optimiste. Mais là, à bien y observer la situation, c’est tout le contraire : le coup d’État a divisé les Maliens. Les Maliens sont plusieurs ethnies de différentes langues, histoires et cultures. Personne ne sait vraiment ce qu’il souhaite pour le pays si ce n’est la paix... Et quels moyens mettrent en oeuvre pour cela ? ? La force de la Cédéao me paraît bien maigre pour ça... Et je ne crois pas que seul l’usage de la force permettra vraiment au Mali de se sortir de ses difficultés. Il faudrait un esprit consensuel entre ses différents citoyens. Or, c’est tout le contraire aujourd’hui...

  • Axis7
    Axis7
    Attaché
    • Posté à 11h07 le 12/11/2012
    • Internaute 47590
      Attaché

    Le noeud du pb c’est le pouvoir algerien qui a gangrené toute la région dans son incapacité à juguler les GIA devenus Aqmi.
    Aussi le pouvoir algerien a soutenu Kaddafi jusqu’au bout.
    Le pouvoir algerien a freiné des 4 fers devant toutes les tentatives de coopérations internationales pour sécuriser le sahel bien avant la crise libyenne et la sécession du Nord Mali.
    Il ne cache pas non plus que le fait qu’Aqmi sévisse au Mali baille un peu d’air à l’Algerie qu’il est bien en peine de sécuriser complétement ; .

  • yeria
    yeria
    ouvrier
    • Posté à 14h54 le 12/11/2012
    • 180694
      ouvrier

    Comment et pour quelles raison peut on abandonner un pays dont nous disons être l’ami ?

  • Buenaventura
    • Posté à 19h11 le 12/11/2012
    • Internaute 33891

    Il faudrait un éclairage géo-politique sérieux pour permettre la compréhension de ce qui se passe au Mali. Ces conversations nombreuses et discordantes n’aident pas à se faire un avis ....

    • kodiak
      kodiak répond à Buenaventura
      myope
      • Posté à 05h13 le 13/11/2012
      • Internaute 148655
        myope

      Un peu discordantes certes, mais ce sont des voix maliennes, elles représentent bien un éclairage sur ce qui s’y passe ? Non ? C’est toute la bande sud du Sahel qui devrait mettre au plus vite en marche un grand dialogue/déballage/palabre entre tous ses habitants et non pas seulement des tractations semi-secrètes entre dirigeants étatiques et chefs de factions. Mais évidemment aucun des responsables officiels ou pas - ni petit, ni grand - ne le souhaite réellement.

      Je me permets de m’inscrire en faux contre l’opinion d’expatrié plus haut à propos de « djihadistes errants » dans le Sahara. Une des données essentielle qui apparaît clairement dans les commentaires des africains eux-mêmes c’est que plus le temps passe plus l’inaction se prolonge, plus ils font d’émules - de gré ET de force - parmi la population locale qu’ils oppriment.

      Quand la violence fanatique tombe sur une population plutôt pauvre dans un pays assez dénué d’atouts naturels pour la subsistance ou d’endroits où fuir pour se réfugier, grand devient le pouvoir de fascination qu’on peut exercer avec quelques armes et la promesse du paradis.

      • 3èmeàgauche
        3èmeàgauche répond à kodiak
        Expatrié
        • Posté à 10h13 le 13/11/2012
        • Internaute 86345
          Expatrié

        Les « locaux » ne sont pas intéressé par le rigorisme salafiste. La très grande majorité s’est fait enrôler par opportunisme lorsque l’état s’est effondré, et pour l’argent, sachant qu’ils peuvent gagner env. 600’000 CFA (1000euros) alors que le salaire moyen tourne autour de 30’000CFA. Aujourd’hui que la guerre se précise, les défections s’accélèrent, et certains groupes menaces de mort les « déserteurs »..... Dans tous les cas, le terreau n’est pas aussi bon que ce que vous semblez croire, malgré la pauvreté et le manque l’instruction. Bien sûr que la jeunesse est vulnérable, mais la culture de l’Islam est là-bas ancienne, avec un fond d’animisme, et ce n’est pas quelques prêcheurs fortunés qui modifieront le fond des croyance en si peu de temps.

         
        • kodiak
          kodiak répond à 3èmeàgauche
          myope
          • Posté à 10h19 le 13/11/2012
          • Internaute 148655
            myope

          Ah mais les « enturbannés à barbe » ne leur demandent pas si ils sont intéressés. Du moment qu’ils emboîtent le pas, qu’ils prient à l’heure et qu’ils appuient sur la détente, ils s’en foutent. Mais vous avez je l’espère raison sur le fond et la solidité du coeur et de tête de ces gens de la boucle du Niger. Bon dieu ce que ça me ferait plaisir que vous ayez raison !

        1 autres commentaires
  • LienRag
    • Posté à 05h34 le 13/11/2012
    • Internaute 34767

    Une force de 3000 hommes c’est vraiment préparer un désastre et s’assurer que la guerre s’éternisera...
    Comment trois mille soldats sans motivation et pour la majeure partie sans vraie compétence militaire pensent pouvoir déloger les combattants aguerris et fanatisés d’Ansar Dine ?

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