Conjoncture favorable 07/11/2012 à 06h57

L’ouragan Sandy a-t-il voté pour Barack Obama ?

Cécile Schilis-Gallego et Gokan Gunès


Le président Obama était en chute dans les sondages lorsque l’ouragan Sandy a frappé les côtes américaines. Et le drame humain a contribué à rassembler les Américains derrière la figure présidentielle que représentait Barack Obama.

Plusieurs analystes s’accordent à dire que cette catastrophe naturelle a joué en faveur de la réélection du président sortant.

1

Thomas Snegaroff

Historien spécialiste des Etats-Unis

Thomas Snegaroff, historien spécialiste des Etats-Unis :

« Oui, très clairement : 78% des Américains pensent qu’il a bien fait son travail de président. Cet évènement a donné l’occasion à Obama de mettre une distance considérable Romney et lui.

Le principal avantage pour Obama a été de pouvoir mener campagne en prétendant qu’il n’était pas en train de le faire. Il était le président, le “commander in chief” mais en fait, cette posture faisait partie de sa stratégie électorale. L’ouragan a donc été du pain béni pour le président-candidat démocrate.

C’était la deuxième fois : l’ouragan Isaac [en août, ndlr] avait détourné les projecteurs de l’investiture de Mitt Romney lors de la convention de Tampa. »

2

Steven Roberts

professeur à la George Washington University

« Je pense que l’ouragan Sandy a offert à Obama la chance d’apparaître comme un réel président, une image particulièrement importante. Obama a continué de porter la veste qu’il portait lorsqu’il s’est rendu dans le New Jersey et il n’a pas porté de cravate depuis car il voulait que cette image marque les gens.

Les Américains détestent Washington mais ils veulent les services que garantit le gouvernement, c’était donc une opportunité rêvée pour un président démocrate de souligner l’importance de ces services.

Les électeurs veulent également un leader qui travaille avec le parti adverse et c’était l’occasion pour Obama d’apparaître sous ce jour aux yeux des Américains. »

3

Justin Vaïsse

Directeur de recherche à la Brooking Institution

« C’est très difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a eu, au cours des derniers jours, une dynamique favorable à Obama dans les sondages. Celle-ci lui a permis d’aborder l’élection avec un mouvement, un “momentum” en sa faveur.

Est-ce-que c’est lié à Sandy ?

Je n’en suis pas convaincu : je ne crois pas que les électeurs du Colorado se soient tellement ralliés à Obama pour son rôle face à l’ouragan. De plus, Sandy a touché des zones qui étaient déjà largement acquises à Obama. »

  • 2844 visites
  • 6 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 07h31 le 07/11/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Une catastrophe naturelle ferait gagner les élections, c’est comme si un papy agressé chez lui était utilisé à des fins électorales, ou qu’un branleur de banlieue soit sciemment laissé se transformer en tueur pour que la peur du terrorisme fasse gagner un Président sortant. Impossible voyons, les médias sont trop clairvoyants pour nous laisser croire à de pareilles fadaises, et les électeurs bien trop informés pour ne pas se faire berner.
    La seule chose de sûre, c’est que ca ne marcherait pas à tous les coups, ces manipulations de faits divers par des politiques. L’espoir demeure, mince et fragile, mais un jour peut être, nous voterons pour décider de choix politiques et non guidés par la trouille pour choisir l’image la plus protectrice de la force.

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Joseph Gratteur
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 07h59 le 07/11/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      C’est tout à fait bien vu, mais une autre chose est certaine, parce que cette victoire d’Obama n’est pas automatiquement une très bonne nouvelle pour les productions industrielles européennes et spécifiquement française.

      Obama a sauvé GM et Chrysler. Ce sauvetage a été accompagné et décuplé en France par les mesures Sarkozy qui ont permis les records (historiques et très éphémères) de bénéfices des constructeurs et la déstabilisation durable de l’ensemble du marché.

      En clair, Obama n’a pas tout perdu en conservant la minorité du congrès qui lui liera les mains. D’autant plus que Sarkozy n’est plus là pour lui servir de marche-pieds, que ce soit en continuant ou en créant des guerres à sa place ou en favorisant l’implantation de « Chevrolé » sur le continent.

      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à Conventionnel
        Working class bléro
        • Posté à 08h52 le 07/11/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        Obama a sauvé son industrie automobile en la « nationalisant » un court moment, l’OMC et le FMI sont restés étonnament silencieux sur cet épisode comme pour le sauvetage de Goldmann Sachs par l’Etat américain.
        Hollande, et d’autres chef d’Etats du monde pourraient donc se permettre et oser certaines choses, et pourtant ils ne le font pas. Par soumission à la doxa libérale ou par obligation à cette même doxa, that is the question ?
        Cette élection est un faux semblant comme la nôtre, celle de mai 2012.

         
        • Albedo
          Albedo répond à Joseph Gratteur
          • Posté à 10h26 le 07/11/2012
          • Internaute 7121

          Hollande and co. sont beaucoup plus contraints par la monstruosité qu’est devenue l’institution européenne que par l’OMC et le FMI.

        1 autres commentaires
    • Albedo
      Albedo répond à Joseph Gratteur
      • Posté à 10h24 le 07/11/2012
      • Internaute 7121

      En même temps les élections se gagnent à la marge. Donc on ne peut pas dire que toutes ces manips font en sorte que l’ensemble des électeurs votent émotionnellement. Il suffit que ça fasse basculer quelques indécis.

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 09h01 le 07/11/2012
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Un ouragan est un signe du Trés-Haut, n’importe quel créationniste vous le dira.

Verbes thématiques