Huis clos 29/10/2012 à 11h39

Mes vendanges dans le Beaujolais : mixité, ripaille et courbatures

Aurélien Rossignol | Journaliste


Chiroubles (Guillaume Belime)

(De Chiroubles) Déjà 6h30, personne ne bronche. Il fait froid même sous trois couvertures ; dehors, il pleut.

Nous gagnons le réfectoire – une pièce grise, deux tables et des bancs – par petits groupes. Aux murs, les mines réjouies et en argentique des vendangeurs d’autrefois. Ça avait l’air bien.

Les horaires sont fixés à l’entrée, jaunis par le temps :

  • petit déjeuner : 6h45 ;
  • départ dans les vignes : 7h20 ;
  • casse-croûte : 9 heures ;
  • reprise : 9h30 ;
  • déjeuner : 12 heures-13h30 ;
  • puis retour dans les vignes jusqu’à 17h30.

Le dîner est à 19 heures. Tôt pourrait-on croire ; on ne le pense plus dès le premier soir.

Les pensionnaires sont arrivés la veille, tous reçus par Martine, l’épouse du patron, Bernard, pas encore aperçu. Martine et Bernard Pichet donc. Elle, douce et menue, lui rond et barbu, un humour d’une autre époque, sonore, qui gêne parfois.

Bernard a repris l’exploitation Pichet de son père, Claude, en 1978 à Chiroubles (Beaujolais). Bernard a épousé Martine, fille d’un viticulteur de la région. Depuis, c’est elle qui s’occupe des vendangeurs : elle les choisit, les accueille, les nourrit et veille à leur confort le temps du séjour. « C’est familial chez nous, c’est pour ça que les gens reviennent ». En effet, des dix-sept que nous sommes, la moitié connaît déjà la maison.

Martine Pichet, la patronne

Martine est très soulagée d’avoir vu le vendangeur évoluer ces trente dernières années : « Quand nous avons repris l’exploitation en 78, c’étaient les gars de Montceau-les-Mines qui venaient vendanger à la maison. Ils avaient entre 50 et 70 ans et venaient surtout pour acheter du vin à mon mari. »

A partir des années 90 et la disparition des mines, Martine a repensé sa sélection et déposé des annonces au Crous. L’étudiant s’est donc naturellement imposé : « Même si vous faites un peu la fête, ça n’a plus rien à voir, ça buvait beaucoup trop autrefois, les gars étaient “paf” dans les vignes et dans les chambres, il fallait gérer et ça n’était pas simple. »

Elle explique d’ailleurs qu’il existe aujourd’hui un suivi : pour chaque début de vendanges, les exploitants remplissent un document qu’ils retournent à la gendarmerie, une feuille avec tous les noms et adresses des employés, pour repérer « les gens pas très nets ».

L’année prochaine Martine et Bernard prennent leur retraite, les vignes seront placées en fermage. Aucun des deux fils ne souhaite reprendre l’exploitation, le travail étant jugé trop ingrat. « Ça sera tout de même une belle fête, tous les anciens viendront pour nos dernières vendanges. »

L’effort, le vin, le banquet

Autour de tartines, d’un café ou d’un lait chaud, le groupe se reforme et se réveille, animé par les plus enthousiastes. Difficile toutefois de ne pas segmenter les composantes : d’abord les anciens, ouvriers dans la région ; viennent ensuite les étudiants, en l’occurrence de Lyon et de Paris, dont Abderahmane, Amar et Abdel, Soudanais habitant à Lyon. La veille, ils étaient partis dîner à une autre table : Rémi, étudiant repenti de sociologie à Paris-VIII, n’avait pas manqué d’en placer une sur l’ethnicisation.

Parmi les nouvelles du matin, nous apprenons que d’autres arrivent renforcer les rangs, plus vieux et turcs.


Dans les vignes (Guillaume Belime)

C’est en partie une de ces choses qui entretiennent le mythe des vendanges racontées par ses vendangeurs : celui d’une mixité réussie et en huis clos sur une semaine autour de l’effort, du vin et du banquet. C’est un peu vrai. La région du Beaujolais perpétue la tradition des vendanges en étant nourri et logé chez l’exploitant.

Quand la récolte est bonne, c’est une fête. Cette année, les intempéries ont divisé la production par deux et pour tous.

7h15 : la camionnette klaxonne

Le patron est là, les Turcs aussi, ils sont vieux. Rassemblement des troupes.

Les matinées peuvent être rudes dans les coteaux. Pour certains, fragiles et maladroits, les doigts se glacent d’abord dans la rosée, puis s’abîment au hasard d’une lame. On cavale courbés, puis on se calme pour s’accroupir un peu, ça fait tout de même moins mal au dos.

Pour d’autres mieux rompus aux choses de la vigne, ça avance sec et l’on se pique même d’aider celui ou celle d’à côté, une façon d’être sympa et de donner le ton aussi.

Les langues se délient avec les premières percées du soleil. La tête toujours « dans le cep », les discussions un peu avinées de la veille reprennent et se précisent. Il est question de parcours, les Turcs parlent en turc, quelques-uns, moins bavards, accompagnent leur labeur d’un silence concentré ou d’un hip-hop bien mérité. Je coupe les grappes pour remplir mon seau, je vide mon seau dans le benon qui remplira la benne, etc.

Une rangée après l’autre, les vendangeurs montent puis descendent pour de nouveau remonter, laissant derrière eux et autant que possible la vigne sans son fruit. Le patron en haut grogne sur son tracteur, c’est une année pourrie ; plus bas, les anciens confirment.


Dans les vignes (Guillaume Belime)

9 heures : fromage et charcuterie

Ça peut surprendre le profane mais dans le Beaujolais, le vendangeur, s’il le souhaite, peut s’attaquer de bon matin au rouge ou au rosé ; une tradition dit-on. En tout cas pas question d’eau pour le patron.

Il fait tout de suite meilleur, les premiers manteaux tombent, les doigts roulent, les gens s’assoient déjà fourbus, discutent, mangent, boivent et fument. En fait, il fait beau. 9h30, ça passe vite. Je rempoigne mon seau et attaque en ligne une nouvelle montée, puis une autre et ainsi de suite.

Manu, ouvrier de nuit

« En 2006, un copain m’a proposé de faire les vendanges, j’avais 37 ans. Depuis je n’en ai pas raté une, c’est mes vacances de pèlerinage. » Manu bosse de nuit en usine à Saint-Pourçain depuis douze ans, il est célibataire.

A 15 ans et demi, il a commencé un apprentissage en bâtiment, puis s’est engagé dans l’armée de terre. Une expérience en sécurité puis un passage par l’intérim jusqu’en 2000, date de son embauche. Il démarre à 17 heures et finit à 8 heures. La journée, il se repose et s’occupe de ses oiseaux.

« Les vendanges, c’est comme une famille pour moi. Cette année, c’est la première fois que je m’amuse autant : que l’on soit ouvrier comme moi, que l’on travaille dans un bureau ou que l’on soit étudiant, tout le monde est au même niveau et s’entraide. C’est quelque chose que tu ne trouves pas ailleurs. Les gens sont là pour un moment défini et donnent le meilleur. »

Dans les vignes, il ne touche pas à une goutte et bosse en silence.

Après l’exploitation Pichet, Manu a enchaîné une autre semaine chez des vignerons voisins. Il vient juste de rentrer chez lui. Son sac pour l’année prochaine est déjà bouclé.

12 heures : entrée-plat-fromage-dessert

Des vignes qui surplombent la propriété Pichet nous regagnons le réfectoire, sauf les Turcs qui resteront dehors pour déjeuner.

A l’intérieur, une seule table est occupée et nous voilà partiellement mélangés : Michel, boucher bientôt retraité, quinze ans de vendanges, se retrouve entre Marine, étudiante en anthropo, et Jeanne, éduc’ spé en devenir ; Guillaume, jeune gendarme et fils de Michel, bavarde avec Rémi, notre sociologue attitré.

La fatigue et le vin délient les humeurs, assez bonnes. En bout de table, Abderahmane, Amar et Abdel discutent sans fanfaronnades, eux ne boivent pas.


Bain de soleil (Guillaume Belime)

Chez les Pichet, c’est entrée-plat-fromage-dessert, il est rare de manquer. Après deux solides cafetières, nous sortons de table et partons nous étendre dans la cour. Le soleil n’est plus celui d’un mois d’août, mais l’on s’en contente.

De la chambre d’Abderahmane, on entend Kirko Bangz que l’on écoutait déjà dans les vignes ; vautré sur le sol, je me dis que c’est pas mal les vendanges.

13h30 : « Allez, allez, on se dépêche ! »

La première rangée est la plus dure. Les gens se taisent – pas les Turcs –, et puis le dynamisme reprend, certains chantent. Manu, vendangeur quatre étoiles, cumule les rôles : porteur, coupeur, avec une rapidité insolente. Il boite, mais ça n’a pas l’air de l’affecter.

Montée, descente. Montée, descente. Pause : eau, rosé, vin rouge. Les Turcs ne boivent pas. Ils sont quatre, tous retraités : un couple, Necati et Hacer, et deux amis, Abdallah et Mesut. Mesut a 73 ans. Les retraites ne suffisent pas.

Comme il est difficile de ne pas regarder sa montre... Vers 16h45, la parcelle est vendangée, la quille pense-t-on. Rien du tout, le patron nous renvoie sur un autre de ses coteaux et rebelote. Là, les vignes sont moches, à peine trois grappes par cep. Toujours sur son tracteur, l’homme a l’air sombre. J’entends Kirko, et Max, étudiant en cinéma, Paris-III, vient encore de se couper sur la rangée d’à côté.

Amar, étudiant soudanais de Lyon

21 ans, ses premières vendanges. Il est venu chez les Pichet avec Abdel et Abderahmane, déjà là l’année dernière. Amar a quitté Khartoum seul et de son propre chef il y a deux ans pour venir étudier à Lyon. Il ne parlait pas un mot de français.

Chaque mois, sa famille lui verse de quoi vivre, c’est donc la première fois qu’il travaille en France. « J’avais du temps et besoin d’argent, Abderahmane m’a proposé, j’ai dit oui. » Il admet que c’était difficile et pénible pour le dos mais se réjouit d’avoir pu rencontrer autant de gens : « C’est plus facile de parler avec les Français pendant les vendanges qu’à la fac. » Il ne sait pas s’il reviendra l’année prochaine, mais ne semble pas hostile à l’idée.

Pour le moment, Amar apprend la langue à Lyon-II. Ce n’est qu’une fois son test de connaissance du français validé (TCF) qu’il pourra démarrer enfin ses études d’architecture (l’année prochaine en principe).

17h30 : l’extase (vous n’avez pas idée)

Necati, Hacer, Abdallah et Mesut regagnent assez vite leur voiture pour rejoindre Belleville (Rhône), où la plupart vivent. Pour les pensionnaires, l’autre dimension des vendanges débute enfin.

D’abord la bataille pour les douches, puis l’apéro, solide en général, le dîner arrive vite ensuite, encore plus copieux et toujours très arrosé. Vers 20 heures, en fin de gueuleton, la patronne nous dépose, avec un petit sourire, plusieurs litres de rouge.

Elle le fera tous les soirs et encore plus pour le dernier.


Abderahmane, Abdel et Amar (Guillaume Belime)

Les jours s’enchaîneront. Max ne deviendra pas le meilleur ami de Mesut, Marine ne tombera pas amoureuse de Guillaume et Amar n’ira pas passer ses vacances chez Michel.

Nous serons là, par nécessité, par passion ou pour la beauté du geste le temps d’une semaine à travailler dur, vivre, manger, boire, rire et dormir ensemble. La dernière nuit scellera les élans. Les Turcs n’y participeront pas, Amar et Abdel non plus.

En moins de quatre jours, nous aurons ratissé plus de quatre hectares et tout le monde aura au moins une fois parlé avec l’autre – une affaire de circonstance. Ca ne bousculera pas les théories sociales, mais c’est vrai que c’est pas mal.

Pour trois jours et demi de travail (28 heures), nourris et logés, nous avons touché 188 euros net.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato, Flapi
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  • Lock
    Lock
    2014
    • Posté à 11h53 le 29/10/2012
    • Internaute 194358
      2014

    c’est étrange il est question de mixité dans le titre , mais à la lecture j’avais plutôt l’impression d’une ségrégation, les différents groupes ethniques ne se mélangent pas aux autres.
    en tous cas bonne chance à celui qui veut faire des études d’archi, c’est assez sélectif et il faut avoir un bon dossier scolaire.

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à Lock
      Bisounours de combat
      • Posté à 12h00 le 29/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      « Bizarre, bizarre... Vous avez dit bizarre ? ça c’est bizarre ! »

      • Lock
        Lock répond à Bad Lieutenant
        2014
        • Posté à 12h15 le 29/10/2012
        • Internaute 194358
          2014

        est-ce à cause de l’alcool et du halal ?
        ou alors l’attitude des français n’était pas assez accueillante et les autres y vont vu du racisme ?
        Faire cohabiter toutes ces cultures différentes est un défi quotidien !

         
        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à Lock
          Bisounours de combat
          • Posté à 13h02 le 29/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          franchement vos préoccupations ne sont pas du tout dans l’air du temps, ce n’est que le signe d’une vie facile hors du réel de quelqu’un qui n’a pas beaucoup de soucis dans sa vraie vie, si toutefois vous en possédez une...

          La crise vient de l’avidité de l’oligarchie et non de l’immigration ou autres hein, merci.

          • Lock
            Lock répond à Bad Lieutenant
            2014
            • Posté à 13h43 le 29/10/2012
            • Internaute 194358
              2014

            je ne sais pas pourquoi vous parlez de crise, il évident que les immigrés ne sont pas responsables de la crise puisque selon les études ils rapportent des milliards, mais veillons bien à entretenir une véritable mixité (pas le faux semblant de mixité dont on parle ici) sinon en raison des changement démographiques la France finira comme les balkans ou le liban.

            • Bad Lieutenant
              Bad Lieutenant répond à Lock
              Bisounours de combat
              • Posté à 13h46 le 29/10/2012
              • Internaute 190065
                Bisounours de combat

              ben supprimons les religions et la mixité viendra tacitement...

              • Lock
                Lock répond à Bad Lieutenant
                2014
                • Posté à 13h49 le 29/10/2012
                • Internaute 194358
                  2014

                facile à dire, mais je ne suis pas sûr que nos politiciens auront ce courage, ni que les chrétiens abandonneront réellement leur religion ... Pour les musulmans ce devrait être plus facile car comme chacun sait l’islam est une religion extrêmement tolérante.

                • Bad Lieutenant
                  Bad Lieutenant répond à Lock
                  Bisounours de combat
                  • Posté à 13h58 le 29/10/2012
                  • Internaute 190065
                    Bisounours de combat

                  l’islam a l’inconvénient d’être une religion visible, du coup il est en effet plus facile de leur tirer dessus, maintenant c’est bel et bien l’aliénation d’une pensée religieuse qui nous mène vers l’impasse, outre les croyances tout nous réuni...

                  • jijm
                    jijm répond à Bad Lieutenant
                    ri
                    • Posté à 15h02 le 29/10/2012
                    • Internaute 192074
                      ri

                    ton discourt revolutionnaire s’accorde parfaitement avec le discourt identitaire, bravo

                    • Bad Lieutenant
                      Bad Lieutenant répond à jijm
                      Bisounours de combat
                      • Posté à 19h10 le 29/10/2012
                      • Internaute 190065
                        Bisounours de combat

                      ça c’est normal c’est parce que je suis un gros facho de nazi en fait, vous êtes un doué vous...

              • patrick10222@gmail.com
                • Posté à 20h15 le 29/10/2012
                • 183043
                  Rien

                Désolé mais j’ai fais trois mois de formation dans le bâtiment, trois français le reste turc, algérien, marocain, bref le Maghreb.
                D’entrée puisque c’est des métiers où on reste sur place, la question est posée « t’es quoi toi ? Chrétien ? », « Non je suis athée et laïque, je ne crois en aucun dieu, mais je comprends qu’on y croit, et défend le droit d’y croire ».
                Je précise que je comprenais que dalle à la maçonnerie mais ne rechigne pas au travail.
                Que ce soit au stage ou en entreprise, je n’ai pas eu une seule embrouille, que des bons contacts et des petits cadeaux quand ça c’est fini.
                Peut-être que les conflits ne que sont dans la tête de quelques uns, peut-être qu’un peu de tolérance fais des « miracles ».

                Peut-être que d’être tous fatigués par le même travail rapproche les hommes.

                • Bad Lieutenant
                  Bad Lieutenant répond à patrick10222@gmail.com
                  Bisounours de combat
                  • Posté à 21h06 le 29/10/2012
                  • Internaute 190065
                    Bisounours de combat

                  un peu plus de tolérance, régulièrement, c’est en effet tout ce dont nous avons besoin, merci beaucoup.

        9 autres commentaires
    • Autist. Reading
      Autist. Reading répond à Lock
      Anti TSCG
      • Posté à 12h14 le 29/10/2012
      • Internaute 191933
        Anti TSCG

      L’impression vient de vos préconceptions, pas du texte.

      • Lock
        Lock répond à Autist. Reading
        2014
        • Posté à 12h28 le 29/10/2012
        • Internaute 194358
          2014

        ha bon ?
        pourtant j’ai bien lu
        « les Turcs parlent en turc »
        « sauf les Turcs qui resteront dehors »
        « En bout de table, Abderahmane, Amar et Abdel discutent »
        « Les Turcs n’y participeront pas, Amar et Abdel non plus. »

        et l’on ne voit pas non plus de mélange sur les photos.

         
        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à Lock
          Bisounours de combat
          • Posté à 13h03 le 29/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          Oui voilà c’est ce qu’on vous dit ça vient de l’intérieur de votre tête, vous savez le cerveau ?

          • RueDrouot89
            RueDrouot89 répond à Bad Lieutenant
            Poursuivi par les vopos mais (...)
            • Posté à 07h21 le 30/10/2012
            • Internaute 194405
              Poursuivi par les vopos mais (...)

            Pourquoi niez vous l’évidence ?

        • jijm
          jijm répond à Lock
          ri
          • Posté à 13h27 le 29/10/2012
          • Internaute 192074
            ri

          « ha bon ?
          pourtant j’ai bien lu
          “ les Turcs parlent en turc ”
          “ sauf les Turcs qui resteront dehors ”
          “ En bout de table, Abderahmane, Amar et Abdel discutent ”
          “ Les Turcs n’y participeront pas, Amar et Abdel non plus. ” »

          Et alors ?
          S’intégrer c’est s’aviner et se taper le bide ensemble tout les soir ?

          « En moins de quatre jours, nous aurons ratissé plus de quatre hectares et tout le monde aura au moins une fois parlé avec l’autre »

          • Lock
            Lock répond à jijm
            2014
            • Posté à 13h38 le 29/10/2012
            • Internaute 194358
              2014

            c’est de la mixité low cost quoi

            • jijm
              jijm répond à Lock
              ri
              • Posté à 14h51 le 29/10/2012
              • Internaute 192074
                ri

              Vous vous mixé avec tout le monde vous ?

        • Autist. Reading
          Autist. Reading répond à Lock
          Anti TSCG
          • Posté à 13h39 le 29/10/2012
          • Internaute 191933
            Anti TSCG

          Les turcs parlent leur langue.
          Les non-drogués ne participent aux soirées drogue.

          Et vous avez oubliez de lire :
          « Nous serons là, par nécessité, par passion ou pour la beauté du geste le temps d’une semaine à travailler dur, vivre, manger, boire, rire et dormir ensemble. »

          Et les quatre photos sur trois jours et demi, ça ne veut rien dire, surtout qu’il n’y aucune photo des douches.

          Bref, vous aviez envie de faire une crotte frontiste, c’est fait.

          • Lock
            Lock répond à Autist. Reading
            2014
            • Posté à 13h45 le 29/10/2012
            • Internaute 194358
              2014

            ’’une semaine à travailler dur, vivre, manger, boire, rire et dormir ensemble.’’

            si j’ai bien compris l’article c’était surtout travailler et manger ensemble, mais chacun de son coté.

            • Autist. Reading
              Autist. Reading répond à Lock
              Anti TSCG
              • Posté à 16h28 le 29/10/2012
              • Internaute 191933
                Anti TSCG

              Les moments où des personnes se sont écarté du groupe sont listés, et ça fait pas bésef.

              Vous devriez faire les vendanges, une fois.

            • RueDrouot89
              RueDrouot89 répond à Lock
              Poursuivi par les vopos mais (...)
              • Posté à 07h24 le 30/10/2012
              • Internaute 194405
                Poursuivi par les vopos mais (...)

              On dit habituellement que les faits sont têtus, mais les gauchos le sont encore plus et n’hésitent pas une seconde à se ridiculiser pour exprimer leurs préceptes creux enrobés d’idéologie à deux sous...

        10 autres commentaires
    • rafioso
      rafioso répond à Lock
      paysan
      • Posté à 21h23 le 29/10/2012
      • Internaute 145922
        paysan

      Les vendanges restent dans des maisons comme celles là une des rares occasions où se mélange un échantillon assez standard de la population, quand vous passez des heures à trimer côte à côte avec toutes sortes de personnes les occasions de causer viennent d’elles mêmes, et on a le temps d’approfondir ces discussions.
      Dans la ferme où j’ai été pendant des années, il y avait des étudiants, des polonais, des chômeurs, des fonctionnaires en congé, un ancien para en Algérie qui pleurait en racontant ses expériences...
      Par contre ce n’est guère étonnant que le patron du reportage fasse grise mine cette année, qui va être très très dure pour la plupart des vignerons du Beaujolais du fait de la mauvaise récolte et de la stagnation des prix. On parle de 300 fermes qui vont arrêter sur 2400, et alors qu’il y en avait encore 3300 en 2004... Dans les 500 emplois de perdus sans compter les emplois indirects encore plus nombreux. (Dans l’agriculture en général c’est 3 millions depuis les années 50, et combien de chômeurs au fait on a désormais ?)
      La « révolution silencieuse » se poursuit....

  • Autist. Reading
    Autist. Reading
    Anti TSCG
    • Posté à 12h09 le 29/10/2012
    • Internaute 191933
      Anti TSCG

    « La région du Beaujolais perpétue la tradition des vendanges en étant nourri, logé chez l’exploitant. »

    A 6,71 euros de l’heure, ce n’est pas une tradition gratuite.

    Ce genre de tradition, payer contre le logement et la nourriture, ça se pratique partout...

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à Autist. Reading
      Working class bléro
      • Posté à 13h32 le 29/10/2012
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Dans le Poitou Charentes, pour les melons, les pommes, ou vider les poulaillers géants dans les camions, on ne te nourrit pas , on ne te loge pas, et si t’es étudiant tu ne passes pas parce qu’il faut que tu sois inscrit dans une boite d’intérim et chômeur.
      Les nantis qui vivent des minimas sociaux squattent ce genre de petites missions, ingrates ou tu n’es pas accueilli, et géré souvent comme du bétail.
      Mais mieux que les roumains au black, tout de même.
      Cet article me reconcilierait presque avec le Beaujolais, l’infâme nectar.

      • Autist. Reading
        Autist. Reading répond à Joseph Gratteur
        Anti TSCG
        • Posté à 13h52 le 29/10/2012
        • Internaute 191933
          Anti TSCG

        Dans le vignoble gaillacois, on peut être nourri et logé, en contrepartie d’une baisse de salaire...

        Même chez ceux qui embauchent des étudiants et des roumains au black.
        Les roumains avec lesquels j’ai bossé, ils avaient ramené de la bouffe de roumanie pour dix jours, et ils dormaient dans une tente, pour toucher leur salaire complet.

         
        • Joseph Gratteur
          Joseph Gratteur répond à Autist. Reading
          Working class bléro
          • Posté à 14h03 le 29/10/2012
          • Internaute 164574
            Working class bléro

          Chez nous peu de « campings proches », et entre les parcelles ou poulaillers différents dans la même journée, faut que tu démmerdes pour te transporter. Autrement dit voiture obligatoire, et pas pour 5 kilomètres. Autrement dit tu bosses pour rien ou presque, Gaillacois ou Thouarsais. Les « entrepreneurs agricoles » sont assez redoutables pour tuer les coûts du travail ou se rattraper dessus. Et je ne te parle pas des équipements de protection il n’y en a pas.

        1 autres commentaires
    • Percy Schramm
      Percy Schramm répond à Autist. Reading
      Reaktionär
      • Posté à 20h19 le 29/10/2012
      • Internaute 190966
        Reaktionär

      Vous apprendrez qu’on loge de moins en moins durant les vendanges, notamment dans le Beaujolais, le Châlonnais et le Beaunois...

      • Boutauvent
        Boutauvent répond à Percy Schramm
        Testeur de temps libre
        • Posté à 23h19 le 29/10/2012
        • Internaute 45018
          Testeur de temps libre

        Il est de plus en plus rare qu’on y goûte de la cuisine familiale : c’est devenu « le traiteur » avec ses infâmes plats standardisés.
        Les temps de trajet vers la vigne ne sont pas comptés dans le temps de travail, on te décompte les quelques minutes de pause et, à l’heure de la paye, on te retient une CSG à laquelle tu n’es pas assujetti.
        Et le temps où tu repartais avec quelques bonnes bouteilles en « bonification » est depuis longtemps révolu.

         
        • Percy Schramm
          Percy Schramm répond à Boutauvent
          Reaktionär
          • Posté à 06h15 le 30/10/2012
          • Internaute 190966
            Reaktionär

          En Bourgogne, les annonces pour les vendanges que vous trouvez dans les agences d’intérim demandent pratiquement systématiquement des personnes avec des voitures car il n’y a pas de logement. Et chez certains, comme vous le dites, c’est devenu un travail qui n’a plus rien à voir avec l’ambiance qui pouvait régner il y a quelques décennies. Avec des intérimaires, vous exigez du bon boulot, point.

        1 autres commentaires
    • RueDrouot89
      RueDrouot89 répond à Autist. Reading
      Poursuivi par les vopos mais (...)
      • Posté à 07h28 le 30/10/2012
      • Internaute 194405
        Poursuivi par les vopos mais (...)

      Il faut bien reconnaitre que cela se pratiquait partout surtout au moyen âge par les seigneurs avec les serfs, maintenant c’est devenu plus rare !

      C’est un bon principe : la main-d’oeuvre coute cher, il faut les maintenir en vie tant qu’ils produisent.

  • Artefact75000
    Artefact75000
    Abonnée au gaz et à l' (...)
    • Posté à 12h16 le 29/10/2012
    • 176003
      Abonnée au gaz et à l' (...)

    Moi qui pensait que le Beaujolais était interdit par la Convention de Genève, je me suis trompée.

  • Tom-
    • Posté à 12h22 le 29/10/2012
    • Internaute 9410

    J’adore. Pas pu y aller cette année, mais que de bons souvenirs !

    Faudrait ajouter un petit codicille au code des impôts et y envoyer obligatoirement les contribuables imposés sur la fortune. Y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui en profitent.

  • Pivar
    Pivar
    Pyropygiste
    • Posté à 12h26 le 29/10/2012
    • Internaute 160918
      Pyropygiste

    C’est bien triste. Mes vendanges à moi, c’était quand même plus fun : on passait pas notre temps à s’interroger sur le vivrensemble, l’ethnicisation, la mixité, etc. On picolait, on se marrait, on flirtait, et on gardait contact.

    C’est ça qui est terrible : même pour un article sur les vendanges, il faut que la problématique principale soit la mixité. On en est devenu obsédé. Avec évidemment ici le constat qu’il n’y a pas de mixité.

    Et pis c’est un « seau », pas un « sceau ».

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à Pivar
      Bisounours de combat
      • Posté à 13h05 le 29/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      Sot...

    • pablico
      pablico répond à Pivar
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 13h53 le 29/10/2012
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      Le SOT du roi, à cheval, transportait dans un seau le sceau royal.
      Le cheval fit un écart, le cheval et l’étroit sot sautèrent...

    • RueDrouot89
      RueDrouot89 répond à Pivar
      Poursuivi par les vopos mais (...)
      • Posté à 07h34 le 30/10/2012
      • Internaute 194405
        Poursuivi par les vopos mais (...)

      Pire, on fait faire du vin par des gens qui ont des convictions religieuses adverses... etb on ler offre du Beaujolais ! ! !
      Une abomination du grand capital et de la droite encore une fois réunis sur nos terroirs...
      Une véritable atteinte aux droits fondamentaux.
      Que fait SOS sectarisme ?

    • Le coup du hongrois
      Le coup du hongrois répond à Pivar
      habitant du monde
      • Posté à 08h56 le 30/10/2012
      • Internaute 54863
        habitant du monde

      Les sceaux, les sceaux....mais c’est bien sur ! Christiane Taubira travaille à Rue 89 !

  • jijm
    jijm
    ri
    • Posté à 12h49 le 29/10/2012
    • Internaute 192074
      ri

    Ambiance...

    « pour chaque début de vendanges, les exploitants remplissent un document qu’ils retournent à la gendarmerie, une feuille avec tous les noms et adresses des employés, pour repérer “ les gens pas très nets ”

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à jijm
      Bisounours de combat
      • Posté à 13h06 le 29/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      et « les gens pas très nets » ils sont faciles à reconnaître en général vous dit la police, pas besoin de faire d’études pour ça ! : -)

      • Lock
        Lock répond à Bad Lieutenant
        2014
        • Posté à 14h04 le 29/10/2012
        • Internaute 194358
          2014

        les avocats, les juges et les matons vous le diront aussi.

         
        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à Lock
          Bisounours de combat
          • Posté à 19h27 le 29/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          pas de bol je connais des deux premiers et ils ne me disent pas ça... Mais bon ça doit être des exceptions forcément... : -)

          • Lock
            Lock répond à Bad Lieutenant
            2014
            • Posté à 19h46 le 29/10/2012
            • Internaute 194358
              2014

            c’est que vous ne leur avez pas demandé

            • Bad Lieutenant
              Bad Lieutenant répond à Lock
              Bisounours de combat
              • Posté à 19h49 le 29/10/2012
              • Internaute 190065
                Bisounours de combat

              ben si avec les gens je parle je me contente pas de juger...

        3 autres commentaires
    • jijm
      jijm répond à jijm
      ri
      • Posté à 17h02 le 29/10/2012
      • Internaute 192074
        ri

      « Bonjour, je sais que vous n’avez encore rien fait de mal, mais j’ai cru bon d’envoyer votre nom, prénom et adresse au flics du coin, on ne sait jamais, avec ce qui se passe... je veux dire, c’est avant tout pour votre sécurité, hein, je ne me permettrais pas de vous juger comme ça... mais bon s’il arrive quelque chose, vous comprenez, on vous connait pas, et c’est pas mal quand quelqu’un arrive dans l’coin d’avertir le sheri... je veux dire les gens ici sont... y a des familles vous comprenez. et vous v..

  • fredpop
    fredpop
    referenceur
    • Posté à 12h52 le 29/10/2012
    • Internaute 96355
      referenceur

    Excellent ! à peu près ce que j’ai vécu, étudiant, au début des années 90, également à Chirouble.
    Globalement de bons souvenirs, de la très bonne ripaille, une bonne solidarité entre vendangeurs, de la cohabitation temporaire, inter-culturelle et générationnelle de 18 à 70 ans, mais tous originaires de milieux sociaux relativement modestes (évidemment). En revanche, on était rarement déclarés... sur les 4 fermes que j’ai faites, juste un mauvais souvenir à cause du patriarche qui avait toujours la main mise sur la ferme de son fils : un gros beauf’ qui nous faisait faire des 1/2 heures sup’ tous les jours, insultait certains vendangeurs et virait ceux qui rouspétaient, misogyne, raciste, mais allait embaucher au black des familles de marocains qui ne se mélangeaient pas (et la seule fois, à l’époque, où j’ai croisé des gens de confession musulmane dans les vignes : le FN fait de très bons scores dans ces milieux, les dernières élections l’ont encore montré, et les quelques étrangers que j’ai croisés... étaient tous bien blonds (danois, pays bas)).

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