Le président sud-africain refuse de « pleurer » avec The Economist
L’hebdomadaire britannique The Economist a un art abouti des couvertures. Celle de cette semaine, consacrée au « déclin » de l’Afrique du Sud, emprunte son titre à l’un des grands classiques de la littérature sud-africaine et mondiale : « Cry the beloved country » (en français : « Pleure, ô pays bien-aimé ») de l’écrivain Alan Paton.
Le président sud-africain Jacob Zuma n’a pas apprécié cette couverture, malgré sa portée littéraire... Il s’est emporté contre le message de l’hebdomadaire, référence du monde des affaires anglo-saxons, en déclarant :
« Il est scandaleusement inexact de dire que l’Afrique du Sud est sur une pente descendante. »
The Economist consacre son dossier au « triste déclin » de l’Afrique du Sud, et pointe la « corruption » et l’« incompétence » de ses dirigeants actuels, issus du Congrès national africain (ANC).
L’ironie amère de cette une
L’ironie amère de cette couverture, qui n’a sans doute pas échappé à Jacob Zuma, est que le roman d’Alan Paton qui donne son titre au magazine, a été publié en 1948, au moment où le Parti national (afrikaner) arrivait au pouvoir en Afrique du Sud avec comme programme l’apartheid.
Ce roman est resté pendant longtemps une référence pour parler de la souffrance de la majorité noire sous le joug de l’apartheid, légitimant ainsi au niveau mondial la résistance de l’ANC d’Albert Luthuli et Nelson Mandela.
Héritier de cette tradition, Jacob Zuma est aujourd’hui sous le feu des critiques, en raison, outre son style de vie personnelle, de l’incapacité de l’ANC, après près de deux décennies au pouvoir, à résorber les plaies sociales du pays, et pour la fusillade de Marikana, en août dernier, au cours de laquelle 44 mineurs noirs en grève ont été tués.
Mais n’en déplaise à Jacob Zuma, oui, le « pays bien-aimé » pleure...
Par Alan Paton, éd. Albin Michel, 1951, 355 pages.
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Pyropygiste
Pyropygiste
Oui, l’Afrique du Sud est bien en déclin. De 1990 à 2005, il a chuté de 35 places au classement de l’IDH. Depuis la fin de l’apartheid, la « discrimination positive » fait fuir les Blancs, qui étaient l’élite du pays. Sans parler du racisme anti-blanc.
Et quand ils ne fuient pas, on les vire. La politique agraire est caractéristique : on exproprie les fermiers blancs pour redonner leurs terres aux fermiers noirs. Problème : ces fermes deviennent rapidement beaucoup moins productives. L’idéologie prime face à l’efficacité.
Voilà le résultat du Black Economic Empowerement.




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