Arrêt sur images 10/10/2012 à 09h32

Comment (ne) marche (pas) la presse

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images


La une de L’Express de cette semaine

Passé le premier instant de stupeur, et le deuxième réflexe d’indignation, devant la couverture de L’Express de cette semaine, reste un douloureux mystère : s’ils osent, c’est parce que ça marche. C’est parce que le sexisme le plus crasse est forcément vendeur.

Il y aurait donc des acheteurs (voire des acheteuses) pour céder à l’impulsion et, davantage que pour une couverture sur le mal de dos ou les prix de l’immobilier, tendre la main vers un hebdo qui titre sur « ces femmes qui gâchent la vie » de Hollande (« ces femmes », désignant pêle-mêle Trierweiler, Duflot ou Merkel, ainsi réduites à leur sexe).

Quant aux annonceurs, il faut croire que s’ils continuent de s’exhiber dans un magazine de beaufs en écharpe rouge, c’est que leur produit y trouve son compte.

Le politico-sexisme, filon rentable

« S’ils le font, c’est parce que ça marche » : nous sommes en système libéral, n’est-ce pas ? Et ce système, qui suppose la rationalité du comportement des agents économiques, a au moins le mérite de laisser jouer la loi de l’offre et de la demande. Si le filon de la couverture politico-sexiste n’était pas rentable, n’est-ce pas, le directeur Barbier serait promptement dégagé par les propriétaires du magazine.

Toute analyse des médias est sous-tendue par ce présupposé que le contenu des médias industriels est forcément déterminé, ou bien par la loi du marché, ou bien par la volonté des ses propriétaires d’imposer une orientation politique ou économique. Les deux peuvent converger, souvent, ou entrer parfois en conflit, mais pas d’autre motivation à l’horizon.

Et si ça marchait, en fait, autrement ? Et si les industriels, ou les groupes industriels, qui possèdent aujourd’hui les grands médias français, avaient précisément intérêt à ce que cela ne marche pas ? C’est la thèse, assez décoiffante, défendue par un petit livre qui paraît ces jours-ci, sous la plume d’un ex-journaliste nommé Jean Stern, et titré « Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais » (Ed. La Fabrique).

Théorie du complot

Pourquoi donc les Dassault, les Arnault, les Pinault, sont-ils « mauvais » ? Pourquoi auraient-ils intérêt à laisser leurs journaux perdre de l’argent ?


« Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais » de Jean Stern

Pour une raison toute bête : parce qu’au prix d’une habile optimisation fiscale, en imputant ces pertes au niveau idoine des holdings, cela leur permet de réduire leurs impôts, assure l’auteur, Jean Stern, en se fondant sur les exemples de Dassault et Arnault.

Attention : je ne vous dis pas que je souscris à la thèse développée dans le livre. Elle n’est peut-être qu’une version nouvelle, et particulièrement sophistiquée, de la théorie du complot. Simplement, cette thèse (que j’entends pour la première fois, je l’avoue) permettrait d’expliquer bien des phénomènes jusqu’ici inexpliqués, et notamment la mauvaise qualité persistante de cette presse, sa pusillanimité en enquêtes et en reportages, en dépit des moyens illimités de ses actionnaires.

Vrai ? Faux ? Nul doute que les grands journaux vont lancer, dès aujourd’hui, leurs investigateurs sur cette vaste question.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
Publié initialement sur
Arretsurimages.net
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  • Coucoucestmoi89
    Coucoucestmoi89
    Contre la censure de 89
    • Posté à 09h42 le 10/10/2012
    • Internaute 193288
      Contre la censure de 89

    Et si on parlait de 89 ?

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 09h43 le 10/10/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    « Pour une raison toute bête : parce qu’au prix d’une habile optimisation fiscale, en imputant ces pertes au niveau idoine des holdings, cela leur permet de réduire leurs impôts »
    Et c’est pour cela que le NouvelObs a acheté Rue89, pour optimiser sa fiscalité en déclarant des pertes au niveau de sa holding. Plus sérieusement, les journaux qui ont fait faillite son légion et les derniers en date, France-Soir qui a disparu ou Paris Normandie qui a été sauvé de justesse, montre que la théorie du complot à ses limites.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à padiran
      Fou du volant
      • Posté à 10h19 le 10/10/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      France Soir , ça fait déjà 20 ans qu’il aurait du disparaitre normalement, toute la profession le savait.. .
      la théorie du complot est remise en jeu ..Sauf qu’il s’agit en fait plutôt d’un système..

      • padiran
        padiran répond à DiaboloSatanas
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 11h30 le 10/10/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Toi aussi tu fais partie du complot ? ; -) on nous dit pas tout. Quant à France Soir, après la disparition de Lazareff et la reprise en main par le groupe Hersant c’était devenu un truc à emballer le poisson. Son exécution sommaire a été faite Gaydamak richissime incompétent.

         
        • DiaboloSatanas
          DiaboloSatanas répond à padiran
          Fou du volant
          • Posté à 11h37 le 10/10/2012
          • Internaute 79165
            Fou du volant

          J’ y ai même bossé un moment a la diffusion de « France Soir » , a une période pas antipathique, le rédac chef était violemment anti FN et attaquait Le Pen tout azimut , hé bien crois moi qu’au niveau des chiffres de vente, il n’ y avait pas de quoi rire : -)

          • padiran
            padiran répond à DiaboloSatanas
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 13h49 le 10/10/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Oui mais si t’as pas de cul et de people ça marche pas. Le Pen c’est une édition à tout casser, DSK c’est un mois de tirage (je l’aime bien celle là) Paris Hilton c’est 1 semaine.

        2 autres commentaires
    • PaulTron
      PaulTron répond à padiran
      Ce champ sera visible par tous (...)
      • Posté à 11h20 le 10/10/2012
      • Internaute 168564
        Ce champ sera visible par tous (...)

      Généralement,chaque groupe de presse a son titre qui ne marche pas, porté à bout de bras. C’est la condition pour toucher le plus d’aides publiques.
      Après, le coup de faire remonter les pertes au niveau de la holding, peut tout à fait fonctionner, en plus.

      • padiran
        padiran répond à PaulTron
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 11h33 le 10/10/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        C’est vrai que les journaux sont devenus des entités économiques, mais de là à tomber dans la théorie du complot.

         
        • PaulTron
          PaulTron répond à padiran
          Ce champ sera visible par tous (...)
          • Posté à 11h39 le 10/10/2012
          • Internaute 168564
            Ce champ sera visible par tous (...)

          Ce n’est pas un complot, c’est de l’optimisation fiscale.

          • padiran
            padiran répond à PaulTron
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 13h53 le 10/10/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            C’est pas moi qui a utilisé le terme théorie du complot, c’est Schneidermann dans son article.

        2 autres commentaires
    • alldress99
      alldress99 répond à padiran
      Maritale
      • Posté à 11h24 le 10/10/2012
      • 177405
        Maritale

      Un peu comme les boites qui imputent toutes leurs pertes aux filiales françaises pour bénéficier du bénéfice mondial consolidé ?

      Ou comme Apple qui fait générer des marges minables d’hypermarché à Apple Retail France pour payer les salariés des magasins au SMIC + quelques cacahuètes ?

      • padiran
        padiran répond à alldress99
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 11h36 le 10/10/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        A part quelques titres « indépendants » comme le Canard Enchainé, Marianne,.....tous les journaux sont rattachés à des groupes économiques puissants, en conséquence ils répondent au mêmes critères fiscaux. C’est la loi qu’il faut changer, autrement dit, si vous avez le temps de vous battre contre les moulins à vent, je vous invite à entrer en politique. Bonne chance

  • A déménagéle 14-12-2012
    • Posté à 09h45 le 10/10/2012
    • Internaute 119490
      Etudiant

    Mouais, j’aurais plutôt tendance à dire que s’ils sont mauvais, c’est justement parce que le « marché » avec son milliard d’euros d’aides n’en est pas un.

    La rationalité économique serait de couper ces aides entièrement pour effectuer une bonne purge et laisser les mauvais journalistes pointer au chômage, où ils pourront se reconvertir en planteurs de salades après en avoir raconté beaucoup.

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 09h52 le 10/10/2012
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    -« Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais »

    - Pourquoi « de la presse » ?

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à Waldeck
      Bisounours de combat
      • Posté à 10h09 le 10/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      Oui encore un euphémisme insupportable et faux !

      • Alenek
        Alenek répond à Bad Lieutenant
        • Posté à 11h51 le 10/10/2012
        • Internaute 158354

        Réduisons encore :

        « Tous mauvais ! »

        ( et comme ça étrangement tout le monde est content )

         
        • Bad Lieutenant
          Bad Lieutenant répond à Alenek
          Bisounours de combat
          • Posté à 15h30 le 10/10/2012
          • Internaute 190065
            Bisounours de combat

          la presse nationale, tous mauvais ? En effet ça fonctionne bien également... : -)

        • curieux22
          curieux22 répond à Alenek
          dernière marche avant le saut
          • Posté à 16h11 le 10/10/2012
          • Internaute 192553
            dernière marche avant le saut

          « Tous mauvais ! »
          Ouais, un mauvais patron français, c’est un pléonasme ? ? ?

          • Alenek
            Alenek répond à curieux22
            • Posté à 13h11 le 11/10/2012
            • Internaute 158354

            Si vous voulez ... moi je disais juste tous mauvais : patrons, ouvriers, citoyens, journalistes , marginaux, etc. ... tout le monde ...

            Comme ça tout le monde est content, le syndicat peut dire que c’est de la faute du patron, le patron que c’est la faute du syndicat. Le journaliste dira que c’est de la faute du patron de presse ... Le citoyen que c’est de la faute du journaliste. Le journaliste que c’est de la faute du citoyen .... ( ça peut être long comme liste : p )

        3 autres commentaires
  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 09h52 le 10/10/2012
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Il a l’air excellent le bouquin de Jean Stern oui malheureusement . C’est bien ce qu’il dit qui s’est passé le problème de la presse depuis 30 ans :
    ( et en plus il cause même de Rue89 : -)

    Comment ces relations entre la presse et les milliardaires ont-elles commencé ? Quelles en sont les implications économiques ?

    Les socialistes ont laissé la presse tomber dans les mains des milliardaires sans jamais s’y opposer. François Mitterrand, par ses liens personnels et politiques, par sa stratégie, a favorisé cette prise de contrôle qui a commencé au début des années 80. Aujourd’hui, nous sommes à la fin d’un cycle. Arnault, Pinault, Dassault, Lagardère sont des oligarques qui n’ont pas de vision de la presse. Ils la maintiennent tout juste hors de l’eau pour lui éviter de crever. Libération appartient en partie à l’un des hommes les plus riches de France, or ses journalistes y travaillent beaucoup avec de tous petits moyens. C’est aussi ce qui va se passer au Monde. Le seul journal dans lequel on investit beaucoup, c’est Le Point. Pinault en a besoin, c’est sa vitrine. Entre parenthèse, Air France – qui représente 14% des ventes de Libération, 10% des Echos, 10% du Figaro, 10% du Monde – va probablement arrêter d’acheter des exemplaires... Comment les journaux vont-ils s’en sortir ? D’autant que l’âge d’or publicitaire des années 80-90 est terminé. Tant que la publicité tombait, on ne se posait pas de question. Les groupes Hachette, Prisma, etc., payaient des salaires extraordinaires. Mais c’était du leurre : la presse se lisait de moins en moins et l’Etat omniprésent y mettait des centaines de millions d’euros en pure perte – sans jamais demander aux syndicats de réfléchir à des stratégies et aux propriétaires à leurs investissements. Si les journaux n’avaient pas appartenu aux milliardaires, ils auraient été peut-être plus modestes. C’était un miroir aux alouettes. On a fait des journaux de plus en plus épais pour mettre de plus en plus de pub, donc il a fallu embaucher de plus en plus de Secrétaires de rédaction, de maquettistes, de commerciaux... Sans réellement améliorer le contenu ! Quand ce système s’est effondré dans les années 2000, ça a accru la puissance de gens comme Arnault qui ont pu endosser l’habit de mécènes.

    Lien

    Faut-il aller chercher d’autres modèles à l’étranger ?

    Non, il faut les inventer. L’exemple de Rue89 est intéressant, l’équipe a su créer une valeur journalistique. Mais c’était un modèle gratuit, or l’info a un prix qui n’est pas celui du marché. Aujourd’hui, ni la gratuité ni la publicité ne peuvent financer l’information. Il faut donc inventer des modèles qui reposent sur les lecteurs comme Arrêt sur images ou Mediapart. Sans ça, la presse va mourir.

  • Zééva
    Zééva
    Autistement vôtre...
    • Posté à 10h04 le 10/10/2012
    • Internaute 191780
      Autistement vôtre...

    Mais, ça ne date pas d’aujourd’hui, les Unes ringardes de l’Express (Exemple, la Une de Juillet 2009, en pleine crise de la Grippe H1N1).

    J’y crois pas trop à la théorie du complot, proposée par Mr Stern.
    « Les patrons des très petites entreprises (moins de 20 salariés) sont de gros lecteurs de newsmagazines et ils privilégient... L’Express ! 24 % d’entre eux le lisent au moins une fois par mois, contre 22 % pour Le Nouvel Observateur, 21 % pour Le Figaro Magazine et 20 % pour Le Point. » (C’est le résultat d’une enquête réalisée en juillet 2009 par Fiducial et l’Ifop pour le Baromètre des TPE). Autre enseignement : ces dirigeants boudent la presse people.
    Très juste ! Ils n’ont pas besoin de la lire, puisqu’ils trouveraient dans L’Express, sous la forme d’une personnalisation qui ne néglige nullement la vie privée, de quoi satisfaire leur curiosité.

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Zééva
      Fou du volant
      • Posté à 10h10 le 10/10/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Cela montrerait il que beaucoup de nos petits patrons seraient des ringards ?
      Oui, je le crains : -)

      • Bad Lieutenant
        Bad Lieutenant répond à DiaboloSatanas
        Bisounours de combat
        • Posté à 10h24 le 10/10/2012
        • Internaute 190065
          Bisounours de combat

        les grands patrons des enculés, les petits des ringards...

        « Il m’est autant odieux de guider que d’être guidé » « Tu veux te décupler, te centupler ? Cherche des zéros » F. Nietzsche

  • Autist. Reading
    Autist. Reading
    Anti TSCG
    • Posté à 10h12 le 10/10/2012
    • Internaute 191933
      Anti TSCG

    .

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à Autist. Reading
      Fou du volant
      • Posté à 10h34 le 10/10/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Au niveau de la lutte.
      J’ai vu passer la manif’ hier boulevard Montparnasse, ça m’a foutu le blues et je suis allé me bourrer la gueule ..

      • Autist. Reading
        Autist. Reading répond à DiaboloSatanas
        Anti TSCG
        • Posté à 10h49 le 10/10/2012
        • Internaute 191933
          Anti TSCG

        Il manque aux syndicats des militants de qualité comme toi....

         
        • DiaboloSatanas
          DiaboloSatanas répond à Autist. Reading
          Fou du volant
          • Posté à 11h01 le 10/10/2012
          • Internaute 79165
            Fou du volant

          Ça doit être ça oui ..
          Tu ne m’aides pas beaucoup a retrouver le moral ..

          • Autist. Reading
            Autist. Reading répond à DiaboloSatanas
            Anti TSCG
            • Posté à 11h19 le 10/10/2012
            • Internaute 191933
              Anti TSCG

            Ben sérieusement, la CGT est encore sous contrôle de dirigeants traitres qui organisent des manifs plomb-plomb, mais il en faudrait peu pour que la base déborde la direction nationale.

            Tu pourrais être de ceux qui poussent à des mots d’ordre plusse radicaux, à des manifs plusse carrées, moins youpitralala, en militant à FO ou à la CGT (je ne sais pas bien quel est le syndicat costaud dans ta branche).

            (Et si tu ne veux pas être trop déçu, abstiens-toi de regarder les manifs appelées par la CGT sans FO, déjà qu’avec FO ça doit te sembler mou...)

            • inspecteur crouton
              inspecteur crouton répond à Autist. Reading
              modéré
              • Posté à 11h42 le 10/10/2012
              • Internaute 118828
                modéré

              Si tu parviens à embrigader Diabolo, tu auras VRAIMENT toute mon admiration.

              • Autist. Reading
                Autist. Reading répond à inspecteur crouton
                Anti TSCG
                • Posté à 12h00 le 10/10/2012
                • Internaute 191933
                  Anti TSCG

                J’ose espérer que les flammes de l’UE en feu ne lui lècheront jamais le cul.

                Mais si ça arrive, je ne doute pas qu’il prendra ses responsabilités au sein des brigades internationales.

                Il s’embrigadera tout seul.

        4 autres commentaires
      • Waldeck
        Waldeck répond à DiaboloSatanas
        Le désenchantement, c'est (...)
        • Posté à 12h33 le 10/10/2012
        • Internaute 36864
          Le désenchantement, c'est (...)

        -« J’ai vu passer la manif’ hier boulevard Montparnasse, ça m’a foutu le blues et je suis allé me bourrer la gueule ... »

        « Tous ces gâteux, ces avachis
        Ces pauvres sépulcres blanchis
        Chancelant dans leur carapace
        On les a vus, c´était hier
        Qui descendaient jeunes et fiers
        Le boulevard du temps qui passe. »

        G.B.

        (chroniques du 14ème...)

  • mr_megot
    • Posté à 10h14 le 10/10/2012
    • Internaute 53015
      .

    Ca a peut être déja été dit, mais je me demande qui est ce mystérieux Pierrestrato qui est remercié dans plus d’un article sur deux ? Il est dans tous les coups, la une de l’express, l’auteur zimbabwéen méconnu...

    • DiaboloSatanas
      DiaboloSatanas répond à mr_megot
      Fou du volant
      • Posté à 10h24 le 10/10/2012
      • Internaute 79165
        Fou du volant

      Ha oui t’as raison c’est étrange..

      • mr_megot
        mr_megot répond à DiaboloSatanas
        .
        • Posté à 10h34 le 10/10/2012
        • Internaute 53015
          .

        J’ai dit un sur deux mais en fait depuis une semaine je serais incapable de citer un article à la fin duquel il n’est pas remercié. Aujourd’hui le billet de Schneiderman, l’article sur le mercredi matin à l’école primaire, le Zimbabwéen, la bd sur la Patagonie... Y a qu’à le nomme rédac chef, quoi.

         
        • DiaboloSatanas
          DiaboloSatanas répond à mr_megot
          Fou du volant
          • Posté à 11h02 le 10/10/2012
          • Internaute 79165
            Fou du volant

          Continuons a suivre l’affaire..

          • Chérimimie
            Chérimimie répond à DiaboloSatanas
            bacchante
            • Posté à 11h36 le 10/10/2012
            • Internaute 148166
              bacchante

            Je crois que c’est un riverain qui corrige les fautes d’orthographe et de français... Un travail de titan !

        • Bob Moog
          Bob Moog répond à mr_megot
          Voltage Controlled
          • Posté à 11h37 le 10/10/2012
          • Internaute 136928
            Voltage Controlled

          Probablement un bug, vu que Scheinerdmann écrit ses billets hors de Rue 89.

        • inspecteur crouton
          inspecteur crouton répond à mr_megot
          modéré
          • Posté à 11h44 le 10/10/2012
          • Internaute 118828
            modéré

          C’est Pierre Haski en fait, il joue les Jean François Kahn avec plein de pseudos.

          • Waldeck
            Waldeck répond à inspecteur crouton
            Le désenchantement, c'est (...)
            • Posté à 16h06 le 10/10/2012
            • Internaute 36864
              Le désenchantement, c'est (...)

            -« C’est Pierre Haski en fait, il joue les Jean François Kahn avec plein de pseudos. »

            Bien vu, Inspecteur !
            Votre qualité de fin limier n’est pas usurpée.
            en effet, il fallait lire :

            Pierre = Pierre
            Strato = Haski

            ( Le ski célèbre « Strato » de chez Rossignol)

            • Bob Moog
              Bob Moog répond à Waldeck
              Voltage Controlled
              • Posté à 21h36 le 12/10/2012
              • Internaute 136928
                Voltage Controlled

              Bien vu, moi j’aurais pensé à un zicos pour le coup de la strato (stratocaster)

        6 autres commentaires
    • Jupiter Capitolin
      Jupiter Capitolin répond à mr_megot
      Burp
      • Posté à 16h41 le 10/10/2012
      • Internaute 189743
        Burp

      C’est le mec qui corrige l’orthographe. Je pense que lui est payé, d’où sa présence systématique.
      Si vous trouvez des fautes et que vous les signalez, vous aurez aussi le droit à votre nom dans ’’merci riverains’’ (mais pas de sous).

      • mr_megot
        • Posté à 16h44 le 10/10/2012
        • Internaute 53015
          .

        Haha, l’enquête avance, mais cela signifierait que les articles de Schneidermann paraissent bourrés de fautes sur ASI et qu’ils sont corrigés ici ?

        Moi je pense qu’il n’est pas payé, sinon il ne serait pas remercié, justement !

         
        • Jupiter Capitolin
          Jupiter Capitolin répond à mr_megot
          Burp
          • Posté à 16h59 le 10/10/2012
          • Internaute 189743
            Burp

          Oh, je pense que DS se contente d’envoyer un mail à ses serviteurs Yann Guegan ici et je-sais-pas-qui sur ASI. Après chacun se d’emmerde dans son coin. Mais à mon avis, il n’a jamais jeté un oeil sur les commentaires.
          Pour pierrastrato, j’espère qu’il se fait payer, ce que tend à prouver le fait qu’il ne commente jamais ou presque. Mais je n’en suis pas totalement certain.

        • inspecteur crouton
          inspecteur crouton répond à mr_megot
          modéré
          • Posté à 20h19 le 10/10/2012
          • Internaute 118828
            modéré

          Tu t’es fait un nouvel ami ?

        2 autres commentaires
  • Bad Lieutenant
    Bad Lieutenant
    Bisounours de combat
    • Posté à 10h18 le 10/10/2012
    • Internaute 190065
      Bisounours de combat

    Mouais hypothèse intéressante mais ne s’adressant qu’à la presse, on peut aussi se dire que comme les milliardaires ont acheté dorénavant des chaînes entières de télévisions et qu’ils n’aiment pas lire parce que ya trop de mots dedans ben ils laissent tomber les journaux tout en récupérant au passage de belles subventions car ces gens là particulièrement opposés à l’intervention de l’état pour aider les pauvres sont particulièrement motivés pour se faire subventionner par lui.

    On est chez des gens qui ne pensent qu’à l’argent et au pouvoir depuis des siècles, il n’y a donc pas une thèse de crédible c’est un tissu de thèses comme celles là, mouvantes selon les tendances et besoin du moment.

    « Celui qui croit que rien ne bouge possède soit une mauvaise vue soit une mauvaise foi, la première se corrige la seconde se combat » F. Nietzsche

    Bref s’il faut attendre de trouver LE coupable de toute cette merde, on est pas rendu et même condamné à y rester à vie...

    • huutaa
      huutaa répond à Bad Lieutenant
      Même pas avec des pincettes.
      • Posté à 10h24 le 10/10/2012
      • 183774
        Même pas avec des pincettes.

      Mouaf, un complot fiscal.

      La démocratie trahie par... la concentration des moyens d’information
      Presse à l’encan et étouffement des libertés - 1977

      Plus on répète qu’une entreprise de presse n’est pas une entreprise comme les autres, plus on traite le journal comme une marchandise : des campagnes publicitaires s’efforcent de l’imposer au public, d’accroître sa diffusion pour... recueillir davantage d’annonces publicitaires. L’assise commerciale d’un journal ne commande plus seulement son indépendance, mais, trop souvent, son contenu culturel et informatif. Pour vivre, un journal a besoin d’argent mais, dans une société mercantile, il peut aussi bien mourir pour s’être soumis à la loi du profit. La contradiction ne disparaît qu’au stade de la négation du journal, au plus haut degré de l’absurde : on vend sous le nom de journal des publications commerciales qui ont cessé d’en assumer la fonction, – ou bien on les distribue gratuitement, à moins d’offrir des abonnements à des tarifs de dumping.

      Le mode de croissance choisi par l’Occident ne pouvait pas épargner ses journaux. On a trop vite dit que la presse, dans ses procédés de fabrication, ne pouvait pas échapper au progrès scientifique et technologique. Seulement celui-ci est orienté non pas vers le meilleur service de l’homme mais vers le plus grand profit. La liberté de presse tend ainsi à se réduire à une liberté d’entreprise contre laquelle n’opère aucune législation antitrust. On achète et vend un journal comme on achète une usine ou une boutique. Mais le principe reste sauf : l’humble citoyen et le grand capitaliste possèdent l’égale liberté de lancer un quotidien ou un hebdomadaire... Comme, sous d’autres régimes, le muselage de la presse ou son asservissement sont encore pires, on en vient, une fois de plus, à confondre liberté capitaliste et liberté démocratique.

      La concentration non seulement des sociétés éditrices de journaux mais aussi des moyens de recueillir et de distribuer les nouvelles tend à fabriquer artificiellement un consensus fondé non pas sur le libre débat qui caractérise la démocratie, mais sur l’adhésion confuse d’une opinion préconditionnée, leurrée, noyée sous un flot d’informations qu’elle ne parvient pas à ordonner en un ensemble intelligible. Déjà anesthésiée par la crise de la presse, la démocratie politique risque, avec elle, de sombrer dans le coma propice aux aventures totalitaires.

      • Bad Lieutenant
        Bad Lieutenant répond à huutaa
        Bisounours de combat
        • Posté à 10h30 le 10/10/2012
        • Internaute 190065
          Bisounours de combat

        oui bizarre cette orientation, ya eu un article hier sur les subventions à la presse, on dirait que les socialistes nous préparent un truc, je me demande à quoi ça va ressembler, je pense que hélas seul le recul nous le dira...

        Mais bon on sait très bien que ces gens là font tout ce qu’ils peuvent pour ne rien payer et faire financer leurs chiottes en or par nos impôts donc ils apliquent ce principe systématiquement s’ils ont des hordes de comptables et d’avocats c’est bien pour payer le moins possible...

        T’as raison l’hypothèse fiscale est pourrie, je détop ! : -)

         
        • huutaa
          huutaa répond à Bad Lieutenant
          Même pas avec des pincettes.
          • Posté à 10h39 le 10/10/2012
          • 183774
            Même pas avec des pincettes.

          Daniel c’est un peu notre Régis, si tu ne parles pas du carcan idéologique lié à la concentration dans les médias à quoi bon.

          Une industrie « pas comme les autres » mais soumise aux mêmes lois
          France vers le journal unique sous des masques divers ?

          Les chiffres sont accablants : on dénombrait, en France, plus de quatre cents quotidiens à la fin du dix-neuvième siècle, il en reste aujourd’hui moins de cent. La concentration de la presse quotidienne française n’est pas un phénomène récent, mais ce mouvement ne cesse de s’accélérer. Preuve éclatante, l’irrésistible ascension de M. Robert Hersant. Et la diversité des titres ne doit pas masquer une plus sombre réalité : en 1977, il n’existe plus en France qu’une cinquantaine d’éditeurs de quotidiens réellement indépendants. Si la concentration a longtemps surtout frappé les quotidiens, désormais elle touche aussi les magazines.

          Quelles sont les causes de la concentration ? Pour l’économiste Henri Mercillon, la presse étant une vieille industrie en déclin, les fusions deviennent nécessaires pour que les entreprises puissent supporter les coûts très élevés de la quête et de la diffusion des nouvelles : « La presse quotidienne maintient ou augmente son chiffre d’affaires soit par l’accroissement de ses recettes publicitaires, soit par l’augmentation de son prix de vente » (1). Il y a absence de parallélisme entre le taux de diffusion et la croissance démographique. Pour l’historien Pierre Albert, la concentration ne provient pas des effets de la télévision sur les journaux, mais des conséquences de la répartition des budgets publicitaires : « Par l’inégalité de sa répartition, la publicité est l’un des facteurs essentiels de la concentration de la presse elle favorise les entreprises les plus prospères et accélère la décadence de celles qui le sont moins. Si la publicité aide beaucoup les Publications à vivre, elle en a indirectement condamné beaucoup à mourir et réduit certaines autres à une vie médiocre. Les annonceurs et les publicitaires ne sont pas vraiment solidaires de la presse ni responsables de son destin, mais celle-ci est économiquement dépendante d’eux. » (2).

          Ainsi, la publicité, qui privilégie les supports politiquement désengagés, est pour une bonne part responsable de la disparition des feuilles partisanes ou des journaux d’opinion. A Paris, il existait soixante quotidiens en 1914, il en subsistait trente en 1939 et aujourd’hui, il en reste une douzaine. Des journaux issus de la Résistance, tous les titres qui ont voulu conserver une coloration politique marquée ont sombré : l’Epoque (1950), l’Aube (1951), Ce Matin (1953), Ce Soir (1953), Franc-Tireur (1957), Libération (1964), le Populaire (1969) et Combat (1974). Depuis quelques années, on assiste à une renaissance des quotidiens engagés, toutefois la diffusion globale des quatre nouveaux mousquetaires – Libération, le Quotidien de Paris, Rouge, le Quotidien du peuple, –n’atteint pas les 50 000 exemplaires. Quant à la récente expérience du Matin de Paris, il est encore trop tôt pour savoir si elle est concluante. Malgré l’apparition, au cours de la dernière décennie, de nouveaux titres dans la capitale, le tirage global des quotidiens parisiens est en constante diminution : 4,4 millions d’exemplaires par jour en 1967, 3,5 millions d’exemplaires en 1977. Parmi les grands titres disparus : Paris-presse en 1970 et Paris-Jour en 1972.

          Avec une douzaine de journaux survivant encore, la capitale française pourrait paraître épargnée par la concentration si on la compare à ses homologues étrangers. Toutefois, il n’en est rien. Au niveau des éditeurs, les regroupements se développent : en 1967, le Parisien libéré prend le contrôle de l’Equipe et, surtout, le groupe Hersant acquiert en 1975 le Figaro et en 1976 France Soir. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire de la presse nationale, le même éditeur contrôle plus du tiers de la diffusion des quotidiens parisiens. Et si M. Robert Hersant parvient à mettre la main sur le Parisien libéré, comme on lui en prête l’intention, il détiendra plus de la moitié de la diffusion des journaux nationaux.

          C’est néanmoins la presse provinciale qui demeure le terrain privilégié des opérations d’association ou d’absorption de journaux. En province, la concentration aboutit à de véritables monopoles, le public ne pouvant connaître les événements de sa région que par un canal unique. En 1892, soixante-neuf villes de province publiaient plusieurs quotidiens ; il n’en reste plus que dix-sept en 1962 et quatorze en 1976. En fait, aujourd’hui, il n’existe de journaux réellement différents que dans huit villes seulement : Chartres, Dijon, Limoges, Toulon, Troyes, Marseille, Strasbourg et Lille, l’unique cité à bénéficier de trois titres indépendants les uns des autres. Dans les six autres villes, le pluralisme des titres est fictif, soit en raison de pages communes entre les journaux, soit parce qu’ils sont publiés par la même société éditrice. Si on dénombre actuellement quatre-vingt-cinq titres en province, on compte seulement quarante-deux entreprises indépendantes. Comme le souligne Jacques Sauvageot « Les titres peuvent demeurer distincts, mais les services administratifs, techniques, voire rédactionnels, deviennent communs à plusieurs journaux. Y a-t-il pluralisme là où chaque jour varient uniquement la manchette et les nouvelles locales ? » (3).

          En fait, la province est dominée par les vingt-deux régionaux qui tirent à plus de 100 000 exemplaires. Dans une savante étude, François Denoël (4) a retracé l’évolution de la concentration selon trois phases :

          De 1953 à 1958, le nombre des opérations de concentration est faible ; elles sont l’œuvre de journaux petits ou moyens dont le plus grand ne contrôle pas 3 du marché ; les firmes absorbées sont de petite taille, aucune ne détient plus de 0,93 du marché. Six journaux procèdent à quatorze opérations d’absorption.

          De 1959 à 1963, on constate un accroissement sensible du nombre des opérations d’absorption, et la taille moyenne des journaux absorbants et absorbés a doublé par rapport à la période précédente. Treize journaux procèdent à dix-sept opérations d’absorption.

          De 1964 à 1972, le nombre d’opérations ainsi que la taille des journaux absorbants ont encore augmenté. En effet, on assiste à un phénomène nouveau : l’absorption de groupes de journaux. Treize journaux procèdent à vingt opérations d’absorption.

          Le tableau suivant donne une indication sur l’évolution du degré de concentration en province :
          PART DU TIRAGE REALISE PAR LES ENTREPRISES INDEPENDANTES ENTREPRISES 1951 1973
          Part réalisée des entreprises
          4 premières 24,6 3,73 39,3 9,52
          8 premières 39,13 7,40 56,7 19
          12 premières 49,7 11 75,3 28

          SOURCE « Cahiers français », octobre 1976, page 48.

          En 1951, quatorze entreprises de presse ont une dimension supérieure à la moyenne de l’ensemble des journaux de province et elles assurent 54,5 de la production. En 1973, quinze entreprises de presse ont une dimension supérieure à la moyenne et elles assurent 78,3 de la production.

          Le plus spectaculaire regroupement de journaux de province a été, en 1967, l’association du Progrès de Lyon et du Dauphiné libéré de Grenoble. Après s’être longtemps combattus, ces deux régionaux ont mis en commun non seulement leurs moyens techniques mais aussi leurs forces rédactionnelles. C’est désormais l’agence AIGLES qui alimente en informations tous les quotidiens du groupe le Dauphiné et le Progrès bien sûr, mais aussi la Dernière Heure lyonnaise, la Tribune, l’Espoir et la Dépêche. A Marseille, la situation est paradoxale le Provençal, dirigé par le socialiste Gaston Defferre, contrôle le quotidien de droite le Méridional.

          Parmi les grands groupes de presse provinciaux, il faut citer ceux de l’Est républicain (propriétaire des Presses nouvelles de l’Est), de la Montagne (propriétaire du Journal du Centre et du Populaire du Centre) et de Sud-Ouest (propriétaire de la France, la Charente libre, EclairPyrénées et la République des Pyrénées). Deux jeunes managers, MM. François Archambault et JeanFrançois Lemoine, dans un vibrant plaidoyer pour la presse de province (5), justifient cette concentration en prétendant que ces absorptions ont sauvé la vie à beaucoup de titres. C’est assurément vrai, mais le contenu des régionaux et de leurs satellites s’uniformise.

          Avec pertinence, M. François-Xavier Hutin, administrateur de Ouest-France, note « La relative diversité des titres et des orientations apparentes voile la réalité d’un système d’information extrêmement homogène. La structuration de l’information locale est uniforme, identique, de Marseille à Lille, et les différences ne sont aucunement essentielles, il y a un modèle informatif provincial qui s’impose à tous. Un des aspects de ce modèle, et non des moindres, est la fuite et l’exclusion de l’information conflictuelle (6). »

          Un homme incarne parfaitement la concentration de la presse française, aussi bien en province qu’à Paris : c’est M. Robert Hersant. Toutefois, ce « papivore » n’a pas encore la stature des autres monstres sacrés de la presse européenne. Avec un chiffre d’affaires, en 1976, de 1100 millions de francs, il ne représente pas un dixième du chiffre d’affaires global de la presse française. Ce qui impressionne, c’est moins la force de son empire que sa volonté de puissance. Mme Marie-Louise Antoni a bien campé les ambitions du Citizen Kane français : « Objectif cinq millions de lecteurs pour un quotidien diffusant à un million cinq cent mille exemplaires. A Lorient, à Limoges ou à Rouen, les Français, devant leur café ou leur muscadet, ne lisent plus qu’un quotidien du matin un Figaro newlook mis à l’heure de leur région. Journalisme fiction ? Non, la réalité dans deux ans si Robert Hersant réussit son nouveau coup de poker (7). »

          Possédant déjà douze quotidiens (deux à Paris, dix en province), le patron de l’Auto-Journal et d’une dizaine d’autres titres spécialisés est bien parti pour faire main basse sur la presse française. Ainsi égalerait-il l’Allemand Springer, l’Australien Murdoch ou le Canadien Thomson.

          Quoique M. Hersant fasse peser une menace considérable sur le pluralisme de la presse, il ne faudrait pas croire qu’il est le seul facteur de concentration jouant dans la France actuelle. Moins spectaculaire mais tout aussi efficace a été l’action de l’agence Havas au cours des dernières années. Cette agence de publicité, dépendante de l’Etat, s’est assuré une position dominante dans la Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion, qui possède R.T.L. Plus important encore, Havas est parvenu à contrôler pratiquement toute la presse technique française grâce à sa participation, en 1973, à Usine Participations et, en 1976, à la Compagnie française d’éditions. Aujourd’hui, par l’intermédiaire de la Compagnie européenne de publications, une cinquantaine de titres se trouvent dans la mouvance de Havas. Parmi les plus importants, il faut citer le Nouvel Economiste, l’Usine nouvelle et le Moniteur des travaux publics.

          La crise économique a entraîné dans la presse française, au cours des trente derniers mois, une complète redistribution des cartes. Pour rationaliser leur gestion, les managers ont été contraints de procéder à de nouveaux regroupements. Si l’empire Prouvost a disparu de la carte, d’autres groupes ont conforté leur position en récupérant quelques-uns de ses morceaux : Hersant, bien sûr, avec le Figaro ; Hachette aussi, avec Télé 7 Jours et Parents Filipacchi avec Paris-Match. La concentration se développe donc aussi bien dans la presse magazine que dans la presse quotidienne. Dans les années à venir, c’est même le secteur de la presse spécialisée qui fera probablement l’objet des plus grandes convoitises. Ce n’est pas par hasard qu’Europe 1 investit soudainement dans quelques journaux : Top Télé, Jacinte, Enfants Magazine, Vingt Ans, le Journal du dimanche, Quinze... En appuyant une nouvelle génération d’éditeurs, la station de radio se prépare à les récupérer à terme.

          Si la concentration est dénoncée par beaucoup comme une grave atteinte à la démocratie, elle est néanmoins défendue par d’autres qui estiment qu’elle permet aux médias de mieux remplir leur rôle. Ainsi, pour le professeur Bernard Voyenne, « quand il s’agit d’information, la multiplicité est, à certains égards, plutôt inquiétante. Trop de concurrence tue aussi sûrement la qualité que trop peu. L’information est la même pour tous, à l’emballage près. Mieux vaut donc, et de beaucoup, un petit nombre de journaux qui sont équipés pour faire leur travail, et qui le font, qu’une quantité de canards boiteux confondant à plaisir liberté et claudication (8). »

          Un excès de concentration ne manque pas de provoquer toutefois de sérieux malaises. Tôt ou tard, une réaction se déclenche. En province, actuellement, de, petits journaux – Sud, à Montpellier ; Ville ouverte, à Grenoble ; la Tribune de l’agglomération rouennaise, à Rouen – viennent de naître en riposte à l’étouffement des régionaux. A Paris, c’est la prise de France-Soir par M. Hersant qui a incité le P-D.G. du Nouvel Observateur à lancer le Matin de Paris. Exigence de l’économie moderne, la concentration pourrait se trouver dépassée bientôt grâce aux nouvelles technologies qui permettent la vie de petites unités et qui favorisent la décentralisation.

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