La justice du futur ? 06/10/2012 à 18h15

L’IRM fonctionnelle : « Salut, je suis ton cerveau et je vais t’envoyer en prison »

Marine Marck | Rue89

Aditi Sharma est seule dans la salle d’interrogatoire. Plus de trente électrodes, fixées sur son crâne, sont reliées aux scanners, aux ordinateurs et autres bijoux technologiques chargés de statuer sur sa culpabilité. La jeune femme, accusée d’avoir assassiné son ex-fiancé, nie les faits.

Pour prouver son implication, la cour de justice de Pune, dans la province du Maharashtra en Inde, a décidé de faire appel à la technique de l’imagerie cérébrale fonctionnelle. Une IRM améliorée, destinée à fouiller dans les recoins sombres des têtes. Plus besoin de policiers : les cerveaux avouent à la place des suspects.

Trahie par ses pensées

Pendant son « interrogatoire » virtuel, Aditi reste silencieuse. Une voix métallique énonce des faits et les ordinateurs analysent son activité cérébrale. Ça commence par des phrases bidons, comme « le ciel est bleu ».

Ça enchaîne avec « j’ai acheté de l’arsenic » et « j’ai invité mon ex au McDo ». La voix énonce une version des faits reconstituée par les enquêteurs, basée sur leurs suspicions. Aditi ne répond rien mais sa tête parle à sa place.

Selon les experts mandatés par la cour, l’évocation de l’arsenic (qui a tué son ex-fiancé) a déclenché une réaction particulière dans son cerveau : de « l’experimental knowledge » – traduisible par « savoir expérientiel ». En (très très) simplifié, son activité cérébrale a « prouvé » qu’elle connaissait le poison.

Pas comme quelqu’un qui en a entendu parler. Plutôt comme quelqu’un qui a des souvenirs liés à son utilisation. Comme un accident de voiture : c’est différent d’y assister et d’être derrière le volant.

Aditi Sharma a été reconnue coupable de meurtre et condamnée à la prison à perpétuité en juin 2008. Trahie par ses pensées.

L’imagerie cérébrale, le futur de la justice française ?


« Le Cerveau de la planète Arous », de Nathan Juran, 1957 

Cela ressemble fort au scénario d’un film de science-fiction. Pourtant, le « neurodroit » (droit du cerveau) est désigné par certains comme le futur de la justice. L’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle dans les tribunaux est en pleine expansion, notamment aux Etats-Unis.

En France, si la technique n’a pas encore été utilisée lors d’un procès, on a, théoriquement, le droit d’y faire appel depuis la loi du 7 juillet 2001, relative à la bioéthique. Article 16, alinéa 14 du code civil, version du 9 juillet 2011 :

« Les techniques d’imagerie cérébrale ne peuvent être employées qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique, ou dans le cadre d’expertises judiciaires. Le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l’examen, après qu’elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité. »

Doit-on s’attendre à ce que les ordinateurs remplacent les experts psychiatres ? Nos cerveaux nous balanceront-ils bientôt aux flics ?

« Big Scanner is watching you »

Il est important de distinguer deux types d’imagerie cérébrale :

  • L’imagerie cérébrale anatomique : c’est une « photographie » de tout ou partie du cerveau. Le rendu est en 3D, mais il s’agit d’une image fixe. La technique est utilisée pour repérer des tumeurs, des traumatismes crâniens ou des lésions cérébrales. Son utilisation est fréquente devant les tribunaux.
  • L’imagerie cérébrale fonctionnelle : c’est un « enregistrement » du cerveau et de l’activité cérébrale « en mouvement », « en action ». C’est cette technique qui n’a encore jamais été utilisée devant une cour en France.

De nombreux acteurs des systèmes judiciaires français et internationaux encouragent une utilisation accrue des neurosciences, et particulièrement de l’IRM fonctionnelle.

Imaginez l’attrait qu’elle suscite : lire dans le cerveau d’un suspect, ce serait tellement plus facile que d’enchaîner les questions, les contre-interrogatoires et les auditions. Quelques dizaines d’électrodes pour la vérité ? Quel confort !

Si seulement c’était aussi simple... L’utilisation de l’imagerie cérébrale fonctionnelle n’est pas encore à l’ordre du jour dans les tribunaux français, malgré la promulgation de la loi. Pour la bonne raison que la technique n’est pas fiable.

C’est la conclusion du rapport « Le cerveau et la loi, analyse de l’émergence du neurodroit », publié mi-septembre. Plusieurs spécialistes du droit, des sciences comportementales et de la neuroscience ont travaillé pendant deux ans pour analyser le potentiel de cette technique dans les procédures judiciaires.

Des risques d’erreurs judiciaires graves

Leurs recommandations sont limpides : attendre, surveiller, étudier encore, perfectionner. Les résultats actuels sont trop imprécis et révèlent « l’impossibilité pour la science de répondre pleinement aux attentes de quasi-infaillibilité que peuvent nourrir la justice et la société à son égard ».

En clair, pas question d’utiliser – pour l’instant – l’imagerie cérébrale fonctionnelle comme seule preuve dans un procès, comme dans le cas d’Aditi Sharma, sans prendre le risque de commettre des erreurs judiciaires graves :

« En l’état actuel des connaissances sur le fonctionnement du cerveau, il n’est pas possible d’identifier un criminel ou un comportement déviant sur le fondement unique de données fournies par les neurosciences, sans confronter ces résultats à des informations sur l’histoire de l’individu, son expérience, sa sociologie, son comportement et le contexte socio-économique dans lequel il évolue. »

Malgré ces recommandations, certains promeuvent une utilisation modérée, comme l’explique Olivier Oullier, spécialiste des sciences du comportement et du cerveau, qui a coordonné l’étude :

« On prône une utilisation, en France, qui ne serait qu’à décharge, pour innocenter. Et comme la loi exige le consentement de la personne pour l’IRM fonctionnelle, on espère que ça encouragerait les gens à accepter, puisque ça ne pourrait que les aider. Mais soit la méthode est fiable, et on l’utilise à charge ET à décharge, soit la méthode ne l’est pas, et on ne l’utilise pas ! »

Outre son absence actuelle de fiabilité, la technique soulève également des questions éthiques. Si, à long terme, toutes les réactions chimiques et biologiques de notre cerveau pourraient être décryptées, analysées et rationalisées, ne risque-t-on pas de voir l’émergence d’une nouvelle justice, sans condamnation ?

Ouvrez des hôpitaux, fermez des prisons

Aux Etats-Unis, des suspects ont échappé à la prison grâce à des preuves biologiques. En 1982 (déjà !), John Hinckley Jr., qui avait tenté d’assassiner le président Ronald Reagan, avait présenté un scanner lors de son procès. L’examen attestait d’une atrophie de son cerveau, présente dans certains cas de schizophrénie. Cette preuve médicale a joué un rôle important : l’accusé, jugé atteint de démence, a été déclaré non coupable.

On peut tout à fait envisager un recours systématique à l’imagerie cérébrale fonctionnelle, orchestré par les avocats de la défense, dans l’espoir qu’un caillot mal placé ou qu’une tumeur surprise vienne appuyer la thèse de l’irresponsabilité de leurs clients.

Mais selon Olivier Oullier, ce n’est pas l’objectif premier du neurodroit :

« On ne souhaite pas que la méthode de l’imagerie fonctionnelle innocente, à terme et de façon évolutive, tous les accusés. Ce serait dangereux pour la justice si une personne, condamnée aujourd’hui, n’était plus considérée coupable en 2020 parce que les progrès permettraient d’identifier des microlésions que nous ne pouvions pas voir en 2012. »

En revanche, le rapport soutient que l’IRM fonctionnelle pourrait, dans les années à venir, permettre de déceler plus d’anomalies cérébrales. Les prévenus déclarés irresponsables seraient alors redirigés vers des unités adaptées. Fini la prison, direction les soins et une potentielle guérison.

Former aujourd’hui les magistrats de demain ?

Pour Christian Byk, juge à la cour d’appel de Paris et président du comité d’éthique pour les sciences de la commission française à l’Unesco, l’utilisation de cette technique appellerait aussi une refondation de la relation entre l’expert et le juge. Le magistrat doit être en mesure de comprendre les conclusions d’une étude pour en tirer profit. Avec des techniques de plus en plus complexes, le risque d’un bla-bla scientifique incompréhensible augmente.

C’est pourquoi le rapport conseille la mise en place, le plus rapidement possible, d’une formation à l’imagerie cérébrale fonctionnelle. De la même manière que les acteurs du système judiciaire ont été formés à la génétique et à l’ADN par le passé, il faudrait préparer les magistrats de demain au neurodroit.

En l’état actuel, un juge qui aurait recours à l’imagerie cérébrale fonctionnelle s’exposerait sans doute à de violentes critiques. Mais dans un futur proche, le juge Christian Byk n’exclut pas une utilisation régulière de la technique :

« Les juges sont pragmatiques. Dès lors que la méthode apportera quelque chose de fiable à un procès, qu’elle sera compréhensible au cours d’une démonstration et pas trop coûteuse, il n’y a pas d’idéologie à avoir. Si ça s’inscrit dans un système juridique accepté par la société, il n’y a aucune raison de rejeter tel mode d’expertise tant que sa mise en œuvre, ses résultats et sa méthodologie doivent pouvoir être discutés. »

Discuter la méthode, sa mise en œuvre et ses résultats, c’est précisément ce qu’a fait la Cour constitutionnelle indienne, après plusieurs condamnations obtenues sur la base de l’imagerie fonctionnelle. La technique a été déclarée illégale. Aditi Sharma a été libérée sous caution pour vice de procédure. Ce qui ne signifie pas, pour autant, qu’elle est innocente. Lors de son interpellation, la jeune femme transportait de l’arsenic dans son sac à main.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato, Corrado DeLuca, ADT, Nishi
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  • kodiak
    kodiak
    myope
    • Posté à 18h24 le 06/10/2012
    • Internaute 148655
      myope

    L’horreur.

    • cardiolipine
      cardiolipine répond à kodiak
      Étudiant en médecine
      • Posté à 12h04 le 07/10/2012
      • Internaute 82705
        Étudiant en médecine

      Déjà qu’il y a un délai certain pour obtenir une IRM pour un patient, alors là…

    • arg
      arg répond à kodiak
      • Posté à 18h01 le 07/10/2012
      • Internaute 25486

      AVOCAT : Docteur, avant de faire votre autopsie, avez-vous vérifié le pouls ?
      TÉMOIN : Non.
      AVOCAT : Avez- vous vérifié la pression sanguine ?
      TÉMOIN : Non.
      AVOCAT : Avez-vous vérifié s’il respirait ?
      TÉMOIN : Non.
      AVOCAT : Alors, il est possible que le patient ait été vivant quand vous avez commencé l’autopsie
      TÉMOIN : Non.
      AVOCAT : Comment pouvez-vous en être certain, Docteur ?
      TÉMOIN : Parce que son cerveau était sur mon bureau dans un bocal.
      AVOCAT : Mais le patient ne pouvait-il quand même pas être encore en vie ?
      TÉMOIN : Maintenant que j’y pense, il est possible qu’il soit encore en vie,en train d’exercer le métier d’avocat quelque part.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 18h31 le 06/10/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    La technique est plus rapide que notre entendement.

    • narjost75
      narjost75 répond à Anastaze
      assis devant l'ordi
      • Posté à 12h02 le 07/10/2012
      • Internaute 147908
        assis devant l'ordi

      Et oui, comme vous le soulignez, voici la nouvelle craniologie...
      Quand les sciences sont détournées au profit de mauvaises conceptions politiques...
      (m’en vais relire Stephen Jay Gould « La mal mesure de l’homme »...)

    • thomas sankara
      thomas sankara répond à Anastaze
      révolutionnaire
      • Posté à 12h09 le 07/10/2012
      • Internaute 145387
        révolutionnaire

      La technique n’est qu’une forme d’entendement atrophié.

  • Kohl
    Kohl
    Dans la rue baisse les yeux!
    • Posté à 18h45 le 06/10/2012
    • Internaute 192818
      Dans la rue baisse les yeux!

    et bientôt on pourra scanner le cerveau des gens à distance : -)

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 18h48 le 06/10/2012
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Culpabilité puis responsabilité ou irresponsabilité, c’est une chose.
    Se servir de l’imagerie médicale pour dire une culpabilité, c’est autre chose et c’est une chose plutôt angoissante. Déjà que je me sens coupable quand je croise les pandores...

    • Brédala
      Brédala répond à Pas tripette.
      passons...
      • Posté à 19h00 le 06/10/2012
      • Internaute 63792
        passons...

      « ...Déjà que je me sens coupable quand je croise les pandores... »

      Moi aussi, j’sais pas d’où ça vient : -)
      Heureusement que c’est pas un test « mains moites » !

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 19h05 le 06/10/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Après la salive, pour suspect un jour, suspect toujours.
    Maintenant le cerveau, vous imaginez avec un scan de vos opinions...si possible à charge.

  • defix
    defix
    www.defix.org
    • Posté à 21h46 le 06/10/2012
    • Internaute 6431
      www.defix.org

    ...

  • Saul
    Saul
    visiteur
    • Posté à 19h52 le 06/10/2012
    • 173990
      visiteur

    Phillip K Dick était quand même un sacré visionnaire...

    • Loup de Nissac
      Loup de Nissac répond à Saul
      Nietzschopathe
      • Posté à 11h30 le 07/10/2012
      • Internaute 130344
        Nietzschopathe

      Ouiiii...je me souviens de cette histoire....angoissant mais c’est le talent de cet auteur.

      J’ai une référence moins glorieuse : Star Trek, où Jim T. Kirk était accusé du crime d’une femme, autochtone de la planète qu’il visitait, et l’analyse de son cerveau semblait prouver sa culpabilité.....mais il s’agissait de « faux » souvenirs.

      Or nous « générons » tous de faux souvenirs sous une forme ou une autre ; sans compter que, par ailleurs, il faut que la personne interrogée ait un système de valeur où le meurtre, par exemple, n’est pas considéré comme « acceptable »....une machine aussi perfectionnée serait-elle capable d’analyser cela : j’en doute fortement.....

  • dinko
    dinko
    Citoyen
    • Posté à 21h18 le 06/10/2012
    • 174400
      Citoyen

    Il semblerait que la plus grande démocratie du monde soit en avance sur nous, ça tombe bien notre Taubira a besoin d’aide

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 21h54 le 06/10/2012
    • 173412
      expatrie

    La science au service de la justice, c’est beau comme un film.
    Ca ne tient pas beaucoup compte du fait qu’apres quelques heures entre les mains de la police beaucoup sont bien incapables de determiner si ils ont commis un crime ou non, que revelerait l’imagerie. Avant de pouvoir dire que quelque chose prouve qu’on sait il faut beaucoup d’echantillons. Beaucoup de cas types differents pour pouvoir cataloguer, mais quand il y a beaucoup de pression, la tentation est grande de dire qu’on est sur que tout est simple.
    Il restera toujours la question que l’interpretation de ce qui se passe est rarement credible mais a quoi bon se poser la question de savoir si il est naturel de condamner des gens tout en sachant pertinement que leurs intentions ne peuvent pas avoir ete si precises.

  • tArTeL¤RdRe
    tArTeL¤RdRe
    click toride
    • Posté à 22h28 le 06/10/2012
    • Internaute 192571
      click toride

    et si la personne à rêvé, désiré, imaginé commettre le dit crime, le cerveau ne laisse il pas apparaitre les mêmes signaux ?

    • demilune
      demilune répond à tArTeL¤RdRe
      • Posté à 11h07 le 07/10/2012
      • Internaute 22444

      Il est dit dans l’article que le fait d’être témoin d’un accident de voiture ou en être la victime ne laisse pas les mêmes traces dans le cerveau. Après, si le fonctionnement général du cerveau est identique pour tous, je ne suis pas sûre que l’activité cérébrale de chacun soit identique face aux même événement.
      Le cerveau est un ordinateur aussi puissant que complexe et loin d’être infaillible. En l’état actuel des choses, on peut tout imaginer quand à cette technique : sur les opportunités qu’elle offre de connaitre la vérité et sur ces dangers.

      • tArTeL¤RdRe
        tArTeL¤RdRe répond à demilune
        click toride
        • Posté à 11h12 le 07/10/2012
        • Internaute 192571
          click toride

        je me méfie parce que « coupable par mauvaise pensée » je le suis, vu le nombre de fois où je me suis imaginé coller une grosse tarte sur la face de certains...

         1 autres commentaires
  • PaulDe
    PaulDe
    assis
    • Posté à 23h11 le 06/10/2012
    • 183692
      assis

    devant l’évocation d’un meurtre le cerveau d’un Mohammed Merah ne réagira pas de la même façon que celui d’une Ségolène Royale qui s’excuse déjà au nom de la France alors qu’elle n’est pas concernée.

    Quant à condamner un Jean Sarkozy pour dégradations matérielles causée par son scooter alors que son papa est un homme important de la V république, plus qu’’une nouvelle technologie cela requiert la fin d’une société féodale et la remise en condition du bagne de Cayenne.

    Pour la recherche de la vérité, on y songera vers le 25ième siècle

  • defix
    defix
    www.defix.org
    • Posté à 23h33 le 06/10/2012
    • Internaute 6431
      www.defix.org

    .. Dessin - Wallestein n°32 - Transplantation

  • jino83
    • Posté à 23h30 le 06/10/2012
    • 159282

    En gros avec ce procédé ils auraient pu mettre en prison n’importe quelle personne qui ne pense pas a l’arsenic comme quelque chose d’inconnu .
    Du coup si au lieu de me demander qu’est ce que l’arsenic , je me demande a quoi sert l’arsenic ...peut être que je suis suspect aussi dans le meurtre du mari de la dame ?

  • XavXav
    • Posté à 02h14 le 07/10/2012
    • Internaute 28444

    C’est je pense contraire au principe de droit qui veut que l’on ne soit pas obligé de s’accuser soi-même.
    A mon avis, ça peut être attaqué devant la cour européenne des droits de l’homme sur ce motif.
    L’article que vous donnez comme autorisant cette pratique n’autorise rien du tout de ce genre : elle concerne les expertises classiques, et demande d’ailleurs le signature de la personne qui passe l’IRM... donc on tombe en plein dans la limite décrite ci-dessus.

  • Taladris
    Taladris
    Ancien observateur
    • Posté à 03h40 le 07/10/2012
    • Internaute 141499
      Ancien observateur

    ça a l’air aussi fiable que les détecteurs de mensonges. C’est assez effrayant !

    • MIKY STOUFFS
      MIKY STOUFFS répond à Taladris
      médecin U.E.
      • Posté à 23h33 le 07/10/2012
      • Internaute 170502
        médecin U.E.

      Tout cela est prématuré ! Mais on sait que la justice est fascinée par les preuves objectives scientifiques.
      Mais, c’est une avancée extraordinaire qui participe à la naissance des neuro-sciences : visualiser un événement psychologique par une manifestation organique, c’est un appareil qui permettra d’apporter un « substrat » objectif. Attention, actuellement, c’est déjà utilisé en marketing et ce n’est pas l’utilisation la plus noble ni la plus scientifique mais on cherche à provoquer le mieux possible, des réactions de plaisir lors d’un achat (aspect de l’emballage, odeur au niveau de la gondole, mouvements des yeux du consomateur devant la gondole ...) : il y a un risque de court-circuit du cortex responsable de la réflexion : plus que jamais, faire une liste d’achats et n’acheter que ce qu’il y a sur la liste ! ! !

      • Taladris
        Taladris répond à MIKY STOUFFS
        Ancien observateur
        • Posté à 05h41 le 08/10/2012
        • Internaute 141499
          Ancien observateur

        Pour l’instant, ça reste de l’ordre du fantasme. Comme le sérum de vérité, le détecteur de mensonges, la découverte des gènes de la violence et de la criminalité, ou la reconnaissance d’un criminel potentiel à son faciès.

        « la naissance des neuro-sciences » ? ça doit être une erreur. Les neuro-sciences sont très jeunes, mais quand même.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    Aintgonnaworkformaggiesfarm
    • Posté à 08h42 le 07/10/2012
    • Internaute 12434
      Aintgonnaworkformaggiesfarm

    ...

    • Majesté
      Majesté répond à Lemmy_Nothor
      ex-spermatozoïde
      • Posté à 10h50 le 07/10/2012
      • Internaute 77564
        ex-spermatozoïde

      Deux cerveaux seulement ? On a fait bien mieux, depuis ; -)

  • francaisenhollande
    francaisenhollande
    chercheur
    • Posté à 10h06 le 07/10/2012
    • Internaute 186555
      chercheur

    On pensera notamment au Prix Nobel Ig en neuroscience de cette année : des chercheurs ont trouvé une activité cérébrale avec cette technique dans un saumon...mort !

  • soleilsoleil
    soleilsoleil
    postdoc rapatrié
    • Posté à 10h13 le 07/10/2012
    • 184743
      postdoc rapatrié

    la technique est fiable, c’est l’interprétation en référence au droit qui ne l’est pas. On pourra prendre toutes les photos et les fims qu’on veut du cerveau en marche, il faudra toujours des avocats et des procureurs et des experts près les tribunaux. la plupart des tumeurs sont décelables au scanner, donc l’utilisation de l’IRM fonctionnelle dans ce genre de circonstances n’est qu’un « plus » (la présence d’une tumeur dans le cerveau est a priori en faveur de l’accusé, mais ce n’est pas forcément le cas).

    Par ailleurs il y a tellement peu d’IRM et encore moins d’IRMf en France que la justice devrait réfléchir à deux fois avant de généraliser l’utilisation de cette technique d’imagerie lors des instructions... surtout si elle veut être efficace et moins lente.

    • thomas sankara
      thomas sankara répond à soleilsoleil
      révolutionnaire
      • Posté à 12h29 le 07/10/2012
      • Internaute 145387
        révolutionnaire

      Je pense au contraire que la technique (l’IRM et les autres) est déjà une interprétation en soi. Ou une hypothèse matérialisée au travers d’un dispositif technique. Par exemple, un télescope ( ce qui vaut également pour un microscope, une IRM ou une tourniquette à vinaigrette) : on construit et calibre l’appareillage en fonction de ce que l’on pense pouvoir en obtenir, des images lointaines, des captures permettant de voir des longueur d’ondes impossibles à voir à l’oeil nu, mais aussi de belles images à publier dans la presse pour vanter la supériorité de telle ou telle agence spatiale, laboratoire de recherche, et lever des crédits.... Il y a toujours une première interprétation irréductible dans la conception du dispositif technique. Et cette première interprétation irréductible à une « rationalisation » porte en elle-même des nécessités financières, parfois politiques, etc.
      Par conséquent la technique n’est jamais neutre : elle est marquées des nécessités et logiques sociales des acteurs/agents, tous scientifiques soient-ils, qui la conçoivent, la commercialise, etc...
      Le principal danger ici, c’est de considérer que la technique serait par nature « neutre » et « objective »... Ce qui impliquerait dans le cas des IRM judiciaires une mise en coupe réglée de la justice par les psy et neurologues. Soit un beau projet de société bien totalitaire et technocratique. Pour moi, c’est non merci.

      • MIKY STOUFFS
        MIKY STOUFFS répond à thomas sankara
        médecin U.E.
        • Posté à 00h20 le 08/10/2012
        • Internaute 170502
          médecin U.E.

        Théorie de l’influence de l’observateur sur l’« objet » observé,connue et effectivement irréductible. Le reprocher à la médecine demande de la mauvaise foi ! 1905 Roentgen invente la radiographie. Depuis lors, l’imagerie a évolué : utilisation de produit de contraste , tomographies, digitalisation, vidéo, scanner avec et sans contraste à fenêtres variables à la demande, en parallèle, scintigraphie avec ou sans injections de médicaments, échographie en 1, 2 puis 3 dimensions, RMN avec et sans contraste puis fonctionnelle, Doppler vasculaire couplé à l’écho. Tous ces progrès (dus surtout à la technologie) sont autant de facettes ou de points de vue de l’objet, aucune n’ayant éliminé les autres. En face des experts psychiatres, soumis à la domination psychanalytique, en France, discipline datant de Freud et de Lacan ! Alors moi, je dis oui !

         
        • thomas sankara
          thomas sankara répond à MIKY STOUFFS
          révolutionnaire
          • Posté à 01h07 le 08/10/2012
          • Internaute 145387
            révolutionnaire

          Bin y’a juste que tu as beau citer toutes les techniques possibles, réinterpréter ce que j’ai proposé en simpliste « Théorie de l’influence de l’observateur sur l’“ objet ” observé » et essayer d’accuser le signataire de « mauvaise foi » (qui en soi est un jugement de valeur), il n’en reste que tu n’argumente rien du tout ! A peine arrive-tu a te montrer condescendant, ce qui n’est pas un signe de grande intelligence. Avant d’essayer de taxer de nom d’oiseau une personne, tu devrais vérifier que tu as compris de quoi elle parle.
          Premièrement, la pirouette de singe savant qui consiste à abreuver de détails techniques sans intérêts ni lien avec le sujet pour singer une discussion critique ne trompe personne. Ce n’est là que pure péroraison.
          Deuxièmement, je ne parle pas du tout de l’influence du sujet sur l’objet (ce que l’on nomme généralement « objectivation », un mot de plus pour ton vocabulaire), mais de dispositifs techniques.
          Enfin, la médecine est avant toute autre discipline fondamentalement celle qui a placé le jugement de valeur au coeur de son histoire et de sa société close sur elle-même, dans son institutionnalisation et dans la professionnalisation de ses praticiens, fixant un objectivisme mal placé, et mis au service d’un conflit d’intérêt permanent, au rang d’une (im)posture épistémologique. Objectivisme qui a servi par exemple à écarter les femmes de la profession pendant des siècles, également les classes dites « inférieures », bref à produire de la distinction et de l’exclusion. Le plus grave c’est quand cette exclusion concerne les patients eux-mêmes.
          Le plus amusant dans tout cela, c’est que ce sont les représentants des disciplines ( la médecine et sa fameuse académie en premier lieu) se montrant les plus engagées économiquement et politiquement dans une controverse qui se disent les plus « objectifs » et « neutres ». Bref, un argument d’autorité débité à cadence industrielle.
          Enfin ta critique de la psychanalyse me fait bien rire, car déjà entendue chez quelques réactionnaires. Elle revient à crier avec les loups en ce moment. Bravo c’est très à la mode. Et ça permet de jouer à la pauvre victime. « la domination psychanalytique », c’est le genre de conneries que disent les psychiatres et quelques positivistes qui regrettent qu’il y ait encore quelques alternatives, alors qu’ils s’accaparent déjà le gros de marché à grand coup de drogues.
          Allez petit, va jouer avec tes crottes de nez :))

        2 autres commentaires
      • Tadorne
        Tadorne répond à thomas sankara
        Ingénieur
        • Posté à 13h04 le 08/10/2012
        • Internaute 52463
          Ingénieur

        Tout à fait d’accord avec toi sur l’orientation de la technique destinée à trouver quelque chose et je partage ta crainte finale sur la « société bien totalitaire et technocratique ». Donc pour moi c’est non aussi ! D’autant plus qu’il risque d’y avoir des dérives avec l’utilisation de l’IRM pour une recherche d’intentionnalité ou de caractéristiques psychiques prédisposant à devenir délinquant.

        Pour vérifier la validité et l’objectivité d’une IRM pour la recherche de culpabilité il faudrait avoir une démarche réellement scientifique c.à.d. faire un test en double aveugle sur des centaines de personnes partagées en réellement coupables et en réellement innocentes, ce qui me parait difficile à mettre en oeuvre.

  • Corrado DeLuca
    Corrado DeLuca
    Riverain vigilant
    • Posté à 10h20 le 07/10/2012
    • Internaute 192570
      Riverain vigilant

    « De nombreux acteurs des systèmes judiciaires français et internationaux poussent pour une utilisation plus accrue de l’IRM fonctionnelle. »
    « Pousser pour » est un anglicisme et est incorrect en français. Il faudrait plutôt dire : « De nombreux acteurs des systèmes judiciaires français et internationaux militent » ou « font pression pour une utilisation plus accrue de l’IRM fonctionnelle. »

    « De la même manière que les acteurs du système judiciaire ont été éduqués à la génétique et à l’ADN par le passé, “
    En français, ‘éduquer’ n’est pas la traduction de l’anglais ‘to educate’. Il faudrait plutôt dire :
    ‘De la même manière que les acteurs du système judiciaire ont été formés à la génétique et à l’ADN par le passé,’

    • Nishi
      Nishi répond à Corrado DeLuca
      postdoc
      • Posté à 12h57 le 07/10/2012
      • Internaute 55213
        postdoc

      D’autre part, « utilisation accrue » suffit largement, « utilisation plus accrue » c’est redondant...

    • ADT
      ADT répond à Corrado DeLuca
      enseignant-chercheur
      • Posté à 13h21 le 07/10/2012
      • Expert 104222
        enseignant-chercheur

      De toute façon, cet article passionnant sur le fond est truffé de fautes de français :
      « l’impossibilité pour la science à répondre pleinement aux attentes de quasi-infallibilité que peuvent nourrir la justice et la société à son égard ».-> l’impossibilté DE répondre. C’est une citation, mais dans ce cas on met (sic).
      « Si, à long terme, toutes les réactions chimiques et biologiques de notre cerveau pourront être décryptées, analysées et rationalisées, ne risque-t-on pas de voir l’émergence d’une nouvelle justice, sans condamnation ? »-> Si +futur de l’indicatif, ça me chiffonne...
      « qu’elle sera compréhensible à une démonstration et pas trop coûteuse » (à nouveau dans une citation) Compréhensible à une démonstration je ne comprends pas ce que ça veut dire. Compréhensible lors d’une démonstration ?

      Je n’aime pas faire des commentaires sur la forme en général mais là le contraste entre la qualité de l’enquête et la faiblesse de la forme me choque.

      • Corrado DeLuca
        Corrado DeLuca répond à ADT
        Riverain vigilant
        • Posté à 17h53 le 07/10/2012
        • Internaute 192570
          Riverain vigilant

        Oui, vous avez raison tous les deux.

        Par ailleurs, il y a un autre point qui m’avait échappé :
        « l’impossibilité pour la science à répondre pleinement aux attentes de quasi-infallibilité que peuvent nourrir la justice et la société à son égard ».
        C’est « quasi-infaillibilité ».

    • Marine Marck
      Marine Marck répond à Corrado DeLuca
      Auteur(e) de l'article Rue89
      • Posté à 02h12 le 08/10/2012
        rédacteur
      • Journaliste 190061
        Rue89

      Pardon pour ces quelques erreurs, elles ont été corrigées. Merci à tous de les avoir signalées.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 10h56 le 07/10/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    hu

  • mioumiou
    • Posté à 11h13 le 07/10/2012
    • Internaute 34943

    On n’arrête pas le progrès !

  • bidule
    • Posté à 12h02 le 07/10/2012
    • Internaute 25967

    Encéphalo de Jean Francois Copé : _______________________________________________________________________________________________________

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à bidule
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 14h35 le 07/10/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Son véritable électro-encephalogramme, le voilà :

      « FNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFNFN »

  • thomas sankara
    thomas sankara
    révolutionnaire
    • Posté à 12h12 le 07/10/2012
    • Internaute 145387
      révolutionnaire

    A partir du moment où l’illusion objectiviste prend le caractère affirmatif d’une conception du monde (…), on fait des nécessités d’une inconscience qui est d’ordre méthodologique la vertu douteuse d’une profession de foi scientiste. (…) l’objectivisme n’empêche nullement les sciences d’intervenir dans la pratique vécue. De toute façon, elles y sont intégrées d’une manière ou d’une autre. Mais elles ne développent pas ipso facto leur efficacité au niveau pratique dans le sens d’une rationalité croissante de l’action. La conception positiviste que les sciences nomologiques se font d’elles-mêmes favorise au contraire la substitution de la technique à l’action rationnelle et éclairée (…). Elle donne une certaine orientation à la mise en valeur des informations scientifiques (…), dans l’optique illusoire que l’on pourra maîtriser pratiquement l’histoire en se contentant de disposer techniquement de processus objectivés.
    *Jürgen Habermas, La technique et la science comme « idéologie », éditions gallimard, 1973, p. 159-160.

    • thomas sankara
      thomas sankara répond à thomas sankara
      révolutionnaire
      • Posté à 12h13 le 07/10/2012
      • Internaute 145387
        révolutionnaire

      Dans cette société [la société industrielle avancée] l’appareil de production tend à devenir totalitaire dans ce sens qu’il détermine, en même temps que les activités, les attitudes et les aptitudes qu’implique la vie sociale, les aspirations et les besoins individuels. La technologie permet d’instituer des formes de contrôle et de cohésion sociale, à la fois nouvelles, plus efficaces et plus agréables. (…) Devant les aspects totalitaires de cette société, il n’est plus possible de parler de « neutralité » de la technologie. Il n’est plus possible d’isoler la technologie de l’usage auquel elle est destinée ; la société technologique est un système de domination qui fonctionne au niveau même des conceptions et des constructions des techniques. (…) Mais une fois que le projet se met à fonctionner au niveau des institutions et des relations fondamentales, il tend à devenir exclusif et à déterminer le développement de la société dans son ensemble. En tant qu’univers technologique, la société industrielle est un univers politique, c’est la dernière phase d’un projet spécifiquement historique qui se réalise (…). A mesure que le projet se développe, il façonne l’univers du discours et de l’action, de la culture sur le plan matériel et sur le plan intellectuel. Par le truchement de la technologie, la culture, la politique et l’économie s’amalgament dans un système omniprésent qui dévore ou qui repousse toutes les alternatives. Ce système à une productivité et un potentiel croissant qui stabilisent la société et enferment le progrès technique dans le schéma de la domination. La rationalité technologique est devenue une rationalité politique.
      * Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, Les éditions de minuit, 1968, p. 21-22.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h33 le 07/10/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Certes, le cerveau réagit à l’évocation de tel ou tel sujet, de tel ou tel mot...
    ...mais il n’y a rien de plus dangereux que d’appliquer la méthode à la Justice.

    Quesqu’un de froid, de cynique, de sarcastique (un coupable potentiel donc) parviendra très bien à rester neutre à l’énoncer d’une accusation, alors que quelqu’un de sensible réagira cérébralement à tout ce qui est choquant...
    ...pour elle !

    - Est-ce à dire que cela devrait en faire un suspect ou un coupable confirmé ?

    Aujourd’hui, on n’est même pas encore capable de soigner la schysophénie autrement qu’en assommant le patient de cachets débilisants, et on voudrait confier aux flics la manipulation (suggestive) de tels engins d’investigation ?

    Certains, qui ont la larme à l’oeil pour un rien, seraient donc des coupables...
    ...et les autres, les blasés, les outrecuidants, les manipulateurs, seraient libres ?

    Je ne crois pas en ce genre de « vérités / aveux » révélés par l’IRM.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Yvon le Zébulon
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 12h38 le 07/10/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Edit : Je n’exclue pas, dans le cas ou l’on prendrait cette direction en France,
      que l’on fasse d’abord passer des tests (questions réponses) à tous les flics
      (comme ces ripoux de Marseille) afin de déterminer - avant de leur confier les
      insignes de la fonction, qu’ils sont dignes de faire partie des effectifs de police
      ....et donc qu’ils ne sont pas enclins à « salir » l’uniforme qui leur est donné

  • Pili pili
    Pili pili
    Piment d'oisif
    • Posté à 12h41 le 07/10/2012
    • Internaute 188535
      Piment d'oisif

    La Justice ne fonctionne que si l’accusé peut se défendre, notamment par le mensonge. C’est pour cette raison que l’accusé (ou un de ses proches) n’est jamais considéré comme un témoin. Pour cette raison aussi que le mensonge de l’accusé n’est pas une circonstance aggravant son crime. Tout au plus un élément prêchant pour sa culpabilité, si le mensonge est avéré.

    Je ne crois pas qu’on en arrivera là, tout simplement parce que le monde de la Justice n’a aucun intérêt dans l’infaillibilité.
    Et comme en plus la profession d’avocat est sur-représentée dans les assemblées parlementaires, je vois mal comment un loi autorisant ces méthodes serait votée. Pas plus qu’une loi permettant l’utilisation de sérum de vérité.

    N’oublions pas que le mensonge est un atout essentiel pour tous les pouvoirs.
    Le pouvoir, par nature, ne peut se passer du mensonge. Et jamais un pouvoir, quel qu’il soit, ne facilitera l’éradication pure et simple du mensonge.
    Cette méthode est effrayante, oui, mais d’abord pour le pouvoir.
    Que se serait-il passé si un Pierre Botton ou un Jean-Claude Méry n’avaient pas eu recours au mensonge ?

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