C’est urgent 22/09/2012 à 19h45

Pénurie de profs dans le 93 : une situation bientôt « explosive »

Ramses Kefi | Journaliste Rue89

Face au manque d’enseignants et aux classes surchargées, les professeurs de Seine-Saint-Denis déplorent la politique du « bricolage » appliquée au département.


Une classe de primaire (Fred Dufour/AFP)

Dans une lettre adressée à Vincent Peillon datée du 18 septembre, les inspecteurs de l’Education nationale de Seine-Saint-Denis déplorent une pénurie d’enseignants du 1er degré dans le département.

Ils insistent sur le caractère « préoccupant » de la situation – « qui deviendra vite explosive », selon le syndicat SGEN – et réclament un recrutement d’urgence :

« Elles [les écoles de Seine Saint-Denis, Ndlr] connaissent une telle pénurie d’enseignants qu’il leur est désormais difficile d’assurer leurs missions les plus fondamentales. La politique de réduction de postes qui a caractérisé ces dernières années conduit à ne plus pouvoir assurer la continuité du service public d’éducation : certaines classes ne disposent pas d’enseignants et, dans la plupart des circonscriptions, aucun remplacement ne peut être assuré. »

Statistiques alarmantes

Si cet été, le gouvernement a crée 1 000 postes de professeurs dans le 1er degré, Sophie Zafari, directrice d’école à Montreuil et membre de la Fédération syndicale unitaire (FSU), estime la mesure largement insuffisante. Tout comme les 90 postes d’urgence promis ce jeudi par Vincent Peillon pour « les académies déficitaires » en septembre :

« Sur les 1 000 postes, nous [la Seine-Saint-Denis] en avons eu à peine une vingtaine. Ce n’est pas assez pour encadrer un nombre d’élèves qui augmente chaque année.

Pour cette rentrée, le taux d’encadrement par élèves est d’ailleurs en baisse par rapport aux années précédentes. »

A Aubervilliers par exemple, six classes de primaire n’avaient pas d’enseignants à la rentrée, tandis que l’école maternelle Robert Doisneau à Saint-Denis – la plus importante de la ville – n’a pas encore de directeur.

Un cas qui n’a rien d’exceptionnel au regard des chiffres cités par le député de Seine Saint-Denis Daniel Goldberg : il manquerait 250 enseignants du 1er degré dans le 93.

Autre statistique alarmante, les écoles ont dû accueillir 2 200 élèves en plus que l’année précédente, pour seulement 16 profs de plus sur le département selon le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard.

Des profs qui « font tout pour s’en aller »

Pour justifier leur demande, les inspecteurs évoquent également le profil spécifique des enfants qu’ils accueillent, notamment leur milieu socio-économique précaire et donc les inégalités engendrées par des facteurs extra-scolaires. La nécessité, pour eux, d’avoir les moyens « de contribuer aux ambitions d’une école égalitaire ».

« Nous avons besoin de renforts mais aussi d’une politique adaptée au 93 », étaye Sophie Zafari, dont le constat est alarmiste :

« Quand bien même des postes seraient créés, peut-être que nous n’aurions pas assez d’enseignants qui voudraient enseigner ici, refroidis par la réputation de la Seine-Saint-Denis : sa pauvreté, ses élèves réputés difficiles...

D’ailleurs, beaucoup de jeunes, quand ils sont titularisés, font tout pour s’en aller. En fait, c’est un cercle vicieux. »

Professeurs non remplacés au moment de la rentrée des classes, formation tronquée pour les enseignants stagiaires – dont certains jettent l’éponge en cours d’année –,classes surchargées pour absorber la hausse de la population scolaire... Si la Seine-Saint-Denis n’est pas le seul département concerné, il est celui qui compte la proportion de jeunes la plus importante.

« Un bricolage systématique »

Les syndicats ont d’ores et déjà lancé un préavis de grève pour le 11 octobre prochain, soutenus par les élus locaux. « De notre hiérarchie proche au Ministère, nous ne semblons pas entendus », lance Sophie Zafari, qui assure que « le bricolage systématique » au moment des rentrées pourrait être évité :

« Depuis des années, nous tirons la sonnette d’alarme. Mettez-vous à la place d’un parent qui arrive à la rentrée dont l’enfant n’a pas de classe et à qui on ne donne aucune explication.

Mettez-vous à la place d’un élève de CP ou de CM2, deux classes charnières, qui ratent sur une année des dizaines et des dizaines de jours de cours, à la place d’un prof qui doit composer avec les moyens du bord pour assurer à chacun un enseignement de qualité. »

Les inspecteurs, comme les enseignants, réclament l’ouverture immédiate des listes complémentaires : le renfort de ces étudiants, qui ont réussi le concours pour devenir professeur, mais qui par manque de postes à pourvoir, ont été mis en attente. Ils sont généralement appelés en cours d’année, en cas de remplacement d’urgence.

« C’est un préalable », dit Sophie Zafari, avant de nuancer :

« Il faudra faire en sorte de les fidéliser, pour qu’ils restent avec nous, en Seine-Saint-Denis. Donc nous donner les moyens de les garder. »

  • 24914 visites
  • 202 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • marty1924
    marty1924
    godwineur
    • Posté à 21h42 le 22/09/2012
    • Internaute 143566
      godwineur

    étant étudiant destiné a devenir prof, je ne veux pas aller sur l’Ile de France !

    pourquoi ?

    le parcours est devenu long et je n’ai pas envie de trainer là-bas, j’étais parti pour 3 ans d’études en 2008 pour passer une licence (bac +3) et le CAPES dans la foulée

    manque de bol avec Sarko 1er, ma durée d’étude s’est allongée de 2 ans (bac + 5 obligatoire), en outre quand je me suis dirigé vers cette filière, il n’était pas obligatoire d’avoir un bon niveau d’anglais (aucun rapport avec ma matière étudiée) maintenant nous devons obligatoirement avoir le CLES 2 (Certificat Langue du Supérieur niv.2 = niveau B2 européen) ainsi que le C2i2e qui est le certificat à savoir comment cliquer sur une souris d’un ordinateur ou connaitre par coeur le jargon du web ....

    outre ces deux co**ries obligatoires pour être titularisé, si je réussi à passer le CAPES :

    j’ai des chances d’être dirigé de ma cambrousse vers Paris que je ne connais pas, à devoir déménager pour quelques années pour m’adapter à cette capitale si détestable par sa grandeur affolante, sa pollution suffocante, ses montants de loyers d’appartement digne d’un salaire de ministre, sa mentalité si particulière et si chère aux parisiens, ses transports inefficaces, inconfortables et encombrés

    ma formation à venir je le sais sera purement théorique, que mon tuteur ne sera jamais là pour moi ou d’aucun secours, je sais d’avance que je serai propulsé devant des élèves sans préparation, que je serai informé de mon affectation et du niveau d’enseignement 1 semaine avant la rentrée, qu’on ne m’aura pas enseigné comment tenir une classe, comment faire un cours, organiser les cours de l’année, faire preuve de pédagogie, réagir à des enfants perturbés dans une classe surchargée, à des parents agressifs, à une hiérarchie indifférente qui se fera un plaisir de nous enfoncer, à une formation bancale, à une carrière qui promet d’être pénible avec un salaire de prof qui est le plus bas d’Europe avec une vie sociale digne du néant (18 heures de cours présent en salle certes, mais les préparations de cours et des corrections de devoirs qui se font à domicile et sans expérience ou aide feront que la semaine montera vite au delà des 35 heures...)

    je conçois tout à fait que les jeunes profs démissionnent, soient écoeurés par le système ou poussés à la démission par une hiérarchie qui vous considère comme un pion qu’on déplace sur un échiquier

    qui souhaiterai aller au travail en se disant qu’il est méprisé, déconsidéré, non respecté avec le risque d’être agressé, en se disant qu’il est inutile car il ne fait que de la garderie étant dans l’impossibilité d’enseigner dans des conditions décentes, qui veut rester dans un établissement scolaire qui est une cocotte-minute délabrée pour servir de simple bouche trou parce que le prof précédent s’est tiré corps et bien après en avoir bavé ?

    les profs se succèderont sans discontinuer dans ce genre d’établissement car ils ne conçoivent pas de rester enseigner dans de telles conditions après de si longues études et essaieront à tout prix de retourner dans leurs régions d’origine(s’ils le peuvent) et avec la crise de vocation (5 ans d’études et des conditions difficiles je le rappelle) bah c’est pas gagné ...

    mais ça on sait que casser le service public c’est ouvrir grand la porte à l’enseignement privé et payant ou un enseignement « au rabais »

  • françois33
    • Posté à 22h26 le 22/09/2012
    • Internaute 161495

    En quoi est-ce étonnant ? Qui voudrait aller habiter et travailler dans le 93 sans y être contraint ?
    Professeur stagiaire dans le second degré cette année, je sais que je ferais mon possible au moment des mutations pour ne pas être muté en région parisienne (et en particulier dans le 93). Si je devais y être muté malgré tout, j’envisagerais sérieusement de quitter l’éducation nationale.

  • Loubdalou
    Loubdalou
    Prof
    • Posté à 23h07 le 22/09/2012
    • Internaute 158837
      Prof

    Dans le 93, en tout cas dans MON collège du 93, ce que j’ai pu observer, c’est que le dégoût envers les profs de la part des parents est bien moindre que dans les coins où les gens gagnent mieux leur vie.
    Un problème culturel sans doute... Dans leur pays d’origine, les parents de mes élèves respectaient beaucoup plus les profs qu’ici.
    Si ça peut motiver des collègues à venir...

    Ensuite, quand on est prof, on est avant tout fonctionnaire, et on doit donc accepter qu’il faut des profs partout, même là où on n’a pas envie d’aller, c’est le revers de la médaille des vacances. Si on n’a pas accepté ça, pas la peine de passer le concours.

    Le 93 peut être accueillant quand on enlève les œillères : des élèves très attachants, qui ont surtout besoin de cadre et d’être rassurés sur leurs capacités, ce dont ils manquent souvent chez eux. Ce sont des enfants avant tout, qui ont besoin de la présence de leurs parents, de profs justes et bienveillants, qui leur imposent un cadre qui les rassure.

    Venez nous aider ! Il nous manque un prof de lettres classiques (latin) et un prof d’allemand !

  • Yann_R
    • Posté à 00h06 le 23/09/2012
    • Internaute 48603

    Personnellement, je suis prof dans un collège ECLAIR du 93, c’est à dire un établissement qu’on dit « difficile », et je n’ai pas envie d’en partir. Au contraire ! Je m’y sens bien ! Les élèves y sont pleins d’énergie, dynamiques et motivés pour peu qu’ils sentent que l’enseignant s’investit pour eux. On peut monter des projets. Les équipes sont généralement soudées et dynamiques, même si malheureusement les directions ne sont pas toujours à la hauteur. L’attitude de la hiérarchie est souvent plus fatiguante que de celle des élèves, et de loin.

    Evidemment tout n’est pas rose tous les jours, mais ça me choque de lire des gens qui disent vouloir faire prof et refusent de se confronter à la difficulté. C’est une forme de lâcheté que de vouloir enseigner uniquement à un public bien tranquille, qui finalement gobera sans broncher tout ce que fait l’enseignant. Ces gens devraient se poser la question de pourquoi ils ont choisi ce métier.
    Comme le dit un autre intervenant, les parents des élèves du 93 sont globalement beaucoup plus respectueux de l’école qu’ailleurs, ils croient encore au fait que l’école puisse servir d’ascenseur social.
    Bref, je commence à en avoir marre qu’on présente de nos élèves comme des sauvages comme on peut le lire dans certains commentaires. Qu’on leur donne les mêmes chances de réussir qu’ailleurs, et ça passe aussi par une amélioration de leurs conditions de vie et de celle de leurs parents. Comment voulez-vous que des enfants fassent correctement leurs devoirs quand ils vivent à 5 dans 20 mètres carrés ?

  • Loubdalou
    Loubdalou répond à marty1924
    Prof
    • Posté à 01h12 le 23/09/2012
    • Internaute 158837
      Prof

    Vous faites dans la caricature. Ce genre de cas de classe ultra difficile n’est pas une généralité dans le 93. D’ailleurs, beaucoup d’agressions de profs qui ont été médiatisées se sont déroulées bien loin de la Seine Saint Denis. C’est de la lâcheté oui de vouloir fuir devant les difficultés qui sont surmontables avec de la volonté. Avant même d’avoir essayé, il semblerait que vous ayez abandonné.

    Certes ce n’est pas facile, mais on apprend à intéresser les ado, à capter leur attention. Pas besoin d’être un ninja pour ça : de la bienveillance, de l’humour, imposer de la discipline, reconnaître ses erreurs, gagner leur respect, leur montrer qu’on s’intéresse à eux. Toutes ces choses qui font qu’ils retiendront notre cours. Car oui, prof c’est un peu plus compliqué que de préparer un cours... Mais c’est tout à fait faisable. Sauf si l’on continue à nous retirer les moyens de bosser correctement.

    L’année dernière au Conseil d’Administration on a dû choisir entre payer les factures de chauffage ou bien payer les livres pour les nouveaux programmes. On compte les photocopies, les feutres, les produits de nettoyage, les clefs des salles. On nous fait changer de salle parfois à chaque heure, avec des clefs à aller rendre à la loge et à aller chercher toutes les 2 heures. Vu qu’on n’a pas de salle, on n’a pas d’endroit où bosser au collège, mais on a plein d’heures de trou, pour satisfaire ceux qui disent que les profs ne bossent pas assez sans doute.

  • Profdepipo
    Profdepipo répond à Loubdalou
    Tous mes voisins se barrent, de (...)
    • Posté à 07h09 le 23/09/2012
    • 180037
      Tous mes voisins se barrent, de (...)

    Je suis d’accord avec vous. Ma pire expérience a été mon passage dans un collège (public) de banlieue chicos d’une grande ville, bourré d’enfants de magistrats, de hauts fonctionnaires etc. J’ai jamais eu autant l’impression d’être la bonniche de quelqu’un, parents comme élèves, même quand je faisais des ménages pour payer mes études.

  • Profdepipo
    Profdepipo répond à ducatel
    Tous mes voisins se barrent, de (...)
    • Posté à 07h18 le 23/09/2012
    • 180037
      Tous mes voisins se barrent, de (...)

    Plusieurs réponses, je pense :
    - La majorité des nouveaux profs aimerait rester dans sa région d’origine (vie familiale oblige, le plus souvent). Or, à moins d’être originaire d’une région qui coûte peu de points, ils sont envoyés ailleurs. On le sait tous, on l’accepte (plus ou moins bien), mais les trois quarts du temps, on fait tout pour « rentrer » le plus vite possible. C’est valable quelle que soit l’académie de première affectation. Sauf que le 93 est dans l’une des académies les moins « chères », donc il y a lus de chances d’atterrir là-bas.
    - Je ne crois pas qu’il n’y ait que des établissements « difficiles » en Seine Saint Denis, mais quand tu arrives dans un de ces bahuts, c’est usant déjà quand tu es expérimenté, alors imagine pour un prof débutant. Même des profs de bonne volonté finissent par en avoir marre et demander leur mutation.
    - La façon dont les mutations sont organisées (système de points acquis par ancienneté pour la plupart) fait passer les établissements difficiles (du 93 ou d’ailleurs) pour une sorte de bizutage auprès des jeunes collègues : ça va faire mal, faudra serrer les dents, mais dans 4 ou 5 ans on est quittes. Et la plupart du temps, on n’est pas déçu !
    - Dernière hypothèse : l’environnement. Je comprends les gens qui refusent d’aller habiter dans une région surpeuplée, où la vie est plus chère qu’ailleurs en métropole, où ils auront du mal à se loger et à se déplacer. J’en fais partie.

  • uberto
    uberto
    mouuuais on verra plus tard
    • Posté à 09h53 le 23/09/2012
    • Internaute 187304
      mouuuais on verra plus tard

    Ce qui est assez gênant, c’est que même de très jeunes profs, genre 23 et 24 ans, ne veulent pas être mutés dans une autre académie que celle d’origine.

    Quand j’ai eu mon concours à 32 ans, j’étais content de pouvoir aller enseigner dans une autre académie et de voir un peu du pays. Le 93 m’aurait un peu inquiété mais j’aurais tenté le coup et essayé de voir ce qu’on peut y faire.

    J’ai eu des classes difficiles, peut être pas au même niveau de ce que l’on peut trouver dans le 93, mais c’est face à ces élèves là, qu’on comprend à quoi l’on sert. Il faut faire preuve de créativité, d’écoute et ne pas arriver avec des oeillères par contre c’est très formateur, on perçoit très vite les limites de son enseignement.

    Le plus gros reproche que je peux faire à mes anciens collègues jeunes professeurs, c’est de vouloir être à tout prix appréciés par leurs élèves. On est là pour rendre un service à des personnes qu’on oblige à venir en cours. Faut pas attendre la moindre clémence de leur part. Par contre les élèves peuvent finir par nous apprécier de par le travail que l’on réalise avec eux mais faut pas en faire un objectif premier.

  • greenworld
    greenworld répond à Kohl
    • Posté à 11h58 le 23/09/2012
    • Internaute 29214

    Quand on lit les pdf de ces statistiques de 2008, on se rend compte que Paris intra muros est en seconde position derrière le 93 mais devant Guyane, Martinique et Guadeloupe.

    Si on suivait ces stats et l’idée que les gens se font d’un département, Paris devrait donc être une zone de non droit pleine de sauvageons. Les profs devraient aussi absolument vouloir quitter Paris intra muros. Ce qui est totalement faux.

    Je ne nie nullement les problèmes du 93, j’y habite mais de là à en avoir la vision déformée présentée à longueur d’années par les médias...

    Ce qui m’agace justement, est que le gens se basent sur cette image véhiculée par les médias et des stats (à qui ont fait dire ce que l’on veut) sans jamais avoir mis les pieds dans le département qui est vaste, hétérogène, aussi bien par son urbanisme (maisons, pavillons, tours et cité hlm), par sa population (étrangère et d’origine étrangère mais aussi française bon teint), le niveau de vie de ses habitants (du crève la dalle au très riche) et la variété de ses paysages (du béton à la foret « quasi sauvage »).

    Et oui le 93, ce ne sont pas que des sauvageons qui hurlent « Ntm », ce sont aussi par exemple des familles d’immigrés qui ont réussi et qui vivent dans un joli pavillon près de la foret avec le labrador sur le perron et l’audi break garée devant.

  • ker
    ker répond à kakoulite
    • Posté à 13h12 le 23/09/2012
    • Internaute 12793

    D’apres ce que j’ai pu comprendre n’importe qui peut faire prof, c’est a la discretion du proviseur de pourvoir des postes de remplacants notamment.

    En tout cas, j’ai moi meme eu des enseignants remplacants qui etaient thesards en histoire par exemple, et pendant de longues periodes. J’en garde d’ailleurs un excellent souvenir, ils etaient moins scolaire et avaient une approche differente, justement prohe de la mentalite des chercheurs, moins dogmatique et sachant expliquer les fondements.

    Je ne connais pas le systeme francais. Apres mes etudes d’ingenieur et mon dea a la fac, j’ai definitivement quitte le systeme francais car je n’aime pas mon pays et cette approche fonde sur les concours. Sans doute le traumatisme des concours de grandes ecoles et des ecoles d’ing...
    Ca fait 7 ans que j’enchaine, apres une these, des contrats court en recherche. J’ai abandonne l’anne derniere car je pense avoir fait le tour de cette activite qui ne m’interesse plus.

    J’ai cherche du boulot comme prof (je ne suis pas presse j’ai mis de l’ergent de cote et je vis avec tres bien avec vraiment peu d’argent). Ils se dechirent pour avoir des vacataires en suede ou je reisde. Parcontre comme en france, meme si il y’a une severe penurie dans cette matiere (en france c’est en math, ici i en physique), ils n’ont eu que quelques candidats cette annee a la formation pedagogique (pas de concours ici, c’est sur dossier). Ca a fait la une a la tele et a la radio la semaine derniere.

    Maintenant il faut comprendre les dessous de l’affaire. J’ai postule a une telle formation. J’ai l’equivalent d’un master (diploe d’inge +dea a la fac de grenoble) , ce qui devrait amplement suffir sur le papier. J’ai en plus une these passe dans la meilleur fac de science neerlandaise et dans probablement le meilleur groupe de physique du solide et j’ai ait plusieurs postdocs dans le meilleur groupe de physique du solide de Suede.

    Et bien la personne resposable du programme de la fac m’a accorde un an et demi d’etude superieur en point ! Decision irrevocable, definitive !
    Bref tous mes diplomes ne valent rien et il faudrait que je reetudie 3 ans de physique min et un an et demie de pedago. Comme quoi les ecoles d’ingenieurs francaise seraient en faitde la merde et la fac joseph fourier de grenoble un institut delivrant des diplomes de complaisance.

    Etrangement, dans cette meme faculte, mes diplomes ont toujours ete juges suffisant pour faire le larbin en salle blanche, publier, ou meme tutorer des eleves en master.

    Bref entre les complaintes mediatique et la realite d’un systeme il y’a un monde.
    Selon moi, la veritable raison, c’est qu’il y’a des consignes excessivement stricte de recrutement, donnees pour limiter le nombre de prof, car le gouvernement suedois veut faire des economies et supprimer tout statut pour generaliser la vacation, moins couteuse aux ecoles et a l’etat (pas de formation, salaires plus bas, pas de vacances remunerees, peu d’avantage sociaux....).

    Je pense qu’en france on verra la meme chose avec hollande, des discours officiels mais des places de capes qui stagnent ou baissent et la suppression progressive de celui ci.

    Dans mon cas, je m’en fous. Avec le RMI, a la cambrousse, je vivrai comme un roi ! Je vis avec moins actuellement. Donc quelque part, qu’ils se demerdent. On peut vivre sans bosser, ou en bossant au noir, et on peut tres bien apprendre seuls avec des bouquins. De plus en plus les profs font du gardiennage.

    Faraday, le plus grand physicien de tous les temps, n’a jamais suivi un seul cours de physique. L’ecole n’apprend pas la curiosite, elle la blesse.

Verbes thématiques