Pénurie de profs dans le 93 : une situation bientôt « explosive »
Face au manque d’enseignants et aux classes surchargées, les professeurs de Seine-Saint-Denis déplorent la politique du « bricolage » appliquée au département.
Dans une lettre adressée à Vincent Peillon datée du 18 septembre, les inspecteurs de l’Education nationale de Seine-Saint-Denis déplorent une pénurie d’enseignants du 1er degré dans le département.
Ils insistent sur le caractère « préoccupant » de la situation – « qui deviendra vite explosive », selon le syndicat SGEN – et réclament un recrutement d’urgence :
« Elles [les écoles de Seine Saint-Denis, Ndlr] connaissent une telle pénurie d’enseignants qu’il leur est désormais difficile d’assurer leurs missions les plus fondamentales. La politique de réduction de postes qui a caractérisé ces dernières années conduit à ne plus pouvoir assurer la continuité du service public d’éducation : certaines classes ne disposent pas d’enseignants et, dans la plupart des circonscriptions, aucun remplacement ne peut être assuré. »
Statistiques alarmantes
Si cet été, le gouvernement a crée 1 000 postes de professeurs dans le 1er degré, Sophie Zafari, directrice d’école à Montreuil et membre de la Fédération syndicale unitaire (FSU), estime la mesure largement insuffisante. Tout comme les 90 postes d’urgence promis ce jeudi par Vincent Peillon pour « les académies déficitaires » en septembre :
« Sur les 1 000 postes, nous [la Seine-Saint-Denis] en avons eu à peine une vingtaine. Ce n’est pas assez pour encadrer un nombre d’élèves qui augmente chaque année.
Pour cette rentrée, le taux d’encadrement par élèves est d’ailleurs en baisse par rapport aux années précédentes. »
A Aubervilliers par exemple, six classes de primaire n’avaient pas d’enseignants à la rentrée, tandis que l’école maternelle Robert Doisneau à Saint-Denis – la plus importante de la ville – n’a pas encore de directeur.
Un cas qui n’a rien d’exceptionnel au regard des chiffres cités par le député de Seine Saint-Denis Daniel Goldberg : il manquerait 250 enseignants du 1er degré dans le 93.
Autre statistique alarmante, les écoles ont dû accueillir 2 200 élèves en plus que l’année précédente, pour seulement 16 profs de plus sur le département selon le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard.
Des profs qui « font tout pour s’en aller »
Pour justifier leur demande, les inspecteurs évoquent également le profil spécifique des enfants qu’ils accueillent, notamment leur milieu socio-économique précaire et donc les inégalités engendrées par des facteurs extra-scolaires. La nécessité, pour eux, d’avoir les moyens « de contribuer aux ambitions d’une école égalitaire ».
« Nous avons besoin de renforts mais aussi d’une politique adaptée au 93 », étaye Sophie Zafari, dont le constat est alarmiste :
« Quand bien même des postes seraient créés, peut-être que nous n’aurions pas assez d’enseignants qui voudraient enseigner ici, refroidis par la réputation de la Seine-Saint-Denis : sa pauvreté, ses élèves réputés difficiles...
D’ailleurs, beaucoup de jeunes, quand ils sont titularisés, font tout pour s’en aller. En fait, c’est un cercle vicieux. »
Professeurs non remplacés au moment de la rentrée des classes, formation tronquée pour les enseignants stagiaires – dont certains jettent l’éponge en cours d’année –,classes surchargées pour absorber la hausse de la population scolaire... Si la Seine-Saint-Denis n’est pas le seul département concerné, il est celui qui compte la proportion de jeunes la plus importante.
« Un bricolage systématique »
Les syndicats ont d’ores et déjà lancé un préavis de grève pour le 11 octobre prochain, soutenus par les élus locaux. « De notre hiérarchie proche au Ministère, nous ne semblons pas entendus », lance Sophie Zafari, qui assure que « le bricolage systématique » au moment des rentrées pourrait être évité :
« Depuis des années, nous tirons la sonnette d’alarme. Mettez-vous à la place d’un parent qui arrive à la rentrée dont l’enfant n’a pas de classe et à qui on ne donne aucune explication.
Mettez-vous à la place d’un élève de CP ou de CM2, deux classes charnières, qui ratent sur une année des dizaines et des dizaines de jours de cours, à la place d’un prof qui doit composer avec les moyens du bord pour assurer à chacun un enseignement de qualité. »
Les inspecteurs, comme les enseignants, réclament l’ouverture immédiate des listes complémentaires : le renfort de ces étudiants, qui ont réussi le concours pour devenir professeur, mais qui par manque de postes à pourvoir, ont été mis en attente. Ils sont généralement appelés en cours d’année, en cas de remplacement d’urgence.
« C’est un préalable », dit Sophie Zafari, avant de nuancer :
« Il faudra faire en sorte de les fidéliser, pour qu’ils restent avec nous, en Seine-Saint-Denis. Donc nous donner les moyens de les garder. »
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godwineur
godwineur
étant étudiant destiné a devenir prof, je ne veux pas aller sur l’Ile de France !
pourquoi ?
le parcours est devenu long et je n’ai pas envie de trainer là-bas, j’étais parti pour 3 ans d’études en 2008 pour passer une licence (bac +3) et le CAPES dans la foulée
manque de bol avec Sarko 1er, ma durée d’étude s’est allongée de 2 ans (bac + 5 obligatoire), en outre quand je me suis dirigé vers cette filière, il n’était pas obligatoire d’avoir un bon niveau d’anglais (aucun rapport avec ma matière étudiée) maintenant nous devons obligatoirement avoir le CLES 2 (Certificat Langue du Supérieur niv.2 = niveau B2 européen) ainsi que le C2i2e qui est le certificat à savoir comment cliquer sur une souris d’un ordinateur ou connaitre par coeur le jargon du web ....
outre ces deux co**ries obligatoires pour être titularisé, si je réussi à passer le CAPES :
j’ai des chances d’être dirigé de ma cambrousse vers Paris que je ne connais pas, à devoir déménager pour quelques années pour m’adapter à cette capitale si détestable par sa grandeur affolante, sa pollution suffocante, ses montants de loyers d’appartement digne d’un salaire de ministre, sa mentalité si particulière et si chère aux parisiens, ses transports inefficaces, inconfortables et encombrés
ma formation à venir je le sais sera purement théorique, que mon tuteur ne sera jamais là pour moi ou d’aucun secours, je sais d’avance que je serai propulsé devant des élèves sans préparation, que je serai informé de mon affectation et du niveau d’enseignement 1 semaine avant la rentrée, qu’on ne m’aura pas enseigné comment tenir une classe, comment faire un cours, organiser les cours de l’année, faire preuve de pédagogie, réagir à des enfants perturbés dans une classe surchargée, à des parents agressifs, à une hiérarchie indifférente qui se fera un plaisir de nous enfoncer, à une formation bancale, à une carrière qui promet d’être pénible avec un salaire de prof qui est le plus bas d’Europe avec une vie sociale digne du néant (18 heures de cours présent en salle certes, mais les préparations de cours et des corrections de devoirs qui se font à domicile et sans expérience ou aide feront que la semaine montera vite au delà des 35 heures...)
je conçois tout à fait que les jeunes profs démissionnent, soient écoeurés par le système ou poussés à la démission par une hiérarchie qui vous considère comme un pion qu’on déplace sur un échiquier
qui souhaiterai aller au travail en se disant qu’il est méprisé, déconsidéré, non respecté avec le risque d’être agressé, en se disant qu’il est inutile car il ne fait que de la garderie étant dans l’impossibilité d’enseigner dans des conditions décentes, qui veut rester dans un établissement scolaire qui est une cocotte-minute délabrée pour servir de simple bouche trou parce que le prof précédent s’est tiré corps et bien après en avoir bavé ?
les profs se succèderont sans discontinuer dans ce genre d’établissement car ils ne conçoivent pas de rester enseigner dans de telles conditions après de si longues études et essaieront à tout prix de retourner dans leurs régions d’origine(s’ils le peuvent) et avec la crise de vocation (5 ans d’études et des conditions difficiles je le rappelle) bah c’est pas gagné ...
mais ça on sait que casser le service public c’est ouvrir grand la porte à l’enseignement privé et payant ou un enseignement « au rabais »




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