Tribune 12/09/2012 à 16h16

Quel rôle joue le Qatar dans la révolution en Syrie ?

Nabil Ennasri | Auteur de « L’Enigme du Qatar », éd. Iris, mars 2013

La crise syrienne s’enlise. Après plus de dix-huit mois de révolte et alors que les exactions se multiplient, le régime ne s’est pas effondré et semble, malgré de sérieux revers, être en mesure de se maintenir pour un moment.

Caisse de résonance d’un conflit qui prend une dimension régionale, le théâtre syrien voit s’affronter un régime à bout de souffle soutenu par l’Iran, la Russie et la Chine et une population dont la contestation a progressivement pris, après des mois de protestation pacifique, une tournure militaire.

Dans le chaos qui règne aujourd’hui, le rôle de certaines « pétromonarchies », particulièrement du Qatar, interroge et inquiète certains observateurs. Il nous paraît donc opportun de mettre ici en évidence les contours de la stratégie qatarie dans une crise qui révèle les lignes de faille d’un Moyen-Orient où l’enjeu confessionnel devient malheureusement dominant.

L’intransigeance du régime syrien

Il faut d’abord revenir aux fondamentaux du conflit. Portée par le vent de liberté qui a balayé les régimes de Ben Ali et Moubarak, la révolte est née d’une volonté populaire de se libérer d’une dictature militaire qui étouffait la vie du citoyen syrien.

D’abord pacifique, le mouvement de protestation a été contraint à la militarisation du fait d’une répression aveugle dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits humains.

Comme le souligne le journaliste Alain Gresh :

« Par son refus de s’engager dans des réformes sérieuses et un dialogue avec l’opposition, par son usage indiscriminé de la violence contre des manifestations qui, pour l’essentiel, restaient pacifiques, par un usage généralisé de la torture, il [Bachar el-Assad] a contribué à la montée de la violence, au passage d’une partie de l’opposition à la lutte armée ; il a, d’un même mouvement, favorisé les ingérences qu’il prétendait vouloir combattre. »

Tout porte à croire que c’est donc l’intransigeance du régime qui est la cause première de la régionalisation du conflit et de l’ingérence de puissances extérieures.

La rupture entre le Qatar et le régime syrien

Se cantonnant dans un premier temps dans un rôle d’attente, la réaction du Qatar s’est faite de manière progressive. Au début du mois de mai 2011 (soit près de deux mois après les premières manifestations), la rencontre houleuse entre Bachar el-Assad et le premier ministre qatari a signé la fin de l’idylle entre les deux pays.

Cette rupture constitue un changement radical de la diplomatie de l’émirat car depuis l’accession au trône de Cheikh Hamad, le Qatar a été, jusqu’à la fin des années 2000, le fer de lance de l’établissement d’un axe diplomatique fort avec la Syrie et l’Iran dont le but était de faire contrepoids au tandem Egypte-Arabie saoudite.

Pendant une dizaine d’années, la scène régionale du Golfe a été rythmée par cet antagonisme qataro-saoudien, Doha prenant constamment le contrepied des choix diplomatiques de son puissant voisin.

Mais depuis l’avènement du Printemps arabe, les cartes de l’équation régionale ont totalement été rebattues et le Qatar a très vite saisi l’intérêt de se placer du bon côté de l’Histoire. Se rapprochant de Riyad qui nourrissait depuis longtemps une profonde aversion pour le régime bassiste de Damas, Doha a préféré lâcher son ancien allié en misant sur une chute progressive du régime et ramasser les dividendes politiques d’une transition rapide.

Comme lui ont montré les scénarios tunisien et égyptien, l’émirat a compris qu’il devenait rentable de soutenir des révoltes populaires qui débouchaient sur la victoire électorale de formations islamistes dont la plupart avaient trouvé refuge à Doha durant la période précédant les révolutions.

Doha prend le parti de la révolution

Dès l’été 2011, les autorités qataries décident donc de prendre fait et cause pour la révolte syrienne et en font l’élément central de leur dispositif diplomatique.

Au diapason des autres monarchies du Golfe, le pays entraîne l’ensemble de la Ligue arabe et plaide pour l’exclusion de la Syrie de l’organisation panarabe. Prenant la tête du Groupe d’amitié pour le peuple syrien et multipliant les initiatives diplomatiques à Doha appelant à sanctionner le régime de Bachar el-Assad, le pays est le premier à demander ouvertement l’envoi de troupes pour « mettre un terme au bain de sang ».

Comme pour la Libye, l’émirat va mobiliser ses puissants leviers pour faire tomber un régime aux abois. Devant « l’archipel de la terreur » dénoncé par Human Rights Watch, la chaîne Al Jazeera et Cheikh Youssouf Al Qardawi (mufti officieux du régime) vont mobiliser l’opinion publique arabe pour soutenir et relayer les doléances des manifestants syriens.

La question des armes

En plus du soutien financier, diplomatique et médiatique, la question en suspens est la part du Qatar dans l’envoi d’armes à la rébellion syrienne. Même si cette livraison fait souvent l’objet d’estimations exagérées (notamment sur la Toile) elle est bien réelle mais n’est pas le fruit d’un engagement direct de l’armée qatarie.

La crise syrienne suscite un très vaste élan de solidarité auprès des opinions publiques du Golfe et c’est davantage le transfert massif d’argent qui permet à l’opposition syrienne de s’acheter des armes sur le marché noir.

A la différence de la Libye, il n’y a pas de résolution onusienne qui permettrait de couvrir une intervention étrangère et tant qu’il n’y aura pas de mandat international, Doha poursuivra ses livraisons indirectes.

Le « péril chiite »

L’engagement du Qatar doit aussi se comprendre à l’aune de la configuration politico-religieuse régionale. La crise syrienne a fait monter à son paroxysme l’antagonisme sunnite-chiite, et c’est désormais largement par ce prisme que sont appréciés les soubresauts régionaux.

La répression du soulèvement au Bahreïn en est un exemple révélateur : écrasée avec le concours des forces du Conseil de coopération du Golfe, la majorité chiite du petit royaume n’a suscité quasiment aucune empathie auprès des populations sunnites de la région.

A l’inverse, cette « révolution occultée » fait l’objet d’une mobilisation permanente des autorités iraniennes et plus globalement des populations chiites du Liban à l’Irak.

Dans un univers moyen-oriental où, pour reprendre l’expression du chercheur Olivier Roy, « le clivage entre chiites et sunnites devient plus fondamental que le conflit israélo-palestinien », la perspective de voir aujourd’hui s’effondrer le régime syrien, pièce majeure de l’arc chiite, est de nature à réjouir Saoudiens et Qataris.

Même si la chaîne Al Jazeera a organisé plusieurs débats ces dernières semaines pour prévenir des risques de l’enfermement confessionnel des révoltes arabes, la sensation du péril chiite domine les représentations. Cette perception se voit renforcée par la pression de nombreux milieux religieux qui souhaitent en découdre avec le régime d’Assad, dominé par les Alaouites considérés comme une secte hérétique.

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  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Nalyseur de proximité.
    • Posté à 16h46 le 12/09/2012
    • Internaute 148099
      Nalyseur de proximité.

    la révolte est née d’une volonté populaire de se libérer d’une dictature militaire qui étouffait la vie du citoyen syrien.

    Se faire étouffer par une dictature militaire ou se faire étouffer par une théocratie c’est au moins avoir le choix dans la façon de manquer d’air.

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Nain Glumeux
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 07h27 le 14/09/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      C’était effectivement le choix imposé par la communauté internationale. Mais il semble qu’on assiste à une nouvelle redistribution des cartes : la mission Annan ayant été torpillée (notamment par les préalables américains et français), un nouveau négociateur a été nommé.
      Et ce nouveau négociateur est - de fait - beaucoup mieux émancipé des puissances occidentales que son prédécesseur. Et si Hollande n’est pas Sarkozy, Driant est encore moins l’inénarrable Longuet : la France ne livrera pas d’armes aux rebelles et ne souhaite pas mettre une interdiction de survol en place.

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 17h55 le 12/09/2012
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    C’est marrant, fin 2010 un accord pour la création d’un oléoduc est signé avec l’iran et l’irak, quelques mois après les manifs commencent (le même scénario s’étant produit pour la Tunisie, la Libye et l’Egypte), et au moment du lâchage quatari, la Syrie découvre une grande réserve de gaz dans son pays.
    N’y aurait-il pas aussi comme une modification des rapports de force pétro-chimique dans toute cette histoire, qui pourrait mobiliser certaines monarchies et expliquer l’affrontement non-onusien entre Russes, chinois, Usa et Europe ?

    Parce qu’à mon sens, le pétrole est plus consommé le chiite : -)

  • .666
    .666
    Juif errant
    • Posté à 17h59 le 12/09/2012
    • 181210
      Juif errant

    Toutes ces fausses révolutions mais vraies contestations populaires sous la baguette bienveillante de l’oncle Sam qui veut troquer son accès au pétrole Eurasien contre le moyen-âge des barbus de tous bords. Chapeau les mecs. Et bonjour les dégats.

    • Humain
      Humain répond à .666
      • Posté à 19h00 le 12/09/2012
      • Internaute 21387

      il n’y a pas que l’oncle Sam, il y a aussi l’oncle, ou la tante, de Bruxelles .

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 18h16 le 12/09/2012
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    Analyse intéressant, mais trop subtile pour certains(e) ici !
    Le lien avec le bouquin d’Olivier Roy vaut le détour, en prime !

  • Humain
    • Posté à 18h59 le 12/09/2012
    • Internaute 21387

    La crise Syrienne s’enlise ?

    Bof !

    Regardez donc les conclusions du G20 et du Conseil Européen (pas le conseil de l’union),

    Et vous comprendrez pourquoi.
    Le reste, c’est des galimatias pour ceux qui ecoutent Pujadas ou BFM.
    Hélas !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 19h14 le 12/09/2012
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    « Même si cette livraison [d’armes] fait souvent l’objet d’estimations exagérées (notamment sur la Toile) »

    Vous avez des preuves de ce que vous avancez (sur la Toile) ? Robert Fisk, journaliste anglais pour The Independent, et grand spécialiste du Moyen-Orient, est d’un avis contraire au vôtre et présente, lui, de solides arguments.

    • A déménagé en novembre 2012
      • Posté à 21h56 le 12/09/2012
      • Internaute 60079

      On a suffisamment critiqué les journalistes « embarqués » avec l’armée US. Robert Fisk est lui « embedded » avec l’armée d’Assad depuis plus d’un mois et il semble qu’il a déjà choisi son camp.
      Si l’on doute des reportages de Florence Aubenas qui disent que la rébellion est sous-armée, on peut aussi douter des affirmations de Robert Fisk.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à A déménagé en novembre 2012
        voyageur à domicile
        • Posté à 09h52 le 13/09/2012
        • Internaute 6095
          voyageur à domicile

        « Robert Fisk est lui “ embedded ” avec l’armée d’Assad »

        Ça, c’est de la diffamation genre primaire, certainement pas des preuves ou des arguments.

        « Embedded » par l’armée d’Assad, dites-vous ? C’est ça, lisez donc cette chronique de Fisk datant du 31 août et dites-moi s’il est complaisant avec le régime d’Assad ?

         
        • A déménagé en novembre 2012
          • Posté à 10h20 le 13/09/2012
          • Internaute 60079

          Robert Fisk n’est pas « embarqué » par l’armée officielle ?
          C’est le seul et unique journaliste étranger accrédité par le régime d’Assad : pourquoi ?
          Cliquez ici

          Qu’il soit d’un côté ou de l’autre, le journaliste aura toujours une vision borgne et partielle (partiale ?) du conflit.
          Florence Aubenas et les quelques journalistes qui ont été du côté des insurgés en ont conscience mais pas monsieur Fisk qui continue à nous abreuver de ses jugements définitifs de « grand spécialiste du moyen-orient ».

          • Le Yéti
            Le Yéti répond à A déménagé en novembre 2012
            voyageur à domicile
            • Posté à 11h21 le 13/09/2012
            • Internaute 6095
              voyageur à domicile

            Votre lien vers l’article où Fisk critique l’armée rebelle, et alors ? Je vous en trouve autant où il critique le régime d’Assad.
            Je ne mets pas en cause les reportages d’Aubenas. Mais elle parle de son immersion dans la population d’Alep et des rebelles à Assad (ceux-là, j’espère bien moi aussi qu’ils vont gagner).
            Fisk parle, lui, de l’Armée syrienne libre (ASL), de sa puissance de feu stupéfiante. Or il se trouve que les premiers opposants à Assad commencent sérieusement eux aussi à se méfier de cette ASL. Ou du moins de certaines de ces fractions, car l’ASL est loin d’être une entité homogène.
            PS : on voit aujourd’hui ce qui se passe en Lybie avec les chefs des forces rebelles armées par l’Otan.

            • A déménagé en novembre 2012
              • Posté à 13h55 le 13/09/2012
              • Internaute 60079

              ...three Nato-standard sniper rifles, one mortar, eight Austrian machine-pistols and a host of Kalashnikovs, which may well have been stolen by Syrian deserters.
              C’est ce que vous appelez une puissance de feu stupéfiante ?
              Un hélicoptère, c’est un lance-pierre ?

              « Je vous en trouve autant où il critique le régime d’Assad. »
              D’accord. Mais ils datent de quand ?

              Aubenas dit que son immersion côté rebelle lui donne ne vision partiale du conflit et qu’elle aimerait aller voir chez Assad.
              Robert Fisk s’honorerait et serait plus crédible en rentrant à Beyrouth et à trouver une accréditation pour aller voir du côté rebelle.

              • Zeki
                Zeki répond à A déménagé en novembre 2012
                Curieux de tout
                • Posté à 19h55 le 13/09/2012
                • Internaute 64085
                  Curieux de tout

                La première victime de la guerre c’est la vérité.

                Depuis mars 2011 les media « libres et indépendants » servent uniquement de caisse de résonnance à la propagande des miliciens. L’éthique journalistique devrait donc conduire à avoir des yeux et des oreilles dans les 2 camps adverses et ainsi de confronter les 2 discours de propagande.

                Après avoir pris pour parole d’évangile les obscurs RAR et l’OSDH londonien, cité quasimment à chaque article sans aucune possibilité de vérification, la déontologie journalistique voudrait que l’on cite également SANA relayant la version gouvernementale, par exemple concernant le massacre de Houla.

                « (...) Tel fut le cas de la récente tuerie de Houla (108 mots dont 49 enfants, dit-on. Mais qui a lancé ces chiffres si précis et qui peut les certifier ?). La presse occidentale a immédiatement accusé les forces du régime d’Assad alors même que cette ville était, semble-t-il, contrôlée par l’opposition. Les pays occidentaux et arabes ont aussitôt renvoyé les ambassadeurs de Syrie en représailles contre le pouvoir en place. Or les informations reçues depuis renforcent l’hypothèse que la responsabilité de ce massacre pourrait plutôt revenir aux opposants (si tant est que tous les cadavres exposés aient été récoltés sur le champ de bataille et non sortis de la morgue comme ce fut le cas à Timisoara). Les mêmes doutes existent pour la plupart des incidents les plus médiatisés de ces dernières semaines. (...) » Roland Hurreau - Syrie : certitudes et incertitudes de la guerre médiatique Lien

            • Zeki
              Zeki répond à Le Yéti
              Curieux de tout
              • Posté à 14h20 le 13/09/2012
              • Internaute 64085
                Curieux de tout

              Piecam est un gentil sioniste.

              Cette adhésion inconditionnelle à une aventure colonialiste, militariste et ségrégationniste explique la haine viscérale vouée à tous les états régionaux qui ne pactisent pas avec israel. Les individus soumis à cette idéologie ont été conditionnés à hair le gouvernement syrien qui n’a pas signé d’accord de paix avec israel et qui a failli les conduire à user de la bombe nucléaire pour éviter la défaite en 1973.

              Seuls les sionistes les plus au fait de la géopolitique comprennent cyniquement qu’un assad et une junte autoritaire laique est préférable, pour la défense des intérets israéliens, à un évolution qui renforcerait les FM dans la région ou qui amenerait davantage d’anarchie. Les autres restés bloqués en 1973 sont tellement conditionnés qu’ils n’arrivent pas à comprendre cette cruelle évidence.

              Ceux qui malgré tout soutiennent en connaissance de cause ces ingérences menées par les rivaux régionaux, qu’ils soient arabes ou turcs, sont les ultras qui gonflés au messianisme auto-réalisateur rêvent de démembrer ces états dans une grande guerre dite « de civilisation » (avec le futur ennemi, les frères musulmans qui accèdent au pouvoir de la tunisie à la péninsule persique avec les fonds qataris) et de renvoyer ces populations à l’age de pierre.

        5 autres commentaires
  • LienRag
    • Posté à 19h31 le 12/09/2012
    • Internaute 34767

    C’est pas très honnête de prendre le texte d’Alain Gresh (un des rares observateurs à chercher réellement l’objectivité et à n’avoir aucune complaisance envers quelque régime que ce soit) pour légitimer l’idée d’une intervention extérieure secondaire à la révolte populaire...

    Si révolte populaire il semble bien y avoir réellement, et que sa légitimité initiale est incontestable face à la brutalité du régime et la barbarie de ses nervis semi-officiels, il est tendancieux d’oublier que la paranoïa des dirigeants à tous les niveaux trouve aussi son origine dans les tentatives de déstabilisation menées en permanence par « les forces étrangères » comme on dit...

  • Houari_Boumediene
    Houari_Boumediene
    9 avril 1948 : Massacre de Deir (...)
    • Posté à 21h58 le 12/09/2012
    • Internaute 152478
      9 avril 1948 : Massacre de Deir (...)

    Un article qui commençait bien mais malheureusement des inexactitudes et des informations qui ne sont pas expliqué.
    Je ne releve que les points les plus énormes !
    « la majorité chiite du petit royaume n’a suscité quasiment aucune empathie auprès des populations sunnites de la région. »
    FAUX vous confondez les roitelets/emirs de la région et de leur population. Je vous rappelle que cette distinction chiite/sunnite dans la politique actuelle nous vient de Paul Bremmer pro consul américain de l’occupation de l’irak. Cette hostilité anti-chiite dont vous parlez ne se retrouve même pas contre l’iran :
    A poll of Arab public opinion (pdf) by the University of Maryland and Zogby International, which included Egypt, asked respondents to « name two countries that are the biggest threat to you » : 88% named the United States, and 77% named Israel ; only 9% chose Iran. »
    Lien
    De plus 80 % des saoudiens soutiennent le programme nucléaire iranien. (je metterais à jour dès que je retrouve le lien)
    Les manifestations en egypte et tunisie se tiennent avec le drapeau du bahrein entre autre.
    « Même si la chaîne Al Jazeera a organisé plusieurs débats ces dernières semaines pour prévenir des risques de l’enfermement confessionnel des révoltes arabes »
    C’est une plaisanterie, elle a été le moteur avec sa soeur saoudienne (al arabiya) de la terminologie sectaire, je vous invite à relire par exemple les fuites d’email de journalistes de al jazeera.
    Al jazeera commence à souffrir de la nouvelle chaine al mayaddin, lancé par un ancien d’al jazeera dégoûté par la destruction de la crédibilité de cette dernière par la famille régnante.

    • Zeki
      Zeki répond à Houari_Boumediene
      Curieux de tout
      • Posté à 20h50 le 13/09/2012
      • Internaute 64085
        Curieux de tout

      Article qui commençait bien ? Z’êtes vachement sympa !
      Tous les éléments de langage y sont cités. Malheureusement ce story-telling tombe en lambeaux à mesure que des journalistes decident de faire autre chose que jouer aux relations publiques des jihadistes et au bachar-bashing. Avec « vent de liberté » et « printemps arabe » ont a deux mots-clefs très romantiques et poétiques aussi hilarants pour le lecteur que decredibilisant pour l’auteur.

      Ce dernier, nabil ennasri, expert ou thesard ( théologie musulmane à l’Institut européen des Sciences humaines de Château-Chinon ?) , nous recrache ce qu’un propagandiste d’al jazeera est capable d’inventer pour justifier la violente ingérence qatarie dans les affaires interieures d’un pays souverain et laïc. Et certainement pas plus dictatorial ou violent que la monarchie theocratique qatarie. Les bahrenis le confirment.

      Ce malin nous a fait la même pour la libye avec les conséquences qu’on n’a préféré ne pas diffuser (guerre civile, menace de partition, insécurité et fondamentalistes qui se sentent pousser des ailes). La dernière en date, qui a fait du bruit, les morts n’etant plus de simples libyens dont la vie est négligeable, mais un ambassadeur et des diplomates americains prefigurent des lendemains qui déchantent, fruits d’un chaos absolument pas createur.

      Lien « Pourquoi le Qatar s’est invité dans la coalition en libye »
      Voici un article qui explique pourquoi vos amis du qatar doivent cesser de semer la mort avec une propagande aussi indigeste que celle des néoconservateurs Lien

      Ce chargé de communication du qatar, et président du collectif des musulmans de france, est discret sur ses liens avec les frères musulmans et quand il présente le cheikh Youssouf Qaradawi appelant à tuer kadhafi, il l’excuse car « l’horreur des images devenait insoutenable ». Voir les rebelles victorieux bombarder le fief de kadhafi en deroute n’etant qu’une inversion de rôle qui là, n’a pas fait son prédicateur préféré être choqué par ces images de bombardement indiscriminés. Les attentats à l’irakienne qui ensanglantent la syrie n’ont d’ailleurs pas plus fait ce bon iman labellisé al qaeda par les media occidentaux (quand les jihadistes ne combattaient pas contre l’axe du bien mais côté mal, ou plutot oú car les miliciens sévissant au nord mali ils sont encore étiquetés al qaeda) condamner la violence aveugle.

      Donc Mr ennasri, est il possible de savoir quels sont vos liens avec le qatar et les FM afin de déterminer si vous êtes un simple bigot ignorant en freelance ou un ambitieux manipulateur intéressé en mission ? Voire un hybride des deux ?

  • grosnaze
    • Posté à 22h50 le 12/09/2012
    • Internaute 27732

    Plus largement quel rôle joue le Qatar en Libye en Tunisie en Égypte en Irak etc..

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