Au coin 30/08/2012 à 17h35

Que faire des « mauvais » profs ?

Ramses Kefi | Journaliste Rue89

On a tous croisé, dans sa scolarité, des profs incompétents ou « en difficulté ». Qu’en faire ? En France, la question est taboue et les situations, complexes.

Il y a quelques mois, avec d’autres parents d’élèves, Claude (le prénom a été changé), la cinquantaine, a déclenché la visite d’un inspecteur académique pour évaluer ce professeur d’anglais, « qui sévit » dans un lycée plutôt bien coté dans le sud-est de la France :

« On a tous connu des profs “bof bof”, mais lui, c’est un mauvais pour de bon. Un planqué. Le genre à faire des fautes d’orthographe au tableau, à déstabiliser les gamins, à les décourager. »

L’initiative n’a abouti à rien :

« L’incompétence est difficile à prouver. La visite a eu lieu, mais tout s’est bien passé pour lui. Il a tout fait comme il fallait devant l’inspecteur. Il avait briefé ses élèves. Il n’est pas idiot. Il ne sera jamais inquiété et continuera à emmerder des élèves pendant des années. »

Le récit fait sourire Adeline (le prénom a été changé), professeure dans un collège en Aquitaine :

« Mauvais prof ? C’est difficile à évaluer, car il n’y a pas vraiment de définition. Nous sommes d’ailleurs en plein dans le subjectif parce qu’il ne s’agit pas que de compétences.

Une chose est sûre : un prof n’est pas intouchable, mais c’est vrai, c’est compliqué de s’en débarrasser. Même quand il est “mauvais”. »

Bande-annonce du film « Bad Teacher »
1

La délicate définition du « mauvais prof »

Quand on leur demande de faire le portrait du mauvais prof, enseignants, proviseurs, inspecteurs ou parents d’élève commencent systématiquement par dresser celui du bon : un bosseur, un peu idéaliste – mais pas trop –, qui sait s’adapter aux élèves, les comprendre et, surtout, se faire comprendre et transmettre une soif d’apprendre.

Ils rappellent aussi que le métier est compliqué et qu’il est faux de dire qu’il s’apprend sur le tas. Que les formations de plus en plus bâclées et les conditions de travail très limites n’arrangent rien.

« Mauvais prof, c’est un terme tabou chez nous », poursuit Adeline, qui exerce depuis une trentaine d’années :

« On ne se dénonce pas entre collègues, même quand nous entendons des choses ici et là. On ne s’enfonce pas entre nous, ça a toujours été comme ça, c’est la règle. »

Un avis que partage Francis Daspe, enseignant et secrétaire national à l’éducation au Parti de Gauche, qui étaye :

« Un prof ne fera jamais l’unanimité. Quelqu’un de trop exigeant peut être considéré comme un mauvais prof par exemple.

Pourtant, ce n’est pas une lacune. Mais il peut être dans la ligne de mire du proviseur parce qu’il ne remonte pas assez les notes ou dans celle des parents, pour qui seule la réussite de leur enfant importe, même si celle-ci est factice. »

« Des enseignants pas faits pour ça »

Il admet néanmoins avoir croisé au cours de sa carrière des enseignants en grande difficulté, pas forcément novices, qui n’arrivaient pas à faire travailler et progresser leurs classes. Il reste évasif, mais assure qu’il est très compliqué pour un prof d’avouer qu’il n’y arrive pas :

« Au conseil de classe par exemple, il utilisera des euphémismes. Quand il nous parle d’une classe un peu agitée, nous savons pertinemment que c’est le vrai bazar et qu’il a perdu le contrôle. »

Pascal Bolloré, responsable départemental du syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), préfère quant à lui le terme « d’enseignant en difficulté » :

« Plusieurs indicateurs peuvent donner l’alerte. Une classe systématiquement dissipée, beaucoup d’élèves exclus à chaque cours, des plaintes de parents ou des contenus pédagogiques incompréhensibles, qui engendrent des notes assez faibles lors des examens.

Ça se voit assez vite et tout se sait dans un établissement. »

2

L’intervention des parents d’élèves

Pascal Bolloré constate qu’il y a, « c’est vrai, des enseignants qui ne sont pas faits pour ça » et qui, pourtant, « passent au travers des mailles du filet » :

« C’est compliqué d’aider un professeur en difficulté, parce qu’il y a trop de non-dits.

C’est dommageable pour eux mais surtout pour les élèves, car ils influeront négativement, et ce pendant des années, sur l’orientation de bon nombre d’entre eux. »

Céline (le prénom a été changé) est parent d’élève dans un lycée de banlieue parisienne. Elle raconte son intervention pour signaler une « dame complètement folle » parmi les professeurs. Cette prof, entre autres, faisait voler des cahiers de correspondance dans la classe de son fils et demandait aux élèves de « s’acheter un cerveau » quand ils lui demandaient de répéter.

Les parents réussissent à faire virer un professeur

Quelques semaines après la rentrée, Céline et d’autres parents en discutent avec le proviseur et écrivent au rectorat pour se plaindre :

« On apprend qu’elle avait déjà des antécédents, qu’elle avait déjà été virée d’un autre établissement. Le recteur a mis des mois pour répondre à nos courriers, auxquels nous avions joint les témoignages d’enfants. »

L’enseignante est finalement convoquée par le rectorat. Elle se met en arrêt maladie. On assure aux parents qu’une procédure disciplinaire est en cours et qu’elle ne reviendra plus :

« La question est de savoir comment, avec un tel dossier, elle a pu de nouveau enseigner. Si elle n’est pas vraiment aidée ou licenciée, on se contente de déplacer le problème. D’autres enfants auront à subir sa folie et son incompétence. »

La plainte introduite par Clément, dont la fille est « aux prises » depuis deux ans avec un professeur d’espagnol « qui ne parle que très rarement espagnol en classe et qui s’absente chaque mois une semaine », a eu moins de succès. Il s’est fait rembarrer par le chef de l’établissement :

« Le principal a regardé le dossier du prof. Il m’a dit qu’il restait à cet enseignant cinq ans avant la retraite. J’ai insisté. Il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire et que de toute façon, les inspecteurs n’avaient jamais rien remarqué. Mais il savait que ça se passait mal avec ce prof, d’autres parents étaient venus le voir. Il a fermé les yeux. »

« Il y a très peu de mauvais profs, dans le sens d’incompétents », tempère Michel Gonnet, inspecteur académique et secrétaire général du SNPI-FSU (syndicat national des personnels d’inspection). Il assure qu’en treize ans de carrière, il en a rencontré à peine quatre ou cinq et que, dans la majorité des cas qu’il a eus à traiter, les défauts constatés ont pu être corrigés sans sanction :

« Les professeurs sont des êtres humains. Parfois, ils traversent une mauvaise passe ou ont seulement besoin d’un coup de main.

Nous sommes attentifs à ce que disent les parents, mais les faits reprochés ne sont pas toujours conformes à la réalité. Parfois, ce ne sont que des malentendus ou des problèmes individuels. »

3

Quelles solutions ?

L’avertissement, le blâme, la suspension temporaire, la baisse d’échelon ou la mutation d’office : Michel Gonet égrène une partie des sanctions possibles contre les profs, tout en sous-entendant la lenteur des procédures disciplinaires. « Il faut du temps pour recueillir et confirmer les faits. »

Pascal Bolloré confirme :

« J’ai vu des procédures mettre quatre ans avant d’aboutir. »

Michel Gonnet évoque aussi le licenciement pour « insuffisance professionnelle », rarissime chez les professeurs titulaires, moins chez les stagiaires :

« C’est le dernier recours, quand le professeur a été aidé, sanctionné mais qu’il n’y arrive plus. »

Contacté par Rue89, le ministère de l’Education nationale recense onze licenciements dans le premier degré et seize dans le second de 2008 à 2010. Et commente ses chiffres, à défaut d’en donner des plus récents :

« Ce faible nombre de licenciements de titulaires pour insuffisance professionnelle s’explique aussi par l’importante sélection réalisée à l’entrée dans le métier.

Ainsi environ 150 licenciements sont prononcés par an à l’issue du stage pour chaque niveau d’enseignement (premier et second degrés). Ce chiffre est stable sur les trois dernières années. »

Il ajoute :

« Ce faible nombre de licenciements de titulaires est à mettre en lien avec la gestion du suivi des enseignants en difficulté. »

Coup de main aux profs « en difficulté »

Que sont ces « aides » ? Dans la majeure partie des cas, des stages de formation ou une « tutelle pédagogique » – un collègue en aide un autre. Adeline est pourtant sceptique :

« Une collègue a fait un stage de formation et l’a suivi assidûment. Ça n’a rien changé. Quand dans ton établissement, ta réputation est faite, tu es condamné, à moins de demander sa mutation dans un autre et tout recommencer de zéro. »

Elle prend l’exemple d’un collègue qu’elle a croisé à ses débuts. Ses premières difficultés devant une classe, puis ces matins où il arrive à reculons parce qu’il ne supporte plus ses élèves. Les absences, les arrêts maladie à répétition. Pour esquiver :

« On dira que c’est un “mauvais prof” certainement. Mais comment en arrive-t-on là ? Ce qui est proposé par l’Education nationale en termes de formation, de suivi, d’accompagnement des enseignants est en décalage avec la réalité du terrain et les évolutions. »

Elle finit en glissant quelques mots sur les fédérations de parents d’élèves :

« Officiellement, elles ne sont pas si puissantes. Officieusement et notamment dans les petites communes où tout le monde se connaît, il suffit de quelques rumeurs pour cataloguer un professeur. Pour lui, ça devient ensuite très dur, en plus de la pression du métier. »

« Lorsque des mesures sont prises, c’est souvent trop tard »

Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), préfère minimiser l’influence des parents d’élèves et insister sur leur rôle de médiateurs, de relais :

« Nous interpellons, nous transmettons des inquiétudes légitimes puisqu’on se rend compte que lorsque des mesures sont prises à l’encontre des mauvais profs, c’est souvent trop tard.

Nous ne réclamons pas de sanctions systématiques, plutôt du dialogue pour accompagner tous les acteurs dans les difficultés qu’ils rencontrent. Beaucoup de profs ne veulent pas écouter les parents, alors que nous pouvons peut-être leur apporter quelque chose. »

Sur le rôle de l’inspecteur, il se montre dubitatif :

« Dans le meilleur des cas, il passe tous les trois ans. On est constamment dans la note, dans l’évaluation, sans prendre en compte les réalités de l’enseignement moderne, les évolutions, les attentes nouvelles des gamins. Est-ce que cela sert vraiment à quelque chose ? »

Tout comme sur les procédures disciplinaires à l’encontre « des mauvais profs » :

« Quand un prof finit par quitter un établissement pour raisons disciplinaires, il atterrit dans un autre. Ce n’est ni une solution pour les parents, ni pour les élèves et ni pour les professeurs concernés. »

Les fausses bonnes solutions

Pascal Bolloré acquiesce. Certains profs en difficulté, notamment des non-titulaires, « tournent » dans différents établissements. Il évoque la nécessité pour les chefs d’établissement de s’adapter :

« Quand on sait qu’un enseignant est en difficulté, on ne va pas lui donner des classes qui se préparent pour des examens [...]. La vraie question est : pourquoi a-t-il été titularisé ? Il faut aller au fond du problème, ce qu’on ne fait jamais. »

La complexité du problème tient aussi, pour un professeur, à la difficulté de se reconvertir dans un autre métier, quand il jette l’éponge ou qu’il est licencié :

« Certains sont parfois affectés à des postes de documentalistes dans les CDI. C’est de plus en plus vrai. Mais là encore, c’est tourner la tête ailleurs, parce qu’on se retrouve à ces postes avec des ex-profs complètement démotivés. »

« Un mauvais prof un peu fayot peut se la couler douce »

Francis Daspe décrit d’autres manières plus subtiles pour se débarrasser d’un prof considéré comme indésirable par sa hiérarchie : « On essaye de le faire craquer ».

« On lui donne les classes difficiles, des emplois du temps avec des trous. Tout un environnement se met en place contre vous. Il y a de plus en plus de collègues qui jettent l’éponge, et pas que des jeunes stagiaires. »

Commentaire amer d’Adeline :

« Ce qui est dramatique est qu’un excellent prof peut être embêté par sa hiérarchie parce qu’il est un peu rebelle alors qu’un mauvais un peu fayot peut se la couler douce. On est tous le mauvais prof de quelqu’un. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • FDCraie
    FDCraie
    Censuré.
    • Posté à 18h00 le 30/08/2012
    • Internaute 121689
      Censuré.

    Bon article.

    Sur le fond deux choses :

    L’évaluation des enseignants telle qu’elle se pratique est quand même une vaste blague. Une évaluation concertée avec des membres de l’équipe pédagogique, des profs et des élèves (pourquoi pas ?) me semblerait bien plus « réaliste ».

    Il faut tout de même être très prudent avec la notion de « mauvais enseignant » comme l’exprime l’article on est toujours le mauvais de quelqu’un et tant qu’il n’y aura pas de critères « fiables » pour quantifier la « qualité » d’un prof ça risque d’être compliqué.

    Quant à dresser la liste de ces critères c’est une autre paire de manches...

  • bobzogu
    bobzogu
    prof
    • Posté à 18h00 le 30/08/2012
    • 182392
      prof

    J’en ai vu des « mauvais prof ». Les plus voyants sont en langues car ils ne parlent pas la langue enseignée.^^
    Après, il y a ceux qui sont usés et on se demande pourquoi ils font toujours ce métier. Je crois qu’ils sont bloqués, ils n’ont pas le choix.
    Puis, il y a ceux qui se mettent en arrêt maladie régulièrement. Difficile à évaluer car il faut savoir pourquoi ils s’arrêtent et qui leur donnent leurs arrêts.
    Enfin, il y a ceux qui font du social. Ils donnent des bonnes notes comme on distribue des bonbons pour s’attirer les bonnes grâces des élèves, des parents, de l’administration.

    J’évaluerais cette proportion de « mauvais » prof à environ 5 à 10 % des enseignants. On peut être « mauvais » pendant un temps et rattraper le cortège des autres. Et puis, il y a les « placards », ils attendent la fin et sont en roue libre. Ceux-là rien ne peut être fait malheureusement pour les élèves et eux-mêmes. Comme dans toutes les professions, il y a des moutons noirs mais, dans l’EN, ce problème a des conséquences beaucoup plus graves.

    Une partie de la solution repose dans une inspection plus présente et surprise, avec un vrai suivi et soutien en cas de problème. Il faut donner les moyens pour s’occuper de « ces gens là ».

  • marcoilbiondo
    • Posté à 18h00 le 30/08/2012
    • Internaute 2314

    « Ce qui est dramatique est qu’un excellent prof peut être embêté par sa hiérarchie parce qu’il est un peu rebelle alors qu’un mauvais un peu fayot peut se la couler douce. On est tous le mauvais prof de quelqu’un. »

    C’est tout le problème, vrai pour tous les fonctionnaires, un prof faisant preuve d’initiative et de créativité a toutes les chances d’être mal noté vu comment sont constitués les corps d’inspection.

    A noter que si un mauvais prof est plus muté que viré, c’est pareil pour les élèves trop difficiles, on déplace les problèmes sans jamais rien résoudre.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 18h02 le 30/08/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    C’est avec les mauvais profs que j’ai le plus progressé.

    Ils obligent l’élève à la vigilance, et leurs cours sont particulièrement appréciés, comme des vidéos gags.

    Je leur suis profondément reconnaissant de m’avoir permis de développer un esprit critique, et de relativiser les problèmes, ce qui m’a souvent par la suite évité bien des ennuis.

  • MASLR
    MASLR
    Etudiant
    • Posté à 18h02 le 30/08/2012
    • Internaute 39336
      Etudiant

    Bonsoir à tous,

    De mon point de vue, il y a deux aspects concernant ce problème :

    Même un « mauvais » prof, lorsqu’il est entouré par une classe studieuse ou au minimum respectueuse s’en sort, disons moins mal. Ainsi, si les parents d’élèves n’attendaient pas de plus en plus des professeurs qu’ils les remplacent dans leur rôle éducatif, il y aurait moins de « mauvais » profs.

    Secondo, au risque de faire hurler, je pense qu’il faudrait une décentralisation de la gestion du personnel à un niveau local. En donnant par exemple plus de pouvoir aux chefs d’établissements qui sont les mieux placés pour juger de (attention..) l’efficacité d’un prof. De cette manière, il n’y aurait plus possibilité pour les mauvais profs de passer au travers des mailles...

    A noter aussi que les mauvais profs syndiqués sont souvent protégés par leur organisation contre la très méchante éducation nationale !

  • Profdepipo
    Profdepipo
    Tous mes voisins se barrent, de (...)
    • Posté à 18h20 le 30/08/2012
    • 180037
      Tous mes voisins se barrent, de (...)

    Une des solutions serait peut-être de changer les modalités de recrutement. Parce que pour le moment, on recrute des bachoteurs. Si ils ont en plus des qualités pour devenir de « bons » profs, tant mieux, mais s’ils détestent les gamins, tant pis.
    Et à côté de ça, il y a des vacataires qui sont de très bons enseignants, passionnants et appréciés des élèves, des parents et des collègues. Ils n’ont qu’un seul tort : avoir loupé le CAPES.

  • The Corpse Grinders
    The Corpse Grinders
    Cannibale Furax
    • Posté à 18h27 le 30/08/2012
    • 183627
      Cannibale Furax

    Ben moi je suis prof, ça m’arrive d’être mauvais.
    Je ne suis pas différent du commun des mortels.

  • ugo514
    • Posté à 18h36 le 30/08/2012
    • Internaute 55010

    L’article n’évoque pas le prof « tyran ».
    Dans ma scolarité, j ’ai du subir pendant trois années de lycée, une prof de cinéma en option lourde du bac L (normalement une matière « agréable ») qui prenait un malin plaisir à monter ses élèves les uns contre les autres en colportant des ragots et faisant régner une tension terrible dans la classe. Une bonne partie de la classe se rendait à ses cours la boule au ventre et les pleurs étaient monnaie courante.
    Il est même arrivé une fois, qu’elle traite la classe de « pute » (après que nous ayons, il est vrai, un peu abusé sur la boisson lors d’une sortie à un festival), elle, se vantant d’être une « salope » (apparemment bien plus respectable à ses yeux).
    Il arrivait que nous passions des heures entières derrière nos bureaux sans que personne n’ose décrocher un mot après le visionnage d’une séquence de film à analyser, de peur de dire une « connerie » qui l’aurait fait sortir de ses gonds et aurait entraîné une humiliation en règle.
    Son caractère et ses agissements étaient biens connus du corps enseignant du lycée (je pense qu’elle devait faire régner la même loi en salle des profs). Une mère d’élève, membre d’une association (FCPE) avait même fait un courrier au proviseur pour dénoncer la situation. Le directeur n’avait rien trouvé de mieux à faire que de la transmettre à la prof tyrannique, au grand malheur du fils, qui a passé la fin de l’année à subir des humiliations continues jusqu’à la fin de son lycée.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h43 le 30/08/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    L’éducation nationale est une institution très fermée. Que ce soit sur l’incompétence, l’alcoolisme, la pédophilie où l’état mental de ses personnels, personne ne dit rien sur personne, l’omerta est de règle. Contrairement aux autres secteurs salariés en France, les enseignants ne sont pas soumis à une médecine du travail, ils peuvent être aidés, s’ils le souhaitent, car ce n’est pas une obligation par le LE RÉSEAU PAS, qui est un service confidentiel, neutre, anonyme et gratuit qui est mis à la disposition de tous
    les personnels de l’Éducation nationale qui éprouvent des difficultés d’ordre professionnel ou privé. Il permet aux enseignants de s’exprimer librement et de recevoir le soutien de psychologues extérieurs à tout service de l’Éducation nationale.
    Selon l’UNSA, 87% des personnels de l’éducation nationale ignore ce qu’est le réseau P.A.S. alors que celui ci dépend de la MGEN.

  • Supertramp74
    Supertramp74
    Etudiante
    • Posté à 19h18 le 30/08/2012
    • Internaute 192018
      Etudiante

    L’article ne porte pas forcément bien son nom : plutôt « que faire des profs à bout de souffle/en difficulté » plutôt que « mauvais ».
    Je trouve dommage aussi qu’il n’y ait pas d’avis ou de point de vue de la part d’étudiants ou même d’associations d’étudiants. Au-delà des parents d’élèves, ce sont quand même eux qui ont, selon moi, le droit de juger le professeur, sachant que l’inspecteur vient une fois tous les 10 ans, sur une journée.

    Un mauvais pour moi ce n’est pas celui qui s’absente pour une dépression à cause d’un établissement difficile, c’est plutôt celui qui reste, qui baragouine des choses insensées à ses élèves, fausses et sans fondements, nous parlant plus de sa vie à lui. J’ai subi un professeur de philosophie en classe de terminale S qui s’amusait à faire des blagues salaces à longueur de temps, ne suivant pas le programme, critiquant de manière peu philosophique les principes de Platon ou de Socrate (un simple « c’est de la merde » lui suffisait). Les mauvais profs c’est ceux qui font perdre leur temps aux élèves intéressés, qui leur coupe toute envie de poursuivre dans une voie, qui prend la place de quelqu’un.

    Mais bon : « il va aller en retraite, on ne peut rien faire »
    Tous les autres professeurs sont au courant, le proviseur, même l’inspecteur d’académie si ça se trouve. ça fait un peu trop de lacheté pour moi.

  • Seingalt
    Seingalt
    amateur professionnel
    • Posté à 19h29 le 30/08/2012
    • Internaute 166244
      amateur professionnel

    J’ai eu des profs moins bons que d’autres, j’ai eu des profs que je n’aimais pas, mais je n’ai jamais eu de mauvais profs. De plus, quand un prof « n’y arrivait pas » avec une classe, on ne rejetait pas la faute sur lui : le protal faisait une descente dans la classe et remontait les bretelles aux élèves. Et ça marchait.
    Alors, je ne sais pas s’il y a de mauvais profs, je n’en ai jamais vu. Mais je suis certain d’une chose : il y a de mauvaises classes.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 19h35 le 30/08/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « La délicate définition du “ mauvais prof ” »

    ► C’est facile,
    ce sont les profs dans les classes desquels les autres profs se débrouillent toujours pour ne pas y mettre leurs enfants.

  • Massalamanu
    • Posté à 19h39 le 30/08/2012
    • Internaute 2664

    La moindre des choses quand on est prof, c’est quand même de reconnaître que chez nous les brebis galeuses s’en tirent souvent à bon compte. Reste qu’une fois qu’on a dit, ça, on n’a pas dit grand-chose : encore faut-il les identifier.

    Le collègue psycho-rigide et passéiste se voit souvent comme un modèle de rigueur et d’exigence. A l’inverse, celui qui met un point d’honneur à ne laisser aucun élève sur la touche, à donner leur chance aux plus faibles et aux plus dissipés passe souvent pour un grand naïf voire un laxiste totalement dépassé par la situation. Quid du prof qui tient à tout prix à boucler le programme, quitte à perdre le tiers de sa classe en route ? Est-il consciencieux
    ou irresponsable ? Et celui qui préfère choisir lui-même ses supports pédagogiques, quitte à y passer des heures, au lieu de travailler sur le manuel choisi par l’établissement et pourtant offert gracieusement aux élèves par la région ou le département ?

    Une chose est sûre : l’assiduité et la ponctualité ne trompent pas. De même que la façon dont on s’acquitte de toutes ces obligations de services qui ne font pas partie de l’enseignement stricto sensu comme la présence aux conseils de classe ou aux réunions parents-professeurs par exemple. Enfin, il y a les petits détails qui tuent : le prof qui ne connait toujours pas les noms de ses élèves à la fin de l’année ou celui qui n’a qu’une seule note à la fin du trimestre.

  • weirda
    weirda
    prof
    • Posté à 20h28 le 30/08/2012
    • Internaute 192017
      prof

    Article intéressant.
    Quelques réactions rapides et en vrac, d’une prof...
    Je pense que pas mal de choses résident dans la fin de l’article : « Ce qui est dramatique est qu’un excellent prof peut être embêté par sa hiérarchie parce qu’il est un peu rebelle alors qu’un mauvais un peu fayot peut se la couler douce. » Ce qui peut expliquer le peu de motivation de certain à être un « bon » prof .
    Bref, outre l’absence de valorisation des profs ayant des pratiques créatives et innovantes etc, je pense que le problème du bon/ mauvais prof est effectivement assez complexe. L’article détaille le problème du point de vue (mauvais prof pour qui ? Les parents ? L’enfant ? Le chef d’établissement ? La hiérarchie ?), le problème du professeur catalogué/ « tête de turc », le problème des indicateurs sur lesquels nous pouvons nous appuyer ou non sur le fait que le prof soit mauvais ou non ( par exemple, un parent d’élève reproche à un prof de faire des fautes d’orthographe. Je suis d’accord qu’il doit tacher d’en faire le moins possible mais il reste un être humain et tout être humain fait des fautes d’orthographe lorsqu’il écrit rapidement... En outre, cet être humain, s’il fait beaucoup de fautes, est peut être dyslexique. C’est un handicap auquel il doit palier mais ce n’est pas pour autant qu’il doit renoncer à son métier d’enseignant.) En effet, les professeurs actuels sont encore des êtres humains et ils ont, comme tous, des faiblesses... Lorsqu’ils sont en état de faiblesse, les charognards s’en donnent à cœur joie pour les affaiblir davantage... Un professeur ayant beaucoup d’absences peut tout simplement avoir de graves ennuis de santé et je ne pense pas que c’est au professeur que l’on doit reprocher ses absences mais plutôt au système éducatif français qui ne met pas de remplaçant (ou alors à certains médecins qui donnent des arrêts un peu trop facilement ?)...
    En revanche, même en étant prof et en ayant beaucoup d’empathie pour mes collègues, je suis choquée de nombreuses situations concernant des mauvais profs qui restent en place.
    Situation 1(évoquée dans l’article) : le prof incompétent, connu de tous, qui est simplement déplacé de plaintes en plaintes, jusqu’à ce qu’un inspecteur décide de lui attitrer un poste cool dans une petite maternelle pour ne pas qu’il ne fasse trop de dégâts. C’est sympa pour les autres profs qui aurait bien aimé avoir ce poste mais pour s’y investir et super pour les élèves qui démarrent leur scolarité sans règles et peut-être avec peu d’apprentissages par rapport à d’autres classes etc, ce qui peut parfois avoir des conséquences sur les classes supérieures...
    Situation 2 : les chefs d’établissement incompétents voir plus... Je suis personnellement dans l’enseignement spécialisé. En 2010-2011, j’enseignait en IME avec 2 autres enseignants auprès des jeunes ayant de forts troubles du comportement. Il s’est produit des situations de violence invraisemblable sans que le chef d’établissement ne réagisse. Mes collègues et moi avons fait 100 pages de dossier au sujet de ses incompétences (qui ne se limitait largement pas à la non prise en charge de la violence) auprès de l’inspection ; les parents ont demandé des entretiens de leur côté mais cela n’a rien changé si ce n’est que pour l’an prochain, il n’appartient plus à l’éducation nationale mais il reste le directeur de cet établissement car il est surprotégé...)
    situation 3 : lorsque j’étais stagiaire, j’ai réalisé un stage dans une école où la directrice était très engagée. Elle n’était pas du genre à baisser les bras devant les situations intolérables. Il s’est avéré qu’elle a dénoncé un professeur qui se rendait sur des sites pédophiles à l’école (il y avait beaucoup moins de protection avant). Mais elle s’est fait tapé sur les doigts par la hiérarchie, quant au prof en question il a été changé d’école...
    Pour conclure, ce sera un peu comme l’article. Je suis révoltée par l’éducation nationale qui a fait des coups bas à certains de mes collègues qui se démenaient pour essayer de faire de bonnes choses avec des classes difficiles, alors que cette même éducation nationale laisse sévir de réels dangers simplement parce qu’ils ont le bras long...

  • Neferourê paillette
    • Posté à 21h23 le 30/08/2012
    • Internaute 109763
      prof

    Encore une fois, je déplore qu’un article censé parler « des profs » ne parle que d’une partie d’entre eux : ici les profs du secondaire.
    Merci de NE PAS GLOBALISER tous les profs.
    Il suffisait d’ajouter dans le titre la mention « du secondaire » ou « en collège et lycée » pour plus de clarté.

    EDIT. Après avoir lu tous les commentaires, je dois dire que je suis positivement surprise de leur teneur globalement favorable à l’égard des « profs ».

  • migloo
    migloo
    anarcho-élitiste de pacotille
    • Posté à 21h26 le 30/08/2012
    • Internaute 90438
      anarcho-élitiste de pacotille

    J’ai eu un professeur de physique que tous les élèves trouvaient très mauvais.
    Il me trouvait très bon.
    En fait il était excellent mais j’étais le seul à m’en rendre compte ...

  • pebeg
    • Posté à 21h28 le 30/08/2012
    • Expert 140698

    Si on avait une définition du mauvais prof, on pourrait peut-être mieux les identifier en changeaant le mode d’évaluation. Étant prof moi même je ne m’explique toujours pas pourquoi on est prévenu à l’avance des inspections. Du coup chacun passe une semaine à préparer LE cours de l’inspection, a tout le temps de bien briefer les élèves avant, de préparer une vidéo, des documents, une expérience, etc. Et comme ça les inspecteurs ont une vision très décaléede la réalité pusqu’ils n’assistent qu’à des cours bien plus préparés que la moyenne.
    Un peu comme si un km avant un contrôle routier on plaçait un grand panneau au bord de la route pour prévenir : mettez la ceinture, roulez au pas, raccrochez votre téléphone ... on vous regarde.

  • uberto
    uberto
    mouuuais on verra plus tard
    • Posté à 21h28 le 30/08/2012
    • Internaute 187304
      mouuuais on verra plus tard

    Que faire des mauvais profs ? La question est mal posée car il faut faire avec. Compte tenu du nombre de professeur à recruter, on ne peut pas recruter que des bons professeurs. L’Education Nationale le sait très bien.

    Là où ça pose problème, c’est qu’elle veut le cacher au lieu de l’assumer. Comme me l’a très bien dit mon ancien proviseur, il faut mieux éviter de trop en faire, car les élèves pourraient se poser des questions sur les autres professeurs. Du coup on nivelle le niveau par le bas, on met tout le monde au niveau des plus mauvais.

    En LP dans mon ancienne discipline, on recrute les professeurs que sur leurs qualités d’animateurs, persuadé que l’on ne peut rien faire avec ces élèves car une majorité n’y arrive pas.

    Bien sur on va vous dire que l’on fait ça pour le bien des élèves, car se sont des pauvres victimes, il faut pas les traumatiser plus, il faut faire preuve d’humanisme, etc ...

    Mais un professeur, maitrisant bien sa discipline, honnête avec lui même et ses élèves, peut être respecté par ces élèves sans effet de manche.

  • Petit Page
    Petit Page
    Blogueur des neiges
    • Posté à 21h32 le 30/08/2012
    • Internaute 137907
      Blogueur des neiges

    Petit rappel : dans l’Education Nationale, il n’y a pas de médecine du travail. Un enseignant, dont tout le monde voit qu’il est en état de stress, ou dépression plus ou moins grave, n’a qu’à se prendre en charge tout seul.
    De même, pour ce qui est de comptabiliser le nombre de malades, ou suicides, dus au travail, impossible...puisque personne ne s’intéresse à cette question-là : quand il n’y a pas de médecin, c’est qu’il n’y a pas de malade, non ? Donc taux de suicide = 0%, prof = métier à conseiller à tous les jeunes !

  • kodiak
    kodiak
    myope
    • Posté à 21h37 le 30/08/2012
    • Internaute 148655
      myope

    Je lis ici : « On ne se dénonce pas entre collègues, même quand nous entendons des choses ici et là. On ne s’enfonce pas entre nous, ça a toujours été comme ça, c’est la règle. ». Mouais... Entre collègues titulaires, entre capéssiens - entre soi quoi - sans doute. Envers les vacataires, les contractuels et autres « entrés par la petite porte », en revanche, je peux affirmer que débinage, commentaires fielleux et procès d’intention y compris quand les oreilles hiérarchiques passent à portée ne sont pas rares.

    Plus loin en fin d’article : « Ce qui est dramatique est qu’un excellent prof peut être embêté par sa hiérarchie parce qu’il est un peu rebelle alors qu’un mauvais un peu fayot peut se la couler douce. » . Ben tiens ! Ah que oui. Alors quand la personne en question ne fait pas partie du sérail ou bien qu’il ose ne pas tenir compte des us et coutumes de coulisses des établissements (et ici je parle de tous : de la mater au Lycée) je vous laisse imaginer les camarillas et les poussages vers la sortie.

    Les directeurs d’établissement sont souvent amenés à écraser les résultats de ces douces pressions de groupe occultes et inviter la victime la plupart du temps déprimée et amère à faire profil bas ou bien à demander un changement de poste.

    Plaidons non coupables, ils y sont obligés. Justement parce que tout en EN se passe sans que sanctions il puisse y’avoir. Sanctions pour défaut de compétence et/iou sanctions pour comportement anti-professionnel, nuisible.

    Les temps sont durs pour les carrières à vocation !

  • LeTicien
    LeTicien
    Informaticien
    • Posté à 21h39 le 30/08/2012
    • Internaute 91779
      Informaticien

    J’ai eu toutes sortes de profs des bons, des mauvais, des moyens, des politiques, des feignasses, des motives, ect les pires etaient certains instits tres vieille garde dont 1 tres violent il cognait ses eleves en douce a coup de poing sur la tete (c’etait un ancien mineur de Carmaux). J’ai ai connu un qui etait fou a lier il balancait les craies et les tampons en bois tout le monde se planquait sous les pupitres... J’ai eu un prof tres sympa mais il buvait trop, une autre tres competente mais elle se bourrait de medocs.

    Mais mais mais j’ai eu.... Madame Toucome.

    Mme Toucome etait une dame tres British, tres classe toujours habillee en noir, MAry Poppins toujours a l’heure, qui ne haussait jamais le ton et avait des manieres tres anglaises. Elle n’etait ni tres jolie ni tres jeune mais elle m’a donne envie d’aimer apprendre. Elle imposait une respect que meme les profs de Gym lui enviaient.

    Elle avait une maniere bien a elle de lever le nez et de ses tourner vers vous et de lancer d’une voix fluette devant 30 gamins en silence et au garde a vous (une mouche n’aurait pas ose bouger).

    « Jimmy. How did you explain to all of us what you are thinking about now ?

    It would be a great pleasure to ear you. Are you dreaming ? »

    En fait Mme Toucome donnait l’impression de lire dans nos pensees a chacun d’entre nous et Mme Toucome ne nous parlait que tres peu en Francais. Son cours d’Anglais commencait a l’heure et on parlait Anglais a tout moment.

    Mme Toucome si vous etes de se monde je vous salue. Vous m’avez toujours manque je ne vous ai jamais oublie.

    Misses Toucome.

  • Airinys
    Airinys répond à Fred24
    • Posté à 21h52 le 30/08/2012
    • Internaute 52467

    Dans les villes, l’histoire se termine dans l’enseignement privé.
    Même pour des gens très modestes qui se saignent pour ça.

    Pour moi c’est le signe qu’il y a une forte valorisation du métier de prof, au point de payer au delà de ses moyens pour éviter les mauvais.

  • klem05
    klem05
    lecteur89
    • Posté à 22h57 le 30/08/2012
    • Internaute 192030
      lecteur89

    Bah moi, je suis prof/instit et j’aime mon métier ! Bon, moyen ou mauvais... ? ! Là est la question mais de quel point de vue se placer ? Les collègues ? Ma hiérarchie ? Les parents ? Je suis sûr qu’on trouvera des tas d’avis différents mais qui pour juger idéalement des apprentissages à construire pour mes élèves que je suis sur 3 ans ? ? La critique est toujours facile mais le boulot de préparation en amont est une autre chose. Tout ce que je vois, c’est le sourire de mes élèves à leur entrée en classe et le plaisir qu’ils prennent à apprendre ! Et ma foi, je m’en contente pleinement... Alors bon, un petit article sur les mauvais profs ne changera pas mon quotidien.

    A bon entendeur :)

  • toukip
    toukip
    curieux
    • Posté à 23h35 le 30/08/2012
    • Internaute 19956
      curieux

    Peut etre qu’on pourrait imaginer prendre en compte ce que pensent les eleves. Ils ne sont pas si stupides que ca (en moyenne) et ca apporterait surement un peu d’equilibre dans la relation prof/eleve. Par exemples dans les universites americaines les profs sont notes par les eleves. Il faudrait aussi prendre en compte d’autre elements de notations plus classiques mais ca me semble une bonne piste.

  • gazette
    gazette
    Chirurgien d'Autiste (en salle (...)
    • Posté à 01h41 le 31/08/2012
    • Internaute 189500
      Chirurgien d'Autiste (en salle (...)

    Sur l’évaluation des profs :

    j’ai vu sur Arte+7 (internet) un doc sur l’inter évaluation des profs par les profs. Inconcevable en France :

    - un prof (par ex de géographie) assiste au cours de son collègue prof de maths, une fiche à la main.
    il est censé observer la classe, les interactions, les comportements, l’attention, l’animation, ce genre de choses.
    il coche des cases et fait quelques commentaires pour illustrer.

    A la fin du cours, il remet sa fiche d’observation à son collègue ; Echanges. C’est tout. En aucun cas la direction n’est tenue au courant des observations ni de la fiche d’observation du prof.

    Commentaire d’un prof allemand : « au début ça fait peur, mais ensuite en comprend les avantages de cette méthode d’évaluation : les remédiations sont beaucoup plus rapides et les profs se connaissent mieux, s’apprécient mieux, s’entraident plus.
    Les élèves, de leur côté, sont contents de voir leur prof s’améliorer. »

    En angleterre : ce sont les élèves qui évaluent anonymement leurs profs.

    Réaction des profs : pas de problème, il n’y a jamais d’expression de haine, en fait les élèves sont conscients de l’importance de leurs appréciations, ils sont responsabilisés.
    Les profs, au début réticents, sont tout à fait satisfaits.

    En France : impossible. Un prof observant son collègue fiche à la main ? ? ? ?
    Les Grecs ne conçoivent pas du tout (les Italiens non plus je crois, sans certitude) d’être inspectés par un inspecteur de leur Education nationale.
    Ce serait à cause de l’époque des Colonels. Mauvais souvenir des colonels. Et le foutage de gueule, ils savent s’en souvenir aussi non ?

    Vu dans « le blogueur sur Arte »

  • Anny34
    Anny34
    attestee
    • Posté à 08h12 le 31/08/2012
    • 185446
      attestee

    en effet des mauvais prof j’en ai eu à la pelle mais je remercie plus particulièrement celui qui arrivait, se plantait dos à la classe devant le tableau et passait son heure de cours à l’écrire sur celui ci , grâce à lui c’est pendant ces heures là que j’ai pu faire de la sculpture sur craies, du dessin, des tatouages à l’encre et la plume , toutes choses qui m’ont ouvert l’univers des travaux manuels

  • chrissou
    chrissou
    Etudiant dans l'environnement
    • Posté à 09h03 le 31/08/2012
    • Internaute 118619
      Etudiant dans l'environnement

    Avant de parler de mauvais prof, il serait bien de parler de mauvaise éducation nationale.
    Si déjà les énarques sortaient la tête de leur monde imaginaire pour se rendre compte que le monde a évolué et qu’ils nous pondaient de vrais programmes, ça serait un bon début. Les programmes sont pour une majorité de matière, en retard voir en incohérence totale avec le monde professionnel (dixit deux membres de ma famille qui sont ou ont été prof dans des matières pro et qui savent très bien que le programme n’est pas à jour) sans compter qu’en 2012, on en est encore à favoriser une éducation théorique plutôt qu’une éducation pratique : pour les grands pontes de l’éducation nationale, il faut séparer l’éducation et l’animation. Alors que de nombreux profs cherchent et expérimentent des méthodes pour faciliter l’apprentissage en le rendant plus interactif, plus plaisant, ils sont brimés par une structure qui ne semble pas avoir évolué depuis le siècle des lumières.
    Ajoutez à ça le fait que les futurs profs sont très mal accompagnés dans leur formation (surtout dans la partie pédagogie qui est quand même essentiel pour un prof) et avec tout ça, dites moi comment faire pour avoir un bon prof.
    Certes certains profs sont mauvais parce qu’ils n’ont pas cherché à être meilleur, mais beaucoup le sont parce que l’éducation en France est un vieux système rigide qui n’évolue pas.

  • Stéphane Mantoux
    Stéphane Mantoux
    Il était une fois dans l' (...)
    • Posté à 09h53 le 31/08/2012
    • Internaute 58995
      Il était une fois dans l' (...)

    Intéressant votre article.
    Car moi-même agrégé d’histoire et professeur d’histoire-géographie en collège ZEP depuis deux ans après une année de stage (ancien système, sans doute bien meilleur quand même que le nouveau), je viens de demander une mise en disponibilité pour me reconvertir. Comme quoi, quand on veut changer, on peut, à condition d’avoir un projet.

    1) La définition du mauvais prof ? Une gageure.
    Prenez mon cas par exemple. Agrégé, j’atterris dans un collège en ZEP rurale. Première année : très dure, je suis très exigeant avec mes élèves qui n’ont pas forcément un niveau très élevé (même s’il y en a des excellents). Je ne veux pas faire de concessions ou peu. Résultat : un pneu crevé, beaucoup de difficultés avec une classe de 3ème, pourtant l’année se termine bien. Je continue. Deuxième année : je m’adapte, je passe tout le mois d’août à revoir mes cours et ma façon de faire avec les élèves... en étant encore trop exigeant. Par manque de soutien de l’institution et des parents, voir de certains autres collègues, je comprends par ailleurs que je ne suis pas fait pour ce métier et j’envisage dès octobre 2011 la reconversion. Et arrivé en juin 2012, après de nombreux arrêts maladie provoqués par cette situation de mal-être, je ne regrette pas.

    2) L’intervention des parents ? Encore faut-il qu’elle soit raisonnée. Pour ma part je suis pourtant intimement convaincu de la nécessité d’une articulation plus étroite entre l’école et les parents d’élèves (car les problèmes, c’est bien de les voir du côté de chez nous, mais socialement, il y en a d’autres en dehors de l’école, merci d’en parler un jour aussi). Or la plupart du temps dans mon établissement, les parents voient l’école et les professeurs comme un défouloir libre service. Heureusement certains sont tout le contraire, sinon on ne tiendrait pas. Je ne suis pas sûr que ce soit le rôle des parents de s’en prendre aux professeurs, même mauvais (sauf pour le repérage, quand il y a des problèmes) : c’est à l’institution de régler ses problèmes mais comme souvent, par lâcheté et démission, elle ne le fait pas. Sans parler déjà du problème de la formation et du manque de soutien terrible de l’administration aux professeurs en certaines circonstances -et cette étrange propension à vouloir étouffer toute affaire gênante pour ne pas faire dérailler les statistiques et l’image de l’établissement.

    3) Les solutions ? Eh bien, si comme moi, vous vous estimez en partie « mauvais prof », que vous êtes désabusé, que vous en avez marre et que vous êtes plutôt jeune, faites comme moi : passez à autre chose. Tout le monde y gagne, et vous au premier chef. Les aides aux professeurs en difficulté, je n’y crois pas non plus. Le dernier paragraphe de l’article me semble très bien et résume bien le problème : il n’y a pas un mauvais prof mais bien des mauvais profs, réduire à un schéma est par trop réducteur.

    Cordialement.

  • Orphee
    • Posté à 10h10 le 31/08/2012
    • Internaute 38496

    Une petite précision : les sanctions (blâme, abaissement d’échelon, etc...) sont faites pour sanctionner des fautes et non l’ incapacité professionnelle dont il est question dans l’article. Une sanction édictée pour ce second motif serait inévitablement annulée par le tribunal administratif.

  • gnesgnes
    gnesgnes
    encoleretoutletemps
    • Posté à 10h12 le 31/08/2012
    • Internaute 104524
      encoleretoutletemps

    Bien je suis prof et quelquefois je suis mauvaise voire très mauvaise car tout dépend de sa classe de leur humeur, de ses problèmes aussi ; car on peut être quelquefois à coté de la plaque. Mais juste quand on est mauvais on le sait. Le tout est de se remettre en cause, d’en parler avec les collègues. Il faut aimer ce que l’on fait être au contact des élèves, les faire aimer aussi ce qu’ils font.

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