Global Voices Online 27/08/2012 à 10h12

Le caricaturiste tunisien _Z_ : « Rien n’a vraiment changé »

Global Voices"

Afef Abrougui · Traduit par Suzanne Lehn



_Z_ avec son masque lors d’un débat à Paris, en février 2012 (Pierre Haski/Rue89)

Le caricaturiste tunisien anonyme _Z_ s’exprime depuis 2007 au moyen de son blog DebaTunisie.com. Ses dessins, qui déplaisaient à l’autocrate déchu Zine el-Abidine Ben Ali, ne font pas plus le bonheur des islamistes de Tunisie.

_Z_ dit qu’il n’y a que deux lignes rouges qu’il ne traverse jamais : « La diffamation et le racisme. » Pour lui, la religion ne devrait pas être un tabou, ce que des internautes ont trouvé provocateur : ils ont dénoncé sa page Facebook à propos de caricatures qu’ils estimaient insultantes pour l’islam.

Le 7 août, _Z_ écrivait :

« En réponse à leurs protestations les robots de Zuckerberg m’interdisent durant 30 jours de publier sur mon profil. [...] La guerre contre les “bonnes mœurs”, la morale religieuse, la bigoterie, doit être absolue. En ce qui me concerne, il est évident que je serai bientôt hors-la loi à partir du moment [où] la constituante validera la loi sur l’atteinte au sacré. »

Global Voices, partenaire de Rue89, s’est entretenu avec _Z_ par courriel, à propos de ces dessins, de l’anonymat, de la religion et de la liberté d’expression en Tunisie.

Global Voices : Quand et pourquoi avez-vous décidé d’utiliser la blogosphère pour publier vos dessins ?

_Z_ : J’ai lancé mon blog le 28 août 2007. Dès le départ, il était évident pour moi que ma cible serait le régime de Ben Ali. Au début, je n’écrivais que des textes. Puis j’ai eu l’idée d’accompagner mes écrits par des dessins. Ce qui a conféré sa singularité à mon blog, et a attiré une plus large audience.

Même si l’adage « une image vaut mieux qu’un long discours » reste vrai, l’important pour moi était d’abord l’écriture, parce que mon action était avant tout politique et intellectuelle, ce que la caricature seule ne peut pas assurer.

Vous êtes connu sous le pseudonyme _Z_. Près de dix-neuf mois après la chute du régime Ben Ali, vous préférez toujours dissimuler votre identité. Pourquoi ?

Ma position envers l’ancien régime Ben Ali nécessitait la plus grande vigilance de ma part concernant mon identité. Il fallait absolument que je me protège pour éviter les représailles.

La dictature est tombée il y a dix-neuf mois, et à ce jour pas une seule enquête sérieuse n’a été menée sur le contrôle du Web [sous le régime Ben Ali, ndlr]. Cette machine, que nous appelions « Ammar 404 », utilisée pour répandre l’horreur sur le Net tunisien (censure, arrestations, menaces…), pourrait être toujours en place, attendant un signe pour être réactivée.

Pour moi, rien n’a donc vraiment changé malgré les apparences et voilà pourquoi je garde mon anonymat.


Dessin publié à l’occasion des élections présidentielle et législatives de 2009 en Tunisie (_Z_)

Personne n’a jamais osé moquer Ben Ali et son régime comme vous. L’ancien régime n’a pas réussi à dévoiler votre véritable identité. Comment arrivez-vous à protéger votre anonymat ? Avez-vous des conseils pour des cyberdissidents qui souhaitent cacher leur identité ?

Pour se protéger, il leur suffit de séparer leur vie de dissident de leur vie quotidienne. D’utiliser des e-mails et des proxys. Mais le plus important, garder une discrétion extrême et éviter d’en parler même au cercle le plus rapproché. Enfreindre cette règle a souvent permis l’arrestation de cyberdissidents, et ce fut le cas pour Zouhaier Yahyaoui [le premier cyberdissident de Tunisie à être condamné et emprisonné, ndlr].

Pour vous, il n’y a pas de ligne rouge. Avec l’arrivée au pouvoir des islamistes, vous vous êtes mis, non seulement à les critiquer, mais aussi à dessiner des symboles religieux islamiques (Dieu, prophètes…). Ce qui a provoqué les islamistes qui ont dénoncé votre page Facebook DebaTunisie. La provocation peut-elle aider à briser les tabous ?

Je considère la diffamation et les injures racistes comme les seules lignes rouges. A part cela, il n’y a rien qui puisse justifier aucune sorte de censure.

Même si je suis conscient que je peux en froisser certains, je suis convaincu qu’il faut placer la suprématie de la liberté au-dessus de la sacralité religieuse (même si elle représente la majorité) et faire nôtre le célèbre adage :

« Je désapprouve ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire. »

Pour moi, la démocratie ce n’est pas se conformer à la pensée dominante (ce qui mène à la dictature de la majorité), mais plutôt la possibilité d’exprimer publiquement toute idée, qu’elle se rapporte à une minorité ou qu’elle dérange, tant qu’elle n’est pas diffamatoire ou raciste.

Pour moi il s’agit de liberté de conscience (article 5 de la Constitution) qui relativise la notion du sacré. Ainsi, le blasphème n’existe qu’à l’intérieur d’un système religieux, mais pas d’un système qui tolère la liberté de conscience.

Bien que l’article 5 existe toujours aujourd’hui, dans la pratique il est ignoré. On a engagé une procédure judiciaire contre Nessma TV pour la diffusion d’une animation représentant Dieu [ « Persépolis », ndlr].

On a condamné un internaute à sept ans et demi de prison pour la publication de caricatures blasphématoires.

Il est ainsi très clair que dans la pratique, le tabou religieux passe avant la liberté de conscience, et donc avant toutes les libertés.


Une femme écrit « liberté, justice et dignité » sur le sol. Elle est entourée par la profession de foi de l’islam sous la forme d’un mur de béton. Dans ce dessin publié le 10 juin, _Z_ critique le projet finalisé du préambule de la nouvelle Constitution qui, dit-il, « pue l’obsession identitaire ». (_Z_)

Le parti islamiste Ennahdha a récemment proposé un projet de loi anti-blasphème. Etes-vous inquiet, au cas où l’Assemblée constituante l’approuverait, que vos caricatures soient bientôt censurées ?

Après la naissance d’une révolution au nom de la liberté, nous n’avons absolument pas le droit de dessiner la carte de nos libertés en termes de tabous et d’interdits religieux.

C’est comme de commencer par les grilles en faisant le plan d’un jardin.

C’est ce que font les Islamistes, et c’est pourquoi je suis contre leurs politiques. Je continuerai à jouer la carte de la provocation même si cela déplaît à une grande partie de mon public, ou si cela va faire de moi un hors-la-loi, car il y a certes un risque que l’Assemblée vote cette loi contre-révolutionnaire.

La chute du régime Ben Ali a révélé des caricaturistes tunisiens doués. Que pensez-vous de ces nouveaux ?

C’est évident et heureux. Pourtant, beaucoup envient mon anonymat. Ce n’est pas bon signe, car cela montre le retour de la peur et de la censure.

Malgré tout, je dois reconnaître que nous jouissons encore d’une atmosphère de liberté sans commune mesure avec ce que nous vivions sous le régime de Ben Ali.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
Publié initialement sur
Global Voices
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  • 18 réactions
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  • Pivar
    Pivar
    Pyropygiste
    • Posté à 10h25 le 27/08/2012
    • Internaute 160918
      Pyropygiste

    Sympathique ce caricaturiste, mais il fait une erreur en donnant comme ligne rouge à la liberté d’expression le racisme et la diffamation. Critiquer la religion est devenu raciste en France (Je critique l’islam = islamophobie = racisme), de même que la diffamation peut être très largement interprétée (« hou la menteuse » = diffamation pour Morano). Il y aura toujours des censeurs qui s’amuseront à rendre malléables ces lignes rouges.

    • Lionel06
      Lionel06 répond à Pivar
      Dessoucheur
      • Posté à 11h24 le 27/08/2012
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      Ce n’est pas aussi simple et vous faites mine de l’ignorer.
      Critiquer la religion musulmane en France est généralement un prétexte facile pour les sympathisants des thèses xénophobes du FN et de la droite « populaire » pour attaquer une population immigrée ou d’origine immigrée qui est l’une des plus fragiles dans notre pays (tant sur le plan économique que sur le plan de l’éducation).
      N’oubliez pas que les Juifs ont été stigmatisés aussi pour leur religion.

      Or la majorité des musulmans en France n’ont rien à voir avec les actes criminels commis par des courants sectaires islamises dans le monde mais la droite décomplexée ne se prive pas de faire l’amalgame entre ces deux groupes.
      Pour illustrer mes propos, attendez de lire les prochains commentaires sous cet article au cours de la journée.

      • Pivar
        Pivar répond à Lionel06
        Pyropygiste
        • Posté à 12h16 le 27/08/2012
        • Internaute 160918
          Pyropygiste

        Diriez-vous donc que Act Up se trompe de cible en organisant des kiss-in devant les églises et en se roulant des pelles devant mami sortant de la messe ? Act Up ne se rend pas compte que les catholiques n’ont rien à voir avec les prises de position du pape ?

        Ce que vous nous dites est « tu peux critiquer l’islam si t’es de gauche, si t’es de droite, ta critique de l’islam ne peut être qu’un prétexte pour stigmatiser/amalgamer/discriminer/opprimer l’immigré musulman. » La liberté de critiquer la religion uniquement pour le bon peuple de gauche. Y a bon la liberté d’expression.

         
        • alangaja
          alangaja répond à Pivar
          éthiopique
          • Posté à 12h24 le 27/08/2012
          • Internaute 93690
            éthiopique

          c’est dur de comprendre un discours intelligent comme celui de lionel06, hein ?

          lionel06 dit justement que la liberté d’expression est aussi employée par les hypocrites ; ils s’en servent plus comme d’une arme tournée contre certains, alors qu’avec leurs propres arguments, on se demande pourquoi ils ne se flinguent pas eux-mêmes.

          • Pivar
            Pivar répond à alangaja
            Pyropygiste
            • Posté à 12h48 le 27/08/2012
            • Internaute 160918
              Pyropygiste

            Tellement intelligent que vous n’y avez rien compris. Mais je vous le traduis, joyeux fripon :

            Lionel nous dit que lui et la gauche sont des gentils, du coup, ben eux y z’ont le droit de critiquer l’islam. Parce qu’ils le font avec amour. A droite, c’est des méchants. Du coup, quand ils critiquent l’islam, ils le font avec haine, et c’est très moche.

            Conclusion : la liberté d’expression ne doit être réservée qu’à ceux qui pensent comme moi. Et alangaja applaudit.

            Sinon, pas de réponse sur les amalgameurs d’Act Up ?

            • alangaja
              alangaja répond à Pivar
              éthiopique
              • Posté à 13h41 le 27/08/2012
              • Internaute 93690
                éthiopique

              pour actup : ouaip, je soutiens.

              notez que je ne vous interdis pas de raconter des conneries ; je ne suis pas le dernier à chier sur l’islam comme sur n’importe quelle autre religion, ce qui est plus cohérent.

              je suis pour la liberté d’expression et accessoirement contre la censure inique de rue89.

        3 autres commentaires
    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Pivar
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 13h48 le 27/08/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      « Se conformer à la pensée dominante mène à la dictature de la majorité » dit le caricaturiste et il a parfaitement raison : il affirme tout simplement qu’il est « Républicain ». Le seul problème, c’est qu’en renversant celui qui « présidait » - très mal - aux destinées la République, la Tunisie a préféré la « démocratie », c’est à dire la dictature de la majorité ... Chacun à le droit de s’imposer à lui-même les « lignes rouges » qu’il veut, en fonction de ses choix politiques, éthiques ou religieux. Les seules lignes rouges qui doivent s’imposer à tous sont celles de la République (qui se définit en tant qu’ « intérêt général »).

  • al07
    al07
    glandeur
    • Posté à 11h34 le 27/08/2012
    • Internaute 190221
      glandeur

    Les problèmes de la société Tunisienne et des sociétés musulmanes en général,expliquées ici :
    Lien

  • alangaja
    alangaja
    éthiopique
    • Posté à 12h18 le 27/08/2012
    • Internaute 93690
      éthiopique

    « En réponse à leurs protestations les robots de Zuckerberg m’interdisent durant 30 jours de publier sur mon profil. »
    ça, c’est pour les utilisateurs de facebook.

    « je suis convaincu qu’il faut placer la suprématie de la liberté au-dessus de la sacralité religieuse “
    il a raison : le sacré définit un interdit arbitrairement fixé par une religion. c’est anti démocratique.

    il a l’air bien ce mec, et ses dessins sont bien fichus (celui avec la nana entouré de mots, belle idée !)

    • Féline
      Féline répond à alangaja
      fée
      • Posté à 12h33 le 27/08/2012
      • Internaute 111221
        fée

      « ça, c’est pour les utilisateurs de facebook »

      Au moins M. Zuckerberg est cohérent : hier avec Facebook il a indirectement aidé à mettre les islamistes au pouvoir, aujourd’hui il aide indirectement à leur maintien en place.

      Mais sa participation à la réunion Bilderberg de l’année dernière n’a sans doute rien à voir avec tout ça...

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à alangaja
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 18h41 le 27/08/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      « je suis convaincu qu’il faut placer la suprématie de la liberté au-dessus de la sacralité religieuse“.
      C’est une idée TRES séduisante mais je pense qu’elle est finalement inacceptable. Parce que, en raison de la suprématie de la liberté, tout un chacun à le droit de s’agenouiller devant qui et quoi il veut. Si le sacré définit un interdit arbitrairement fixé par une religion, le ‘crédule’ a le droit de s’y conformer. C’est le cas dans une République laïque comme la nôtre, où l’Etat a une obligation de neutralité vis à vis de toutes les religions ou sectes. Notez qu’à mon avis, la neutralité doit aller jusqu’à impliquer la défense de ceux ou celles qui désirent porter un voile, une kippa ou un slip sur la tête pour honorer leur dieu ou respecter ses préceptes.
      Dans une République non laïque, comme c’est le cas au Pakistan par exemple, il n’y a évidemment pas de neutralité mais en raison du principe d’Egalité, l’Etat a effectivement l’obligation de ne pratiquer aucune ségrégation religieuse et de protéger les minorités. A charge pour elles de respecter les lois et en particulier celles qui répriment ce que le législateur considère comme un blasphème.

      • alangaja
        alangaja répond à Conventionnel
        éthiopique
        • Posté à 11h09 le 28/08/2012
        • Internaute 93690
          éthiopique

        hé bien, mon respect de la liberté inclut la liberté des autres, y compris religieuse (laicité). donc tolérance du voile comme de la kippa ou du slip sur la tête, en effet.
        le problème c’est que les croyants veulent imposer leurs valeurs (le sacré donc) aux autres, puisque toute religion a des prétentions universelles. elles sont intolérantes des libertés individuelles.

         
        • Conventionnel
          Conventionnel répond à alangaja
          On ne peut régner innocemment
          • Posté à 11h40 le 28/08/2012
          • Internaute 169038
            On ne peut régner innocemment

          C’est effectivement ce qui se passe, parce que notamment les religions monothéistes « révélées » ont cessé d’être tolérantes, par réflexe défensif, dès qu’elles ont fait l’objet de schismes.
          Il n’empêche que même dans les Républiques islamiques, la loi donne à l’Etat l’obligation de protéger les minorités religieuses, dans le cadre de la loi : en Iran, les Juifs ont le droit de pratiquer leur religion alors que le pays est un ennemi déclaré de l’Etat hébreu.

          • alangaja
            alangaja répond à Conventionnel
            éthiopique
            • Posté à 17h26 le 28/08/2012
            • Internaute 93690
              éthiopique

            non, le monothéisme est intolérant par essence : une vérité, un monde, une autorité pour le définir et le défendre... je n’y vois pas de place pour des individus qui seraient hors-dieu, hors communauté. l’excommunication était quelque chose de terrible au moyen âge.

            • Conventionnel
              Conventionnel répond à alangaja
              On ne peut régner innocemment
              • Posté à 17h56 le 28/08/2012
              • Internaute 169038
                On ne peut régner innocemment

              Les religions révélées ne datent pas tout à fait du Moyen-Age. Jusqu’à sa chute en 750, le Califat de Damas (Omeyyades) porte une culture qui frappe par son ouverture d’esprit et sa tolérance.
              C’est celle qu’on retrouve notamment en Afrique du Nord et surtout en Andalousie, prospère et florissante, pendant les siècles suivants et qui transmet au Monde occidental les véritables fondements de son éclosion (connaissances maritimes, originaux des textes anciens notamment grecs, mathématiques, sciences).

        3 autres commentaires
  • marmana
    marmana
    Etudiante au chomage partiel
    • Posté à 16h55 le 27/08/2012
    • 182652
      Etudiante au chomage partiel

    « Après la naissance d’une révolution au nom de la liberté » L’on vite oublié que la population s’est avant tout révolté (suite à l’immolation de Bouazizi) contre :
    - la torture (il suffisait d’être un musulman qui passe à la mosquée , communiste, ou bien avoir parlé du président en public pour qu’on vous fasse la position du « poulet rôti »
    - le chômage : des jeunes en particulier . Les diplômés devaient se contenter de vendre des pizza dans le fast food du coin dans le meilleurs des cas. Problème : Dans la société tunisienne, le mariage est une étape importante dans votre vie ! Sans travail stable, et assez d’argent , pas de mariage possible, et continuez dans la majorité des cas à vivre désespérément chez vos parents . C’est votre vie sociale dans sa globalité qui est atteinte.

    -contre la précarité : Combien de personnes ayant du potentiel ont du se résoudre à abandonner ou entamer un cursus universitaire, parce que en dehors du fait que les jobs étudiants se comptent sur les doigts d’une main, les parents était dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins en y ajoutant des charges supplémentaires que peuvent être les études.

    La liberté bien qu’elle soit une cause honorable , à été l’une des dernières revendications des tunisiens.
    L’élite bourgeoise et intellectuelle qui appartenait « à la cour royale » de Ben Ali s’est approprié cette revendication et s’approprie encore aujourd’hui les sujets sociaux ! Ceci juste pour rappeller que les tunisiens ont avait marre de se casser le dos pour au final ne pouvoir subvenir correctement et dignement à leur besoin ! Bien après est venu la sacro-saibte revendication de la liberté lorsque la chaine nessma a passé le film de persepolis , qui a mon avis a été une diffusion précocé et c’est là que les sosies de raspoutine sont sorti de leur cage et ont causé d’énormes dégats

  • zerkalo
    zerkalo
    Français
    • Posté à 17h15 le 27/08/2012
    • Internaute 125164
      Français

    « Rien n’a vraiment changé »

    Et il en sera de même pour la Syrie. Une bonne fois pour toutes, les pontes de l’OMC, de l’ONU ou du FMI revenus du néo-conservatisme pour sauver des populations jusqu’ici condamnées à fermer leur gueule, ça n’apporte pas plus de bonheur. Bien au contraire. De la désillusion tout au plus.

    Comme j’aimerais que Rue89 face témoigner les noirs de Lybie sur leur situation actuelle. Les crétins gauchistes auraient de belles surprises.

  • Tock
    Tock
    Gestionnaire
    • Posté à 14h35 le 28/08/2012
    • 181185
      Gestionnaire

    La démocratie n’a jamais été un interrupteur. .
    C’est une erreur monumentale des intellectuels de gauche comme des journalistes du même tonneau d’avoir pris toutes les révoltes des pays arabes pour une révolte pour la démocratie. Alors que ces révoltes ont été le fait de la misère , de la souffrance et du mépris à l’encontre de la majorité d’entre eux.
    Après l’indépendance, tous les habitants de ces pays espéraient devenir des citoyens à part entière , maîtres de leur destin, économique, politique, culturel , bref devenir des vrais « citoyens ». Malheureusement les colonisateurs étrangers , furent remplacer par des colonisateurs internes. Et les pauvres sont restés des pauvres. En ’Algérie, malgré 165 milliards de réserves de change, la hogra persiste et les harragha continuent de fuir au péril de leur vie.
    Les pays arabes ne seront des démocraties que lorsque qu’ils oseront séparer la religion de la politique , chose difficile en islam., pour l’instant. Donc parler de la démocratie sans passer par ce stade c’est raconter des bêtises. La démocratie c’est mettre la religion de côté avec la séparation des pouvoirs, juridique, législatif et exécutif. Sur les 57 pays arabes et musulmans ( 22 et 35) que l’on me cite un seul qui applique cela. Le Tunisien, Mohammed Bouazizi, ne s’est pas immolé pour la démocratie, comme en Egypte, Libye, Yémen, Soudan, Somalie et encore moins avec les confettis du Qatar, Koweït, Bahreïn, Emirats du Golfe etc.

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