Global Voices Online 23/08/2012 à 16h37

Quand la Chine exporte son modèle d’exploitation en Afrique

Global Voices"

Ronald Yick



L’ambassadeur chinois en Zambie Zhou Yuxiao rend visite à une victime d’émeutes dans une mine de Lusaka, le 6 août 2012 (AFP)

L’histoire du patron chinois d’une mine de charbon assassiné durant une grève en Zambie a été largement reprise par les principaux média en Chine récemment, y compris par le Quotiden du Peuple, l’organe central du parti communiste.

Ces articles ont retenu l’attention des internautes chinois. Certains comparent les conditions de travail en Zambie et en Chine, tandis que d’autres réfléchissent sur la diplomatie chinoise d’« aide au développement » en Afrique.

Exporter le modèle d’exploitation

Sur la plateforme de microblogging chinoise Weibo, certains internautes ont suggéré que l’émeute s’est produite parce que les patrons chinois traitent les travailleurs zambiens exactement de la même façon qu’ils traitent les travailleurs en Chine : salaires et protections sociales minimes.

« Quand [les affairistes chinois] traitent les travailleurs zambiens de la même manière qu’ils traitent les travailleurs chinois, les conséquences sont différentes.

Ils pensent que tout être humain peut être traité de cette façon. (Mais) les Zambiens ne le toléreront pas. Combien de temps les Chinois le toléreront ils ? »

Un autre internaute commente :

« Récemment, un conflit du travail s’est produit dans une mine de charbon zambienne appartenant à la Chine. Un superviseur chinois est mort alors et beaucoup ont été blessés. Ce n’est pas un incident isolé. Alors que les Occidentaux exportent leurs idéologies, les Chinois aiment exporter leurs normes de travail excessivement médiocres. Ensuite, des tragédies en résultent. »

Beaucoup ont été surpris lorsqu’un intervenant sur un forum populaire a souligné que le nouveau salaire minimum zambien est supérieur à celui de Pékin. Le salaire minimum mensuel moyen des travailleurs en Zambie est de 1 132 400 kshilings [PDF] (environ 178 euros), tandis qu’à Pékin, il est de 1 260 reminbi (environ 160 euros). A la fin de l’article, l’auteur demande :

« Il semble que nous ayons pris du retard sur l’Afrique. Quel imbécile a décidé de les aider ? »

Diplomatie d’aide au développement


Logo officiel du Forum de la coopération Chine-Afrique

La Chine a fourni des quantités massives d’aide au développement, de prêts ainsi que de l’expertise aux pays africains, en échange d’un soutien dans les relations diplomatiques. Mais certains internautes doute

nt de l’efficacité de la décennie de la « diplomatie d’aide au développement » après les émeutes :

« Le gouvernement chinois est vraiment facile ! L’Afrique n’a pas résisté quand elle était maltraitée par l’Occident. La Chine apporte de l’argent pour leur embrasser le cul.

Quand la Chine renforce la relation amicale avec l’Afrique, les pays africains se contentent de vous [la Chine] voir comme des idiots ! »

Yuaner1989 se plaint que l’Afrique ne soit pas reconnaissante de l’assistance de la Chine dans la construction d’infrastructures :

« Une émeute s’est produite en Zambie. Des Chinois ont été enlevés par leurs “ vieux amis ” du passé. Auparavant, l’Afrique était reconnaissante de l’aide désintéressée de la Chine pour son développement.

Pourquoi sont-ils devenus hostiles ? Alors que la Chine prend de l’importance, elle a de moins en moins d’amis. Les temps ont changé. La Chine doit elle se trouver d’autres amis ? »

Il y avait aussi des réponses plus réfléchies, qui mettent en évidence l’exploitation et la négligence des besoins locaux par les entreprises chinoises :

« Depuis le conflit de travail dans une mine de charbon en Zambie, nous pouvons voir des responsabilités internationales des entreprises de notre pays.

Autrefois, nous avons été colonisés par les pays impérialistes, et avons ressenti la douleur de l’exploitation et du servage. Aujourd’hui, les pays occidentaux considèrent l’Afrique comme étant une colonie de la Chine, et nous rejetons ces accusations.

Mais n’est-il pas temps que nous réfléchissions ? Nous avons des sociétés en Afrique pour ouvrir des mines. En plus de la poursuite de nos intérêts corporatifs, nous devons veiller à leurs intérêts, y compris la protection de l’environnement, la philanthropie, la protection sociale, les salaires et les avantages sociaux ! »

Traduit par Anna Gueye

Publié initialement sur
Global Voices
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  • Brédala
    Brédala
    passons...
    • Posté à 16h50 le 23/08/2012
    • Internaute 63792
      passons...

    Pourquoi cet excellent article n’est pas à la Une, à la place d’un autre qu’on trimballe depuis 3 jours ?
    Faut s’occuper de tout ici !
    Allez courage !

  • vilmorpheus
    vilmorpheus
    Idéaliste
    • Posté à 17h15 le 23/08/2012
    • Internaute 86413
      Idéaliste

    C’est un article qui tente de légitimer le colonialisme chinois en Afrique ? ? ? Est-ce de l’ironie ? Je ne suis pas sûr d’avoir compris le sens du texte.
    La fin me laisse douter..

    • A déménagé le 02.01.2013
      • Posté à 18h26 le 23/08/2012
      • Internaute 74652

      Il ne s’agit pas de légitimation du « colonialisme chinois ».

      Prenez un autre exemple : l’Amérique Latine

      Peuplée vague par vague par le « Vieux Continent » depuis ses origines : il suffit de 2 langues (Espagnol et Portugais) pour traverser 20 états différents.

      La majorité de ces pays d’Amériques Latine ont opté pour le droit « Napoléonien’.

      En 1946, André Malraux reconnaissait suite à un voyage au Mexique l’importance de cet héritage (i.e création de la Maison de l’Amérique Latine à Paris).

      Et alors .... ?

      Nous n’avons pas su reconnaitre les aspirations de ces pays vers un développement économique plus favorable, les dirigeants Européens sont “attachés et sclérosés à l’attachement culturel”. (Note : toujours la même rengaine nos ambassades sont peuplées d’attachés culturel et lors des visites officielles un président se trimballe dans son avion avec 40 chefs d’entreprises ... la belle affaire !).

      Les USA avaient compris autre chose et les “multinationales” et les “dictatures” assoiffées de revenus ont sauter à la hussarde sur l’occasion.Ce fut un échec après des années d’ingérence.

      Ces expériences leur ont fait “une belle jambe” dans le contexte actuel de mondialisation des échanges et d’un idéal de redistribution des revenus équitable.

      Et voilà en 10 ans la Chine est devenue le 1er partenaire économique de ce Continent Sud Américain (Chili, Brésil, Mexique, Pérou, Venezuela, etc.)

      C’est juste un virage de plus, d’accord, mais il ne faut pas traiter les autres de lépreux quand on ne peut pas faire face à son propre échec.

      • gwinver
        • Posté à 18h50 le 23/08/2012
        • Internaute 157645

        « mais il ne faut pas traiter les autres de lépreux quand on ne peut pas faire face à son propre échec »
        je suis pas sûr d’avoir compris ? on n’a pas le droit de critiquer la politique Chinoise en Afrique qui pille allègrement et exploite les Africains d’une façon bien pire que n’ont pu le faire les entreprises européennes ?

         
        • A déménagé le 02.01.2013
          • Posté à 19h31 le 23/08/2012
          • Internaute 74652

          Je n’ai pas écrit sur l’Afrique et/ou les africains.Je me suis exprimé sur l’Amérique du Sud.

        • Conventionnel
          Conventionnel répond à gwinver
          On ne peut régner innocemment
          • Posté à 19h45 le 23/08/2012
          • Internaute 169038
            On ne peut régner innocemment

          Il est effectivement possible que vous n’ayez pas bien compris ... On peut effectivement critiquer la politique de coopération chinoise en Afrique, mais on peut aussi éviter d’asséner des contre-vérités comme « la Chine pille allégrement et exploite les Africains », surtout lorsqu’on ajoute une ineptie évidente comme « d’une façon bien pire que n’ont pu le faire les entreprises européennes ».
          J’imagine que vous n’avez pas connu la période coloniale mais vous êtes-vous déjà rendu dans un pays d’Afrique et avez-vous déjà dialogué avec des Africains ?

          • gwinver
            gwinver répond à Conventionnel
            • Posté à 21h03 le 23/08/2012
            • Internaute 157645

            « mais vous êtes-vous déjà rendu dans un pays d’Afrique et avez-vous déjà dialogué avec des Africains ? “
            oui et j’ai pu comparer entreprises asiatiques (pas seulement chinoise mais aussi malaise) et entreprises européennes, libanaises... et en dialoguant avec les Africains, ils préfèrent tous travailler dans des entrepirses européennes ou libanaises qu’asiatiques

            • TienTien
              TienTien répond à gwinver
              impavide devant les ruines de (...)
              • Posté à 23h14 le 23/08/2012
              • Internaute 86881
                impavide devant les ruines de (...)

              « Ils préfèrent tous travailler dans des entreprises européennes... »
              C’est sûr ça ! L’actualité toute récente nous en a donné un éclatant exemple avec la mine de platine exploitée par Lonmin (UK) en Af.du Sud...Non content de payer les mineurs au lance-pierre, on les fait tirer comme des pigeons.

              • gwinver
                gwinver répond à TienTien
                • Posté à 23h20 le 23/08/2012
                • Internaute 157645

                je ne parlais que de l’Afrique francophone, le reste je ne connais pas

            • Conventionnel
              Conventionnel répond à gwinver
              On ne peut régner innocemment
              • Posté à 08h29 le 24/08/2012
              • Internaute 169038
                On ne peut régner innocemment

              Pour le cas où vous ne l’auriez pas compris, la Malaisie n’est pas la Chine et le Liban est en Asie ...

              • gwinver
                gwinver répond à Conventionnel
                • Posté à 10h14 le 24/08/2012
                • Internaute 157645

                sans déconner ? vous savez pour moi, passé Strasbourg, à l’Est y a que des étrangers Chinois ou autres ...
                Plus sérieusement, je soulevais le fait que les Chinois ne sont pas les seuls à piller ainsi l’Afrique il y a notamment la Malaisie.
                Les Libanais, bien que géographiquement en Asie, sont implantés depuis bien plus longtemps et ont des méthodes très différentes des Asiatiques de l’Est.

        7 autres commentaires
  • Sebek
    Sebek
    Assis debout
    • Posté à 17h29 le 23/08/2012
    • Internaute 148937
      Assis debout

    Récemment, un ami congolais m’expliquait que la situation là où il vit actuellement - pas aussi explosive, certes - dégénérait lentement mais sûrement. Mêmes soucis : les occidentaux arrivent avec leurs idéologies et leurs ressortissants pour les postes les mieux payés (laissant des miettes pour se donner bonne conscience), et les Chinois grignotent petit à petit les places des emplois les moins bien payés, car supportant un salaire plus faible. Résultat ? Les autochtones se retrouvent dans un étau insupportable.

    Ceci dit, je trouve les Chinois bien hypocrites de profiter de leur passé de peuple colonisé, pour en profiter et infliger la même chose en Afrique. Ils ont dû prendre des leçons en occident : un passé malheureux excuse les exactions nouvellement commises.

    Bon courage aux peuples africains ...

  • Zeki
    Zeki
    Curieux de tout
    • Posté à 17h39 le 23/08/2012
    • Internaute 64085
      Curieux de tout

    « Quand [les affairistes chinois] traitent les travailleurs zambiens de la même manière qu’ils traitent les travailleurs chinois, les conséquences sont différentes. »

    C’est cool, parceque le modèle d’exploitation neocolonial mis en place par foccart les considère comme des sous hommes voire de simples outils ... quoique c’est un progrès par rapport au code de l’indigenat qui rendait les nazis tant jaloux de nos legislations racialistes.
    Les ivoriens avec pres de 75% de leur PIB siphonnés par la france et des exploitants français justifiant notre ingérence militarisée afin d’installer un ouatara plus docile regrettent peut etre la concurrence asiatique... car dans l’etat actuel du systeme, seule la concurrence entre exploiteurs peut aboutir à une amelioration beneficiant à ces populations méprisées.

    • Leon 777
      Leon 777 répond à Zeki
      artiste
      • Posté à 17h43 le 23/08/2012
      • Internaute 128120
        artiste

      « le modèle d’exploitation neocolonial mis en place par foccart les considère comme des sous hommes voire de simples outils ... “

      sources svp

      • Zeki
        Zeki répond à Leon 777
        Curieux de tout
        • Posté à 17h49 le 23/08/2012
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        Allez c’est cadeau en mode coupé(la tête)-décalé(le reste) :
         »...
        Accueil du site > Françafrique > La Françafrique
        La Françafrique

        2000 par François-Xavier Verschave
        THÈMESFRANÇAFRIQUE

        Retranscription de conférences-débat données par F. X. VERSCHAVE, président de Survie de 1995 à 2005.

        (L’ensemble de ces textes a été publié en 2000 dans un petit fascicule intitulé Françafrique, le crime continue, Tahin Party.)

        « Je suis dans le malheur. Je ne veux pas retourner dans un pays noir. »

        Bouna Wade, Sénégalais de 17 ans, mort le 9 juin 1999 en tentant de rallier clandestinement la France par avion.

        La Françafrique
        Le Crime Continue
        L’Espérance, les Résistances
        Questions-Réponses
        Questions-Réponses (suite)
        Questions-Réponses (fin)

        Je commencerais par une précaution oratoire : mon exposé en prendra forcément l’allure puisqu’il me faut résumer en peu de temps environ mille pages de faits et d’analyses, assorties de plus de deux mille notes - le contenu des deux ouvrages que j’ai publiés récemment : La Françafrique et Noir Silence . J’y renvoie ceux qui veulent du détail, de la précision, davantage de nuances. Ici, j’essaierai de dégager des lignes de force, en relation avec la question qui nous préoccupe ce jour.

        Il me faut d’abord rappeler brièvement les schémas de fonctionnement de la politique franco-africaine, ses logiques. Il n’est pas possible, sinon, de situer les responsabilités dans la succession de crimes contre l’humanité et de génocides qu’elle a couverts, ou parfois agencés. On peut représenter cette politique par deux schémas : celui de l’iceberg, et celui d’un réseau pyramidal, dont la tête saute à la mort de Pompidou pour laisser place à la juxtaposition d’une douzaine de réseaux et lobbies parallèles.

        Dès son retour au pouvoir en 1958, De Gaulle comprend qu’il est acculé à accorder les indépendances africaines. Les discours décolonisateurs américain et soviétique renforcent en effet le mouvement des peuples. Il accorde donc ces indépendances : c’est la face émergée de l’iceberg, toute blanche, « la France amie de l’Afrique », etc. En même temps, De Gaulle demande à son bras droit Jacques Foccart de mettre en place un système de dépendance intégrale : il s’agit de conserver un cortège d’États clients, l’accès à des matières premières stratégiques, et la dîme pour son parti politique. Sous la légalité proclamée s’installe donc une illégalité de fait. Organiser cette illégalité sur quarante années n’a pu se faire que par des moyens illégaux, inavoués.

        Foccart commence par sélectionner des chefs d’État « amis de la France » - par la propagande, des fraudes électorales massives, et deux punitions exemplaires : l’épouvantable répression des indépendantistes camerounais, l’élimination du président togolais élu malgré la fraude, Sylvanus Olympio. Le seul rescapé de ses complots, Sékou Touré, en deviendra paranoïaque. Foccart tient son « pré-carré » par un contrôle économique, monétaire, militaire et barbouzard. La convertibilité du franc CFA permet tous les circuits parallèles d’évasion de capitaux, de la rente des matières premières et de l’aide publique au développement. Paris impose une série d’accords militaires léonins, largement secrets. Chaque chef d’État est chaperonné par un officier de la DGSE, qui en principe le protège, mais peut aussi favoriser son élimination, comme dans le cas d’Olympio. Les Services français recourent au besoin à des groupes de mercenaires ou des officines de vente d’armes. Ils disposent de ressources supplémentaires et de faux nez commodes grâce à une série d’entreprises, grandes ou petites. Loïk Le Floch-Prigent l’avoue carrément dans sa confession : Elf a été constituée, entre autres, à cet effet. De même, quantité de PME de fournitures ou de « sécurité » ont permis, par leurs surfacturations, de financer les aventures tricolores des Denard et compagnie, au Congo-Kinshasa, au Nigeria, aux Comores, etc. - jusqu’à l’envoi de mercenaires serbes au Zaïre. Cette constellation de moyens de dépendance illégale est tout à fait attestée. Ceux qui ont vécu durant ces quarante dernières années dans les pays francophones au sud du Sahara ne discutent pas cette influence prépondérante de la France - qui est, j’insiste, une illégalité, puisque la légalité, c’est l’indépendance. Prenez le cas du Gabon et de sa rente pétrolière - la différence entre le coût d’extraction et le prix du marché. Cet argent, plus d’une centaine de milliards de francs depuis 1960, s’est comme évaporé. Il n’y a pas grand-chose de légal dans cette affaire. Pendant ce temps, les Gabonais sont parmi les peuples de la terre les plus mal soignés. Autrement dit, ils n’ont guère vu la couleur de leur or noir, ils en ont été spoliés.

        Depuis l’Élysée, donc, Foccart tenait les fils militaires et civils de son réseau occulte, très arrosé. Lorsque Giscard l’a limogé, la tête de ce réseau pyramidal a sauté, d’autres réseaux et lobbies ont conquis leur autonomie. En caricaturant, on est passé du réseau Foccart, avec une stratégie de raison d’État contrôlée depuis la présidence de la République, aux frères et neveux de Giscard, aux fils de Mitterrand et Pasqua… À la tête d’Elf, on est passé de Guillaumat, ancien ministre des Armées, aux frasques mégalomanes du couple Le Floch, manipulé par l’inquiétant Sirven. Une douzaine de réseaux ou lobbies se juxtaposent, plus ou moins autonomes, avec chacun leur micro-stratégie - un peu comme un manège d’autos tamponneuses. C’est devenu cela, la politique africaine de la France. Ce qui complique la question de la responsabilité. Il n’y a plus un décideur, Foccart, rendant compte quotidiennement à De Gaulle. Il y a de multiples (ir)responsables, des chefs de réseaux jusqu’aux échelons subalternes, s’accoutumant à la délinquance, au crime économique et politique.

        Et puis il y a une responsabilité supérieure : tous les présidents de la République et les Premiers ministres depuis vingt-cinq ans ont parfaitement toléré ce système devenu chaotique, incontrôlable, tout en sachant que ce système est criminel, que ses acteurs pratiquent des méthodes de voyous, qu’ils disposent de caisses noires phénoménales, qu’ils interviennent dans un contexte dégradé par la manipulation de l’ethnicité, et qu’ils sont parfois aussi peu lucides qu’une bande d’ingénieurs ivres dans une centrale de Tchernobyl. La responsabilité la plus grande appartient à ceux qui autorisent ce n’importe quoi.

        Énumérons ces réseaux et lobbies. Le réseau initial, le réseau Foccart, a été légué à Jacques Chirac. Dès 1970, Charles Pasqua s’est disputé avec Foccart. Il a édifié, à son compte, un puissant réseau. Celui de Giscard n’a pas eu la même ampleur, ni celui des Mitterrand père et fils (souvent allié au réseau Pasqua). Il faudrait encore citer le réseau d’Alain Madelin et celui de Michel Rocard, ascendant. À côté, quelques grandes entreprises mènent leur propre stratégie de monopole. Elf gouverne trois ou quatre pays, comme le Gabon, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, elle fait la politique de la France en Angola ou au Nigeria, etc. Le groupe Bouygues contrôle les services publics en Côte d’Ivoire et a bénéficié de gros marchés privilégiés, tout comme Suez-Lyonnaise-Dumez et son méga-corrupteur André Kamel. Le groupe Bolloré a bâti un empire africain dans le transport, la logistique, le tabac, et d’autres matières premières agricoles ou sylvicoles. Il est en passe de remplacer Elf pour la qualité de ses liens avec les services secrets : son « Monsieur Afrique », Michel Roussin, est l’ancien numéro deux de la DGSE.

        Il y a ensuite l’État-major, où la plupart des officiers ont connu des carrières africaines accélérées : il fait la politique de la France à Djibouti et au Tchad. Il y a les différents services secrets, généralement rivaux : la DGSE, pionnière et encore pivot, mais aussi la DRM (Direction du renseignement militaire), qui a joué un rôle important au Rwanda ; la DST (Direction de la surveillance du territoire), qui s’aventure hors de l’Hexagone dans des pays comme le Soudan, l’Algérie, la Mauritanie, le Gabon ou le Burkina , la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la Défense), ex-Sécurité militaire, qui est censée contrôler les trafics d’armes et les mercenaires, et dont je montre dans Noir silence qu’elle y est totalement mêlée. Il faut aussi tenir compte d’excroissances francs-maçonnes, notamment à la Grande Loge nationale française, héritière des loges coloniales, où l’on retrouve à la fois les généraux Déby, Sassou-Nguesso, Compaoré et Gueï, Omar Bongo et les deux cents principaux décideurs gabonais, les anciens ministres Roussin et Godfrain, une bonne partie de l’establishment de l’armée, des Services, des médias français, ainsi que les grands aiguilleurs de la corruption (Méry, Pacary, Crozemarie,…). Citons encore les Rose-Croix, très influents en Afrique centrale, des sectes diverses, etc.

        On peut se représenter le système de décision franco-africain comme une grille de mots croisés. En chacun de ces réseaux et lobbies, représentés comme des colonnes verticales, peuvent coexister, telles des strates horizontales, toute une série de motivations, depuis les zones les moins rationnelles du cerveau jusqu’aux plus intellectuelles. Partons des strates les plus basses : on rencontre les affaires de mœurs, qui ne peuvent être passées sous silence parce que, omniprésentes, elles procurent des moyens de chantage considérables sur un certain nombre de personnalités françaises ; on remonte à l’avidité criminelle (trafics d’armes, de mercenaires, de drogue, blanchiment d’argent), puis au lucre rentier, la captation des matières premières et de l’aide au développement (elle n’est pas présentée comme criminelle, mais l’exploitation du pétrole ou de la forêt s’accompagne souvent d’assassinats politiques, de guerres civiles, ou de massacres de populations).

        Continuant de remonter l’échelle des motivations, on trouve les corporatismes militaires, les copinages entre l’armée française et un certain nombre de chefs d’État militaires, avant ou après leurs coups d’État. On croise ensuite les obsessions ou schémas géopolitiques : le syndrome de Fachoda - la phobie des Anglo-Saxons -, la grande politique arabe de la France, la défense de la Francophonie, voire certaines idées plus généreuses.

        En fait, pour comprendre la politique de la France dans un pays africain, il faut chaque fois remplir cette grille de mots croisés : il faut se demander, au Rwanda, au Togo ou ailleurs, quels sont les réseaux présents et quelles sont leurs motivations ; les cases de la grille représentent leurs conjonctions ; lorsque, dans un pays, un réseau a une motivation précise, on remplit d’un gris plus ou moins foncé la case correspondante, selon l’influence locale du réseau et la force de cette motivation. Chaque réseau, rappelons-le, a souvent plusieurs motivations : certains vont à la fois défendre la grandeur de la France, avoir des intérêts privés considérables, être pris dans des mécanismes de chantage, etc. Cet ensemble de cases plus ou moins noircies, différent d’un pays à l’autre, fournit la représentation de systèmes complexes, dépendant aussi des liens avec les dirigeants africains. Car si je parle de « Françafrique », c’est que tout ce système fonctionne grâce à la mise en place, la protection et la pérennisation des chefs d’État « amis », de leurs régimes claniques et clientélistes, dont certains ont partiellement inversé la relation de dépendance, tant ils ont accumulé les moyens de pression sur les décideurs français.

        Ce cadre étant esquissé, ajoutons quelques indications sur l’iceberg avant de passer aux différents crimes contre l’humanité et génocide(s) commis depuis quarante ans au gré de ses dérives

        La majeure partie de la relation se passe en dessous de la ligne de flottaison, dans une zone sombre. Il faut s’accoutumer à des règles de fonctionnement souterraines (ou sous-marines), qui n’ont pas grand-chose à voir avec celles que nous connaissons, avec la légalité internationale, la fiabilité de l’information ou le théâtre politique hexagonal. Ainsi, l’opposition droite/gauche y est largement dépassée. Charles Pasqua et François Mitterrand se rencontraient régulièrement dans une villa d’Elf. Ils avaient la même conception de l’Afrique, à base de pessimisme cynique. Les fréquentes alliances entre les réseaux Pasqua et Mitterrand avaient de quoi dérouter, dans les années quatre-vingt, les électeurs de leurs partis respectifs.

        Sur un autre registre, Loïk Le Floch-Prigent a confirmé récemment, dans un documentaire d’Arte, qu’Elf armait les deux côtés de la terrible guerre civile angolaise, qui a fait des centaines de milliers de morts, transformant l’un des pays les plus riches d’Afrique en l’un des pays les plus pauvres. Total a fait de même. Dans la guerre civile au Congo-Brazzaville, les réseaux français ont également armé et financé les deux camps. C’est arrivé aussi au Tchad, etc. La première fois que nous avons rencontré ce double jeu, nous avons été surpris. En fait, c’est assez courant. Cela permet de maintenir un pays dans un état exsangue, avec un État diminué, auquel il est plus facile d’arracher des concessions.

        Explorant la face immergée de l’iceberg, nous avons découvert que ceux qui avaient pris le pouvoir sur Elf à partir des années 80 étaient d’abord des vendeurs d’armes : ce n’étaient pas les pétroliers qui faisaient accessoirement des ventes d’armes, mais des gens dont la compétence principale était la vente d’armes qui étaient devenus les stratèges de la conquête pétrolière : les Alfred Sirven, Étienne Leandri, Pierre Léthier ou leurs disciples. Pourquoi l’affaire Elf est-elle partie d’une vente d’armes (à Taiwan, en apparence du moins) ? Parce que ce sont les mêmes réseaux et circuits de corruption.

        L’intersection est très large entre ventes d’armes et de pétrole. De même entre ces ventes et les Services. Sirven est un honorable correspondant de la DGSE, il était « traité » par le numéro deux de la DGSE, Pierre Léthier - que l’on retrouve dans une autre affaire Elf, Mitterrand-Kohl ou Leuna-Minol, révélatrice de l’état de nos démocraties européennes. Ainsi, une partie des fonds gigantesques de la rente pétrolière (comme de l’exploitation forestière) et des commissions sur les ventes d’armes sont récupérées par les gens des services secrets, qui multiplient par trois, cinq ou davantage les crédits votés par le Parlement. Cela leur permet de financer des guerres secrètes, ou les « coups tordus » dont ils se sont fait une réputation depuis la guerre d’Algérie. Accessoirement, avec au moins trois milliards de francs sur ses comptes en Suisse, Sirven peut se vanter d’avoir acheté la quasi-totalité de la classe politique française...

        En regardant d’encore plus près le fonctionnement de ces gens des Services, on s’aperçoit que leurs réseaux sont branchés de longue date sur le trafic de drogue, depuis la guerre d’Indochine, et sur les circuits africains du blanchiment d’argent, via les loteries, paris hippiques et casinos. À cet égard, certains pays comme les Comores, Djibouti ou la Guinée équatoriale font figure de plaques tournantes, objets de convoitises récurrentes. L’ampleur de ces intersections, comme on dit en mathématiques, révèle le délabrement des régulations financières et démocratiques. Quelle rationalité subsiste-t-il dans les décisions politiques de la France vis-à-vis de l’Afrique ? Quelle capacité d’informer pour les médias français, au milieu de telles pressions ?

        J’en arrive aux crimes contre l’humanité et aux génocides qui ont été commis durant cette période, dans les pays soumis à l’influence française. Il convient, je le rappelle, de distinguer deux périodes : avant 1974, la responsabilité élyséenne, sous la baguette de Foccart, est dominante ; après, on entre dans l’ère de l’« irresponsabilité » partagée, encouragée. Je rappelle aussi que l’hôte actuel de l’Élysée, Jacques Chirac, est l’héritier du réseau et des méthodes de Foccart. Sans la même exclusivité, certes, mais il est quand même le chef des Armées et le patron de la DGSE.

        De 1955 à 1970 (avec une pointe de 1957 à 1963), la France déclenche une guerre semblable à celle du Vietnam pour écraser le mouvement indépendantiste UPC de Ruben Um Nyobé. Une répression épouvantable fait de cent à quatre cent mille morts (le bilan n’a jamais pu être fait). Elle ne figure dans aucun manuel français d’histoire, bien entendu. Ce massacre a pris rapidement une tournure raciste, c’est-à-dire qu’on a stigmatisé les ennemis politiques comme appartenant à une seule ethnie, les Bamiléké - ce qui n’était pas vrai.

        On a attisé et cristallisé une haine ethnique. Un officier français, le colonel Lamberton, a écrit dans une revue militaire un passage que je suis obligé de vous citer tellement il évoque des tragédies plus actuelles : « Le Cameroun s’engage sur les chemins de l’indépendance avec dans sa chaussure un caillou bien gênant. Ce caillou, c’est la présence d’une minorité ethnique, les Bamiléké, en proie à des convulsions dont l’origine ni les causes ne sont claires pour personne. […] Qu’un groupe de populations nègres réunisse tant de facteurs de puissance et de cohésion, n’est pas si banal en Afrique Centrale. […] L’histoire obscure des Bamiléké n’aurait d’autre intérêt qu’anecdotique si elle ne montrait à quel point ce peuple est étranger au Cameroun ».

        La volonté de « puissance », la fable du peuple « étranger »… Moyennant quoi, on a massacré dans des proportions indicibles. Il y a deux, trois ans, quand j’ai enquêté sur cette guerre atroce, les gens qui l’avaient connu n’osaient toujours pas en parler, tellement ils restaient terrorisés. C’est inimaginable. La décolonisation de l’Afrique subsaharienne a été inaugurée par un vaste et long crime contre l’humanité, commis par des troupes françaises et leurs auxiliaires africains, les fameux « tirailleurs sénégalais » - plutôt tchadiens en l’occurrence.

        Ensuite il y a eu la guerre du Biafra. Elle est plus connue sous l’angle de l’invention des Médecins Sans Frontières. Mais la réalité n’a pas grand-chose à voir avec ce qui nous a été raconté en France, version humanitaire . La Françafrique a soutenu dès le début une tentative de sécession de la province pétrolière du Nigeria, contre la volonté d’une majorité de ses habitants. Foccart, depuis l’Élysée, et le président ivoirien Houphouët ont mené cette guerre contre les Anglo-Saxons, fournissant une grande partie de la logistique et de l’armement, avec le Gabon comme base arrière. L’emblème de la Croix-Rouge a été vite détourné : les avions soi-disant destinés au pont aérien humanitaire livraient aussi des armes. Jean-Franklin Narodetzki a parlé ce matin de l’invention du « militaro-humanitaire » à propos de la guerre civile en Bosnie : je crois qu’elle a eu lieu beaucoup plus tôt, dès la guerre du Biafra.

        Dans son livre extrêmement documenté, La politique africaine d’Houphouët-Boigny , Jacques Baulin a écrit à ce sujet un chapitre édifiant. Une société suisse était chargée de la propagande du Biafra. Baulin a retrouvé ses argumentaires. Le gouvernement fédéral du Nigeria était accusé de vouloir affamer les Biafrais. Il y a eu certes une famine très importante dans le réduit sécessionniste. Mais c’est le camp séparatiste qui a refusé la proposition d’un approvisionnement diurne : il voulait conserver les vols nocturnes mêlant les armes à la nourriture. La manipulation de l’humanitaire, au grand dam des populations civiles, ne date pas d’hier.

        En 1972, au Burundi, la dictature militaire tutsie a procédé au massacre systématique de l’élite hutue - quelque 200 000 personnes : un crime contre l’humanité massif, qui peut être qualifié de massacre génocidaire, sinon de génocide. La France était l’alliée du régime burundais, les moyens de sa coopération militaire ont facilité les massacres. Une responsabilité bien peu connue. Tout comme celle des réseaux françafricains dans les atroces guerres civiles du Liberia et de la Sierra Leone.

        En 1987, la Libye et Foccart font assassiner Sankara, avec la complicité d’Houphouët. Leur ami Blaise Compaoré prend les rênes du Burkina. Tout ce beau monde, y compris le général ivoirien Robert Gueï, prépare l’agression du Liberia « anglo-saxon », fin 1989, par les commandos de l’entrepreneur de guerre Charles Taylor. Deux ou trois ans plus tard, un disciple de Taylor, Foday Sankoh, monte une succursale en Sierra Leone, le sinistre RUF. La Françafrique a longuement soutenu et approvisionné, par ses achats de matières premières (bois, caoutchouc, diamants) et ses trafics d’armes, ces deux guérillas siamoises qui ont alerté la planète par une surenchère dans l’horreur - jusqu’aux loteries à l’amputation .

        Toujours dans la même logique de concurrence avec les Anglo-Saxons, la Françafrique a établi un avant-poste au Rwanda. Je laisse à Jean-François Dupaquier le soin de parler des responsabilités françaises dans cette affaire, qui sont incroyables. Si l’on se réfère à la grille indiquée plus haut, on observera à l’époque, auprès du régime Habyarimana et du Hutu power, la présence du réseau Mitterrand, avec différentes motivations que je vous laisse imaginer. Il y avait aussi la DRM, qui a joué un rôle de propagande très important, ne cessant de dénigrer les Tutsis, qualifiés de « Khmers noirs ». Les génocidaires, eux, appelaient les Tutsis des « cancrelats ». À leurs côtés, les Services français n’ont pas trouvé mieux que de lancer une « Opération insecticide », via Paul Barril . Ce travail de diabolisation n’a pas été sans effets…

        Je terminerai ce trop rapide survol par les crimes contre l’humanité massifs au Congo-Brazzaville . Après un premier coup d’État manqué en 1991, la Françafrique a restauré le dictateur déchu Denis Sassou-Nguesso en 1997, au terme d’une guerre civile. Celui-ci ayant repris ses habitudes autocratiques et prédatrices, la guerre est renée de ses cendres, entraînant une répression épouvantable. Les troupes ou plutôt les milices de Sassou y ont été secondées par une coalition françafricaine de circonstance : un corps expéditionnaire venu de l’Angola (un régime allié d’Elf, de Chirac et des réseaux Pasqua) ; un contingent tchadien de l’ami Idriss Déby ; des restes de la Garde présidentielle de Mobutu et des forces rwandaises qui encadrèrent le génocide ; des mercenaires français, et de « vrais-faux mercenaires », c’est-à-dire des militaires tricolores déguisés en mercenaires ; le tout avec l’argent d’Elf, de Bolloré, de grandes banques françaises. Entre décembre 1998 et décembre 1999, les agressions à connotation ethnique contre les populations civiles, au sud de Brazzaville et du pays, ont fait au moins autant de victimes que, durant la même période, au Kosovo, à Timor Est et en Tchétchénie réunis - en termes de morts ou de viols.
        ... » Lien

         
        • Jaguar_
          Jaguar_ répond à Zeki
          Félin
          • Posté à 17h53 le 23/08/2012
          • Internaute 125154
            Félin

          PAVAY CESAR !
          (j’ai pas lu)

          • Zeki
            Zeki répond à Jaguar_
            Curieux de tout
            • Posté à 18h09 le 23/08/2012
            • Internaute 64085
              Curieux de tout

            Bug informatique... je voulais ne poster que la partie commençant avec le genocide des bamilekes et le traitement raciste associé. Mais il faut pour appréhender une complexe réalité savoir lire une prose plus longue qu’un tweet.
            C’est d’ailleurs votre brillant commentaire riche en informations sur vos capacités cognitives qui m’a empêché de le raccourcir... donc merci.

        • A déménagé le 02.01.2013
          • Posté à 19h02 le 23/08/2012
          • Internaute 74652

          et m .... au C/C ! ! !

          Votre post reflète votre opinion je n’en doute pas.

          Mais de la même façon : sans synthèse , sans avis personnel et sans structure propre à vos opinions cela ressemble à un C/C Wikipédia pour une rédaction de Lycée faite dans l’urgence.

          Ça vaut zéro ... et même mettre le lien ne signifie pas que vous avez compris ou bien même que vous restiez dans le sujet.

          • Zeki
            Zeki répond à A déménagé le 02.01.2013
            Curieux de tout
            • Posté à 21h25 le 23/08/2012
            • Internaute 64085
              Curieux de tout

            C’est con je répondais à leon sur le système foccart et un bug m’a conduit à pos(t)er ce pâté. Cela dit j’ai passé l’age de me faire noter par des prof de lycée aussi cons qu’incompétents.
            Ce faisant je vous laisse à votre distribution de bons points car tres sincèrement j’ai une brochette de trolls sur le feu bien plus amusants que vous...

        • Lairderien
          Lairderien répond à Zeki
          • Posté à 18h11 le 24/08/2012
          • Internaute 22751

          J’ai lu...et j’ai vomi !
          Pourtant je connaissais la plupart de ces turpitudes au fil des ans en commençant par exemple par le Biafra. Mais lire une synthèse de ces horreurs de l’exploitation d’un continent, ça fout les boules.

          Le bug qui vous a fait publier ce texte, c’était certainement parce qu’il devait être lu ; -)

          Ne vous occupez pas des détracteurs habituels, il est bon de rappeler que c’est bien l’ensemble de nos dirigeants occidentaux et l’oligarchie française, anglo-saxonne européenne et Etatsunienne qui agit de la même façon pour piller partout de par le monde.

          Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une pensée pour les crocs de boucher qui sont bien mal utilisés.

          • Zeki
            Zeki répond à Lairderien
            Curieux de tout
            • Posté à 19h09 le 24/08/2012
            • Internaute 64085
              Curieux de tout

            Surtout pas les crocs... nous leur donnerions un tres bon prétexte pour nous mettre au pas. Et moralement, ce n’est vraiment pas glorieux de s’abaisser à user de leurs methodes violentes.

            Apres si c’est juste une pensée... ça ne peut pas faire grand mal.

            • Lairderien
              Lairderien répond à Zeki
              • Posté à 20h43 le 24/08/2012
              • Internaute 22751

              Ce n’est hélas qu’une pensée impulsive, découlant forcément de la violence de la situation !

              Par nature, je déteste la violence. C’est facile avec mon gabarit (1.83m/100Kg) qui en a toujours imposé, m’évitant ainsi beaucoup de coups fourrés, d’autant que sauf tout gamin, je ne me suis jamais bagarré physiquement avec qui que ce soit.
              Je préfère de loin les joutes verbales ; -)

        7 autres commentaires
    • gwinver
      gwinver répond à Zeki
      • Posté à 18h46 le 23/08/2012
      • Internaute 157645

      Avez vous vu des entreprises chinoises en Afrique et comparé avec des entreprises françaises pour écrire de telles inepties ?
      c’est sûr, y a une marge de progression au niveau social dans les entereprises françaises mais elle est carrément plus importante dans les entreprises chinoises ! ! !
      Après, si ça vous amuse de ressortir Foccart ... (c’est un peu hors sujet, il s’intéressait plutôt aux systèmes politiques -y compris en lien avec les entreprises- qu’à l’aspect social dans les entreprises)
      Quant à Ouattara, faut pas oublier que la France a sauvé Gbagbo ... donc la France n’était pas aussi partiale que ça au départ...

      • Zeki
        Zeki répond à gwinver
        Curieux de tout
        • Posté à 21h34 le 23/08/2012
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        Vous ne mesurez pas le ridicule de votre intervention ?
        Mesurez vous la différence entre l’exploitation néolibérale (chinoise ou autre) et la domination neocoloniale ?
        Non, toujours pas. Allez réfléchissez entre une politique d’entreprise et une politique d’un état... et d’ici à ce qu’ils n’aient plus le franc cfa mais le yuan cfa de l’eau aura croupit sous les ponts.

        PS : si vous ne comprenez pas pourquoi la france a sauvé par le passé gbagbo, parlant de partialité, je ne sais si vous comprendrez un jour mon propos qui pour le coup est simplissime.

         
        • gwinver
          gwinver répond à Zeki
          • Posté à 21h47 le 23/08/2012
          • Internaute 157645

          ce n’est pas parceque la méthode chinoise s’appuie moins sur les états qu’elle est moins nocive : à vous lire vous n’avez jamais du pouvoir comparer entreprise asiatique et entreprise européenne en Afrique

          • Zeki
            Zeki répond à gwinver
            Curieux de tout
            • Posté à 22h38 le 23/08/2012
            • Internaute 64085
              Curieux de tout

            Si le yuan cfa est plus intéressant et est géré par des africains corrompus non plus par l’europe mais par l’asie, ce sera déjà une révolution aussi renversante et distrayante qu’une alternance politique en france.
            Ensuite comme exprimé plus haut, l’exploitation de l’homme par l’homme ne s’adoucit généralement pour l’exploité que lorsqu’une concurrence pousse les exploiteurs à rogner sur leurs fortunes en etant moins avide... je n’attends aucun relent de sagesse d’aucun dirigeant.

            Donc pour répondre à votre question, non je ne suis jamais allé visiter leurs usines africaines et les docs et reportages visionnés sur le sujet m’ont plutôt amusés car véritable écho à la sinophobie de l’epoque coco : « les chinois osent venir piller l’endroit qu’on pille et en plus ils ont le culot de ne pas renverser le gouvernement pour y parvenir ! ».

            Après concernant la question de nocivité il se trouve que depuis 2004 en côte d’ivoire avec le mitraillage de manifestants puis la guerre menée en 2011 par l’armée française dans la plus totale indifférence de l’opinion publique, je ne me pose plus trop la question... en effet, évoquer foccart n’etait pas vraiment utile, sinon pour situer l’ancienneté et l’évolution de la tradition du traitement à la française de l’indigène.
            C’est peut être la faute aux reportages orientés de la presse libre et indépendante si je n’ai pas conscience de la cruauté chinoise, qui je n’en doute pas dois exister vu que c’est une qualité humaine,...ou bien qu’avant d’aller balayer en chine je commencerais bien ici, chez moi, et même dans la cuisine.

            • gwinver
              gwinver répond à Zeki
              • Posté à 23h02 le 23/08/2012
              • Internaute 157645

              les Chinois ne veulent pas remplacer le cfa par le yan, vider l’Afrique de ses richesses leur suffit, c’est une technique très différente des Européens, avec notamment l’immigration massive de personnels Chinois y compris pour des emplois d’ouvriers pour lesquels il existe de nombreux africains compétents....
              Quant à l’intervention française en RCI en 2011, elle a sans doute débordé légèrement des objectifs officiels mais elle a permis de remettre un président élu démocratiquement ce qui n’est pas si mal....

              • Zeki
                Zeki répond à gwinver
                Curieux de tout
                • Posté à 03h06 le 24/08/2012
                • Internaute 64085
                  Curieux de tout

                « ... elle a permis de remettre un président élu démocratiquement ce qui n’est pas si mal.... “

                Ah bon... sachant qu’il y a eu fraude dans les 2 sens, les français auraient fait le compte et déterminé que le plus gros fraudeur était celui qui bradait le moins les richesses de son pays ne mettant pas en concurrence asiatiques, américains et la patrie des doigts de l’homme... quelle chance.

                • gwinver
                  gwinver répond à Zeki
                  • Posté à 07h22 le 24/08/2012
                  • Internaute 157645

                  visblement la farude n’avait pas la même ampleur des 2 côtés,
                  c’est marrant comme quand des instances approuvent ce qui arrange les gens, elles sont impartiales et quand elles ont un avis inverse, elles ne valent rien

                  • Zeki
                    Zeki répond à gwinver
                    Curieux de tout
                    • Posté à 14h43 le 24/08/2012
                    • Internaute 64085
                      Curieux de tout

                    Sur quoi vous basez vous pour conclure vers qui penchait la balance su fraudeur ?
                    Moi, je n’en sais rien... par contre je comprends l’argument de Vergès vis à vis du conseil constitutionnel, dont je n’ignore pas la corruption, mais dont le respect des décisions s’inscrivait dans la continuité des institutions nationales. Et quand bien même nous ne le respections pas, l’implication miltaire désigne le plus fort et certainement pas le plus juste ou le moins fraudeur et corrompu.
                    Enfin, les africains ont une histoire avec la france coloniale et avec le FMI, Famine Misère Impérialisme, d’où est issu le nouveau champion de paris... ça, je ne l’oublie pas.

                    • gwinver
                      gwinver répond à Zeki
                      • Posté à 16h44 le 24/08/2012
                      • Internaute 157645

                      la reconnaissance des résultats par l’ONU, la CEDEAO, l’UA....

                      • Zeki
                        Zeki répond à gwinver
                        Curieux de tout
                        • Posté à 18h09 le 24/08/2012
                        • Internaute 64085
                          Curieux de tout

                        Et ils se sont basés sur quoi d’après vous ?
                        Ils ont réussi à recompter les votes 5 mois après le 2eme tour ?

                        D’ailleurs l’ONU a plus vocation à régler les différents inter-etats, voire s’interposer que de s’ingérer dans la vie politique ivoirienne, qu’elle soit autant ou moins corrompue que nos commissions européennes. Et c’est ce qu’elle a fait, elle a tranché entre la françafrique corrompue et son champion contre la côte d’Ivoire corrompue et son champion (j’avoue là je caricature un peu beaucoup).
                        Un troisième tour organisé en conformité avec les standards internationaux aurait été une solution à imposer préférable à l’imposition d’un vainqueur.

                        La CEDEAO est une union économique et monétaire qui n’a pas plus vocation que l’onu de decider du prochain président des pays membres. Mais qui aime bien le FMI.

                        Mais je reconnais que l’UA était pleinement dans son rôle même si je regrette comme pour l’ONU que la décision ne se base pas sur des urnes mais sur l’adéquation d’une personnalité issue du FMI et des intérêts géopolitiques etrangers à ceux des ivoriens voire opposés.

                        Donc en conclusion, ce n’est pas le plus gros fraudeur qui a été exclu mais celui qui fédérait le moins les différentes sensibilités des membres conseils. Et gbagbo devenu ingérable s’est condamné autant que ouattara a seduit certains intérêts non ivoiriens.

        8 autres commentaires
  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 17h56 le 23/08/2012
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    C’est à rire (jaune).

    On a exporté notre modèle d’exploitation en Chine. Bon an, mal an, à force de travail dur, de grèves voire d’émeutes ils se sont retrouvés un peu plus riche au point d’exporter ce même modèle d’exploitation en Afrique. Et ils ont les mêmes débats que nous quand la Chine se développait, augmentant son PIB et creusant ses inégalités.

    Je ne sais pas si je dois être heureux pour la Zambie de savoir qu’ils vont peut être avoir une opportunité de croissance similaire à celle qu’a connu la Chine ou si je dois m’attrister du fait qu’elle se fera selon le même modèle inégalitaire, coûteux en vies humaines, erratique sur le chemin des progrès sociaux et obérant totalement tout progrès politique...

    Au moins les veuves des mineurs pourront acheter des frigos...

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h06 le 23/08/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Un richissime chinois vient d’acheter un grand cru de Bourgogne : Gevrey-Chambertin avec son château du XIIe ... : (
    Bon, c’est du TF1
    Il n’a pas vraiment intérêt à tout bazarder pour exploiter à la chinoise ...

  • uberto
    uberto
    mouuuais on verra plus tard
    • Posté à 22h56 le 23/08/2012
    • Internaute 187304
      mouuuais on verra plus tard

    Pour ma part, je trouve pas si mal que les chinois exploitent les Africains. C’est déjà mieux que les voir s’entretuer. De plus ça peut leur permettre de mettre le pied à l’étrier et de développer ensuite leur propre économie.

    Les africains ne vont pas toucher du jour au lendemains des salaires identiques aux nôtres.

    • gwinver
      gwinver répond à uberto
      • Posté à 23h04 le 23/08/2012
      • Internaute 157645

      « ça peut leur permettre de mettre le pied à l’étrier et de développer ensuite leur propre économie » ah bon ? en pillant et en créant des emplois essentiellement pour des Chinois ?

      • Zeki
        Zeki répond à gwinver
        Curieux de tout
        • Posté à 03h32 le 24/08/2012
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        Uberto a écrit une énorme connerie qui pourrait etre le fruit d’un negrophobe de base, mais il a plus de chance au final d’etre simplement un total ignorant de l’histoire et de la situation économique du continent le plus riche en ressources naturelles au monde.

         
        • uberto
          uberto répond à Zeki
          mouuuais on verra plus tard
          • Posté à 07h43 le 24/08/2012
          • Internaute 187304
            mouuuais on verra plus tard

          On va dire plutôt ignorant que négrophobe.

          • Zeki
            Zeki répond à uberto
            Curieux de tout
            • Posté à 14h51 le 24/08/2012
            • Internaute 64085
              Curieux de tout

            Au moins vous faites preuve d’humour lucide, et c’est tant mieux !

        2 autres commentaires
      • uberto
        uberto répond à gwinver
        mouuuais on verra plus tard
        • Posté à 07h42 le 24/08/2012
        • Internaute 187304
          mouuuais on verra plus tard

        Ils pillent pas les emplois, il n’ya pas d’emploi en Afrique, les chinois les créent. Ce n’est pas non plus des philanthropes les chinois. Je dis juste que l’Afrique dans sa situation politique actuelle, ne peut pas d’elle même s’en sortir.
        Produire de la richesse en Afrique, devrait pouvoir la stabiliser car développer des entreprises en Afrique nécessite un certain calme et une coopération entre différents pays frontaliers. Après rien n’empêche les Africains de reprendre leur pays en main.

         
        • gwinver
          gwinver répond à uberto
          • Posté à 10h10 le 24/08/2012
          • Internaute 157645

          ils pillent les richesses (minières, bois...) et même les emplois peu qualifiés sont tenus par des Chinois, que diriez vous si une grosse entreprise chinoise venait s’implanter dans votre village, pillant les ressources, créant des nuisances et créant 1000 emplois dont 950 seraient tenus par des chinois ?

          • Jacques Bolo
            Jacques Bolo répond à gwinver
            Auteur-Editeur-Libraire
            • Posté à 11h21 le 24/08/2012
            • Internaute 37329
              Auteur-Editeur-Libraire

            Moi, je dirai que c’est quand même un peu la faute des pouvoirs locaux.
            Mais la question est plutôt le niveau de développement initial. Ce qui fait que la comparaison ne vaut pas.

            • gwinver
              gwinver répond à Jacques Bolo
              • Posté à 12h30 le 24/08/2012
              • Internaute 157645

              c’est clairement aussi de la faute des pouvoirs locaux évidemment, ils sont plus faciles à corrompre qu’en occident car une enveloppe plus petite peut suffire et qu’il y a une mainmaise sur le juridique encore plus fort

          • uberto
            uberto répond à gwinver
            mouuuais on verra plus tard
            • Posté à 12h41 le 24/08/2012
            • Internaute 187304
              mouuuais on verra plus tard

            Dans ma petite ville de 50 000 habitants du sud de la France, les chinois arrivent justement en force. Ils rachètent les magasins du centre ville déserté par les locaux, et ouvrent des restaurants self à la périphérie. Les petits vieux ralent. Je trouve ça normal.
            Une des particularité des chinois, c’est d’aller là ou personne ne veut aller. Si des chinois ont pu mettre la main sur des ressources primaires, c’est que les occidentaux n’y étaient pas, surement à cause de la situation de ces pays. Seuls les chinois osent encore s’y aventurer.

            • gwinver
              gwinver répond à uberto
              • Posté à 13h32 le 24/08/2012
              • Internaute 157645

              oui mais ils ne pillent pas...
              « Seuls les chinois osent encore s’y aventurer. » c’est pas ça le problème, c’est que les Européens essayent d’avoir des méthodes qui choquent moins et que les Chinois y vont à fond au niveau corruption sans souci de l’opinion

              • uberto
                uberto répond à gwinver
                mouuuais on verra plus tard
                • Posté à 14h49 le 24/08/2012
                • Internaute 187304
                  mouuuais on verra plus tard

                Je suis pas certain que le terme « pillage » soit parfaitement juste. C’est vrai que vu de notre coté, on peut voir ça comme du pillage, on a un sacré passif sur ce point là, c’est dans notre tradition.
                Mais du coté chinois, j’y vois pas forcement la même chose. J’ai plus l’impression qu’ils se servent tout simplement. Pillage implique une volonté de s’enrichir. Les chinois prennent la part de la richesse mondiale qu’ils pensent leur revenir (à peu près 1/5 : 1 milliard de chinois pour 5 milliard de terriens). C’est plutôt, tiens tu n’exploites pas tes mines, bon je vais me servir alors, j’en ai besoin.

                Après je suis d’accord sur le reste, pillage ou pas les conséquences sont en effet les mêmes pour les Africains.

                Mais bon les pays de l’OPEP ont bien réussi à s’en sortir. Une fois les infrastructures mises en place par les pays occidentaux, ils les ont virés.

                • gwinver
                  gwinver répond à uberto
                  • Posté à 16h34 le 24/08/2012
                  • Internaute 157645

                  pour moi c’est du pillage, ce qui est pris ne sera plus là pour les générations futures (bois/ mines notamment)
                  « Les chinois prennent la part de la richesse mondiale qu’ils pensent leur revenir (à peu près 1/5 : 1 milliard de chinois pour 5 milliard de terriens). C’est plutôt, tiens tu n’exploites pas tes mines, bon je vais me servir alors, j’en ai besoin »
                  c’est de l’expansionisme type Hitler/Staline en 37/42 mais sans les guerres déclarées...

        7 autres commentaires
  • PBD.
    PBD.
    fourmi communiste
    • Posté à 09h37 le 24/08/2012
    • Internaute 190827
      fourmi communiste

    « En plus de la poursuite de nos intérêts corporatifs, nous devons veiller à leurs intérêts, y compris la protection de l’environnement, la philanthropie, la protection sociale, les salaires et les avantages sociaux ! »

    Un passage du texte qui m’a rendu optimiste (c’est rare), mais je ne pense pas que l’avis de cet internaute soit celui de ses dirigeants, malheureusement.

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