Explicateur 22/08/2012 à 15h52

RDC : dix points clés pour comprendre la guerre au Nord-Kivu

Charlotte Cosset | Journaliste

Mis à jour le jeudi 23 août 2012 à 11h33
Précision : Kabila, face à la pression internationale, a lâché son allié (point 2). Correction : la CIRGL existe depuis 2000.

Des soldats roulent vers Goma, le 4 août 2012 (MICHELE SIBILONI/AFP)

(De Goma) Depuis le mois d’avril, le mouvement rebelle du M23 a relancé le cycle de guerre à l’est de la République démocratique du Congo.

La dernière s’est terminée il y a à peine quatre ans. Des morts et des déplacés se comptent désormais encore par centaines.

C’est aujourd’hui un nouveau conflit de personnalités mais aussi une guerre politique et économique.

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Pourquoi une nouvelle guerre à l’est de la RDC ?

Le déclencheur officiel de cette nouvelle guerre est la formation d’un groupe de rebelles, le M23. Une force armée qui mène des combats à l’est de la République Démocratique du Congo depuis le mois d’avril.

Ce mouvement est composé de Congolais en majorité tutsis appuyés par le Rwanda selon un rapport officiel de l’ONU. Ces Tutsis revendiquent la nationalité congolaise qu’ils obtiennent sous la présidence de Mobutu en 1972. Malgré cela, certains restent attachés à leur origine ethnique et ne s’assimilent pas réellement au pays.

Les revendications du M23

Depuis 2009, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un groupe armé devenu parti politique, est un allié de la majorité présidentielle. Ils travaillent ensemble dans le cadre de la recherche de la paix face à l’insécurité qui règne encore dans l’est du pays.

Le 23 mars 2009, le CNDP et Joseph Kabila, Président élu depuis 2006, signent des accords à Goma. Le chef de l’Etat s’engage à intégrer les rebelles dans l’armée régulière, à reconnaître leur grade et à intégrer le CNDP dans le gouvernement. Après la reconduction du mandat de Kabila en novembre dernier, le CNDP dénonce le non-respect des accords pris.

De ce nouveau parti politique émane alors le M23 (mouvement du 23 mars), une faction armée qui souhaite voir les engagements pris avec Joseph Kabila, respectés. C’est le début d’une nouvelle guerre en RDC. Paradoxalement, en 2009, le CNDP était incorporé dans l’armée régulière.

La première revendication du M23 est donc le respect des accords du 23 mars. D’autres demandes sont venues ensuite se rajouter :

  • le retour des réfugiés Tutsis qui sont au Rwanda et en Tanzanie, par exemple ;
  • la protection du peuple Tutsi contre le FDLR (groupe armé Hutu qui menace les Tutsis).

Une partie de la population craint que les rebelles souhaitent l’annexion du Kivu et d’une partie des régions d’alentour. Leur objectif serait alors que les Tutsis disposent d’une terre à eux. Une sorte de « Tutsiland ».

Il y a deux semaines, l’éclaircissement des conditions d’élections de Joseph Kabila, soupçonné d’avoir remporté les élections grâce à des fraudes, est venu compléter cette longue liste.

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La délicate situation de Joseph Kabila

Lors de la mue du CNDP groupe armé en parti politique, Joseph Kabila est proche de Bosco Ntaganda, une figure influente du mouvement. Mais depuis le 13 juillet 2012, la Cour pénale internationale (CPI) a déposé un deuxième mandat d’arrêt contre l’ancien général et soutien du président fraîchement réélu.

Joseph Kabila se trouve donc tiraillé entre la pression internationale qui pèse contre Bosco Ntaganda et la difficulté d’abandonner son allié. Ceci explique la politique floue qu’il mène vis-à-vis du M23 depuis le mois d’avril.

Pourtant, face à la pression internationale, Joseph Kabila lâche son allié et demande son arrestation pour qu’il soit « jugé en RDC ».

Sans soutenir la guerre du groupe armé, il n’affirme pas officiellement la lutte contre cette rébellion.

La Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL), qui existe depuis 2000, a été relancé suite à cette nouvelle guerre.

En tant que président de la République, beaucoup attendaient une prise de position forte et engagée contre les rebelles. Aujourd’hui Kabila est dans une situation difficile. Il ne peut pas renier le M23 qui l’a largement soutenu lors des élections mais il ne peut pas justifier leur rébellion compte tenu des exactions effectuées.

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Le rôle du Rwanda dans cette guerre

Selon un rapport de l’ONU, le M23 est soutenu principalement par le gouvernement rwandais et plus minoritairement ougandais. Une grande partie des membres du M23 sont des Congolais d’origine rwandaise. Kigali se montre solidaire envers eux. Mais ce n’est pas uniquement par sympathie ethnique que le Rwanda soutient cette rébellion. Kigali a de grands intérêts à maintenir une situation d’insécurité dans la zone Est du Congo.

Mis à part la satisfaction de voir la RDC déstabilisée, le Rwanda voit ses intérêts économiques. L’instabilité à la frontière facilite les trafics et notamment ceux de minerais comme la cassitérite. Elle est rare et nécessaire à la fabrication de téléphones portables. La guerre facilite aussi le passage de toutes sortes de marchandises comme le bétail.

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Où se déroulent les combats ?

Kivu, zone de richesse

La zone instable concernée par la guerre à l’est du Congo est la région du Kivu intégrée dans la région des grands lacs. Cette zone est frontalière avec le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la Tanzanie.

Les combats ont lieu principalement dans le Nord du Kivu, une terre aux enjeux économiques très importants. Elle dispose de grandes ressources minières notamment l’or, la cassitérite et le pétrole. Cette région est aussi riche en gaz méthane présent naturellement dans le lac Kivu. Les richesses agricoles de cette terre fertile sont aussi très convoitées.

Ouvertement, le M23 ne brigue pas les enjeux économiques de cette région.

Positions du M23

Actuellement, le M23 est basé à Kibumba, à 25 km au nord de Goma. Une présence proche de la capitale du Nord-Kivu qui inquiète. Si Goma tombait, l’administration de la région serait officiellement dans les mains des rebelles. Ce serait une nouvelle phase dans la guerre contre le M23 qui aurait toutes les cartes en main pour « balkaniser » le Congo, comme le craint l’opinion nationale.

Néanmoins, ils tiennent cette position depuis plus de trois semaines alors que rien ou presque ne les empêcherait de marcher sur Goma. Beaucoup d’habitants et d’observateurs expliquent que les rebelles sont déjà dans la ville. Ils y auraient installé leurs familles, raison de plus pour ne pas créer un conflit sanglant à Goma.

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Quels sont les groupes armés qui sévissent à l’est de la RDC ?

De nombreuses « forces négatives », comme les appelle Kinshasa, sévissent à l’est de la RDC en plus du M23. Elles participent directement ou indirectement aux combats économiques et politiques en jeu en RDC. Difficile d’en faire une liste exhaustive. Il y a des groupes officiels qui ont des revendications et il existe autour une nébuleuse de bandits qui profitent et participent à l’instabilité en pillant et tuant.

Parmi les groupes clairement présentés, il y a les Maï-Maï qui compte lui-même plusieurs faction en son sein. A l’origine, ce sont des autochtones qui se battent pour la défense de leur terre. Mais dans un Etat de droit qui dispose d’une armée officielle, Kinshasa ne peut pas accepter de telles forces.

Parmi ces groupes on retient aussi les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des rebelles rwandais hutus basés à l’est du Congo depuis 1994. Aujourd’hui, ils sont régulièrement responsables d’atrocités principalement en RDC.

Ces différents groupes armés selon l’ONU et les ONG n’hésitent pas à mutiler, à tuer, à violer et à enrôler les enfants et les jeunes dans leurs bandes armées.

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A qui profite cette guerre ?

L’armée régulière : le FARDC


Près de Goma, des FARDC armés, sur un pickup, le 13 août 2012 (Jerome Delay/SIPA)

L’est de la RDC est un territoire où les accès sont difficiles. Les routes sont quasi inexistantes, coupées par des zones de forêts denses. Des groupes de l’armée régulière sont fixés dans les villes, les villages et les zones rurales. Celles-ci étant peu accessibles, ils deviennent maîtres sur leur territoire.

Les officiers de l’armée profitent alors des richesses agricoles et minières, instaurent des taxes, des droits de passage. La justification de la présence des soldats dans les différentes contrées : protéger les populations des rébellions. Sauf qu’ils s’enrichissent sur le dos des habitants et n’ont pas intérêt à ce que la guerre s’arrête.

Certains observateurs avancent même qu’une partie de l’armée serait aux mains des Tutsis. Chiffres avancés : neuf généraux sur une trentaine seraient des Congolais tutsis.

Les hommes politiques

Les politiques aussi trouvent leur intérêt. Détachés du pouvoir central, ces chefs de région s’accordent avec l’armée, posent eux aussi leurs taxes, touchent des pourcentages sur les ressources de leur territoire. En cas d’arrêt de la guerre, ce genre de comportement ne serait plus possible.

Kinshasa aujourd’hui impose difficilement sa voix dans l’Est-Kivu. Depuis le début de la guerre Joseph Kabila ne s’est pas rendu par exemple à Goma. Un signe fort d’abandon selon certains.

Les ONG

Les ONG sont implantées depuis de très nombreuses années à Goma et plus largement à l’est du pays. Leur présence est parfois remise en question par les populations locales. Selon elles, il n’est pas dans l’intérêt de la Monusco et des autres organisations que la guerre cesse. Un retour au calme signifierait la fin des missions.

Les multinationales

Les plus concernés économiquement dans cette guerre internationale sont sans doutes les multinationales.

Le documentaire « Blood in the Mobile », dénonce le cercle vicieux dans lequel sont impliquées les grosses firmes. Le réalisateur, Frank Piasecki Poulsen, s’est intéressé au cas de Nokia qui a de gros intérêts dans les mines de cassitérite à Walikale. Il n’a pu trouver de preuves concrètes de l’implication de la firme internationale cependant de lourds soupçons pèsent sur elle.

Les entreprises profitent en général de l’instabilité pour acheter les minerais à bas prix. Minerais qu’ils utilisent dans la fabrication de leurs téléphones par exemple. Des bénéfices tirés, les observateurs supposent qu’une partie est réinvestie dans l’armement pour soutenir l’instabilité dans la région.

Extrait du docu « Blood in the mobile »
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Que fait la communauté internationale ?

La communauté internationale est pour l’instant bien silencieuse. Ça va bientôt faire vingt ans… Les seules actions concrètes sont l’envoi d’humanitaires (Médecins sans frontières, La Croix-Rouge, Handicap International…) dès les premières années de conflit dans l’est du Congo.

Goma est devenue un nid d’organisations humanitaires et est peut-être le deuxième employeur de la ville après l’Etat. Néanmoins, leur action concrètement constatable sur le terrain semble limitée. Les réfugiés du camp de Kanyarushinya à la périphérie de Goma n’ont bénéficié en deux semaines que d’une distribution de biscuits.

La communauté internationale est aussi présente militairement avec la Monusco : 17 000 casques bleus bien armés sont présents dans la zone est. Néanmoins, leur mandat les limite à un rôle défensif.

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Quel est l’état des forces en présence ?


Un soldat FARDC en juin 2012 (Serge Kasanga, Monusco)

Le bilan des forces, que ce soit du côté de l’armée régulière FARDC ou du côté des rebelles du M23, est difficile à évaluer. L’armée ne souhaite pas communiquer à ce sujet. Secret militaire.

De ce que l’on peut constater, le FARDC ne semble pas en position de force. L’Etat n’a pas payé ses soldats depuis plusieurs mois.

Selon les missions humanitaires, il y aurait beaucoup d’exactions commises par le FARDC dans les zones de combat et notamment des pillages qui peuvent être reliés à cette pauvreté.

A Goma, devant le huitième régiment, tous les midis, les femmes des soldats viennent réclamer la solde de leur mari. Les soldats sont aussi peu voire mal équipés. L’armée à l’est n’est pas une armée de métier expérimentée mais elle est composée de beaucoup de jeunes hommes venus pour le prestige de l’uniforme. Le commandement des différentes unités n’est pas toujours détenu par des hommes compétents, il est simple d’acheter son grade.

Du côté du M23, il n’est pas beaucoup plus aisé de réaliser un bilan précis de la force de frappe. Néanmoins, les rebelles sont soutenus par le Rwanda et le Burundi selon des rapports de l’ONU. Jean-Louis Ernest Kyaviro, porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu, déclare que des véhicules, des hommes et des armes passent régulièrement la frontière pour augmenter les forces du M23.


Des soldats FARDC sur le front à l’est de la RDC, en juin 2012 (Serge Kasanga, Monusco)

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La population, première victime

Cette guerre a principalement des conséquences sur les civils. Les plus visibles sont évidemment les morts dont on ne possède aujourd’hui aucun bilan. Thomas d’Aquin Mwiti, responsable de la société civile du Kivu, annonce l’estimation de 350 000 déplacés depuis le début des conflits. Rien que dans le camp de Kanyarushinya, les autorités recensent 13 600 réfugiés.

Ces déplacements de populations ne sont pas sans conséquences. Les réfugiés vivent dans des conditions très difficiles. A Kanyarushinya, ils n’ont pas accès à l’eau potable et les conditions sanitaires sont particulièrement inconfortables, 28 latrines pour l’ensemble du camp.

La guerre affecte aussi l’économie locale. Le prix des denrées alimentaires augmente fortement notamment du fait que le Rushuru, la région agricole, ne fournit plus de céréales à cause des combats sur le territoire et du départ des agriculteurs. Les prix augmentent du fait du manque mais aussi de la taxation des différents produits par l’armée et les autorités en transit. Les habitants de l’est sont aussi touchés par un chômage massif. Ces différents éléments exacerbent la pauvreté globale des populations.

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Une Force internationale neutre, pour faire quoi ?

Après Campala, le Comité international de la région des grands lacs (CIRGL) s’est réuni à Goma pour décider des conditions de la création d’une Force internationale neutre.

L’idée est de créer une nouvelle force armée afin de soutenir les casques bleus pour mâter la rébellion du M23 et pour éliminer l’ensemble des forces négatives sur tout le territoire est.

Après trois jours de négociations entre experts, chefs d’armée et ministres, il s’est décidé qu’une force de 4 000 hommes sera créée pour stabiliser la frontière à l’Est de la RDC. Afin d’assurer sa neutralité, il a été décidé qu’elle ne comporterait pas de soldats congolais, rwandais, ougandais et burundais.

Quels pays enverront donc des hommes ? Les autres Etats de la région des grands lacs, soit le Congo-Brazzaville, l’Angola, le Kenya, le Soudan, la Centrafrique, la Tanzanie et la Zambie.

Ntuba Lwaba, Secrétaire exécutif de la CIRGL, rappelle que la porte est ouverte à tous ceux qui souhaiteraient aider le Congo.

Deux mois pour que la force soit sur le terrain

Cette force devrait être financée par l’ONU et l’Union Africaine. Le CIRGL s’est donné un mois pour que cette force soit sur le terrain. Les experts ont préparé un document pour une action rapide, urgente et efficace pour la cessation des hostilités a annoncé Ntuba Lwaba. Un délai très optimiste, vu la logistique nécessaire à la création d’une telle armée.

Une Force internationale neutre qui rend dubitatif plus d’un. Plusieurs manifestations ont eu lieu devant l’hôtel Ihusi, où se tenait le sommet, afin de réclamer l’élargissement du mandat de la Monusco plutôt que l’envoi d’une énième force armée sur le territoire congolais.

Les jeunes, les femmes sont venus rappeler aux hommes politiques que les conséquences de leurs décisions affectent la population.


« Non à la balkanisation » : manifestation de femmes devant l’hôtel Ihusi, à Goma, le 16 août 2012 (Charlotte Cosset)

Certains observateurs critiquent aussi cette force neutre. Le choix du stationnement des soldats notamment. Rushuru, Walikale, Masisi, Béni ne son pas à la frontière. Alors que les yeux étaient tournés vers Goma et l’hôtel Ihusi, la guerre continue. Dans la nuit du 15 au 16 août, « neuf Jeep ainsi que des hommes sont passés vers le Rushuru », affirme-t-il. Une guerre aux multiples acteurs et enjeux.

Aujourd’hui la fin de l’instabilité dans un temps court en RDC paraît compliquée tant les implications sont grandes. Le début du retour au calme devra certainement passer par une politique volontariste de la part de l’Etat congolais et de la population.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • Riboulbo
    Riboulbo
    Dissident de la pensée partisane (...)
    • Posté à 16h16 le 22/08/2012
    • Internaute 48839
      Dissident de la pensée partisane (...)

    Un excellent rapport sur la situation au Nord Kivu, ça fait plaisir de lire quelque chose d’aussi complet sur une région du monde qui en désintéresse plus d’un !

    • frapadingue
      frapadingue répond à Riboulbo
      le cul entre deux chaises
      • Posté à 15h20 le 23/08/2012
      • Internaute 56548
        le cul entre deux chaises

      Fin de Réponse de la question 7

      La communauté internationale arme les belligérants, je rappelle aux lecteurs de rue 89 qu’il n’y pas d’usines d’armement dans ces pays donc tant qu’ils se taperont sur la gueule on pourra leur troquer des armes et des munitions contre leurs matières premières.
      C’est triste mais c’est la réalité
      La guerre rapporte de l’argent aux pays industrialisés, chaque fois qu’un conflit s’arrête la croissance en prends un coups parce qu’il ne faut pas se leurrer a part des mines des fusils et des cartouches les africains ne nous achète plus rien !

    • Jeansansterre
      Jeansansterre répond à Riboulbo
      Grand travailleur.
      • Posté à 13h25 le 24/08/2012
      • Internaute 141635
        Grand travailleur.

      Des gens de l’ethnie X qui tapent sur ceux de l’ethnie Y dominante et qui revendiquent un homeland souverain, avec les puissances étrangères qui jouent les soutiens des uns ou des autres et les arbitres intéressés.

      Ca se passe maintenant en RDC, ça se passera en Seine St Denis et à Marseille bientôt grâce à SOS Racisme et au PS qui n’en finissent pas de flatter d’orgueil communautaire des « minorités » et d’attiser chez elles la haine de la Nation et aux armes de Kadhaffi qui seront refaire surface en temps utile, le Qatar y veillera.

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 17h10 le 22/08/2012
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    Le problème de la plupart des pays d’Afrique c’est la richesse de leur sous-sol et vu l’avidité des entreprises et états occidentaux et asiatiques, la guerre n’est pas prête de se terminer. D’autant qu’il nous faut bien vendre nos surplus d’armement pour ne pas faire trop baisser le dividende de nos entreprises.
    Cette guerre me rappelle celle du Congo-Brazzaville ou Elf finançait l’une des parties (les Usa l’autre), afin de savoir qui aurait l’exploitation de la plus grosse réserve offshore de pétrole du pays.
    Là, il n’y que des morts pour nos iphones...
    20 ans de silence sur cette guerre, mais 20 ans de conversations inutiles de par le monde pour savoir d’où qu’on appelle !

  • .666
    .666
    Juif errant
    • Posté à 17h13 le 22/08/2012
    • 181210
      Juif errant

    « La Vérité Dévoilée » explore le rôle joué par les Etats-Unis et leurs alliés Rwandais et Ougandais dans le déclenchement de la plus grande crise humanitaire à l’aube du 21ème siècle.

  • Pierre Dons
    Pierre Dons
    Journaliste
    • Posté à 17h46 le 22/08/2012
    • Internaute 191618
      Journaliste

    Très intéressant et très complet mais c’est un peu excessif de dire que le M23 et Bosco sont des alliés de Kabila.

    Bosco a surtout gagné la « confiance » de Kabila en livrant Nkunda en 2009, mais le M23 n’« est pas vraiment un soutien du président. La preuve, ils sont les premiers à dénoncer les fraudes lors de sa réélection.

  • Ruskoff
    Ruskoff
    palefrenier
    • Posté à 17h54 le 22/08/2012
    • 181108
      palefrenier

    Je pense que vous pouvez mettre 1 seul point clé pour expliquer la guerre en RDC : Les ressources du pays.

    Réserves connus du sous sol du pays :
    - 20 milliards de tonnes de manganèse
    - 110 millions de tonnes de cuivre
    - 10,5 millions de tonnes de cobalt
    - 20 millions de tonnes de zinc
    - 15 millions de tonnes de fer
    - 40 millions de tonnes d’or
    - 150 millions de tonnes de minerais de niobium
    - 730 millions de tonnes de carats de diamants
    - 750 mille tonnes de cassitérite
    - 175,500 tonnes de lithium

    Plus une quarantaine d’autres matières premières, encore non évaluées :
    Amblygonite, argent, argiles, smectiquées et nobles, basnaesites, bauxite, béryl, bismuth, cadmium, charbon, chrome, diatomite, étain, gaz méthane, germanium, granite gypse, marbre, monazite, nickel, oncre, phosphate, platine plomb, pyrite, rhénium, sables asphaltites, salines, schiste bitumineux, sel gemme, silice, spodumène, talc, tantale, tungstène, uranium, vanadium, wolfram

    Le pays détient les premières réserves du monde en :
    cobalt : 2,33 %
    niobium
    or : les plus grandes réserves du monde, la valeur estimée à 50 milliards de $ US

    La RDC, possède aussi des métaux rares etc. etc.
    sans oublier un sols riche propres à l’agriculture (café, tabac, thé...), les forets pour le bois etc. etc.

    Bref... la RDC est le pays le plus riche du monde en matières premières, la guerre permet de piller le pays.

    • 3èmeàgauche
      3èmeàgauche répond à Ruskoff
      Expatrié
      • Posté à 23h57 le 22/08/2012
      • Internaute 86345
        Expatrié

      Notez que le nerf de la guerre au Kivu est plutôt le coltan.

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    VALLSS89
    • Posté à 18h08 le 22/08/2012
    • Internaute 50571
      VALLSS89

    ouch un vrai reportage ! ..pourriez prevenir la rue, on n’est plus habitué. Trève d’ironie c’est une bonne analyse de l’état des choses là-bas qui rejoint le boulot de Colette Braeckman Lien qui suit ça de très près.
    Sous des prétextes fallacieux d’ethnie, de revanche et de nationalisme bidon les peuples d’un territoire se font spolier les profits de leurs ressources. Qu’attend l’ONU pour déclarer un embargo sur l’exportation des ressources minière de RDC, comme ça avait été fait pour l’Afrique du sud du temps de l’apartheid ? ...je sais, je rêve...

    • ostia
      ostia répond à tOrDrE L¤RdRe
      inadapté
      • Posté à 18h41 le 22/08/2012
      • Internaute 88960
        inadapté

      mais tu es fou ? comment on fabriquera les batteries de nos i-phone et i-pad avec tes idées de gauchistes ? ?

      • tOrDrE L¤RdRe
        tOrDrE L¤RdRe répond à ostia
        VALLSS89
        • Posté à 18h55 le 22/08/2012
        • Internaute 50571
          VALLSS89

        m’en fous, y a des ingénieurs pour mettre en pratique les idées de gauchiste, moi j’suis un clampin eh ho !

    • Cyprien Luraghi
      Cyprien Luraghi répond à tOrDrE L¤RdRe
      ICYP.FR !
      • Posté à 18h39 le 22/08/2012
      • Internaute 101150
        ICYP.FR !

      L’ONU : quelle blague ! un gouffre à pognon épicétout.

      • tOrDrE L¤RdRe
        tOrDrE L¤RdRe répond à Cyprien Luraghi
        VALLSS89
        • Posté à 18h59 le 22/08/2012
        • Internaute 50571
          VALLSS89

        bah j’ai été à carrouf et au rayon pouvoir y avait que ça. Sur la notice c’était marqué débouche les conflits, rétabli la paix intergalactique hein. M’aurait menti ?

         
        • Cyprien Luraghi
          Cyprien Luraghi répond à tOrDrE L¤RdRe
          ICYP.FR !
          • Posté à 19h12 le 22/08/2012
          • Internaute 101150
            ICYP.FR !

          Essaie le déboucheur de conflits de la marque SDN : Que Choisir en dit le plus grand bien.

          • padiran
            padiran répond à Cyprien Luraghi
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 22h52 le 22/08/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            La meilleur marque de déboucheur de chiottes que je connaisse c’est la marque BHL, par contre pour les conflits je n’ai aucune idée

            • Cyprien Luraghi
              Cyprien Luraghi répond à padiran
              ICYP.FR !
              • Posté à 23h02 le 22/08/2012
              • Internaute 101150
                ICYP.FR !

              Je n’échangerai pas mon flacon de Destop à la SDN caustique, contre deux barils de Javel BHL.

              • padiran
                padiran répond à Cyprien Luraghi
                Chroniqueur Grolandais
                • Posté à 23h09 le 22/08/2012
                • Internaute 5159
                  Chroniqueur Grolandais

                Par contre la Javel BHL fonctionne très bien si tu ajoutes 2 doigts de liqueur sarkostique

        4 autres commentaires
  • Voyageur
    • Posté à 18h23 le 22/08/2012
    • Internaute 1117

    J ai cru comprendre au travers de certaines lectures que le rapport des experts de L’ONU est soumis a vives controverses concernant les soi disantes implication du Rwanda, temoignages anonymes, presentations de fausses preuves etc. N oublions pas que pendant des annees on nous a servis la responsabilites de l’assasinat du chef de l’etat Rwandais qui a ete le declencheur du genocide des Tutsis par le mouvement soutenus par l’actuel President Kagame pour reconnaitre recemment que c’etait beaucoup plus surement les milices Hutus qui avaient abattu l’avion. Tout est a prendre vraiment avec des pincettes car les interets sont vraiment divers. Que peux t dire de ces experts mandates par l’ONU pour pondre ce rapport et qu elles sont leur propres interets dans cette Histoire ?

    • Melinster
      Melinster répond à Voyageur
      Pédant galvanisé
      • Posté à 18h03 le 23/08/2012
      • Internaute 61559
        Pédant galvanisé

      Sauf que, d’une manière générale, les rapports de l’ONU sur ce point correspondent à peu près avec les observations et rapports de personnes tout à fait indépendantes (de l’ONU) depuis pas mal d’années : militaires, diverses ONG, divers expat (dans la production agricole par exemple), toute sorte de journalistes (ceux qui ont eu le courage de tâter le terrain), et globalement de personnes du Rwanda, Ouganda, et RDC.

      • Voyageur
        Voyageur répond à Melinster
        • Posté à 23h46 le 23/08/2012
        • Internaute 1117

        Peut etre, mais ou sont les preuves ? ce qui me frappe, ce sont tout les commentaires haineux concernant les Tutsis du Rwanda, alors que ce peuple a subit un genocide, on continue a les accuser de tous les maux de la terre. Le probleme du M23 me parait etre un probleme interne ne d un manquement a la parole donnee, tout le monde se focalise la dessus et accuse les pays limitrophe, et pendant ce temps le pillage s organise. Beaucoup de bruits courrent, notamment sur la confusion des interets concernant la direction du groupe des experts ayant redigé le rapport commande par l ONU tout ca ne semble pas tres net

         
        • Melinster
          Melinster répond à Voyageur
          Pédant galvanisé
          • Posté à 02h07 le 24/08/2012
          • Internaute 61559
            Pédant galvanisé

          Je n’ai jamais vu le Rwanda être seul accusé de la situation, si vous chercher les articles sur le sujet, vous verrez qu’en général les liens établis sont de tous bords, c’est le cas de cet article. Ils ne sont que les marionnettistes (pions à leurs heures) de 20 ans de guerres, tout comme d’autres politiques Rwandais, Congolais, Ougandais, mais aussi des apparatchiks locaux, des chefs de guerres qui n’en veulent qu’a l’argent, et tout un méandre de lobbyistes et politiques étrangers.

          Des preuves vous n’en aurez pas, il n’y a pas de recommandé pour chaque décision prise, et n’importe quel fait ou témoignage, aussi honnête ou malhonnête qu’il soit, restera flou ou réfutable d’une quelconque manière. Ici les preuves ne valent pas plus que les intimes convictions, au mieux il reste à recouper les faits, apprendre, connaître, comprendre, et ces choses là ne se font pas telle une enquête de police à la « sauce occidentale », dont absolument tout le monde se fiche sauf une poignée d’électeurs qu’il faut émouvoir (nous, mais vous aviez surement compris). Il est très difficile/impossible d’apporter la preuve irréfutable de liens crapuleux de ce type, à ce niveau, dans ce contexte. Il est en revanche encore possible de reconnaître ceux qui n’ont ni lien ni intérêt à l’affaire, et si un discours à encore une quelconque valeur, autant que ce soit le leur.

          Mais quant on connais un peu le système, on sait pertinemment qu’il n’y a pas d’innocent dans les hautes strates du pouvoir. Les liens sont assez faciles à suivre : il faut suivre les flux économiques. q
          Quand aux péchés d’orgueil, ils sont bien assez médiatisés et voyants pour apparaître au grand jour d’eux même (voir l’histoire Centrafricaine).

          Lorsqu’au plus haut niveau, au hasard l’ONU, mais ça vaut aussi pour les états, on joue à qui demande des preuves et en réfute d’autre, c’est juste pour jouer la montre, brouiller les pistes, cacher la forêt. C’est une pure invention de l’économie de marché et des politiques qui en découlent (peut être ferez-vous le lien). A ce niveau de complexité et d’implication, Sherlock est dépassé.

        1 autres commentaires
  • Matanapari
    Matanapari
    Woman inside
    • Posté à 18h28 le 22/08/2012
    • 182966
      Woman inside

    Je vais souvent voir les info sur le site Jeune Afrique,
    ici sur le RDC

    Essayer de comprendre tout ce qui se passe en Afrique n’est pas toujours simple, merci pour cet article.

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 19h44 le 22/08/2012
    • Internaute 111221
      fée

    Au moins, ces braves hommes ne tuent, ne violent et ne meurent pas pour rien...

    • fraggleroc
      fraggleroc répond à Féline
      cavernicole
      • Posté à 00h12 le 23/08/2012
      • Internaute 191493
        cavernicole

      J’adore... comme toujours on trouve le moyen d’accuser l’homme blanc.
      oui ; l’homme blanc, ce gros porc de capitaliste qui ne pense qu’à acheter des iphones et qui est donc coupable des tueries en RDC...
      mais oui c’est évident !

      • PaulTron
        PaulTron répond à fraggleroc
        Ce champ sera visible par tous (...)
        • Posté à 12h29 le 23/08/2012
        • Internaute 168564
          Ce champ sera visible par tous (...)

        Avec un minimum d’information, de connaissance historique, c’est en effet la seule conclusion qui s’impose.
        Prenez tous les conflits africains depuis leur indépendance, documentez vous dessus, un minimum, vous trouverez systématiquement un conflit d’intérêt financier mêlant un ou plusieurs pays occidentaux (et depuis quelques années asiatiques).
        Seules l’inculture et la méconnaissance vous permettre de tenir un tel discours.

         
        • zorbeck
          zorbeck répond à PaulTron
          • Posté à 07h56 le 24/08/2012
          • Internaute 9110

          « Seules l’inculture et la méconnaissance vous permettre de tenir un tel discours. »
          Je pense exactement la meme chose de votre propre discours. Ce ne sont pas les multinationales qui violent des gamines, meme si elles y contribuent indirectement en tirant profit de l’etat de sauvagerie ambiant. Plutot que de déblatérer dans le vide, voici un témoignage bouleversant de pres de 10 ans qui montre que rien n’a changé :
          LE MONDE | 26.02.03 | 13h09
          Actes de cannibalisme au Congo
          Depuis cinq ans de guerre, l’horreur des crimes n’a cessé d’empirer dans l’Est du Congo, au point que le cannibalisme y apparaît presque banal.

          Il a surgi de la pénombre. Un Pygmée en haillons, hésitant, prêt à s’enfuir. Le temps d’une cigarette, il a fait le tour du campement abandonné par les siens. N’en subsistent que quelques huttes de branchages qui s’effondrent déjà. A l’est de la République démocratique du Congo (RDC), sous le couvert des grands arbres de l’Ituri où perce à peine la lumière du soleil, il n’y a plus âme qui vive depuis que les quelques familles du groupe, une trentaine de personnes au total, ont fui les exactions de soldats rebelles. Dans le silence troublé par le cri des singes dans les cimes, le chef pygmée demande d’abord qu’on taise son nom, puis raconte l’apparition, en septembre dernier, des soldats du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. Par vagues successives, depuis plusieurs mois, ces hommes, appuyés par un groupe allié, se sont livrés à une véritable chasse à l’homme dans la grande forêt congolaise : « Ils cherchaient l’argent et les belles femmes. Ils nous ont beaucoup fouettés, ils volaient même les ceintures. Ils ont aussi brûlé nos filets de chasse par méchanceté. Alors, nous avons fui. »

          Dans ce groupe pygmée, nul n’a été tué. Un homme, accusé de travailler pour une faction ennemie, devait être décapité. Il est parvenu à échapper à ses tortionnaires à la faveur de la nuit. Mais ailleurs dans l’Ituri, tous n’ont pas eu la même chance. Les soldats du MLC qui ont progressé dans la région à l’automne 2002 sous le commandement de deux chefs, Freddy Ngalimo, dit « Effacer le tableau », qui leur a donné son nom, et « Ramsès », dit aussi « Roi des imbéciles », ont commis des atrocités dans la région de Mambasa, allant jusqu’à des actes de cannibalisme. Une femme pygmée en fait le récit à plus de 100 kilomètres de distance, dans un village où elle se terre : « Au retour de la chasse, mon mari a vu ces soldats qui découpaient sa mère, son frère, sa sœur et deux enfants. Ensuite, les soldats ont commencé à griller des morceaux. Il pouvait sentir l’odeur. Puis ils ont boucané le reste et l’ont emporté. » Déjà, elle voudrait s’en aller mais explique encore : « Les soldats disent que manger de la viande de Pygmée ou boire du sang rend fort, très fort. »

          Kakule Mzee Kiana, lui, n’est arrivé à Béni, la grande ville de la région, que début février, après deux mois de marche : « J’étais parti scier du bois en brousse avec mes deux aides quand cinq soldats nous ont attrapés. C’étaient des “Effacer”. Nous avons demandé pitié, mais ils ont coupé le cou de l’un d’entre nous, Camille. Ils nous ont obligés à le cuire, puis ils l’ont mangé et nous ont aussi obligés à partager leur repas. Après j’ai erré dans la forêt. Je me sens si mal, je revois tout cela en rêve, la nuit. »

          A trois heures de marche du campement pygmée, Mambasa, épicentre des exactions des mois passés, est une ville fantôme. Les hautes herbes qui ont envahi le centre ville racontent la dérive d’une petite agglomération à la croisée des pistes, à l’orée de la grande forêt, dont l’or et les diamants ont attisé la fièvre des pillards. Les portes fracassées des maisons de terre disent les pillages endurés au cours des mois écoulés, et la peur, comme dans la brousse avoisinante, ferme les bouches.

          Bien que, selon un accord de « cessez-le-feu immédiat et général » signé par les belligérants de la région le 30 décembre dernier et aussitôt violé par le MLC, Mambasa soit désormais démilitarisée, les différentes rébellions campent toujours à proximité et les espions de tous bords y pullulent. Les témoignages s’y font donc dans une discrétion inquiète, récits chuchotés dans une case amie, ou consignés sur des petits bouts de papier, que compilent et dissimulent des responsables de l’administration locale ou des prêtres. « Il y a eu les viols, les vols, les meurtres, souffle l’un d’entre eux, mais il faudra du temps pour tout recenser. Ce sont des lieux isolés, et les routes sont en faillite. »

          Les « Effacer le tableau » prennent Mambasa une première fois le 12 octobre et entament aussitôt le sac de la ville, pudiquement intitulé « vaccination porte à porte ». Des mécaniciens dépêchés spécialement quadrillent les quartiers pour identifier ce qui mérite d’être transporté par hélicoptère vers l’un des bastions de la rébellion. Au cimetière, des tombes récentes sont violées, à la recherche d’hypothétiques trésors enfouis. Des femmes, arrivées dans le sillage des soldats, écument les maisons « pour s’emparer de casseroles, de pagnes et d’huiles parfumées », selon une de leurs victimes.

          Le Père Sylvano Ruaro, un prêtre italien présent dans la région depuis plus de trente ans, tente de se cacher au milieu d’un troupeau de vaches. Les soldats abattent le bétail à l’arme automatique. « J’entendais le bruit des balles qui entraient dans leur chair, c’était abominable. » Il est découvert puis molesté. Les soldats exigent, et obtiennent, les dollars de la mission. Au lieutenant-colonel rebelle Freddy Ngalimo, chef des « Effacer le tableau », qui vient lui rendre visite après le passage dévastateur de ses hommes, le Père Sylvano lance : « Éliminez-moi tout de suite, ou je vais faire connaître toutes vos horreurs au reste du monde. » La réponse du chef rebelle, telle que la rapporte le religieux, est désarmante : « De quoi vous plaignez-vous ? Ici, ce n’était rien. Nous avons fait mille fois pire ailleurs. » On venait d’égorger quatre hommes dans une bananeraie toute proche, puis de jeter leurs corps dans une fosse septique, avant de tuer le gardien de la mission devant les fenêtres des prêtres.

          Puis Mambasa, perdue à la faveur d’une contre-offensive et de pressions internationales déclenchées par le témoignage du père Sylvano, est reprise trois semaines plus tard. Les « Effacer » entrent alors dans une ville dont la population vient de prendre la fuite, dans une course éperdue, vers Béni, à 130 kilomètres de mauvaises pistes plus au sud. « Quand les “Effacer” sont revenus, nous nous sommes dits : au moins, allons mourir tranquillement quelque part »,raconte un habitant handicapé. « Ils ont fait trois semaines dans une ville vide, avant de descendre vers Béni, témoigne un fonctionnaire resté en ville. Ils étaient méchants. Un officier qui se faisait appeler Zorro se vantait de manger de la chair humaine, de couper les pénis des prisonniers et de les boucaner pour ses chefs. Il montrait des organes dans sa gibecière. »

          Parmi les fuyards, certains s’égarent en forêt, des enfants sont piétinés, des femmes accouchent sur le bord des routes. Bientôt, plusieurs dizaines de milliers de personnes s’entassent aux portes de Béni, que les hommes de Jean-Pierre Bemba sont à deux doigts de prendre. Ils ne sont stoppés dans leur offensive que par de nouvelles pressions internationales, toujours sur l’impulsion du Père Sylvano. Parmi les réfugiés qui arrivent, épuisés, certains rapportent le récit des atrocités subies ou observées le long de la route ou dans le secret de la forêt. Les viols, souvent collectifs, ont été légion. Près d’Alima, un village sur la route, des fuyards ont vu des cadavres atrocement mutilés, dont certaines parties avaient été arrachées.

          Assez vite, il devient clair que ce sont les Pygmées qui ont payé le plus lourd tribut. Déjà appauvris au-delà de la misère par le défrichement de la forêt, qui progresse d’un kilomètre par an et les prive de leurs moyens de subsistance, réduits en semi-asservissement par les ethnies locales, les exactions des soldats les ont poussés, pour la première fois, loin de leur forêt et des villages où ils avaient leurs habitudes. Assis derrière son petit bureau, à Béni, Benoît Kalume, membre du Programme d’assistance aux Pygmées (PAP), avoue son désespoir : « Depuis longtemps, les Pygmées sont déconsidérés par les autres ethnies, bien qu’ils soient les premiers citoyens de ce pays. Mais le fait d’être mangés, spécialement, les a convaincus qu’ils ne sont pas considérés comme des humains. »

          Les soldats du MLC ont visé, en premier lieu, ces intouchables de la forêt parce qu’ils les soupçonnaient d’avoir servi de « pisteurs » à leurs ennemis, mais aussi, selon de multiples témoignages, dans le cadre de pratiques rituelles. Un témoin raconte le retour des hommes de Jean-Pierre Bemba à Isiro, plus au nord : « Ils sont rentrés du front avec des têtes de Pygmées autour du cou, exhibant des sexes utilisés comme des amulettes. Ils ont fait le tour de la ville en chantant qu’ils avaient mangé cette chair et qu’ils étaient devenus invincibles. » Un rapport du PAP, rédigé après ces révélations, se conclut par ces lignes : « (...) la communauté internationale focalise son attention sur la protection des animaux comme les okapis, les gorilles des montagnes, les rhinocéros (...) et se désintéresse des humains comme nous, les Pygmées, qui sommes pourtant fortement menacés d’extinction. »

          Il est difficile d’établir avec exactitude le nombre des victimes de ces abominations. Les responsables d’un « comité des réfugiés » constitué près de la ville de Béni indiquent avoir comptabilisé neuf victimes d’actes de cannibalisme au total. Rien ne permet encore de déterminer combien d’autres cas demeurent inconnus, les témoins se trouvant encore en brousse. Or le cas n’est pas caractéristique seulement de Mambasa ni des hommes du MLC.

          Dans l’est et le nord du Congo, où les factions rebelles ne cessent de se multiplier depuis que la guerre a éclaté en 1998, tous les groupes armés s’adonnent au pire. Un responsable militaire, à Béni, l’admet : « Au front, on souffre de la faim, de la soif, on manque de tout. Alors les soldats font des choses terribles. Quand tu trouves un ennemi, dans certains cas, tu peux le tuer sauvagement et le manger. C’est une chose qui arrive partout, parce que cette guerre est atroce. Mais, normalement, cela reste secret. Les types de Bemba sont juste allés trop loin, ils devaient vraiment se croire invincibles... »

          Dans la même région de l’Ituri, à Nyakunde, début septembre 2002, les miliciens d’une ethnie ont méthodiquement massacré, jusque sur leur lit d’hôpital, les membres d’autres ethnies, avant de quadriller la ville, listes en main, à la recherche de ceux qui étaient parvenus à se dissimuler dans les moindres recoins, des faux plafonds aux fosses des latrines. Plus de mille personnes ont été inhumées dans quatre fosses communes après les massacres. Aucune enquête internationale, alors, n’a été organisée pour identifier les coupables avec certitude, bien que des rescapés de ces tueries soient présents dans toute la région. Pourtant, dans de nombreux cas, des cadavres avaient subi les mêmes traitements que ceux de Mambasa. Têtes coupées et exhibées, chair humaine exposée sur les routes et sexes coupés. « C’est la colère et le besoin de vengeance qui ont tellement monté en eux que tuer l’ennemi ne suffit plus pour montrer à quel point on est en colère... C’est aussi pour montrer que l’ennemi n’est rien, rien que de la viande comme les animaux », témoigne un rescapé de Nyakunde dans le rapport confidentiel d’une organisation non gouvernementale.

          Mais pour l’heure, Jean-Pierre Bemba est le seul visé par la communuaté internationale. Sur la base des actes de ses hommes et du courage d’un père missionnaire isolé, la Mission d’observation des Nations unies (MONUC) s’est décidée à déployer sur le terrain une équipe d’enquêteurs qui s’est penchée sur les agissements des « Effacer le tableau ». Un rapport a été rédigé, qui a permis de saisir le Conseil de sécurité et devait initialement fournir la base de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI). Mais entre temps, des tractations discrètes ont eu lieu. Jean-Pierre Bemba a menacé de se retirer du laborieux processus de paix congolais s’il faisait l’objet de poursuites. Depuis New York, au siège des Nations unies, on lui a fait savoir qu’il pourrait être épargné, à condition de condamner certains de ses hommes.

          Le leader du MLC vient donc d’organiser un procès express pour vingt-sept de ses soldats dans son fief de Gbadolite. Des peines étonnantes, allant jusque à trois ans de prison environ, y ont été prononcées, notamment pour « gaspillage de munitions » ou pour « avoir emprunté une route non autorisée ». On ignore si elles seront appliquées. Freddy Ngalimo, en particulier, a été condamné à quarante-trois mois de prison, pour « non assistance à personnes en danger ». Il reste à savoir si Jean-Pierre Bemba sera capable de se protéger aussi de la plainte déposée par des organisations de défense des droits de l’homme pour les exactions commises par ses troupes...en Centrafrique cette fois.

          Reste que les accusations portées contre le MLC peuvent difficilement faire figure d’exception. La liste des exactions au Congo est longue, et cette dérive fétichiste ne peut les expliquer toutes. En cinq ans de guerre, l’horreur des crimes a subi une inflation constante qui finit par rendre le cannibalisme presque banal, sans jamais provoquer mieux que la rédaction de rapports et de vagues admonestations sans lendemain aux coupables, lorsqu’ils sont identifiés, le tout sous le regard des cinq mille membres de la Monuc.

          Jean-Philippe Rémy

          • ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 27.02.03

          • PaulTron
            PaulTron répond à zorbeck
            Ce champ sera visible par tous (...)
            • Posté à 10h22 le 24/08/2012
            • Internaute 168564
              Ce champ sera visible par tous (...)

            Et ?
            A l’origine de ce conglit, des états avec leurs multinationales. Le but, le sous-sol de la région.
            Le moyen : la guerre permet de faire baisser les prix, de générer du trafic, rentable pour tout le monde.
            Au centre les populations civils dont tout le monde se fout, victimes de bandes armées de mieux en mieux armées par les multinationales et de plus en plus assassines.
            Votre article dit d’ailleurs que les soldats cherchaient l’or et les diamants.
            En Euope, un règlement de plus de plus strict concerne l’origine des diamants, dans le but d’éviter la vente des « diamants de sang » !
            Car au départ de chaque conflit, on trouve rarement autre chose qu’une puissance étrangère fournissant les armes contre des matères premières. C’est en cela que je répondais au précédent commentaire, un peu facho, considérant que « l’homme blanc » était irréprochable.
            Pour vous permettre de mieux comprendre, cherchez quelles sont les activités exactes des compagnies françaises en Afrique et où sont-elles implantées. Vous apprendrez qu’un bétonneur extrait de l’or, par exemple.
            Ensuite regardez la complaisance des chefs d’état. Chaque fois que l’un des chefs d’état se montre moins complaisant, il y a une guerre et souvent l’armée française intervient. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, regardez en France les propriétés des dictateurs africains des ex-colonies.

            • zorbeck
              zorbeck répond à PaulTron
              • Posté à 11h34 le 24/08/2012
              • Internaute 9110

              Oui bien sur.

              Mais là où nos avis diffèrent, c’est que pour moi il n’y a pas des innocents d’un coté et des mechantes multinationales de l’autre. Nous somme tous coupables, eux comme nous et vous oubliez leur part, c’est tout ce que j’ai voulu dire.

              Ceci posé, et du coté de chez nous, le plus grand scandale reste quand même l’amnistie (non-lieu ?) de l’équipée Pasqua/fils Mitterrand/Falcone et consorts en Angola qui se sont enrichis directement par la livraison d’armes en pleine guerre civile et ses enfants soldats. Que la justice française ait contenté tout ce beau monde par un non-lieu, il ne reste plus qu’à remplacer les platanes par des bananiers dans les allées menant au palais de justice pour parfaire le tableau.

              • PaulTron
                PaulTron répond à zorbeck
                Ce champ sera visible par tous (...)
                • Posté à 12h10 le 24/08/2012
                • Internaute 168564
                  Ce champ sera visible par tous (...)

                Là nous sommes d’accord.
                Je n’innocente personne. Je considère seulement qu’il pourrait y avoir moins de conflits, s’il y avait de la justice et de la morale.
                Quant à l’affaire de l’Angola, au moins ils ont été inquiétés, car dans de nombreux autres conflits, ces gens là ne sont même pas inquiétés par la justice.
                De toute façon ils ne risquent au pire que du sursis cumulable.

        4 autres commentaires
  • AutistReading
    AutistReading
    Au snack elle prend pas de kebab
    • Posté à 20h01 le 22/08/2012
    • 184876
      Au snack elle prend pas de kebab

    Que fait la communauté internationale ?

    Ben elle laisse ses représentants se faire corrompre par la communauté multinationale...

  • cabral amilcar
    cabral amilcar
    peureux célèbre
    • Posté à 20h12 le 22/08/2012
    • Internaute 29973
      peureux célèbre

    l’article commet à mon sens deux erreurs parallèles, pour l’auteur l’histoire de la région commence en 1972 et elle parle de tutsis comme si on savait ce que c’est, or l’histoire de la région est infiniment plus complexe et tutsi ne veut pas dire grand chose, cette non signification dans la description est la cause du danger, il faudrait y aller pour étudier dans le détails les royaumes et les clans, et les routes transfrontalières du bétail, d’admettre au départ que ces gens n’ont pas toujours vécu totalement séparés permet de reprendre l’histoire sur des bases solides

    • Laland1
      Laland1 répond à cabral amilcar
      "Two Hills"
      • Posté à 10h57 le 23/08/2012
      • Internaute 190067
        "Two Hills"

      J’aimerais bien que, ces messieurs m’expliquent, comment on est passé de 2 clans à 2 ethnies ? ? ?

      J’aimerais bien aussi qu’ils me disent comment ils différencient un Hutu d’un Tutsi ? Ils ont pourtant la même langue, les mêmes religions et se ressemblent.

      Comment arrivent-ils à prétendre qu’un Tutsi est plus rwandais que congolais qu’un Hutu, (ou vice-versa) ? Pourtant ces peuples étaient là avant les nations d’aujourd’hui, qui les gouvernent !

  • Pili pili
    Pili pili
    Piment d'oisif
    • Posté à 20h42 le 22/08/2012
    • Internaute 188535
      Piment d'oisif

    Beau travail, et bonne initiative de faire une explication longue et qui illustre la complexité.
    Évidemment, quand on prend conscience de la complexité c’est plus difficile de poster des commentaires simplistes.
    Ah c’est ingrat, la restitution de la vérité...

    • Hulk Martel
      Hulk Martel répond à Pili pili
      Educateur specialise
      • Posté à 22h33 le 22/08/2012
      • Internaute 191322
        Educateur specialise

      Si, si, on peut.

      Par exemple, moi, je trouve que ça manque de Chinois cette affaire, c’est pas crédible.

      • Pili pili
        Pili pili répond à Hulk Martel
        Piment d'oisif
        • Posté à 22h44 le 22/08/2012
        • Internaute 188535
          Piment d'oisif

        Y’a les numéros de chapitre, comme dans les menus de l’avenue d’Ivry.

      • Baracuda
        Baracuda répond à Hulk Martel
        Dans les remous
        • Posté à 23h16 le 22/08/2012
        • Internaute 93411
          Dans les remous

        Les chinois n’ont aucun problème avec personne...
        Ou plutôt, ça se passe bien avec tout le monde !

        C’est un truc de dingue, comme dit le proverbe Lingala :
        « quoiqu’il arrive, c’est le chinois qui gagnera ! ! »

         
        • Hulk Martel
          Hulk Martel répond à Baracuda
          Educateur specialise
          • Posté à 23h21 le 22/08/2012
          • Internaute 191322
            Educateur specialise

          Et comme dit le proverbe Kivu :
          « quoiqu’il arrive, c’est nous qui l’aurons dans le cul ».

          • Baracuda
            Baracuda répond à Hulk Martel
            Dans les remous
            • Posté à 23h25 le 22/08/2012
            • Internaute 93411
              Dans les remous

            A Lubumbashi ils disent :
            « Refuse la culotte du chinois et tu seras cul nu ! »

            • Hulk Martel
              Hulk Martel répond à Baracuda
              Educateur specialise
              • Posté à 23h30 le 22/08/2012
              • Internaute 191322
                Educateur specialise

              Oui, mais là ça ne rime pas, c’est nul.

        3 autres commentaires
  • lifka
    • Posté à 21h46 le 22/08/2012
    • Internaute 37623

    Très bon tour du propriétaire.
    Un des pays potentiellement les plus riches du monde - la RDC n’a pas seulement des potentialités dans son sous-sol, mais aussi sur son sol, car il a de l’eau - que l’on assassine.

    Un pays exsangue, des milliers de morts et de réfugiés. Et où sont les indignés ?

    • Hulk Martel
      Hulk Martel répond à lifka
      Educateur specialise
      • Posté à 22h34 le 22/08/2012
      • Internaute 191322
        Educateur specialise

      Normal : il n’y a pas de méchant occidental clairement identifié. Donc pas d’indignation. Un peu comme le Sri Lanka avant.

      Le Kivu, ce sont des Noirs qui s’entretuent, que voulez-vous ma bonne dame, ça n’arrête pas en Afrique, et depuis le génocide rwandais on a déjà donné, alors on ne regarde pas.

      • lifka
        lifka répond à Hulk Martel
        • Posté à 23h10 le 22/08/2012
        • Internaute 37623

        Et les multinationales ? C’est pas des Occidentaux ?

         
        • Hulk Martel
          Hulk Martel répond à lifka
          Educateur specialise
          • Posté à 23h19 le 22/08/2012
          • Internaute 191322
            Educateur specialise

          Trop vague. À la télé on ne voit jamais une multinationale en train de massacrer un village à la kalachnikov.

          • lifka
            lifka répond à Hulk Martel
            • Posté à 13h49 le 23/08/2012
            • Internaute 37623

            Je suis bien sure que si au lieu de Nokia (consortium fino-allemand) avait été impliquée une société israélienne (ou israélo-américaine) on aurait vu rappliquer tous nos indignés pour nous expliquer que « les sionistes » cherchent à destabiliser.... Oups, mais les Congolais sont à 95% ou même plus chrétiens, pas de victimes musulmanes.

            Alors là, ça n’intéresse plus personne ! Remarquez que depuis hier, on n’a toujours pas dépassé 1 page de commentaires.....

            Nos indignés sont en fait aux abonnés absents quand on ne peut pas rendre responsable les « américano-sionistes ».

        • fraggleroc
          fraggleroc répond à lifka
          cavernicole
          • Posté à 00h16 le 23/08/2012
          • Internaute 191493
            cavernicole

          pardonnez-moi mais en quoi les multinationales sont-elles responsables de ces massacres ?
          s’agissant de lz chine il ne vous viendrait pas à l’esprit d’accuser les multinationales d’être responsables du malheur des chinois ?
          hé bien figurez-vous qu’en RDC c’est pareil, les gouvernements de la région sont les seuls responsables du sort de leurs citoyens.

          • lifka
            lifka répond à fraggleroc
            • Posté à 13h27 le 23/08/2012
            • Internaute 37623

            Avez-vous lu l’article à propos duquel nous discutons ?

            Je cite :

            Le documentaire « Blood in the Mobile », dénonce le cercle vicieux dans lequel sont impliquées les grosses firmes. Le réalisateur, Frank Piasecki Poulsen, s’est intéressé au cas de Nokia qui a de gros intérêts dans les mines de cassitérite à Walikale. Il n’a pu trouver de preuves concrètes de l’implication de la firme internationale cependant de lourds soupçons pèsent sur elle.

            Les entreprises profitent en général de l’instabilité pour acheter les minerais à bas prix. Minerais qu’ils utilisent dans la fabrication de leurs téléphones par exemple. Des bénéfices tirés, les observateurs supposent qu’une partie est réinvestie dans l’armement pour soutenir l’instabilité dans la région.

            • zorbeck
              zorbeck répond à lifka
              • Posté à 12h13 le 24/08/2012
              • Internaute 9110

              Oui, bien sur, votre propos est juste mais mérite d’être nuancé. Si je peux me permettre, j’ai posté plus haut un témoignage vieux de 10 ans qui me donne encore le tournis. Il y a peu d’innocents et beaucoup de barbarie, dont les plus faibles font les frais.

              • lifka
                lifka répond à zorbeck
                • Posté à 13h03 le 24/08/2012
                • Internaute 37623

                Bien sur qu’il y a de la barbarie dans ces guerres, et peut-être même quelque chose qui ressemblerait à du génocide parfois

                Lien

                Même si je me méfie des témoignages de guerre comme ceux que vous produisez et qui sont souvent des récits recomposés et dont l’horreur augmente à mesure qu’ils sont racontés et re-racontés.

            • fraggleroc
              fraggleroc répond à lifka
              cavernicole
              • Posté à 15h18 le 24/08/2012
              • Internaute 191493
                cavernicole

              ma chère lifka, ce n’est pas parce qu’un obscur réalisateur de programme télé soupçonne nokia de je ne sais quoi que c’est vrai.

        7 autres commentaires
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