Débat 17/08/2012 à 11h01

Je suis médiateur scolaire auprès de Roms, vous m’avez posé vos questions

Nicolas Cartron | Professeur des écoles


Dans un squat de roms, à Bordeaux (Nicolas Cartron)

Je suis professeur des écoles à Bordeaux et je travaille pour l’Education nationale comme médiateur scolaire auprès de familles roms. Je m’occupe de deux squats, un jour par semaine, à Bordeaux et à Floirac (Gironde).

Je fais le lien entre les familles et l’école :

  • en accompagnant les familles dans les démarches pour inscrire leurs enfants à l’école ;
  • en accompagnant les enfants à l’école ;
  • en essayant d’enrayer les problèmes d’absentéisme.

Dans quelques jours, ce sera la rentrée scolaire. Si la politique de démantèlement des squats continue ainsi, la scolarité de nombreux enfants roms risque, encore une fois, d’être perturbée.

Posez-moi vos questions dans les commentaires et j’y répondrai.

Sélection de réponses

EdkOb. « Il y a peu d’espaces médiatiques où les Roms peuvent dire leurs vies, leurs choix, leurs espoirs... »

Il est vrai que le passage dans les médias reste compliqué pour les Roms. Les articles de presse ne leur donnent pas souvent la parole, et quand ils l’ont, ce n’est jamais très approfondi. Cependant, quelques anthropologues travaillent sur ce sujet, et recueillent leur parole objectivement.

Après, je ne peux pas vous dire de manière générale « ce que pensent les Roms » : chaque famille est un cas particulier. Mais ol est clair qu’à peu près tous désirent pouvoir travailler, afin de vivre dignement. (L’échange complet)

Alternatifs. « Quelles sont les obligations de la France en matière d’éducation, de santé et de sécurité d’un mineur ? »

En matière d’éducation, l’école se doit d’accueillir en son sein tous les enfants en âge d’être scolarisé. Pour cela, il suffit de présenter une pièce d’identité et une attestation de domiciliation. L’absence de justificatifs concernant les vaccins et l’assurance ne doit pas empêcher la scolarisation. La plupart du temps, l’inscription se fait sans problèmes. Après il reste l’inscription à la cantine qui là par moments est un peu plus difficile. (L’échange complet)

Bad Lieutenant. « C’est un choix perso cette médiation ou bien on vous a nommé à ce poste ? »

J’ai commencé ce travail il y a un peu plus de trois ans, en tant que militant associatif. De fil en aiguille, l’inspection académique m’a proposé de continuer mes actions au sein de l’Education nationale. Donc c’est un choix personnel.

Bad Lieutenant. A combien estime-t-on le nombre de Roms expulsés de France ? Comment prennent-ils cette situation ?

Selon les estimations du rapport Romeurope, il y aurait entre 15 000 et 20 000 Roms en France. En venant ici, ils savent très bien qu’ils n’ont le droit que de rester trois mois. Ils sont donc préparé à être expulsés et à revenir quelques jours plus tard.

Globalement, la France est un pays qu’ils apprécient. Donc la plus part reviennent. Certains tout de même tentent l’aventure en Espagne. Mais actuellement, ce n’est vraiment l’eldorado.

Concrètement, quand c’est leur première expulsion, cela leur donne un peu d’argent de poche (retour humanitaire, environ 300 euros par adulte). Par contre, pour les fois suivantes, l’expulsion n’a de conséquences que de briser momentanément les liens scolaires et sanitaires mis en place. (L’échange complet)

Joseph Gratteur. « Qui évalue votre travail et comment ? Scolariser les enfants, est-ce suffisant ? »

Mon action est évaluée par mon supérieur hiérarchique, c’est à dite l’inspecteur de l’Education nationale de ma circonscription. Régulièrement, je fais des rapports d’activité et je suis souvent en contact avec les inspecteurs concernés afin de les tenir informés de la situation.

Au début, je ne faisais que les démarches administratives, c’est à dire l’inscription à l’école. Je me suis vite rendu compte que cela ne suffisait pas. Aujourd’hui, je me centre beaucoup plus sur la scolarité, en accompagnant le plus possible les familles et les enfants concernés.

Vous posez une grande question. Etre présent ne suffit évidemment pas, il faut que cette présence soit teintée d’un intérêt véritable pour l’école. C’est là la partie la plus difficile de mon action. Pour m’être rendu plusieurs fois en Bulgarie, j’ai pu voir que dans leur pays d’origine, l’école ne fait pas vraiment sens pour eux. La stigmatisation, le rejet est tellement grand et partagé que l’école n’est en rien un moteur d’ascension sociale. (L’échange complet)

Joseph Gratteur. « Les Roms se sédentarisent-ils parfois ? »

Les Roms sont sédentaires depuis très longtemps. Ils migrent par nécessité et non par choix. Ils ont tous une habitation en dure dans leur pays d’origine. Ce ne sont pas des gens du voyage. Certains ont obtenu une carte de séjour en France, et désirent rester vivre ici. Ils n’ont pas de parcours programmé.

Pour la scolarisation, les expulsions sont un désastre. De retour en Bulgarie, les enseignants ne considèrent en rien l’année de scolarité en France. Ainsi, les enfants roms redoublent systématiquement leur classe à leur retour. (L’échange complet, les précisions historiques de Enki, et la vidéo repérée par Amnesic)

Vielanarfatigué. « Pourquoi est-ce important de mettre les enfants roms à l’école ? »

Je pense que l’école joue un rôle primordial pour ces enfants. En effet, peut-on parler d’intégration sans maîtrise de la langue ? Une fois les rudiments de notre langue orale acquis, les enfants roms peuvent échanger avec les autres élèves. La socialisation est tout de même l’un des rôles clés de notre école.

Du point de vue des apprentissages, c’est évidemment extrêmement difficile pour eux. Les enfants scolarisés dès la maternelle arrivent à suivre par la suite. Par contre, les enfants plus âgés sont évidemment démunis. En effet, ils ont suivi une pseudo-scolarité en Bulgarie et ne maîtrisent souvent que très peu d’apprentissages dans la langue de leur pays d’origine. Pour ces enfants, il faut imaginer une scolarité « adaptée ».

Cependant, le retard en terme d’apprentissage ne peut être comblé. Lors de l’arrivée au collège, les problèmes redoublent d’intensité. Le plus dur est qu’en plus d’être en difficulté scolairement, ils sont également bloqués lorsqu’ils veulent apprendre un métier. En effet, si leurs parents ne bénéficient pas d’un titre de séjour avec autorisation de travail, ils ne pourront pas faire de stages professionnels. (L’échange complet)

Pedronlamine44. « Y a-t-il des difficultés avec les autres élèves ou les parents ? »

L’accompagnement à l’école est d’autant plus simple que les enfants sont jeunes. La scolarisation dès la maternelle permet un apprentissage très rapide de la langue orale. Car ce qui pose des problèmes, c’est l’absence de communication entre les enfants.

Lorsqu’un enfant rom âgé de 10 ans arrive dans une classe, cela peut être un vrai traumatisme pour lui. Il se retrouve dans un univers qui ne lui est pas familier, à devoir rester assis pendant plusieurs heures sans rien comprendre de ce qui se passe. Dans ces cas, il peut y avoir des problèmes de comportement par la suite.

De toute façon, la situation n’est simple pour personne. Parents, enseignants, élèves... La seule façon d’apaiser le climat est de rendre tout ce qui est implicite, explicite. Expliquer, rassurer, communiquer, c’est que j’essaie de faire. (L’échange complet)

Kodiak. « Y a-t-il un accompagnement social, en parallèle de votre travail ? »

Je communique avec un médiateur embauché par la ville de Bordeaux et qui travaille entre autres sur la question de la scolarisation. Je suis également en lien étroit avec les enseignants qui s’occupent particulièrement des enfants non-francophones.

Pa ailleurs, il existe à Bordeaux un dispositif particulier : la Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (Mous). Cette structure a pour but de « diagnostiquer » les familles roms et de proposer à la suite certaines familles dites « intégrables » à la préfecture afin qu’ils obtiennent un titre provisoire de séjour. Si la préfecture délivre ce précieux sésame, la Mous s’engage à accompagner ces familles dans toutes leurs démarches (accès au travail et au logement notamment). (L’échange complet)

Blinky. « Comment les parents s’en sortent-ils financièrement ? »

Concernant les parents, certains font la manche, d’autres récupèrent la ferraille, et les plus chanceux arrivent à travailler au noir. Ceci est la conséquence de l’absence d’autorisation de travail qu’ils connaissent en France. (L’échange complet)

Maal. « Etes-vous confronté au problème de la mendicité des enfants roms, poussés par leur parents, eux-mêmes exploités par une mafia ? »

A Bordeaux, très peu d’enfants mendient. Malgré tout, cela arrive. Evidemment, il y a une volonté de la part de l’institution de scolariser ces enfants, mais il peut arriver que cette volonté ne soit partagée par les familles. Cela n’engage que moi mais je reste très septique lorsque l’on me parle de réseaux mafieux, en tout cas sur Bordeaux. (L’échange complet)

Gasper. « Pourquoi, bien qu’Européens, les Roms n’ont-ils pas le droit de travailler ? »

Les Roumains et les Bulgares (ce qui inclut les Roms de ces pays) sont bien européens. Cependant, en France, ils sont soumis à un régime transitoire qui limite leur séjour à trois mois et qui ne les autorise pas à travailler en dehors de la liste des métiers en tension (auquel cas leur employeur potentiel doit payer une taxe d’environ 800 euros à l’OFII). (L’échange complet)

Aelfgyva des Brumes. « Comment les familles roms réagissent-elles à votre travail ? »

La plupart des familles sont soulagées que je puisse les aider à scolariser leur enfant.

Cependant, il existe toujours quelques enfants qui ne sont pas scolarisés ou qui ne l’ont été que quelques jours. J’essaie de comprendre les raisons d’un tel refus et elles peuvent être multiples.

Pour faire court, certaines familles sont tellement dans l’urgence que la scolarisation n’apparaît pas comme une priorité.

La mendicité ou le vol ne sont en rien un trait culturel. N’importe quelle communauté placée dans de telles conditions de vie peut avoir recours à ce type de pratiques économiques.

Dans les deux squats où je travaille, environ 80% des enfants sont scolarisés.
Je n’ai jamais observé de « mafia » au sein de ses deux squats. Il existe sûrement des comportements répréhensibles, mais ils sont le fait d’initiative personnelle. (L’échange complet)

Méchante langue. « Que faites-vous pour les enfants dont les parents sont restés en Roumanie et ont été envoyés en France pour “faire de l’argent” en mendiant, de jeunes handicapés notamment ? »

Je n’en ai jamais rencontré. (L’’échange complet)

Flanby de Tulle. C’est quoi cette histoire de « villages d’intégration » que veut lancer Manuel Valls.

Un village d’insertion est un terrain sur lequel on loge des familles roms tout en les accompagnant socialement. Les habitants de ce « village » sont soumis à un règlement qui varie en fonction des décideurs.Il en existe à Montreuil ou à Aubervilliers, entres autres. (L’échange complet)

Anthropophage Housse. « L’accueil des enfants roms dans les classes ne plaît pas toujours aux parents des autres élèves... »

Il y a eu des réunions avec certains parents d’élèves. Il est vrai qu’une certaine inquiétude apparaît. Encore une fois, il s’agit de lever l’ignorance et les implicites.

La peur chez certains parents est légitime, elle provient de l’inconnu. En explicitant les choses, les angoisses diminuent. Je dirai même que parfois, une certaine solidarité pointe le bout de son nez... (L’échange complet)

Kolyse. Comment ces Roms envisagent-ils de se fondre dans le paysage, leur intégration passera-t-elle par exemple par des mariages mixtes ?

Je ne partage pas votre point de vue concernant le mariage mixte. Pour moi, ce n’est en rien un facteur primordial d’intégration. Certains l’envisagent, le font même, d’autres non. Il n’y a pas de règle générale. (L’échange complet)

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  • EdkOb
    • Posté à 11h12 le 17/08/2012
    • Internaute 85736

    Bonjour,

    ce n’est pas vraiment « une » question, mais que disent ces enfants & adultes, de toutes les difficultés qui font leur quotidien :
    - aires réservées indignes
    - stigmatisation européenne, boucs émissaires
    - relations avec les populations autochtones
    - rêves, souhaits, désirs

    A part quelques revues (très) confidentielles, il n’y a jamais d’espaces médiatiques où ces personnes peuvent dire leurs vies, leurs choix, leurs espoirs.

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à EdkOb
      Bisounours de combat
      • Posté à 11h18 le 17/08/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      vrai, ils sont expulsés à tour de bras mais jamais écoutés...

    • Nicolas Cartron
      Nicolas Cartron répond à EdkOb
      Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
      • Posté à 11h20 le 17/08/2012
      • Expert 99777
        Professeur des écoles

      Il est vrai que le passage dans les médias reste compliqué pour les roms. Les articles de presse ne leur donnent pas souvent la parole, et quand ils l’ont ce n’est jamais très approfondi.
      Cependant quelques anthropologues travaillent sur ce sujet, et recueillent la parole des roms objectivement.
      Après je ne peux pas vous dire de manière générale ce que pensent les roms car chaque famille est un cas particulier.

      • EdkOb
        EdkOb répond à Nicolas Cartron
        • Posté à 19h52 le 17/08/2012
        • Internaute 85736

        « Après je ne peux pas vous dire de manière générale ce que pensent les roms car chaque famille est un cas particulier. »

        Ce que je souhaitais savoir, c’est si ceux que vous côtoyez expriment parfois des attentes, des souhaits.
        Je me doute bien que chaque famille est différente, mais tous subissent plus ou moins des discriminations.

        Merci pour la qualité de vos réponses.

        Ce qu’il faudrait, c’est établir une forme de « classification » (désolé pour le mot certainement mal choisi) pour lever toutes les incompréhensions, car beaucoup encore font des amalgames et des confusions entre les différentes catégories de « roms ».

         
        • Nicolas Cartron
          Nicolas Cartron répond à EdkOb
          Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
          • Posté à 20h02 le 17/08/2012
          • Expert 99777
            Professeur des écoles

          Il est clair qu’à peu près tous désirent pouvoir travailler, afin de vivre dignement.

          • EdkOb
            EdkOb répond à Nicolas Cartron
            • Posté à 15h25 le 18/08/2012
            • Internaute 85736

            C’est exactement cela, qui les rassemble tous, cette volonté de vivre dans la dignité.

            Même s’ils sont (un peu) différents de nous, c’est bien là l’aspiration de l’immense majorité des humains.

        2 autres commentaires
      • nicolas.boulay
        nicolas.boulay répond à Nicolas Cartron
        ingé
        • Posté à 13h33 le 20/08/2012
        • Internaute 94389
          ingé

        Il faudrait déjà éviter de faire des « gros sacs » avec les communautés. J’ai l’impression que « Roms » rassemble des commautés très différentes.
        * Gens du voyage français
        * Gens du voyage étranger en situation régulière ou pas
        * Roms français ou non.

        etc... Leurs situations ne peuvent pas être la même puisque certain ont le droit de travailler par exemple.

    • and we are still wild
      and we are still wild répond à EdkOb
      parresiaste
      • Posté à 13h46 le 17/08/2012
      • Internaute 190961
        parresiaste

      Alors sous réserve,peut être ne s’agit-il pas de roms mais de gitans ou manouches,mais parler d’aires indignes...
      en tous cas il y a souvent des aires dignes qui sont laissées complètement défoncées,dernièrement un petite ville s’est retrouvée avec 80 000 € de dégâts sur le stade détruit.

      Les aires sont souvent rendues indignes,des poubelles mises à disposition mais pas toujours utilisées ou alors en nombre insuffisant etc...

      Quant à la stigmatisation européenne...
      Les boucs émissaires sont souvent les autochtones qui doivent payer les pots cassés.

      Avant de me traiter de facho je répète, je me trompe peut être de population mais sur les camps que je vois il y a beaucoup de caisses que je ne pourrais jamais me payer de ma vie...

      Alors si vous me dites que je généralise peut être.

      Mais parler de méchants autochtones européens (je croyais que les roms étaient eux aussi européens ?) qui cherchent toujours de boucs émissaires,est-ce que parfois vous pensez à la vieille qui vit seule dans sa petite maison qui est terrorisée,qui perçoit très mal cette intrusion parfois à répétition (on s’en bat les steacks me direz-vous elle est surement de droite) avec parfois des déjections dans la rue... ?
      A moins que penser à eux AUSSI (je n’oppose pas) ne soit pas digne...

      Je ne sais pas qu’elle est la solution,on va m’incendier c’est sûr (pourtant ce que je vois vous devez le voir aussi non ?) mais j’essaie juste de nuancer votre propos.

      • Nicolas Cartron
        Nicolas Cartron répond à and we are still wild
        Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
        • Posté à 14h23 le 17/08/2012
        • Expert 99777
          Professeur des écoles

        Vous parlez des aires d’accueils des gens du voyage.
        Les roms, quand ils viennent en France, vivent dans des squats ou se construisent des cabanes sur des terrains vagues. Certains qui ont obtenu une carte de séjour provisoire ont accès au parc locatif et deviennent quelque peu « invisibles ».

         
        • and we are still wild
          and we are still wild répond à Nicolas Cartron
          parresiaste
          • Posté à 20h34 le 17/08/2012
          • Internaute 190961
            parresiaste

          C’est donc finalement un « nomadisme » par défaut dans leur cas.

          Merci pour votre réponse.

          • Enki
            Enki répond à and we are still wild
            alchimiste
            • Posté à 11h59 le 19/08/2012
            • Internaute 9562
              alchimiste

            Les Rroms d’Europe de l’Est ont les mêmes origines que les Tsiganes d’Europe de l’Ouest dont ils ne se distinguaient pas avant la seconde guerre mondiale dans le nomadisme tsigane européen, mais ils ont été bloqués par le rideau de fer et sédentarisés de force par les régimes communistes.

            Paradoxalement, ces régimes leur accordaient néanmoins une certaine sécurité, alors que leur chute en fait désormais des victimes d’une stigmatisation liée à leur appartenance ethnique et non au nomadisme.

            C’est donc une pratique qui a sauté une ou deux génération et ils renouent avec la route du vent pour s’exiler, mais ils n’ont plus les védrines (roulottes hippotractées) de leurs grands-pères, alors ils ont des caravanes et campements de fortune car ils repartent à zéro, et re-perdent tout à chaque évacuation.

            Mais les Rroms n’ont ni identitarisme, ni idéologie et ils aiment les enfants qu’ils ont à nourrir. On peut se fier à leur pragmatisme. Qu’on les laisse se démerder sans les emmerder, et ils se démerderont comme tout à chacun avec la même protection de l’état républicain (ou presque). Les familles qui veulent se re-sédentariser ici ou ailleurs le feront, les autres se ré-intègreront au nomadisme européen, comme ceux qu’on a libérés des camps et laissés vivre et travailler (ou presque).

            Ceux là, vous l’avez remarqué, ont parfois de belles voitures comme d’autres de vos voisins ont de belles maisons. Leur voiture, c’est les fondations de leur maison et leur outil de travail, alors c’est là qu’ils investissent ce qu’ils gagnent en faisant les marchés, les saisons, les chantiers, etc... Comme tout le monde, après avoir payé leurs impots.

            Ils payent aussi un loyer, l’eau et l’EDF sur les aires d’accueil réglementaires, en sous-nombre de ce que la loi prévoie pour ces citoyens là.

        2 autres commentaires
    • L'effaceur
      L'effaceur répond à EdkOb
      Libre
      • Posté à 11h53 le 20/08/2012
      • 180667
        Libre

      « - aires réservées indignes »
      Parce qu’ils choisissent, très souvent, eux même ou s’installer dans demander l’avis de personne et que si on leur impose un emplacement, ça part très vite en sucette ?

      « - stigmatisation européenne, boucs émissaires »
      Parce qu’une partie d’entre eux n’ont rien à faire de la population et au moindre conflit, ce sont des menaces et du pourrissage de vie intensive en plus de dégradations ?

      « - relations avec les populations autochtones »
      Si un habitant du quartier vient demander de faire un peu mois de bruit ou de couper la sono parce qu’il n’est plus possible de dormir, c’est foutage de gueule et harcèlement pour avoir osé se plaindre. Branchement électrique sauvage n’importe ou et en faisant sauter les installations parce que c’est fait n’importe comment, raccordement à l’eau tout aussi sauvage et si un particulier accepte qu’ils se relient chez lui, il y aura automatique des abus et la personne se retrouvera avec une note d’eau monstrueuse et si on leur demande de calmer un peu le jeu, encore des menaces et du harcèlement .

      Quand il y a des problèmes, ce sont toujours les habitants du quartiers qui sont qualifiés de pourris et auront toujours tort face à des associations d’intégristes alacon qui vont toujours les défendre quand ils ne sont pas trop près de chez eux mais change de discours quand ça devient des voisins directe.

  • Alternatifs
    Alternatifs
    Fournisseur de données (...)
    • Posté à 11h14 le 17/08/2012
    • Internaute 94116
      Fournisseur de données (...)

    Quelles sont les obligations de la France en matière d’éducation, de santé et de sécurité par rapport à un mineur ?

    • Nicolas Cartron
      Nicolas Cartron répond à Alternatifs
      Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
      • Posté à 11h26 le 17/08/2012
      • Expert 99777
        Professeur des écoles

      En matière d’éducation, l’école se doit d’accueillir en son sein tous les enfants en âge d’être scolarisé. Pour cela, il suffit de présenter une pièce d’identité et une attestation de domiciliation. L’absence de justificatifs concernant les vaccins et l’assurance ne doit pas empêcher la scolarisation.
      La plus part du temps, l’inscription se fait sans problèmes. Après il reste l’inscription à la cantine qui là par moments est un peu plus difficile.

      • Auroralucie
        Auroralucie répond à Nicolas Cartron
        Collectionneuse de rognures d' (...)
        • Posté à 15h33 le 17/08/2012
        • Internaute 124160
          Collectionneuse de rognures d' (...)

        Bonjour.
        Merci à vous premièrement de soutenir ces familles.

        En tant que squatteurs, ou vivant sur des terrains vagues, il est difficile d’avoir un certificat de domicile, surtout par les temps qui courent, et surtout pour des gens ne connaissant les lois de la France, et ses failles en la matière.

        Comment réagit l’éducation nationale face à cette situation ?

         
        • Nicolas Cartron
          Nicolas Cartron répond à Auroralucie
          Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
          • Posté à 15h42 le 17/08/2012
          • Expert 99777
            Professeur des écoles

          La position de l’Education Nationale est très claire : tout enfant présent sur le sol français et en âge d’être scolarisé doit être inscrit à l’école.

          Concernant la domiciliation, une partie de mon action est de les accompagner dans cette démarche. La domiciliation est un droit. Mais il est vrai que cela s’apparente à un véritable parcours du combattant pour des non-francophones.

          • Auroralucie
            Auroralucie répond à Nicolas Cartron
            Collectionneuse de rognures d' (...)
            • Posté à 15h48 le 17/08/2012
            • Internaute 124160
              Collectionneuse de rognures d' (...)

            Le problème est que sous ordre du précédent gouvernement, les flics intervenaient dans les écoles en rapport aux sans-papiers.

        2 autres commentaires
  • Bad Lieutenant
    Bad Lieutenant
    Bisounours de combat
    • Posté à 11h17 le 17/08/2012
    • Internaute 190065
      Bisounours de combat

    Bonjour courageux travailleur social ! Ceux qui font les boulots les plus durs et qui sont pourtant les moins valorisés...

    C’est un choix perso cette médiation ou bien on vous a nommé à ce poste ?

    Savez vous combien on estime la population rom à pouvoir se faire expulser du pays de la sorte ? Le nombre d’enfants également svp...

    Comment eux mêmes prennent ils ces expulsions, comprennent ils que c’est une imposture politicienne ou bien ne comprennent ils tout simplement rien ?

    De quel droit se permet on de traiter des êtres humains de la sorte ?

    Ne regrettez vous pas de ne pas avoir voté plus à gauche au premier tour des présidentielles ?

    • Nicolas Cartron
      Nicolas Cartron répond à Bad Lieutenant
      Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
      • Posté à 11h36 le 17/08/2012
      • Expert 99777
        Professeur des écoles

      J’ai commencé ce travail il y a un peu plus de trois ans en tant que militant associatif. De fil en aiguille, l’inspection académique m’a proposé de continuer mes actions au sein de l’Education Nationale. Donc c’est un choix personnel.
      Selon les estimations du collectif Romeurope, il y aurait entre 15000 et 20000 roms en France.Rapport Romeurope
      En venant en France, ils savent très bien qu’ils n’ont le droit que de rester 3 mois. Ils sont donc préparer à être expulsé et à revenir quelques jours plus tard.

      • Bad Lieutenant
        Bad Lieutenant répond à Nicolas Cartron
        Bisounours de combat
        • Posté à 11h40 le 17/08/2012
        • Internaute 190065
          Bisounours de combat

        donc en fait ils se sont toujours fait expulser et sont toujours revenus, la seule différence depuis la loi sarkozy c’est qu’on les expulse beaucoup plus ?

        Ils reviennent donc d’autant ou commencent à en avoir vraiment marre et cherchent d’autres destinations ?

         
        • PepeGino
          PepeGino répond à Bad Lieutenant
          Poil à gratter
          • Posté à 12h03 le 17/08/2012
          • Internaute 189962
            Poil à gratter

          « En venant en France, ils savent très bien qu’ils n’ont le droit que de rester 3 mois. Ils sont donc préparer à être expulsé et à revenir quelques jours plus tard. »

          Donc ceux qui restent plus de 3 mois savent qu’ils sont dans l’illégalité et ceux qui reviennent aussi. Trouvez vous normal de donner cette vie d’errance à ses enfants ? N’y a -t-il aucun pays où ils pourraient se poser ?

          • Bad Lieutenant
            Bad Lieutenant répond à PepeGino
            Bisounours de combat
            • Posté à 13h35 le 17/08/2012
            • Internaute 190065
              Bisounours de combat

            je ne suis pas l’auteur de l’article.

        • Nicolas Cartron
          Nicolas Cartron répond à Bad Lieutenant
          Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
          • Posté à 12h07 le 17/08/2012
          • Expert 99777
            Professeur des écoles

          Globalement, la France est un pays qu’ils apprécient. Donc la plus part reviennent. Certains tout de même tentent l’aventure en Espagne. Mais actuellement, ce n’est vraiment l’eldorado.

          • Bad Lieutenant
            Bad Lieutenant répond à Nicolas Cartron
            Bisounours de combat
            • Posté à 13h36 le 17/08/2012
            • Internaute 190065
              Bisounours de combat

            donc en fait ces expulsions à part nous coûter de l’argent et faire croire aux français que la menace vient de l’étranger mais qu’on s’en occupe (la mode des mensonges doublés on s’y est habituée...) ça sert à quoi concrètement ?

            Merci pour vos réponses en tout cas.

            • Nicolas Cartron
              Nicolas Cartron répond à Bad Lieutenant
              Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
              • Posté à 14h18 le 17/08/2012
              • Expert 99777
                Professeur des écoles

              Concrètement, quand c’est leur première expulsion, cela leur donne un peu d’argent de poche (retour humanitaire, environ 300 euros par adulte).
              Par contre pour les fois suivantes, l’expulsion n’a de conséquences que de briser momentanément les liens scolaires et sanitaires mis en place.

              • mechante langue
                • Posté à 19h35 le 17/08/2012
                • Internaute 28480

                Contrairement à ce qu’on laisse croire les roms ont un chez eux en Roumanie ou Bulgarie . Et la plupart des revenus tirés de la mendicité ou des vols en France sont rapatriés dans leur pays d’origine . . Et ce qui brise leur lien scolaire ce n’est pas d’être expulsé mais d’etre obligé de faire la manche

        6 autres commentaires
  • Eagle1
    Eagle1
    controleur
    • Posté à 11h26 le 17/08/2012
    • Internaute 163470
      controleur

    Pourquoi devrions nous scolariser des enfants dont les parents ne participent pas à la société ?

    Pourquoi dans les médias on nous parlent toujours de pauvres enfants Roms qui ne rêvent que d’être scolarisé, alors que dans la vie réelle les Roms que l’on voit se baladent avec Iphone et fringue de marque, prennent les trains sans jamais payer, débarquent quelque part et se comportent d’une telle manière que les gens « normaux » doivent quitter les lieux (vu à maintes reprises dans des lieux « touristiques »)

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à Eagle1
      Working class bléro
      • Posté à 11h30 le 17/08/2012
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Depuis quand des enfants sont ils responsables du comportement de leurs parents, z’êtes trop fort, vous !
      Sans parler de votre généralisation facile...

    • Mačak Crni
      Mačak Crni répond à Eagle1
      Etudiant en Grèce
      • Posté à 11h34 le 17/08/2012
      • Internaute 89684
        Etudiant en Grèce

      Pourquoi les gens comme vous ont-ils autant de clichés sur les Roms ?

      • Eagle1
        Eagle1 répond à Mačak Crni
        controleur
        • Posté à 11h38 le 17/08/2012
        • Internaute 163470
          controleur

        Revoyez votre définition du mot cliché. Ce que j’ai écrit, c’est que j’ai pu constater et voir de mes yeux.

         
        • Mačak Crni
          Mačak Crni répond à Eagle1
          Etudiant en Grèce
          • Posté à 12h37 le 17/08/2012
          • Internaute 89684
            Etudiant en Grèce

          Moi aussi je vois des choses, mais j’essaye de garder un peu de distance afin de ne pas faire des montées en généralités comme vous faites...

        1 autres commentaires
    • hlndelhi
      hlndelhi répond à Eagle1
      Chef de projet
      • Posté à 11h37 le 17/08/2012
      • 182410
        Chef de projet

      « Pourquoi devrions nous scolariser des enfants dont les parents ne participent pas à la société ? “

      Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
      Article 26
      Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. ‘
      __________________

      De mon côté (du côté de Lille) je n’ai jamais croisé de rom en jean Diesel et avec un i-phone, plutôt en guenilles et tout crado et je trouve génial d’avoir dans mon bus des parents rom ne parlant pas un mot de français qui emmènent leurs petites filles toutes enthousiastes à l’école dans l’espoir qu’ils s’intègrent.
      Peut-être qu’en offrant à ces enfants le droit d’aller à l’école ils pourront survivre autrement qu’en faisant la manche ou en piquant vos affaires... ça améliorera leur vie et la notre.

      • Eagle1
        Eagle1 répond à hlndelhi
        controleur
        • Posté à 11h58 le 17/08/2012
        • Internaute 163470
          controleur

        c’est un droit en effet. et un droit se mérite. « des droits et des devoirs », n’avez vous pas été à l’école ?

         
        • hlndelhi
          hlndelhi répond à Eagle1
          Chef de projet
          • Posté à 13h17 le 17/08/2012
          • 182410
            Chef de projet

          Très bien, allez dire à tous les gamins défavorisés, pas seulement les rom qu’ils ne méritent pas d’éducation puisque leur parents sont de gros glandeurs, profiteurs et qui en plus volent !
          En effet c’est un scandale. Qu’ils bossent un peu ces gamins avant de demander une éducation !

          • Eagle1
            Eagle1 répond à hlndelhi
            controleur
            • Posté à 14h34 le 17/08/2012
            • Internaute 163470
              controleur

            la question est épineuse certes. Hélas on ne peux pas éduquer tout le monde...

        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à Eagle1
          • Posté à 14h12 le 17/08/2012
          • Internaute 93168

          « un droit se mérite » non.

        • Auroralucie
          Auroralucie répond à Eagle1
          Collectionneuse de rognures d' (...)
          • Posté à 15h46 le 17/08/2012
          • Internaute 124160
            Collectionneuse de rognures d' (...)

          Ces enfants ont-ils choisis d’être pauvres et rejetés de partout ?
          Doivent-ils payer le fait qu’ils vous dérangent ?

        • Meaningless Tales
          Meaningless Tales répond à Eagle1
          Étudiant
          • Posté à 16h34 le 17/08/2012
          • Internaute 188383
            Étudiant

          Contrairement à ce que vous pouvez pensez, la population Rom subit des restrictions administratives dans notre pays ne leur permettant d’avoir nullement accès à un emploi, et donc de s’intégrer. Dès lors que nous mettons en place un système ne leur permettant nullement de « respecter » leurs devoirs, comment pouvez vous affirmer une aussi grosse connerie ?

          De plus, la France, avec ses partenaires européens, a permis à la Roumanie d’intégrer l’Union Européenne. Or, les conditions de vie de la population Rom sont plus que détestable puisque mêmes les responsables politiques les plus haut placés au sein de l’État Roumain appellent à s’en débarrasser (quitte à les tuer sans le moindre remords, le nombre de cas de ce genre est plus qu’avéré depuis des décennies ...). Dès lors que la France « permet » aux Roms de subir les conditions de vie les plus difficiles parmi l’ensemble des populations européennes, de quel droit vous permettez vous de les juger puisque nous sommes complices de leur désœuvrement ? Apprenez un peu l’Histoire de notre pays et du continent européen, cela devrai vous faire le plus grand bien ... Si vous en êtes capable, bien sûr.

        • EdkOb
          EdkOb répond à Eagle1
          • Posté à 19h45 le 17/08/2012
          • Internaute 85736

          Non, un droit ne se mérite pas.

          Il n’y a pas de « droits » au mérite. Les droits s’appliquent à tous, sans la moindre distinction.

          Si les droits se méritent, dite-moi, qui va décerner les autorisations ? Vous ? Au nom de quelle expertise, de quelle supra-connaissance, de quel pouvoir particulier, de quelle supériorité, de quelle posture ?

          Ceux qui ont rédigés la Constitution ont bien pris garde de ne surtout pas définir quels seraient les « devoirs » qui devraient permettre à certains de bénéficier des droits.

          Le seul et unique devoir que nous avons tous, c’est bien celui de faire respecter les Droits.

          J’insiste, c’est le seul et unique devoir.

          Le droit d’aller à l’école n’est donc pas une forme inférieure du droit qui devrait, selon votre vue borgne, se mériter.

          • Pas lolo
            Pas lolo répond à EdkOb
            fasciné
            • Posté à 02h26 le 18/08/2012
            • Internaute 29635
              fasciné

            A nuancer puisqu’on peut être déchu de ses droits civiques ou parentaux.
            En l’occurrence je suis par contre d’accord avec vous.

            • EdkOb
              EdkOb répond à Pas lolo
              • Posté à 15h14 le 18/08/2012
              • Internaute 85736

              C’est exact pour les droits parentaux, dont on peut être déchu.

              Que dire alors d’un Etat, censé garantir les Droits, qui jette à la rue des familles, sous le prétexte d’une occupation illégale ?

              L’Etat ne devrait-il pas mettre tout en œuvre, afin d’assurer la continuité de ces Droits ?

        11 autres commentaires
    • Iv
      Iv répond à Eagle1
      Roboticien utopiste
      • Posté à 16h33 le 17/08/2012
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      « Pourquoi devrions nous scolariser des enfants dont les parents ne participent pas à la société ? “

      Parce que les enfants sont des individus possédant des droits humains égaux à tous les autres.

      De pus cela intéresse particulièrement la société à long terme d’avoir une population la plus éduquée possible. Si on ignore l’argument moral, il reste l’argument purement cynique : un enfant éduqué a plus de chance de devenir un jour un agent productif de la société. Un élève ne coutant pas beaucoup plus à gérer qu’un délinquant mineur, la société y gagne.

    • Maxine
      Maxine répond à Eagle1
      • Posté à 12h13 le 20/08/2012
      • Internaute 39224

      Pour les fringues de marque, il te suffira de trainer sur les marchés de la seine st denis pour voir des stands entiers de copies... don le diesel en question il a plutôt été payé 10 € à un pakistanais de la rue de la république, idem pour les sacs et casquettes vuitton&Co

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 11h27 le 17/08/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Qui évalue votre travail et comment ?
    Et quelle que soit votre première réponse, avez vous un travail partenarial qui ambitionne plus que la simple scolarisation des enfants.
    Autrement dit. Etre présent à l’école suffit-il à l’élève et ce résultat obtenu, vous satisfait il.

    • Nicolas Cartron
      Nicolas Cartron répond à Joseph Gratteur
      Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
      • Posté à 11h51 le 17/08/2012
      • Expert 99777
        Professeur des écoles

      Mon action est évaluée par mon supérieur hiérarchique, c’est à dite l’Inspecteur de l’ Education Nationale de ma circonscription. Régulièrement je fais des rapports d’activité et je suis souvent en contact avec les inspecteurs concernés afin de les tenir informés de la situation.
      Au début de mon travail je ne faisais que les démarches administratives, c’est à dire l’inscription à l’école. Je me suis vite rendu compte que cela ne suffisait pas. Aujourd’hui, je me centre beaucoup plus sur la scolarité, en accompagnant le plus possible les familles et les enfants concernés.
      Vous posez une grande question. Etre présent ne suffit évidemment pas. Il faut que cette présence soit teintée d’un intérêt véritable pour l’école. C’est là la partie la plus difficile de mon action. Pour m’être rendu plusieurs fois en Bulgarie, j’ai pu voir que dans leur pays d’origine, l’école ne fait pas vraiment sens pour eux. La stigmatisation, le rejet est tellement grand et partagé que l’école n’est en rien un moteur d’ascension sociale.

      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à Nicolas Cartron
        Working class bléro
        • Posté à 12h06 le 17/08/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        Merci de votre réponse.
        Est ce que certains roms font comme les gens du voyage qui ont des habitudes de circulation : 4 mois de saison d’été ici, 3 mois de récolte là bas, etc...Reconduites d’année en année, ce qui permet une scolarisation certes intermittente mais régulière.
        Et connaissez vous des cas de sédentarisations longues de roms ou bien les parcours demeurent ils totalement aléatoires avec une impossibilité de travailler dans la durée.

         
        • Nicolas Cartron
          Nicolas Cartron répond à Joseph Gratteur
          Auteur(e) de l'article Professeur des écoles
          • Posté à 12h13 le 17/08/2012
          • Expert 99777
            Professeur des écoles

          Les roms sont sédentaires depuis très longtemps. Ils migrent par nécessité et non par choix. Ils ont tous une habitation en dure dans leur pays d’origine. Ce ne sont pas des gens du voyage.
          Certains ont obtenu une carte de séjour en France, et désirent rester vivre ici. Ils n’ont pas de parcours programmé.
          Pour la scolarisation, les expulsions sont un désastre. De retour en Bulgarie, les enseignants ne considèrent en rien l’année de scolarité en France. Ainsi, les enfants roms redoublent systématiquement leur classe à leur retour.

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