Tribune 17/08/2012 à 12h39

Dans la peau d’un polytechnicien, trader et escroc

Jean-Baptiste Mauvais | Enseignant

En juin, la Cour des comptes a rendu public un référé passé presque inaperçu sur la gestion désastreuse de l’Ecole Polytechnique. Elle épinglait notamment le laxisme de l’« X » à l’égard de ses anciens élèves, qui basculent dans le privé sans rembourser l’Etat, alors qu’ils ont été rémunérés par celui-ci pendant leur formation. Je me suis mis dans la tête d’un de ces polytechniciens, que je connais bien.

Tribune

Trader, je gagne entre 20 000 et 35 000 dollars par mois en moyenne, au gré de flux financiers capricieux et de bonus volatiles. Cela fait maintenant deux mois, depuis le 22 juin 2012 exactement, que, par la grâce d’un rapport enjoué dont seule la Cour des comptes a le secret, je passe l’été le plus fendard de ma jeune, courte mais lucrative carrière.

A chaque fois que j’y pense, c’est le fou rire assuré.

Making of

Jean-Baptiste Mauvais a publié plusieurs tribunes sur Rue89 critiquant l’attitude peu civique des « élites » françaises. Pur produit des grandes écoles, il est aujourd’hui enseignant dans un dispositif de réinsertion scolaire.

Il réagit au rapport de la Cour des comptes critiquant la gestion de polytechnique. Sous une forme un peu particulière : Jean-Baptiste Mauvais se met dans la peau d’un ancien élève devenu trader. E. B.

Mais commençons par le début. Trader, donc, j’ai grandi dans une famille banale, mon père ingénieur issu de milieu modeste, ma mère institutrice.

Classe moyenne. Enfant sage, disant toujours poliment « bonjour », j’avais les mêmes héros que les autres, pétris d’ambitions légitimes, d’espoirs secrets et de valeurs inattaquables :

  • la lutte contre le crime ;
  • la défense des plus faibles ;
  • la justice ;
  • l’équité.

Je me demande comment j’ai pu être aussi naïf, quand je file en taxi le matin, sur Park Avenue, sous l’affiche géante de « Batman. The Dark Knight Rises ». Héros d’une jeunesse révolue.

18 millions par an pour le contribuable

Au collège et au lycée, mes profs me considéraient comme un bon élève, comme tant d’autres. J’ai fait Maths Sup sur les conseils insistants de deux d’entre eux. Mon ambition était simple, à l’époque : intégrer une bonne école d’ingénieurs, sans plus. L’immodestie n’avait pas bonne presse, dans la famille. Le goût de l’effort, plutôt.

Alors j’ai donné. Deux années potaches de travail acharné, de camaraderies un peu lourdingues, de renoncements transitoires, un peu de réussite, peut-être, m’ont permis d’intégrer l’Ecole Polytechnique, le Saint des Saints. J’en frissonne encore. En repensant à ces deux années de prépa, je me souviens des séries de fonctions et d’équations différentielles.

Pourquoi il nous a fallu suer sur le thème « Raison et déraison » en français-philo, c’est toujours un mystère pour moi, non résolu. Le marché a toujours raison, j’ai donc beaucoup moins de questions à me poser, depuis.

A 20 ans, quand je suis entré à l’« X », je n’avais aucune idée de mon avenir professionnel. Pourquoi pas le développement durable ? C’était vague comme projet, mais je trouvais ça noble, presque beau. En plus, ça faisait bien dans les déjeuners familiaux du dimanche et sur le campus, dans les soirées très festives.


Une ombre en costume (MiiiSH/Flickr/CC)

Je comptais pouvoir faire ça au service de l’Etat, comme le veut la vocation première de l’Ecole : celle-ci paie cher ses étudiants – 870 euros par mois, plus 280 euros par mois d’aide au logement, l’ensemble aux frais du contribuable, oui Monsieur, 18 millions par an – pour dispenser une formation de haut niveau, dans l’idée que les Polytechniciens le rendront bien ensuite à la collectivité.

J’allais me résoudre au développement durable, donc, sans conviction profonde, mais au moins je pourrais dormir la conscience tranquille et l’âme en paix.

L’idée de gagner 25 smics en 30 jours me gênait

Pas de chance, une journée de présentation des différents débouchés qui s’offraient à nous a changé mes plans. « Trader », un nouveau continent quasi inconnu s’ouvrait à moi. Les présentations PowerPoint parfaites des anciens, qui officiaient tous dans des banques prestigieuses françaises ou anglo-saxonnes, m’ont convaincu : goût du risque, esprit de compétition, adrénaline à gogo, rémunérations exponentielles. La puissance et la gloire.

Les 4 points qui font mal à l’« X »
  • Critique de la gestion de l’Ecole Polytechnique (coût de la scolarité difficile à évaluer, gestion des personnels enseignants « trop laxiste », notamment sur le cumul d’emplois) ;
  • Manque de diversité dans le recrutement des élèves (proportion de filles, de boursiers, étudiants étrangers largement exonérés de frais de scolarité) ;
  • Stratégie globale inaboutie pour mieux figurer dans les classements internationaux ;
  • Nécessaire rétablissement du remboursement des frais de scolarité pour les diplômés travaillant dans le privé.

(Référé daté du 17 février 2012, publié le 22 juin 2012)

A Londres ou à New York, là où « ça se passe », plutôt qu’à Paris. Mister Hyde plutôt que Docteur Jekyll, c’est tellement plus drôle. Le développement durable, ça va un peu.

J’avais quelques scrupules à l’époque, quand même. L’idée de gagner 25 smics en 30 jours, sans rendre ce que je devais à Madame Michu et au commun des mortels, les autres, me gênait aux entournures.

Mais les anciens de l’école que le monde nous envie ont su trouver les mots : devenir trader, c’était accéder au cœur du financement de l’économie, rien de mal, bien au contraire.

Je serais aussi utile, voire plus utile, que dans le développement durable ; les sommes gagnées ne seraient qu’une infime portion des sommes que je ferais gagner à ma banque. Normal, donc.

Et puis si j’étais là, dans cette très grande Ecole, à l’orée d’une carrière en or, c’est que je le valais bien, je le méritais, contrairement à d’autres, qui ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ce serait dommage de « tout gâcher ». Si je ne choisissais pas cette voie, d’autres le feraient à ma place. Comment ne pas céder ?

Avec le remboursement, on a ri

A l’issue de quatre années de formation et d’une majeure orientée finance, j’ai eu la chance d’effectuer un stage puis d’être ensuite directement engagé au front-office d’une grande banque anglo-saxonne aux initiales bien connues. J’y ai appris à « prendre des positions », à « me couvrir », à encaisser le stress, à dormir moins de six heures par nuit, à prendre de haut, avec d’anciens camarades, certains autres traders qui ne sortaient pas de la même école que moi. Nous, et les autres. Ce n’est qu’un jeu, ça renforce l’émulation, cela les rend meilleurs. Et c’est tellement drôle.

Il y a six mois, j’ai joué massivement à la baisse, à l’époque contre la tendance du marché, le cours d’une action de l’une des rares entreprises automobiles européennes alors en bonne santé. Ses résultats ont chuté depuis, il y a sûrement quelques milliers de personnes en plus dans la panade, comme on dit. Mais impossible de dire si j’ai personnellement contribué à cette évolution, et si oui, dans quelle mesure.

C’est si loin, dans l’espace et dans le temps. Je préfère ne pas penser aux éventuelles conséquences de mes positions, cela pourrait me freiner. Beaucoup trop de sentiments, trop peu de testostérone.

Voir le document

(Fichier PDF)

Le 22 juin 2012, un camarade et ami de Polytechnique m’a donc appris que notre Ecole s’était fait très sérieusement taper sur les doigts par la Cour des Comptes, comme un gamin, pour sa gestion désastreuse.

Sujet de grief, notamment : le fait que les anciens « X » ayant « pantouflé » dans le privé n’aient plus à rembourser les sommes perçues lors de leur scolarité, soit 45 000 euros.

On a ri, tellement ri, avec mon compère, car oui, je n’ai jamais été inquiété par l’école quant à mes tribulations hors de la fonction publique. Et je ne le serai jamais, puisque les magistrats de la Cour ont demandé à ce que le principe de remboursement soit rétabli… à partir de la promotion 2013.

Pas vu, pas pris. Escrocs, mais pas trop.

Quand cet ami a appris que je partais pour New York, pour la gloire sûrement, mais très peu pour la patrie et la science, comme le suggère la devise de l’école, ce camarade m’a offert « L’Etranger » de Camus. L’absurde, l’étrangeté aux autres et à soi, tout ça, j’ai pas tout compris. Je préfère Batman. Lui, au moins, il vole.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
  • 58453 visites
  • 220 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • monty
    monty répond à tornaod
    en liberté
    • Posté à 14h26 le 17/08/2012
    • Internaute 124724
      en liberté

    L’accroche de l’article est la mise à l’évidence d’un
    « référé de la Cour des Comptes sur la gestion désastreuse de l’Ecole Polytechnique. La Cour des Comptes épinglait notamment le laxisme surréaliste de l’X à l’égard de ses anciens élèves, qui basculent dans le privé sans rembourser l’Etat, etc ... »
    le coté « nauséabond » doit concerner justement ceux sont concernés.
    Pour ma par j’ai pris le temps de lire l’article deux fois pour mieux comprendre son sens et le prendre plus comme une chronique sur la perversité d’un certain monde.

  • Pas lolo
    Pas lolo répond à Blandine Grosjean
    fasciné
    • Posté à 14h55 le 17/08/2012
    • Internaute 29635
      fasciné

    Oui. Intéressant. Les X étaient censés tirer leur dernière année dans une école d’application à mon antique époque. Et ça n’incluait pas Dauphine ou l’école internationale du Forex. Suis un peu surpris de cet état de fait, genre je touche l’argent de poche et je me casse sans que la boite paye la soulte.

  • MarxForEver
    MarxForEver
    L'argent n'existe pas
    • Posté à 15h07 le 17/08/2012
    • Internaute 124072
      L'argent n'existe pas

    J’ai réussi à finir cet article.

    J’avais été admis en prépa. Je n’y suis jamais allé et j’en suis fier. J’avais vu que la prépa était la poursuite du système infantilisant du lycée (classes, récré, prof qui débite son cours etc...), alors que nous étions censés être majeurs et adultes.

    Je retrouvai les diplômés de prépa en 3ème cycle. Je les trouvai moutonniers, immatures. Un certain nombre se vantèrent effectivement de leur esprit d’initiative, mais parce qu’ils n’avaient pas d’idée de ce que c’était. Pour eux le mot « initiative » se référait à leur choix initial d’aller en prépa 4 ans plus tôt. Ils ne voyaient pas que cela impliquait que précsisément ils n’avaient pris aucune initiative pendant les 4 années suivantes.

    Bref de parfaits clones de celui-ci, tout en arrogance, cachant leur profonde imbécilité derrière leurs diplômes, ce qui constitue leur acte fondateur dans le domaine de la malhonnêteté.

    J’ai quand même connu 3 grands polytechniciens qui travaillaient réellement dans le développement durable et furent mes maîtres. Ils étaient effectivement perçus comme des rigolos par leurs camarades de promo, ce qui me les rendit encore plus admirables.

    Mais cela ne change pas mon opinion globale que le système infantilisant des grandes écoles est une immense fabrique d’imbéciles à nos frais et dont nous payons les erreurs.

  • Tom-
    Tom- répond à Blandine Grosjean
    • Posté à 17h57 le 17/08/2012
    • Internaute 9410

    Je commence toujours par lire vos making of. C’est salutaire, comme pratique systématique. Vous devriez peut-être un peu plus attirer l’attention dessus.

  • A déménagé le 20-08-2012 3
    A déménagé le 20-08-2012 3 répond à Maxine
    non connue
    • Posté à 18h01 le 17/08/2012
    • 180244
      non connue

    Hello, jetais justement entrain de faire les comptes dans ma tete.... :) je me suis laisse emporter par une semaine particulierement pourrie en la matiere.

    Je dirais que ca varie entre entre 55 h et 75h par semaine.
    Cest complique a quantifier en heures/semaine pour plusieurs raisons
    1) ca varie vraiment beaucoup en fonction des desiderata de chacun - parfois il n’y a aucun boulot a part ce quil y a faire durant les horaires de marche, parfois il y a des projets, des reunions a preparer, des entretiens telephoniques a faire avec des gens sur dautres fuseaux horaires,etc
    2) il faut aussi savoir que les jours feries ne le sont pas automatiquement a la bourse - dans ce cas cest la plupart du temps les jeunes qui travaillent
    3) le boulot soir ou weekend arrive regulierement la encore difficile a quantifier parce que ca va de prendre des notes sur un « conf call » a 22H a revenir le weekend parce ceci ou cela ne marche pas ou pke un marche est ouvert.
    4) il y a du travail qui nest pas vraiment du travail mais du travail qd meme : cest a dire maintenir des relations saines avec les contreparties, clients ou prestataires de services...les restaus interminables et tout ca - ce nest pas desagreable en soit mais il faut qd meme se lever a 5h30 le lendemain, etre poli et s’interesser !

    Donc voila, apres ce commentaire n’etait absoluement pas pour attendrir qui que ce soit. Comme quelqu’un le disait plus haut cest un choix et je ne compte pas mes heures et c’est un choix aussi car mon travail m’interesse

  • Jean-Baptiste Mauvais
    Jean-Baptiste Mauvais répond à A déménagé le 20-08-2012 3
    Auteur(e) de l'article Enseignant
    • Posté à 18h42 le 17/08/2012
    • Expert 143428
      Enseignant

    Bonjour,
    Ce n’est pas le métier de trader qui est ici en cause.
    Vous travaillez 80 heures par semaine. Soit. Vous l’avez choisi.
    Vous ne gagnez pas 30 smics par mois. Certains de vos confrères gagnent 300 smics par mois, et plus.
    Bien à vous,
    JBM

  • MarxForEver
    MarxForEver répond à vieilanarfatigué
    L'argent n'existe pas
    • Posté à 20h18 le 17/08/2012
    • Internaute 124072
      L'argent n'existe pas

    Tout à fait d’accord. A son origine le système des grandes écoles était très pertinent. Il s’agissait de fournir l’Etat en haut fonctionnaires recrutés dans toutes les couches de la société. L’élitisme actuel est ainsi un double détournement du système. Le premier est que les diplomés s’égayent dans des professions où ils sont en réalité moins performants que ceux issus de la formation adéquate. Le second est l’élitisme du recrutement à l’entrée.

    La plupart des réformes de l’enseignement supérieur ont échoué précisément parce qu’elles cherchaient à s’éloigner du modèle initial en protégeant le précarré des grandes écoles uniques pourvoyeuses de la société en cadres d’élite et en transformant l’université en antichambre de popolemploi ou en organisme de formation professionnelle aux buts de plus en plus vagues.

    Chacun sait que ces réformes furent largement influencées par les réseaux que les grandes écoles entretiennent dans les cercles de pouvoir. La volonté des politiques d’introduire dans les hautes fonctions des gens issus d’autres horizons n’était donc pas uniquement de l’idiotie (sauf peut-être dans le cas de $), car ces réseaux sont le revers de la médaille.

  • FuturEx
    FuturEx
    Trader
    • Posté à 23h31 le 17/08/2012
    • Internaute 191444
      Trader

    Bonjour,

    Au dela de la forme provocatrice, cette tribune decrit bien la maniere dont nombre de jeunes diplomes de toutes les grandes ecoles, issus de classe moyenne et sans reelle disposition ou interet initial pour la finance de marche ont pu se retrouver sur des trading floors (ce fut mon cas).

    Toutefois retablir le remboursement des frais de scolarite a l’X pour les diplomes ne travaillant pas 10 ans au service de l’etat accentuera cet exode vers les secteurs qui connaissent des bulles (finance jusque recemment, telecom/internet avant...).
    * La fonction publique, dont le champs d’action ne cesse de retrecir, ne pourra accueillir 300 jeunes cadres supplementaires. J’ai fait partie d’un de ces corps de l’etat recrutant au classement de sortie de l’X : malgre la pantoufle une dizaine d’entre nous (sur 35) avons prefere quitter le corps apres formation, faute d’offres de postes motivants (et aucun poste a l’etranger...).
    * Nous nous sommes tous retrouves en finance, seul secteur ou les 45k de pantoufle (donc presque 90k de salaire brut) pouvaient etre rembourses dans les temps exiges. Meme les grands groupes industriels ne pouvaient pas suivre. Et encore moins les PME, qui ont des problemes chroniques pour recruter les diplomes de grandes ecoles.

    Il serait plus simple de ne pas payer les eleves pendant leurs etudes, et d’offrir une prime a la minorite qui decidera de s’engager dans la fonction publique. Les admis cesseront d’aller a l’X pour l’argent, et d’aller vers les secteurs en surchauffe a la sortie pour garder cet argent...

    Quant a la description du metier dans cette tribune : assez romancee certes mais rien d’« abject, absurde et malhonnete ».

  • Gerard_Lambert
    Gerard_Lambert
    Etudiant poils aux dents
    • Posté à 03h46 le 18/08/2012
    • Internaute 191451
      Etudiant poils aux dents

    Moi-même élève à l’École Polytechnique, j’aimerais pour une fois aboyer plus fort que les éternels chiens de garde, c’est à dire ceux parmi mes « camarades » qui ont pour habitude de réagir au quart de tour à ce genre d’articles qu’ils qualifient de torchon avant même de les avoir lus.
    Les précédents commentaires s’étonnaient que cet article soit une fiction ; que leurs auteurs soient rassurés, celle-ci est très réaliste ! J’ai eu l’impression en lisant ce récit d’entendre à nouveau toutes ces discussions que j’ai pu avoir avec d’autres élèves (Polytechniciens, mais pas que... élèves des grandes écoles en général).
    Il y a cependant un point sur lequel je suis en désaccord avec Jean-Baptiste Mauvais : pour le personnage qu’il incarne, « devenir trader, c’était accéder au cœur du financement de l’économie, rien de mal, bien au contraire. ». Or lors d’une récente intervention en amphi d’un ancien élève très critique envers la finance (« Pas très difficile d’être plus malin qu’un paysan en spéculant sur son blé », « Les gens qui s’engagent dans la finance en pensant s’arrêter au bout de quelques années pour enfin profiter de la vie n’arrivent jamais à décrocher », « Les traders savent ce qu’ils font, ils savent que leurs actions conduisent à des désastres humains », ...), on a assisté à un tonnerre d’applaudissements. Ce qui me laisse penser que les « traders escrocs » sont au moins conscients de l’être.

    J’en profite pour poster un lien vers un article sur la formation des élites (en particulier à l’X), destiné à être publié dans le journal des élèves, et qui s’intéresse à la manière dont on s’y prend pour en faire des serviteurs zélés des entreprises, Étatiques ou non.
    Le lien

    En tout cas, félicitations à l’auteur, qui a bien cerné la pensée dominante à l’X (« si je suis là c’est que je le mérite », « le développement durable ça a l’air cool », « évitons de se poser trop de questions sur la réalité sociale, on n’est pas là pour ça »,...). Je ris d’avance en pensant aux réactions outrées des Polytechniciens qui liront cette tribune, choqués une fois de plus qu’on ose s’en prendre à leur corporation.

Verbes thématiques