Tribune 03/08/2012 à 11h41

Je n’aime pas les surfeurs. Je préfère les requins



Un requin et un surfer en Lego (Oskay/Flickr/CC)

Je n’aime pas les surfeurs. Ils ont les dents blanches, l’œil humide, la caipirinha facile et des bracelets brésiliens au poignet. Pire, ils ont tendance à être aimables et accueillants, le genre de personne qui essaye perpétuellement d’être sociable (avec moi, en plus).

Au cours de mon existence, j’ai été amené à en rencontrer un paquet et, entre deux bières, je leur ai même parlé, un peu, histoire de faire semblant d’être sympa. Le surfeur a sa propre « culture », un mélange de culte du bronzage, de muscles et de blondeur australienne. Comble de l’horreur, j’ai même vu quelques films leur étant destinés. La pudeur m’interdit d’en citer aucun.

Le requin, lui, a la noblesse des grands prédateurs, chasseur froid et élégant lentement polie par des millions d’années d’évolution et, ce qui ne gâte rien, c’est un acteur de cinéma grandiose. Le commandant Cousteau confirmera. On le trouve un peu partout sur le globe : 465 espèces, l’animal sait s’adapter. Seules cinq sont dangereuses pour le surfeur. Ce qui est trop peu à mon goût, mais pas à celui des autorités.

Bande Annonce « Les seigneurs de la mer » de Rob Stewart (2006)

Evidemment le surfeur y perd parfois la vie

Il se trouve que les mœurs de ces deux types de créatures ont fini par les amener à se rencontrer. Le flap, flap, flap produit par le surfeur en quête d’une vague rappelle au requin le son de ses mets favoris, alors il goûte, par curiosité, avec de recracher avec dédain un mauvais plat. Evidemment, le surfeur y perd un morceau et parfois la vie.

Le problème est que les surfeurs ont tendance à se multiplier : ils seraient 27 millions selon la Surf Industry Manufacturers Association. Il est partout, même sur des plages pourries du Salvador envahies par les moustiques et les gangsters. Si les vagues sont belles, il n’a peur de rien.

La situation pour le requin semble moins optimiste. Entre la pêche, la pollution, la dégradation de son environnement et la disparation de ses proies, la survie du requin commence à devenir problématique dans bien des mers, le golfe du Mexique et la Méditerranée en particulier.

Pourtant, le grand méchant requin revient dans les médias. Le Point nous informait le 17 juillet qu’un grand blanc avait attaqué un surf dude australien. « Faut-il tuer les requins ? » titrait-il. Plus récemment, un jeune homme a succombé suite à une morsure à La Réunion.

Le requin tue moins que le chien

Le nombre d’attaques a augmenté ces dernières années selon le Florida Museum of Natural History qui comptabilisait 52 attaques non provoquées dans le monde en 2008, 64 en 2009, 81 en 2010 et 75 en 2011 – tout cela dans un contexte de diminution du nombre de requins et d’augmentation du nombre de surfeurs. Je tiens à le préciser.

Je n’oserai pas non plus rappeler que le requin tue, je crois, moins (en France c’est certain) que le gentil chien-chien sur Terre (et cela uniquement parce que j’aime les chiens et qu’ils ne s’attaquent pas aux surfeurs).

A la Réunion, où les attaques étaient rarissimes [les requins ont frappé 30 fois l’homme sur l’île depuis 1980, ndlr], le préfet a décidé en septembre 2011 d’exécuter dix requins. Dix et pas onze ou neuf. L’AFP rapporte les propos du préfet :

« Il s’agit des requins qui se seraient sédentarisés. Il faut créer un trouble dans cette population. »

Pauvres bêtes. Oserais-je répondre au préfet que les requins se sédentarisent où ils le veulent et qu’il n’est pas propriétaire de la mer ?

Des études sont en cours, il n’est pas impossible que l’animal se rapproche des côtes suite à la surpêche, ce qui augmente la dangerosité pour le baigneur.

Le problème des surfeurs, pas des requins

Je suis allé demander l’avis de quelques amis surfeurs (euh... connaissances) états-uniens, australiens, brésiliens et quelques argentins. Tous m’ont dit en substance à peu près la même chose :

« “E a vida !” (C’est la vie, ndlr). Le risque est limité, pour ne pas dire extrêmement faible. Les requins sont importants sur notre planète, les surfeurs nombreux et malgré notre réputation d’idiots du village, nous sommes encore capables d’éviter les lieux les plus dangereux. »

Personnellement, j’ai une solution de bon vieux libéral : le laisser-faire. Si les surfeurs veulent prendre le risque de servir d’apéritif, grand bien leur fasse. Mais c’est leur problème, pas celui des requins. Qu’on leur foute la paix, voire qu’on contrôle la population de surfeurs pour éviter qu’ils dérangent les requins (par l’information évidemment).

Je soupçonne même un grand nombre de surfeurs d’être d’accord avec moi. Des amis des bêtes et de la nature en plus, j’vous jure…

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
  • 29501 visites
  • 212 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • EowYnS
    EowYnS
    étudiante
    • Posté à 12h16 le 03/08/2012
    • Internaute 165106
      étudiante

    « “Il s’agit des requins qui se seraient sédentarisés. Il faut créer un trouble dans cette population.’
    Pauvres bêtes. Oserais-je répondre au préfet que les requins se sédentarisent où ils le veulent et qu’il n’est pas propriétaire de la mer ? ‘

    Sauf qu’un requin ne se sédentarise pas pour rien, en l’occurrence à la Réunion une raison est à l’étude : ce serait à cause de la création d’une réserve marine devant les plages les plus fréquentées de l’île, ainsi qu’une ferme aquacole à 3/4km, qui attirent les requins les plus dangereux comme le requin bouledogue, chassant les petits requins de récifs qui régulaient la barrière de corail, devenant dangereux pour l’homme mais aussi pour l’équilibre de l’écosystème ambiant.
    Les surfers ne réclament pas la chasse aux requins, au contraire ce sont des sportifs qui aiment la protection des écosystèmes, ils réclament le déplacement des réserves marines et fermes aquacoles. de la même façon que l’on déclenche artificiellement des avalanches de façon préventive pour préserver la sécurité des skieurs.

  • Auroralucie
    Auroralucie répond à Amazone
    Collectionneuse de rognures d' (...)
    • Posté à 13h03 le 03/08/2012
    • Internaute 124160
      Collectionneuse de rognures d' (...)

    Combien de requins sont tués chaque année pour leurs ailerons ?
    Le requin, victime de la voracité humaine :

    Ce sont quelque 100 millions de requins qui seraient massacrés chaque année (la valeur retenue pour notre compteur).

    Selon d’autres sources, les victimes seraient bien plus nombreuses : Près d’1,3 million de requins, dont un grand nombre figurent sur les listes d’espèces menacées, ont été tués en 2008 dans l’Atlantique par les bateaux de pêche industrielle faisant fi des limites imposées à la capture de ces prédateurs, affirme lundi l’ONG Oceana.

    Autre source : en 2006 une équipe de chercheurs conduite par Shelley C. Clarke a conduit la première étude quantitative indépendante sur le sujet. En se basant sur les volumes de la principale place de marché à Hong-Kong, ils ont pu estimer que 26 à 73 millions de requins sont tués chaque année pour leurs ailerons. Le volume moyen de requins tués est estimé à 38 millions par an.

    La plupart des études estiment que le nombre de requins tués pour leurs ailerons serait de 38 à 100 millions chaque année dans le monde entier1,2. Mais l’intensification de cette pêche, l’augmentation de la demande d’ailerons et l’absence de données internationales fiables laissent à penser que ce nombre est fortement sous-évalué aujourd’hui. L’Union européenne évaluait les pêches de requin à800 000 t/an en 2008, dont 100 000 t/an essentiellement pêchées en mer du Nord, Atlantique nord-est et eaux norvégiennes, mais aussi en Atlantique central, océan Indien ou Pacifique par des bateaux européens. source wikipédia.

    Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 890 000 tonnes de requins étaient pêchées en 2000, contre 770 000 tonnes en 2005 et 740 000 tonnes en 20083. En 2008, l’Indonésie était le premier pays pécheur de requins au monde avec 110 000 tonnes, suivi par l’Inde (80 000 tonnes), l’Espagne (56 000 tonnes), l’Argentine (46 000 tonnes), Taïwan (41 000 tonnes), lesÉtats-Unis (37 000 tonnes), le Mexique (29 000 tonnes) et la Malaisie (23 000 tonnes)3.

    ↑ Jean Pierre Sylvestre, Les requins, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Les sentiers du naturaliste », 2011(ISBN 978-2-603-01752-4)
    ↑ Nicholas Bakalar, « 38 Million Sharks Killed for Fins Annually, Experts Estimate [archive] », National Geographic, 12 octobre 2006. Consulté le 2 octobre 201
    ↑ a et b (en) The Future of Sharks : A Review of Action and Inaction [archive], The Pew Charitable Trusts, le 27 janvier 2011

    L’aileron fait le malheur du requin :
    L’aileron de requin fait un malheur en Aise. L’aileron est un must de la gastronomie du sud est asiatique, notamment de Thaïlande, du fait de croyances culturelles qui lui attribue des propriétés aphrodisiaques, anti-fatigue ou propices aux capacités pulmonaires et respiratoires. Un aileron de requin peut valoir 700 $ en 2010 en Asie du Sud-Est.

    Les requins tuent 5 personnes par an
    Les éléphants et les tigres tuent 100 personnes par an
    Morts par exécution : 2 400 personnes par an
    Les crocodiles ont tué en 1 an autant que les requins en 100 ans. Le crocodile, lui, est protégé.

    Lien vers l’article du site Planetoscope.

  • John Merrick
    John Merrick
    pachyderme que ça
    • Posté à 13h10 le 03/08/2012
    • 179410
      pachyderme que ça

    Moi c’est pas les surfeurs qui me gênent.

    en général ils sont plutôt amoureux de la Mer, respectueux de celle-ci, et un minimum concernés par ses problématiques.

    En revanche, et toute xénophobie mise a part, je suis pour la mise en prison sommaire des pêcheursde squales, surtout asiatiques, qui operent un veritable massacre dégueulasse et aveugle de (dizaines, centaines de) milliers de requins, uniquement pour leurs ailerons.

    Je vous passe les détails ignobles (requins remis a l’eau encore vivants mais sans les ailerons) mais parce que certains pensent que les ailerons de requins, les cornes de rhino, les défenses d’éléphants et les couilles de tigre leur permettent de bander, on massacre les plus beaux animaux sur Terre.

    Ca fera bizarre dans 50 ans de dire « ah oui, ca c’est un requin/tigre/éléphant... Il n’y en a plus depuis longtemps déja mais j’en ai entendu parler »
    Mais ce sera notre génération.

  • Cesar97410
    Cesar97410
    Le Vin, c'est Bien
    • Posté à 13h32 le 03/08/2012
    • Internaute 190828
      Le Vin, c'est Bien

    « Entre la pêche, la pollution, la dégradation de leur environnement et la dispar(i)tion de leurs proies » << Mais les surfeurs n’y sont pour rien ce sont des sportifs passionnés qui AU CONTRAIRE N’ONT D’YEUX QUE POUR L’OCÉAN ! Dénoncer « ces blonds aux dents blanches » est une assertion simplifiée qui montre que vous ne vous cantonnez qu’aux grandes gueules qui se permettent de parler pour les autres.
    Ceux là, je ne les appelle pas des surfeurs, ce sont des prétentieux bourgeois qui arrivent au spot en voiture neuve, badigeonnés de gel coiffant et crème solaire (produits extrêmement dangereux pour le corail, merci pour lui) et qui pensent que tout leur est dû, et que rien ne vaut leur vie.

    (Sur l’île de la Réunion), Nous souhaitons que ceux qui nous tirent la pièce que nous gagnons durement prennent des décisions intelligentes au lieu de se pavaner en se servant dans la caisse de l’octroi de mer... C’est à dire :
    - Arrêter de déverser les déchets dans l’océan à quelques km des plages, et à proximité d’un des spots réunionnais les plus réputés au niveau international (vous ne vous y intéressez peut être pas mais nous avons en France un des meilleurs surfeurs, et le champion du monde en titre de bodyboard est aussi réunionnais)
    - Nous expliquer l’intérêt de cette ferme aquacole sur Saint Paul (dites donc vous qui pointez du doigt le fait qu’on maltraite les animaux, vous savez quelles sévices on fait subir à ces poissons ?)
    - Et puis évidemment, pourquoi ces surfeurs sont-ils autorisés à aller au pic en fin de journée, l’heure du dîner pour les requins, et surtout en eaux troubles (j’y étais avec des amis ce jour, il ne me serait jamais venu à l’esprit de rester dans l’eau après 15h ! !)

    Et pour finir cher « Jupiter », si le requin Bouledogue (entre autres espèces dangereuses pour l’Homme) était un animal comestible, vous en auriez dans votre assiette (si vous consommez du poisson) depuis un moment, et personne ne se soucierait du fait qu’on puisse les pêcher (je ne suis pas pour la pêche des requins ! ! ! !).

    Alors commencez plutôt par lancer un combat contre le massacre des vaches du Limousin, aussi brave et vaillant défenseur de la nature que vous êtes, au lieu de stigmatiser et finir votre article en nous caressant dans le sens du poil.

  • Surf-Prevention.com
    Surf-Prevention.com
    Site Surf Santé et Environnement (...)
    • Posté à 13h37 le 03/08/2012
    • Internaute 161404
      Site Surf Santé et Environnement (...)

    Article pauvre, mal documenté et clichétisé au maximum dans le seul but de faire passer les surfeurs pour des imbéciles.

    C’est bien dans le style de Rue89 de faire des articles mêlant la provoc’ et le second degré, mais le sujet que vous abordez là est trop grave.

    Que doit-on comprendre par le titre de votre article ? Que la vie d’un surfeur vaut moins que celle d’un requin bouledogue ?

    Quel manque de respect pour les trois surfeurs français morts des suites d’une attaque de requin sur l’île de La Réunion ces 13 derniers mois...

    Il y a un réel problème avec les requins là-bas (une telle série d’attaques ne s’est jamais produite dans le monde) et les surfeurs, livrés à eux-mêmes, sont en première ligne pour réfléchir et apporter des solutions et des mesures de prévention aux attaques, qui ne se limitent pas, loin s’en faut, à la pêche au requin décidée par des hommes politiques que vous évoquez...

    Plutôt que de jeter la pierre aux surfeurs, vous feriez mieux de vous attaquer à ceux qui sont responsables de la surpêche et de la pollution des océans, dont ces attaques de requins à répétition sont des dommages collatéraux.

    Trop facile de donner des leçons quand on ne connaît rien à la situation sur place et que sa seule expérience des requins se limite au visionnage du documentaire Sharkwater...

    Vous comparez les attaques de requins aux morsures de chiens. Mais que faites-vous quand un chien dangereux mord mortellement un enfant ? Vous le laissez vivre en liberté parce que la terre est son milieu naturel ?

  • liveindelirium
    liveindelirium
    Surfeur
    • Posté à 16h10 le 03/08/2012
    • Internaute 190849
      Surfeur

    Cher Jupiter Capitolin,

    Ton article aujourd’hui fait réagir les sphères du surf français et c’est pourquoi en tant que simple amateur je prends le temps de poster un commentaire ici.

    Pour revenir sur ton article, voici ce qui me pose problème : l’utilisation d’un fait divers, aussi triste qu’il soit, pour cracher sur une communauté que, au fond, tu n’as pas l’air de si bien connaitre.

    Cet article sur fond d’ironie n’est pas si mal tourné. L’utilisation du stéréotype du surfeur blond, bronzé, partant aux quatres coins du monde, même « sur des plages pourries du Salvador envahies par les moustiques et les gangsters », est juste.
    Un vrai surfeur vit pour sa passion.

    Sauf que le raccourci : « Le requin est chez lui, le surfeur n’a qu’à se mettre à la trottinette » est un peu trop facile à mon goût.

    Sais tu, Jupiter Capitolin, faire la différence entre un surfeur qui se lève chaque jour aux aurores pour surfer des vagues parfaites, et qui prend le temps de nettoyer son spot l’hiver, et un touriste qui s’installe une semaine par an sur la côte avec sa nouvelle planche, et ses abdos saillants longuement travaillés le reste de l’année au club de gym rue Bagnolet dans le 20ème ?

    Le surfeur vit pour sa passion, mais il vit également dans le respect de l’océan qui l’accueil chaque jour. Il respecte son environnement et protège de manière indirecte les requins. Oui le requin est chez lui, mais le surfeur est celui qui protège sa maison.

    Avant de dire « le requin est chez lui » connais tu les raisons de cette recrudescence sur les côtes réunionnaises ? As tu pensé au mal que tu peux faire aux familles des victimes (Alexandre, Mathieu, et toutes les autres personnes disparues) ?

    Ces personnes étaient respectueuses de cet océan, et ils connaissaient les risques.

    Cependant, que se passera t’il lorsque notre jeune surfeur du 20ème se retrouvera également victime d’une attaque ?
    Et si cette personne était un de tes amis ? Aurais tu la même réaction ? « Bah ouai il est mort mais il avait qu’à faire attention, le requin est chez lui ».

    Cher Jupiter Capitolin, ton article basé sur un fait divers, et non sur une vraie étude du problème, fait réagir mais blesse également des gens, des familles qui pleurent encore leurs enfants. Tu dormira surement sur tes deux oreilles cette nuit en riant avec tes amis de cet article qui a fait « le buzz ». Eux non...

  • BlogoSurf
    BlogoSurf
    Non signalé
    • Posté à 16h29 le 03/08/2012
    • Internaute 190852
      Non signalé

    Votre billet s’attaque à un sujet très sensible dans la communauté des surfeurs et des écologistes.

    Je passerai sur les clichés méprisants (et qui sont éculés depuis des années) concernant les surfeurs (eh oui, aujourd’hui, un surfeur, c’est quelqu’un qui peut habiter dans une grande ville, visiter des musées, aller à l’opéra, etc.). Je vous invite à vous intéresser aux surfeurs, à en rencontrer davantage. Et vous vous rendrez compte qu’un surfeur, ça peut être également Joël de Rosnay, Guy Forget ou bien M. ou Mme Toutlemonde.

    Vous avez raison de prendre la défense des requins car, malheureusement, ils ne peuvent pas se défendre eux-mêmes face aux hommes. Toutefois, votre vision est trop simpliste car manichéenne. L’avez-vous fait à dessein, pour faire réagir les internautes, les interpeller ? Si c’est le cas, c’est réussi ; si ça ne l’est pas, c’est regrettable et très maladroit, notamment pour les familles des victimes.

    Je vous invite à lire ce billet de Jérémy Flores, surfeur professionnel originaire de La Réunion, quant au problème rencontré depuis plusieurs années : Lien
    Je cite, « Les surfers ne demandent rien de plus que de pouvoir continuer à évoluer dans un milieu naturel avec toute la faune et la flore marine, requins y compris, mais pas dans un “PARC A SQUALES ARTIFICIELLEMENT CREE PAR LA FOLIE DES HOMMES”.

    A bon entendeur, salut.

  • Jupiter Capitolin
    Jupiter Capitolin répond à liveindelirium
    Auteur(e) de l'article Burp
    • Posté à 19h16 le 03/08/2012
    • Internaute 189743
      Burp

    Pour revenir sur ton article, voici ce qui me pose problème : l’utilisation d’un fait divers, aussi triste qu’il soit, pour cracher sur une communauté que, au fond, tu n’as pas l’air de si bien connaitre.

    Voilà une phrase étrange, la suite de votre texte montre pourtant que vous avez parfaitement compris ce que je voulais dire. Vous remarquerez que je reproche même aux surfeurs d’être des ’’amis des bêtes’’.
    Quand aux familles, je ne vois pas pourquoi moi ou mon texte serait important pour elles. Je ne cite pas de nom et j’aborde un ’’fait d’hiver’’ de manière complètement factuel. Il n’est pas interdit de prendre du recul par rapport aux faits sans s’enfermer dans une bienpensance compatissante.

  • commequidirait
    commequidirait
    Dilettante
    • Posté à 20h45 le 03/08/2012
    • Internaute 50450
      Dilettante

    Quitte à faire dans le cynisme décalé, je dirais très franchement que je n’aime ni les surfeurs ni les requins.
    Les surfeurs parce que c’est une communauté snob, fermée et qui se la joue sans s’en apercevoir (ils pensent que la pub et les media ont repris et déformé leur image alors que c’est en grande majorité les surfeurs qui se sentent obligés de correspondre à cette image ridicule de beau gosse nature, les cheveux dans le vent, protégeant jalousement leur spot à la con... )
    Les requins parce que je veux bien que toutes les espèces aient droit de vivre mais depuis que je vis à La Réunion, je perçois un véritable risque depuis 2 ou 3 ans et que je n’ai aucune sympathie pour eux ni pour la l’écologie, qui me gonfle de plus en plus.
    Et je n’aime pas trop cet article parce qu’il n’est pas assez cynique et que ça me gonfle d’être en permanence l’ami des hommes, des oiseaux, des gentils requins et que ça fait du bien de temps en temps d’exprimer sa méchanceté.
    Le pire, c’est que tout ça est globalement sincère et que je ne pense pas pour le moment à me soigner.

  • Kelimp
    Kelimp
    Eco-citoyen
    • Posté à 11h56 le 04/08/2012
    • Internaute 99354
      Eco-citoyen

    Les surfeurs, suivant le lieu où ils pratiquent leur activité, connaissent parfaitement les risques, relativement bien plus faibles que sur la route, par exemple, qu’ils encourent... Rien ne ressemble plus, vu de dessous, à une otarie qu’un surfeur.
    Pour avoir pratiqué la plongée en Mer Rouge, très souvent au milieu de requins de récif (les pointes blanches) et parfois à proximité de requins tigres, jamais je n’ai eu à subir ne serait-ce qu’un semblant d’attaque de la part de ces magnifiques animaux. Bien sûr, on ne faisait pas n’importe quoi et on restait très attentifs à leurs réactions. C’est nous qui étions sur leur territoire et qui leur devions le respect.
    Aujourd’hui, ils sont victimes de la perception horrible qu’a l’homme à l’idée d’être dévoré, alors que pour eux, il n’y a aucune volonté de s’attaquer à lui. Ce n’est que son instinct dans un monde qui est le sien et où l’être humain est un intrus.

  • Lokiel
    Lokiel
    ex-étudiant
    • Posté à 13h04 le 04/08/2012
    • Internaute 129379
      ex-étudiant

    Bonjour.

    Habitant la Réunion, y étant né et membre de la famille d’une des victimes des requins, j’aimerais apporter quelques précisions :

    - la race de requins posant problème à la Réunion est celle des requins bouledogues. Connue pour son affection pour les eaux polluées et son agressivité, ce requin est aussi capable de remonter les rivières. Il pose un risque à moyen termes dans tous les cours d’eau de l’île. L’état des eaux au large de la Réunion, notamment en raison des conséquences de l’agriculture intensive et de l’industrialisation, peut expliquer leur présence.

    - les surfeurs accusent la réserve marine de la Réunion d’attirer les requins en multipliant la nourriture. Ce n’est pas prouvé. Mieux, d’après les élus écologistes qui siègent au conseil d’administration de la réserve, celle ci est presque un échec : il y a certes eu une augmentation de la quantité de poissons mais celle ci est trop marginale pour attirer les requins.

    - il existe une forte possibilité que les requins soient attirés sur l’île non par l’abondance de nourriture près des côtes mais par l’absence de nourriture au large. Ce n’est un secret pour personne que nos océans se dépeuplent à cause de la pêche intensive et des pollutions marines. Plusieurs pêcheurs m’ont affirmé avoir de plus en plus de mal à trouver où pêcher : une régulation sérieuse de la pêche me paraît infiniment plus appropriée comme méthode.

    - les requins bouledogues ne sont pas sédentaires d’après les résultats préliminaires de l’étude scientifique commandée par le préfet. Les premiers résultats semblent indiquer une saisonnalité des attaques et des requins qui migrent en fonction des conditions sur leur territoire de chasse : ils quittent les lieux qui ne sont plus en mesure de les nourrir pour s’installer ailleurs puis défendent leur nouveau territoire férocement. Notamment, les migrations de certains poissons leur servant de nourriture peuvent expliquer la saisonnalité des attaques. Tuer les requins ne servira donc à rien, d’autres se contenteront de suivre les mêmes schémas migratoires.

    - le requin bouledogue, bien que sa population soit en diminution, n’est pas une espèce en voie d’extinction et n’est pas protégé. Il est tout à fait légal de le chasser sauf, à la Réunion, dans une zone correspondant à 5% du parc marin où toute forme de pêche est interdite. Comme pour toute pêche, il faut un permis de pêche, cela étant. Le problème est que la chair du requin bouledogue est impropre à la consommation humaine (non seulement elle a un goût dégueulasse mais elle est polluée et vecteur de maladie), ce qui fait que les pêcheurs refusent de les chasser. Il n’y a tout simplement pas de débouché commercial pour ça.

Verbes thématiques