Viva 11/07/2012 à 11h54

Qui sont ces médecins qui « tweetent » et pourquoi ?

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Elsa Maudet | Viva

Sortir de leur isolement, avoir des conseils de leur collègues... des médecins « twittos » racontent comment ils utilisent le réseau social.


Une figurine près de bonbons « Tweet me » (Katerha/Flickr/CC)

La plupart sont prudents, parfois méfiants. Ils ont accepté de nous parler à condition que l’on ne révèle pas leur identité. « On parle d’un aspect de la vie privée de chaque malade, c’est une question de secret médical. Je n’ai pas envie que certains patients puissent me reconnaître », explique @TitBouchon, interne en neurologie de 26 ans.

Environ 200 professionnels de la santé sont inscrits sur Twitter, sur plus de 5 millions de comptes existant en France. Beaucoup de médecins généralistes, mais aussi des psychiatres, psychologues, dermatologues ou pharmaciens. @drjulienc apprécie car :

« C’est un accès immédiat et direct à 200 confrères de différentes spécialités. Quand on pose une question, il y a toujours un spécialiste pour répondre. »

Ce psychiatre et addictologue de 32 ans, qui exerce en hôpital psychiatrique, voit Twitter comme un précieux outil pour résoudre des problèmes qui dépassent son champ de compétences. Comme avec ce patient présentant un problème rénal :

« Il y avait un néphrologue sur Twitter, il m’a répondu immédiatement. C’est difficile de faire mieux en termes d’accès direct. »

Une pratique très individuelle

Bien sûr, les médecins n’ont pas attendu ce réseau social pour obtenir des réponses à leurs questions – « Ça n’a clairement pas révolutionné notre pratique », précise @drjulienc.

Mais tous s’accordent à dire que la quasi-instantanéité offerte par Twitter, où l’on trouve toujours quelqu’un de disponible, représente un gros avantage par rapport aux voies classiques que sont le coup de téléphone ou l’e-mail envoyé à un confrère débordé.

Il n’est donc pas rare de voir des médecins solliciter l’aide de leurs pairs. Comme @Dr_Boree il y a quelques jours :

« SOS Twitter : H 44 a, RAS en-dehors d’un ttt rétinoïde fini il y a 2 mois. Depuis 2 jours, paresthésies et hypoesthésie unilatérales D7 à L3. »

« Pas de troubles objectifs, ROT ok, pas de troubles moteurs ni sphinctériens. Des idées ? (tous les neuros du coin sont à table). »

Une demi-douzaine de confrères ont alors réagi, posé des questions, apporté leurs éclairages. Ce généraliste de 39 ans, installé dans le Sud-Ouest, qui « tweete » entre deux consultations ou une fois rentré chez lui, confie :

« L’exercice de la médecine de famille est très individuel, or on a besoin d’échanger. On souffre beaucoup de cet isolement dans nos cabinets. »

Pallier le manque d’échange avec les collègues

@Fluorette n’exerce pas seule, mais n’a pas de contact avec les autres médecins de son cabinet, l’un ne lui adressant pas la parole, l’autre étant trop débordé pour échanger avec elle. Cette généraliste de 32 ans installée dans l’Est, a besoin du réseau social car :

« Je n’ai absolument pas la même pratique qu’eux, pas la même conception de la médecine. Sur Twitter, je trouve des gens qui ont une vision plus semblable à la mienne : on est un peu idéalistes quelque part, on ne court pas après l’argent. »

Et puis, remarque @TitBouchon, qui exerce en CHU :

« Les hôpitaux sont de plus en plus surchargés, on n’est pas assez nombreux. Quand vous travaillez de 8 heures à 20 heures et que vous avez l’impression de ne pas sortir la tête de l’eau, ça n’aide pas à communiquer. Les gens autour de vous n’ont pas le temps ou ne le prennent pas. »

Un minimum d’échanges serait pourtant le bienvenu, puisque « tous les domaines sont de plus en plus spécialisés et, quand on nous pose une question de médecine générale, on se trouve parfois très bête », glisse-t-elle.

Les solutions s’appellent alors @Jaddo_fr , @Dr_Boree ou @Dr_Stephane, généralistes-blogueurs et twittos souvent cités en exemples, qui ont donné envie à de nombreux confrères de s’inscrire sur le réseau. « Ils se tiennent à jour, ils ont beaucoup de choses à nous apprendre », salue @TitBouchon.

L’Ordre recommande d’assumer son identité

Le fait de tweeter permet aussi d’épargner ses proches. « C’est un exutoire. Si vous parlez de ça tout le temps, ce n’est pas viable pour votre entourage », admet @Titbouchon. Twitter regorge ainsi d’anecdotes médicales, souvent tellement absurdes qu’elles en sont drôles.

« Donc non, dire “ça n’arrivera plus” n’est pas un moyen de contraception fiable. Oui je sais, ça paraît dingue. Même à voix haute, non », rapportait récemment @Jaddo_fr à propos d’un(e) patient(e).

Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) encourage ces derniers à utiliser les réseaux sociaux, mais les met en garde. Il recommande aux médecins « d’assumer leur identité », ce que beaucoup ne font pas, et dans son Livre blanc sur l’usage d’Internet, il précise :

« Les médecins doivent se montrer vigilants sur l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes et par conséquent de l’ensemble du corps médical ; ils ne doivent pas agir de manière à déconsidérer la profession. »

Tous sont en tout cas vigilants sur l’anonymat de leurs patients. « Je parle de cas cliniques, pas de personnes. Un cas clinique peut s’appliquer à plein de gens », avance @TitBouchon. Si les situations évoquées sont vraiment particulières et risquent d’être reconnaissables, les professionnels de santé ont tendance à poser leurs questions en privé à leurs confrères.

Publié initialement sur
Viva.presse.fr
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  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 12h05 le 11/07/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Twitter facilite les rapports humains.
    de @infirmierbloc à @chirurgien :
    Merde, je crois que tu as oublié la compresse à l’intérieur.

  • Albedo
    Albedo répond à la choukette
    • Posté à 12h56 le 11/07/2012
    • Internaute 7121

    Votre avis sur twitter est assez réactionnaire. La concision peut être un atout, elle crée une contrainte et les formes les plus contraignantes de l’expression sont aussi souvent les plus intéressantes.

    Pivot, entre autres, adore le medium et l’utilise admirablement bien, vous devriez jetez un oeil sur ses tweets. Enfin, sauf si les préconceptions l’emportent sur la curiosité et que vous avez décidé une fois pour toutes que rien de bon n’en sortirait.

  • Colchique
    Colchique
    Femme au foyer
    • Posté à 16h08 le 11/07/2012
    • Internaute 69510
      Femme au foyer

    Comment fonctionne la MEDECINE 2.0 par le Dr Dominique Dupagne :

    La Revanche du Rameur par Dominique Dupagne - YouTube

    MEDECINE 2.0 - YouTube

    Médecine 2.0 - EHESS 2010 - 1) Introduction - YouTube

    La série contient 14 vidéos. Elles sont toutes assez courtes. Dans la vidéo 9 vous apprendrez que la science médicale est bloquée.
    Médecine 2.0 - EHESS 2010 - 9) La science médicale est bloquée - YouTube

    Alors, échanger avec des confrères et leur demander leur avis, pourquoi pas si cela peut apporter quelque chose de positif pour le patient.
    Les blogs à Borée et à Jaddo sont reconnus comme excellents.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 18h10 le 11/07/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Il n’est donc pas rare de voir des médecins solliciter l’aide de leurs pairs. »

    ► Génial et rassurant.

    Le médecin qui dégaine son diagnostic de manière péremptoire dans la seconde, parait-il que c’est rassurant,
    moi ça inquiète..

    Celui qui hésité, cherche et « consulte » avant de trancher (au propre comme au figuré) m’apparait plus crédible.

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