En loucedé 10/07/2012 à 16h17

A Bordeaux, la préfecture ignore la justice, tant pis pour les migrants

Marie Kostrz | Journaliste Rue89


Un policier du centre de rétention de Bordeaux après sa rénovation, le 3 mai 2011 (PIERRE ANDRIEU/AFP)

Lorsque, le 2 juillet, le tribunal administratif de Bordeaux annule l’arrêté d’expulsion pris par la préfecture de Gironde concernant un Tunisien placé en centre de rétention quelques jours plus tôt, il est trop tard. Ce dernier a déjà été expulsé vers l’Italie.

La préfecture n’a pas perdu de temps. Soupçonné de vol le 27 juin, l’homme est placé en garde à vue le 28, puis au centre de rétention administrative (CRA) de Bordeaux le jour suivant. Il est renvoyé à la frontière le 30 juin.

La nouvelle a soulevé un tollé parmi les hommes et femmes de loi bordelais. Hélène Thouy, avocate de l’expulsé, qualifie d’« inadmissible » le fait que son client ait été renvoyé en Italie sans qu’aucun juge n’ait pu examiner son dossier et alors que le tribunal administratif avait pourtant été saisi.

Elle explique que la décision de la préfecture est contraire à l’article 5-4 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Celui-ci précise que toute personne détenue a le droit de faire un recours devant un tribunal pour qu’il « statue à bref délai sur la légalité de la détention et ordonne sa libération si la détention est illégale ».

La jurisprudence française bafouée

Pour elle, la situation prouve « une méconnaissance de la justice » de la part de la préfecture, qui ordonne les expulsions :

« Le juge est garant des libertés, il doit veiller au respect des droits, et là, ces droits sont violés. »

En plus de contrevenir au droit européen, la préfecture bordelaise ne fait aucun cas de la jurisprudence française, selon laquelle l’expulsion est aussi illégale.

Le 20 mars 2012, la cour administrative d’appel de Bordeaux, en se fondant sur plusieurs arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a en effet rendu une décision qui condamne ce type d’expulsion.

Selon les conclusions du rapporteur public, elle ne peut avoir lieu tant que le tribunal administratif n’a pas examiné le recours que le migrant lui a adressé pour contester son placement en rétention et confirmé l’arrêté d’expulsion formulé par la préfecture.

Permettre le recours « tant en droit qu’en fait »

En effet, précise le rapporteur public Marie-Pierre Dupuy, « l’effectivité d’un recours doit être assurée tant en droit qu’en fait ». Contactée par Rue89, la magistrate, également membre de l’Union syndicale des magistrats administratifs (Usma), décrypte :

« Il ne s’agit pas seulement de respecter le droit théorique au recours juridictionnel mais de laisser une chance à celui-ci d’aboutir. Sinon, cela équivaut à une absence de recours dans les faits. »

Car si avec la nouvelle loi sur l’immigration du 16 juin 2011, les personnes placées en CRA peuvent déposer un recours en urgence devant le tribunal administratif pour contester la régularité de leur placement en rétention, rien dans le texte ne garantit qu’ils restent en France jusqu’à ce qu’ils aient pu voir un juge.

Les expulsions reprennent, « on ne sait pas pourquoi »

Laura Petersell, employée de la Cimade, association d’aide aux migrants intervenant au CRA de Bordeaux, ne comprend pas la logique de la préfecture bordelaise. Avant la jurisprudence du 20 mars, dit-elle, il était fréquent de voir des migrants se faire expulser avant que leur recours devant le tribunal administratif n’aboutisse.

Selon elle, après le 20 mars, la préfecture a cessé s’expulser les migrants avant que le recours soit examiné par le tribunal administratif, ce qui a permis à six personnes d’être relâchées. Elle poursuit :

« Mais à présent, cela recommence comme avant : la personne est expulsée avant de voir un juge. On ne sait pas pourquoi. »

Pour elle, cela montre « tout l’arbitraire » qui entoure la pratique des expulsions.

Interrogé par Rue89 sur ce point, le service de communication de la préfecture répond évasivement, sans établir de différence entre les migrants ayant déposé un recours devant le tribunal administratif et les autres :

« Les reconduites à la frontière des étrangers en situation irrégulière n’ont jamais cessé depuis le 20 mars 2012, que ce soit à partir du centre de rétention administratif de Bordeaux ou de celui de Toulouse, le plus fréquemment utilisé à l’époque. »

Malgré notre insistance pour clarifier cette citation très générale, la préfecture ne veut pas en dire plus :

« On n’ira pas plus loin sur le sujet. »

La préfecture campe sur ses positions

Hélène Thouy, l’avocate, tique sur un autre détail qui rejoint les interrogations de l’employée de la Cimade :

« Avant le 20 mars, tous les arrêts de placement en détention comportaient la mention suivante : “Le recours juridictionnel contre la décision de placement en rétention administrative ne suspend pas l’exécution de la mesure d’éloignement.” Elle a ensuite été retirée. Mais depuis peu, on ne s’est pas trop pourquoi, cette phrase a été remise. »

La préfecture invoque une maladresse :

« La phrase incriminée dans l’arrêté de placement en rétention est effectivement supprimée depuis l’arrêt de la cour administrative de Bordeaux du 20 mars 2012 et n’a réapparu sur le cas de M. Tibi qu’a l’occasion d’une erreur matérielle de la préfecture. »

Pour elle, cela n’a de toute façon eu aucune conséquence :

« Cette mention ou pas n’affecte en rien la validité de la procédure menée à son terme et dont le tribunal administratif de Bordeaux a confirmé la légalité. »

Hic : selon les documents que Rue89 s’est procurés, le tribunal administratif n’a en aucun cas confirmé la mise en rétention de l’expulsé. Au contraire, il l’annule justement car l’arrêté de mise en détention du Tunisien n’empêchait pas son expulsion.

Un goût de déjà-vu

Marie-Pierre Thouy, de l’Usma, se demande si la préfecture bordelaise ne profite pas de la torpeur estivale pour expulser illégalement en pensant que cela passera inaperçu.

Ce ne serait pas la première fois : l’an dernier, en août, la préfecture avait outrepassé la décision d’un juge des libertés et de la détention (JLD), qui avait ordonné la remise en liberté d’un Indien et l’avait expulsé incognito.

Six jours plus tard, c’était au tour de deux Soudanais d’être reconduits à la frontière avant même leur audience.

Malgré l’alternance présidentielle, le préfet Patrick Stefanini, considéré comme le penseur de la politique migratoire de Nicolas Sarkozy et proche de Brice Hortefeux, est toujours à son poste.

Contacté, le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas répondu aux questions de Rue89.

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  • Nationaliste89
    Nationaliste89
    En France
    • Posté à 16h22 le 10/07/2012
    • Internaute 189546
      En France

    « l’expulsion est aussi illégale »

    La clandestinité aussi est illégale. Alors on fait quoi ?

    • PTrelawney
      PTrelawney répond à Nationaliste89
      Dans le brouillard
      • Posté à 16h28 le 10/07/2012
      • 178593
        Dans le brouillard

      On garde les clandestins et on expluse les autres. Ca vous va comme ça ?

    • Mat 77
      Mat 77 répond à Nationaliste89
      Bord des Leaks
      • Posté à 16h36 le 10/07/2012
      • Internaute 50039
        Bord des Leaks

      Les crimes aussi sont illégaux, alors, on fait comment ?

    • Sam_des_bois
      Sam_des_bois répond à Nationaliste89
      Etudiant
      • Posté à 16h59 le 10/07/2012
      • Internaute 51616
        Etudiant

      J’ai une idée qui ne risque pas de vous plaire :
      On laisse la justice suivre son cours.

      Simple non ?

      • Nationaliste89
        Nationaliste89 répond à Sam_des_bois
        En France
        • Posté à 19h04 le 10/07/2012
        • Internaute 189546
          En France

        La reconduite à la frontière est une mesure administrative décidée par la préfecture. Cette mesure peut être contestée devant un tribunal administratif. La préfecture n’est pas obligée d’attendre la décision du tribunal administratif pour exécuter sa mesure.

        La loi française a été respectée.

        Les arrêts de la CEDH ne sont pas supérieurs au droit français.

         
        • Sam_des_bois
          Sam_des_bois répond à Nationaliste89
          Etudiant
          • Posté à 19h27 le 10/07/2012
          • Internaute 51616
            Etudiant

          Sauf que comme il est précisé dans l’article, la jurisprudence du 20 mars demande au contraire que le tribunal administratif puisse statuer sur la mesure administrative.
          Une jurisprudence est un acte qui permet d’affiner la loi, elle se doit donc d’être respecté.
          De plus, se pose un problème de soustraction à la justice d’une personne : toute personne suspectée d’un délit ou d’un crime à droit de s’expliciter. Je doute fort que cela pourra se faire désormais.

          Bref, à double raison, il eut été plus sage et plus habile de ne pas expulser.

          L’administratif doit faciliter sa mission du judiciaire et non lui nuire pour l’illusion d’un pouvoir bien mal usé dans ce cas précis.

        • Cataphractaire
          Cataphractaire répond à Nationaliste89
          Keodedour ar bed
          • Posté à 21h32 le 10/07/2012
          • Internaute 58787
            Keodedour ar bed

          Il y a trois pouvoirs officiels en France.
          Le législatif, le parlement.
          L’exécutif, l’administration qui découle des gouvernements.
          La justice. La justice n’est pas un contre pouvoir. C’est un pouvoir réel. Une administration doit se plier aux décisions de justices car cela fait parti de l’équilibre. Une administration qui ne fait qu’à sa mesure car elle a la force avec elle est donc en situation d’illégalité.

        • raspo
          raspo répond à Nationaliste89
          • Posté à 00h18 le 11/07/2012
          • Internaute 29511

          Bien essayé... mais c’est perdu !

          D’une part, la Convention Européenne des Droits de l’Homme est supérieure aux lois et aux règlements (comme tous les traités et conventions ratifiés par la France) et c’est l’un des textes internationaux les plus utilisés dans nos tribunaux.

          D’autre part, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a rendu des arrêts qui certes, n’ont pas d’effet obligatoire immédiat, mais sur lesquels la Cour d’appel administrative de Bordeaux s’est basée pour se prononcer contre ce type d’expulsion. Au dessus de cette cour, il n’y a que le Conseil d’Etat, qui n’a visiblement pas été saisi. Donc le jugement de la Cour bordelaise peut faire jurisprudence.

          Et pour info, le droit effectif à un recours contre une décision administrative, qui plus est quand elle est privative de liberté, c’est le minimum du minimum de l’état de droit.

        3 autres commentaires
    • LuLabY
      LuLabY répond à Nationaliste89
      Putain immaculée
      • Posté à 19h30 le 10/07/2012
      • Internaute 105890
        Putain immaculée

      Aucun etre humain n’est illégal, quand la Rance aura perdu son niveau de vie (qu’elle ne conserve que grace à l’assujetissement d’autres peuples) et que ses citoyens dveront aller chercher leur pain ailleurs, on rigolera bien.... de peine.

    • AnarchoStalinien
      AnarchoStalinien répond à Nationaliste89
      Plus de provocations !
      • Posté à 21h10 le 10/07/2012
      • Internaute 171029
        Plus de provocations !

      Votre pseudo et l’image qui l’accompagne n’ont rien d’illégaux. Ils inspirent pourtant le plus profond dégoût. Alors on fait quoi ?

      • Pivar
        Pivar répond à AnarchoStalinien
        Pyropygiste
        • Posté à 09h52 le 11/07/2012
        • Internaute 160918
          Pyropygiste

        Quelle image dégoûtante... Beurk. Attendez, j’en ai une autre pour qu’on puisse continuer à gerber... Re-beurk.

        Il n’empêche : je trouve cette haine des nationalistes tout à fait contraire à une saine ouverture à l’autre. Soyez tolérant.

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Nationaliste89
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 10h07 le 11/07/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      L’expulsion n’est malheureusement pas illégale : elle est prévue dans le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Et tout le problème réside dans le fait que le nouveau ministre de l’Intérieur - que la droite aime tellement - n’a pas encore jugé utile de rédiger une simple circulaire pour expliquer que la « philosophie » de la politique d’immigration de la France a changé dès le jour de l’élection d’une majorité de gauche au parlement.
      Pour Sarkozy, Besson et Guéant, les « étrangers avaient vocation à retourner dans leur pays ». Il suffirait par exemple de rappeler qu’en matière d’immigration, la lutte contre le travail clandestin reste la principale priorité bien loin devant l’importance du chiffre des reconduites à la frontière. Contrairement à ce que vous affirmez, la clandestinité n’est justement pas illégale. La régularisation des sans papiers doit être examinée au cas par cas ; sachant que ceux qui travaillent et qui séjournent depuis longtemps dans le pays DOIVENT être régularisés.

      Le problème soulevé par l’article rappelle que l’autorité administrative ne peut pas prendre une décision tant que le Tunisien en question n’aura pas été jugé coupable (de vol) par un tribunal. Si c’est le cas, il pourra faire l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière qui pourra être exécuté dès qu’il aura purgé ses peines (prison et ou amende). Imaginez donc que le suspect ne soit finalement pas jugé coupable ou même qu’il soit simplement innocent ...

    • haiker
      haiker répond à Nationaliste89
      • Posté à 08h51 le 13/07/2012
      • Internaute 29253

      On vote pour une politique qui supprimera tous les droits des clandestins et, donc, reniera la signature de la France à de nombreux traités internationaux, dont celui fondant la CEDH. Et on assume.

      En attendant que cela advienne, on applique la loi, rien que la loi mais toute la loi. Et donc on respecte *dans les faits* le droit à un recourt.

      Car espérer être crédible sur l’illégalité de certains en violant la loi, c’est d’une utopie assez rare, et d’une hypocrisie malheureusement très commune.

  • PTrelawney
    PTrelawney
    Dans le brouillard
    • Posté à 16h27 le 10/07/2012
    • 178593
      Dans le brouillard

    Prefecture de Bordeaux. Ce n’est pas là quil y avait Papon ?

    • Africaviking
      Africaviking répond à PTrelawney
      Emigré
      • Posté à 17h14 le 10/07/2012
      • Internaute 54117
        Emigré

      Ca c’est de l’argument en béton armé, léger et convaincant. Bravo.
      Un pti jaune ?

    • haiker
      haiker répond à PTrelawney
      • Posté à 08h52 le 13/07/2012
      • Internaute 29253

      Aller, encore un pas et le point Godwin est gagné...

  • Berlingo
    Berlingo
    Etudiant
    • Posté à 16h32 le 10/07/2012
    • Internaute 186768
      Etudiant

    « [...] des étrangers en situation irrégulière »
    > Soit on laisse venir tout le monde, soit quand une personne n’a pas à être sur le territoire français et ne respecte en plus pas nos lois (« soupçonné de vol », en général toute personne sans-papiers aurait le bon réflexe d’être discret hein...) est renvoyée chez elle.

    • PaulTron
      PaulTron répond à Berlingo
      Ce champ sera visible par tous (...)
      • Posté à 16h39 le 10/07/2012
      • Internaute 168564
        Ce champ sera visible par tous (...)

      le soupçon n’est pas une preuve, mais un soupçon et la loi n’interdit pas d’être soupçonné.
      C’est le délit qu’elle interdit.

      • Nationaliste89
        Nationaliste89 répond à PaulTron
        En France
        • Posté à 18h47 le 10/07/2012
        • Internaute 189546
          En France

        Le délit de clandestinité est interdit et suffit à l’expulsion

         
        • AutistReading
          AutistReading répond à Nationaliste89
          Au snack elle prend pas de kebab
          • Posté à 19h42 le 10/07/2012
          • 184876
            Au snack elle prend pas de kebab

          La cour européenne de justice s’oppose au délit de clandestinité.

          • Berlingo
            Berlingo répond à AutistReading
            Etudiant
            • Posté à 20h24 le 10/07/2012
            • Internaute 186768
              Etudiant

            Alors qu’elle supprime les visas, permis de séjour, brigades et compagnie.

            • AutistReading
              AutistReading répond à Berlingo
              Au snack elle prend pas de kebab
              • Posté à 23h31 le 10/07/2012
              • 184876
                Au snack elle prend pas de kebab

              Elle n’a pas légalisé la clandestinité, elle l’a juste dépénalisé.

              Il y a encore trop d’esprits moyenâgeux qui péteraient dangereusement les plombs si on laissait les hommes en liberté sur la planète...

              Mais ça viendra, les gens normaux sont de plus en plus nombreux.

              • A déménagé le 30-08-2012
                • Posté à 00h16 le 11/07/2012
                • Internaute 187358
                  non connue

                « Liberté » est encore un gros mot pour des personnes comme Nationaliste89 (lol le pseudonyme d’ailleurs).

                Peut-être qu’il peut quand même comprendre le mot « circonstances » dans ce cas ?
                Non parce que, si je mourrais de faim, de soif ou de tortures dans mon pays, ma première réflexion ne serait pas : « ah non, je ne peux pas aller dans ce pays où tout le monde mange à sa faim et où y a une justice, parce c’est il-lé-ga-le et pas bien =D ! »

                Les gens normaux ont encore du pain sur la planche.

                • Berlingo
                  • Posté à 09h52 le 11/07/2012
                  • Internaute 186768
                    Etudiant

                  Vous avez raison, en Tunisie la situation est pire qu’en Syrie ou au Mali et les « circonstances » sont exceptionnelles... Vous ne croyez pas que le pays du migrant concerné a plus à lui offrir que le notre s’il veut vraiment s’atteler ? Tout est à reconstruire là-bas.
                  « S’il veut vraiment » > parce que certains voudraient également imposer la charia, et s’il préfère voler comme en France il n’y aura pas d’associations pour le plaindre.

        • Cataphractaire
          Cataphractaire répond à Nationaliste89
          Keodedour ar bed
          • Posté à 21h34 le 10/07/2012
          • Internaute 58787
            Keodedour ar bed

          La clandestinité n’est pas un délit. Sinon ces personnes feraient l’objet d’un procès pour toute présence illégale et non d’un simple décret préfectoral.

        • KIKI21000
          KIKI21000 répond à Nationaliste89
          retraité
          • Posté à 21h35 le 10/07/2012
          • Internaute 53190
            retraité

          Dommage que la bêtise ne soit pas un délit, les frontières de notre pays, lesquelles, Napoléoniennes, de 1870, de 1918, de 1940, de 1945, ou actuelles, sans les colonies ?

          • Berlingo
            Berlingo répond à KIKI21000
            Etudiant
            • Posté à 09h56 le 11/07/2012
            • Internaute 186768
              Etudiant

            Caricature ridicule.
            Disons les frontières d’avant 1860, comme ça un bout du sud-est est indépendant. :)

        • Conventionnel
          Conventionnel répond à Nationaliste89
          On ne peut régner innocemment
          • Posté à 10h08 le 11/07/2012
          • Internaute 169038
            On ne peut régner innocemment

          Le délit de clandestinité n’existe pas dans les textes.

        • haiker
          haiker répond à Nationaliste89
          • Posté à 08h55 le 13/07/2012
          • Internaute 29253

          C’est la justice et elle seule qui juge si un délit est constitué ou pas.
          La préfecture n’ayant pas le pouvoir judiciaire, elle ne peut décider seul si le délit de clandestinité est avéré ou pas.

        • haiker
          haiker répond à Nationaliste89
          • Posté à 09h14 le 13/07/2012
          • Internaute 29253

          Le délit de X est interdit ?
          Pas possible ! ? Vous avez trouvé un livre de lapalissades ! ?

          Par ailleurs, aucun délit, existant ou révé, n’est constitué légalement sans jugement - et donc forcément avec le droit de se défendre.
          Une préfecture n’ayant aucun pouvoir judiciaire, elle ne peut donc pas décider qu’un délit est constitué et passer directement à une sanction, dont le choix ne relève là aussi que du pouvoir judiciaire, même quand la loi n’en prévoit qu’une seule possible.

          Si on a le droit de contester un contrôle radar, c’est pas par hazard : même là le délit ne peut être constitué qu’après vous avoir donner la possibilité de vous défendre.
          Presemption d’innocence, les droits de l’homme, toussa.

          Ouais, c’est chiant hein, toutes ces entraves à la liberté de violer les droits des autres pour pouvoir vivre qu’entre amis. Quelle misère, vraiment, ces 9 milliards d’humains à côté de chez vous...

        11 autres commentaires
    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Berlingo
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 12h18 le 12/07/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      Sauf que les circonstances qui touchent les étrangers en situation irrégulière sont fixées par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (c’est à dire la loi) et que nulle part dans ce texte, il n’est fait état de « laisser venir tout le monde » ni « de renvoyer chez eux ceux qui ne respectent pas nos lois » parce que le sujet est un tout petit plus compliqué que vous le pensez.

      Ce texte créée en 2004 a largement été modifié ou infléchi, notamment par la Circulaire Besson du 24 novembre 2011 qui rappelle principalement la « philosophie » du gouvernement en place à cette époque : « les étrangers ont vocation à être reconduits chez eux ». Et il se trouve que ce texte réglementaire (non législatif) est toujours en vigueur parce que l’actuel ministre de l’Intérieur - qui ne se souvient pas des promesses exprimées publiquement des le 12 février 2011 par le candidat François Hollande relatives aux étrangers sans papiers qui sont là depuis un certain temps et qui doivent être régularisés dès lors qu’il travaillent - a simplement « oublié » de la corriger ...

      De toute façon, « renvoyer chez eux » les étrangers « qui n’ont pas le bon réflexe d’être discret » (pour conserver votre euphémisme), n’est pas prévu par la loi en vigueur. Il ne s’agissait que d’un fantasme de campagne de l’extrême-droite repris par les dérives anti-républicaines de l’Union pour un Mouvement Pétainiste (plus que Populaire).

  • PTrelawney
    PTrelawney
    Dans le brouillard
    • Posté à 16h35 le 10/07/2012
    • 178593
      Dans le brouillard

    « Cette mention ou pas n’affecte en rien la validité de la procédure menée à son terme et dont le tribunal administratif de Bordeaux a confirmé la légalité. »

    Un fonctionnaire de la préfecture qui se substitue à la justice, c’est ce que l’on appelle le mélange des genres.

    Un vice de procédure est un vice de procédure. Même si sur le fond l’affaire est entendue, c’est sur la forme que l’on se détermine. Le jour où un fonctionnaire d’état sera pénalement responsable de ses actes, nous aurons fait un grand pas vers une démocratie républicaine en attendant la France est une république bananière.

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 16h42 le 10/07/2012
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    Ca serait une bonne chose de l’expulser de Bordeaux ce préfet.

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 16h44 le 10/07/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    « Contacté, le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas répondu aux questions de Rue89. »
    Le changement c’est pas maintenant, les préfets préfètent avec toujours autant d’efficacité le mépris du droit, ce qui est quand même un comble.
    S’ils le font, c’est qu’ils n’ont pas reçu de contre ordre de notre nouveau ministre de l’intérieur qui, bien que contre la politique du chiffre, a lâché le fameux « 30 000 » guéanesque quand même.
    L’aide aux sans pap reste donc à l’ordre du jour puisqu’il n’y aucune vals hésitation dans la continuité de la politique menée.
    On n’entend même pas l’opposition constructive UMP applaudir, les ingrats.

    • Conventionnel
      Conventionnel répond à Joseph Gratteur
      On ne peut régner innocemment
      • Posté à 10h14 le 11/07/2012
      • Internaute 169038
        On ne peut régner innocemment

      C’est tout à fait exact.
      Les sans papiers ne sont pas des nouveaux migrants et ils sont effectivement au moins plus de 30000 qui sont maintenus dans le travail clandestin, dans des logements clandestins.
      Hollande a dit : « ceux qui sont là depuis longtemps et qui travaillent DOIVENT être régularisés.

      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à Conventionnel
        Working class bléro
        • Posté à 10h26 le 11/07/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        Je parlais bien des expulsions ici

         
        • Conventionnel
          Conventionnel répond à Joseph Gratteur
          On ne peut régner innocemment
          • Posté à 15h45 le 11/07/2012
          • Internaute 169038
            On ne peut régner innocemment

          Et tu entres sans aucun soucis dans l’amalgame créé de toute pièce par le gouvernement sortant, en confondant les « sans papiers » avec par exemple le problème des Roms (qui est tout à fait distinct parce que les Roms sont citoyens de l’Union européenne) ou celui des « nouveaux immigrants » (qui restent sur le territoire à l’issue d’un visas de touriste où qui entrent illégalement (sans se déclarer aux frontières).

          Il entre effectivement un certain nombre d’étrangers chaque année et parmi ces entrants, le gouvernement de droite en régularisait effectivement 30.000 (regroupement familial, asile, soins médicaux etc.). Et effectivement Valls a déclaré - comme l’avait promis Hollande - que ce chiffre serait maintenu.

          Mais là on ne parle pas de nouveaux immigrants, mais bien de ce qu’on appelle les sans papiers dont le précédent gouvernement avait dit « qu’ils avaient vocation à être reconduits dans leur pays ». Et on sait que Guéant, à quelques jours du premier tour de la présidentielle, s’était vanté de pouvoir en expulser 40.000 avant la fin de l’année. Ce qui signifie qu’au moins 40.000 étaient identifiés et qu’il suffisait d’aller les cueillir.

          Ils sont probablement beaucoup plus nombreux, à travailler au noir et à vivre agglutinés dans des caves pour le plus grand bénéfice d’exploiteurs fraudeurs qu’on ne contrôle plus, par manque de personnel, en bénéficiant toutefois de l’Aide médicale d’Etat (vraisemblablement le seul moyen dont on dispose pour les compter) sachant que par an, ce dispositif coûte 500 millions d’euros auxquels il faut ajouter la carte de circulation financée par la région.

          Et de tous ceux-là, dont Hollande avait dit le 12 février « que ceux qui travaillent DOIVENT être régularisés », personne ne parle. Pas même M. Valls qui est le ministre le plus apprécié de la droite.

        1 autres commentaires
  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 22h45 le 10/07/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    Comme il n’appartient pas au plus haut représentant de l’Etat de s’asseoir sur le droit et violer les principes fondamentaux telles la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle et l’indépendance de l’autorité judiciaire, ce manquement grave et caractérisé à ses obligations, qui met en danger la démocratie devrait valoir de sérieux ennuis à ce préfet hors-la-loi et multirécidiviste de la Gironde.

  • angath1
    angath1
    Riche héritier exilé
    • Posté à 16h50 le 10/07/2012
    • Internaute 123769
      Riche héritier exilé

    La préfecture ne fait que son boulot, en expulsant vite fait bien fait avant que la justice, les droits de l’homme, la cour européenne etc... ne s’en mêle.
    Et encore heureux quand on voit le bordel pour expulser un clandestin délinquant.

    Vous voulez pas qu’on aille les chercher en Tunisie et qu’on les ramène pour les juger ? Faut faire des économies parait il, commençons par là

    • Sam_des_bois
      Sam_des_bois répond à angath1
      Etudiant
      • Posté à 16h56 le 10/07/2012
      • Internaute 51616
        Etudiant

      L’unique bêtise qui se déguste est celle de Cambrais.
      Pour les autres, veillez à les garder en vous et à ne pas nous en inonder !

    • AutistReading
      AutistReading répond à angath1
      Au snack elle prend pas de kebab
      • Posté à 16h57 le 10/07/2012
      • 184876
        Au snack elle prend pas de kebab

      Pour que le clandestin soit déclaré délinquant, il doit passer devant un tribunal.

      Ce qu’à oublié de faire la préfecture...

      • angath1
        angath1 répond à AutistReading
        Riche héritier exilé
        • Posté à 17h10 le 10/07/2012
        • Internaute 123769
          Riche héritier exilé

        Ah bon je croyais qu’il suffisait de commettre un délit pour être délinquant.

         
        • Atlantis
          Atlantis répond à angath1
          Etudiant apolitique
          • Posté à 17h16 le 10/07/2012
          • Internaute 39710
            Etudiant apolitique

          Non, il faut être jugé en tant que tel par un tribunal. Sarko n’est pas un délinquant pour l’instant, mais simplement un « témoin assisté » qui sera peut être jugé coupable d’ici quelques temps.

        • sebk2
          sebk2 répond à angath1
          • Posté à 17h32 le 10/07/2012
          • Internaute 105821

          effectivement il suffit de commettre un délit pour être délinquant. mais seul un tribunal à le pouvoir de décider qu’un délit bel et bien été commis...

        • AnarchoStalinien
          AnarchoStalinien répond à angath1
          Plus de provocations !
          • Posté à 11h19 le 11/07/2012
          • Internaute 171029
            Plus de provocations !

          je croyais qu’il suffisait de commettre un délit pour être délinquant.

          Encore faut-il un jugement. Même certains propos sont condamnables ! Surveillez les vôtres , ils sont souvent près de faire de vous un délinquant.

        • haiker
          haiker répond à angath1
          • Posté à 09h18 le 13/07/2012
          • Internaute 29253

          commettre un délit = être reconnu coupable d’un délit.
          Sans jugement, on est présumé innocent des faits reprochés.

          Jugement, juge, pouvoir judiciare.
          Bref, tout sauf le pouvoir exécutif.

          Le jour où le pouvoir exécutif à le pouvoir légal de décider qui est coupable et qui ne l’est pas, nous ne sommes plus en république.

          C’est aussi simple que cela.

        4 autres commentaires
      • Africaviking
        Africaviking répond à AutistReading
        Emigré
        • Posté à 17h10 le 10/07/2012
        • Internaute 54117
          Emigré

        Le concept de Procès Verbal (PV) ca vous parle ?

         
        • sebk2
          sebk2 répond à Africaviking
          • Posté à 17h34 le 10/07/2012
          • Internaute 105821

          Un PV n’est pas un jugement, il me semble...

        • AutistReading
          AutistReading répond à Africaviking
          Au snack elle prend pas de kebab
          • Posté à 17h46 le 10/07/2012
          • 184876
            Au snack elle prend pas de kebab

          Oui, très bien.

          Il est même écrit dessus qu’on peut le contester.

          A condition de ne pas être expulsé avant la fin de la procédure...

          • Africaviking
            Africaviking répond à AutistReading
            Emigré
            • Posté à 18h04 le 10/07/2012
            • Internaute 54117
              Emigré

            On peut le contester en payant.

            Tout comme pour des délits grave on est incarcéré avant que la Cour de Cass, la CEDH ou autre ne viennent éventuellement invalider l’affaire.

        3 autres commentaires
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