Tribune 25/06/2012 à 12h43

« Maya l’abeille », icône anarchiste d’une société totalitaire ?

Nesrine Briki | Journaliste

Mis à jour le lundi 25 juin 2012 à 14h15
Ajout de la mention "Tribune".

Capture d’écran du générique de « Maya l’abeille »

Les abeilles sont ces derniers temps un sujet de préoccupation pour nombre de scientifiques, d’apiculteurs et d’agriculteurs : il est question d’une mystérieuse épidémie qui provoque l’effondrement massif de colonies à travers le monde, et qui menace l’ensemble de l’écosystème car ces insectes sont les premiers pollinisateurs.

Depuis quelques années, pour des raisons encore inexpliquées, des millions d’abeilles quittent la ruche sans y revenir, on accuse les pesticides, on pointe du doigt des virus, le frelon asiatique ou encore le téléphone portable, mais l’énigme reste opaque. Et si tout simplement les abeilles avaient découvert la notion d’individualité ? Et si les nouvelles générations avaient décidé de « vivre leur vie » en dehors de la ruche, comme l’a fait « Maya l’Abeille » ?

J’ai parfaitement conscience de l’absurdité ridicule de cette hypothèse, mais je n’avais pas trouvé d’autre introduction pour mon sujet.

1

La naissance de Maya : « Pourquoi ? »

Les trentenaires comme moi se souviennent tous de ce personnage intrépide, ingénu, insolent et curieux qu’est Maya l’abeille. Dès les premières minutes, on la voit avoir un comportement inédit, voire incongru, pour une abeille : elle est en retard sur les autres larves et son œuf est le dernier à éclore parce qu’elle rêvait – chose incroyable pour une abeille, lui fait remarquer son éducatrice, mademoiselle Cassandre.

Contrairement à ses camardes bien disciplinés, elle harcèle de question et de « pourquoi ? » mademoiselle Cassandre. Pire que tout, elle a l’outrecuidance de s’interroger sur certains usages et de remettre en question leur bien fondé, frôlant parfois l’hérésie apicole.

Dans le premier épisode « La Naissance de Maya », l’abeille est présentée avec des singularités qui annoncent sa différence et l’inévitable rupture avec les siens ; sa tendance à la rêverie, assimilée à la paresse, son besoin de comprendre et sa curiosité qui la pousse à poser des questions gênantes pour l’autorité, finissent par la faire s’enfuir de la ruche suivie par son camarade Willy.

Malgré la promesse faite à son éducatrice de toujours obéir aux règles, et bravant les dangers mortels auxquels s’expose une abeille isolée, elle enfreint la loi suprême qui veut qu’une abeille ne peut vivre en dehors de la ruche et part explorer le monde pour obtenir les réponses à ses questionnements par elle-même. Ainsi commencent les passionnantes aventures de Maya l’abeille.

La naissance de Maya l’abeille
2

La société des abeilles : allégorie d’un système totalitaire ?

J’ignore si le héros imaginé en 1912 par l’autrichien Waldemar Bonsels est le même que celui né plus d’un demi siècle plus tard sous les crayons d’une équipe Franco-japonaise, mais l’idée de retranscrire la quête d’ un personnage épris de liberté dans le monde apicole relevait du génie !

Quand on y pense bien, transposée à la société humaine, la système social apicole nous apparaîtrait comme une dictature totalitariste : les abeilles ont une vie sociale très organisée et ordonnée en caste où chacun a une fonction bien déterminée au cours de son existence, le pouvoir, du moins celui de la reproduction, est concentré chez une impitoyable reine fratricide qui n’a pu asseoir sa domination qu’ en massacrant à sa naissance ses sœurs les plus faibles et en castrant chimiquement les autres femelles de la ruche.

Par ailleurs, l’une des caractéristiques essentielle des systèmes totalitaires reste la négation de l’individu ; l’individu n’existe pas en tant que créature libre et autonome, mais en tant qu’élément utile à l’ensemble et interchangeable à souhait.

Vivant en colonies, la société des abeilles repose sur la cohésion du groupe, les ouvrières sont par exemple totalement dévouées à la communauté et meurent inexorablement à la tâche. Dans le monde des abeilles, tout individu improductif (y compris les larves) est automatiquement éliminé, les abeilles mettent aussi à mort la reine lorsqu’elle est malade ou qu’elle devient stérile.

Ce n’est sûrement pas un hasard si dans les quatre premiers épisodes de la série, par la bouche de plusieurs personnages, on insiste sur la notion de collectivisme et sur la primauté du groupe sur l’individu.

3

Maya, une icône anarchiste subversive ?

Par anarchiste, j’entends le sens premier du terme qui signifie littéralement : sans commandement, sans autorité. Confondue avec l’anomie qui désigne le chaos social, l’anarchie est une doctrine philosophique qui prône la disparition de toute domination coercitive au profit de la libre coopérations entre individus libres, les libertés individuelles constitueraient la base de l’organisation sociale et des relations politico-économiques.

Si dans la nature, les abeilles solitaires existent, Maya n’en est pas une, ouvrière, comme les autres, elle est normalement destinée et programmée à consacrer sa vie au travail pour le bon fonctionnement du groupe. Sous cet angle de vue, l’individualisme de Maya et ses aspirations libertaires deviennent un acte révolutionnaire qui lui fait transcender sa condition initiale. Elle est d’autant plus subversive qu’elle entraîne dans sa quête le fayot et très rangé Willy.

Le personnage de Maya est celui d’une rebelle qui vit comme elle l’entend, libre de toutes entraves liées à son groupe et se passant de la protection de la ruche.

Dans le générique on la voit se réveiller à l’heure qu’elle veut, disposer librement de son temps, n’ayant d’autres soucis que de jouir de la vie : elle tripote avec insouciance une horloge végétale, sautille allègrement de fleurs en fleurs et s’ébroue joyeusement dans le pollen.

A la fin du générique, on la voit seule sur un nénuphar, mélancolique face à une lune pleine, une larme de tristesse coule sur sa joue, comme s’il était sous-entendu que la solitude était le prix de la liberté.

Générique de « Maya l’abeille »
Aller plus loin
  • 20174 visites
  • 119 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 12h56 le 25/06/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    ....

  • yan84
    yan84
    dérapage controlé
    • Posté à 13h09 le 25/06/2012
    • Internaute 188158
      dérapage controlé

    bug

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 17h23 le 25/06/2012
    • 49273
      Petit agité

    C’est marrant ça fait un peu penser à la société indienne, très fataliste, compartimentée et hiérarchisée. Et paradoxalement l’Inde est probablement le pays le plus anarchique et indiscipliné qui soit.

    • alexandre libr
      alexandre libr répond à Deamon7
      'pataphysicien
      • Posté à 19h16 le 25/06/2012
      • Internaute 106514
        'pataphysicien

      « anarchique et indiscipliné »
      tu ne peux pas mettre ces deux mots ensemble, l’anarchie c’est l’organisation !
      la societé indienne est une société de caste oligarchique à un autre niveau que la notre

      • mandareen
        mandareen répond à alexandre libr
        entre autres
        • Posté à 00h55 le 26/06/2012
        • Internaute 32452
          entre autres

        +1

      • r0d
        r0d répond à alexandre libr
        exilé heureux
        • Posté à 13h53 le 26/06/2012
        • Internaute 49006
          exilé heureux

        Je le vois comme ça aussi.
        L’anarchie c’est « l’ordre sans le pouvoir » (v. hugo).
        Chaque anarchiste a sa propre vision de ce qu’est l’anarchie. Pour ma part, je suis ingénieur, je me retrouve chez kropotkine, et j’aime bien résumer la situation comme suit :
        Une entreprise aujourd’hui c’est beaucoup de hierarchie (beaucoup d’autorité donc) et peu de méthode. L’anarchie c’est l’inverse : de la méthode, et pas de hierarchie. Les rouages de la société seraient agencé et régulés par des méthodes, et non par l’arbitraire des individus les plus inaptes à ce travail, c’est à dire ceux qui souhaitent avoir ce pouvoir.

    • mandareen
      mandareen répond à Deamon7
      entre autres
      • Posté à 00h56 le 26/06/2012
      • Internaute 32452
        entre autres

      MÊME LECTEUR LIT ENCORE : l’anarchie est une doctrine philosophique qui prône la disparition de toute domination coercitive au profit de la libre coopérations entre individus libres, les libertés individuelles constitueraient la base de l’organisation sociale et des relations politico-économiques.

      • Deamon7
        Deamon7 répond à mandareen
        Petit agité
        • Posté à 06h15 le 26/06/2012
        • 49273
          Petit agité

        L’anarchie c’est aussi un mot du langage courant, désolé d’avoir enfreint l’orthodoxie lexicale idéologique.

         
        • alexandre libr
          alexandre libr répond à Deamon7
          'pataphysicien
          • Posté à 11h38 le 26/06/2012
          • Internaute 106514
            'pataphysicien

          il ne s’agit pas (seulement) d’orthodoxie lexicale mais bien une volonté délibéré par le pouvoir de discréditer l’autoorganisation.
          Si on utilisé le mot démocratie à la place de terrorisme, ce serait aussi problématique.
          d’ailleurs l’utilisation de démocratie est aujourd’hui largement abusive puisqu’il s’agit d’oligarchie.

          • Deamon7
            Deamon7 répond à alexandre libr
            Petit agité
            • Posté à 11h41 le 26/06/2012
            • 49273
              Petit agité

            Dans un sens il y a une certaine forme d’organisation dans le bordel indien, mais une organisation qui n’a pas l’apparence de l’ordre.

        2 autres commentaires
  • Warum
    Warum
    Rien ne sert à rien
    • Posté à 13h20 le 25/06/2012
    • Internaute 147878
      Rien ne sert à rien

    J’ai rematé Fourmiz il y a quelques semaines, et je me suis rendu compte que ce film était un manifeste du PC !

    La fourmi principale, Z, est très comparable à Maya, et elle se transforme progressivement en une espèce de Ho Chi Minh qui sauve toute la fourmilière en l’unissant face à un ennemi commun.

  • Auroralucie
    Auroralucie
    Collectionneuse de rognures d' (...)
    • Posté à 13h26 le 25/06/2012
    • Internaute 124160
      Collectionneuse de rognures d' (...)

    La disparition des abeilles entrainerait une catastrophe écologique : Celle-ci pollinisent et sont indispensables au monde botanique, et vis/versa.

    Les ondes des téléphones portables, et certainement d’autres ondes encore, perturbent leurs déplacements et repères dans l’espace.
    Bien sure que les pesticides ne font que contribuer à leur perte. Ceux-ci étant malsains également pour nous, et responsables de nombre de maladies morbides.
    Et quelles surprises réserveront les OGM d’ici quelques décennies ?

    • Matanapari
      Matanapari répond à Auroralucie
      Woman inside
      • Posté à 16h19 le 25/06/2012
      • 182966
        Woman inside

       :) comme toujours, l’effondrement d’une espèce ne se fait pas « grâce » à une seule cause, mais bien à la « faveur » de plusieurs...

      Dans certaines régions du monde, on en ai à polliniser à la main d’homme, super ! Va falloir grave ouvrir les frontières pour s’occuper de nos champs, lol
      La bêtise humaine pour protéger nos gros industriels est sans fond, et ça va nous coûter cher, dans tous les sens du mot.

      • Auroralucie
        Auroralucie répond à Matanapari
        Collectionneuse de rognures d' (...)
        • Posté à 21h31 le 25/06/2012
        • Internaute 124160
          Collectionneuse de rognures d' (...)

        D’autant qu’une espèce s’éteignant en amène d’autres vers la même destinée, végétales, animales, et/ou mycosiques.

        Plus encore que certaines espèces, la disparition des abeilles entrainerait une catastrophe, catastrophe également pour l’humain : Moins de végétaux, crise alimentaire et tout ce qui s’en découle.
        (Ceci pour rappeler que la disparition des abeilles nous concerne.)

        Toujours les mêmes causes : L’argent, et la bêtise humaine, on en revient tristement au même constat.

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 13h57 le 25/06/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Maya l’abeille n’est pas anarchiste, elle est juste un personnage sur lequel tous les enfants pouvaient s’identifier : fuite des contraintes, refus de l’autorité parentale et fuite du monde des adultes en général par le jeu, le rêve, la liberté et l’amitié.
    La plus haute expression de l’ordre étant l’anarchie, vous avez tout faux, Nesrine, mais c’était bien tenté, faut reconnaitre.

    • Nord
      Nord répond à Joseph Gratteur
      Personnage de roman
      • Posté à 16h13 le 25/06/2012
      • Internaute 188005
        Personnage de roman

      « La plus haute expression de l’ordre étant l’anarchie [...] »

      C’est un point de vue intéressant, pourriez-vous développer ?

      • pablico
        pablico répond à Nord
        Co-NOBEL de la Paix
        • Posté à 16h23 le 25/06/2012
        • Internaute 14278
          Co-NOBEL de la Paix
      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à Nord
        Working class bléro
        • Posté à 16h33 le 25/06/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        Une société qui fonctionne en autogestion n’a pas besoin d’une autorité symbolisant le pouvoir, et donc de police. Elle est donc ordonnée de fait par le comportement des individus qui la composent.
        C’est une utopie, qui peut marcher à quelques uns, mais qui jusqu’à présent, n’a pas pu se mettre en oeuvre pour une collectivité sur une période durable -comme la plupart des modèles utopiques-.

         
        • Auroralucie
          Auroralucie répond à Joseph Gratteur
          Collectionneuse de rognures d' (...)
          • Posté à 16h55 le 25/06/2012
          • Internaute 124160
            Collectionneuse de rognures d' (...)

          Les abeilles sont d’une société en totale autogestion, comme les fourmis, ou les termites.
          Chacune a son rôle : Pollinisatrice, gardienne, nourrice, aide à la Reine, bâtisseuse, Reine_Mère de la cité, (...) chez les abeilles.
          On ne peut parler apparemment d’ailleurs d’anarchie, hiérarchie étant au sein de leur cité, et ces animaux se « pensant » non « je », mais, étant partie intégrante d’un tout, l’essaim ici. (Comme la cellule dans notre organisme, par exemple)

          Cette utopie que vous décrivez n’est pas ou peu réalisable aujourd’hui, au vu du manque de sagesse de l’humanité.
          Si les peuples amazoniens ou aborigènes n’étaient pas perturbés et menacés par la mondialisation, ne serait-ils pas l’exemple de peuples sages, en autonomie, sans besoin de chef, tel que nous le concevons dans nos sociétés en décadence ?

          • Joseph Gratteur
            Joseph Gratteur répond à Auroralucie
            Working class bléro
            • Posté à 17h06 le 25/06/2012
            • Internaute 164574
              Working class bléro

            Le fonctionnement tribal est certes varié et multiple selon les recoins du monde, mais il a toujours des codes très précis et une hiérarchie sociale structurée parfois si subtile que l’occidental y perd son latin.
            Je ne connais pas de peuplade anarchiste (à part la mienne, de manière intermitente).

            • Auroralucie
              Auroralucie répond à Joseph Gratteur
              Collectionneuse de rognures d' (...)
              • Posté à 19h21 le 25/06/2012
              • Internaute 124160
                Collectionneuse de rognures d' (...)

              Comme chez les autres animaux sauvages, ou apprivoisés, l’hommnidé a une hiérarchie sociale, dominants et dominés.
              C’est le constat que je fais, tout en me demandant si l’humain arrivera à modifier ce comportement un jour.
              Enfin, n’étant pas spécialiste du comportement animal, ni de l’ethnologie je ne m’étendrais alors pas dessus.

              • Joseph Gratteur
                Joseph Gratteur répond à Auroralucie
                Working class bléro
                • Posté à 07h36 le 26/06/2012
                • Internaute 164574
                  Working class bléro

                Les anarchistes, parce qu’animaux doués de raisons, sont les seuls à avoir théoriser une société sans élites.
                L’homme animal doué de raison est aussi sensible, à l’influence, la force, l’aliénation, la corruption, la domination... donc oui, une utopie est un objectif sur lequel il faut tendre, sans rêver.

                • Auroralucie
                  Auroralucie répond à Joseph Gratteur
                  Collectionneuse de rognures d' (...)
                  • Posté à 10h55 le 26/06/2012
                  • Internaute 124160
                    Collectionneuse de rognures d' (...)

                  J’ai répondu, pour vous également dans mon post plus bas, celui s’adressant également à Pierrejcallard.

          • Epimethée
            Epimethée répond à Auroralucie
            Pas loin
            • Posté à 11h59 le 26/06/2012
            • Internaute 122050
              Pas loin

            C’est un peu compliqué et il me semble que vous projetez respectivement des structures philosophiques sur l’animal et des structures occidentales sur les peuples dits premiers...
            D’abord, il est difficile de donner une construction politique au monde animal, surtout au monde des insectes. Il vaut mieux constater que l’abeille et la fourmi, au-delà de leurs réalités ethologiques, sont devenues les symboles de la société industrielle ou collectiviste. C’est ancien, l’abeille a déjà ces valeurs travailleuse et collective dans le monde Antique, on peut penser à Aristote ou Platon, Virgile ou Sénèque, puis Hugo, Mandeville ou Marx...

            La ruche est donc la métaphore et non l’exemple d’une société idéale et si l’on file la métaphore jusqu’à la mort des bourdons ou l’esclavage des pucerons, on se retrouve devant les limites de ce genre de comparaison.

            Sinon, ça me fait bien marrer la vision idyllique du bon sauvage. En rafale : aucune société n’est autonome : on trouve des outils en métal en Polynésie près d’un siècle avant l’arrivée des blancs uniquement parce que le commerce existe et que le métal, c’est quand même plus efficace. Étrangement d’ailleurs, depuis le début de l’histoire, des pièces archéologiques de la Méditerranée arrivent au bord de la mer Noire. Heureusement, l’humain n’est pas lié à son groupe de naissance (même si les bruns le croient) et son langage est assez large pour lui permettre de communiquer avec chacun d’entre eux.

            Sage ? Là on est chez Rousseau... Il y a 40 espèces de grands marsupiaux qui disparaissent à l’arrivée de l’homme en Australie, le bison à longues cornes et le cheval quand il arrive en Amérique, plus la création des Grandes Plaines par défrichage, certaines tribus polynésiennes vivent en guerre permanente avec le voisin, guerre rituelle soit qui est liée à du cérémonial et permet au final une certaine relation avec les autres mais ça reste une guerre.
            Quant au chef... bon, là encore ça dépend mais souvent celui qui est chef a une énorme autorité, puisque sacrée, et bien que liée à certains tabous ou interdits. Ensuite, la pression sociale dans ce genre de petites sociétés est souvent énorme et la marge très petite. Transgresser revenant à briser l’ordre religieux du monde, la possibilité d’expression de l’individu est toute petite.
            Bref, nos sociétés décadente face à la force naturelle du bon sauvage, c’est peut être valable pour les Encyclopédistes, depuis, on a un peu fait avancer nos connaissances des autres et aussi de nous...

            • Auroralucie
              Auroralucie répond à Epimethée
              Collectionneuse de rognures d' (...)
              • Posté à 12h47 le 26/06/2012
              • Internaute 124160
                Collectionneuse de rognures d' (...)

              Pour faire bref, mes activités personnelles prenant place....

              Les fourmis, termites, ou abeilles ne sont pas comparables à mon sens à l’humain : La fourmilière n’est qu’un, tandis que la fourmis, d’après certains spécialistes de ces sociétés animales, ne se « conçoit » pas comme un individu, mais comme partie intégrante de cette fourmilière, conçue et donc née pour avoir tel rôle (nourrice, princesse, puis reine, éleveuse de pucerons, soldate...)

              En premier lieu, l’humain n’a pas inventé le fer pour faire commerce, mais bien pour accéder plus facilement à sa nourriture, et, perpétrer son espèce. Cela fait partie de l’histoire de l’évolution de nos ancêtres.

              Je ne dis pas que tous les peuples dits « primitifs », Sapiens ou Neandertal pour aller plus avant, sont et étaient sages. Ils étaient guerriers et chasseurs, certains le sont encore.
              Le « bon sauvage » n’existe pas.

              Je vous ai retrouvé le lien d’une émission sur France Culture « Généalogie du Bon Sauvage, à l’occasion de l’année Jean-Jacques Rousseau “, à écouter.

              • Epimethée
                Epimethée répond à Auroralucie
                Pas loin
                • Posté à 14h12 le 26/06/2012
                • Internaute 122050
                  Pas loin

                je répète, la question n’est pas de savoir si ils sont comparable mais de comprendre qu’ils ont été comparés. Par exemple, le vocabulaire que vous utilisez pour traiter de la fourmilière peut très bien être utilisé pour parler de la cité collectiviste et on est facilement dans la ville de Platon.
                La métaphore animale est souvent utilisée, elle est rarement pertinente. Le sens inverse, comprendre comment nos visions de la société animale sont influencés par nos idéologies, est souvent plus efficace.

                Je n’ai pas dit que le fer avait été inventé pour faire commerce, je citais un exemple ethnographique, je crois qu’on le trouve chez Sahlins mais je suis pas certain de ce que j’avance là. Au XViII-XIX ème siècle, quand les anglais arrivèrent en Polynésie, leurs haches et leurs chaudron les avaient précédés parfois sur des distances considérable et depuis des générations. C’est simplement pour vous expliquer que la vision de sociétés autarciques est illusoire, des échanges se font toujours, ne serait-ce que les fameux mariages exogènes.
                On peut être sage et être guerrier et chasseur, il me semble. On a Musashi, juste pour en citer un.
                C’est plus la vision d’une société équilibrée et égalitaire qui me faisait tiquer, il ne faut pas trouver beau tout ce qui vient de loin.
                Mais sinon, d’accord et par exemple, de Sahlins justement, on a La Nature humaine : une illusion occidentale. Reflexions sur l’histoire des concepts de hiérarchie, et d’égalité, sur la sublimation de l’anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d’autres conceptions de la condition humaine, ou bien La découverte du vrai sauvage et autres essais qui permettent de vraiment creuser la question. Y en a d’autres...

                • Auroralucie
                  Auroralucie répond à Epimethée
                  Collectionneuse de rognures d' (...)
                  • Posté à 14h50 le 26/06/2012
                  • Internaute 124160
                    Collectionneuse de rognures d' (...)

                  L’humain utilise très souvent des métaphores, pas toujours justes du reste (ex : Bête comme un âne), métaphores avec lesquelles il calque des comportement et/ou projections humaines sur l’animal.

                  C’est un sujet passionnant sur lequel j’aurais plaisir à discourir, mais, je ne peux faire cela et autre chose en même temps : Mes textes sont courts, mais mon chantier avance....

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à Joseph Gratteur
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 17h14 le 25/06/2012
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Ça peut fonctionner en ’« gestion pas objectifs » ,si tout le monde a un même but commun qu’il considère plus important que tout et une bonne idée du fonctionnement de l’ensemble.

          Ca peut se produire spontanément en périodes de crise - au sens large - et durer pour un temps. Ca ne peut servir à gérer durablement une collectivité, cependant, que si un conditionnement crée un tel objectif qui devienne plus fort que l’égoïsme et, idéalement, que l’instinct de survie lui-meme. Je ne parierais pas que ce soit possible ni souhaitable.

          On peut cependant laisser BEAUCOUP de latitude. si les gens sont conscients de leur interdéoendance et que la satisfaction par l’abondance des besoins essentiels transforme la vie sociale de jeu à somme nulle en une séquence d.interfaces coopératives

          L’avenir de l’anarchie

          Pierre JC Allard

          • Joseph Gratteur
            Joseph Gratteur répond à pierrejcallard
            Working class bléro
            • Posté à 17h19 le 25/06/2012
            • Internaute 164574
              Working class bléro

            Votre modèle de nouvelle société a des fumets bien plus désagréables que l’anarchie, voire franchement louches quand on gratte un peu.

          • Auroralucie
            Auroralucie répond à pierrejcallard
            Collectionneuse de rognures d' (...)
            • Posté à 10h53 le 26/06/2012
            • Internaute 124160
              Collectionneuse de rognures d' (...)

            Le constat, pour avoir fonctionné en collectifs anarchistes, est que même en cas d’objectifs communs, que ce soit chez les autonomes berlinois, très exigeants et rigoureux, ou dans les groupes en France, plus laxistes et procrastinateurs, le constat est qu’il y a toujours quelques tiers considérés comme des « chefs », car entreprenants et plus actifs que d’autres, et des wagons de train.
            Il subsiste toujours des rapports de domination entre individus.

            Pour moi, l’hominidé est loin d’avoir la sagesse pour vivre en société anarchiste. Il a malheureusement encore besoin d’un flic derrière lui pour le forcer à respecter ce qui l’entoure (Autres individus, autres animaux que lui, nature), ou d’un chef pour prendre des initiatives, ou l’aiguiller.

            Et ceci, je le regrette. On est loin d’un monde de bisounours, où le respect et la tolérance seraient naturels....

            L’hominidé reste un animal, ayant les mêmes comportements que les autres animaux, les mêmes fonctionnements psychologiques (Cyrulnik l’expliquera mieux que moi, c’est son domaine), une protection du territoire, la domination dans le but de la conquête sexuelle (....), en somme un instinct n’ayant au final qu’un seul but : La préservation de l’espèce.
            Je n’aborde pas les dérives humains, dérives qui ne me font pas songer à l’humain comme animal doué de raison de façon systématique.

            Un très bon ouvrage démontrant la corrélation entre l’homme et animaux « non doués de raison » :
            « Mémoire de singe et paroles d’homme » par Boris Cyrulnik.

          • Auroralucie
            Auroralucie répond à pierrejcallard
            Collectionneuse de rognures d' (...)
            • Posté à 11h00 le 26/06/2012
            • Internaute 124160
              Collectionneuse de rognures d' (...)

            Un conditionnement comme sous un état totalitaire, une dictature, ou une démocratie avec télévision à tous les étages, que ce soit politique, et/ou religieux....

            Si l’anarchie ne peut se faire que comme cela, je n’y rêve même pas.

            D’ailleurs, ce n’est pas l’anarchie, si il y conditionnement, puisqu’il y a un maître, politique, ou religieux qui insuffle une façon de penser et de faire.

            • pierrejcallard
              pierrejcallard répond à Auroralucie
              http://www.nouvellesociete.org
              • Posté à 19h32 le 26/06/2012
              • Internaute 3366
                http://www.nouvellesociete.org

              @ Auroralucie

              J’ai bien dit :
              « Je ne parierais pas que ce soit possible ni souhaitable. »

              Il n’est pas possible d’en discuter efficacement sur un blog. Trop complexe. La sagesse populaire confond d’abord allègrement « anarchie », « ataxie », « anomie », etc , l’histoire leur a donné un sens second qui prédomine ... et tout le monde est de mauvaise foi. En parler ici ne peut être qu’une invitation a venir en parler ailleurs.

              Anarchie et al.

              Pierre JC Allard

              • Auroralucie
                Auroralucie répond à pierrejcallard
                Collectionneuse de rognures d' (...)
                • Posté à 19h45 le 26/06/2012
                • Internaute 124160
                  Collectionneuse de rognures d' (...)

                N’étant pas de mauvaise foi, en discuter ailleurs serait possible. A voir...
                Mais pour l’heure, mon désir d’« autonomie personnelle » me force à affronter l’extérieur, et m’occuper de cette végétation qui pousse plus vite que ma pensée....

                Sur ce, bonne discussion à vous.

                • pierrejcallard
                  pierrejcallard répond à Auroralucie
                  http://www.nouvellesociete.org
                  • Posté à 20h15 le 26/06/2012
                  • Internaute 3366
                    http://www.nouvellesociete.org

                  Si c’est de l’oseille, vous êtes sauvée : -)

                  Bonne culture

                  PJCA

                  • Auroralucie
                    Auroralucie répond à pierrejcallard
                    Collectionneuse de rognures d' (...)
                    • Posté à 20h40 le 26/06/2012
                    • Internaute 124160
                      Collectionneuse de rognures d' (...)

                    A quoi me servira l’oseille si je tiens à ne pas déléguer autrui à faire ce que je dois faire ?

                    • pierrejcallard
                      pierrejcallard répond à Auroralucie
                      http://www.nouvellesociete.org
                      • Posté à 21h26 le 26/06/2012
                      • Internaute 3366
                        http://www.nouvellesociete.org

                      Touché ! Bonne réponse. À la prochaine

                      pjca

                      • Auroralucie
                        Auroralucie répond à pierrejcallard
                        Collectionneuse de rognures d' (...)
                        • Posté à 22h10 le 26/06/2012
                        • Internaute 124160
                          Collectionneuse de rognures d' (...)

                        J’ai commencé à lire votre blog, pour voir ce qu’il en retourne.
                        Pour l’instant, à la première page, cela m’inspire Themroc, ou une image trop facile de la société des fourmis, ou des abeilles....

        • Nord
          Nord répond à Joseph Gratteur
          Personnage de roman
          • Posté à 18h09 le 25/06/2012
          • Internaute 188005
            Personnage de roman

          Merci pour ces précisions !

        21 autres commentaires
    • pablico
      pablico répond à Joseph Gratteur
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 16h19 le 25/06/2012
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      Une abeille çà darde , et quand elle darde elle meurt...

      maya n’a rien d’une abeille...

      l’abeille qui est le symbole de l’Empire Napoléonien...

      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à pablico
        Working class bléro
        • Posté à 16h28 le 25/06/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        Ne me file pas le bourdon, merci. Le bourbon serait préférable.

    • Corellien
      Corellien répond à Joseph Gratteur
      Mutin
      • Posté à 19h25 le 25/06/2012
      • 185166
        Mutin

      A noter d’ailleurs que l’organisation sociale des insectes, dont les abeilles, a eu une place prépondérante dans l’oeuvre de l’anarhiste et zoologiste Pierre Kropotkine « L’Entr’Aide, Facteur d’Evolution
      Dans ce bouquin, il y a des erreurs d’ordre biologique (normal en même temps, on était au début du XXème, pas beaucoup d’outils encore, notamment en génétique évolutive). Mais en gros Kropotkine a surtout écrit ce livre contre les ‘Darwinistes sociaux’ (ceux qui voulaient tirer des conclusions sociales et morales de la Théorie de l’Evolution de Darwin) : non dans la nature tout le monde ne passe pas son temps à manger/être manger. Et des solidarités entre espèces mais plus souvent au sein d’une espèce existent.
      Chez les abeilles c’est la parentèle qui fait ça : du fait d’une disparité de chromosome entre la reine (pondeuse) et les ouvrières (stériles), font que les ouvrières ont plus intérêt, pour que le maximum de leurs gènes soient transmis, à faire survivre leur frères et soeurs qu’à se reproduire elle même (seul 50% de leurs gènes seraient transmis).
      Kropotkine ne savait pas ça mais ça ne l’a pas empêché de voir dans les insectes sociaux une forme d’organisation collective plutôt qu’une société totalitaire.

      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à Corellien
        Working class bléro
        • Posté à 07h53 le 26/06/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        J’ai un peu lu Kropotkine et surtout son pote elysée reclus. Un enthousiasme salvateur.
        L’organisation collective de nombreux insectes n’est pas figée, elle vit, et tient compte des aléas ou des ruptures d’organisation de leur société, je trouve cela assez fascinant.
        Mais le seul but collectif des insectes est la reproduction et la protection de l’espèce, la comparaison avec l’homme s’arrête donc là. eux ne fabriquent que de l’efficacité y compris en sacrifiant ou esclavagisant nombre d’entre eux. Ce qui ne devrait pas être le cas dans les sociétés humaines.Une société de bien être centrée sur l’individu « a chacun selon ses besoins, selon ses moyens » et la coopération entre chacun devrait pourtant séduire, on a bien élevé l’individualisme en valeur suprême, mais pas évité l’acceptation de la domination de quelques uns sur le plus grand nombre.
        Le totalitaire consenti avec l’illusion d’une liberté individuelle nommée le risque.

         
        • Auroralucie
          Auroralucie répond à Joseph Gratteur
          Collectionneuse de rognures d' (...)
          • Posté à 11h35 le 26/06/2012
          • Internaute 124160
            Collectionneuse de rognures d' (...)

          Je dirais que tous les animaux, nous y compris (je le répète, et j’y tiens) ont ce but, la préservation de l’espèce.

          Un exemple :
          L’animal, autre que l’humain va choisir son partenaire, le plus viable pour l’espèce :
          La femelle choisira un mâle plus fort, en bonne santé, le plus à même de protéger sa progéniture et de le nourrir, et de reproduire des petits forts et résistants.
          Le mâle choisira une femelle usant d’hygiène (sur elle et son « nid »), de façon à ce que le nid, la tanière, (...), soit le plus propre possible, et qu’elle soit alors capable de donner cette hygiène à sa descendance, ceci afin d’éviter un risque médical morbide de cette dernière, donc, la préservation de l’espèce.

          Et l’idée développée par certains psys et comportementalistes, que je trouve assez juste afin d’expliquer ces comportement inconscients de préservation de l’espèce chez l’humain :

          L’homme mâle sera plus attiré par cette femme entretenant son foyer, son hygiène corporelle également, l’hygiène évitant la morbidité médicale, donc la non-préservation de l’espèce. (Comme chez les autres animaux)

          La femelle humaine tendra plus vers celui qui montre des symboles de réussite sociale (grosse voiture...) ceci sous entendu que sa « chasse » sera bonne, donc les petits bien nourris, ainsi que des attitudes viriles (protection), donc sous entendant la préservation de l’espèce.

          Ce n’est pas une généralité. Tout les couples chez l’humain ne se forment pas en obéissant à cette loi naturelle vers la préservation et perpétration de l’espèce fort heureusement.

          Je ne suis pas entrain de légitimer la femme au foyer ou d’expliquer mon fantasme vers les hommes musclés au volant de leur Mercédès de dernière série, loin de là.
          D’ailleurs, j’ai choisi de ne pas perpétrer l’espèce : Je n’ai pas d’enfants.

          • Corellien
            Corellien répond à Auroralucie
            Mutin
            • Posté à 12h14 le 26/06/2012
            • 185166
              Mutin

            2 choses,
            tout d’abord l’influence de la sélectivité à l’échelle individuelle sur nos comportements est encore mal connue, et si certains comportements s’expliquent en partie par notre côté « archaïque », notre façon d’agir aujourd’hui est soumise à tellement d’autres facteurs (épigénétiques, culturels, environnementaux, aléatoires), qu’il est très difficile d’établir des généralités et peu de scientifiques s’y risquent encore. Il y a quelques années, on pouvait encore prétendre avoir découvert un « gène de l’infidélité » ou de ’l’agressivité » ou « de la tricherie » ou positivement « de la propreté ». Aujourd’hui on a tellement de contre exemples, d’incertitudes qu’on n’emploie plus ces raccourcis.

            Deuxièmement, quelques soient les observations que l’on fait chez les humains ou les animaux, nous n’avons pas à en tirer des conclusions morales sur notre façon de vivre. Ca n’est pas parce que les rats peuvent être esclavagistes que l’on peut dire que « c’est naturel d’être esclavagiste », de même ça n’est pas parce que les Lycaons sont solidaires de leurs blessés, anciens, jeunes-mamans (« crêches » au sein du groupe) et sans chefs permanents tels des « Loups Makhnovistes » (Guillaume Lecointre), que l’autogestion est quelque chose de naturel et donc souhaitable chez nous. Nous n’avons pas à nous organiser comme la nature nous le dicte mais selon les valeurs que nous avons développées et qu’on apprécie.
            Une bonne lecture pour aller plus loin :
            R. Dawkins Le Gêne égoïste

            • Auroralucie
              Auroralucie répond à Corellien
              Collectionneuse de rognures d' (...)
              • Posté à 17h58 le 26/06/2012
              • Internaute 124160
                Collectionneuse de rognures d' (...)

              Nous sommes doués de pensée, et alors, il serait saint d’utiliser, sans la détruire, les idées de la nature.
              Sans bien entendu légitimer le fait, comme vous l’expliquez si bien, que toute chose dans les comportements animaux est à reproduire....
              Merci à vous, Corellien, pour l’idée de cette lecture.

        3 autres commentaires
  • John Lénine
    John Lénine
    Etudiant
    • Posté à 13h52 le 25/06/2012
    • 181929
      Etudiant

    « Par ailleurs, l’une des caractéristiques essentielle des systèmes totalitaires reste la négation de l’individu ; l’individu n’existe pas en tant que créature libre et autonome, mais en tant qu’élément utile à l’ensemble et interchangeable à souhait. »

    J’ai comme l’impression que l’on vit en plein là-dedans non ? A part quelques personnes que l’on qualifie d’élites, le reste de la population n’est qu’une masse dont les rôles individuels sont attribués au petit bonheur...

    • PaulDe
      PaulDe répond à John Lénine
      assis
      • Posté à 16h48 le 25/06/2012
      • 183692
        assis

      l’élite elle même n’est pas libre de ses choix ; une erreur de tenue vestimentaire au cours d’une réunion et c’est le début de la désintégration sociale.

      Les seuls libres seraient les marginaux, et encore, dans quelle mesure jouent-ils leur rôle d’épouvantail utile à la cohésion du troupeau principal.
      Sombrer dans la drogue, l’alcool, la violence n’est pas l’affirmation de l’existence d’une individualité originale et réprimée mais juste une autre soumission

      le seul être libre est l’ermite dans sa retraite qui ne dépendant de personne, ne donnant pas plus d’importance à la vie qu’à la mort, peut penser libre de tout désir.

      Mais dès que renait l’impulsion du besoin de rester en vie, l’organisation sociale efficace est encore le meilleur moyen de réduire au minimum le temps consacré à la production des ressources indispensables afin de libérer un maximum de temps de liberté personnelle.

      C’est donc juste dommage que nous ne poussions pas notre société à ressembler encore plus à la société des abeilles en coupant les vivres aux reines devenus improductives et inutiles au lieu de leur faire des ponts en retraites dorées et cumuls de mandats.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
Verbes thématiques