Candidat(e)s au perchoir : Vaillant complète le clan des jospiniens
Qui sera le prochain président de l’Assemblée nationale ? Après l’élimination de Ségolène Royal et Jack Lang, après les candidatures de Claude Bartolone et Jean Glavany et le retrait de Marylise Lebranchu, l’ex-ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant s’est déclaré ce mercredi.
Quelques heures plus tôt, l’ex-garde des Sceaux Elisabeth Guigou avait confirmé son intérêt pour le poste. Son credo-créneau ? La parité. Qui pourrait profiter à une petite inconnue, Laurence Dumont, si elle osait bousculer le trio d’élephant(e)s.
Ironique, et inquiet de ce vent féministe, Jean Glavany expliquait mardi que c’est « l’adéquation d’un homme pour le poste » qui compte, et que « cela ne se mesure pas à la longueur des cheveux ou de la jupe »...
Pour succéder à Bernard Accoyer, les caciques du PS affûtent donc leurs arguments avant l’élection du mardi 26 juin.
Revue des participants sur la ligne de départ.
- Vaillant, la rondeur populaire
- Elisabeth Guigou, de Bondy à l’Hôtel de Lassay ?
- Jean Glavany, le « parlementarisme dans l’âme »
- Claude Bartolone, le « chaleur méditerranéenne »
- Laurence Dumont, l’inconnue sortie du chapeau
- Ségolène Royal, la promise embourbée
- Marylise Lebranchu, le joker féminin
- Jack Lang, jolie fin de carrière
Daniel Vaillant (62 ans)
- Ma bio :
Je ne suis pas né à la Goutte d’Or, mais c’est tout comme. Fils de mécano et d’une caissière à Prisunic, originaire d’un Morvan crève-la-dalle, je suis monté tout petit à Paris. Etudes de bio, dix ans de labo. Et puis la politique dans le sillage de Jospin. Mais attention, moi c’est plus populo que caviar. La Goutte d’Or, c’est pas le Flore.
- Mes atouts :
J’ai été ministre des Relations avec le Parlement et puis surtout ministre de l’Intérieur. La rigueur jacobine et les coups de gueule, je sais faire. Faut pas autre chose pour mettre bon ordre dans ce fatras. D’un autre côté, je soigne mon côté bon vivant. Un bon coup de fourchette et un avis sur la piquette de Montmartre. Pas négligeable quand il faudra assurer les réceptions ou l’arbre de Noël de l’Assemblée !
- Mon handicap :
Je ne suis pas une femme. Et je semble douter moi-même de ma propre détermination.
- Mes soutiens :
On nous appelait la « bande des quatre ». Jospin, Delanoë, Estier et moi. J’ai été suppléant de Jospin en 1981, on écrivait ensemble les discours. On ne lâche pas ses vieux amis.
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Bartolone : « Si d’un seul coup la parité était avancée comme cela, il faudrait mettre dans la Constitution que lorsque le président de la République est un homme, le Premier ministre est une femme »... donc, puisque cela n’y est pas, il est tout à fait normal que le président de la République, le premier ministre, le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale soient quatre hommes PS.
Et ce sont les mêmes qui disent « on ne peut pas faire confiance aux marchés pour s’auto-réguler, le capital n’est pas raisonnable, il ne fait qu’accentuer les inégalités et les déséquilibres, il faut donc l’encadrer, lui imposer des règles de manière contraignante ».
Eh bien, ils ont raison ! Et ils sont bien placés pour le savoir, puisqu’ils fonctionnent exactement de la même façon. Bartolone vient de dire « tant qu’on ne nous empêchera pas d’accumuler les fonctions de pouvoir au détriment d’une partie de la société, nous n’allons pas nous gêner pour continuer. » Cela vaut pour la parité, mais aussi pour le cumul (Barto est président d’un conseil général), pour l’équilibre entre les partis (puisqu’il a piqué ce conseil général au PC), la représentation des classes populaires...
Prenons-les aux mots : puisqu’ils sont comme des animaux incapables de ne pas se goinfrer, posons-leur un anneau gastrique : interdisons-leur de cumuler et imposons la parité.




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