Témoignage 16/06/2012 à 10h27

Virés, mes profs se rebellent en nous donnant une note unique

Fanny André | Rue89

Fin d’année à l’IUT de Marne-la-Vallée, les élèves reçoivent leurs notes. On discute des résultats de chacun et surprise : deux promos entières, une soixantaine d’élèves, a reçu exactement la même note dans une matière. 11/20 pour les 1e année, 12/20 pour les 2e année.

Pensant à une erreur informatique, les élèves contactent leur enseignante. Réponse, la notation est volontaire, volontairement injuste.

Les enseignants sont en colère, les contrats (précaires) de deux de leurs collègues sont menacés et ils estiment que les deux professeurs, qui enseignent dans le département depuis plusieurs années, ne méritent pas un tel traitement.

Frustrés de ne pas peser face à leur direction, les enseignants décident de donner une leçon d’injustice aux élèves en attribuant les deux notes arbitraires.

Les étudiants qui trouvent « honteux d’être pris à partie » dans un conflit salarial dont ils ne sont pas responsables, nous ont transmis le mail dans lequel l’enseignante s’explique sur la notation.

Voici le mail de l’enseignante.


Le relevé de note des 1e année, tout les élèves ont eu 11/20. (DR)

Mes supérieurs hiérarchiques m’ont démontré, ces dernières semaines, que toute personne était de même valeur. [...]

Partant du principe que toute personne est équivalente, j’en déduis que tout étudiant est équivalent à n’importe quel autre étudiant. J’ai donc donné une note moyenne (et optimiste) à l’ensemble de la promotion.

Vous me direz :

« C’est injuste, moi j’ai travaillé plus, je mérite une meilleure note. »

Je vous répondrai, ces deux enseignants ont travaillé beaucoup, ont investi du temps et ont fait que certains étudiants ont découvert leur voie, leur métier … Je trouve cela profondément injuste qu’ils soient remerciés de cette façon.

Vous me direz : « Je me suis investi dans mes projets, j’y ai passé du temps, j’aurais aimé savoir si ce que j’ai fait est bien ou pas. »

Je vous répondrai, ces deux enseignants ont monté des projets avec les étudiants, de nombreux prix ont été gagnés, des blogs ont été écrits, des événements ont été mis en place. Ce travail n’a pas été vu. Un travail d’équipe s’est construit au fil des ans, il n’est pas reconnu et je trouve cela insupportable.


Le relevé de note des 2e année, tout les élèves ont eu 12/20. (DR)

En décidant de façon arbitraire de vous mettre cette note, j’espère vous faire sentir la profonde injustice de la vie. Dites-vous que c’est à moindre frais, je vous ai mis 11 et pas 0. Il y en a qui auront bientôt 0 € pour seul salaire.

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  • big némo
    big némo
    charcutier- coiffeur et je m'en (...)
    • Posté à 22h24 le 17/06/2012
    • Internaute 86763
      charcutier- coiffeur et je m'en (...)

    a quand les infirmiers qui tuent leur patients pour dénoncer leurs cadences de boulot ? ? ? ? ? ?

  • geniealpages
    geniealpages
    sur ma chaise. sur un dossier (...)
    • Posté à 19h25 le 18/06/2012
    • Internaute 48525
      sur ma chaise. sur un dossier (...)

    Je tiens à préciser les conditions légales et administratives en vigueur. Dans le secteur de l’enseignement supérieur public, quand vous enseignez, vous avez soit un statut permanent (maître de conférences, professeur des universités, maître agrégé), soit un statut temporaire (vacataire, doctorant-moniteur, ATER). Le cas du vacataire est particulier : il est ouvert à tout salarié, doctorant, et éventuellement étudiant de DEA.

    On ne sait pas de quel type est le contrat des personnes « renvoyées », ou plutôt « dont le contrat n’est pas reconduit ». En tous cas, ce ne sont pas des ’professeurs’, qui sont invirables.

    Si ce sont donc des ATER ou des doctorants, dont le contrat précise une mission de recherche (d’abord) puis d’enseignement, alors je ne vois pas où est le problème. Dans TOUS les établissements de France, TOUS les doctorants et ATER quittent leur fonctions à la fin de leur contrat. Une petite partie d’entre eux peuvent être recrutés sur concours à des postes permanents comme déjà dit, mais pour la majorité, c’est postdocs ou marché du travail.

    Il n’y a aucun piège, il n’y a pas eu de décision de virer des gens : c’est le type de contrat qui veut ca, et c’était clairement annoncé à la base. Et si tout le monde se permettait ces caprices de petits princes, tous les étudiants en IUT, fac, école d’ingé verraient la moitié ou plus de leurs notes « uniques ». Je vois là le c*ca nerveux du type qui n’accepte pas d’avoir raté le concours de Maitre de conf. On est pourtant nombreux dans ce cas, tous les ans, partout en France.

  • Hollande-5ans
    Hollande-5ans
    opposition
    • Posté à 00h17 le 19/06/2012
    • Internaute 187112
      opposition

    Ce que je trouve effarant dans cette histoire, c’est le fait que l’enseignante punisse ses élèves par ce qui lui fait d’habitude, lever les pancartes et les banderoles...

    En notant ainsi, de manière « égalitaire » ses élèves, elle se rend surtout profondément ridicule.

    Ce qui me rassure, c’est qu’elle ne s’en rendra pas compte.

    • geniealpages
      geniealpages répond à Hollande-5ans
      sur ma chaise. sur un dossier (...)
      • Posté à 14h18 le 19/06/2012
      • Internaute 48525
        sur ma chaise. sur un dossier (...)

      J’en rajoute une couche sur l’incompétence du rédacteur de la note. Il ne maîtrise pas les termes de base, et ne les emploie pas non plus : conclusion, n’importe qui qui s’y connait un peu en la matière ne comprend rien à l’article.

      Quand on ne sait pas, on se renseigne, ou on se tait.

      Les enseignants en question ne sont pas des « professeurs », ils ne sont pas virés, et non plus précaires - en tous cas, pas plus que tous leurs collègues.

      Si on excepte les vacataires (statut fourre-tout), cela fait partie intégrante du système que de voir les CDD de thésard et ATER se terminer. Seule une minorité peut poursuivre dans le système, la majorité doit trouver du travail ailleurs, et souvent ne le regrette pas.

      Je ne vois pas où est l’injustice dans ce dont parle l’article. Tous les postes permanents dont je parle sont ouverts aux concours nationaux, auxquels nombre de prétendants surqualifiés se présentent.

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