Entretien 24/05/2012 à 17h20

Attentat au Yémen : « La lutte antiterroriste est un échec manifeste »

Marie Kostrz | Journaliste Rue89


Un militaire yéménite a ses gants ensanglantés après avoir inspecté la zone de l’attaque, Sanaa, Yémen, le 21 mai 2012 (Mohamed Huwais/AFP)

Au début de la semaine, un attentat-suicide, commis par un militant d’Al Qaeda pendant la répétition d’un défilé militaire, a fait près de 100 morts et 300 blessés parmi les soldats. Cela s’est passé à Sanaa, capitale du Yémen, un pays dont on parle très peu dans les médias, et dont le pouvoir a changé de mains cet hiver.

L’attentat-suicide a principalement touché les membres de la Sécurité centrale, co-dirigée par un neveu de l’ancien président Ali Abdallah Saleh. La date de l’attaque est aussi symbolique : elle a été perpétrée à la veille de la célébration de l’unification du pays, divisé jusqu’en 1990.

Laurent Bonnefoy, chercheur en science politique à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) est spécialiste des mouvements islamistes au Yémen où il a passé quatre années. Co-auteur de « Yémen, le tournant révolutionnaire », il revient pour Rue89 sur le contexte dans lequel survient cet attentat.

Rue89 : Aujourd’hui, même si l’ancien président Ali Abdallah Saleh a quitté le pouvoir, la structure du régime qu’il a mené pendant plus de trente ans est largement restée en place. L’an passé, vous disiez dans un texte intitulé « La révolte inachevée » que le maintien du régime serait « vecteur de davantage de violence » qu’une réforme politique menée en profondeur. Les frustrations liées à cette « demi-révolution » ont-elles renforcé Al-Qaeda ?

Laurent Bonnefoy : Oui, c’est un facteur, sans doute important, qui explique la spirale de la violence dans laquelle le pays est engagé depuis plusieurs mois. Après le départ d’Ali Abdullah Saleh fin 2011, au terme de mois de manifestations pacifiques, un certain nombre de résistances, particulièrement au sein des services de sécurité, se sont enclenchées afin de contenir l’ampleur du changement politique, préserver les réseaux clientélistes et maintenir en place les anciens fidèles de Saleh.

L’incapacité du nouveau pouvoir à enclencher une dynamique réellement positive est à la source de nombreuses frustrations. Pire, son engagement, pour une part contraint par la communauté internationale, Etats-Unis en tête, dans la lutte antiterroriste s’avère largement contre-productif, en le détournant des préoccupations réelles de la population yéménite.

Celles-ci sont de fait avant tout économiques et, hormis très localement, peu en lien avec les mouvements islamistes armés. La lutte antiterroriste engage l’ensemble du régime dans une politique répressive mise en œuvre avec le soutien des Américains dont les drones bombardent quotidiennement différentes régions du pays. Les victimes civiles sont de toute évidence nombreuses et encouragent en retour la radicalisation de mouvements islamistes armés se revendiquant d’Al-Qaeda.

Parallèlement à cette spirale, il n’est pas impossible que des fidèles de l’ancien régime instrumentalisent cette violence et, en semant le chaos, cherchent alors à délégitimer le nouveau pouvoir, illustrant son incapacité à faire face.

« Un continuum de la violence »

Si les proches de Saleh sont mécontents de l’issue de la révolution, c’est aussi le cas pour la population. Au final, elle n’est pas gouvernée par un pouvoir radicalement différent. Cela a-t-il aussi renforcé Al-Qaeda ?

La radicalisation de différents groupes se revendiquant d’Al-Qaeda, en particulier Ansar al-Charia et Al-Qaeda dans la Péninsule arabique, s’inscrit dans un contexte local bien particulier. Il est par exemple remarquable de constater combien la violence de ces groupes a aujourd’hui une cible prioritaire, voire même exclusive : les forces de sécurité.

En l’espèce, le choix d’attaquer la Sécurité centrale le 21 mai à Sanaa n’est pas anodin. Cette attaque touche l’un des principaux acteurs de la lutte « antiterroriste » et constitue une victoire symbolique évidente en réponse à l’offensive amorcée le 12 mai dans la région d’Abyan au sud du pays, qui depuis une année maintenant est pour une partie contrôlée par Ansar al-Sharia.

La violence des affrontements depuis plusieurs mois a conduit au déplacement de dizaines de milliers de civils et participe dès lors très directement à ce que j’appelle un continuum de la violence.

Les crises se superposent et les revendications se confondent. Abyan, dans l’ex-Yémen du Sud, est comme les autres provinces de cette ancienne république socialiste unifié avec le Yémen du Nord en 1990, traversée par un puissant mouvement de contestation sécessionniste. Depuis la fin des années 2000, le principe même de l’unité est de plus en plus massivement contesté par les habitants du Sud. La discrimination subie par ceux-ci et la répression menée par le pouvoir de Saleh pendant des années n’a pas encore suffisamment été prise en compte par le nouveau régime même si le fait que le nouveau Président, Abd Rabbuh Mansour Hadi, soit originaire d’Abyan constitue un gage non-négligeable.

Si le mouvement sudiste est largement pacifique, il n’en demeure pas moins que les revendications sécessionnistes viennent alimenter également les mouvements islamistes armés qui sont responsables des principales attaques contre les forces de sécurité.

Il faut garder à l’esprit que l’allégeance aux mouvements peut être extrêmement variable et n’est pas nécessairement caractérisée par la cohérence ou la constance. De la simple sympathie à la participation à des attentats, le soutien à l’islamisme armé se revendiquant d’Al-Qaeda est divers. La labellisation « militant d’Al-Qaeda » est dès lors douteuse.

Al-Qaeda a-t-il réussi à s’emparer de ces revendications sécessionnistes face aux responsables politiques du Sud qui portent traditionnellement ce discours ?

Le leadership politique « sudiste » est particulièrement fragmenté mais il a, dans l’ensemble, toujours mis en avant sa démarche pacifique. Ses principaux leaders ont été marqués par l’héritage socialiste et n’ont donc que très marginalement fait usage du vocabulaire islamiste depuis que le mouvement sécessionniste a pris de l’ampleur en 2007.

Il reste qu’il existe aujourd’hui une tension qui traverse la base des mouvements sudistes : forte de ses succès symboliques – dont le dernier est de toute évidence l’attentat de Sanaa –, l’option violente portée par l’islamisme armé gagne sans doute en légitimité là où le pacifisme et l’attente d’un hypothétique dialogue national promis par le nouveau régime apparaissent comme inefficaces.

Il est clair que dans le contexte bien particulier du Sud, les revendications sécessionnistes peuvent s’exprimer via le soutien à l’islamisme armé. Celui-ci développe des revendications partagées : la lutte contre la corruption, la dénonciation de la répression du régime, de la torture et la valorisation d’une moralité en accord avec les préceptes musulmans. La population est particulièrement conservatrice (en dépit de l’expérience socialiste) et la référence islamique n’est pas un repoussoir.

Les revendications populaires, qui sont davantage d’ordre économique et social, ont l’air d’être peu prises en compte par la communauté internationale. Or celle-ci garde une influence importante auprès du gouvernement yéménite. Est-ce le problème ?

Si l’annonce, ce mercredi, d’une aide financière très importante de l’Arabie saoudite est un signe positif, cela ne change pas fondamentalement la nature de la relation qu’entretient le Yémen avec le reste du monde.

Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite se sont, depuis le déclenchement du processus révolutionnaire en janvier 2011, montrés particulièrement prudents et ont dans une certaine mesure veillé à encadrer le changement. Ils ont ainsi soutenu l’idée d’une transition négociée qui a certes conduit au départ de Saleh (en échange de son immunité) mais qui a dans le même temps préservé leurs interlocuteurs habituels, en particulier les acteurs de la lutte antiterroriste.

Alors même que la majorité des citoyens yéménites espère voir se concrétiser les espoirs de changements politique et institutionnel nés du « printemps arabe », le nouveau gouvernement voit en effet son attention pour une part détournée par la communauté internationale et tout particulièrement les Etats-Unis dont la priorité demeure la lutte contre Al-Qaeda.

Cette politique est largement simpliste et particulièrement contre-productive tant elle entraîne le pays dans une spirale de la violence dans laquelle les attentats répondent à la répression.

La part prise par les Etats-Unis dans cette guerre, à travers ses drones, vient par ailleurs légitimer la rhétorique d’Al-Qaeda et illustrer le peu de marge de manœuvre du nouveau pouvoir yéménite dont la souveraineté est en quelque sorte restreinte.

Quelle est la marge de manœuvre du nouveau Président pour contrer cette orientation ?

Si le bénéfice du doute est possible et sa volonté de lancer un changement profond, notamment à travers un dialogue national, est affirmée, il n’en demeure pas moins que sa marge de manœuvre est limitée.

Abd Rabbou Mansour Hadi est pris entre plusieurs feux :

  • celui des révolutionnaires qui attendent un changement rapide,
  • celui des ses anciens alliés (avant le plébiscite de février 2012 qui l’a porté au pouvoir vice-président de la République et membre du parti de Saleh) qui le pressent pour que le changement soit limité,
  • celui de la communauté internationale qui a appuyé le processus politique en exigeant d’avoir certaines garanties en terme de lutte contre le terrorisme.

Les contraintes sont énormes dans la mesure où le nouveau régime a besoin de la communauté internationale non seulement sur le plan financier mais aussi afin de limiter la capacité de nuisance des partisans de l’ancien régime et de Saleh lui-même, resté au Yémen.

L’attentat du 21 mai n’aura donc aucune conséquence au Yémen ?

Structurellement, il n’y en aura sans doute pas immédiatement. La mécanique est finalement assez similaire à celle que chacun peut observer en Afghanistan depuis maintenant plus d’une décennie : la politique suivie ne marche pas, a des effets pervers évidents, radicalise les mouvements armés et légitime leur discours mais est, à quelques nuances près, poursuivie par la communauté internationale.

Il n’y a ainsi pas de remise en cause frontale de la lutte antiterroriste, qui est pourtant au Yémen un échec manifeste si l’on se réfère au nombre de victimes et à la fréquence des attaques.

En revanche, cet attentat pourrait un temps donner au nouveau pouvoir une certaine latitude pour restructurer l’armée et donc limoger, comme il l’a fait immédiatement après l’attaque, un certain nombre de dirigeants des services de sécurité liés à l’ancien régime.

C’est là un enjeu absolument central qui pourrait progressivement desserrer l’étau autour du gouvernement et lui donner donc davantage de latitude pour définir les priorités de sa politique, en tenant davantage compte des attentes de sa population.

Infos pratiques
Salafism in Yémen. Transnationalism and religious identity (en anglais)
Laurent Bonnefoy

Une présentation du salafisme, en prenant en compte les dynamiques internes du mouvement yéménite et ses relations au niveau local, régional et international.

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  • 29 réactions
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  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 18h02 le 24/05/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    Où et quand une lutte antiterrorisme a-t-elle été un succès ?
    La lutte antiterrorisme est menée pour des tas de raison mais certainement pas l’espoir de gagner.
    . La lutte antidrogue est un autre exemple.

    • mauser
      mauser répond à spleenlancien
      • Posté à 10h59 le 25/05/2012
      • Internaute 4683

      IRA ETA Cella ne vous dit rien Action directe et la bande à Bader étant des groupuscules je mets leur traitement à part
      Pour la lutte antidrogue le cas reste bien différent trop d’argent en jeu et des compromission voir des intérêt à la continuation de ce juteux marché font qu’il n’existe pas de lutte contre la vente de drogue.

      • pierre_s
        pierre_s répond à mauser
        étudiant en histoire
        • Posté à 11h38 le 25/05/2012
        • Internaute 122028
          étudiant en histoire

        Je suis d’accord avec vous, je pense qu’il faut être mesuré. Après il y a différents facteurs :
        1 la pénétration du mouvement terroriste, qui quand il y a complicité des habitants reste impossible à combattre. Là je ne vois aucun exemple où ça a été le cas. Le problème ne fait que ressurgir, sous différentes formes quand ce n’est pas sous la forme terroriste
        2 La réelle volonté des institutions à combattre le mouvement, car dans certains cas, des élites sont mouillées et là c’est difficile. Ca tourne souvent à la guerre civile dans ces cas là. Ca se retrouve d’ailleurs souvent dans les luttes à motivation religieuses ou ethniques
        3 La cause du terrorisme. Si ils trouvent leur compte, rien ne les oblige à continuer. Là il y a souvent des motivations financières.
        etc

        Bon, c’est un essai de typologie très maladroit, je ne suis pas contre des ajouts ; -)

         
        • mauser
          mauser répond à pierre_s
          • Posté à 10h15 le 26/05/2012
          • Internaute 4683

          Continuez vous êtes sur la bonne voie maintenant pour une typologie du terrorisme un conseil lisez l’histoire du terrorisme de Gérard chaliand la nouvelle version en petit format est d’un prix abordable.

          • pierre_s
            pierre_s répond à mauser
            étudiant en histoire
            • Posté à 14h07 le 26/05/2012
            • Internaute 122028
              étudiant en histoire

            Merci pour le conseil, ça peut toujours servir ; -)

        2 autres commentaires
      • spleenlancien
        spleenlancien répond à mauser
        Merde à l'or
        • Posté à 15h01 le 25/05/2012
        • Internaute 78672
          Merde à l'or

        L’IRA et l’ETA ont été combattues par des opérations de police et, sans doute, un gros boulot de renseignement, pas par l’envoi de la troupe quadrillant des villes, raflant à tour de bras, « questionnant » genre bataille d’Alger.

         
        • mauser
          mauser répond à spleenlancien
          • Posté à 10h11 le 26/05/2012
          • Internaute 4683

          Vous posiez il me semble une question. J’espère y avoir répondu pour les moyens utilisés la bataille d’Alger reste la pierre de touche des militaires les opération en Malaisie des anglais est trop restrictive car la majorité des terroristes n’étaient pas des malais mais des chinois. pour la petite histoire en jungle les SAS n’ont pas hésité à utiliser les dernier Dayaks des coupeures de têtes au sens propre .

        1 autres commentaires
  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 18h29 le 24/05/2012
    • Internaute 87746
      stagiaire

    en France aussi, notre lutte contre ces mêmes individus est un échec :

    « 14 ans de réclusion criminelle jeudi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne contre trois Turcs accusés d’avoir profité du désarroi profond d’une fugueuse de 14 ans pour la soumettre à des viols pendant quatre jours. »

    • lonesome
      lonesome répond à TFE
      un parmi tant d'autres
      • Posté à 18h44 le 24/05/2012
      • Internaute 165032
        un parmi tant d'autres

      Méchants turcs pédophiles : Lien
      Lien
      Quand on est prêtre on ne prend que 5 ansLien

    • Lionel06
      Lionel06 répond à TFE
      Dessoucheur
      • Posté à 19h52 le 24/05/2012
      • Internaute 30683
        Dessoucheur

      Tous les Turcs sont donc des pédophiles et tous les stagiaires sont des racistes et des fascistes.

      J’ai bon là ?

    • Appleseed
      Appleseed répond à TFE
      Mangeur de Twix
      • Posté à 10h13 le 25/05/2012
      • Internaute 11691
        Mangeur de Twix

      Beurk, on parle d’un bel article bien construit et plus qu’intéressant sur une réalité internationale et vous venez tout saloper avec vos gros sabots plein de boue...

      Faite vous une faveur, arrêtez de l’ouvrir

    • pierre_s
      pierre_s répond à TFE
      étudiant en histoire
      • Posté à 11h42 le 25/05/2012
      • Internaute 122028
        étudiant en histoire

      Sur Rue89, un article nous éclaire sur une question internationale assez trouble, mais cela reste un échec pour certains :

      « Un bon nombre de commentaires pour un stagiaire qui s’est probablement auto-noté son post. Il a profité d’un article pour troller un article avec des propos digne de TF1 »

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 19h04 le 24/05/2012
    • 49273
      Petit agité

    Est-ce vraiment un « nouveau » régime ? J’avais cru comprendre qu’en dépit du départ de Saleh ses proches étaient restés à tous les postes clés de l’appareil d’Etat, notamment sécuritaire.

    D’où la frustration des « révolutionnaires », en particulier chez les jeunes.

    • Vanderdecken
      Vanderdecken répond à Deamon7
      Marin d eau forte
      • Posté à 08h34 le 25/05/2012
      • 182467
        Marin d eau forte

      Cet article est à rapprocher de celui sur les élections en Egypte : Lien
      Mêmes causes et mêmes effets ...

  • labrisure
    labrisure
    Personnage exceptionnel
    • Posté à 00h15 le 25/05/2012
    • Internaute 48949
      Personnage exceptionnel

    C’est quand même impressionnant, 100 morts et on en entend que très peu parler. Imaginez la même chose aux Etats Unis, on y aurait le droit pendant des semaines.

    • HSEHNAMAP
      HSEHNAMAP répond à labrisure
      Votre commentaire a été (...)
      • Posté à 08h34 le 25/05/2012
      • Internaute 132226
        Votre commentaire a été (...)

      Bon, je ne vais vous toper parce que vous êtes labrisure, quand même, mais vous avez parfaitement raison.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 09h10 le 25/05/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    L’article aurait pu s’intituler : Attentat en Corse : « La lutte antiterroriste est un échec manifeste »
    A une échelle moindre heureusement, nous avons en France notre foyer de « terroristes », la Corse pays qui renferme un embryon de nationalisme mafieux dont les actes sont revendiqués par des « patriotes » mais cache surtout des trafics en tous genres. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il y ait un attentat contre une gendarmerie ou un centre des impôts, un meurtre ou une tentative d’homicide. La Corse à elle seule pourrait servir de laboratoire pour la lutte anti terrorisme mais les gouvernements de gauche comme de droite s’y sont toujours cassés les dents, allez savoir pourquoi. Tenter de comprendre ce qui se passe au Yémen sans être capable d’expliquer ce qui se passe chez nous, c’est comment dire sans vexer personne.......formidable.

    • Vanderdecken
      Vanderdecken répond à padiran
      Marin d eau forte
      • Posté à 09h40 le 25/05/2012
      • 182467
        Marin d eau forte

      Ce n’est pas faux. Sauf que le « terrorisme » corse - qu’on peut qualifier de strictement mafieux - est LOCAL alors que dans tous les pays du Moyen-Orient, le terrorisme est assez évidemment armé, financé et téléguidé par la nébuleuse salafiste, à des fins politiques ; à l’échelle de la planète.

      • padiran
        padiran répond à Vanderdecken
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 12h25 le 25/05/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Tant que certains pays du golfe parfaitement connus donneront leur aide matériel au terrorisme, il y aura des actions violentes de par le monde. Quant à nos « artisans » corses, ils ont le laxisme volontaire ou non de l’État comme moyens d’être tranquilles

         
        • Vanderdecken
          Vanderdecken répond à padiran
          Marin d eau forte
          • Posté à 12h46 le 25/05/2012
          • 182467
            Marin d eau forte

          « Tant que certains pays du golfe parfaitement connus donneront leur aide matériel au terrorisme »
          Sauf que ces pays ne sont que des masques derrière lesquels se cachent les complexes militaro-industriels de certaines grandes puissances qui fabriquent et exportent des armes.

          • padiran
            padiran répond à Vanderdecken
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 14h02 le 25/05/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Vous voulez dire que les USA, la Russie, la France, l’Angleterre, l’Allemagne et la Chine participent à l’expansion du terrorisme de par le monde ? C’est pas très nouveau comme argument mais ça a le mérite d’être claire.

            • Vanderdecken
              Vanderdecken répond à padiran
              Marin d eau forte
              • Posté à 14h33 le 25/05/2012
              • 182467
                Marin d eau forte

              Il est bon parfois de rappeler les évidences, surtout lorsqu’elles se commettent en plein jour et qu’il s’agit de développer des guerres civiles sous le couvert de démocratie :
              - en Libye, sur le territoire même, officiellement et pendant toute la durée de l’opération militaire menée par l’OTAN
              - en Syrie, principalement à partir de la frontière turque en assistance directe des unités militaires rebelles

              Dans ces deux cas, la Chine ne semble pas être intervenue. La Russie n’était pas engagée en Libye mais elle possède une base navale en Syrie (Tartouz), la seule située à l’extérieur du territoire de l’ancienne URSS..

              • padiran
                padiran répond à Vanderdecken
                Chroniqueur Grolandais
                • Posté à 15h15 le 25/05/2012
                • Internaute 5159
                  Chroniqueur Grolandais

                La confrontation des blocs a changé de nature. La guerre froide est terminée mais les ennemis d’autrefois se confrontent sur le plan économique et géostratégique. Il y a bien le bouclier anti missile que Obama veut installer en Pologne pour narguer Poutine mais on sent qu’il n’y croit pas lui même. Par contre la guerre économique dans l’armement classique fait rage et les grandes puissances ne veulent rien lâcher.

                • Vanderdecken
                  Vanderdecken répond à padiran
                  Marin d eau forte
                  • Posté à 16h04 le 25/05/2012
                  • 182467
                    Marin d eau forte

                  Ne rien lâcher est effectivement le problème, notamment en Syrie : au niveau du Conseil de sécurité - en raison du précédent libyen - la Chine et la Russie n’acceptaient pas de cautionner des résolutions que le clan occidental (Etats Unis et France principalement) n’acceptait pas « d’équilibrer » quant aux responsabilités. Alors qu’elles étaient EVIDEMMENT à imputer aux deux camps d’une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de victimes.

                  On peut au moins espérer que désormais - avec la prise en main par Kofi Annan au niveau des Nations unies et une diplomatie française plus cohérente et raisonnée - les choses pourront se passer différemment ...

                  • padiran
                    padiran répond à Vanderdecken
                    Chroniqueur Grolandais
                    • Posté à 18h12 le 25/05/2012
                    • Internaute 5159
                      Chroniqueur Grolandais

                    « avec la prise en main par Kofi Annan au niveau des Nations unies et une diplomatie française plus cohérente et raisonnée - les choses pourront se passer différemment ... »
                    Je crains fort que non parce que l’ONU n’a aucun poids en la matière et que Hollande n’a pas non plus la moindre chance de mettre en application un intervention en Syrie comme il l’avait déclaré pendant la campagne électorale. Les Chinois et les Russes se sont fait rouler dans la farine par Sarkozy avec la Libye car il a outre passé le mandat de la force d’intervention, ils ne se feront pas prendre une seconde fois.

                    • Vanderdecken
                      Vanderdecken répond à padiran
                      Marin d eau forte
                      • Posté à 18h39 le 25/05/2012
                      • 182467
                        Marin d eau forte

                      Et je pense justement le contraire sachant que les solutions ne sont surtout pas à chercher du côté d’une intervention militaire montée dans le but de renverser le régime qui est légal et reconnu par la communauté internationale.
                      Pendant la campagne, je n’ai jamais entendu Hollande parler d’une intervention militaire mais bien au contraire de soumettre exclusivement une telle initiative au Conseil de sécurité. Et cette contrainte absolue a été clairement confirmée par le sommet de l’OTAN.

                      Ca signifie donc qu’il faudrait rechercher - proposer ? - des solutions POLITIQUES qui ne pourraient devenir militaires que par le biais d’une force d’interposition reconnue parfaitement neutre par la Russie et la Chine ...

                      • padiran
                        padiran répond à Vanderdecken
                        Chroniqueur Grolandais
                        • Posté à 18h43 le 25/05/2012
                        • Internaute 5159
                          Chroniqueur Grolandais

                        Syrie : Hollande favorable à une intervention française
                        Il a sans doute fait cette déclaration en sachant qu’elle n’avait aucune chance d’aboutir. Je pense malheureusement que la solution va passer par la déstabilisation du régime par le harcèlement des barbus, c’est à dire des attentats de plus en plus sanglants et une répression qui ira en grandissant.

                        • Vanderdecken
                          Vanderdecken répond à padiran
                          Marin d eau forte
                          • Posté à 19h01 le 25/05/2012
                          • 182467
                            Marin d eau forte

                          Vous l’avez bien noté, une intervention « décidée par l’ONU ». Ce qui a possiblement changé depuis quelques semaines, c’est le but de l’intervention... Sinon, vous avez parfaitement raison, ça continuera sur la même route que celle qui s’impose au Yémen.
                          Un pays fabuleusement beau et sauvage ; un désert dans lequel on se contente de mâcher le khat (parce qu’il n’y a pas de pétrole) et qui n’intéresse ni les Occidentaux ni les membres du Conseil de sécurité ...

        9 autres commentaires
  • Yassab
    Yassab
    ?
    • Posté à 17h08 le 28/05/2012
    • Internaute 187986
      ?

    Une autre question qu’on pourrait poser :

    AQPA à Abyan, qui est-ce en fait ? Car, c’est du moins ce que j’ai lu dans la presse yéménite, les habitants de ZInjibar, où AQPA est maintenant installée, se sont réveillé un matin avec une ville contrôlée par des gens qui ne sont manifestement pas du coin. Il est question de Somaliens, de Pakistanais, d’Afghans.

    Les Yéménites ont été très choqués par un certain nombre de vidéos montrant des dizaines de soldats yéménites égorgés par AQPA,. Je vois mal des Yéménites, même radicalisés, faire une telle chose à leurs concitoyens. Donc qui sont ces gens ?

    J’ajoute que le régime saoudien, lui, doit avoir très peur d’AQPA si puissant à ces portes - ce qui prouve à mes yeux que Saleh n’a jamais eu aucun lien avec ce qui se passe à Abyan, car l’existence de tels liens aurait été un casus belli avec l’Arabie.

    Je pense aussi qu’il ne faut pas sous-estimer la compétence des services renseignements américains. S’ils sont capables d’envoyer un drone pour détruire un mec isolé dans le désert, ils sont sans doute très au fait de ce qui se passe. Leurs mobiles d’action, ça, en effet, c’est une autre question.

    En effet, au delà de tout cela, il reste la question sociale, ou plutôt, au point où on en est humanitaire (Lien). On pourrait rappeler que, sur cette question, l’un des moyens les plus sûrs d’avancer rapidement serait pour les yéménites de nationaliser la compagnie gazière YLNG - mais je pense pas que ça ferait plaisir à Total...

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