Rencontre 24/04/2012 à 17h53

Ali Ferzat, le caricaturiste syrien aux mains brisées, plus engagé que jamais

Marie Kostrz | Journaliste Rue89


Ali Ferzat montre ses mains guéries et avec de la peinture rouge, après avoir préparé une pancarte, à Paris (Marie Kostrz/Rue89)

Naguère brisées, les mains du caricaturiste syrien Ali Ferzat peuvent aujourd’hui en serrer d’autres. Elles peuvent de nouveau porter un verre à ses lèvres, soulever un paquet. Elles peuvent aussi et surtout dessiner.

Alors qu’ils le rouaient de coups en août dernier, à Damas, ses agresseurs avaient juré qu’ils les lui broieraient. Pour qu’il ne puisse plus croquer « des dessins qui déshonorent » les dirigeants d’un régime pourtant contesté depuis plusieurs mois par une révolte populaire.

Ils n’auront pas atteint leur but. Huit mois plus tard, la pointe du feutre noir qu’Ali Ferzat a constamment dans sa poche donne toujours vie à des croquis piquants contre Bachar el-Assad et ses alliés.

L’image d’un homme au visage tuméfié, à l’œil gauche abîmé et aux mains bandées, qui avait fait le tour de la Toile, est bien loin. De passage en France, Ali Ferzat est méconnaissable : sa barbe grisonnante finement taillée est fendue d’un large sourire, son œil bleu opalin se fait tantôt grave, tantôt malicieux. La rééducation aura eu raison des coups et des brûlures.

Au début, il ne dessine qu’un uniforme

A présent installé au Koweit où il se fait soigner, Ali Ferzat n’a pas laissé la révolution derrière lui. Il en parle tout de go et se veut résolument optimiste :

« Les médias étrangers sont négatifs, ils parlent beaucoup des limites du soulèvement, de ses dérives. Mais après un an et un mois, le peuple syrien est toujours dans la rue. Le régime fait tout pour qu’une guerre civile éclate mais il reste uni contre Bachar el-Assad. »

Le peu de réaction des gouvernements étrangers l’accable, et les rend complices, selon lui, de la mort de chaque Syrien, tué par les balles ou les bombes du régime.

Lui n’a pas sa langue dans la poche. Quelques mois avant la révolution, l’artiste avait décidé de repousser les limites de la censure en représentant les caciques du régime sous leurs propres traits :

« Avant, j’illustrais le Président par un homme en uniforme par exemple. Il ne lui ressemblait jamais physiquement et jamais je n’accompagnais le dessin par un texte. Puisque tous les pays arabes connaissent les mêmes travers – dictature, pauvreté, répression –, il était possible de ruser pour passer le contrôle des autorités. Même si la population, elle, comprenait qui était visé ! »

Des caricatures brandies en manifs

En décembre 2010, la révolution tunisienne a encouragé l’artiste à se passer de cette astuce, qui lui a permis pendant des décennies de critiquer un pouvoir qui ne tolère pas la fronde.

A cette époque, les visites de son site internet, où il poste ses caricatures, augmentent « jusqu’à 14 000 par jour ». Ali Ferzat sent que ses concitoyens sont prêts à renverser leur dictateur :

« Dans les cafés, les taxis, les gens osaient parler de politique alors qu’avant c’était inimaginable. »

Le dessinateur commence alors à représenter Bachar el-Assad sous ses propres traits. Il donne au président syrien un air penaud, le représente recroquevillé sur l’accoudoir d’un fauteuil éventré dont il a été expulsé par les ressorts. Il dénonce l’hypocrisie d’un chef d’Etat qui déclare aimer et respecter un peuple qu’il maltraite.

Ses dessins, partagés sur Facebook et brandis dans les manifestations une fois la révolution commencée, sont diffusés dans le monde entier après l’attaque dont il est victime à Damas le 25 août 2011.

« J’allais chez Assad, il venait chez moi »


Bachar el-Assad fait du stop devant la voiture de Kadhafi (Ali Ferzat)

Quelques jours avant d’être passé à tabac par des hommes cagoulés, il a publié une caricature de Bachar el-Assad faisant du stop devant une voiture conduite par Kadhafi. Il est convaincu que son attaque a été préparée par le président lui-même.

L’artiste a connu personnellement le dictateur syrien. Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois en 1996, lorsque Bachar el-Assad, alors fils du président Hafez el-Assad, avait surgi à une de ses expositions :

« Il a été étonné que je critique en public le régime. Il m’a donné son numéro de téléphone. On s’est revus à plusieurs reprises, j’allais chez lui, il venait chez moi. On parlait surtout d’art. »

Lorsqu’Hafez el-Assad décède en 2000, Bachar, lui succède. Ali Ferzat lui conseille alors d’accorder une plus grande liberté aux médias. A cette époque, la Syrie connaît le « printemps de Damas », une très courte période d’ouverture démocratique.

Harcèlement, menaces et convocations

En 2001, Ali Ferzat est autorisé à créer un journal satirique, Al-Domari. Le premier média indépendant depuis le coup d’état du Baas en 1963. Ses espoirs seront vite déçus, la rupture avec Bachar el-Assad rapidement consommée :

« Tant qu’il n’était pas au pouvoir, il pouvait envisager la critique. Lorsqu’il a pris la tête du pays, il n’a pas supporté d’être à son tour remis en cause. Il s’est retourné contre tous les intellectuels qui l’avaient conseillé auparavant. »

Dès le premier numéro d’Al-Domari, Ali Ferzat rencontre en effet des difficultés. La publication d’un texte qui souligne le paradoxe d’un régime qui dit vouloir aider son peuple tout en se complaisant dans l’opulence n’est pas du goût des autorités. Le caricaturiste sourit :

« Bien sûr, on a cru au printemps de Damas, mais au final Bachar el-Assad se prenait lui aussi pour un Dieu, comme Staline ! »

Harcèlement téléphonique, menaces, convocations chez les « moukhabarats » (services de sécurité), manifestations hostiles devant les locaux du journal... pendant deux ans, Ali Ferzat n’a pas eu une minute de répit :

« Le régime faisait pression pour que je prenne la décision de fermer le journal, mais je n’ai pas cédé, c’est eux en 2003 qui ont ordonné l’arrêt de la publication. »

« Ali Ferzat n’a pas attendu la révolution »

Cette détermination a fait d’Ali Ferzat une personne très respectée des opposants syriens. L’un d’eux explique :

« Il n’a pas attendu la révolution pour critiquer le régime, il est resté à Damas aussi longtemps que possible et a souffert de son engagement. »


Caricature d’Ali Ferzat et complétée par Plantu parue dans Le Monde après son attaque en août 2011 (Ali Ferzat/Plantu)

Plantu, caricaturiste au Monde et président de l’association Cartooning for peace, souligne également son courage :

« Il a toujours travaillé à Damas. Faire des caricature du temps de Hafez el-Assad n’était pas du tout quelque chose de facile. »

En 1990, les deux hommes avaient exposé leurs dessins ensemble à Tunis, lors d’une exposition sur la liberté d’expression organisée par Amnesty international.

Une renommée exploitée par le pouvoir

La renommée internationale de l’artiste, dès les années 80, n’a pas facilité la vie d’Ali Ferzat :

« Le gouvernement profitait du fait que je sois publié à l’étranger pour dire qu’il tolérait une certaine liberté d’expression. Alors qu’il n’en était rien : j’ai toujours été surveillé ou même interdit de travailler dans les journaux. »

Sa notoriété ne l’a pas non plus préservé de l’ire de certains dirigeants étrangers. En 1989, lors d’une rétrospective à l’Institut du monde arabe à Paris, l’ambassadeur irakien fait un scandale en découvrant l’un des dessins d’Ali Ferzat.


Un homme demande à un affamé de se taire pour ne pas gêner une réception (Ali Ferzat)

Un homme moustachu se penche par la fenêtre d’une maison et demande à un affamé de faire moins de bruit pour ne pas gêner la somptueuse réception qui s’y déroule.

La caricature a finalement dû être décrochée. Plantu se souvient :

« Ce qui est incroyable, c’est que l’ambassadeur avait reconnu dans ce dessin Saddam Hussein alors qu’Ali Ferzat n’avait dessiné qu’un homme moustachu. Il aurait pu s’agir de n’importe quel pays arbitraire de la région... »

Et donc peut-être de la Syrie.

Son premier dessin publié à 12 ans

Sur le coin d’une table d’un café parisien, le dessinateur reproduit en deux coups de crayon la première caricature qu’il avait envoyée au quotidien syrien Al-Ayyam alors qu’il n’avait que 12 ans.


Un pied-noir au général de Gaulle sur une baleine : « Il faut partir, ce n’est pas une île ! » (Ali Ferzat)

Sur le dos d’une baleine nommée Algérie se tiennent le général de Gaulle qui s’enfuit et un pied-noir qui tente de le retenir. Le président français prévient : « Il faut partir, ce n’est pas une île », en référence au premier voyage de Sinbad dans « Les Mille et une nuits ».

Dans le conte, après avoir accosté sur une île, le marin se rend compte qu’il s’agit en fait du dos d’une baleine et finit par payer son imprudence lorsque le cétacé s’enfonce dans la mer et l’entraîne dans les flots. Un présage du caricaturiste encore enfant sur les pieds-noirs qui souhaitaient rester en Algérie. Ali Ferzat s’amuse :

« Le directeur de la publication d’Al-Ayyam m’avait appelé pour m’inviter à Damas, mais je n’y suis pas allé, j’étais trop petit ! [Ali Ferzat est originaire de Hama, ndlr] Il était étonné de voir que je n’étais pas plus âgé. »

« Le régime a créé ses propres artistes »

Le regard fixe de détermination, le caricaturiste explique qu’un « artiste ne doit pas avoir peur, doit dessiner, oser parler, critiquer. Défendre la liberté ».

Ce credo, regrette-t-il, n’est pas respecté par bon nombre de ses confrères syriens. Car si depuis le début de la révolution, certains intellectuels et artistes se sont publiquement prononcé contre le régime, beaucoup se murent dans le silence :

« Le régime a créé ses propres artistes, qu’il protège et avantage. Ils ne l’ont jamais critiqué. Pour eux, c’est trop tard, s’ils ne se sont pas déjà ralliés à l’opposition, je doute qu’ils nous rejoignent un jour. »

Certains artistes ont ainsi pu ouvrir des sociétés et des galeries sans jamais être ennuyés par le pouvoir en place. Des attitudes qui hérissent Ferzat :

« L’art doit servir la société, il ne doit pas être une stratégie pour maximiser ses intérêts. »

« Seule la nation syrienne compte »

La révolution, en bouleversant les cadres établis, a permis l’émergence d’un art nouveau, non-adossé au régime. Une résurrection déjà ébauchée avec le développement d’Internet :

« J’ai commencé à publier mes dessins sur mon site après la fermeture d’Al-Domari. J’avais aussi ouvert une galerie à Damas où le public pouvait voir ceux qui n’étaient pas acceptés dans les journaux. »

L’engagement d’Ali Ferzat pour la révolution ne s’est pas fait sans heurt dans la communauté artistique syrienne. Une partie a publié dans Tishreen, un journal gouvernemental, un texte le calomniant, arguant qu’en étant contre Bachar el-Assad, Ali Ferzat était contre la nation syrienne.

Le dessinateur ne s’est pas laissé intimider. Droit sur sa chaise, l’air sérieux, il garantit ne pas porter la moindre attention à ces attaques personnelles. Pour lui, assure-t-il, seule la nation syrienne compte. Malgré les conséquences, se battre (avec un stylo) pour contribuer à rendre son futur meilleur reste à ses yeux une évidente priorité.


Ali Ferzat à Paris le 17 avril 2012 (Marie Kostrz/Rue89)

Merci beaucoup à Firas Jabakhanji et Nasser Abo Aloion Alsood Abd Alnasser pour leur aide précieuse pour la traduction.

Infos pratiques
« Dégage ! Tunisie, Egypte, Libye, Syrie », recueil de caricaturistes du Printemps arabe

Cet ouvrage, dirigé par Plantu et mené par l'association Cartooning for peace, rassemble les caricatures de seize artistes du Printemps arabe.

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  • 16 réactions
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  • brisk
    brisk
    invariable
    • Posté à 19h12 le 24/04/2012
    • 179721
      invariable

    Merci pour cet article. Je ne connaissais pas le bonhomme mais je suis content d’y avoir remédié. Quelques dessins supplémentaires auraient toutefois été les bienvenus :)

    Quand je pense que certains en France continuent à défendre El-Assad ...

    • Zeki
      Zeki répond à brisk
      Curieux de tout
      • Posté à 16h44 le 25/04/2012
      • Internaute 64085
        Curieux de tout

      Certains défendent la façade du régime syrien, al assad, mais d’autres au final défendent la paix civile syrienne c’est à dire le sort concret et bassement terre à terre des syriens. D’autres, non-interventionnistes défendent leurs états de s’impliquer dans une guerre d’agression dont les prétextes historiquement douteux (le bien des syriens ? Lien ) peinent à camoufler une dynamique régionale qui conduit les alliés historiques de whashington dans l’islam politique Lien , les frères musulmans, au pouvoir en egypte, tunisie, libye et peut être enfin en syrie.

      Le drame étant que la triplette USA-GB-Franc justifiant des opérations militaires néo-coloniales au prétexte de « l’ingérence humanitaire » et qui prétendent se soucier du sort des populations opprimées, nous ont montré et nous montre encore en libye, balkanisée ou irakisée, la distance entre les vœux pieux et la sordide réalité.

      Le recyclage de la propagande otanienne anti-kadhafi contre al assad, relayée par la qatarie al jazeera des al khalifa ou la saoudienne al arabya des seoud, présentant les miliciens, armés et financés par l’union très « démocratique » des intérêts occidentaux arabes et turcs, en manifestants pacifistes m’inspire la plus grande prudence.

      ––––––––––––-> le futur des syriens après un éventuel bombardement -improbable après le discret rapport de la ligue arabe pourtant majoritairement hostile à al assad allant le sens du régime- peut se lire non pas dans le marc de café, mais dans la marre de sang libyen qui ne cesse de s’étendre depuis l’exécution extra-judiciaire de kadhafi :

      -Maintenant c’est la police et des militaires qui protestent à benghazi contre les milices « libératrices » Lien
      Ou une milice de zintan qui depuis novembre 2011 refuse de livrer leur butin, saif al islam le fils de kadhafi, à la cour pénale internationale Lien
      La CPI maintenant demande que l’ONU se saisisse du dossier et demande l’extradition de saif qui serait torturé à la sauce libyenne dont visiblement l’ancien régime n’a pas le monopole. Lien
      -147 morts dans la ville de sabha du fait de la guerre tribale en vogue depuis la chute du pouvoir central Lien
      -Le nouveau pouvoir en place REFUSE de collaborer sur les cas fletcher et lockerbie (une sale histoire d’héroine impliquant une cellule de la CIA au liban et le traffic d’héro afghane-pakitasnaise et turque) Lien
      -L’ex-ministre de la justice de kadhafi abdul jalil, nouveau « guide » mais sans autorité de la libye en proie a de multiples mouvements indépendantistes a déclaré qu’il n’accepterait pas la division de la libye quitte à employer la force... comme kadhafi. Et que son pays était la proie a l’infiltration par des groupes d’opposants et des pro-kadhafi qui soutiennent ce plan d’autonomie... comme kadhfi Lien

      J’ai donc besoin de plus d’informations objectives permettant de prendre partie pour un jihadiste comme belhaj, associé à al qaeda selon les media de l’axe du bien (accusé d’être lié aux attentats de madrid par le PM ou ayant servi aux côté des talibans contre la coalition etc) et devenu gouverneur militaire de tripoli puis croisé par la suite en turquie auprès des insurgés syriens à la frontière syrienne contre le régime dictatorial de damas.
      En attendant, je persiste à penser que l’usage de la violence aveugle, terrorisant les citoyens, et qui a déjà discrédité le régime syrien (et l’OTAN), a les mêmes conséquences concernant ses opposants. Sachant que des opposants historiques au régime ne se sont pas compromis avec le CNS (« l’opposition de paris » crée pourtant à istanbul) ou les groupes de miliciens (comme l’ASL) sans aucun projet ou programme politique autre que le souhait de devenir calife à la place du calife.

      PS : quoi qu’il en soit l’agression d’un caricaturiste humoriste politique est et reste inacceptable, quel qu’il soit.

  • Capitaine Lama
    Capitaine Lama
    Demain dès l'aube
    • Posté à 19h34 le 24/04/2012
    • 178822
      Demain dès l'aube

    Un article intéressant et un seul commentaire ? ! !
    Bah, ça fera deux.

    • licia
      licia répond à Capitaine Lama
      de-ci de-là
      • Posté à 20h30 le 24/04/2012
      • Internaute 118601
        de-ci de-là

      #Un article intéressant et un seul commentaire#

      J’ai deja eu cette solitude au sujet d’articles sur la Syrie à l’occasion notamment de l’arrestation d’une blogueuse Syrienne par la police.
      Ce qui se passe labas ne semble intéresser personne sur la Rue. Je ne comprends pas pour quelle raison.
      Oui, cet article sur cet homme courageux est autrement plus intéressant que de savoir comment vivent machine et machin avec 5.000 euros par mois ! ! !
      Mais c’est comme ca..

  • Psicarpax
    Psicarpax
    Voleur de miettes
    • Posté à 20h35 le 24/04/2012
    • 175858
      Voleur de miettes

    Bonne idée que cet article.
    Juste une précision : M. Ali Ferzat a-t-il demandé l’asile politique en France ? Ne fait-il que passer ? Parce qu’il y a du travail pour les dessinateurs de presse en ce moment !

    • Ianeak
      Ianeak répond à Psicarpax
      escapiste
      • Posté à 12h40 le 25/04/2012
      • Internaute 104544
        escapiste

      L’article le dit, Ali Ferzat vit actuellement au Koweit, où il se fait soigner. Franchement, je pense qu’à ses yeux, en comparaison de ce qui secoue son pays, notre élection présidentielle doit le consterner et je ne suis pas certain que le regard qu’il porterait sur notre « si accueillant » pays réjouisse tant que ça le lectorat français.

      Au moment des présidentielles en Côte d’Ivoire, la rue avait interviewé Marguerite Abouet la scénariste d’Aya de Yopougon, ça pourrait être intéressant que, concernant le soulèvement syrien, elle interroge le dessinateur et réalisateur Riad Satouf (auteur de Pascal Brutal, La Vie Secrète des Jeunes, les Beaux Gosses...) franco-syrien, ayant vécu une partie de son enfance en Syrie.
      Une rencontre entre ces deux très chouettes et très talentueux auteurs aurait plus de gueule qu’avec un Plantu qui, vieillissant, incarne de plus en plus le nouveau Faizant du dessin de presse.

      • Psicarpax
        Psicarpax répond à Ianeak
        Voleur de miettes
        • Posté à 13h32 le 25/04/2012
        • 175858
          Voleur de miettes

        Merci pour votre réponse ; j’avais omis, dans ma lecture - sans doute trop rapide de l’article - l’information sur la résidence actuelle de M. Ferzat.
        D’autre part, pouvez-vous confirmer ou infirmer les propos de « mayalab » ci-dessous ?

      • Zeki
        Zeki répond à Ianeak
        Curieux de tout
        • Posté à 18h37 le 25/04/2012
        • Internaute 64085
          Curieux de tout

        « ...Ali Ferzat vit actuellement au Koweit... »

        Et bien ça tombe bien, il y a aussi du travail dans son registre la bas : j’espère qu’il produira des caricatures permettant de sensibiliser l’opinion publique sur la situation des droits de l’homme dans l’acceuillante monarchie amie koweitienne.
        Nous avons par exemple le cas récent du projet de loi condamnant à mort les auteurs de blasphème Lien
        Voire plus largement de l’esclavage moderne enduré par les travailleurs migrants précaires Lien Lien

  • mayalab
    mayalab
    étudiante I.E.P.
    • Posté à 20h57 le 24/04/2012
    • Internaute 143897
      étudiante I.E.P.

    Les dessins d’Ali Farzat furent exposés à l’exposition de caricatures sur l’holocauste organisée par le régime iranien en juillet 2006 à Téhéran.

    C’est sans doute ce que Pierre Haski qualifiait pudiquement dans un précédent article qu’il lui avait consacré de dénonciation de « la répression israélienne contre les Palestiniens ».

    Il est juste de préciser que ce talentueux caricaturiste syrien ne fut pas parmi les lauréats de cette exposition iranienne (dont les trois premiers prix furent décernés à Abdellah Derkaoui - Maroc-, Carlos Latuff - Brésil - et Chard - France) et que le Prix Sakharov vient en quelque sorte réparer l’injustice qui lui a été faite à l’époque par les mollahs iraniens.

    Les liens de Ferzat avec le régime iranien expliquent également la virulence de sa caricature de Saddam Hussein en 1989.

    • Psicarpax
      Psicarpax répond à mayalab
      Voleur de miettes
      • Posté à 21h06 le 24/04/2012
      • 175858
        Voleur de miettes

      Ce que vous dites est d’importance. Pouvez-vous donner des sources ?

    • Zeki
      Zeki répond à mayalab
      Curieux de tout
      • Posté à 18h08 le 25/04/2012
      • Internaute 64085
        Curieux de tout

      (Abdellah Derkaoui, 1er prix non publié sur wikipedia contrairement aux caricatures associant mahomet et le terrorisme)

      Source ?
      Sachant que google reste muet et que la citation attribuée à haski est tout simplement fausse !
      Le texte est de Hala Kodmani publié ici Lien :
      « Originaire de Hama, ce caricaturiste engagé de 60 ans n’avait pas attendu la révolution syrienne pour dénoncer de sa plume les dictatures arabes comme la répression israélienne contre les Palestiniens. “

      Elle ne parle pas ‘pudiquement’ de la participation au concours iranien mais de son travail en général indiquant que ses cibles ne sont pas exclusivement des dictatures arabes mais également l’ethnocratie israélienne.

  • lulutopic
    lulutopic
    petit calomniateur
    • Posté à 22h45 le 24/04/2012
    • 185070
      petit calomniateur

    Bravo à cet homme ! Continuer à dessiner est la réponse la plus belle, la plus pacifique et la plus forte qu’il pouvait apporter face à la barbarie !

  • jmc06-
    jmc06-
    chasseur de gorille
    • Posté à 07h15 le 25/04/2012
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    J’allais chez Assad, il venait chez moi

    comme quoi ,même si un chien vous a pris en amitié, il peut vous sauter d’ssus un jour ou l’autre, c traite ces bêtes là

  • Patriote89
    Patriote89
    A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN
    • Posté à 11h48 le 25/04/2012
    • 184607
      A BAS LE FRONT RIPOUBLICAIN

    Il manque vraiment de finesse ce gouvernement syrien.

    Il devrait s’inspirer des méthodes de censure occidentales.
    La centrifugeuse c’est quand moins visible et tout aussi efficace.

    Regardez Siné : il fait une caricature qui plait pas, on le vire et on lui coupe les vivres.

    Dieudonné : il fait un sketch qui plait pas, on l’empêche de louer des salles.

    • Racaille la Rouge
      Racaille la Rouge répond à Patriote89
      zig-zag
      • Posté à 12h56 le 25/04/2012
      • 174747
        zig-zag

      Et oui curieusement sont spectacles anti-barbus ne passe pas non plus -interdiction de parler des colons juifs (3 indexations de territoire cette semaine) France pays de la liberté d’expression...et le courage des programateurs TV ? ? ? Le quoi ?

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