Julian Assange joue l’hôte de talk-show sur « Télé Poutine »
C’est un talk-show comme toutes les télés du monde en ont, mais avec une différence : l’hôte est Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks ; le diffuseur : la télévision russe RT, proche de Poutine ; et l’invité est Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais.
Mardi, c’était donc le grand retour de Julian Assange sur la scène médiatique, après le feu d’artifice des révélations de WikiLeaks, puis la moins bonne publicité de ses déboires judiciaires avec la Suède avec des accusations de viol à la clé.
Fidèle à lui-même, l’ancien hacker australien devenu le héraut de la transparence absolue avec la diffusion des télégrammes diplomatiques américains et autres secrets d’Etat, fait d’un coup une double provocation :
- il choisit de s’associer avec la chaîne de télévision russe anglophone RT, lancée par Vladimir Poutine pour améliorer l’image de la Russie dans le monde, pas vraiment un modèle de transparence ;
- il prend comme premier invité le dirigeant chiite libanais dont l’organisation présente le double visage de la résistance à Israël dans le Sud-Liban, mais aussi de bras armé, et meurtrier, de l’Iran et la Syrie.
Julian Assange pose, via une liaison satellite avec le chef du Hezbollah « quelque part au Sud-Liban », des questions qui ne sont pas très différentes de celles que poserait Christiane Amanpour, l’intervieweuse vedette de CNN. Il prend même ses distances avec Nasrallah, dont il rappelle qu’il est considéré par certains comme le chef d’une organisation « terroriste ».
Mais il mène l’entretien sur un mode détendu, plus familier et moins formel que ne le ferait un interviewer classique.
Le générique de l’émission « The World Tomorrow » ressemble à une bande-annonce d’un film d’action américain dont le héros serait WikiLeaks. Julian Assange m’a surpris en décrivant cette interview de Nasrallah comme « la première en Occident depuis la guerre israélo-libanaise de 2006 », formulation très CNN, là encore.
Comme le souligne le New York Times, l’un des premiers partenaires média de WikiLeaks avant de se brouiller avec Julian Assange, cette opération de communication lui permet de soigner son image brouillée depuis les temps héroïques des premières révélations.
Il faudra voir la liste des prochains invités, et voir si Julian Assange peut devenir le Christiane Amanpour des damnés de la Terre.
- Sur Rue89Rencontre au coin du feu avec Assange, fondateur de WikiLeaks
- Sur Rue89Entre Assange et Zuckerberg, Time choisit le moins dérangeant
- Sur assange.rt.comLe site de l'émission Assange sur RT
- 4950 visites
- 49 réactions











1

lecteur
lecteur
C’est très bien d’avoir d’autres sources d’information, même si elles ne sont pas innocentes d’idéologies politiques. Au moins ça nous change de la propagande occidentale. On peut ainsi se forger une opinion un peu plus juste
et objective. Sur que le pouvoir en Occident n’apprécie pas. Décidément il faudra se débarrasser d’Assange, il continue à être très gênant.




Partager