Messages de soutien à Lévy (Publicis) : la réponse de Rue89 au Figaro.fr
Lundi 2 avril, Rue89 publie des témoignages de salariés de Publicis qui déclarent avoir été sollicités pour signer un message de soutien à Maurice Lévy, critiqué pour sa prime de 16 millions. Rue89 contacte l’entreprise et fait état de son démenti.
Mardi, LeFigaro.fr tend le micro au directeur du groupe en France, Arthur Sadoun, celui-là même que nous avions interrogé, et titre : « Bonus : Lévy victime d’un “lynchage” selon Sadoun ». Le journaliste y décrit le papier de Rue89 comme un simple « témoignage d’un salarié sous couvert d’anonymat de l’agence de publicité faisant état de “directeurs” qui demandent à leurs équipes de “signer une pétition pour soutenir Maurice Lévy et justifier sa rémunération” ».
Précisons que notre article s’appuie sur le témoignage de deux salariés et de trois délégués syndicaux. Ces représentants travaillent dans trois agences différentes du groupe. Certains des témoins parlent de pétition, d’autres de messages de soutien, à rédiger ou à signer. Les salariés ont souhaité garder l’anonymat craignant des représailles.
Nous avons eu vent de réactions à notre papier, par un publicitaire du groupe :
« Chez Publicis Conseil, l’article a été imprimé et placé à la vue de tous. Tout le monde sait que c’est vrai et nous sommes outrés par ce qui nous a été demandé. Mais, en dehors de l’agence, les gens doutent, ils viennent nous poser la question. »
LeFigaro.fr n’a pas contacté Rue89
Nous ne parlons pas de démarche organisée ni commanditée. Arthur Sadoun nous l’expliquait d’ailleurs lundi :
« Maurice Lévy a reçu des e-mails de soutien de l’interne et des CE. Des initiatives individuelles ou collectives. Un manager a très bien pu dire qu’il écrivait un e-mail de soutien et demander si quelqu’un voulait s’y associer. »
Nous avons reçu à la rédaction mardi un message spontané de soutien à Maurice Lévy nous aussi, de la part d’Alexis Thanasoulas, de ZenithOptimedia, une des filiales du groupe :
« Beaucoup d’entre nous sont choqués par la bronca anti-Lévy. La plupart ont cherché un moyen – peut-être fait de bric et de broc – pour le défendre, pour parler de la formidable croissance du groupe dans le monde et de la fierté d’en faire partie. »
Enfin, le journaliste du Figaro.fr ne nous a pas contactés pour savoir comment nous avions travaillé. Il ne semble pas non plus avoir cherché à savoir si des salariés du groupe avaient été effectivement sollicités pour des messages de soutien.
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Je travaille dans le groupe de publicité que dirige Maurice Lévy.
De « duplicité » devrais-je écrire, tant l’attitude de notre dirigeant, qui déclarait vouloir « hypermériter sa rémunération » manifeste surtout une hyper-hypocrisie. Nous l’avons vu, au mois d’août, endosser brièvement la cape de l’Abbé Pierre pour un couplet sur la solidarité en temps de crise, avant de récupérer celle d’Hyperman pour toucher son hyperbonus. Passons sur les questions que se pose toute personne raisonnable : que peut faire un seul homme, même « hyperméritant », avec ces 16 millions ? Hyperrespire-t-il ? Boit-il son café dans un hyperbol ? Une chose est sûre : de nombreux salariés de Publicis, notamment dans les agences de région comme la mienne, font leurs courses à l’hyperdiscount. Il faut dire que leurs rémunérations sont gelées depuis des mois, voire des années. Parfois, l’hyper est déjà fermé quand ils sortent du bureau : car la réduction des effectifs impose aux infographistes, aux assistant(e)s, aux « fantassins » de l’armée Publicis de faire des horaires impossibles pour des salaires mensuels équivalents à un seul hyperdéjeuner de notre Hyperman.
Ceci n’est pas du misérabilisme mais une réalité, n’en déplaise aux signataires de « soutien à Mauricie Lévy » !
Même certains de nos clients, patrons de PME en butte à la crise, doivent rester songeurs devant ce jackpot indécent et les manœuvres dérisoires de son bénéficiaire pour atténuer les effets de cette Hyperbourde de communication.




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