Périnée 04/04/2012 à 11h52

Les selles de vélos font débander (aussi) les femmes

Renée Greusard | Journaliste Rue89


Une bonne sœur à vélo (Photocapy/Flickr/CC)

On le sait déjà, les selles de vélos sont les ennemies de l’érection. En janvier 2010, notre ex-blogueur Hugues Serraf se faisait ainsi l’écho des travaux du professeur Steven Schrader.

Cet expert américain de l’Institut national de la santé au travail avait étudié des hommes amenés à pédaler au quotidien : les policiers à vélo. Et, il reprochait à la selle de vélo de compresser le périnée et donc le canal pudental.

Ce canal alimente en sang le pénis lors d’une érection. Compressé par la selle, le petit canal finit par perdre de son élasticité.

Dans son article Hugues Serraf relatait les conclusions du professeur Schrader. Selon lui, devenir impuissant est une fatalité pour un cycliste.

« La question n’est même pas de savoir “ si ” un pédaleur fréquent risque de devenir impuissant mais bien de prévoir “ quand ” il le deviendra. »

Il nuançait cependant :

« Le professeur Schrader est peut-être un peu dur (forcément : il ne fait pas de vélo). Quelques-uns de ses confrères préfèrent en effet limiter à 5% la proportion de cyclistes acharnés qui devront, un jour ou l’autre, verser un peu de Viagra dans leur gourde avant de partir en randonnée. »

Moins de sensations génitales chez les femmes à vélo

Ce lundi 2 avril, le New York Times s’intéressait au sort des femmes cyclistes. Le destin de leur sexe n’avait, selon l’article, jusqu’alors pas tellement été étudié par des scientifiques avec autant de minutie.

Certes, une étude publiée en 2006 par des chercheurs de Yale avait démontré que les femmes cyclistes avaient moins de sensations génitales que les femmes coureuses, mais aucune autre ne mesurait clairement le mécanisme de cette perte de sensations.

Cette fois, des chercheurs de plusieurs universités américaines ont uni leurs forces pour s’y coller et 48 femmes ont participé à l’étude.

Toutes étaient un peu des junkies du vélo : chacune d’entre elle pédalait au minimum quinze kilomètres par jour, mais la plupart dépassait même largement ce quota.

Des risques, « à partir de deux heures de vélo par jour »

Les chercheurs ont laissé les femmes s’installer dans le laboratoire, puis ajuster leur guidon et leur selle, à leur guise.

Qu’ont-ils donc découvert ? Que la position du guidon semblait être l’élément qui avait le plus d’effet sur le sexe de ces femmes.

Celles dont le guidon était plus bas que leur selle ont ressenti le plus la pression sur le périnée. Elles ont aussi vu leurs sensations dans la zone pelvienne réduire davantage que les autres cyclistes dont le guidon était plus haut.

Bref, plus la cycliste se baisse sur son guidon, voire, pire, y fait reposer ses avant-bras pour prendre de la vitesse, plus elle contraint son corps à compresser son périnée. Or, plus le périnée se détend, moins les sensations lors de l’acte sexuel sont fortes.

Mesdames, si vous faites du vélo dix minutes par jour ne commencez pas à paniquer. Thierry Adam, gynécologue des équipes de France féminines de cyclisme (pas le commentateur de France Télévisions), estime que ce problème n’existe que pour les cyclistes assidues.

« Cela dépend de chaque femme, mais je dirais qu’il faut commencer à faire attention à partir de deux heures de vélo par jour. »


Une selle à trou (mikkelz/Flickr/CC)

Selon le docteur Schrader, la solution pour faire du vélo sans perdre de sensations est la même que chez les hommes : une selle à trou.

Même s’il n’en a pas encore étudié les effets, il les juge évidents : la pression sur le périnée est déplacée.

« La bataille commerciale » des selles à trou

Est-ce vraiment mieux ? Pas tellement, juge Thierry Adam. Au téléphone, il s’agace de cette « bataille commerciale » qu’ont entrepris les fabricants de selles à trou, ou selles évidées.

« Avec une simple inclinaison différente de la selle on peut aussi éviter de prendre des risques. On a inventé pleins de drames, mais la plupart des études, montrent que les selles à gel sont finalement les moins “dangereuses”. »

Loin d’être convaincu par la selle évidée, le médecin explique :

« La partie la plus sensible chez la femme, ce sont les petites lèvres. Or avec une selle à trou, le poids du corps se répartit plus sur cette zone. Ce qui peut provoquer des kystes par exemple.

Et puis, sur un vélo de course sans garde-boue, les projections d’eau peuvent provoquer quelques dégâts gynécologiques avec une selle à trou. »

Infos pratiques
« Gynécologie du sport : risques et bénéfices de l’activité physique chez la femme »
De Thierry Adam, éd. Springer, 2012
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  • ker
    ker
    • Posté à 13h34 le 04/04/2012
    • Internaute 12793

    j’ai teste la selle Proust, depuis quelques annes deja, il me semble que ca marche bien. Je fait regulierement des trajet de quatre heure et suit tres charge.
    Il serait bon que des gens comme moi l’essai car cela permettrait de lancer plus d’etude. Pour l’instant, mis a part le fait qu’elle a ete concu avec l’aide de docteur et apres de nombreuses etudes par un coureur pro, les etudes, encore peu nombreuse, sont elogieuses.
    Personnellement j’en suis tres satisfait et je constate qu’elle est solide.
    Apres trois ans d’utilisation intensive j’ai juste le bout de la selle qui est erafle. Sinon le systeme de rotation est en parfait etat.
    Parcontre les gens ont du mal a faire le pas, mais une fois fait, c’est la selle classique qui parait vraiment pas adaptee
    119 euros par selle (un peu cher.... mais si ca evite des problemes graves par la suit...)

    Les commentaires d’un postier sur la video
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  • super_lapin
    super_lapin
    couillon de la classe moyenne
    • Posté à 13h51 le 04/04/2012
    • Internaute 135884
      couillon de la classe moyenne

    On peut imaginer que certains cyclistes auront besoin de viagra...

    Du coup (et ma question est sérieuse), le viagra fait il partit des produits interdit quand on est cycliste professionnel ?
    Si non, peut il modifier les performances sportives ?

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h10 le 04/04/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Les médecins s’intéressent à la pratique du vélo chez les femmes depuis fort longtemps. Au XIX ème siècle en Angleterrre, l’usage du vélo était interdite aux femmes par l’Académie Royale de médecine car ces doctes mandarins affirmaient que la pratique du vélocipède favorisait la stimulation du clitoris et provoquait ainsi des orgasmes ce qui limitait ensuite les relations conjugales. Affaire à suivre sur l’usage du vélo sans selle, très bon pour le régime.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 15h01 le 04/04/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    Hu

  • Clément Guillou
    Clément Guillou répond à super_lapin
    Journaliste Rue89
    • Posté à 15h33 le 04/04/2012
      rédacteur
    • Journaliste 167797
      Journaliste

    Bonjour, le Viagra (et sa substance active, le sildénafil) n’est pas sur la liste des interdictions établie par l’Agence mondiale antidopage, qui concerne tous les sports. Il est utilisé par certains sportifs, comme l’avait expliqué le docteur Mondenard sur Rue89 et l’AMA a entamé en 2008 des recherches pour déterminer s’il pouvait vraiment être utilisé comme produit dopant.
    Je n’ai pas trouvé trace d’une déclaration de l’AMA sur le sujet depuis 2008 mais comme il n’est toujours pas sur la liste des produits interdits, on peut supposer que les coureurs peuvent avoir recours à la pilule bleue sans crainte de contrôle positif.
    Par contre, selon le docteur Jean-Jacques Menuet, mieux vaut pour le coeur ne pas mélanger Viagra et hormones de croissance (quasiment indétectables donc utilisées abondamment).

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