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04/04/2012 à 10h46

La Bretagne, terre de résistance à l’extrême droite

Les 20 villes françaises qui votent
le moins à l’extrême droite
Carte réalisée avec Map Channels, également disponible sur Google map.
Martin Untersinger | Journaliste Rue89

Le FN est à la peine en Bretagne, notamment grâce à la culture et à l’ancrage catholique de la région. Mais depuis quelques années, comme ailleurs, le vote frontiste évolue.


Jean-Marie Le Pen, le 17 mars 2007, à la Trinité-sur-Mer (Morbihan), son lieu de naissance (CHAMUSSY/SIPA)

Alerte politique

Cet article a été initié par les données récoltées dans le cadre du partenariat de Rue89 avec la start-up Journalism++, Alerte politique. Les applications iPhone et Android que nous avons développées vous permettent d’être alerté si vous vous trouvez en terrain politiquement hostile..

La Bretagne est une terre qui résiste à l’extrême droite. C’est ce que nous apprennent les résultats, en France depuis 2002, des élections cantonales, régionales, européennes, législatives et du premier tour de la présidentielle, résultats que nous avons compilés.

Sur les 20 villes françaises de plus de 2 000 habitants où le score moyen de l’extrême droite a été le plus faible, 13 sont bretonnes – dont une majorité dans la banlieue de Rennes –, deux autres sont dans le grand Nord-Ouest. Un constat similaire, même lorsqu’on élargit à 30 ou 40 villes, ou aux villes un peu plus peuplées.

Dans la course aux parrainages, Marine Le Pen n’a pu compter que sur un seul élu breton – celui de Tréogan, dans les Côtes-d’Armor, divers droite – parmi ceux dont la signature a été retenue par le Conseil constitutionnel. Contre 64 en Lorraine, par exemple.

Marine fait toutefois mieux que Jean-Marie : en 2007, le président du Front national n’avait recueilli aucune signature bretonne.


La carte des parrainages de Marine Le Pen (Owni)

Les Bretons se sentent bien chez eux

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(Fichier PDF)

Une note de l’Insee nous apprend qu’avec 60 000 immigrés vivant sur son territoire, la Bretagne compte 2,2% d’immigrés, bien en-dessous de la moyenne nationale (8%). De plus, la croissance du nombre d’immigrés est due pour moitié aux arrivées européennes et notamment britanniques.

Erik Neveu, professeur en science politique à l’université de Rennes, met en doute le lien immigration/vote FN :

« Ce raisonnement suppose qu’on entre dans la logique du FN, où l’immigration est directement liée au vote. Or des confrères ont montré que le vote FN était fort dans les quartiers où les habitants n’étaient pas en contact direct avec les populations immigrées, dans une sorte de fantasme. »

Jean-Luc Richard, sociologue et démographe, professeur à l’université de Rennes et auteur de plusieurs articles sur le Front national en Bretagne, fait le même constat.

Un de ses récents travaux nous apprend que deux régions très différentes en termes d’immigration – la Bretagne et l’Ile-de-France, qui a une proportion d’immigrés plus élevée que la moyenne française – ont toutes deux un vote FN très bas et partagent une caractéristique fondamentale :

« La Bretagne est avec l’Ile-de-France la région où les gens disent le moins qu’ils ne se sentent plus chez eux comme avant. »

Une culture bretonne réfractaire au FN

Pour lui, l’héritage et la tradition culturelle bretonne jouent un rôle plus important dans la faiblesse frontiste :

« La Bretagne, région de marins, a gardé une certaine identité régionale, qui repose sur l’ouverture au monde. La Bretagne est une région de très forte émigration et a été dans le passé victime de stéréotypes et de discriminations. »

L’activité des femmes, historiquement plus élevée en Bretagne qu’ailleurs, est une des « raisons historiques » de cette faiblesse :

« Jusqu’à présent, le vote FN était un vote plutôt masculin, de retraités, de personnes isolées, dans une région où la solidarité familiale jouait un grand rôle. »

Erik Neveu pointe pour sa part le rôle de l’héritage catholique très fort dans la région :

« Une explication peut être dans une influence catholique persistante, très structurante. Dans la génération aînée, beaucoup ont été marqués par la tradition chrétienne et catholique, avec sa tradition de tolérance et d’ouverture aux autres.

De nombreux élus locaux de gauche – avec Le Drian, le président du conseil régional – comme de droite, par exemple Méhaignerie – ont été influencés par cette idéologie. »

Le FN se déplace à l’intérieur des terres

Aux cantonales de 2011, trois candidats d’extrême droite sont parvenus au second tour, une première en Bretagne. Une candidate n’avait même pas fait campagne, portée par la seule notoriété de Marine Le Pen : elle a récolté 14,3% des voix. Signe d’un début d’ancrage du Parti dans la région ?

Pour Jean-Luc Richard, la géographie du vote FN breton a évolué, passant d’un vote dit « côtier » – les scores les plus élevés du FN dans la région étaient réalisés sur les côtes – à un vote de périphérie :

« La nouvelle évolution du vote FN est très visible en Ille-et-Vilaine : plus on va en périphérie, plus on est relégué loin de la ville et de ses facilités, plus le vote FN est élevé. Il se développe surtout dans les zones rurales, en troisième ou quatrième couronne. »

A l’automne dernier, Le Télégramme consacrait un reportage à ces pêcheurs de plus en plus tentés par le vote FN :

« Région jusqu’à présent réfractaire au Front national, la Bretagne est-elle en train de se “normaliser” ? Les digues que constituaient son passé démocrate chrétien puis son fort ancrage à gauche sont-elles en train de céder ? On ne tirera pas de conclusions définitives mais un constat quand même : dire que l’on va voter Front national n’est plus tabou partout. »

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  • Gédacla
    Gédacla
    aucune importance
    • Posté à 23h36 le 04/04/2012
    • 183747
      aucune importance

    Le problème en Bretagne c’est qu’avec le drapeau bleu-blanc-rouge, ils sont restés bloqués sur le gros rouge, bouteille étoilée.

  • Breton357
    Breton357
    (de Bretagne)
    • Posté à 02h27 le 05/04/2012
    • Internaute 172469
      (de Bretagne)

    et ouais la bretagne ça pue, c’est chiant, y pleut... alors pourquoi vous venez nous casser les couilles chaque été, parisiens de merde

  • nevenoe
    nevenoe
    ONG
    • Posté à 09h51 le 05/04/2012
    • Internaute 95578
      ONG

    Je devrais vraiment arrêter de lire ce genre d’articles, du moins les commentaires qui suivent...

    Autant les « françoisemorvanaditça » compulsifs, on les connaît, on les attend, ce n’est pas grave, heureux les pauvres d’esprit car le royaume des cieux leur est ouvert, tout ça...

    Mais les dégueulis frustrés et insultants sur la Bretagne, les Bretons et je ne sais quoi... à court d’arguments on vire directement à « alcoolos, arriérés, simples d’esprits, nazis, enclavés » (il y aurait des poèmes à écrire sur le principe d’être enclavé dans une région ouverte sur les mers sur 3 côtés sur 4...)

    J’adhère au commentaire qui estime que cette frustration n’est due qu’au fait que de « gentils bouseux rigolos » qui disent merci quand on les insulte, les Bretons sont devenus grandes gueules, susceptibles et décomplexés. Personnellement vivant depuis 8 ans hors de France, je ne peux que me réjouir de l’image de la Bretagne et des Bretons à l’étranger, bien différente de celle des Français en général. Combien de fois me suis-je pris des « tu n’es vraiment pas comme un Français » pensés comme des compliments ?

    Que l’idée d’un nationalimse Breton puisse « faire peur “ je le comprends sans peine. Que l’idée même d’une légère différence entre ‘nous et vous’ donne de l’urticaire à ceux qui voudraient un France peuplée de tout le monde tout pareil partout tout le temps’, ça ne m’étonne guère...

    Mais bon, on ne va pas en Bretagne sans le vouloir, on n’y passe pas pour aller quelque part. N’y allez pas. Ne parlez pas aux Bretons. Fuyez les festivals ‘salis’ par notre immonde drapeau Breton collabo. Bouchez vous les oreilles à la Saint-Patrick des fois qu’un biniou isolé ne menace l’intégrité du territoire de vos esgourdes...

    Mon ‘nationalisme’ s’axe sur ce principe : on mérite mieux que ça....

    • hoihoi
      hoihoi répond à nevenoe
      périphérique du clavier
      • Posté à 16h33 le 05/04/2012
      • Internaute 169612
        périphérique du clavier

      « susceptibles et décomplexés »
      N’y voyez vous pas comme une contradiction...

      « Que l’idée même d’une légère différence entre “nous et vous’”
      C’est qui vous, c’est qui nous ... ? ? ?

      La “Saint-Patrick ‘ c’est d’origine Irlandaise, pas Bretonne !
      Et ça se fête aussi dans toute la France ...

      Mon nationalisme’ ,
      Mais vous n’êtes pas une nation à vous tout seul quand même :)

  • amonhumbleavis
    • Posté à 13h14 le 05/04/2012
    • Internaute 93168

    Est-ce que vous avez compté le MPF de De Villiers dans l’extrême-droite ?

  • Cziki
    Cziki
    Etudiant
    • Posté à 17h43 le 05/04/2012
    • Internaute 126055
      Etudiant

    Certes, le FN ne prend pas en Bretagne. Mais bon, c’est certainement là où De Villiers, Dupont-Aignan et tous ces gens à la droite de la droite sans avoir jamais voulu rejoindre le Pen, font ou ont fait leur plus gros score..

    De là à dire que la Bretagne n’est pas d’extrême droite, et est une région on ne peut plus accueillante, j’ai du mal à avaler la noix de coco quand même..

  • Cziki
    Cziki
    Etudiant
    • Posté à 17h51 le 05/04/2012
    • Internaute 126055
      Etudiant

    Cet article ressemble à un discours de Sarkozy.. vas y que j’enfume le monde..

    Comptons à présent les voix de De Villiers à l’extrême droite, et la Bretagne sera la région qui vote le plus à l’extrême droite..

    Qu’est ce qui faut pas faire pour arriver à sous entendre que la Bretagne est une région pratiquement de gauche.. Bientôt on va nous dire que ce sont les Champenois qui boivent le moins d’alcool, ben oui ils boivent du Champagne, c’est complètement différent..

  • bérard
    bérard
    Informaticien
    • Posté à 09h20 le 08/04/2012
    • 184768
      Informaticien

    La Bretagne est la région de France où il y a le moins d’immigrés, c’est aussi celle où le vote Fn est le plus faible, avec la corse, d’après notre sociologue de service, il n’y a pas de rapport entre ces chiffres, ma question : pourquoi les sociologues sont-ils si bêtes et si bien pensants (sic) ? . Eléments de réponse : Mr Neveu nous signale qu’il s’interdit à l’avance de confirmer l’analyse de Mme Le Pen, n’est ce pas merveilleux ... décidément, un diplôme de sociologie est moins utile qu’un cap de fumisterie. Mr Neveu nous dit que le taux de vote FN est bas en Bretagne et en île de France, régions dissemblables en terme d’immigration, que nenni, voyer les chiffres de l’Insee, le vote Fn est 2 fois plus important en Ile de France, très fort en Oise, très fort en Paca, très fort dans le Nord ... cachez ce sein ... le taux de crimes et délits en Bretagne est parmi le plus faible de France, mais tous ces chiffres ne sont bien sûr pas corrélés ... Mr Neveu, essayez de réfléchir par vous même, en adulte ou changez de métier. Je vais voter Hollande, cela ne m’empêche pas de penser que la Bretagne a de la chance d’avoir une immigration si faible en provenance d’Afrique, y compris de Maghreb. c’est comme ça mon brave Neveu.

  • Ultima
    Ultima
    sujet du Roi
    • Posté à 19h11 le 08/04/2012
    • 184807
      sujet du Roi

    Une autre raison est peut être le jacobinisme du Front national que le breton un tantinet regionaliste ne supporte pas. L’opposition aux regionnalismes, aux langues regionales et aux particularismes sont autant de frein pour un vote vers ce parti.

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